00:00Demain, il y aura le comité d'alerte sur les finances publiques.
00:02Le Medeflu a pris les devants avec ses propositions la semaine dernière,
00:05notamment autour des fonctionnaires qui le mettent au régime sec
00:09avec une potion que je vais vous donner maintenant.
00:12Un moratoire d'un an sur tous les avancements, un gel du point d'indice,
00:15la suppression des indemnités outre-mer, le supplément familial des effectifs qui baissent.
00:20Objectif, 16 milliards d'euros d'économie l'an prochain.
00:24Il y a dedans, Emmanuel et Raphaël Legendre,
00:26le non-replacement d'un départ en retraite sur deux.
00:30Est-ce que c'est la bonne potion, Emmanuel ?
00:33Non, ce n'est pas la bonne potion, puisque c'est la potion qu'on préconise
00:36depuis des années, voire des décennies, et que ça ne marche jamais.
00:39Donc il y a un moment où...
00:40Parce qu'on ne le fait jamais, on ne l'a jamais mis en place.
00:43Oui, mais il faut peut-être s'interroger aussi, Raphaël,
00:45sur le fait que si on n'y arrive pas, c'est peut-être parce qu'on ne pose pas
00:48la question de la bonne façon.
00:49Et c'est vrai que c'est quand même assez fascinant de voir
00:51tous nos derniers présidents de la République,
00:54sauf François Hollande, qui lui, évidemment, ne pouvait pas promettre
00:57la réduction des effectifs de fonctionnaires,
00:59mais Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron, etc.,
01:01qui fixaient comme ça, comme un totem,
01:03on va supprimer 100 000 fonctionnaires, 500 000 fonctionnaires,
01:06mais depuis quand c'est un objectif ?
01:09Depuis quand c'est une vision pour l'économie française ?
01:12Ça ne change pas la vie des Français.
01:14Et d'ailleurs, la réalité, c'est que quand vous regardez
01:16les effectifs de fonctionnaires, ça fait à peu près chaque année,
01:20vous avez, allez quoi, entre 0,7 et 1% d'augmentation inexorable
01:25du nombre de fonctionnaires.
01:26Vous en avez 25% de plus qu'en 1997.
01:29Et donc, ça ne marche pas si on continue à poser la question comme ça.
01:34Et pourquoi ça ne marche pas ?
01:35Parce qu'à chaque fois, vous vous heurtez, finalement,
01:38au même phénomène, qui est double,
01:40qui est un, vous prenez frontalement les syndicats,
01:43et donc vous savez très bien que dans la fonction publique,
01:45ça ne marche pas si vous partez du principe
01:47cap, paf, on réduit les fonctionnaires.
01:48Et puis deux, qu'est-ce qu'ils voient les Français ?
01:51Les Français, eux, ce qu'ils voient,
01:53c'est qu'on manque de policiers,
01:54on manque d'enseignants dans les classes,
01:57on manque de juges, etc.
01:58Et donc, ils disent, mais attendez, allons-y,
02:00continuons à paupériser le service public.
02:03Alors, la vraie question, d'abord, c'est,
02:04un, est-ce qu'il faut plus ou moins de services publics ?
02:06Et là, la question, elle est beaucoup moins évidente,
02:08parce que, est-ce que dans un pays
02:10où, effectivement, on est de plus en plus mal
02:13protégés, éduqués, jugés, soignés,
02:15est-ce qu'on a vraiment besoin de moins de services publics ?
02:17Moi, je ne suis pas sûr.
02:18Les besoins des Français,
02:19ils ont quand même considérablement augmenté.
02:21Le vieillissement de la population
02:22fait que les besoins en santé sont considérables.
02:24On se déplace aujourd'hui
02:25cinq fois plus qu'en 1950.
02:27Il y a des besoins d'infrastructures,
02:28de transport, etc.,
02:29qui sont, eux, aussi considérables.
02:31Donc, regardons d'abord ces questions-là.
02:34Et puis, après, enfin,
02:36interrogeons-nous sur
02:37c'est quoi un service public moderne
02:39du XXIe siècle ?
02:40Et là, profitons ensuite
02:42de l'opportunité absolument extraordinaire
02:44qui va représenter le départ
02:46d'un fonctionnaire sur trois.
02:48Donc, c'est ce que dit le MEDEF, en fait.
02:50Oui, mais, si vous voulez,
02:52l'objectif, ce n'est pas
02:54un objectif en soi,
02:55réduire le nombre de fonctionnaires.
02:56Ce n'est pas un objectif en soi.
