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  • il y a 10 minutes
Éducation, intelligence artificielle, espace : la France et l’Europe ont-elles encore les moyens de leurs ambitions ? Dans le Grand débat éco, Sibylle Aoudjhane et ses invités reviennent sur les résultats de PISA et le défi des compétences, la levée record de 3 milliards d’euros de Mistral AI et la course aux champions européens de l’IA, avant de s’interroger sur la souveraineté spatiale à l’occasion du premier Sommet international sur l’espace à Paris.

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Transcription
00:04Plusieurs actualités fortes cette semaine interroge la capacité de la France et de l'Europe à rester compétitive pour comprendre
00:09si la France et l'Europe a les moyens de ses ambitions.
00:13Je suis ravie d'être entourée de trois experts. Aziz Séni, bonjour.
00:15Bonjour.
00:16Vous êtes entrepreneur, président fondateur de Quartier d'affaires et Forum économique des banlieues et auteur de Made in Banlieue
00:22aux éditions Michel Laffont en 2025.
00:24Sylvain Bersinger, bonjour.
00:26Bonjour.
00:26Vous êtes économiste fondateur de Bersinger Co. Et Julien Piot, vous êtes aussi économiste, enseignant-chercheur à l'INSEC. Merci
00:33d'être avec nous.
00:34Alors, on commence tout de suite par le classement PISA qui mesure les acquis des élèves de 15 ans dans
00:39les pays de l'OCDE, leur capacité de lecture, leur mathématique, la science.
00:43Les résultats montrent une baisse du niveau de la zone OCDE. La France ne figure pas du tout parmi les
00:49bons élèves.
00:50Sylvain Bersinger, je me tourne vers vous tout d'abord. Est-ce qu'on est capable encore... Est-ce qu
00:56'aujourd'hui, on est encore capable de préparer l'avenir ?
00:59C'est ça, le grand enjeu, en fait, de ce classement. C'est de savoir si on va pouvoir continuer
01:05sur ce rythme et rester une puissance mondiale.
01:09Moi, quand je regarde ces classements, c'est vrai qu'on regarde surtout la France versus les autres, ce qui
01:12est un peu normal.
01:13On n'est globalement pas bien classés, mais on n'est pas non plus les derniers.
01:16Mais je pense que ce qui est surtout marquant dans les derniers chiffres PISA, c'est plutôt que c'est
01:20tout le monde qui baisse.
01:21Alors nous, on peut se dire est-ce que tout le monde baisse, est-ce qu'on baisse un peu
01:24plus, un peu moins.
01:24Mais ce qui est quand même marquant, c'est que globalement, tout le monde baisse.
01:28Alors pourquoi ? Il n'y a pas de réponse unanime.
01:31Mais je pense qu'une des explications possibles, c'est que les jeunes sont scotchés à leur smartphone, à l
01:36'IA, etc.
01:37Et je crois qu'il y a une question, c'est que la technologie qui était là pour nous servir,
01:40est-ce que d'une certaine façon, on n'est pas aussi, on pense aux réseaux sociaux avec des algorithmes
01:44qui sont parfois conçus pour être addictifs et autres,
01:47est-ce qu'en fait, la technologie dont on peut espérer qu'elle nous apporte, si elle est mal utilisée,
01:51ne revient pas en boomerang,
01:53avec des conséquences négatives, par exemple sur la scolarité ?
01:56Donc ces chiffres, moi je n'ai pas envie de les lire sur la place de la France, est-ce
02:00qu'on est légèrement au-dessus, en dessous ?
02:01Il y a quand même quelques pays qui augmentent, la Turquie ou l'Angleterre qui reste à niveau ?
02:06Non mais je suis d'accord, mais la tendance globale, elle est globalement en moyenne mauvaise.
02:10Grosso modo partout, si on regarde la tendance, et donc est-ce qu'on peut encore faire des études de
02:16bonne qualité ?
02:17Oui je pense, mais je pense que ça demande en fait une réforme beaucoup plus grande.
02:21Moi j'ai commencé ma carrière en étant prof en lycée, je pense qu'aujourd'hui on ne peut plus
02:25du tout enseigner,
02:26comme il y a dix ans, avec l'IA, donc ça demande de repenser complètement le modèle éducatif,
02:30et c'est très difficile, avec un système éducatif qu'on appelait le mammouth,
02:35qui n'est quand même pas, on va dire, reconnu pour sa capacité à s'adapter, à rebondir et à
02:40être agile.
02:40Donc il y a toute cette question-là qui est très difficile, je ne jette pas la pierre au prof,
02:43parce que ce n'est pas facile,
02:45mais voilà, comment est-ce qu'on continue à faire classe dans un environnement technologique,
02:51un environnement intellectuel des élèves, qui n'est plus du tout le même que celui d'il y a 15
02:54ans ?
02:54Et c'est très difficile, et j'admets que je n'ai pas la réponse toute faite.
02:57Et en plus, Aziz, dans ces éléments-là, il y a l'enjeu des inégalités dans le classement PISA,
03:01on voit que les inégalités d'enseignement se creusent, ça forcément, c'est un coût économique ?
03:07Oui, c'est un coût économique pour la France de demain, c'est un coût économique,
03:11parce qu'aujourd'hui, si on fait le parallèle avec la démographie, dans un pays qui vieillit,
03:17dans un pays où pour la première fois depuis l'après-guerre, on a eu plus de morts que de
03:22naissances,
03:22les territoires qui restent dynamiques d'un point de vue démographique,
03:25ce sont les territoires les plus pauvres, la ruralité et les banlieues.
