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Vendredi 11 septembre 2026, retrouvez Raphaël Thuin (Directeur des stratégies de marchés de capitaux, Tikehau Capital) et Sebastian Paris Horvitz (Directeur de la recherche, LBP AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.
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00:05Générique
00:09Deux invités avec nous ce soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Raphaël Thuin, vous êtes responsable des stratégies de marché de capitaux chez Tikeo Capital.
00:18Bonsoir.
00:18Bonsoir Pauline.
00:19Et Sébastien Paris-Orbit, vous êtes directeur de la recherche de LBPAM.
00:23Bonsoir Sébastien.
00:24Bonsoir Pauline.
00:25Commençons peut-être avec ce chiffre.
00:27Enfin, le CPI, j'ai donné le chiffre, pas tous les chiffres, mais quelques chiffres dans le sommaire.
00:33Qu'est-ce que vous pensez de ce chiffre, sachant que Kevin Warch avait justement remis l'inflation au cœur
00:39à Jackson Hole
00:40et qu'on a pris connaissance vendredi dernier d'un rapport sur l'emploi bien plus solide que prévu,
00:46les deux qui vont peut-être dans le sens d'une hausse des taux de la réserve fédérale la semaine
00:51prochaine.
00:52En tous les cas, c'est ce qu'il pense le marché.
00:53Comme vous l'avez dit, la probabilité que met le marché aujourd'hui que la Fed va monter ses taux
00:58et elle dépasse 80%.
01:01En général, toutes les banques centrales et en particulier la Fed n'aiment pas surprendre le marché.
01:07Donc on a quelques jours pour que les choses changent.
01:10Elles ne devraient pas changer.
01:11Pourquoi ? Parce que le niveau d'inflation qu'on voit n'est pas si horrible qu'on pourrait le
01:17penser,
01:17mais il n'est pas bon.
01:20Donc on a toujours une inflation qui reste élevée.
01:23Et surtout, comme vous le disiez, quand on regarde les éléments sous-jacents,
01:27en particulier, alors ça, ça nous ramène à l'époque de Powell,
01:32l'inflation encore dans les services, c'est-à-dire quand on exclut les logements,
01:36qui ont remonté à 0,3% sur le moins contre 0,1% le moins précédent,
01:41se sont remis à monter.
01:43Et ça, c'est la partie un peu la plus visqueuse des prix d'inflation
01:49et qui pourrait maintenir l'inflation au plus élevé.
01:52En tous les cas, ces chiffres vont dans le sens de l'inquiétude de Walsh.
01:56Walsh a dit, sur l'emploi, l'économie va bien, on est en plein emploi,
02:01c'est ce qu'il a dit à Jackson Hole, c'était un peu pour corriger ce que les gens
02:06disaient,
02:08mal de lui, on ne sait pas ce qu'il veut faire,
02:11il n'a pas l'air vraiment d'être engagé sur la voie qu'il a donnée,
02:15c'est-à-dire d'être plus rigoureux, d'arrêter finalement le cycle inflationniste,
02:20de ramener l'inflation à la maison, à 2% qui est la cible.
02:24Et donc, aujourd'hui, il se trouve, est-ce que je fais quelque chose maintenant
02:28ou je attends encore ?
02:30Le premier sujet est politique, pourquoi il pourrait ne pas faire quelque chose ?
02:34Le premier sujet est politique parce qu'il y a les élections qui arrivent au Nurenda.
02:39Mais avec ces chiffres, il faut qu'il montre sa crédibilité.
02:42Et donc, l'essentiel de ce chiffre, on le voit sur les marchés,
02:47c'est cette hausse nécessaire de commencer, est-ce que c'est un cycle ou pas,
02:51on va en débattre, mais il faudra sûrement faire un geste lors de la prochaine réunion,
02:58dont les éléments de l'inflation, c'est difficile au moins le moins de lire les choses,
03:03mais on voit bien que l'inflation est toujours là.
03:05Et évidemment, l'inflation sur l'énergie restera un moteur en Europe comme aux États-Unis,
03:12voire dans le monde, parce que les choses ne s'apaisent pas.
03:15On va aussi revenir sur quelle est la stratégie de sortie du conflit en Iran.
03:20On voit bien que tout le monde s'est mis d'accord, c'est l'enlisement,
03:24mais peut-être que c'est pire que l'enlisement.
03:26Et on voit qu'il y a ici et là une poudrière qui pourrait faire qu'on ait plutôt une
03:32réescalade.
03:33De fait, les prix du pétrole, même s'ils ont baissé aujourd'hui,
03:36c'est ce qui explique un petit peu le fait que les taux d'intérêt à long terme
03:42se soient un petit peu calmés, juste après la hausse liée au CPI.
