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  • il y a 8 heures
Enfin un personnage à la mesure de son talent ! Dans « Promis le ciel », Aïssa Maïga incarne la pasteure d’une église évangélique de Tunis où elle vient en aide aux réfugiés subsahariens qui tentent de survivre sur place ou de rejoindre l’Europe par la mer. Le film d’Erige Sehiri, ex-journaliste et documentariste, éclaire une réalité méconnue de l’émigration et le racisme dont sont victimes les Africains et les chrétiens en Tunisie.

Au dernier Festival de Cannes, où « Promis le ciel », en salle ce mercredi 28 janvier, faisait l’ouverture de la section Un certain regard, elle nous parlait de son travail sur le film, de son importance à ses yeux et de l’évolution du métier sur les questions de représentation et de diversité.

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Transcription
00:00Plus on avance dans une carrière en tant que femme, plus on se rend compte que les rôles intéressants se font rares.
00:15Moi je suis arrivée assez tard sur le projet parce qu'Erije a l'habitude de travailler avec des acteurs non professionnels.
00:20Donc pour elle c'était un choix pas facile d'intégrer dans son processus une actrice professionnelle.
00:26Et en fait, comme je suis arrivée tard, il a fallu que j'aille très très vite.
00:29Et Rige, elle était immergée dans son sujet et puis elle est journaliste de formation.
00:34Et puis comme je devais incarner une pasteur, j'ai eu la chance d'en rencontrer une.
00:38Pasteur Marie-Noël, qui est une femme extrêmement charismatique, qui a été d'une très grande pédagogie, d'une grande générosité.
00:45Et la regarder, l'écouter a été très très inspirant.
00:49Oui, il y a des choses qui m'ont marquée parce que les migrants subsahariens, comme on les appelle là-bas,
00:54viennent en Tunisie en général, c'est un point d'étape pour eux.
00:57C'est l'idée de trouver une situation meilleure.
01:00La vie reste quand même très difficile là-bas.
01:02Donc certains d'entre eux embarquent sur des bateaux pour traverser la Méditerranée.
01:06Et quand on voit ça à la télé, c'est une chose.
01:08Mais puis chaque être est différent et singulier avec son histoire, son parcours, sa propre vibration.
01:13Ce qui m'a frappée, c'est une petite fille qui raconte sa traversée avec ses parents.
01:19Ça n'a pas marché.
01:21Ils ont dû faire demi-tour.
01:22Ce qui m'a marquée, c'est une femme qui me dit qu'elle va repartir, qu'elle va reprendre la mer.
01:27Et moi, j'essaye de l'en dissuader tout en me demandant, mais qui suis-je ?
01:31Moi, de là où je suis avec mon confort, mes privilèges, etc., pour dicter à cette personne ce qu'elle doit faire.
01:36Ce qui compte pour moi aussi dans le film, c'est qu'on explique quand même que 80% de la migration africaine se fait à l'intérieur du continent.
01:43Et seulement 20% partent dans le reste du monde et une partie seulement d'entre eux viennent en Europe.
01:47Ça va à contre-courant des clichés et de toute l'instrumentalisation qu'il y a autour de ce sujet.
01:53Le tournage, oui, il a été plutôt discret.
01:56Alors c'était un tournage tout à fait officiel.
01:57On était dans les clous, on a respecté la réglementation.
02:00Mais étant donné que la religion évangélique est interdite en Tunisie, évidemment, par essence, le film se devait d'être un petit peu discret.
02:09Je pense que ça a servi le jeu d'abord.
02:11Elle a renoncé à un moment à ce qu'on aille faire beaucoup de scènes d'extérieur.
02:15Parce qu'il y avait des contrôles de police et parmi les figurants, peut-être qu'il y en avait certains qui n'avaient pas une situation réglée.
02:22On ne voulait pas qu'il y ait des risques qui courent.
02:23Et puis on avait entendu parler d'un tournage qui avait arrêté et d'un producteur qui avait été en garde à vue pour les mêmes types de raisons.
02:30Alors qu'avant, ça n'arrivait jamais.
02:32Donc c'est vrai qu'il y a une tension qui était palpable.
02:34Il ne nous est rien arrivé.
02:36Mais on était un peu sous pression parfois.
02:41Ce n'est pas glorieux encore.
02:43On avance, mais c'est lent.
02:44Je pense qu'à l'échelle de nos vies, des vies des personnes qui le vivent, le temps du changement est extrêmement lent.
02:49On attend ce fameux coup d'accélérateur qui a eu lieu déjà par rapport à la parité hommes-femmes,
02:54avec le collectif 50-50 qui a fait un travail incroyable au tournant de 2018, 2019, 2020, 2021,
03:01avec des nouvelles règles incitatives qui permettent aux productrices, aux producteurs d'avoir des aides encore plus importantes
03:07lorsque leurs équipes sont plus ouvertes à la parité.
03:10Donc je pense que sur d'autres sujets, en fait, c'est possible.
03:12Je pense qu'on a toute l'intelligence et tous les outils pour le faire.
03:15Si on ne le fait pas, les raisons complètent ailleurs.
03:17Alors moi, dans les propositions, heureusement que je travaille aussi beaucoup à l'international.
03:23Vraiment, ça me sauve.
03:24Je pense que plus on avance dans une carrière en tant que femme, plus on se rend compte que les rôles intéressants se font rares.
03:29Or, il y a des endroits, aux États-Unis ou ailleurs, où des femmes d'âge mûr, c'est devenu hyper glam.
03:36Je pense à Viola Davis, par exemple, ou à d'autres actrices qui, aujourd'hui, commencent à avoir une nouvelle carrière
03:43et parfois beaucoup plus intéressante que la première partie de leur carrière.
03:46J'ai la chance, heureusement, parce que j'ai travaillé mon anglais, parce que j'arrive à apprendre des langues comme un perroquet.
03:51Je ne les parle pas couramment.
03:52Voilà, j'ai développé une méthode phonétique qui me permet de saisir des rôles dans d'autres langues.
03:57Là, maintenant, j'ai envie de passer à la production.
03:59Voilà !
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