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  • il y a 3 ans
Jeudi 25 mai 2023, SMART TECH reçoit Nicolas Guillaume (président et cofondateur, Netalis)

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Transcription
00:00 (Générique)
00:03 ---
00:05 -Ce plateau est très rempli.
00:08 Merci d'être avec nous pour ce Smartech spécial débrief de l'actu.
00:12 Mikim Chikli, directrice générale de Weborama.
00:16 Guillaume Amoumani, entrepreneur, Business Angel.
00:19 Vous êtes l'ex-co-président et co-fondateur du groupe Open.
00:23 Merci, Guillaume. Et Jean-Christophe Le Toquin,
00:26 directeur de Smartech Network, avec mon meilleur accent anglais.
00:30 Bonjour, également. On va ensemble débriefer de l'actu.
00:34 Avec notre invité spécial qui fait l'ouverture de Smartech,
00:38 Nicolas Guillaume, président, co-fondateur de Netalys,
00:41 un opérateur télécom multirégional.
00:44 Vous êtes en région PACA, Franche-Comté, Bourgogne-Franche-Comté
00:48 et Alsace. Vous accompagnez les professionnels
00:51 de l'indépendant jusqu'au TPE, PME,
00:54 et en allant même jusqu'aux collectivités et institutions
00:57 dans leur projet de connectivité.
01:00 Vous faites partie de ces opérateurs
01:02 qui ont été consultés, qui ont pu donner leur avis
01:06 sur le péage numérique européen, qu'on peut appeler "faire cher",
01:10 plus généralement en Europe.
01:12 C'est cette idée de faire payer les GAFA pour entretenir,
01:16 financer le déploiement de nos réseaux de nouvelle génération
01:20 en Europe. Et alors, vous nous dites,
01:23 c'est pas une bonne idée de faire payer les GAFA ?
01:26 - Bonjour Delphine. C'est pas une bonne idée
01:29 parce que l'Internet est financé depuis des années.
01:32 Vous l'abonnez, vous payez votre accès à la maison,
01:36 l'hébergeur paye de la bande passante pour acheminer du contenu
01:40 vers ses clients finaux, vers les internautes.
01:43 L'Internet est plutôt bien financé historiquement.
01:46 Et 16 grands opérateurs historiques veulent remettre en question
01:51 la situation, parce que là, la situation est assez corsée.
01:54 On leur demande des investissements majeurs,
01:57 ne serait-ce qu'en France, avec le plan de fibre optique.
02:01 - Financé par les fonds publics ? Majoritairement.
02:05 Ce sont les fonds publics qui financent le déploiement
02:08 de la fibre optique dans les territoires ruraux,
02:12 avec des aides d'Etat, des aides européennes.
02:15 Les opérateurs privés louent des capacités
02:18 du réseau passif pour mettre leurs équipements,
02:21 mais ils ne participent pas aux milliards dépensés
02:25 dans le plan France Travaux des Billes.
02:28 Ils co-investissent une fois les travaux faits.
02:31 S'il y a une contribution, il faudrait qu'elle revienne
02:35 vers les collectivités, mais pas dans les poches
02:38 des opérateurs historiques. - Sur qui empochera la manne ?
02:41 - D'après ce que nous disent les lobbies des grands opérateurs,
02:46 c'est que ça ne revient pas dans la poche de l'UE,
02:49 et par extension des Etats qui participent
02:52 au financement du déploiement du Travaux des Billes.
02:55 - Ça ne le fera pas de manière indirecte ?
02:59 On aura peut-être besoin de moins d'aide publique
03:02 pour entretenir ces réseaux ?
03:04 - Comment inciter à l'investissement dans les boucles locales ?
03:09 C'est ça le sujet, investir dans les boucles locales
03:13 et dans les secteurs de la finance.
03:15 Aujourd'hui, la fibre optique est un investissement rentable.
03:19 Les fonds d'investissement l'ont bien compris.
03:23 Est-ce qu'il y a besoin de mettre à contribution des acteurs ?
03:27 Petits et grands, je ne crois pas.
03:30 Ça crée des distorsions de concurrence
03:33 sur un certain nombre de marchés.
03:36 Il y a peu d'études d'impact sur le faire cher,
03:40 mais il y a aussi des questions de la neutralité du Net.
03:44 - Comment on va ralentir le trafic d'un,
03:47 laisser passer un autre ?
03:49 - Privilégier certains fondateurs de services
03:53 parce qu'ils participent plus financièrement aux réseaux ?
03:57 - Exactement.
03:58 Ça crée des biais dans l'infrastructure
04:02 et dans le financement des réseaux.
04:04 Un des principaux injecteurs de trafic Internet en Europe,
04:09 c'est le réseau télécom.
04:11 Avec d'autres, Scaleway, CleverClare,
04:14 des gens passent et participent à notre écosystème.
04:18 Ces gens-là vont avoir des coûts de bande passante
04:22 et de réseaux qui peuvent augmenter.
04:25 Est-ce que c'est sain de faire cela ?
04:28 Alors qu'ils cherchent à rivaliser face à des grands acteurs.
04:33 Il y a un danger majeur pour la concurrence dans les télécoms
04:37 qui fonctionne.
04:39 Il ne faut pas dépositionner un modèle économique
04:43 qui va impacter plein de secteurs.
04:46 L'audiovisuel.
04:48 Si demain, les coûts de diffusion de Netflix,
04:51 MyTF1, MyCanal et d'autres,
04:54 commencent à augmenter...
04:56 - C'est la menace par les big tech.
04:59 Si on devait davantage financer les réseaux,
05:03 ça aurait un impact sur le prix des abonnements.