03:47Et deux, le fait que le marché s'est dit, tiens, il va monter quand même les taux,
03:50c'est un autre élément qui apaise la partie longue de la courbe des taux.
03:54Donc au total, pour l'inflation, c'est un chiffre qui n'est pas horrible,
03:59mais qui n'est pas bon et qui pousse la fête vers la porte d'entrée pour Walsh,
04:06de faire quelque chose.
04:08Le problème, est-ce que lui se sent assez fort politiquement pour le faire maintenant au mois de septembre ?
04:14C'est la seule fenêtre.
04:15En octobre, il faut l'écarter, c'est les midterms juste après, mais c'est sa fenêtre.
04:19Et le marché pense qu'il doit le faire et qu'il va le faire.
04:24C'est un challenge pour la semaine prochaine.
04:27S'il ne le fait pas, on aura tous des problèmes, je pense.
04:30Oui, c'est sûr, vous le disiez, mais la question qu'on se pose, Raphaël,
04:34c'est justement ce que Sébastien disait.
04:36Est-ce qu'il y a urgence à monter les taux dès le mois de septembre,
04:40en lien évidemment avec ce chiffre d'inflation,
04:42avec ce rapport sur l'emploi de la semaine dernière,
04:44avec les PPI aussi qu'on a regardé hier ?
04:47Est-ce qu'il y a une urgence ?
04:48Donc octobre, c'est non, parce qu'il y aura les midterms,
04:51mais après il restera peut-être décembre et puis 2027.
04:55Oui, il semblerait que la porte se soit ouverte, effectivement,
04:58et il avait bien balisé le terrain au moment de Jackson Hole,
05:01même si sa communication se limite à pas grand-chose, c'est un de ses mantras.
05:05Mais il avait bien dit qu'effectivement sur l'économie, sur l'emploi,
05:08il n'y a pas vraiment de sujet, qu'aujourd'hui l'inquiétude, c'était l'inflation,
05:12et qu'il serait très attentif à ces chiffres.
05:14Les chiffres, vous l'avez bien dit, ils sont chauds, ils sont trop chauds,
05:17alors ils n'ont pas excessivement surpris,
05:19on n'est pas dans une espèce de spirale inflationniste incandescente,
05:23mais oui, les prix d'énergie contribuent évidemment à l'inflation d'une part,
05:29et peut-être qu'on commence à avoir des signes que le reste des segments de l'inflation
05:33commencent aussi à chauffer.
05:35On a parlé en particulier effectivement des hôtels, des billets d'avion,
05:38tout ça montre que la fenêtre est ouverte.
05:41J'imagine qu'on doit se dire aussi qu'en septembre, le chiffre ne sera pas meilleur,
05:46on a vu les prix du baril aujourd'hui,
05:48les perspectives d'inflation sur septembre qui sont globalement assez négatives,
05:51donc tout ça lui ouvre la porte.
05:54Alors la question c'est, en quelle mesure c'est une mauvaise nouvelle pour les marchés ?
05:57En quelle mesure on rentre dans un cycle de hausse des taux plus long ?
06:00Est-ce qu'il y en aura d'autres après ?
06:02Est-ce qu'il y en aura d'autres après ?
06:03Aujourd'hui, le marché regarde sur un an, on va dire trois, peut-être quatre même hausses de taux,
06:08ça ne serait évidemment pas une bonne nouvelle.
06:10Il y a quand même malgré tout un scénario où effectivement, comme vous le disiez,
06:14on a d'une part une ou deux hausses de taux à venir
06:17qui permettraient de renforcer cette crédibilité.
06:20C'est vrai qu'on était arrivé dans ce mandat Warch en se demandant
06:23dans quelle mesure il serait aussi un instrument politique,
06:27dans quelle mesure il serait face à des pressions politiques
06:30qui lui feraient faire potentiellement des erreurs de politique monétaire.
06:34Il semblerait que ce ne soit pas le cas,
06:36que si effectivement il était amené à monter les taux une ou deux fois,
06:40il renforcerait cette crédibilité,
06:41et en parallèle, monter les taux une ou deux fois ne casserait pas nécessairement la croissance
06:46ou ne casserait pas nécessairement les marchés.
06:48Donc dans cet espèce de scénario un petit peu complexe de risque inflationniste,
06:53ça serait peut-être le chemin à privilégier pour les marchés,
06:55quelque chose que les marchés pourraient encaisser.
06:58Mais pour ça, il faut peut-être qu'effectivement la situation au Moyen-Orient se calme,
07:03première chose,
07:03et qu'on n'assiste pas vraiment à des effets de second tour,
07:07qu'on n'a pas encore complètement vus,
07:08et qui là changerait complètement la dynamique.
