00:00Ce soir, donc, a priori, la France devrait replonger dans la crise politique.
00:04François Bayrou, vous voulez alerter sur l'état des finances publiques,
00:07ramener l'opinion publique avec lui.
00:08Est-ce que son sacrifice est utile, Emmanuel ?
00:12Non, c'est un sacrifice inutile.
00:14D'abord parce qu'il serait très probablement tombé,
00:17quoi qu'il arrive, sur le budget,
00:18puisqu'on ne voit pas bien dans son budget
00:20ce qui aurait pu susciter une forme minimale d'adhésion
00:24de certains partis d'opposition.
00:27Non, inutile parce que finalement, personne ne pourra faire mieux
00:30au vu de la composition de l'Assemblée nationale
00:33et de la quasi-impossibilité de dégager une majorité.
00:37Et puis, personne ne fera mieux parce qu'il n'y a aucune offre politique
00:40aujourd'hui qui répond efficacement à la problématique du pays,
00:45puisque d'un côté, on a les vieilles recettes du Parti Socialiste
00:47qui consistent toujours à penser qu'on va taxer plus
00:50et que c'est comme ça qu'on résorbera les déficits.
00:54Et puis, vous avez de l'autre côté,
00:55les propositions un peu fantasmagoriques du Rassemblement national
00:58ou le redressement des finances publiques,
01:00finalement, reposent sur des chiffres un peu fantaisistes,
01:04sur des gains dans la lutte contre l'immigration.
01:06Et puis alors, c'est toujours les fameuses économies.
01:09Les économies, c'est toujours...
01:10On va chasser la fraude.
01:11Toujours.
01:11Voilà, on va chasser la fraude.
01:12Les milliards sur la fraude.
01:13Les milliards sur la fraude,
01:14ça c'est toujours l'argument ultime
01:16quand on n'en a pas d'autre.
01:17Et puis, inutile aussi parce qu'elle consomme encore plus le divorce
01:23entre les Français et les dirigeants politiques.
01:25Regardez le sondage Elab,
01:26qui dit que 8 Français sur 10 sont consternés par le spectacle
01:29qui est offert par les politiques.
01:32Parce que ça ne changera rien à la mobilisation du 10
01:35qui devient non plus une manif anti-Bérou,
01:37mais une manif anti-système.
01:39Cette manifestation de mercredi,
01:41il faut oser le mot.
01:42On est dans un mouvement qui est quasi insurrectionnel.
01:45C'est quasiment une jacquerie.
01:47Vous n'avez pas de revendication spécifique.
01:48C'est un mouvement de...
01:49Se retirer du système avec les cartes bleues.
01:51De colère.
01:51Et puis enfin, parce que cette démission,
01:53elle accroît le risque de dissolution.
01:55Or, le risque de dissolution, c'est le pire aujourd'hui
01:57qui pèse sur l'économie française.
01:58Parce qu'imaginez qu'il n'y ait pas de majorité
02:00qui sorte de cette dissolution.
02:01Même si le président de la République démissionnait,
02:04sauf erreur de ma part,
02:05il ne pourrait pas convoquer une nouvelle élection législative
02:08pour obtenir une majorité avant un an.
02:11Donc, c'est un outil extrêmement dangereux.
02:13La réalité, c'est que dans l'intérêt de la France,
02:16et quel que soit le bilan d'Emmanuel Macron,
02:18c'est que, regardez tout ce que disent les chefs d'entreprise,
02:20tout le monde attend l'élection présidentielle.
02:23Et c'est vrai que l'élection présidentielle,
02:25c'est encore...
02:26La seule loi qui résiste encore dans la Ve République,
02:30c'est que chaque fois qu'on a choisi un nouveau président,
02:32je dis bien un nouveau président,
02:34pas réélu un président,
02:35eh bien, il a réussi toujours à obtenir une majorité.
