- il y a 1 semaine
Vendredi 11 septembre 2026, retrouvez Julien Pillot (enseignant-chercheur en économie, Inseec), Sylvain Bersinger (économiste, Bersingéco) et Aziz Senni (Entrepreneur, Quartiers d'Affaires) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:07Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission de Smart Eco,
00:12l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie.
00:15Retrouvez-nous tous les jours à l'antenne mais aussi sur bismart.fr et sur toutes vos plateformes d'écoute.
00:21Vendredi, c'est le jour du grand débat éco autour des actualités économiques qui ont marqué la semaine.
00:26On parle bien sûr du classement PISA, le niveau des élèves recule en France.
00:31Comme dans de nombreux pays de l'OCDE, sommes-nous encore capables de préparer les compétences pour notre économie de
00:38demain ?
00:38C'est la première partie de notre débat.
00:41Mistral AI vient de lever 3 milliards d'euros, une levée record pour une entreprise technologique européenne.
00:47La France et l'Europe ont-elles enfin les moyens de faire émerger un champion mondial de l'intelligence artificielle
00:53?
00:53Et nous continuerons de parler souveraineté avec le premier sommet international sur l'espace qui s'est tenu à Paris.
01:00Bonne nouvelle pour Ariane 6, Amazon vient de commander six lancements supplémentaires.
01:05Alors l'Europe peut-elle encore s'imposer dans la course avec l'espace ?
01:08C'est le programme du jour, c'est Spartéco.
01:15Plusieurs actualités fortes cette semaine interrogent la capacité de la France et de l'Europe à rester compétitives pour comprendre
01:20si la France et l'Europe a les moyens de ses ambitions.
01:24Je suis ravie d'être entourée de trois experts.
01:26Aziz Séni, bonjour.
01:26Bonjour.
01:27Vous êtes entrepreneur, président fondateur de Quartier d'affaires et Forum économique des banlieues et auteur de Made in Banlieue
01:33aux éditions Michel Laffont en 2025.
01:35Sylvain Bersinger, bonjour.
01:37Bonjour.
01:37Vous êtes économiste fondateur de Bersin-Géco et Julien Piot, vous êtes aussi économiste, enseignant-chercheur à l'INSEC.
01:44Merci d'être avec nous.
01:45Alors on commence tout de suite par le classement PISA qui mesure les acquis des élèves de 15 ans dans
01:50les pays de l'OCDE, leur capacité de lecture, leur mathématique, la science.
01:54Les résultats montrent une baisse du niveau de la zone OCDE.
01:58La France ne figure pas du tout parmi les bons élèves.
02:01Sylvain Bersinger, je me tourne vers vous tout d'abord.
02:04Est-ce qu'on est capable encore, est-ce qu'aujourd'hui on est encore capable de préparer l'avenir
02:10?
02:10C'est ça le grand enjeu en fait de ce classement, c'est de savoir si on va pouvoir continuer
02:16sur ce rythme et rester une puissance mondiale.
02:20Moi quand je regarde ces classements, c'est vrai qu'on regarde surtout la France versus les autres, ce qui
02:23est un peu normal.
02:24On n'est globalement pas bien classés, on n'est pas non plus les derniers.
02:27Mais je pense que ce qui est surtout marquant dans les derniers chiffres PISA, c'est plutôt que c'est
02:31tout le monde qui baisse.
02:32Alors nous, on peut se dire est-ce que tout le monde baisse, est-ce qu'on baisse un peu
02:35plus, un peu moins.
02:36Mais ce qui est quand même marquant, c'est que globalement tout le monde baisse.
02:39Alors pourquoi ? Il n'y a pas de réponse unanime.
02:42Mais je pense qu'une des explications possibles, c'est que les jeunes sont scotchés à leur smartphone, à l
02:48'IA, etc.
02:48Et je crois qu'il y a une question, c'est la technologie qui était là pour nous servir,
02:51est-ce que d'une certaine façon, on n'est pas aussi, on pense aux réseaux sociaux avec des algorithmes
02:56qui sont parfois conçus pour être addictifs et autres,
02:58est-ce qu'en fait la technologie dont on peut espérer qu'elle nous apporte, si elle est mal utilisée,
03:02ne revient pas en boomerang,
03:04avec des conséquences négatives par exemple sur la scolarité.
03:07Donc ces chiffres, moi je n'ai pas envie de les lire sur la place de la France, est-ce
03:11qu'on est légèrement au-dessus, en dessous.
03:12Il y a quand même quelques pays qui augmentent, la Turquie ou l'Angleterre qui reste à niveau ?
03:17Non mais je suis d'accord, mais la tendance globale, elle est globalement en moyenne mauvaise, grosso modo partout, si
03:22on regarde la tendance.
03:24Et donc, est-ce qu'on peut encore faire des études de bonne qualité ? Oui, je pense.
03:28Mais je pense que ça demande en fait une réforme beaucoup plus grande.
03:33Moi j'ai commencé ma carrière en étant prof en lycée, je pense qu'aujourd'hui on ne peut plus
03:36du tout enseigner, comme il y a dix ans, avec l'IA.
03:39Donc ça demande de repenser complètement le modèle éducatif, et c'est très difficile, avec un système éducatif qu'on
03:45appelait le Mammouth,
03:46qui n'est quand même pas, on va dire, reconnu pour sa capacité à s'adapter, à rebondir et à
03:51être agile.
03:51Donc il y a toute cette question-là qui est très difficile, je ne jette pas la pierre au prof,
03:55parce que ce n'est pas facile.