07:10Oui, c'est sûr, et puis on a pris connaissance hier de la décision monétaire de la Banque Centrale Européenne,
07:15Christine Lagarde a annoncé relever les trois taux directeurs de la BCE,
07:19justement en lien avec ce conflit au Moyen-Orient,
07:21les incertitudes qui pèsent.
07:23Comment on pourrait, alors on ne fait pas trop de géopolitique,
07:27mais comment on pourrait sortir de ce conflit ?
07:28C'est ce que vous disiez tout à l'heure,
07:29et on rappelle aussi d'ailleurs qu'il y a quand même des millions de barils de pétrole
07:36qui arrivent quand même à passer Hormuz aujourd'hui.
07:39D'abord, c'est le premier problème.
07:41Pourquoi les prix ont remonté ?
07:42Parce que ça s'est rebloqué.
07:44Et ça s'est rebloqué parce que les États-Unis ont une stratégie que personne ne comprend.
07:52Tout le monde a compris, on a compris avec retard,
07:55que l'objectif essentiel était quand même d'arriver sur un accord sur le nucléaire iranien.
08:01Il se trouve qu'il n'y a toujours pas d'accord,
08:03mais pour le reste, on ne comprend pas cette stratégie
08:06de bombarder tous les jours l'Iran pour obtenir rien.
08:11Sachant que j'imagine que maintenant, les Américains ont compris
08:15que ceux qui sont en charge en Iran sont prêts à perdre beaucoup
08:20avant de lâcher quelque chose.
08:22Et ce qui est dingue, parce que c'est le mot de la part des Américains,
08:27je pense d'abord qu'il y a un problème de compétence, on le voit,
08:31les personnes qui négocient, ce n'est pas des gens qui ont l'expérience.
08:36Petit rappel historique, lors des accords obtenus par Obama avec la participation européenne,
08:42on a mis 20 mois pour se mettre d'accord sur un plan qui était assez structuré,
08:45mais de fait, on avait des gens qui allaient voir qu'est-ce qui se passait au niveau du nucléaire.
08:50Depuis, tout est parti à volo.
08:52Aujourd'hui, ce n'est pas en trois jours, en cinq jours,
08:55ou avec des bullet points, qu'on définit une stratégie.
08:58Donc, il n'y a pas de stratégie de sortie, et il se trouve que les Iraniens ont compris,
09:03malheureusement pour nous, qu'en provoquant un peu les Américains,
09:07la réponse américaine était tout de suite de bombarder et de créer des nouvelles tensions
09:11et qu'on voit sur les marchés.
09:14Alors, est-ce que ça va s'arrêter ? Est-ce que quelqu'un va dire,
09:16non, trouvons une autre stratégie ?
09:18Parce que l'essentiel, comme vous le disiez, c'est que ça circule.
09:21Et de fait, un peu circule par le détroit d'Hormuz,
09:24et qui avait aidé de nous ramener à cette position que je l'ai dit en un mot tout à
09:29l'heure,
09:30d'enlisement.
09:30C'est l'enlisement, mais ce n'est pas pire,
09:33et on peut vivre avec 90 dollars le baril.
09:36Sans, ça a déjà une petite souffrance un peu trop sévère,
09:39un peu plus, ça sera encore plus sévère.
09:42Alors, tout dépend,
09:44tout dépend, ça c'est l'offre,
09:45est-ce que ça s'arrête vraiment le flux sur Hormuz,
09:49ou au contraire, malgré cette escalade,
09:51ça circule toujours.
09:52Il y a une variable que personne ne maîtrise,
09:55il y a un peu d'optimisme qui est venu justement sur le marché aujourd'hui,
09:58parce que l'Organisation Internationale d'Energie a dit,
10:01en fait, la demande est encore plus faible que ce qu'on pensait.
10:04Et donc, on se dit, bon, avec le peu de pétrole qu'on a, ça va,
10:07le prix du pétrole ne peut pas monter trop haut.
10:09Et la raison essentielle derrière ça,
10:10si on veut simplifier le monde, c'est la Chine.
10:12La Chine n'importe pas beaucoup,
10:14elle est en train d'importer,
10:15mais là encore, elle est à, je ne sais pas,
10:175 millions de barils par rapport à ce qu'elle a importé avant la crise.
10:20Donc, il y a de la marge.
10:22À quelle vitesse va refaire ses stocks la Chine, c'est le problème.
