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  • il y a 5 mois
Ce lundi 8 septembre, la probable entrée de la France dans une nouvelle crise politique, a été abordé par Raphaël Legendre et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Ce soir, donc, a priori, la France devrait replonger dans la crise politique.
00:04François Bayrou, vous voulez alerter sur l'état des finances publiques,
00:07ramener l'opinion publique avec lui.
00:08Est-ce que son sacrifice est utile, Emmanuel ?
00:12Non, c'est un sacrifice inutile.
00:14D'abord parce qu'il serait très probablement tombé,
00:17quoi qu'il arrive, sur le budget,
00:18puisqu'on ne voit pas bien dans son budget
00:20ce qui aurait pu susciter une forme minimale d'adhésion
00:24de certains partis d'opposition.
00:27Non, inutile parce que finalement, personne ne pourra faire mieux
00:30au vu de la composition de l'Assemblée nationale
00:33et de la quasi-impossibilité de dégager une majorité.
00:37Et puis, personne ne fera mieux parce qu'il n'y a aucune offre politique
00:40aujourd'hui qui répond efficacement à la problématique du pays,
00:45puisque d'un côté, on a les vieilles recettes du Parti Socialiste
00:47qui consistent toujours à penser qu'on va taxer plus
00:50et que c'est comme ça qu'on résorbera les déficits.
00:54Et puis, vous avez de l'autre côté,
00:55les propositions un peu fantasmagoriques du Rassemblement national
00:58ou le redressement des finances publiques,
01:00finalement, reposent sur des chiffres un peu fantaisistes,
01:04sur des gains dans la lutte contre l'immigration.
01:06Et puis alors, c'est toujours les fameuses économies.
01:09Les économies, c'est toujours...
01:10On va chasser la fraude.
01:11Toujours.
01:11Voilà, on va chasser la fraude.
01:12Les milliards sur la fraude.
01:13Les milliards sur la fraude,
01:14ça c'est toujours l'argument ultime
01:16quand on n'en a pas d'autre.
01:17Et puis, inutile aussi parce qu'elle consomme encore plus le divorce
01:23entre les Français et les dirigeants politiques.
01:25Regardez le sondage Elab,
01:26qui dit que 8 Français sur 10 sont consternés par le spectacle
01:29qui est offert par les politiques.
01:32Parce que ça ne changera rien à la mobilisation du 10
01:35qui devient non plus une manif anti-Bérou,
01:37mais une manif anti-système.
01:39Cette manifestation de mercredi,
01:41il faut oser le mot.
01:42On est dans un mouvement qui est quasi insurrectionnel.
01:45C'est quasiment une jacquerie.
01:47Vous n'avez pas de revendication spécifique.
01:48C'est un mouvement de...
01:49Se retirer du système avec les cartes bleues.
01:51De colère.
01:51Et puis enfin, parce que cette démission,
01:53elle accroît le risque de dissolution.
01:55Or, le risque de dissolution, c'est le pire aujourd'hui
01:57qui pèse sur l'économie française.
01:58Parce qu'imaginez qu'il n'y ait pas de majorité
02:00qui sorte de cette dissolution.
02:01Même si le président de la République démissionnait,
02:04sauf erreur de ma part,
02:05il ne pourrait pas convoquer une nouvelle élection législative
02:08pour obtenir une majorité avant un an.
02:11Donc, c'est un outil extrêmement dangereux.
02:13La réalité, c'est que dans l'intérêt de la France,
02:16et quel que soit le bilan d'Emmanuel Macron,
02:18c'est que, regardez tout ce que disent les chefs d'entreprise,
02:20tout le monde attend l'élection présidentielle.
02:23Et c'est vrai que l'élection présidentielle,
02:25c'est encore...
02:26La seule loi qui résiste encore dans la Ve République,
02:30c'est que chaque fois qu'on a choisi un nouveau président,
02:32je dis bien un nouveau président,
02:34pas réélu un président,
02:35eh bien, il a réussi toujours à obtenir une majorité.