03:29Et c'est justement dans ces territoires où on constate quoi, dans ce classement,
03:33qu'il y a un nivellement vers le bas, c'est-à-dire qu'on parle beaucoup de la moyenne,
03:37je suis un peu sidéré d'entendre certains de nos dirigeants dire
03:40« non mais attention, on reste quand même dans la moyenne ».
03:43C'est ça l'ambition de la France, c'est de rester dans la moyenne,
03:45le fameux 10,01 sur 20 après lequel on court à l'école, je ne m'en satisfais pas.
03:52C'est un point important.
03:53Donc on a un déclassement et ça touche essentiellement les territoires
03:57qui d'abord devraient être mis en avant, soutenus, parce que démographique,
04:02ce n'est même plus un élan du cœur.
04:04Là pour l'instant, la question était sur l'avenir, c'est un enjeu d'avenir économique.
04:08Le deuxième point, c'est que ça me sidère aussi un petit peu de voir que,
04:14comme sur d'autres mots, MAUX sociaux,
04:17on va porter la problématique sur l'infrastructure.
04:21J'entends ici et là, c'est les réseaux sociaux,
04:23ça a été beaucoup dit dans la presse écrite et les médias.
04:29Personne ne remet en cause le système, la production elle-même.
04:33Est-ce qu'on recrute les bons professeurs ?
04:35Est-ce qu'ils sont suffisamment payés ?
04:37Est-ce que les moyens humains et techniques sont à la hauteur de l'ambition ?
04:41Parce que si mon client, pardon, je reprends mon champ lexical,
04:44si mon client qui est l'élève à l'arrivée ne progresse pas,
04:48on peut dire que c'est la faute des parents,
04:50on peut dire que c'est la faute des réseaux sociaux,
04:51on peut même dire que c'est la faute de l'élève lui-même qui ne fait pas les efforts.
04:55Mais il y a quand même un moment où la fabrique, l'usine,
04:58le moteur de l'ascenseur social qui est en panne,
05:01il va falloir quand même s'interroger de pourquoi elle ne produit plus.
05:03Parce que vous ne pouvez pas dans un pays expliquer que c'est la France du mérite,
05:07c'est la France de ceux qui travaillent,
05:08et ne pas mettre à disposition les moyens pour que ce mérite s'exprime à la sortie de l'école.
05:13Donc c'est tout ça, moi je ne suis pas forcément inquiet,
05:16on a les moyens de se reprendre,
05:18mais c'est le début de la chaîne de ce qu'on appelle la souveraineté économique,
05:22elle commence à l'école et c'est là où on prépare l'avenir.
05:25Et on peut se comparer en disant oui tout le monde descend, très bien,
05:29mais j'aimerais aussi qu'on regarde du côté de la Corée du Sud
05:32et d'autres pays qui sont en train d'exploser
05:34et qui ont misé, investi, pas dépensé, investi,
05:38sur l'économie de la connaissance.
05:40Et c'est l'économie de la connaissance qui est en jeu dans ce classement.
05:43Parce que vous qui combattez quand même
05:46pour faire des banlieues des zones économiques,
05:49c'est quand même un boulet au pied
05:52à tous ces jeunes qui veulent rentrer sur le monde du travail,
05:55cette éducation, ces résultats-là.
05:57Il n'y a pas d'entreprise sans entrepreneurs,
05:59mais il n'y a pas d'entreprise sans bons collaborateurs non plus.
06:01Les collaborateurs où sont-ils ?
06:03Aujourd'hui ils sont à l'école.
06:04Si vous voulez avoir un outil productif,
06:07une entreprise, une administration qui puisse être performante,
06:11encore faut-il avoir préparé sa jeunesse,
06:13préparé le parcours de formation et qu'il soit adapté.
06:16On est capable, avec des tas d'experts,
06:19de faire de la prospective.
06:20On n'est pas capable d'adapter notre parcours de formation
06:23à l'éducation nationale et dans le secteur professionnel.
06:26Alors bien sûr dans le privé c'est toujours un petit peu plus facile
06:28parce que moins contraignant,
06:30mais il faut que l'économie, la France
06:33et cette institution qu'est l'éducation nationale
06:36dont nous avons besoin avec des professeurs
06:39qui sont super motivés et prêts à donner beaucoup plus,
06:42qui donnent déjà beaucoup plus,
06:43simplement de l'adapter.
06:45Vous ne pouvez pas demander à un bac plus 5
06:47d'être recruté comme prof et de lui dire
06:49tu vas commencer à 1500 ou 2000 balles.
06:51Pardon, la reconnaissance elle passe par le statut
06:55et elle passe par le salaire.
06:57Ce n'est pas à la hauteur des enjeux.
06:59Julien, on parle souvent des réseaux sociaux, etc.
07:01mais aussi forcément de l'IA derrière tout ça.
07:04Comment est-ce que vous voyez cette dualité
07:05un petit peu de forcément préparer nos élèves
07:07aux métiers de demain, aux enjeux de demain
07:09qui sont aussi autour de l'IA et de la tech
07:11et bien sûr un apprentissage quand même
07:14qui n'est pas dépendant de cette IA ?
07:18Déjà, on a trouvé nos usual suspects,
07:21nos bouquins ministères un petit peu faciles,
07:23le smartphone, les écrans, l'IA, les réseaux sociaux.