03:56Mais voilà, comment est-ce qu'on continue à faire classe dans un environnement technologique, un environnement intellectuel des élèves,
04:04qui n'est plus du tout le même que celui d'il y a quinze ans ?
04:05Et c'est très difficile, et j'admets que je n'ai pas la réponse toute faite.
04:07– Et en plus, Aziz, dans ces éléments-là, il y a l'enjeu des inégalités dans le classement PISA,
04:13on voit que les inégalités d'enseignement se creusent, ça forcément, c'est un coût économique ?
04:18– Oui, c'est un coût économique pour la France de demain, c'est un coût économique,
04:22parce qu'aujourd'hui, si on fait le parallèle avec la démographie, dans un pays qui vieillit,
04:28dans un pays où pour la première fois depuis l'après-guerre, on a eu plus de morts que de
04:33naissances,
04:34les territoires qui restent dynamiques d'un point de vue démographique,
04:37ce sont les territoires les plus pauvres, la ruralité, et les banlieues.
04:40Et c'est justement dans ces territoires où on constate quoi, dans ce classement,
04:45qu'il y a un nivellement vers le bas, c'est-à-dire qu'on parle beaucoup de la moyenne,
04:48je suis un peu sidéré d'entendre certains de nos dirigeants dire,
04:51non mais attention, on reste quand même dans la moyenne.
04:53C'est ça l'ambition de la France, c'est de rester dans la moyenne,
04:56le fameux 10,01 sur 20 après lequel on court à l'école.
05:01Je ne m'en satisfais pas, c'est un point important.
05:04Donc on a un déclassement, et ça touche essentiellement les territoires
05:09qui d'abord devraient être mis en avant, soutenus, parce que démographique,
05:13ce n'est même plus un élan du cœur, là pour l'instant, la question était sur l'avenir,
05:18c'est un enjeu d'avenir économique.
05:19Le deuxième point, c'est que ça me sidère aussi un petit peu
05:25de voir que, comme sur d'autres mots, MAUX sociaux,
05:28on va porter la problématique sur l'infrastructure.
05:32J'entends ici et là, c'est les réseaux sociaux,
05:34ça a été beaucoup dit dans la presse écrite et les médias.
05:40Personne ne remet en cause le système, la production elle-même.
05:44Est-ce qu'on recrute les bons professeurs ?
05:47Est-ce qu'ils sont suffisamment payés ?
05:48Est-ce que les moyens humains et techniques sont à la hauteur de l'ambition ?
05:52Parce que si mon client, pardon, je reprends mon champ lexical,
05:56si mon client qui est l'élève à l'arrivée ne progresse pas,
05:59on peut dire que c'est la faute des parents,
06:01on peut dire que c'est la faute des réseaux sociaux,
06:03on peut même dire que c'est la faute de l'élève lui-même qui ne fait pas les efforts,
06:06mais il y a quand même un moment où la fabrique, l'usine,
06:09le moteur de l'ascenseur social qui est en panne,
06:12il va falloir quand même s'interroger de pourquoi elle ne produit plus.
06:14Parce que vous ne pouvez pas dans un pays expliquer que c'est la France du mérite,
06:18c'est la France de ceux qui travaillent,
06:20et ne pas mettre à disposition les moyens pour que ce mérite s'exprime à la sortie de l'école.
06:24Donc c'est tout ça, moi je ne suis pas forcément inquiet,
06:28on a les moyens de se reprendre,
06:30mais c'est le début de la chaîne de ce qu'on appelle la souveraineté économique,
06:34elle commence à l'école et c'est là où on prépare l'avenir.
06:36Et on peut se comparer en disant, oui tout le monde descend, très bien,
06:40mais j'aimerais aussi qu'on regarde du côté de la Corée du Sud et d'autres pays
06:44qui sont en train d'exploser et qui ont misé, investi, pas dépensé,
06:49investi sur l'économie de la connaissance.
06:52Et c'est l'économie de la connaissance qui est en jeu dans ce classement.
06:55Parce que vous qui combattez quand même pour faire des banlieues des zones économiques,
07:01c'est quand même un boulet au pied,
07:03tous ces jeunes qui veulent rentrer sur le monde du travail, cette éducation, ces résultats-là ?
07:08Il n'y a pas d'entreprise sans entrepreneurs,
07:10mais il n'y a pas d'entreprise sans bons collaborateurs non plus.
07:13Les collaborateurs où sont-ils aujourd'hui, ils sont à l'école.
07:15Si vous voulez avoir un outil productif, une entreprise, une administration
07:20qui puisse être performante, encore faut-il avoir préparé sa jeunesse,
07:24préparé le parcours de formation et qu'il soit adapté.
07:27On est capable, avec des tas d'experts, de faire de la prospective.
07:31On n'est pas capable d'adapter notre parcours de formation
07:34à l'éducation nationale et dans le secteur professionnel.
07:37Alors bien sûr, dans le privé, c'est toujours un petit peu plus facile
07:39parce que moins contraignant.
07:42Mais il faut que l'économie, la France et cette institution
07:47qui est l'éducation nationale dont nous avons besoin,
07:49avec des professeurs qui sont super motivés et prêts à donner beaucoup plus,
07:53qui donnent déjà beaucoup plus, simplement de l'adapter.
07:56Vous ne pouvez pas demander à un bac plus 5 d'être recruté comme prof
08:00et lui dire « tu vas commencer à 1 500 ou 2 000 balles ».
08:02Pardon, la reconnaissance, elle passe par le statut et elle passe par le salaire.