02:58Ce qui compte,
02:58c'est qu'on ait un service public
02:59performant et de qualité.
03:01Et ça ne passe pas forcément
03:02toujours par la réduction
03:04du nombre de fonctionnaires.
03:05Non, mais non seulement
03:06ce n'est pas un objectif en soi,
03:07évidemment, bien sûr,
03:09vous avez donné le chiffre émanuel.
03:1125% d'augmentation
03:13du nombre de fonctionnaires
03:14en 25 ans.
03:16Oui, c'est que non seulement
03:16on n'arrive pas à réduire,
03:17mais en plus ça augmente.
03:18C'est quand même parfaitement délirant.
03:19Pardon.
03:19Ça a augmenté moins vite, Raphaël,
03:20que l'emploi privé.
03:21Non, non, mais pardon.
03:22Ça a augmenté moins vite
03:23que l'emploi privé.
03:24A-t-on besoin
03:25d'un quart de fonctionnaires
03:27supplémentaires
03:27depuis le début des années 2000 ?
03:29Je ne crois pas
03:30qu'on a automatisé,
03:32numérisé
03:32comme maintenant
03:33l'intelligence artificielle arrive.
03:34Ce chiffre est parfaitement délirant.
03:36On a multiplié les strates
03:38avec la décentralisation.
03:40On a créé les intercos, etc.
03:42sans jamais simplifier derrière.
03:43C'est-à-dire qu'on n'arrête pas
03:44de doublonner
03:45à tous les étages.
03:46Et tout ça commence
03:47à nous coûter très cher.
03:48On a 5,8 millions
03:50de fonctionnaires
03:51en France.
03:52Je veux dire,
03:52on n'est pas là pour...
03:54Ce n'est pas de leur faute
03:54qu'ils ont été embauchés.
03:55Ils ont un job
03:56très bien, formidable.
03:57C'est la gestion globale
03:58de ce schéma d'emploi
04:00qui est absolument catastrophique.
04:01Vous l'avez très bien dit.
04:02On a toujours promis
04:03un message politique
04:04envoyé à chaque campagne présidentielle.
04:06François Fillon,
04:07c'était 500 000 suppressions de postes.
04:09Là, on est autour de 100 000
04:10pour Gabriel Attal.
04:11C'est ce que propose le MEDEF.
04:12On va certainement arriver à ça.
04:13Que vous ayez 5,8
04:15ou 5,7 millions de fonctionnaires,
04:17ça ne change absolument rien.
04:19Ce qu'il faut revoir,
04:20c'est drastiquement
04:21le champ d'action de l'État
04:23qui est aujourd'hui
04:24beaucoup trop large
04:26et donc inefficace.
04:28Mettez moins de fonctionnaires.
04:28Vous enlevez quoi ?
04:29Vous enlevez quoi ?
04:31Mais toute l'administration
04:32administrande,
04:33vous plantez des fonctionnaires,
04:34ils poussent des impôts
04:35et de la norme.
04:36C'est évidemment normal.
04:37C'est leur job.
04:38Je vous garantis
04:39qu'il y a des gains d'efficacité
04:41majeurs à perdre.
04:41Oui, mais c'est un peu
04:42comme dans les boîtes
04:43quand vous dites
04:43j'enlève pas,
04:44j'enlève que les fonctions de support.
04:46La différence entre l'État
04:47et les boîtes,
04:48c'est que les boîtes,
04:49elles, quand ça ne va pas,
04:50elles licencient.
04:51Elles ont courage de licencier.
04:51Ce n'est pas par plaisir,
04:52mais elles le font.
04:53Et c'est pour ça
04:54que l'entreprise d'aujourd'hui
04:55est à peu près
04:55le seul endroit
04:56où la vie est organisée
04:58et en paix
04:59quand l'État, lui,
05:00ne fait que croître,
05:01grossir et devenir
05:02de moins en moins efficace.
05:03Elle supprime des postes,
05:05elle profite de la démographie,
05:07mais elle ne licencie pas.
05:08Ce n'est pas vrai.
05:09C'est exactement comme l'État.
05:10Et encore une fois,
05:11vous ne changez pas de logique.
05:12Toutes les boîtes
05:12qui vont mal licencier, Emmanuel.
05:13Qu'est-ce que ça change
05:13pour les Français
05:14quand vous leur dites
05:15qu'on va supprimer
05:16500 000 fonctionnaires ?
05:17Commencez par leur promettre
05:19un service public.
05:19Ça ne changera rien.
05:20Vous savez quoi ?
05:21On va supprimer
05:22100 000 fonctionnaires.