07:28C'est un petit peu facile.
07:30C'est un petit peu facile parce que la vérité
07:31c'est que le déclin ne date pas de l'apparition
07:33de ces technologies-là.
07:34Il est engagé depuis bien plus longtemps,
07:36depuis les années 70 et 80.
07:39Donc résumer la problématique actuelle
07:42à une mauvaise utilisation uniquement de la technologie,
07:45à la fois par les élèves
07:47et peut-être au niveau de la pédagogie
07:49qui peut-être ne préparent pas suffisamment
07:51justement à les apprenants à la bonne utilisation
07:53de cette technologie.
07:54C'est un petit peu facile,
07:55d'autant que parmi les pays qui se maintiennent,
07:57je ne crois pas que ce soit des pays
07:58qui sont encore à l'encrier ou boulier en vérité.
08:00Donc c'est les bouquins ministères un petit peu faciles.
08:03Il n'en demeure pas moins que parmi les facteurs causaux
08:05qu'on peut observer, probablement,
08:07joue-t-il une part assez importante,
08:09mais qui va peut-être moins se jouer
08:11sur la capacité des étudiants
08:13à apprendre ce qu'ils ont à apprendre
08:15que finalement, plutôt un phénomène
08:18d'abrutissement généralisé de la société
08:20dans son ensemble,
08:22une société du divertissement et du loisir
08:23davantage que de l'effort et de l'apprentissage,
08:26qui peut derrière générer
08:27des externalités négatives assez fortes
08:29et qu'on peut retrouver en bout de chaîne,
08:30évidemment, dans le milieu professionnel
08:32et avant ça, dans le milieu éducatif.
08:34Préparer les étudiants
08:35à savoir utiliser des technologies
08:37à bon escient, c'est essentiel.
08:40C'est évidemment l'enjeu prioritaire,
08:42ou un des enjeux prioritaires du système éducatif
08:45et ce, dès le plus jeune âge
08:47et jusqu'à la sortie des études,
08:49mais ça ne résoudra pas tout le problème
08:50parce qu'Aziz a complètement raison
08:52de souligner que le problème est systémique
08:54lorsque l'institution a également contribué
08:58finalement aux résultats
08:59que l'on déplore aujourd'hui
09:00parce que quand tous les classements
09:03depuis des années qui font des décennies maintenant
09:06montrent une baisse continuelle du niveau
09:08alors que dans le même temps,
09:09on n'a jamais eu autant de diplômés
09:10du bac et du supérieur,
09:12ça veut bien dire quelque chose
09:13c'est qu'on a abaissé le niveau d'exigence
09:15pour avoir les diplômes
09:16parce qu'on a voulu amener
09:17pour des raisons politiques
09:18davantage économiques
09:19toute une génération à la diplomation
09:22qui accompagnait une tertiarisation
09:24de l'économie et de la société
09:27certes, mais ça n'a pas permis pour autant
09:29d'avoir des champions de l'économie tertiaire
09:31et notamment des géants du numérique
09:33pour autant.
09:34Donc les choix politiques qui ont été faits
09:36ne sont probablement pas les bons.
09:37Aziz a raison de dire que ça commence déjà
09:40par avoir des professeurs
09:41qui soient extrêmement bien formés
09:42qui soient mieux considérés
09:44et probablement mieux rémunérés
09:45pour attirer des gens un peu meilleurs aussi
09:48et surtout leur donner des motivations supplémentaires
09:51mais il faut aussi derrière
09:53que le reste suive
09:54et on sait
09:55j'en terminerai là-dessus
09:57ce sera peut-être le dernier mot
09:58en ce qui me concerne
09:59mais que 40% de la réussite
10:02d'un étudiant à l'école
10:04dépend de ce qui se passe
10:06dans son cercle intrafamilial.
10:07et quand on crée des sociétés
10:10dans lesquelles les parents
10:11n'ont plus le temps
10:12ou plus les compétences
10:13ou les deux
10:14de suivre la scolarité de leurs enfants
10:16parce qu'on cumule les emplois
10:19pour s'en sortir
10:19parce que les familles sont éclatées
10:21monoparentales
10:22parce qu'on a des gens
10:24qui ne s'en sortent plus
10:26qui sont en asymétrie d'informations
10:27qui ne sont pas capables
10:27de pouvoir suivre leurs enfants
10:28qui sont épuisés en vérité.
10:30En fait on tire déjà
10:32une balle dans le pied
10:33de tous les gamins
10:34qu'on peut accueillir
10:35dans la meilleure école du monde
10:36mais qu'on n'arrivera pas
10:37forcément à un niveau suffisant.
10:39Parce que Sylvain
10:40est-ce qu'on sait mesurer
10:41à peu près le poids
10:43dans l'économie
10:44que ça c'est une mauvaise éducation
10:46une éducation qui décline ?