08:09Ce n'est pas à la hauteur des enjeux.
08:10Julien, on parle souvent des réseaux sociaux, etc.,
08:12mais aussi forcément de l'IA derrière tout ça.
08:15Comment est-ce que vous voyez cette dualité un petit peu
08:16de forcément préparer nos élèves aux métiers de demain,
08:20aux enjeux de demain qui sont aussi autour de l'IA et la tech ?
08:23Et bien sûr, un apprentissage quand même qui n'est pas dépendant de cette IA.
08:30Déjà, on a trouvé nos « usual suspects »,
08:33nos boucs émissaires un petit peu faciles.
08:35Le smartphone, les écrans, l'IA, les réseaux sociaux, c'est un petit peu facile.
08:41C'est un petit peu facile parce que la vérité, c'est que le déclin,
08:44il ne date pas de l'apparition de ces technologies-là.
08:45Il est engagé depuis bien plus longtemps, depuis les années 70 et 80.
08:50Donc, résumer la problématique actuelle à une mauvaise utilisation
08:55uniquement de la technologie, à la fois par les élèves
08:58et peut-être au niveau de la pédagogie qui ne préparent pas suffisamment
09:02justement les apprenants à la bonne utilisation de cette technologie,
09:05c'est un petit peu facile, d'autant que parmi les pays qui se maintiennent,
09:08je ne crois pas que ce soit des pays qui sont encore à l'encrier ou boulier, en vérité.
09:11Donc, c'est les boucs émissaires un petit peu faciles.
09:14Il n'en demeure pas moins que parmi les facteurs causaux qu'on peut observer,
09:18c'est probablement, j'outille, une part assez importante,
09:20mais qui va peut-être moins se jouer sur la capacité des étudiants
09:24à apprendre ce qu'ils ont à apprendre
09:26que finalement, plutôt un phénomène d'abrutissement généralisé
09:31de la société dans son ensemble,
09:33une société du divertissement et du loisir davantage
09:35que de l'effort et de l'apprentissage,
09:37qui peut derrière générer des externalités négatives assez fortes
09:40et qu'on peut retrouver en bout de chaîne, évidemment,
09:42dans le milieu professionnel et avant ça, dans le milieu éducatif.
09:45Préparer les étudiants à savoir utiliser des technologies
09:48à bon escient, c'est essentiel.
09:51C'est évidemment l'enjeu prioritaire,
09:54ou un des enjeux prioritaires du système éducatif,
09:56et ce, dès le plus jeune âge et jusqu'à la sortie des études.
10:00Mais ça ne résoudra pas tout le problème,
10:02parce qu'Aziz a complètement raison de souligner
10:04que le problème est systémique,
10:05lorsque l'institution a également contribué,
10:09finalement, au résultat que l'on déplore aujourd'hui.
10:11Parce que quand tous les classements,
10:15depuis des années, qui font des décennies maintenant,
10:18montrent une baisse continuelle du niveau,
10:19alors que dans le même temps,
10:20on n'a jamais eu autant de diplômés du bac et du supérieur,
10:23ça veut bien dire quelque chose,
10:25c'est qu'on a abaissé le niveau d'exigence pour avoir les diplômes.
10:27Parce qu'on a voulu amener, pour des raisons politiques,
10:29davantage économiques,
10:31toute une génération à la diplomation,
10:33qui accompagnait une tertiarisation de l'économie,
10:37et de la société, certes,
10:38mais ça n'a pas permis pour autant
10:40d'avoir des champions de l'économie tertiaire,
10:43et notamment des géants du numérique, pour autant.
10:45Donc, les choix politiques qui ont été faits
10:47ne sont probablement pas les bons.
10:49Aziz a raison de dire que ça commence déjà
10:51par avoir des professeurs qui soient extrêmement bien formés,
10:54qui soient mieux considérés,
10:55et probablement mieux rémunérés,
10:57pour attirer des gens un peu meilleurs aussi,
10:59et surtout leur donner des motivations supplémentaires.
11:02Mais il faut aussi, derrière, que le reste suive.
11:06Et on sait, j'en terminerai là-dessus,
11:08ce sera peut-être le dernier mot en ce qui me concerne,
11:10mais que 40% de la réussite d'un étudiant à l'école
11:16dépend de ce qui se passe dans son cercle intrafamilial.
11:19Et quand on crée des sociétés dans lesquelles
11:22les parents n'ont plus le temps,
11:23ou plus les compétences, ou les deux,
11:26de suivre la scolarité de leurs enfants,
11:28parce qu'on cumule les emplois pour s'en sortir,
11:30parce que les familles sont éclatées, monoparentales,
11:33parce qu'on a des gens qui ne s'en sortent plus,
11:37qui sont en asymétrie d'informations,
11:38qui ne sont pas capables de pouvoir suivre leurs enfants,
11:40qui sont épuisés, en vérité.
11:42En fait, on tire déjà une balle dans le pied
11:44de tous les gamins,
11:45qu'on peut accueillir dans la meilleure école du monde,
11:48mais qu'on n'arrivera pas forcément à un niveau suffisant.
11:50Parce que, Sylvain, est-ce qu'on sait mesurer à peu près
11:53le poids dans l'économie,
11:55que ça, c'est une mauvaise éducation,
11:57une éducation qui décline ?
11:59Alors, on ne sait pas le mesurer précisément,
12:01parce qu'en fait, c'est très multifactoriel,
12:02mais on sait que c'est très important,
12:03parce que, si vous voulez, à long terme,
12:05qu'est-ce qui fait la prospérité d'un pays ?
