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  • il y a 3 mois
Ce mercredi 15 juillet, les éventuels impacts de la défaite de la France face à l'Espagne sur l'économie nationale ont été abordés par Emmanuel Lechypre et Raphaël Legendre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Vous auriez tort de croire qu'on ne parle pas de football dans cette matinale de l'économie.
00:04Je suis désolée de vous dire si vous n'avez pas suivi ce match que nous avons perdu face à
00:08l'Espagne hier soir en demi-finale du Mondial de Foot.
00:12Est-ce que ça a un impact ces matchs-là et ces compétitions-là sur notre économie ?
00:18Vous nous dites oui Raphaël Le Gendre.
00:20Oui, oui, alors la question peut paraître un peu saugrenue de prime abord, mais bien évidemment que ça a un
00:25impact sur l'économie.
00:27D'abord, le foot et le sport de manière générale, c'est de la politique et c'est ce qui
00:31régente un peu l'ensemble du pays en ce moment.
00:34Alors, grosse déception hier avec cette perte en demi-finale, mais j'ai retrouvé une étude d'ABN Amoureux qui
00:40a observé que depuis...
00:44Ils ont fait une moyenne depuis les années 70, je trouve ça absolument incroyable, sur l'ensemble des Coupes du
00:49Monde depuis 60 ans, quasiment 60 ans, un peu plus de 50 ans.
00:55Les pays vainqueurs, en finale, ont bénéficié d'un bonus de croissance de 0,7 points de PIB l'année
01:02suivante,
01:03quand ceux qui perdaient avaient une croissance diminuée de 0,3 points de PIB.
01:09Alors, on n'est même pas arrivé jusqu'à la finale, donc autant vous dire que ça ne va pas
01:12être glorieux pour l'année prochaine.
01:14Mais, plus sérieusement, évidemment, ça ne va pas avoir un impact économique majeur sur le PIB, ce n'est pas
01:20ça qui va nous faire monter ou descendre d'un point.
01:23Mais, à un niveau plus sectoriel, on aurait eu une finale des Bleus.
01:28Je peux vous dire que l'ensemble des bars, des bistrots de ce pays auraient été archi pleins.
01:32C'est déjà le cas jusqu'à hier.
01:34C'était le cas jusqu'à hier.
01:35On aurait pu avoir une magnifique finale qui aurait rempli les bars, les restaurants et toutes les fanzones.
01:41Au UK, il y a eu des chiffres dans les pubs.
01:43Quand l'équipe d'Angleterre jouait, c'était jusqu'à plus de 144% de recettes de vente dans les
01:53pubs.
01:54Pour les médias, c'est évidemment des recettes publicitaires en moins et puis assez majeures.
02:01Parce qu'une finale, c'est des recettes de pubs multipliées quasiment par deux pour les chaînes TV.
02:08Et puis, vous avez tout cet effet d'entraînement.
02:10En réalité, le feel good, le feel good facteur.
02:12On montre bien qu'un succès de l'équipe nationale, ça peut entraîner de la consommation, des dépenses.
02:19C'est plus sympa.
02:21En plus, là, on est battu par les Espagnols qui sont déjà les champions de la croissance en Europe.
02:263% de croissance quand nous, on est derrière avec moins de 1%.
02:30Je ne sais pas si c'est la croissance qui fait la Coupe du Monde ou la Coupe du Monde
02:32qui fait la croissance.
02:34Mais en tout cas, on s'est fait deux fois avoir par nos amis espagnols.
02:36Emmanuel Lechypre.
02:37Non mais c'est un peu du fantasme tout ça.
02:40On ne consomme pas plus ?
02:41Non, la réalité, alors effectivement, on peut dire qu'il y a eu un petit effet, mais il y a
02:47eu quelques secteurs gagnants.
02:49Oui, c'est sûr que déjà le secteur des paris sportifs, par exemple, a été gagnant.
02:55Le secteur de la pub a été gagnant.
02:57Les ventes de téléviseurs ont été gagnantes.
02:58On a vendu des maillots.
03:00Certes, c'est formidable.