10:48Alors on ne sait pas
10:49le mesurer précisément
10:49parce qu'en fait
10:50c'est très multifactoriel
10:51mais on sait que c'est très important
10:52parce que si vous voulez
10:53à long terme
10:54qu'est-ce qui fait
10:54la prospérité d'un pays
10:55c'est ses gains de productivité
10:57grosso modo
10:57la croissance de long terme
10:58d'un pays
10:59c'est grosso modo
11:00ses gains de productivité
11:01alors la difficulté
11:02c'est que dans les gains de productivité
11:03il y a plein de choses
11:04il y a bien sûr le facteur humain
11:05donc vos connaissances
11:07vos compétences
11:07savoir-faire, savoir-être
11:08qui sont directement liées
11:10au facteur PISA
11:12la scolarité mesurée
11:13entre autres par les études PISA
11:15mais il y a plein d'autres choses
11:16il y a l'environnement technologique
11:17il y a l'investissement
11:18il y a l'environnement institutionnel
11:20financier, contractuel
11:21c'est vous l'expert là-dessus
11:23et c'est pas facile
11:24d'isoler l'éducation
11:25donc on sait que ça joue
11:26un rôle clé
11:27vous dire c'est
11:2820% de potentiel de croissance
11:30je serai incapable
11:31de mettre un chiffre
11:32donc on sait que c'est important
11:33je serai peut-être ça aussi
11:34le fait qu'on n'arrive pas
11:35à mettre un chiffre
11:35peut-être que ça l'a fait glisser
11:37un petit peu
11:37sous les radars
11:38mais on va passer tout de suite
11:39à Mistral Hayek
11:40donc on reste un peu
11:41dans le lien
11:44Julien
11:44qu'est-ce que ça dit pour vous
11:46cette actualité
11:47de 3 milliards d'euros
11:50de levée de fonds
11:52de valorisation
11:52à 21 milliards
11:54est-ce que ça veut dire
11:55qu'enfin
11:56on a notre champion
11:57face aux Chinois
11:58aux Européens
11:59c'est comme ça
11:59qu'il faut le voir
12:00non c'est surtout pas comme ça
12:02qu'il faut le voir
12:02pour plein de raisons différentes
12:03ce qui ne veut pas dire
12:04qu'il ne faut pas se réjouir
12:05de la bonne fortune de Mistral
12:07non on aurait tort
12:08de penser qu'on a un champion
12:10et encore plus un champion souverain
12:11parce que lorsqu'on regarde
12:11la structure des investissements
12:12et surtout la structure
12:13des partenariats industriels
12:16qui sous-tendent aujourd'hui
12:17l'activité de Mistral
12:18on voit que les intérêts étrangers
12:20sont très importants
12:21et qu'un jour ou l'autre
12:22il pourrait y avoir aussi
12:23des conflits d'intérêts
12:25ils se situent où
12:27ces intérêts étrangers ?
12:28déjà dans la structure capitalistique
12:30on n'a pas le détail
12:31oui ça le trouve
12:31qui a investi
12:33par exemple
12:33on a BlackRock
12:34on a tout un tas
12:35de fonds d'investissement
12:35aussi étrangers
12:36qui ont pris des parts
12:37dans Mistral
12:37on n'a pas le détail
12:39mais on sait qu'avant
12:41la dernière levée de fonds
12:41de 3 milliards
12:42donc qui est en phase D
12:44en phase C
12:44on avait à peu près
12:4560% des intérêts
12:47capitalistiques
12:47qui étaient français
12:48et ou européens
12:49là on peut imaginer
12:50que ça soit encore
12:51un petit peu dilué
12:52mais toujours est-il
12:53qu'il peut y avoir
12:54derrière des conflits d'intérêts
12:55qui peuvent apparaître
12:56et puis surtout des chaînes de dépendance
12:58avec des acteurs
12:59qui sont étrangers
12:59je pense à Nvidia
13:01aujourd'hui
13:01avec le partenariat
13:02sur les puces
13:03je pense à Samsung
13:03sur le partenariat
13:05avec les mémoires vives
13:06mais toujours est-il
13:08que malgré tout
13:09on a cet acteur
13:11franco-européen
13:12Mistral
13:14qui a
13:15vraiment
13:15qui a des mérites
13:16et surtout
13:17qui a né un petit peu creux
13:18sur le plan stratégique
13:19parce qu'il vient
13:20alors ça ne date pas
13:21tout à fait d'hier
13:22mais il renonce
13:24petit à petit
13:24à l'entraînement
13:25de modèles de frontières
13:26pour aller sur des modèles
13:27beaucoup plus open-weight
13:28qui ressemblent beaucoup plus
13:29aux modèles chinois
13:31donc plus
13:31sur le modèle des frontières
13:33les modèles frontières
13:34sont vraiment les modèles
13:35les plus puissants
13:35qui reposent sur des capacités
13:37de calcul
13:37qui sont extrêmement
13:39performantes
13:39très importantes aussi
13:40et qui sont ceux aussi
13:42parce qu'il faut bien reconnaître ça
13:43qui ont quand même
13:44le plus de chances
13:45c'est pas dire que c'est déterministe
13:46c'est à dire qu'ils ont
13:47plus de chances que les autres
13:48peut-être d'aboutir
13:49à des innovations de rupture
13:51mais pour ça
13:51il faut une structure
13:52capitalistique aujourd'hui
13:53il faut être capable
13:54de brûler beaucoup
13:54beaucoup de cash
13:55ce que peuvent faire
13:56les champions américains
13:57ce que ne peuvent pas faire
13:58les champions européens
13:59et ce que ne font pas trop
13:59les chinois
14:00pour des raisons stratégiques
14:01différentes
14:01on n'a pas le temps
14:01d'en parler aujourd'hui
14:02quand vous parliez
14:03de plus
14:04est-ce qu'en France
14:05on aurait