12:07C'est le gain de productivité,
12:08grosso modo, la croissance de long terme d'un pays,
12:11c'est grosso modo, c'est le gain de productivité.
12:13Alors, la difficulté, c'est que dans les gains de productivité,
12:15il y a plein de choses.
12:15Il y a bien sûr le facteur humain,
12:17donc vos connaissances, vos compétences,
12:19savoir-faire, savoir-être,
12:20qui sont directement liées au facteur PISA,
12:22où la scolarité est mesurée, entre autres,
12:25par les études PISA,
12:26mais il y a plein d'autres choses.
12:27Il y a l'environnement technologique,
12:29il y a l'investissement,
12:30il y a l'environnement institutionnel,
12:32financier, contractuel,
12:32c'est vous l'expert là-dessus.
12:34Et ce n'est pas facile d'isoler l'éducation.
12:36Donc, on sait que ça joue un rôle clé.
12:38Vous dire, c'est 20% de potentiel de croissance,
12:42je serai incapable de mettre un chiffre.
12:43Donc, on sait que c'est important.
12:44Je répète ça aussi,
12:45le fait qu'on n'arrive pas à mettre un chiffre,
12:47peut-être que ça l'a fait glisser un petit peu
12:49sous les radars,
12:49mais on va passer tout de suite à Mistral et Aïk,
12:52donc on reste un peu dans le lien.
12:56Julien, qu'est-ce que ça dit pour vous,
12:58cette actualité de 3 milliards d'euros,
13:01de levée de fonds,
13:03de valorisation à 21 milliards ?
13:05Est-ce que ça veut dire qu'enfin,
13:07on a notre champion face aux Chinois, aux Européens ?
13:10C'est comme ça qu'il faut le voir ?
13:12Non, ce n'est surtout pas comme ça qu'il faut le voir
13:13pour plein de raisons différentes,
13:14ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas se réjouir
13:16de la bonne fortune de Mistral.
13:18Non, on aurait tort de penser qu'on a un champion
13:21et encore plus un champion souverain,
13:22parce que lorsqu'on regarde la structure des investissements
13:24et surtout la structure des partenariats industriels
13:27qui sous-tendent aujourd'hui l'activité de Mistral,
13:30on voit que les intérêts étrangers sont très importants
13:32et qu'un jour ou l'autre,
13:33il pourrait y avoir aussi des conflits d'intérêts.
13:36Est-ce qu'ils se situent où ces intérêts étrangers ?
13:39Alors, déjà dans la structure capitalistique,
13:41on n'a pas le détail.
13:44Par exemple, on a BlackRock,
13:46on a tout un tas de fonds d'investissement aussi étrangers
13:47qui ont pris des parts dans Mistral.
13:49On n'a pas le détail,
13:50mais on sait qu'avant la dernière levée de fonds de 3 milliards,
13:54donc qui est en phase D, en phase C,
13:56on avait à peu près 60% des intérêts capitalistiques
13:59qui étaient français et ou européens.
14:01Là, on peut imaginer que ça soit encore un petit peu dilué.
14:04Mais toujours est-il qu'il peut y avoir derrière
14:05des conflits d'intérêts qui peuvent apparaître
14:07et puis surtout des chaînes de dépendance
14:09avec des acteurs qui sont étrangers ?
14:11Je pense à Nvidia aujourd'hui avec le partenariat sur les puces,
14:14je pense à Samsung sur le partenariat avec les mémoires vives.
14:18Mais toujours est-il que, malgré tout,
14:20on a cet acteur franco-européen Mistral
14:26qui a des mérites et surtout qui a né un petit peu creux
14:29sur le plan stratégique.
14:30parce qu'il vient, alors ça ne date pas tout à fait d'hier,
14:33mais il renonce petit à petit
14:36à l'entraînement de modèles de frontières
14:37pour aller sur des modèles beaucoup plus open-weight
14:39qui ressemblent beaucoup plus aux modèles chinois,
14:42donc plus open-soft.
14:43On a parlé sur le modèle des frontières.
14:45Les modèles frontières sont vraiment les modèles les plus puissants,
14:47qui reposent sur des capacités de calcul
14:48qui sont extrêmement performantes,
14:51très importantes aussi,
14:52et qui sont ceux aussi,
14:54parce qu'il faut bien reconnaître ça,
14:55qui ont quand même le plus de chances,
14:57ça ne veut pas dire que c'est déterministe,
14:58c'est-à-dire qu'ils ont plus de chances que les autres,
14:59peut-être d'aboutir à des innovations de rupture.
15:02Mais pour ça, il faut une structure capitalistique aujourd'hui,
15:05il faut être capable de brûler beaucoup, beaucoup de cash,
15:06ce que peuvent faire les champions américains,
15:08ce que ne peuvent pas faire les champions européens,
15:10et ce que ne font pas trop les Chinois,
15:11pour des raisons stratégiques différentes,
15:12mais on n'a pas le temps d'en parler aujourd'hui, je pense.
15:14Quand vous parliez de ce l'heure, donc de puces, etc.,
15:15est-ce qu'en France, on aurait les...
15:17Enfin, en Europe plutôt,
15:17est-ce qu'on aurait les infrastructures
15:19pour pouvoir faire en sorte que Mistral soit souverain ?
15:22Pas aujourd'hui, pas au moment où on se parle,
15:23on n'a ni les infrastructures ni la technologie
15:25pour pouvoir le faire,
15:26et puis on n'a pas le capital non plus
15:27pour pouvoir rivaliser avec des acteurs
15:29comme Nvidia ou Samsung.