02:37Rappelez-vous, en 2017,
02:38vous nous disiez,
02:39Macron, il n'aura jamais de majorité,
02:40vous n'avez pas voulu Fillon à l'Elysée,
02:41vous l'aurez à Matignon,
02:42président de la droite qui va régner,
02:43Macron a eu une majorité.
02:45Donc, il n'y a que ça qui éclaircirait le paysage politique.
02:47Donc, pas de dissolution avant,
02:49c'est-à-dire qu'il faudrait élection présidentielle à nouveau,
02:51puis dissolution après.
02:51Ça nous rapproche d'un blocage politique encore plus durable.
02:54Alors, il n'y en est moins sûr,
02:54parce que la situation est tellement compliquée en France,
02:57en termes institutionnels aujourd'hui,
02:59que rien ne dit que le président élu en 2016
03:02réussisse à dégager une majorité par la suite.
03:04Cette décision, elle est utile
03:05parce qu'elle peut permettre de débloquer la situation éventuellement.
03:09On a besoin d'un accord de non-censure aujourd'hui
03:12pour faire passer le budget.
03:14C'est ça la priorité des priorités,
03:16doter l'État français d'un budget au 1er janvier.
03:20Avec François Bayrou, ce n'était pas possible.
03:22Il campait sur ses positions avec ses 44 milliards d'économies.
03:24Il faut négocier, tendre la main au Parti socialiste.
03:28C'est ce qu'on attendait de lui au passage
03:30chez Apolline de Mellar sur BFM TV,
03:33une main tendue au Parti socialiste.
03:34Il n'a rien été la semaine dernière.
03:37Bon, mais s'il n'est pas possible de négocier,
03:39eh bien, il faut peut-être trouver un nouveau Premier ministre
03:41et débloquer cette situation.
03:43Il y a des négociations qui sont en cours
03:44pour définir ce nouveau terrain de jeu
03:47entre d'un côté le bloc central
03:49et de l'autre l'EPS
03:51qui ne rentrera pas au gouvernement.
03:53Mais avec qui il faut négocier cet accord de non-censure ?
03:57Il faudra peut-être que ce soit un nouveau Premier ministre,
03:59un nouveau chef de gouvernement
04:00qui est un peu plus de maestria politique
04:03pour négocier cet accord de non-censure.
04:08Par ailleurs, ça c'est simplement pour débloquer la situation,
04:11mais collectivement,
04:12on n'a quand même jamais eu autant de pédagogie
04:14sur l'état de nos finances publiques.
04:16Et là, franchement,
04:17François Bayrou a fait état d'un constat lucide
04:19porté pour la première fois au sommet de l'État.
04:23On ne travaille pas assez,
04:24notre niveau de dépense n'est pas soutenable
04:25et la dette est un poison qui nous asphyxie à petit feu.
04:28Et puis personnellement, ça peut être utile pour lui-même
04:30puisqu'il pense très probablement en 2027,
04:33après être revenu à Pau pour les municipales,
04:36et il se dit qu'il pourra se représenter
04:39comme le sauveur et seul adulte dans la place
04:41pour l'élection présidentielle.
04:43D'abord, Raphaël,
04:45un peu de recul,
04:47on est exactement dans la même situation
04:50qu'au lendemain de la dissolution.
04:51On n'a pas progressé d'un iota.
04:53On consomme à peu près
04:54deux premiers ministres par budget,
04:56c'est la réalité,
04:57parce qu'après, il y a eu Michel Barnier,
04:59Michel Barnier n'a pas réussi à faire passer son budget.
05:01Il a essayé par l'extrême droite.
05:02On a nommé François Béroux
05:03qui a péniblement fait passer le budget Barnier
05:07mais qui n'est pas capable de faire passer
05:08un deuxième budget.
05:10Et donc, qui que soit le prochain,
05:11ce sera exactement...
05:11Et ce budget, il est parfaitement indispensable.
05:13Et donc, il faut trouver
05:14le droit à Saint-Grain
05:15qu'il soit capable de le négocier
05:16avec le Parti Socialiste.