14:05enfin en Europe
14:06plutôt
14:06est-ce qu'on aurait
14:07les infrastructures
14:07pour pouvoir faire en sorte
14:08que Mistral soit souverain
14:11pas aujourd'hui
14:11pas au moment où on se parle
14:12on n'a ni les infrastructures
14:13ni la technologie
14:14pour pouvoir le faire
14:15et puis on n'a pas le capital
14:15non plus
14:16pour pouvoir rivaliser
14:17avec des acteurs
14:17comme Nvidia
14:18ou Samsung
14:19et puis quelque part
14:20c'est pas nécessairement
14:23souhaitable
14:23sur le plan économique
14:24parce que si à la sortie
14:25vous investissez énormément
14:26pour avoir des puces souveraines
14:28ou de la mémoire vie souveraine
14:29et que finalement
14:30vos seuls clients
14:32sont des clients européens
14:33parce que en vérité
14:34les puces
14:36ou les mémoires
14:36qui sont produites
14:37par les étrangers
14:38sont achetées
14:39par le reste du monde
14:40et sont plus performantes
14:41et proposées à un prix inférieur
14:43en vérité
14:43vous tirez une balle dans le pied
14:44donc ce qu'il faut
14:45c'est plutôt réussir
14:46à obtenir une souveraineté
14:47par la réglementation
14:48plutôt que par
14:50le jeu industriel
14:51et c'est là
14:52qu'on attend
14:52de l'Union Européenne
14:54qu'elle soit capable
14:56non seulement
14:56de penser
14:57la régulation
14:58elle le fait
14:59mais aussi
15:00de la faire appliquer
15:01de façon à pouvoir
15:02préserver les intérêts
15:04en fait
15:05des citoyens européens
15:07et des états
15:08en étant capables
15:09d'imposer
15:09aux acteurs étrangers
15:11des règles du jeu
15:12qui doivent être appliquées
15:14sur le continent
15:15Sylvain
15:15c'est ça
15:15notre problématique
15:17de souveraineté
15:17c'est qu'en Europe
15:18on n'est pas capable
15:19de financer
15:19la croissance
15:20de ce genre
15:22de licorne
15:22mais je pense que
15:23alors là on parle
15:24du camistral
15:25mais en fait
15:25on pourrait probablement dire
15:26ce qu'on dit là
15:27en fait dans beaucoup de secteurs
15:28parce qu'en fait
15:29on voit que dans
15:29plein de secteurs
15:31l'IA
15:31mais dans d'autres secteurs
15:32de la tech
15:32des biotech
15:33ou autre
15:33on a quand même
15:34quelques entreprises
15:35qui arrivent émerger
15:36mais on n'arrive pas
15:36à avoir un peu
15:37des champions
15:38et être un peu le continent
15:39qui je dirais
15:39donne le là
15:40et qui crée
15:41tout l'écosystème
15:42et donc là je trouve
15:43que c'est un peu révélateur
15:44on ne peut pas dire
15:44qu'on est nul
15:45on ne peut pas dire
15:45qu'il n'y a rien
15:46parce qu'effectivement
15:46il y a Mistral
15:47il y a les start-up
15:48qui se lancent
15:50mais on ne sent pas
15:51non plus que Mistral
15:52va créer la référence
15:55mondiale de l'IA
15:56et que les Chinois
15:56et les Américains
15:57vont s'aligner
15:57sur ce qu'on fait en France
15:58donc je trouve
15:59que c'est un peu
16:00le reflet
16:01d'une manière générale
16:03de la situation européenne
16:04on n'est pas
16:05complètement largué
16:06on n'est pas
16:06complètement hors jeu
16:07mais on sent bien
16:08que les standards
16:09et l'ensemble
16:10de l'écosystème
16:11il va être
16:11probablement soit
16:12américain
16:13soit chinois
16:14et oui
16:15une entreprise
16:16mais dans tout secteur
16:16elle n'émerge pas
16:17seule comme ça
16:18de nulle part
16:19et hop
16:20je deviens champion mondial
16:20c'est tout un écosystème
16:22avec des partenaires
16:22avec une chaîne de valeur
16:23avec des écoles
16:25et des universités
16:26on parlait de PISA
16:27avant
16:27c'est lié à ça
16:28donc voilà
16:29je trouve que c'est vraiment
16:30un peu le révélateur
16:32de la situation européenne
16:32aujourd'hui à Mistral
16:33Parce qu'Aziz
16:34est-ce qu'il faudrait
16:35garder cette
16:36IA comme une priorité
16:37d'investissement
16:39c'est majeur
16:40pour vous ?
16:41Ecoutez moi
16:42d'abord je me réjouis
16:43de cette information
16:45ensuite
16:45ça ne fait pas un peu
16:46mais fait d'annonce quoi
16:47Mistral qui lève
16:48cet argent
16:50pour moi
16:51l'affirmation
16:52de dire c'est devenu
16:53un champion
16:54est un peu précipité
16:56pour moi
16:56elle vient d'acheter
16:57son ticket
16:57pour rentrer
16:58en Ligue des Champions
16:59elle n'est pas encore
17:00championne du monde
17:01il faut encore faire le match
17:02et contre des poids lourds
17:04et pas des moindres
17:05donc elle vient
17:06d'acheter
17:07son ticket
17:08pour rentrer
17:08dans un cercle restreint
17:09où la compétition
17:10est extrêmement forte
17:11ensuite
17:12sur la souveraineté
17:13je partage
17:14ce que tu as dit
17:15c'est que
17:15la souveraineté
17:16à mes yeux
17:16c'est pas de faire
17:17nous-mêmes tout
17:18et de vendre
17:19qu'à nous-mêmes
17:20l'idée c'est quand même
17:21de créer un produit
17:22avec une vraie valeur ajoutée
17:24et c'est là
17:24où la compétition
17:25est la plus forte
17:26en utilisant
17:28la chaîne de valeur
17:29qui peut se trouver
17:30sur les cinq continents
17:31est-ce que Mistral
17:32va y arriver ?