15:31Et puis quelque part,
15:31ce n'est pas nécessairement souhaitable
15:34sur le plan économique,
15:35parce que si à la sortie,
15:36vous investissez énormément
15:38pour avoir des puces souveraines
15:39ou de la mémoire vie souveraine,
15:41et que finalement,
15:42vos seuls clients sont des clients européens
15:45parce qu'en vérité,
15:46les puces ou les mémoires
15:47qui sont produites par les étrangers
15:50sont achetées par le reste du monde
15:52et sont plus performantes
15:53et proposées à un prix inférieur,
15:54en vérité, vous tirez une balle dans le pied.
15:55Donc ce qu'il faut,
15:56c'est plutôt réussir à obtenir
15:58une souveraineté par la réglementation
16:00plutôt que par le jeu industriel.
16:03Et c'est là qu'on attend
16:04de l'Union européenne
16:05qu'elle soit capable
16:07non seulement de penser
16:09la régulation, elle le fait,
16:10mais aussi de la faire appliquer
16:12de façon à pouvoir préserver
16:14les intérêts
16:16des citoyens européens
16:18et des États
16:19en étant capables d'imposer
16:21aux acteurs étrangers
16:22des règles du jeu
16:23qui doivent être appliqués
16:25sur le continent.
16:26Sylvain, c'est ça
16:27notre problématique
16:28de souveraineté,
16:29c'est qu'en Europe,
16:29on n'est pas capable
16:30de financer la croissance
16:31de ce genre de licorne.
16:34Mais je pense que,
16:35alors là, on parle du camistral,
16:36mais en fait,
16:36on pourrait probablement dire
16:38ce qu'on dit là
16:38dans beaucoup de secteurs
16:39parce qu'en fait,
16:40on voit que dans plein de secteurs,
16:42l'IA,
16:42mais dans d'autres secteurs
16:43de la tech,
16:44des biotech ou autres,
16:45on a quand même
16:46quelques entreprises
16:46qui arrivent à émerger,
16:47mais on n'arrive pas
16:48à avoir un peu des champions
16:49et être un peu le continent
16:50qui, je dirais,
16:51donne le là
16:51et qui crée tout l'écosystème.
16:53Et donc là,
16:54je trouve que c'est
16:54un peu révélateur.
16:55On ne peut pas dire
16:56qu'on est nul,
16:56on ne peut pas dire
16:56qu'il n'y a rien
16:57parce qu'effectivement,
16:58il y a Mistral,
16:58il y a les startups
16:59qui se lancent,
17:00mais on ne sent pas non plus
17:02que Mistral va créer
17:03la référence mondiale
17:06de l'IA
17:07et que les Chinois
17:07et les Américains
17:08vont s'aligner
17:09sur ce qu'on fait en France.
17:10Donc je trouve
17:10que c'est un peu le reflet
17:12d'une manière générale
17:14de la situation européenne.
17:15On n'est pas complètement
17:17largué,
17:17on n'est pas complètement
17:18hors-jeu,
17:18mais on sent bien
17:19que les standards
17:20et l'ensemble de l'écosystème
17:22il va être probablement
17:23soit américain,
17:24soit chinois.
17:25Et oui,
17:26une entreprise,
17:27mais dans tout secteur,
17:28elle n'émerge pas seule
17:29comme ça de nulle part
17:30et hop,
17:31je deviens champion mondial.
17:32C'est tout un écosystème
17:33avec des partenaires,
17:34avec une chaîne de valeurs,
17:35avec des écoles et des universités.
17:37On parlait de PISA avant,
17:39c'est lié à ça.
17:40Donc voilà,
17:41je trouve que c'est vraiment
17:41un peu le révélateur
17:43de la situation européenne
17:44aujourd'hui, Mistral.
17:45Est-ce qu'il faudrait garder
17:47cette IA
17:48comme une priorité
17:49d'investissement ?
17:50C'est majeur pour vous ?
17:53D'abord,
17:54je me réjouis
17:54de cette information.
17:56Ça ne fait pas un peu
17:57effet d'annonce.
17:58Mistral qui lève
17:59cet argent,
18:01pour moi,
18:02l'affirmation de dire
18:04que c'est devenu un champion
18:06est un peu précipitée.
18:07Pour moi,
18:08elle vient d'acheter son ticket
18:09pour rentrer
18:09en Ligue des champions.
18:11Elle n'est pas encore
18:11championne du monde.
18:12Il faut encore faire le match.
18:13Il faut encore faire le match
18:14et contre des poids lourds
18:15et pas des moindres.
18:16Donc, elle vient
18:17d'acheter son ticket
18:19pour rentrer
18:20dans un cercle restreint
18:21où la compétition
18:21est extrêmement forte.
18:23Ensuite,
18:23sur la souveraineté,
18:24je partage ce que tu as dit.
18:26C'est que la souveraineté,
18:27à mes yeux,
18:28ce n'est pas de faire
18:29nous-mêmes tout
18:29et de vendre qu'à nous-mêmes.
18:31L'idée,
18:32c'est quand même
18:32de créer un produit
18:34avec une vraie valeur ajoutée
18:35et c'est là
18:35où la compétition
18:36est la plus forte
18:38en utilisant
18:39la chaîne de valeur
18:40qui peut se trouver
18:41sur les cinq continents.
18:42Est-ce que Mistral
18:44va y arriver ?