10:26Donc, aujourd'hui, la solution,
10:29moi, je pense, c'est mon opinion,
10:31il y a beaucoup de stratégistes et militaires
10:32qui ont plein de choses intéressantes à dire,
10:35les seuls qui peuvent nous libérer dans cette situation,
10:38c'est les Américains, avec une stratégie
10:40qui amène vraiment à l'ouverture d'Hormuz.
10:42Est-ce que le plan iranien,
10:46omanien,
10:47peut réussir avec une voie,
10:49et on ouvre, les Américains contrôlent quelque chose
10:52pour ne pas perdre la face,
10:54ce serait sûrement une bonne solution pour l'économie mondiale.
10:57Ça ne résout pas le problème du nucléaire, etc.
11:00Mais c'est quelque chose dont on a besoin,
11:03parce qu'on voit bien qu'aujourd'hui,
11:05un choc pétrolier de cette ampleur,
11:09et nous, tout le monde se focalise sur le pétrole,
11:11et donc, pour les Européens,
11:12nous, on sait qu'il y a quelque chose qui fait tout aussi mal,
11:14un peu moins, c'est le gaz.
11:16Le gaz, et c'est au plus haut jamais atteint en Europe,
11:20nous, dans les prix, je ne sais pas,
11:22c'est...
11:2280 euros par mégawatt-heure ?
11:24Plus de 80 euros le mégawatt-heure,
11:26mais surtout, ça pèse déjà dans l'indice des prix,
11:30et ça pèse sur l'ensemble de l'économie,
11:31parce que beaucoup d'entreprises
11:34se nourrissent de gaz pour produire,
11:37y compris pour produire de l'électricité.
11:39Donc, bref,
11:41nous, on a besoin qu'il y ait un apaisement.
11:43S'il n'y a pas d'apaisement,
11:45et si c'est toujours où,
11:48on passe dans cette couloir étroite,
11:51ok, c'est tendu, on est à 90,
11:53je pense que l'économie peut résister,
11:55parce qu'il y a plein d'autres forces,
11:56on en parlera,
11:57il y a plein de choses qui nous portent,
11:59avec des dépenses publiques, etc.,
12:01qui nous portent.
12:02Mais si on va au-delà,
12:04ça sera un problème pour l'économie mondiale,
12:06la BCE,
12:07et là, plusieurs scénarios,
12:09ces scénarios sévères montrent que ça ferait mal.
12:12Le paradoxe, d'ailleurs,
12:14dans ces scénarios sévères,
12:15c'est que la BCE,
12:16dans tous ces scénarios,
12:18est assez optimiste,
12:19parce qu'on atterrit en 2028,
12:21dans tous les scénarios,
12:22à 1,4 de croissance en 2028.
12:27Donc, c'est plutôt optimiste.
12:28Il n'empêche que le très sévère,
12:29on passe par des croissances très faibles,
12:32en 2026 et évidemment en 2027.
12:34On a une inflation également.
12:35Exactement.
12:36Donc, aujourd'hui,
12:38ça dépend des États-Unis.
12:40Pour moi, ça dépend.
12:40Les Iraniens ne vont rien lâcher.
12:42On voit bien, c'est eux,
12:44c'est ceux qui veulent se défendre
12:46et avec des stratégies qui sont les leurs.
12:50Mon avis, très simple,
12:51pour laisser la parole à Gaël,
12:55c'est qu'ils vont attendre le mid-term,
12:57ils vont continuer à provoquer,
12:58et donc ça dépendra des Américains.
13:00S'ils continuent à réagir,
13:02on aura des prix qui resteront élevés,
13:03mais après les mid-term,
13:05ça pourra changer
13:06et on aura sûrement quelque chose
13:08peut-être de plus apaisant.
13:10Mais d'ici là,
13:12pour moi,
13:12ça dépend vraiment des Américains.
13:13Les Iraniens,
13:14je ne vois pas
13:14qu'est-ce qu'ils peuvent changer
13:15dans leur stratégie.
13:16C'est sûr.
13:16Et puis, on rappelle
13:17que ce conflit
13:18qui dure maintenant,
13:19dure quand même maintenant
13:20depuis sept mois,
13:22sur le gaz,
13:23un rapide rappel justement,
13:24en Europe,
13:25les cuves sont remplies
13:26à à peu près
13:27un peu moins de 70% aujourd'hui,
13:29quand elles étaient à 80%
13:30l'année dernière,
13:31à la même période.
13:32Donc, voilà,
13:33à l'approche de l'hiver,
13:34on peut se demander un peu
13:34ce qui va se passer
13:35avec ce conflit.
13:36Un conflit
13:37qui pèse également
13:38sur les marchés,
13:40peut-être un mot
13:40des marchés obligataires aussi.