17:33je ne sais pas
17:34en tout cas
17:34il y a
17:36une
17:38une redondance
17:39dans les belles histoires
17:40économiques
17:41françaises
17:42c'est que
17:42on est capable
17:43de créer
17:43de très belles
17:45boîtes
17:45de très belles pépites
17:46la question
17:47c'est la question
17:48de la croissance
17:48est-ce qu'on sait
17:50est-ce qu'on veut
17:51est-ce qu'on peut
17:53le scale
17:54est-ce qu'on sera capable
17:55de le porter
17:55au niveau européen
17:57ça a marché pour Airbus
17:58est-ce que ça peut marcher
17:59pour Mistral
18:00et le deuxième point
18:01c'est de ne pas se faire
18:02piquer la pépite
18:02j'ai ici mon iPhone
18:05pour ne pas faire
18:05de publicité
18:06il y a une petite boîte
18:07qui a créé un truc
18:08qui s'appelle Siri
18:09qui s'est fait racheter
18:10par Apple
18:10personne ne sait
18:11que Siri
18:12c'était français
18:12c'était français
18:13donc
18:13la vraie interrogation
18:16que j'aurais
18:17moi
18:17c'est de savoir
18:18si Mistral
18:19cette levée
18:20de 3 milliards
18:21elle va être capable
18:22de la transformer
18:23en 1000 milliards
18:24en 2000 milliards
18:25de créer de la valeur
18:26par une valeur ajoutée
18:29et une distinction
18:29par rapport aux autres
18:30produits
18:31qui sont
18:31et acheter du made in France
18:33pour acheter du made in France
18:34pardon
18:34je vais être politiquement
18:36incorrect
18:36je n'achète du made in France
18:38que si vraiment
18:39ça se différencie
18:41en termes de qualité prix
18:42aussi
18:43on revient au consommateur
18:45rationnel
18:45qu'il soit entreprise
18:46ou particulier
18:47Julien
18:48juste pour donner
18:49quelques chiffres
18:50pour vraiment
18:50donner corps
18:52à ce que tu viens de dire
18:53Aziz
18:54Mistral aujourd'hui
18:55donc valoriser
18:5521 milliards d'euros
18:56après cette levée
18:57de fonds de 3 milliards
18:58750 milliards
18:59c'est ce qu'auront investi
19:00les Fabulous Seven
19:01donc les 7 plus grosses entreprises
19:03de l'intelligence artificielle
19:04aux Etats-Unis
19:05rien que cette année
19:07pour investir
19:08dans le soft
19:09et dans
19:11des data centers
19:12il y a
19:13Anthropique
19:13on est encore très loin
19:15pour pouvoir jouer
19:16la Ligue des Champions
19:16il va falloir quand même
19:17ramer encore un petit peu
19:18et surtout
19:19pour s'appuyer sur
19:20du corporate venture
19:21tel qu'il n'existe pas
19:22ou en tout cas
19:23il est insuffisamment dynamique
19:24en Europe
19:24mais voilà
19:25on a Anthropique
19:26et OpenAI
19:27qui préparent
19:29des introductions
19:30en bourse
19:31avec des valorisations
19:32qui dépasseront
19:32les 1000 milliards de dollars
19:33sans difficulté
19:35on a vu aussi
19:36la valorisation
19:36de SpaceX
19:37au moment où
19:37ils sont entrés en bourse
19:38donc pour l'instant
19:39on n'a pas les moyens
19:40y compris capitalistiques
19:41de pouvoir jouer
19:42la compétition
19:43sur les modèles frontières
19:43comme les américains
19:44ou sur le cloud
19:45comme les américains
19:46donc il faut trouver
19:47des stratégies alternatives
19:48c'est ce que Mistral
19:50essaie de faire
19:50en étant dans l'intégration
19:52B2B
19:52davantage que sur
19:53les modèles B2C
19:55En parlant de cette souveraineté
19:56on voit bien que l'Europe
19:57essaie aussi de se positionner
19:58au niveau des enjeux spatiaux
20:00donc à Paris
20:01le premier sommet international
20:02sur l'espace
20:04assez rapidement
20:05on voit qu'il est
20:06marqué par les désistements
20:07du chancelier allemand
20:09Friedrich Merz
20:09et aussi des entreprises
20:10SpaceX
20:11Blue Origin
20:12est-ce que c'est déjà
20:12un signal de difficulté
20:14qu'on n'est pas encore bien
20:17on ne s'assoit pas encore
20:18on n'a pas notre place
20:19encore
20:19au niveau spatial ?