18:44Je ne sais pas.
18:45En tout cas,
18:46il y a une redondance
18:50dans les belles histoires
18:52économiques françaises.
18:53C'est qu'on est capable
18:54de créer
18:55de très belles boîtes,
18:57de très belles pépites.
18:58La question,
18:59c'est la question
18:59de la croissance.
19:00Est-ce qu'on sait ?
19:01Est-ce qu'on veut ?
19:02Est-ce qu'on peut ?
19:04Le scale,
19:05est-ce qu'on sera capable
19:06de le porter
19:07au niveau européen ?
19:08Ça a marché pour Airbus.
19:10Est-ce que ça peut marcher
19:11pour Mistral ?
19:11Et le deuxième point,
19:12c'est de ne pas se faire
19:13piquer la pépite.
19:14J'ai ici mon iPhone
19:16pour ne pas faire de publicité.
19:18Il y a une petite boîte
19:18qui a créé un truc
19:19qui s'appelle Siri
19:20qui s'est fait racheter
19:21par Apple.
19:22Personne ne sait
19:23que Siri,
19:23c'était français.
19:24C'était français, oui.
19:24Donc, la vraie interrogation
19:28que j'aurais, moi,
19:29c'est de savoir
19:29si Mistral,
19:31cette levée de 3 milliards,
19:33elle va être capable
19:34de la transformer
19:34en 1 000 milliards,
19:36en 2 000 milliards,
19:37de créer de la valeur
19:37par une valeur ajoutée
19:40et une distinction
19:41par rapport aux autres produits
19:42qui sont...
19:43Et acheter du Made in France
19:44pour acheter du Made in France,
19:45pardon,
19:46je vais être politiquement incorrect,
19:48je n'achète du Made in France
19:49que si vraiment
19:50ça se différencie
19:52en termes de qualité-prix aussi.
19:53Peut-être d'abord
19:54la qualité-prix.
19:55On revient aux consommateurs rationnels
19:56qu'ils soient entreprises
19:57ou particuliers.
19:59Julien ?
19:59Juste pour donner
20:00quelques chiffres
20:01pour vraiment donner
20:03corps à ce que tu viens de dire,
20:04Aziz,
20:05Mistral, aujourd'hui,
20:06valorisait 21 milliards d'euros
20:07après cette levée de fonds
20:08de 3 milliards.
20:10750 milliards,
20:11c'est ce qu'auront investi
20:11les Fabulous 7,
20:13donc les 7 plus grosses entreprises
20:14de l'intelligence artificielle
20:16aux Etats-Unis,
20:17rien que cette année,
20:18pour investir dans le soft
20:21et dans des data centers.
20:24Il y a Anthropique,
20:25on est encore très loin.
20:26Pour pouvoir jouer
20:27la Ligue des Champions,
20:28il va falloir quand même
20:28ramer encore un petit peu
20:29et surtout pour s'appuyer
20:31sur du corporate venture
20:32tel qu'il n'existe pas
20:33ou en tout cas
20:34il est insuffisamment dynamique
20:35en Europe.
20:36Mais voilà,
20:36on a Anthropique
20:37et OpenAI
20:38qui préparent
20:40des introductions en bourse
20:42avec des valorisations
20:43qui dépasseront
20:44les 1 000 milliards de dollars
20:45sans difficulté.
20:46On a vu aussi
20:47la valorisation de SpaceX
20:48au moment où ils sont
20:49entrés en bourse.
20:50Pour l'instant,
20:51on n'a pas les moyens
20:52y compris capitalistiques
20:53de pouvoir jouer
20:53la compétition
20:54sur les modèles frontières
20:55comme les Américains
20:55ou sur le cloud
20:57comme les Américains.
20:58Donc il faut trouver
20:58des stratégies alternatives.
21:00C'est ce que Mistral
21:01essaie de faire
21:01en étant dans l'intégration
21:03B2B davantage
21:04que sur les modèles B2C.
21:07En parlant de cette souveraineté,
21:08on voit bien que l'Europe
21:09essaie aussi de se positionner
21:10au niveau des enjeux spatiaux.
21:12Donc à Paris,
21:12le premier sommet international
21:13sur l'espace,
21:15assez rapidement,
21:16on voit qu'il est marqué
21:18par les désistements
21:19du chancelier allemand,
21:20Friedrich Merz,
21:21et aussi des entreprises
21:21justement SpaceX,
21:22Blue Origin.
21:23Est-ce que c'est déjà
21:24un signal de difficulté
21:26qu'on n'est pas encore bien,
21:28on n'a pas notre place
21:30encore au niveau spatial ?
21:32La bagarre,
21:33elle se mène
21:34et là encore,
21:35pour faire le parallèle
21:36avec Mistral,
21:38le ticket est cher.
21:40Amazon passe sa commande,
21:41c'est très bien.
21:42On imagine aussi
21:43j'imaginais mal
21:44Amazon confier son produit
21:46à envoyer dans l'espace
21:48à SpaceX
21:49ou aux Chinois
21:51ou aux Russes.
21:52Donc il fallait aussi
21:52dans ce marché,
21:53et là on voit bien
21:54la valeur ajoutée
21:54que peuvent avoir
21:55des lanceurs européens.
21:58Il faut aussi adresser,
22:00Ariane n'a pas besoin
22:01de conseil
22:02d'un responsable
22:03de TPE-PME,
22:04mais faites attention
22:06à votre équilibre
22:07dans votre portefeuille,
22:08qu'Amazon ne commence pas
22:09à représenter
22:10plus de 80%
22:10de votre chiffre d'affaires
22:11et à vous tenir par la gorge
22:12parce que la souveraineté
22:13ça passe aussi
22:13par la gestion
22:14de son portefeuille client
22:15et d'avoir un équilibre.