13:42On a vu tout à l'heure,
13:43c'était à cause du CPI certainement,
13:45mais le rendement américain
13:46à 10 ans
13:46passer ce seuil de 5%.
13:48À partir de quand
13:50est-ce qu'on doit s'inquiéter
13:51par exemple
13:51de ces rendements obligataires,
13:53le rendement à 2 ans
13:54qui est quand même
13:54à 4,60% aux Etats-Unis ?
13:57Oui, donc là,
13:57c'est vraiment
13:58la thématique actuelle
13:59de marché,
14:00là où jusqu'à présent
14:01le narratif de marché
14:02a été dominé par l'IA.
14:03On va dire pour la première fois
14:04depuis longtemps
14:05un autre discours
14:07et une autre inquiétude pointe,
14:09c'est effectivement
14:09cette thématique des taux.
14:10On voit les taux remonter
14:11très vite,
14:13trop vite,
14:14avec d'ailleurs
14:15un mécanisme de contagion
14:17qu'on a tous
14:17très bien compris.
14:18Ça commence par l'énergie,
14:19les prix du gaz
14:20et du pétrole évidemment,
14:22qui semble nourrir
14:23effectivement l'inflation
14:24et on n'en est qu'au début.
14:26On a parlé des chiffres
14:27de septembre
14:27qui ne devraient pas être
14:28folichons.
14:29Et tout ça nourrit
14:30effectivement cette hausse
14:31de taux.
14:32Alors évidemment,
14:33ça handicape les marchés,
14:34ça inquiète beaucoup
14:35les marchés,
14:36ça handicape l'économie réelle
14:38aussi,
14:38les taux de financement,
14:39les taux immobiliers.
14:40On sait que l'économie
14:41est sensible
14:42à ces dynamiques-là.
14:43Potentiellement aussi
14:44les valorisations,
14:45un effet plutôt mécanique
14:47entre les valorisations
14:48du marché
14:49et le niveau des taux.
14:50Tout ça n'est pas
14:51une bonne nouvelle.
14:52La question qui va se poser
14:53pour l'investisseur,
14:54c'est est-ce qu'on arrive
14:56à des niveaux de taux
14:57où effectivement
14:58on commence vraiment
14:59à être sur une problématique
15:01aiguë
15:01qui pourrait peut-être
15:02justifier que les marchés
15:04corrigent
15:04ou que l'économie
15:05ralentisse ?
15:06La réponse n'est probablement pas.
15:08En tout cas,
15:08pas encore.
15:09D'accord.
15:095% ça va.
15:11Quand on regarde
15:11un historique long
15:12sur les taux d'intérêt
15:13que vous enlevez,
15:14si vous voulez,
15:14l'anomalie des années 2010
15:16et de la répression financière,
15:185% sur le 10 ans américain,
15:20ce n'est pas très élevé
15:21dans l'absolu.
15:21On est plutôt même
15:22sur un point bas
15:23sur les 40 dernières années.
15:24Encore une fois,
15:25si on enlève
15:25ces 10 dernières années.
15:27On sait faire.
15:27On sait opérer
15:28dans une économie
15:29avec des taux à 5%.
15:30Rien n'est complètement
15:32farfelu dans cette idée-là.
15:35Le problème qui se pose
15:36pour les marchés,
15:36peut-être plus probablement,
15:38c'est la vélocité
15:39de cette hausse de taux.
15:40C'est la volatilité
15:41qui l'accompagne.
15:42Si on rentrait
15:43dans une hausse de taux
15:45qui commençait
15:45à s'accélérer,
15:46plus chaotique,
15:47si on voyait
15:48des banquiers centraux
15:49qui tout d'un coup
15:50devaient accélérer aussi
15:51le rythme,
15:52se rendant compte
15:53qu'ils sont peut-être
15:53un petit peu derrière la courbe,
15:55un petit peu en retard
15:56sur leur programme,
15:58alors là,
15:58ça pourrait générer
15:59de l'inquiétude.
16:00Il y a effectivement
16:01des statistiques
16:02qui montrent que
16:03lorsqu'on regarde
16:04les performances du marché
16:06un an après
16:07la première hausse
16:10des taux
16:10d'une banque centrale,
16:11on voit que globalement
16:12les marchés se tiennent.
16:13La performance est positive.
16:14Je crois que c'est 4-5%
16:14sur les S&P en moyenne.
16:16Ce n'est pas folichon,
16:17ce n'est pas des bonnes nouvelles
16:18pour les marchés,
16:19mais les marchés se tiennent.
