00:00Face à Emmanuel Le Chiffre, aujourd'hui c'est Raphaël Legendre et on a un Premier ministre qui croit à
00:04la résistance de l'économie française.
00:07Quand on regarde les chiffres, Emmanuel Le Chiffre, notamment ceux des PMI Flash qui ont été publiés hier, il y
00:12a de quoi un peu quand même faire des cauchemars.
00:14Est-ce qu'on va vers un scénario noir en France ? Est-ce que vous pensez qu'on décroche
00:17?
00:18On cale en tout cas, on cale. Alors on comprend le Premier ministre, s'il y en a bien un
00:23qui doit défendre la solidité de l'économie française, c'est lui.
00:26Oui, comme en fin de semaine dernière, comme dimanche dernier dans la tribune, le ministre de l'économie Roland Lescure
00:32disait que l'économie française résiste au vent de face, elle est solide.
00:36Oui, ok, ça politiquement c'est leur rôle, mais sur le plan économique, il faut bien reconnaître que tous les
00:41baromètres de l'activité sont en train de piquer du nez.
00:44Le panorama du premier trimestre déjà c'est quoi ? C'est une France à l'arrêt.
00:48C'est une France qui fait zéro de croissance alors qu'on lui prédisait plutôt une progression du PIB de
00:550,2, 0,3 points.
00:56C'est quand même un secteur clé qui est la construction, quand le bâtiment va, tout va, qui ne va
01:03pas bien du tout.
01:04Je rappelle que les mises en vente de logements au premier trimestre, on est à moins 20% sur un
01:09an,
01:10on est sur le plus bas niveau historique de mise en vente de logements.
01:15L'environnement international, on connaît, il est extrêmement difficile.
01:19L'Allemagne, notre premier partenaire commercial, va mal.
01:21Les taux d'intérêt augmentent, la politique budgétaire ne peut pas amortir le choc
01:26puisque la France est le deuxième pays à en faire le moins possible.
01:29Ajoutez à ça la perspective de la présidentielle dont on connaît les effets paralysants.
01:33Donc déjà, on ne peut pas dire si on a affaire à une économie solide.
01:37Mais, au-delà de ça, ce qui inquiète, c'est que les informations des derniers jours
01:43font effectivement état, non pas d'un ralentissement, mais d'un véritable coup d'arrêt.
01:48Prenez l'enquête auprès des ménages réalisés par l'INSEE en avril.
01:51C'est un décrochage.
01:53Et autant qu'au moment de la guerre en Ukraine en 2022,
01:57les carnets de commande des entreprises, les PMI, vous les citiez hier,
02:00c'est la pire chute, non pas depuis la guerre en Ukraine, mais depuis le Covid.
02:04Donc, on est bien, et regardez ce que disent tous les représentants de fédérations,
02:08de commerçants, etc.
02:09On est bel et bien dans une économie à l'arrêt.
02:12Et quand vous regardez l'automne, ça s'annonce pire.
02:14Donc, oui, on est quand même dans une situation économique
02:18qui est extrêmement préoccupante.
02:20L'optimiste du jour, c'est Raphaël Lejeune.
02:22Mais bien sûr que non.
02:23On va arrêter de paniquer parce qu'il y a un mauvais PMI qui est sorti.
02:26Si le moral des Français doit être indexé sur l'indicateur avancé
02:29des directeurs d'achat qui pensent que ce seront les prix dans quelques mois,
02:33c'est absolument pas ce qui dicte la conjoncture.
02:36Évidemment, c'est un indicateur avancé.
02:38On va pas paniquer sur un PMI, on va se calmer.
02:40Si on a fait croissance zéro au premier trimestre, cher Emmanuel,
02:43c'est parce qu'Airbus était en retard sur des livraisons d'avions.
02:46C'est principalement ça quand même le sujet, c'était sur les exportations.
02:49Donc, on va se calmer.
02:51On va se calmer.
02:52Et c'est certainement pas à cause de la crise que les ventes de logements s'effondrent.
02:54C'est parce qu'on a fait n'importe quoi en termes de politique intérieure.