22:17Donc Amazon,
22:17il y a peut-être un filon,
22:19tous ceux qui ne voudront pas
22:20de SpaceX
22:22pourraient peut-être
22:22trouver une alternative
22:24sérieuse,
22:25crédible,
22:25honnête,
22:26éthique,
22:26prenez le terme
22:27que vous voulez,
22:28là.
22:28Donc il faut jouer
22:29à fond cette carte-là.
22:30Oui, est-ce que là
22:31on est quand même
22:31sur d'autres niveaux
22:33par rapport à l'IA
22:34parce que c'est vrai
22:34que nous on a quand même
22:35l'ESA,
22:36donc l'urgence européenne spatiale,
22:38on a quand même Ariane,
22:39est-ce qu'on a juste
22:40un problème de communication
22:42et qu'on ne met pas forcément
22:43en avant bien
22:43nos savoir-faire
22:44ou on ne joue pas
22:45sur la même cour quand même ?
22:46On ne joue plus.
22:47On ne joue plus.
22:48Mais on a été leader.
22:49Oui.
22:50Mais on s'est endormi
22:51sur nos lauriers.
22:52C'est des souvenirs
22:53en noir et blanc.
22:53Oui, oui,
22:54malgré tout.
22:55Malgré tout.
22:56C'est noir.
22:57Mais c'est clair
22:58que SpaceX en particulier
23:00a complètement rebattu
23:01l'écart du jeu concurrentiel
23:02en faisant baisser
23:03de façon drastique
23:04grâce à leur lanceur
23:05réutilisable
23:05le coût tout simplement
23:06du lancement
23:07de l'engin spatial.
23:08C'est ça aussi
23:08qui crée l'émulation économique
23:10autour de l'industrie
23:11de l'espace aujourd'hui
23:12qui pèse bon an mal an
23:14entre 550 et 650 milliards d'euros
23:16et qui ne fait que croître
23:18ces dernières années.
23:18C'est parce qu'on a largement
23:19baissé le coût du lancement
23:21et donc on a rendu accessible
23:23des choses qui avant
23:23ne l'étaient pas.
23:24Et ça, on le doit quand même
23:25à SpaceX
23:25pour pouvoir rattraper
23:27ce retard-là.
23:28Ça se compte en années
23:29en vérité.
23:29On a du retard
23:30et il va falloir
23:31du génie industriel,
23:32des investissements,
23:33une stratégie adaptée
23:35pour pouvoir rattraper ce retard.
23:36Sinon, effectivement,
23:36on ne pourra compter
23:36que sur des clients
23:39qui feront le choix
23:40de payer quelque chose
23:41de plus cher
23:42pour à peu près
23:42le même service
23:43juste parce qu'ils ne veulent pas
23:44travailler avec les Américains
23:45ou à SpaceX en particulier.
23:46Et on ne peut pas
23:47tout miser là-dessus.
23:48Ce n'est pas possible.
23:49Donc, il faut une stratégie industrielle.
23:50Il faut une coordination.
23:51Il faut de l'ambition aussi
23:53parce que l'économie spatiale,
23:55oui, c'est un des gros gisements
23:57de croissance du XXIe siècle.
23:58Il faut y aller
24:00sachant qu'on est déjà
24:01en retard sur tout ce qui est
24:03satellites géostationnaires
24:04en orbite basse
24:05qui sont pourvoyeurs
24:07de services aujourd'hui
24:08extrêmement précieux,
24:09soit dans le domaine
24:09militaire,
24:10dans le domaine
24:10de renseignement
24:11ou dans le domaine
24:12de la communication,
24:13Internet, etc.
24:13On voit que Starlink,
24:15d'ailleurs, lance
24:15Starlink mobile
24:16dans quelques semaines.
24:19Et l'espace,
24:20on ne peut pas accueillir
24:21autant de satellites,
24:23enfin,
24:23de satellites infinis.
24:25Donc, tout ce qui est déjà lancé,
24:27ce sont des espaces de marché
24:28qui sont déjà préventés.
24:29Donc, si on arrive trop tard,
24:30nous, Européens,
24:31avec notre constellation
24:32RIS2
24:32et puis d'autres satellites
24:34qu'on voudrait éventuellement
24:35mettre sur cette orbite
24:36basse géostationnaire,
24:38on risque de ne plus
24:40trouver de place
24:40en fait pour nous.
24:41Et donc,
24:41de dépendre,
24:42là pour le coup,
24:43complètement de satellites
24:45étrangers,
24:46qu'ils soient américains
24:46ou chinois.
24:47On comprend ces enjeux
24:48de souveraineté,
24:49mais Sylvain,
24:49pour vous,
24:50ce serait l'industrie spatiale,
24:51ce serait un axe fort
24:54à tenir dans nos discours
24:56sur la réindustrialisation
24:57qu'on entend.
24:58On entend beaucoup
24:58qu'il faut faire des choix.
24:59Est-ce que le spatial,
25:01ça fait partie des secteurs
25:02à choisir ?
25:03Je ne sais pas
25:04s'il faut miser plus
25:05sur le spatial
25:05que sur un autre
25:06parce qu'en fait,
25:06quand vous entendez
25:07parler de souveraineté,
25:08on en arrive à dire
25:08que tout est souverain
25:09et même les masses
25:10pendant le Covid,
25:11c'était souverain
25:11alors que c'est quand même
25:12un produit qui n'a pas
25:12un contenu technologique
25:15particulièrement majeur.