16:20Si vous faites la même analyse,
16:22à savoir la performance
16:22sur un an
16:24après des hausses
16:25de taux rapides
16:25et continues,
16:26alors là,
16:27ce n'est plus plus 4-5%,
16:28c'est moins 10%.
16:30Donc là,
16:30on est vraiment
16:31sur le facteur
16:32à surveiller.
16:33Est-ce qu'on pourrait
16:34voir un emballement ?
16:35Est-ce qu'on pourrait
16:35avoir plus de vélocité,
16:37plus de chaos ?
16:38Et si c'est le cas,
16:39alors là,
16:39il faudra peut-être
16:40réviser nos perspectives
16:41sur le marché.
16:42Bon,
16:42affaire à suivre
16:43sur ces taux longs
16:44qui restent hauts.
16:45J'ai oublié de préciser
16:46aussi en introduction
16:47que le spread franco-allemand
16:48a dépassé
16:49les 90 points de base
16:50au cours de la séance,
16:5293 points de base
16:53à peu près.
16:55Parlons des entreprises
16:56un petit peu.
16:57Vous vouliez dire un mot
16:58peut-être de la tech
16:58et de l'intelligence artificielle
17:00qu'on continue à regarder
17:01même si c'est peut-être
17:02plus le sujet central
17:04aujourd'hui.
17:06On peut peut-être
17:07faire un bilan
17:08de la saison des résultats
17:09qui s'est terminée.
17:10On a pris connaissance
17:11aussi des résultats
17:12d'Oracle hier soir.
17:14Qu'est-ce qu'on peut dire
17:15de ces résultats
17:17d'entreprise,
17:18Sébastien ?
17:20On a eu
17:22un deuxième trimestre
17:23extrêmement fort
17:25avec des très bonnes
17:26surprises
17:27en Europe
17:28mais évidemment
17:29en les Etats-Unis.
17:30Alors en les Etats-Unis,
17:30il y avait des attentes
17:31un peu plus basses
17:32que chez nous
17:32et donc ça s'est
17:34encore mieux passé.
17:35Mais les entreprises,
17:37alors ça a été
17:38la diffusion
17:39des bonnes nouvelles
17:42a été plus large
17:43que dans les trimestres
17:45passés,
17:46c'est une bonne nouvelle,
17:46il n'empêche
17:47que le gros
17:48de la hausse
17:49des bénéfices
17:49est venu
17:50de deux secteurs
17:52si je simplifie
17:53se liés à l'IA
17:54et évidemment
17:55de l'énergie.
17:56C'est ça
17:56qui a poussé
17:58les marchés.
17:59Mais je crois
18:00qu'aujourd'hui,
18:01ça y est,
18:01c'est dans le rétro,
18:02c'est bien,
18:03on a passé cette étape
18:05et c'était positif,
18:06ça a confirmé
18:07et c'est pour ça
18:08qu'on a vu
18:08des bourses
18:09qui ont plutôt
18:09bien performé
18:10et qui ont dû surfer
18:12dans ces obstacles
18:13de hausse de taux,
18:14de crainte
18:15sur les politiques monétaires
18:17et la géopolitique
18:18et aujourd'hui,
18:19tout le monde
18:20se projette vers l'avenir
18:21et il se trouve
18:21que l'avenir
18:22reste très porteur
18:23pour les entreprises.
18:24Les perspectives
18:25de bénéfices
18:26restent très élevées
18:27et ça,
18:28c'est lié au taux aussi
18:29parce qu'en partie,
18:32Gaël l'a dit,
18:33c'est vrai,
18:34les taux montent,
18:35ils montent
18:35pour des mauvaises raisons,
18:37on trouve qu'il y a
18:37mauvaises pour l'économie,
18:38parfois bonnes
18:39pour les actions.
18:41Quand l'inflation monte,
18:42un bon hedge,
18:42c'est les inflations,
18:43elles sont indexées
18:44de toute façon
18:45à l'inflation
18:46mais il n'empêche
18:47que c'est mauvais
18:47pour l'économie
18:48et après on le paye
18:49parce que la banque centrale
18:50monte.
18:50Mais en partie,
18:51les taux montent aussi
18:52parce que les gens
18:53anticipent que l'économie réelle
18:55va continuer à prospérer,
18:57l'IA va apporter
18:58des gains de productivité,
18:59etc.
18:59Et de fait,
19:00un chiffre,
19:01on n'en parle pas assez,
19:03les taux réels
19:05aux Etats-Unis
19:06sur le 30 ans
19:07et a aussi atteint
19:08un niveau historique
19:09moins élevé.
19:12Les taux indexés
19:13sur l'inflation
19:14ou les produits
19:15indexés sur l'inflation
19:16à 30 ans
19:17ont commencé
19:18dans les années 2000.