02:58Alors, le vrai danger, c'est certainement pas la conjoncture.
03:01C'est l'état de nos finances publiques.
03:03C'est ce qu'on a fait sur les retraites.
03:04C'est nos dépenses santé qui ne sont plus contrôlées.
03:07C'est là le véritable sujet d'abord et avant tout.
03:09Quand vous entendez Gavata du prix agricole, on l'a passé hier, il est pessimiste.
03:13Il n'est pas sur l'économie, sur la consommation, sur les dépenses des ménages.
03:18On peut tourrir le pessimisme.
03:19On peut aussi voir, comme BPI France et Rex & Codes l'ont fait cette semaine sur un travail
03:23qui est certainement, l'indication est certainement plus solide qu'un PMI.
03:28C'est que la trésorerie des TPE-PME, évidemment que ça se tend.
03:32Évidemment, on a un baril à 105 dollars.
03:35Ce n'est pas le bout du monde.
03:36Mais ce n'est pas un choc brutal.
03:38La part des entreprises en difficulté reste stable depuis un an.
03:41Alors, on a eu 70 000 faillites, bien sûr, que de commettre du Covid, mais c'est stabilisé.
03:47Et surtout, les anticipations pour les prochains mois se redressent en termes de trésorerie.
03:52L'investissement résiste malgré la crise.
03:5546% des dirigeants comptent investir, ont investi, ont compté investir cette année.
04:00Et ça va augmenter par la suite.
04:03Vous avez l'IA qui se diffuse dans les entreprises et qui promet des gains de productivité.
04:08C'est ça qui compte, c'est la qualité de notre moteur majeur pour la suite.
04:12Par ailleurs, pardon, on a déjà oublié, c'était hier.
04:15Mais on reste la première destination pour les investisseurs étrangers au monde.
04:20Les consommateurs, ce que dit Gavalda, c'est que le consommateur a peur.
04:26Évidemment qu'il a peur, parce que nos comptes publics sont mal tenus
04:28et qu'il sait qu'il y aura des augmentations d'impôts à la suite.
04:30C'est surtout ça le problème.
04:32Il y a un taux d'épargne en France qui est parmi les plus élevés d'Europe.
04:37Donc, il faut qu'on pioche là-dedans.
04:38Simplement, il faut de la confiance.
04:39Ça, c'est politique.
04:40Ce n'est pas la crise.
04:41Et par ailleurs...
04:42La réalité, c'est que la deuxième partie de l'année sera bien pire.
04:45Parce que, un, l'inflation, elle n'est pas encore au détail,
04:49elle n'est pas encore diffusée dans les tarifs.
04:51Elle va augmenter.
04:52On a l'inflation la plus faible d'Europe quasiment.
04:55On est à 2,5.
04:56La dégradation du marché du travail.
04:58La dégradation du marché du travail.
04:59Mais il tient le marché du travail.
05:01On est à 8%.
05:02Mais on est à 8% depuis...
05:04Ça ne bouge pas tant.
05:05Ça fait 5 trimestres que le chômage augmente.
05:07Non, mais encore une fois, je veux bien que tout aille bien dans le meilleur des mondes.
05:12Mais non, l'économie française n'est pas solide.
05:14En plus, elle n'a aucun moyen de riposter à toutes ces agressions de l'environnement international.
05:19Notamment parce que, vous avez raison, les finances publiques sont désastreuses.
05:22Et donc, quand vous allez mettre ça bout à bout avec des engrais,
05:26des boîtes qui ne peuvent pas produire, etc.
05:28La perspective du budget de 2027, qui va être un psychodrame,
05:31parce que 2026 à côté, c'était rien.
05:34Donc, voilà.
05:34Ça va être une année.
05:36Si jamais on fait 0,5% de croissance, ce sera le bout du monde.
05:39Les Anglais, on reparlera avec Sébastien Martin,
05:41le ministre délégué chargé de l'Industrie,
05:42qui viendra débriefer les annonces du Premier ministre d'hier.
05:45Il sera avec nous à 7h45.
05:46Sous-titrage ST' 501,
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