25:16Non, mais moi,
25:16ce qui me fait réagir
25:17sur le spatial,
25:18c'est que je trouve
25:18qu'on est à peu près
25:19sur ce qu'on disait
25:19sur l'IA.
25:20C'est-à-dire qu'on n'est pas
25:21absent de la course,
25:23on n'est pas hors-jeu,
25:23mais on sent bien,
25:24vous l'avez dit,
25:25la rupture technologique,
25:27l'apport,
25:28le branle-bat-de-moi
25:29sur ce marché
25:30de ces dernières années,
25:30il n'a pas été européen,
25:31il a été américain
25:32avec Elon Musk
25:33et SpaceX.
25:34Mais ce retard,
25:35il est dû à quoi
25:36industriellement ?
25:37Alors, je ne suis pas
25:37assez expert du spatial
25:38pour vous dire
25:39pourquoi Elon Musk
25:40a eu cette idée
25:40plutôt que les ingénieurs
25:41d'Ariane ou d'ailleurs.
25:43Mais d'une manière générale,
25:45on voit bien
25:45que les Américains
25:46ont une force de frappe
25:48financière,
25:48c'est-à-dire que quand
25:49Elon Musk
25:50ou un autre entrepreneur
25:52aux Etats-Unis
25:53veut lever des fonds,
25:54il a un marché
25:56beaucoup plus profond
25:57qu'en Europe.
25:58Mais je ne fais que dire
25:59ce qu'il y a dans les rapports
26:00l'État et Draghi,
26:01en réalité,
26:01on répète un petit peu
26:02toujours la même chose.
26:04Il a une réglementation
26:05qui est souvent
26:05beaucoup plus proactive.
26:08Il y a tout un réseau
26:10d'universités,
26:11il y a un écosystème.
26:13Donc je crois qu'en fait,
26:14on est un peu sur...
26:15Comme dans plein de secteurs,
26:17on n'est pas largués,
26:18on n'est pas hors-jeu,
26:19mais ce n'est pas nous
26:20qui créons les technologies
26:21de rupture,
26:21vous parliez de rupture
26:22tout à l'heure,
26:22et ce n'est pas nous
26:23qui donnons le là.
26:24Nous, on suit un petit peu
26:25la danse à chaque fois
26:26et ça, c'est de très dommage.
26:27J'ajouterais qu'il y a
26:28quand même un mindset.
26:29Imaginez une salle
26:30pleine de beaux ingénieurs
26:31et de cadres
26:32de la direction d'Ariane,
26:33Elon Musk qui rentre
26:34et qui dit
26:34« J'ai une idée,
26:35on va faire décoller la fusée,
26:36on va la faire revenir. »
26:38À l'époque,
26:38je ne suis pas sûr
26:39qu'on l'ait écouté
26:40plus de cinq minutes.
26:41Les Américains
26:41ont ce brin de génie,
26:43pas que les Américains d'ailleurs,
26:44de se dire
26:44« Why not ? »
26:45On essaye.
26:46Et ils ont essayé
26:47plusieurs fois
26:47avant d'y arriver.
26:48Il y a aussi
26:49ce côté innovation
26:50et ce grain de folie
26:51sur la création
26:52que nous avons perdu
26:53en France.
26:54Le mot entrepreneur,
26:55il est français.
26:57Le mot entrepreneur
26:57et français
26:58a été repris
26:58par les Américains
26:59et les Anglo-Saxons.
27:01Donc, on a encore
27:02ce brin de génie français,
27:03mais on ne va pas
27:04jusqu'au bout
27:05de notre folie.
27:05Et cette folie,
27:06elle est créatrice.
27:07Je ne crois pas si bien dire
27:08parce que ça se rejoint
27:09même dans les éléments
27:10de langage
27:11que tu es en train de dire
27:11parce que nous,
27:12on prend un risque.
27:14On prend un risque.
27:14Take a chance.
27:15Les Américains,
27:16take a chance.
27:17Et justement,
27:18sur cette actualité
27:19d'Amazon
27:20qui choisit Ariane 6,
27:21il nous reste une minute,
27:23c'est quand même positif ?
27:24C'est positif
27:25parce que c'est bon à prendre,
27:26surtout dans ces périodes
27:27de vaches maigres.
27:28Mais il ne faut pas
27:29occulter les raisons
27:30pour lesquelles Amazon
27:30fait ce choix-là.
27:31Un, c'est pour ne pas
27:32dépendre que de SpaceX
27:33et deux, c'est aussi
27:34pour mettre la pression
27:36sur d'autres marchés
27:37pour obtenir des contreparties
27:38au niveau européen.
27:39Merci beaucoup
27:40à tous les trois.
27:41Aziz Séni,
27:41entrepreneur,
27:42fondateur de Quartier d'Affaires
27:43et du Forum économique
27:44des banlieues.
27:46Sylvain Bersinger,
27:47vous êtes économiste,
27:47fondateur de Bar Saint-Géco
27:48et Julien Piau,
27:49vous êtes économiste,
27:50enseigneur, chercheur
27:51à l'INSEC.
27:52Merci à tous les trois
27:53pour ce grand débat.
27:54Merci à vous toutes et tous
27:55de nous avoir suivis.
27:56C'était Sportéco.
27:59Sous-titrage Société Radio-Canada
28:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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