02:37Rappelez-vous, en 2017,
02:38vous nous disiez,
02:39Macron, il n'aura jamais de majorité,
02:40vous n'avez pas voulu Fillon à l'Elysée,
02:41vous l'aurez à Matignon,
02:42président de la droite qui va régner,
02:43Macron a eu une majorité.
02:45Donc, il n'y a que ça qui éclaircirait le paysage politique.
02:47Donc, pas de dissolution avant,
02:49c'est-à-dire qu'il faudrait élection présidentielle à nouveau,
02:51puis dissolution après.
02:51Ça nous rapproche d'un blocage politique encore plus durable.
02:54Alors, il n'y en est moins sûr,
02:54parce que la situation est tellement compliquée en France,
02:57en termes institutionnels aujourd'hui,
02:59que rien ne dit que le président élu en 2016
03:02réussisse à dégager une majorité par la suite.
03:04Cette décision, elle est utile
03:05parce qu'elle peut permettre de débloquer la situation éventuellement.
03:09On a besoin d'un accord de non-censure aujourd'hui
03:12pour faire passer le budget.
03:14C'est ça la priorité des priorités,
03:16doter l'État français d'un budget au 1er janvier.
03:20Avec François Bayrou, ce n'était pas possible.
03:22Il campait sur ses positions avec ses 44 milliards d'économies.
03:24Il faut négocier, tendre la main au Parti socialiste.
03:28C'est ce qu'on attendait de lui au passage
03:30chez Apolline de Mellar sur BFM TV,
03:33une main tendue au Parti socialiste.
03:34Il n'a rien été la semaine dernière.
03:37Bon, mais s'il n'est pas possible de négocier,
03:39eh bien, il faut peut-être trouver un nouveau Premier ministre
03:41et débloquer cette situation.
03:43Il y a des négociations qui sont en cours
03:44pour définir ce nouveau terrain de jeu
03:47entre d'un côté le bloc central
03:49et de l'autre l'EPS
03:51qui ne rentrera pas au gouvernement.
03:53Mais avec qui il faut négocier cet accord de non-censure ?
03:57Il faudra peut-être que ce soit un nouveau Premier ministre,
03:59un nouveau chef de gouvernement
04:00qui est un peu plus de maestria politique
04:03pour négocier cet accord de non-censure.
04:08Par ailleurs, ça c'est simplement pour débloquer la situation,
04:11mais collectivement,
04:12on n'a quand même jamais eu autant de pédagogie
04:14sur l'état de nos finances publiques.
04:16Et là, franchement,
04:17François Bayrou a fait état d'un constat lucide
04:19porté pour la première fois au sommet de l'État.
04:23On ne travaille pas assez,
04:24notre niveau de dépense n'est pas soutenable
04:25et la dette est un poison qui nous asphyxie à petit feu.
04:28Et puis personnellement, ça peut être utile pour lui-même
04:30puisqu'il pense très probablement en 2027,
04:33après être revenu à Pau pour les municipales,
04:36et il se dit qu'il pourra se représenter
04:39comme le sauveur et seul adulte dans la place
04:41pour l'élection présidentielle.
04:43D'abord, Raphaël,
04:45un peu de recul,
04:47on est exactement dans la même situation
04:50qu'au lendemain de la dissolution.
04:51On n'a pas progressé d'un iota.
04:53On consomme à peu près
04:54deux premiers ministres par budget,
04:56c'est la réalité,
04:57parce qu'après, il y a eu Michel Barnier,
04:59Michel Barnier n'a pas réussi à faire passer son budget.
05:01Il a essayé par l'extrême droite.
05:02On a nommé François Béroux
05:03qui a péniblement fait passer le budget Barnier
05:07mais qui n'est pas capable de faire passer
05:08un deuxième budget.
05:10Et donc, qui que soit le prochain,
05:11ce sera exactement...
05:11Et ce budget, il est parfaitement indispensable.