05:23Ça va juste alléger la facture.
05:24Je rappelle simplement
05:25qu'on a 5 % de déficit
05:26et qu'on compte 83 agents publics
05:31pour 1 000 habitants en France.
05:32Quand on a mal,
05:33il y en a 5.
05:33Le problème, Emmanuel,
05:34c'est qu'à chaque fois
05:35qu'on dit qu'on va baisser la dépense...
05:36J'en ai ras-le-bol.
05:3852 en Italie
05:39qui n'est pas sous-administrée,
05:4165 en Espagne.
05:42Ce n'est pas les mêmes structures.
05:43On est au-dessus de tout le monde.
05:44Ce n'est pas les mêmes structures.
05:46Je ne dis pas
05:46qu'il ne faut pas revoir
05:47le statut de fonctionnaire
05:48qui, effectivement,
05:49est un frein.
05:50Mais la réalité,
05:51c'est que le fait
05:52que vous choisissiez
05:53qu'un service public
05:54soit rendu par le privé
05:56ou par l'État,
05:57on s'en fout.
05:58Il y a des pays
05:58où on a fait le choix massif
06:00de l'intervention publique.
06:01La Scandinavie, par exemple...
06:02Sauf qu'il y en a un
06:02qui passe par les impôts
06:04et l'autre par la facture.
06:04Ce n'est pas tout à fait la même chose.
06:05Qu'est-ce qu'on baisse comme dépense ?
06:06Et là, le sujet, Raphaël,
06:08c'est que ce soit public ou privé.
06:11Ce qui compte,
06:11c'est que ce soit bien fait,
06:12que l'hôpital soit public ou privé,
06:14c'est que ce soit bien fait.
06:15Est-ce que c'est mieux fait
06:15avec plus d'administrations ?
06:16Répondez-moi,
06:17bonsoir,
06:17qu'est-ce qu'on baisse
06:18comme dépense
06:19si ce n'est pas les fonctionnaires,
06:20si ce n'est pas les dépenses de santé ?
06:21C'est quoi ?
06:22Qu'est-ce qu'on baisse ?
06:23On sait,
06:23c'est les retraites,
06:24c'est la santé
06:25et c'est le train de vie de l'État
06:26qui passe par l'ombre des fonctionnaires.
06:29Encore une fois,
06:29revenez à ma question
06:30dont vous ne voulez pas
06:31en entendre parler.
06:32C'est quelle mission
06:33de service public ?
06:35On commence comme ça.
06:36Et après,
06:36on voit à quel moyen
06:37on met en place.
06:38Mais dans ces cas-là,
06:38vous allez enlever des fonctionnaires.
06:40Ça veut dire que si vous dites
06:41c'est l'armée,
06:42l'éducation...
06:43Est-ce que vous comprenez
06:44que ce n'est pas du tout
06:45la même chose ?
06:46Quand on part de l'idée
06:47quel service public moderne
06:49on offre aux Français
06:50et après,
06:51effectivement,
06:52si ça génère
06:53la suppression d'emplois
06:54de fonctionnaires,
06:55et bien ça génère
06:55la suppression d'emplois
06:56de fonctionnaires,
06:56est-ce que vous comprenez
06:57que ce n'est pas du tout
06:58la même logique
06:58que de commencer par dire
07:00on va supprimer
07:00100 000 ou 500 000 fonctionnaires ?
07:02Non mais les deux
07:02ne sont pas incompatibles du tout.
07:04Vous avez un rapport
07:05qui vient de sortir
07:05de trois administrations
07:07qui vous explique
07:08qu'il y a 700 000 emplois
07:09de la fonction publique
07:10qui peuvent être supprimés par l'IA.
07:11c'est quoi,
07:11bon sang de bonsoir
07:12si ce n'est pas de l'emballage ?
07:14Bon, allez,
07:15on va parler du Venezuela
07:16si vous mettez à crier sur moi.
07:17C'est du marketing,
07:18la politique.
07:18Et on est que l'indicité.
07:20Rendre le nécessaire possible.
07:21C'est du paquet cadeau.
07:22Rendre possible
07:22100 000 licenciements de poste,
07:24je vous jure
07:24c'est pas si compliqué que ça.
07:25Moi je vous offre un service public
07:25moderne du XXIe siècle
07:27qui va répondre aux attentes
07:27des Français.
07:28Je vous fais rêver.
07:29Si je vous dis
07:29que 500 000 fonctionnaires,
07:31ça vous laisse totalement
07:33de marre.
07:33Oui, si vous laissez les impôts.
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