20:21La bagarre
20:22elle se mène
20:23et là encore
20:23pour faire le parallèle
20:24avec Mistral
20:26le ticket est cher
20:28qu'Amazon passe sa commande
20:30c'est très bien
20:31on imagine aussi
20:32j'imaginais mal
20:33Amazon confier son produit
20:35à envoyer dans l'espace
20:37à SpaceX
20:38ou aux Chinois
20:39ou aux Russes
20:40donc il fallait aussi
20:41dans ce marché
20:42et là on voit bien
20:42la valeur ajoutée
20:43que peuvent avoir
20:44des lanceurs européens
20:47il faut aussi adresser
20:49et Ariane n'a pas besoin
20:50de conseil
20:50d'un responsable
20:52de TPE-PME
20:53mais faites attention
20:55à votre équilibre
20:56dans votre portefeuille
20:57qu'Amazon ne commence pas
20:58à représenter
20:58plus de 80%
20:59de votre chiffre d'affaires
21:00et à vous tenir par la gorge
21:01parce que la souveraineté
21:02ça passe aussi
21:02par la gestion
21:03de son portefeuille client
21:04et d'avoir un équilibre
21:05donc Amazon
21:06il y a peut-être un filon
21:07tous ceux qui ne voudront pas
21:08de SpaceX
21:10pourraient peut-être
21:11trouver une alternative sérieuse
21:13crédible
21:14honnête
21:14éthique
21:15prenez le terme que vous voulez
21:17
21:17donc il faut jouer à fond
21:18dans cette carte là
21:19oui est-ce que là
21:19on est quand même
21:20sur d'autres niveaux
21:22par rapport à l'IA
21:23parce que c'est vrai
21:23qu'on a quand même
21:24l'ESA
21:25donc l'urgence européenne spatiale
21:26on a quand même Ariane
21:28est-ce qu'on a juste
21:29un problème de communication
21:30et qu'on ne met pas forcément
21:32en avant bien nos savoir-faire
21:33ou on ne joue pas
21:34sur la même cour quand même
21:35on ne joue plus
21:36on ne joue plus
21:37mais on a été leader
21:37ouais
21:39mais on s'est endormi
21:40sur nos lauriers
21:41c'est des souvenirs
21:41en noir et blanc
21:42ouais ouais
21:43malgré tout
21:44malgré tout
21:44mais c'est clair que
21:47SpaceX
21:47en particulier
21:49a complètement rebattu
21:50les cartes du jeu concurrentiel
21:51en faisant baisser
21:52de façon drastique
21:53grâce à leur lanceur
21:53réutilisable
21:54le coût tout simplement
21:55du lancement
21:56de l'engin spatial
21:56c'est ça aussi
21:57qui crée
21:58l'émulation économique
21:59autour de l'industrie
22:00de l'espace
22:00aujourd'hui
22:01qui pèse
22:02bon an mal an
22:03entre 550 et 650 milliards d'euros
22:05et qui ne fait que croître
22:06ces dernières années
22:07c'est parce qu'on a largement
22:08baissé le coût du lancement
22:10et donc
22:10on a rendu accessible
22:11des choses qui avant
22:12ne l'étaient pas
22:13et ça on le doit quand même
22:13à SpaceX
22:14pour pouvoir rattraper
22:16ce retard là
22:17ça se compte en années
22:17en vérité quoi
22:18on a du retard
22:19et il va falloir
22:20du génie industriel
22:21des investissements
22:22une stratégie adaptée
22:23pour pouvoir rattraper ce retard
22:24sinon effectivement
22:25on ne pourra compter
22:25que sur des clients
22:28qui feront le choix
22:29de payer quelque chose
22:30de plus cher
22:30pour à peu près
22:31le même service
22:32juste parce qu'ils ne veulent pas
22:33travailler avec les américains
22:34ou à SpaceX en particulier
22:35et on ne peut pas tout miser là-dessus
22:37c'est pas possible
22:37donc il faut une stratégie industrielle
22:39il faut une coordination
22:40il faut de l'ambition aussi
22:42parce que l'économie spatiale
22:44bah oui
22:44c'est un des gros gisements
22:45de croissance du 21ème siècle
22:47il faut y aller
22:48sachant que
22:49on est déjà
22:50en retard
22:51sur tout ce qui est
22:51satellites géostationnaires
22:53en orbite basse
22:53qui sont
22:54pourvoyeurs de services
22:56aujourd'hui extrêmement précieux
22:57soit dans le domaine
22:58du militaire
22:59dans le domaine du renseignement
23:00ou dans le domaine
23:00de la communication
23:01internet etc
23:02on voit que Starlink
23:03d'ailleurs lance
23:04Starlink mobile
23:04dans quelques semaines
23:07et l'espace
23:09ne peut pas accueillir
23:10autant de satellites
23:11enfin de satellites
23:12infinis
23:13donc tout ce qui est
23:15déjà lancé
23:15ce sont des espaces de marché
23:16qui sont déjà préhentés
23:17donc si on arrive trop tard
23:19nous européens
23:20avec notre constellation RIS2
23:21et puis d'autres
23:22d'autres satellites
23:23qu'on voudrait éventuellement
23:24mettre sur cette orbite
23:25base géostationnaire
23:27on risque de
23:28ne plus trouver de place
23:29en fait pour nous
23:30et donc de dépendre
23:31là pour le coup
23:31complètement
23:32de satellites
23:33étrangers
23:34qu'ils soient américains
23:35ou chinois
23:35on comprend ces enjeux
23:37de souveraineté
23:38mais Sylvain pour vous
23:38ce serait
23:39l'industrie spatiale
23:40ce serait
23:41un axe fort
23:43à tenir
23:43dans nos discours
23:44sur la réindustrialisation
23:46qu'on entend
23:46on entend beaucoup
23:47qu'il faut faire des choix
23:48est-ce que
23:48le spatial
23:49ça fait partie
23:50des secteurs à choisir
23:52je ne sais pas
23:53s'il faut miser plus
23:53sur le spatial
23:54que sur un autre
23:54parce qu'en fait
23:55quand vous entendez
23:55parler de souveraineté
23:56on en arrive à dire
23:57que tout est souverain
23:58et même les masses
23:58pendant le Covid
23:59c'était souverain
24:00alors que c'est quand même
24:01un produit qui n'a pas
24:01un contenu technologique
24:03particulièrement
24:04majeur
24:04non mais moi
24:05ce qui me fait réagir
24:06sur le spatial
24:06c'est que je trouve
24:07on est à peu près
24:08sur ce qu'on disait
24:08sur l'IA
24:09c'est-à-dire qu'on n'est
24:10pas absent de la course
24:11on n'est pas hors jeu
24:12mais on sent bien
24:13vous l'avez dit
24:14la rupture technologique
24:16l'apport
24:17le branle-bat de combat
24:18sur ce marché
24:18de ces dernières années
24:19il n'a pas été européen
24:20il a été américain
24:21avec Elon Musk
24:22et SpaceX
24:23mais ce retard
24:23il est dû à quoi
24:25industriellement ?