19:19On n'a jamais vu
19:20que le chiffre
19:21qu'on atteint aujourd'hui
19:22est de plus de 3%.
19:23Donc si j'achète
19:25une obligation
19:26du Trésor américain
19:27indexée à l'inflation
19:28en disant
19:29le taux réel,
19:30je suis rémunéré
19:31à 3%.
19:32On ne l'avait pas vu
19:33depuis,
19:34on ne l'avait jamais vu,
19:35on ne l'avait jamais vu
19:35sur un produit
19:36qui est achetable.
19:37Donc on voit bien
19:38qu'il y a aussi
19:39une partie positive
19:41sur la croissance.
19:42Elle est toujours là.
19:43Il n'empêche,
19:44et Gaël l'a dit,
19:45moi je serais
19:46plus précautionné
19:48en disant
19:48dans le sens
19:49qu'en fait
19:50on ne sait pas
19:51quand les taux
19:53arrêtent les marchés.
19:54On ne sait pas
19:55quel est-ce que c'est,
19:555, 5,5, 6,
19:57on ne sait pas.
19:58Tout dépend
19:59de la nature
20:00de cet arrêt.
20:03une banque centrale
20:04qui monte
20:04pour casser
20:06une inflation
20:07qui est là
20:08et qu'il faut
20:08ramener à 2%.
20:09Si on a toujours
20:10de la croissance,
20:11c'est bon
20:12pour les marchés.
20:13Les choses vont
20:13continuer à se prospérer.
20:15Et je pense,
20:15beaucoup le pensent.
20:16Moi je dirais
20:17que sur les marchés
20:18actions,
20:18et c'est un élément
20:19de fragilité aujourd'hui,
20:21trop de gens le pensent.
20:22Et donc il y a
20:23quand même
20:23un positionnement
20:25sur le marché
20:25qui est peut-être
20:27pas excessif,
20:28mais qui est quand même
20:28très optimiste
20:29sur l'avenir.
20:30Donc un gros grain de sable,
20:32un petit peut-être pas,
20:34comme Gaël l'a dit,
20:35il n'y aura pas
20:36de problème,
20:39mais on peut avoir
20:40plus de problèmes
20:41parce que des taux
20:42trop élevés,
20:43vous l'avez dit d'ailleurs
20:44et même sur l'inflation,
20:45sur les prix,
20:46le gasoil aux Etats-Unis,
20:48ça va être un vrai sujet,
20:50c'est tout le transport américain.
20:51Donc il peut y avoir
20:52des gros grains de sable
20:53qui font que
20:54l'économie américaine
20:55ralentit un peu plus.
20:56Donc les résultats
20:58pour une partie
20:59de l'économie
21:00la plus cyclique,
21:01ça va être un problème
21:02et ça,
21:03ça serait une mauvaise nouvelle
21:05alors qu'on est en train
21:06de monter les taux
21:07pour baisser l'inflation
21:09qui amène
21:10un autre handicap
21:11aux entreprises
21:12qui sont endettées,
21:13etc.
21:14Et évidemment,
21:14aux ménages,
21:15l'immobilier,
21:15toutes ces parties-là.
21:17Donc aujourd'hui,
21:17c'est vrai,
21:18le marché action,
21:20de façon un peu
21:21plus diversifiée
21:22qu'avant,
21:22toujours avec ses leaders,
21:24notamment liés à l'IA,
21:26mais qui s'est
21:26un petit peu plus
21:28dérécifiée
21:28vers les cycliques
21:30parce qu'il y a
21:31un cycle industriel
21:32qui est porteur.
21:32N'empêche que
21:35la pierre
21:36qui pourrait
21:36les arrêter,
21:37ça reste les temps d'intérêt.
21:39Il ne faut pas
21:40qu'on aille trop loin
21:41dans ces taux,
21:42surtout si le problème,
21:44c'est qu'on n'arrive pas
21:45à arrêter
21:46la machine inflationniste
21:48et donc la Fed
21:49ou la BCE
21:50doit surréagir.
21:52Déjà,
21:52quatre fois,
21:53si la Fed
21:53doit monter quatre fois,
21:55je pense qu'on est
21:56dans un autre monde
21:58parce que là,
21:59les taux réels
22:00pour arrêter l'économie
22:01vont devenir très élevés
22:02et vont handicaper l'économie.
22:04Oui,
22:04c'est sûr
22:05qu'on va rester attentifs
22:07à tout ça
22:08et puis en plus,
22:09la saison des résultats
22:10dont on parle
22:10se termine tranquillement
22:12et la saison des résultats
22:14du troisième trimestre
22:15va commencer
22:15assez rapidement,
22:17mi-octobre à peu près.