05:17Techniquement, à la limite,
05:18on reconduirait le budget de l'année précédente
05:19que ça ne serait pas dramatique non plus.
05:21Ce serait même mieux pour l'État des économies.
05:22Ça, c'est une petite musique qui monte aussi.
05:23Ce serait même mieux pour l'État des finances publiques.
05:25Et puis, non, mais Raphaël,
05:26par contre, le couplet sur
05:27il a fait de la pédagogie,
05:28il a enfin posé des problèmes sur la table.
05:30Non, mais là, on ne peut pas...
05:31Laisse-moi rire.
05:32Mais comme jamais,
05:33trois conférences de presse,
05:35le constat était lucide du début à la fin.
05:38Mais pas du tout Fillon
05:39avec son État en faillite.
05:40Je veux dire, c'est vraiment le type...
05:41Ça monte à 2007, c'est trop vieux.
05:42Mais vous avez discuté,
05:43on a donné envie de la dette régulièrement.
05:46Mais c'est pas trop vieux.
05:47C'est pas trop vieux.
05:48C'est que c'est un constat
05:49qui est toujours le même.
05:50Donc, il n'y a rien de nouveau dans son constat.
05:52Et alors, en plus,
05:53il n'avait pour lui
05:53aucune idée originale pour y arriver.
05:56C'est-à-dire que c'est toujours
05:57les mêmes méthodes qui ne marchent pas.
05:58Les rabots,
05:59on racle les fonds de tiroirs, etc.
06:01Donc, il n'avait aucune chance d'y arriver.
06:02Donc, aucun regret de ce côté-là.
06:04Qui va enfin parler
06:05de façon un peu nouvelle
06:07de la nécessité
06:09de réduire ces fameux déficits ?
06:12Et personne ne l'a fait.
06:13Moi, je ne sais pas comment vous faites
06:14à partaguer dans la dépense.
06:15Alors, on peut effectivement
06:17sortir la massue fiscal
06:18et se dire
06:19il y a quelques riches
06:20qui vont payer pour tous nos malheurs.
06:21Ce sera très simple.
06:22Raphaël, ça n'est pas la solution.
06:23Il n'y a pas d'autre solution
06:24que de s'occuper de notre dépense.
06:26On la connaît, la solution.
06:27Non, la solution,
06:28c'est de commencer
06:29par mettre tout le monde
06:31autour de la table
06:31pour définir ce que serait
06:33un service public
06:34du XXIe siècle.
06:36Raisonnons à partir
06:36de nos besoins.
06:37de quoi l'État
06:39doit se désengager,
06:40dans quoi l'État
06:41doit s'investir davantage.
06:42Et une fois qu'on a défini
06:44tout ça,
06:45regardons quels moyens
06:46on met en face.
06:47Un grand conclave
06:48des services publics.
06:49Et je suis d'accord.
06:50Oui, mais si vous mettez
06:51les usagers,
06:52les fonctionnaires,
06:53les élus,
06:53les syndicalistes...
06:54Ah, ça, ça me donne envie
06:55de faire une émission spéciale.
06:56Vous pensez que vous allez réussir
06:57à mettre tous ces gens d'accord ?
06:58Oui, enfin, Raphaël...
06:59Je regarde déjà
07:00ce qui n'a pas marché.
07:01Raphaël nous dit
07:07qu'il n'y aura pas un socialiste
07:08qui entrera au gouvernement.
07:09Philippe Brun sera avec nous
07:10tout à l'heure à 7h45,
07:12peut-être,
07:12qui sera le ministre des Finances.
07:14Non, Bercy ?
07:14On lui posera la question.
07:16Qu'est-ce qu'il compte dire
07:17à la France qui bosse ?
07:18Que les impôts vont augmenter.
07:19Qu'est-ce qu'il compte dire d'autre ?
07:20Ça sera rendez-vous
07:21dans 20 minutes.
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