05:13Et donc, il faut trouver
05:14le droit à Saint-Grain
05:15qu'il soit capable de le négocier
05:16avec le Parti Socialiste.
05:17Techniquement, à la limite,
05:18on reconduirait le budget de l'année précédente
05:19que ça ne serait pas dramatique non plus.
05:21Ce serait même mieux pour l'État des économies.
05:22Ça, c'est une petite musique qui monte aussi.
05:23Ce serait même mieux pour l'État des finances publiques.
05:25Et puis, non, mais Raphaël,
05:26par contre, le couplet sur
05:27il a fait de la pédagogie,
05:28il a enfin posé des problèmes sur la table.
05:30Non, mais là, on ne peut pas...
05:31Laisse-moi rire.
05:32Mais comme jamais,
05:33trois conférences de presse,
05:35le constat était lucide du début à la fin.
05:38Mais pas du tout Fillon
05:39avec son État en faillite.
05:40Je veux dire, c'est vraiment le type...
05:41Ça monte à 2007, c'est trop vieux.
05:42Mais vous avez discuté,
05:43on a donné envie de la dette régulièrement.
05:46Mais c'est pas trop vieux.
05:47C'est pas trop vieux.
05:48C'est que c'est un constat
05:49qui est toujours le même.
05:50Donc, il n'y a rien de nouveau dans son constat.
05:52Et alors, en plus,
05:53il n'avait pour lui
05:53aucune idée originale pour y arriver.
05:56C'est-à-dire que c'est toujours
05:57les mêmes méthodes qui ne marchent pas.
05:58Les rabots,
05:59on racle les fonds de tiroirs, etc.
06:01Donc, il n'avait aucune chance d'y arriver.
06:02Donc, aucun regret de ce côté-là.
06:04Qui va enfin parler
06:05de façon un peu nouvelle
06:07de la nécessité
06:09de réduire ces fameux déficits ?
06:12Et personne ne l'a fait.
06:13Moi, je ne sais pas comment vous faites
06:14à partaguer dans la dépense.
06:15Alors, on peut effectivement
06:17sortir la massue fiscal
06:18et se dire
06:19il y a quelques riches
06:20qui vont payer pour tous nos malheurs.
06:21Ce sera très simple.
06:22Raphaël, ça n'est pas la solution.
06:23Il n'y a pas d'autre solution
06:24que de s'occuper de notre dépense.
06:26On la connaît, la solution.
06:27Non, la solution,
06:28c'est de commencer
06:29par mettre tout le monde
06:31autour de la table
06:31pour définir ce que serait
06:33un service public
06:34du XXIe siècle.
06:36Raisonnons à partir
06:36de nos besoins.
06:37de quoi l'État
06:39doit se désengager,
06:40dans quoi l'État
06:41doit s'investir davantage.
06:42Et une fois qu'on a défini
06:44tout ça,
06:45regardons quels moyens
06:46on met en face.
06:47Un grand conclave
06:48des services publics.
06:49Et je suis d'accord.
06:50Oui, mais si vous mettez
06:51les usagers,
06:52les fonctionnaires,
06:53les élus,
06:53les syndicalistes...
06:54Ah, ça, ça me donne envie
06:55de faire une émission spéciale.
06:56Vous pensez que vous allez réussir
06:57à mettre tous ces gens d'accord ?
06:58Oui, enfin, Raphaël...
06:59Je regarde déjà
07:00ce qui n'a pas marché.
07:01Raphaël nous dit
07:07qu'il n'y aura pas un socialiste
07:08qui entrera au gouvernement.
07:09Philippe Brun sera avec nous
07:10tout à l'heure à 7h45,
07:12peut-être,
07:12qui sera le ministre des Finances.
07:14Non, Bercy ?
07:14On lui posera la question.
07:16Qu'est-ce qu'il compte dire
07:17à la France qui bosse ?
07:18Que les impôts vont augmenter.
07:19Qu'est-ce qu'il compte dire d'autre ?
07:20Ça sera rendez-vous
07:21dans 20 minutes.
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