22:18Donc,
22:19on aura d'autres données micro
22:20pour savoir un petit peu
22:22la santé de ces marchés.
22:24Qu'est-ce que vous regardez,
22:25Raphaël,
22:25chez Tikeo
22:27pour la fin d'année,
22:28jusqu'à décembre,
22:29il nous reste trois minutes.
22:31On va faire ça en trois minutes.
22:33Donc,
22:33effectivement,
22:34les deux thématiques,
22:35les deux risques
22:36qui pèsent sur les marchés,
22:37selon nous,
22:38les plus importants
22:39sont évidemment
22:40cette thématique
22:41de taux d'intérêt.
22:42Jusqu'où allons-nous aller ?
22:44À quelle rapidité ?
22:45On voit totalement
22:46un potentiel de hausse
22:47sur les taux.
22:48Compte tenu du contexte
22:49de cette inflation structurelle
22:50long terme.
22:51On peut tout à fait imaginer
22:53que les taux
22:53ne soient pas tout à fait
22:54à leur prix.
22:54Et si vous regardez
22:55sur le long terme,
22:57d'ailleurs,
22:57les niveaux de taux d'intérêt
22:59et que vous les comparez
23:00à la croissance
23:00du PIB en nominal,
23:03très souvent,
23:03vous avez une forme
23:04de convergence
23:04entre le 10 ans,
23:06on va dire,
23:06en taux nominal
23:07et cette croissance nominale.
23:09Avoir une économie,
23:10par exemple,
23:11américaine
23:12à 3% de croissance
23:13et vous rajoutez
23:142,5-3% d'inflation,
23:16ça peut vous emmener
23:17bien plus haut
23:17que les 4,9% actuels.
23:20Donc,
23:20on n'a pas l'impression
23:21que cette tendance
23:22long terme,
23:23elle pourrait nécessairement
23:24avoir un point d'inflexion
23:27à court terme
23:27et dans ces conditions,
23:29on a envie d'être prudent
23:30là-dessus.
23:31Ensuite,
23:31il y a la deuxième thématique
23:32de risque pour le marché,
23:34c'est la thématique IA.
23:35Et c'est vrai
23:36qu'à l'inverse des taux,
23:37là,
23:37les nouvelles récemment
23:37ont été quand même
23:38plutôt encourageantes.
23:39On a eu des bons signaux
23:41en termes des capacités
23:43de dépense d'investissement
23:44qui continuent d'avoir lieu
23:45et elles ont lieu
23:47et elles s'accélèrent
23:48ces dépenses d'investissement
23:49aussi parce que
23:50les retours sur investissement
23:51se manifestent.
23:52Donc ça,
23:53c'est un pilier
23:53très important du marché.
23:55Elle a tiré la performance
23:56l'IA
23:57depuis un certain temps
23:58et c'est vrai
23:59que ces derniers temps,
24:00on a vu globalement
24:01des bons signaux.
24:02Donc ça,
24:02c'est intéressant
24:02et on reste investi.
24:04Dernière brique,
24:05très rapidement,
24:06c'est aussi cette idée
24:07de diversification.
24:09On a compris
24:10qu'avec l'IA aujourd'hui
24:11qui tirait les marchés,
24:12tirait les earnings,
24:13était devenu un facteur
24:14de risque très important.
24:15Il fallait diversifier,
24:17donc penser cyclique,
24:18actif privé,
24:19or,
24:20il y a plein d'options
24:21de diversifier
24:23sans abandonner
24:23de la performance
24:24et ça,
24:25ça sera une vraie thématique
24:26pour la fin d'année.
24:26Bon, le maître mot reste
24:28et d'ailleurs reste toujours
24:30diversifier les portefeuilles.
24:32Messieurs,
24:32merci beaucoup,
24:33Raphaël Thur.
24:33Vous êtes responsable
24:34des stratégies
24:35de marché de capitaux
24:36chez Tikeo Capital
24:37et Sébastien Paris-Orvitz,
24:39vous êtes directeur
24:40de la recherche
24:40chez LBP AM.
24:42Merci à vous
24:43de nous avoir suivis
24:45cette semaine.
24:46La semaine prochaine,
24:46c'est la rentrée
24:47des banques centrales,
24:48la vraie rentrée
24:48des banques centrales.
24:49La Fed,
24:50la Banque d'Angleterre,
24:51la Banque du Japon,
24:51la BNS,
24:52la Banque de Norvège
24:53et même la Banque du Brésil
24:55sont attendus.
24:56On suivra tout ça
24:56la semaine prochaine.
24:57À lundi.
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