05:07 - Oui.
05:08 L'audiovisuel, si il a plus de coûts de diffusion,
05:12 il va moins investir dans la qualité des productions.
05:16 Il va être touché par effet de bord.
05:19 C'est un exemple parmi d'autres.
05:23 Mais les impacts sont très forts.
05:26 La bande passante baisse depuis 25 ans.
05:29 On achetait 1 Mbps en coeur de réseau à 1500 euros par mois
05:33 il y a 15-20 ans.
05:36 C'est un non-sujet.
05:38 - Vous faites partie des opérateurs.
05:41 Vous devriez plutôt avoir envie qu'on vous aide
05:45 financièrement davantage.
05:47 Ceux qui occupent cette bande passante à plus de 50 %,
05:51 sont les chiffres qui sont parus sur 2021.
05:54 Vous devriez être plutôt satisfait d'une proposition comme ça.
05:58 En quoi va-t-elle à l'inverse de l'intérêt
06:02 des opérateurs alternatifs régionaux
06:05 comme les vôtres ?
06:07 - Je ne suis pas satisfait qu'on touche à un modèle économique
06:11 qui fonctionne.
06:13 Mes clients me payent pour avoir accès à tout Internet.
06:18 Je n'ai pas construit mon modèle économique d'opérateur
06:21 avec le financement ou la ponction de quelque chose à quelqu'un
06:26 d'autre.
06:28 Ce n'est pas mon modèle économique.
06:31 J'ai des risques énormes, notamment bureaucratiques.
06:35 Si demain, je dois facturer 50 000 réseaux d'accès
06:39 ou réseaux d'hébergeurs qui injectent du trafic sur le réseau de Nétalys,
06:44 c'est impossible, c'est ingérable.
06:46 Je ne veux pas faire ça.
06:48 Comme tous mes confrères opérateurs alternatifs,
06:51 on veut se concentrer sur nos métiers,
06:54 fournir un excellent Internet ouvert vers tous les hébergeurs,
06:59 et on a pas de problème de modèle économique pour financer nos réseaux.
07:03 - On voit qu'il y a une compétition, un équilibre qui est en train
07:07 d'être rompu entre les opérateurs commerciaux et les GAFAM,
07:11 qui viennent sur le terrain des opérateurs.
07:14 - Mais qui va chercher le contenu chez ces GAFAM ?
07:19 C'est l'utilisateur final de l'opérateur,
07:22 que ce soit dans le cadre du B2B que je représente,
07:26 c'est l'entreprise qui va chercher du contenu,
07:29 qui choisit de s'héberger vers un clou de quel qu'il soit.
07:33 Ils envoient la requête via mon réseau,
07:37 et le trafic revient sur mon réseau.
07:40 Quand vous êtes à la maison, que vous utilisez Netflix ou MyCanal,
07:44 c'est vous, utilisateur, qui payez 30, 40, 50 euros par mois,
07:48 plus parfois des services optionnels.
07:51 - Ce métier ne doit pas changer.
07:55 On voit bien qu'il y a du côté des usages et des services.
07:59 Les opérateurs ont envie de se positionner différemment sur ce marché,
08:03 d'aller capter davantage de valeur.
08:06 Les équilibres sont en train de changer.
08:09 Est-ce que l'opérateur classique est obligé
08:13 de rester un fondisseur de tuyaux uniquement ?
08:16 - Cette notion est très intéressante.
08:19 Depuis des années, il y a eu un certain nombre d'essais
08:23 qui ont été refocalisés sur les réseaux.
08:26 On l'a vu avec Orange, qui est sorti d'un certain nombre d'activités
08:31 autour de l'audiovisuel.
08:34 Chacun son métier.
08:36 Qu'ils fassent très bien leurs investissements,
08:39 qu'ils fournissent un excellent service d'accès à leurs clients finaux,
08:43 c'est ça, le métier d'un opérateur.
08:47 Ils veulent avoir des revenus supplémentaires.
08:50 Ils veulent payer des services complémentaires.
08:53 C'est ça, le propre de l'Internet.
08:56 Il faut que ça reste tel que c'est, un Internet ouvert.
08:59 - J'avais envie de vous entendre sur ce sujet.
09:03 Vous n'avez pas envie de vous positionner.
09:06 Cette idée de faire payer les GAFAM, c'est une fausse bonne idée ?
09:09 - C'est un sujet vraiment complexe.
09:12 On est sur des grandes batailles historiques.
09:15 On a vu les GAFAM et les opérateurs se déchirer
09:19 au détriment d'une réflexion sur la régulation des contenus.
09:22 Là, on sent que c'est deux blocs en opposition frontale.
09:27 C'est compliqué, du point de vue extérieur,
09:30 de trouver le bon milieu.
09:33 Il faut vraiment un régulateur.
09:37 Il n'y a pas de bon, il n'y a pas de gentil.
09:40 On l'a vu dans ce domaine de la régulation.
09:43 - Une autre réaction ?
09:46 - Vous étiez vraiment dans ce milieu des fournisseurs d'accès,
09:49 quand on s'est connu il y a quelques années.
09:53 Les choses ont énormément changé sur les modèles économiques.
09:56 La question se repose sur le métier des opérateurs
09:59 et la concurrence des big tech sur leur cœur de métier.
10:02 La solution, c'est peut-être pas de faire payer nos réseaux européens.
10:05 - On va continuer avec le reste de l'actu qui nous occupe.
10:09 Nicolas Guillaume, président cofondateur de Notaly,
10:12 c'est parti pour le débrief.
10:15 C'est parti pour le débrief.
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