03:02Et puis oui, les repas à domicile, les bars, etc.
03:07Mais la réalité, c'est qu'il y a quand même un principe qui demeure en économie et qui est
03:12tout à fait immuable, qui est quasiment une loi de la gravité.
03:16C'est que vous ne pouvez pas dépenser de toute façon plus que ce que vous gagnez.
03:20Et vous ne pouvez pas dépenser.
03:21Mais c'est ce qu'on fait depuis plus de 50 ans en France, Emmanuel Lechypre.
03:25Oui, mais vous ne pouvez pas faire ça.
03:26Vous, il y a crédit.
03:26Avant d'être bonne humeur, on vient à crédit.
03:29Et en fait, en réalité, ce qui se passe, c'est qu'on ne dépense pas plus.
03:32C'est qu'on arbitre des dépenses aux dépens de certaines autres.
03:37Donc, qu'est-ce qui se passe ?
03:39Raphaël nous dit qu'on fréquente les bars.
03:42Bah oui, mais on ne va pas dans les restos.
03:44Je veux dire, quand vous êtes chez vous à regarder la télé avec une pizza, c'est très bien pour
03:48Pizza Hut ou Domino's.
03:50Mais ça ne fait pas l'affaire des cinémas ni des restos.
03:52Si vous achetez une nouvelle télé pour la Coupe du Monde, bah tant pis, vous changerez le canapé plus tard.
03:58Vous voyez, donc ça n'a aucune espèce d'importance.
04:02Et puis alors, on va quand même revenir sur ce fantasme de l'effet Coupe du Monde 98.
04:08Parce que si vous regardez les effets sur la croissance de la Coupe du Monde 98,
04:13vous voyez qu'elle est plus faible, la croissance, pendant l'été qu'au printemps,
04:18et qu'ensuite, elle est encore plus faible à l'automne que pendant l'été.
04:23Dieu merci, on a perdu hier.
04:24Et ce qu'il faut rappeler, c'est qu'en plus, en 98,
04:29et c'est ça qui fait aussi qu'il y a un effet dopant pour la Coupe du Monde,
04:32c'est quand vous en êtes l'organisateur.
04:34Donc en 98, on avait quand même rénové des stades,
04:38on avait des dizaines de milliers de touristes étrangers qui étaient venus.
04:40Donc ça, on ne l'avait pas cette fois-ci.
04:43Donc franchement, effet à peu près nul.
04:45On n'avait même pas, contrairement à ce que dit Raphaël
04:48avec sa fréquentation mirobolante des bars,
04:50on n'avait pas l'effet oisiveté qu'on a dans ces cas-là.
04:54L'effet oisiveté, c'est quand les matchs se jouent sur les horaires de bureau
04:59et que du coup, vous n'allez pas bosser, c'est mauvais pour la productivité.
05:02Mais là, vous avez vu les horaires des matchs.
05:03Donc en fait, sur l'économie, franchement, ça ne change strictement rien.
05:07Il y a un perdant quand même qui est le secteur du foot lui-même
05:11puisqu'il faut rappeler que si on avait gagné la Coupe du Monde,
05:14la Fédération Française de Foot aurait touché de la FIFA à peu près 44 millions d'euros.
05:19Là, ce sera seulement 24.
05:21Et puis c'est vrai qu'il y aura aussi sans doute un moindre engouement
05:25pour la fréquentation des stades.
05:27Ça, il faut rappeler qu'en 98, la fréquentation des stades après la Coupe du Monde
05:31avait augmenté de 60%.
05:32Et on avait vu ça en Allemagne aussi en 2006
05:35après la Coupe du Monde organisée en Allemagne.
05:37Là, on n'aura pas ça.
05:38Donc le secteur du foot lui-même est perdant
05:40mais l'économie française se moque bien de cette défaite.
05:43Raphaël, vous êtes douché comme les Français hier soir.
05:45Ouais, j'ai couché.
05:46This was ma crème.
05:46La Coupe du Monde
05:46Et Yap
05:46Vous
05:46Coupez
05:47!
05:47Il

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