24:26alors je ne suis pas
24:26assez expert du spatial
24:27pour vous dire
24:28pourquoi Elon Musk
24:28a eu cette idée
24:29plutôt que les ingénieurs
24:30d'Ariane
24:31ou d'ailleurs
24:32mais d'une manière générale
24:33on voit bien
24:34que les américains
24:34ont une force de frappe
24:37financière
24:37c'est-à-dire que
24:37quand Elon Musk
24:39ou un autre entrepreneur
24:41aux Etats-Unis
24:42veut lever des fonds
24:43il a un marché
24:45beaucoup plus profond
24:46qu'en Europe
24:46mais je ne fais que dire
24:48ce qu'il y a dans les rapports
24:49l'Etat et Draghi
24:49en réalité
24:50on répète un petit peu
24:51toujours la même chose
24:52il a une réglementation
24:53qui est souvent
24:54beaucoup plus proactive
24:57il y a tout un réseau
24:58d'universités
25:00il y a un écosystème
25:02donc je crois
25:03qu'en fait
25:03on est un peu sur
25:04comme dans plein de secteurs
25:05on n'est pas largué
25:07on n'est pas hors jeu
25:07mais ce n'est pas nous
25:08qui créons
25:09les technologies de rupture
25:10vous parliez de rupture
25:10tout à l'heure
25:11et ce n'est pas nous
25:12qui donnons le là
25:13nous on suit un petit peu
25:14la danse à chaque fois
25:15et ça c'est de ses domaines
25:16j'ajouterais qu'il y a quand même
25:17un mindset
25:18imaginez une salle
25:18pleine de beaux ingénieurs
25:20et de cadres
25:21de la direction d'Ariane
25:22Elon Musk qui rentre
25:23et qui dit
25:23j'ai une idée
25:24on va faire décoller la fusée
25:25on va la faire revenir
25:26à l'époque
25:27je ne suis pas sûr
25:27qu'on l'ait écouté
25:28plus de 5 minutes
25:29les américains ont ce brin
25:31de génie
25:31pas que les américains d'ailleurs
25:32de se dire
25:33why not
25:34on essaye
25:35et ils ont essayé
25:36plusieurs fois avant d'y arriver
25:37il y a aussi ce côté
25:38innovation
25:39et cette grain de folie
25:40sur la création
25:41que nous avons perdu
25:42en France
25:43le mot entrepreneur
25:44il est français
25:45le mot entrepreneur
25:46il est français
25:47il était repris par les américains
25:48et les anglo-saxons
25:49donc on a encore
25:50ce brin de génie français
25:52mais on ne va pas
25:53jusqu'au bout de notre folie
25:54et cette folie
25:55elle est créatrice
25:56je ne crois pas
25:56c'est bien dire
25:57parce que ça se rejoint
25:58même dans les éléments
25:59de langage
25:59ce que tu es en train de dire
26:00parce que nous
26:01on prend un risque
26:02on prend un risque
26:03take a chance
26:03les américains
26:04take a chance
26:06et justement
26:06sur cette actualité
26:08d'Amazon
26:08qui choisit Ariane Six
26:10il nous reste une minute
26:12c'est quand même positif
26:13c'est positif
26:14parce que c'est bon à prendre
26:15surtout en ces périodes
26:16de vaches maigres
26:16mais il ne faut pas
26:18occulter les raisons
26:18pour lesquelles Amazon
26:19fait ce choix-là
26:20un, c'est pour ne pas
26:20dépendre que de SpaceX
26:22et deux, c'est aussi
26:23pour mettre la pression
26:25sur d'autres marchés
26:25pour obtenir des contreparties
26:26au niveau européen
26:28merci beaucoup
26:29à tous les trois
26:30Aziz Cénie
26:30entrepreneurs
26:30fondateurs de
26:31quartier d'affaires
26:32et du forum économique
26:33des banlieues
26:34Sylvain Bercinget
26:35vous êtes économiste
26:36fondateur de
26:37Barcing Eco
26:37et Julien Piau
26:38vous êtes économiste
26:39enseigneur-chercheur
26:40à l'INSEC
26:40merci à tous les trois
26:41pour ce grand débat
26:42et merci à vous toutes et tous
26:44de nous avoir suivis
26:45c'était SportEco
26:46Sous-titrage Société Radio-Canada
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