00:00Face à Emmanuel Lechypre aujourd'hui, c'est Raphaël Lejean, en retour sur les élections en Hongrie.
00:04Il y a une sorte d'espoir européen d'avoir un verrou qui saute,
00:08puisque Viktor Orban était plutôt pro-Poutine, il était même accusé d'espionnage par les Européens.
00:13Est-ce que vous y croyez, à ce renouveau européen, Emmanuel ?
00:17Le problème, c'est que Viktor Orban, c'était un peu le méchant utile.
00:21C'était un des prétextes, finalement, de l'Europe pour se cacher derrière son petit doigt
00:28et pour faire toujours trop peu, trop tard, trop saupoudré, pas assez courageux.
00:33Alors, il y avait ce paravent qui était, finalement, la protection militaire américaine.
00:39On disait, c'est pas grave si on n'a pas de défense commune, on a la protection américaine, ça
00:42n'existe plus.
00:43L'énergie, on ne se mettait pas d'accord tous ensemble sur une politique énergétique commune.
00:47C'est pas grave, on avait le gaz russe et le pétrole russe, pas cher.
00:52Tout ça, ça n'existe plus et l'idiot-utile Orban en géopolitique a disparu.
00:56Ah, on ne peut pas prendre des sanctions contre la Russie, etc.
00:58C'est la faute d'Orban.
00:59Et bien, tout ça, ça met, en fait, l'Europe devant ses responsabilités.
01:04Et on va voir qu'Orban n'était qu'un petit problème par rapport à tous les problèmes que rencontre
01:09l'Union européenne.
01:09Le problème Orban, c'est pas un problème d'homme, c'est un problème, ni un problème de choix de
01:16sa politique.
01:16C'est juste le problème de la règle de l'unanimité.
01:18Parce que, quand même, je rappelle qu'il y a 27 pays en Europe.
01:21Ça veut dire qu'en moyenne, si vous considérez que les mandats sont entre 4 et 5 ans,
01:25ça veut dire à peu près 3-4 élections par an, donc 3-4 changements de gouvernement potentiels possibles en
01:30Europe.
01:31Donc, tout le temps, il y a des changements de majorité possibles en Europe.
01:36La réalité, c'est que cette Europe, elle est lente, elle est fragmentée sur tous les sujets.
01:40Prenez la défense, prenez l'industrie, on n'a pas les mêmes intérêts que les Allemands.
01:45Prenez tous ces compromis permanents qui sont inefficaces.
01:49Je veux dire, je ne vois pas en quoi Orban aurait changé tout ça.
01:52Et puis, Orban, c'est aussi un symptôme, c'était le symptôme de ce divorce entre les élites européennes
02:00et le peuple européen qui vote de plus en plus de façon anti-Bruxelles.
02:06Et ça, je veux dire, vous pouvez casser le thermomètre Orban, la fièvre, elle ne retombe pas.
02:10Donc, franchement, je pense qu'au contraire, c'est un des nouveaux paravents de la lâcheté européenne qui tombe
02:15et que l'Europe va se retrouver devant ses responsabilités.
02:18Et on va bien voir ce que ça va donner.
02:20Non, je pense que c'est une excellente nouvelle pour l'Europe, bien au contraire.
02:24Alors, c'est vrai qu'il y a tous ces blocages au niveau européen, au niveau de la gouvernance européenne
02:28et qui pose des problèmes et qu'il va falloir traiter.
02:31Mais quand même, Viktor Orban était un frein permanent à toute avancée de la construction européenne à tous les niveaux.
02:40Et là, on a quand même un Premier ministre hongrois qui affiche clairement son retour sur la scène européenne.
02:46Et la Hongrie va passer d'un frein à un accélérateur, à un moment important en plus, vital pour l
02:51'Union européenne
02:52qui est sous les coups de boutoir du président américain Donald Trump
02:56et qui est en train, enfin, de se réveiller de sa léthargie pour travailler sur les questions de souveraineté.
03:03Je rappelle qu'Orban, c'était quand même le perturbateur en chef de l'Union européenne
03:09avec ses vétos répétés sur la Russie, le blocage des aides à l'Ukraine,
03:15un blocage systématique sur le budget européen, sur le pacte migratoire.
03:20On va enfin pouvoir avancer.
03:23Avec Magyar, on passe d'un allié de Moscou à un allié de Bruxelles.
03:28Donc ça, ça peut être une excellente nouvelle.
03:31Et il annonce son retour sur la scène européenne.
03:34Ça ne veut pas dire qu'il va être parfaitement aligné avec, je veux dire, nous-mêmes,
03:38on a des différences avec nos voisins allemands, italiens, espagnols, ça peut arriver.
03:43C'est le jeu de la démocratie.
03:45On ne sera plus sur un blocage systématique.
03:48Et puis, c'est quand même aussi le retour de l'étraide droit au sein de l'Union européenne.
03:53À un moment, on a quand même une montée assez inquiétante des populistes
03:57et de l'illibéralisme au cœur de l'Union européenne.
04:01Donc, dans l'ensemble, ça reste un signal extrêmement positif, moi, je trouve.
04:05Même si, attention, je veux dire, ça reste un hongrois.
04:08C'est un ancien aficionados de Victor Orban.
04:16Oui, bien sûr, il se dit lui-même un conservateur.
04:18Déçu tout comme Orban, lui-même, était un libéral convaincu à la fin des années 90,
04:25pro-européen et au début des années 2000,
04:28et qui, humilié un peu par l'Europe, a finalement été le pire ennemi de l'Europe.
04:34Si ce n'est pas Victor Orban le pire virus, c'est quoi le truc le plus bloquant aujourd'hui
04:39en Europe ?
04:40Non, mais je veux dire que, effectivement, l'épine Orban soit ôtée du pied de l'Europe, certes,
04:48mais la réalité, c'est que c'était, encore une fois, un bon prétexte
04:52pour cacher les vraies divergences qui sont aujourd'hui les divergences qui minent l'Europe
04:57et la principale divergence qui mine l'Europe aujourd'hui.
05:01C'est quand même cette énorme divergence entre la France et l'Allemagne,
05:03qui n'a jamais été aussi importante.
05:05Oui, mais on a toujours construit avec ça.
05:07Non, non, mais jamais.
05:09On avance quand même.
05:10Là, on les a construit un peu.
05:11Non, mais on avance sur quoi ?
05:12Moi, j'aimerais bien savoir.
05:13Depuis dix ans, on a avancé sur quoi en Europe ?
05:17Quelles sont les dernières grandes avancées de la construction européenne ?
05:21On a un contenu européen sur les véhicules électriques.
05:23Oui, voilà, sauf que la réalité, c'est que van der Leyen 2
05:26est en train de défaire ce qu'a fait van der Leyen 1
05:29sur ce point du délire écologiste.
05:31Et tant mieux.
05:32Même Orban était plutôt dans les modérateurs et dans les gens raisonnables.
05:37Et je ne vois pas en quoi le fait d'être débarrassé d'Orban
05:42va nous faire enclencher, notamment cet engrenage franco-allemand
05:47qui a quand même marché dans le passé
05:49et qui n'a jamais aussi peu marché.
05:51On va accélérer.
05:52Au moment où les intérêts de la France et de l'Allemagne
05:54n'ont jamais été aussi divergents,
05:56en témoignent la façon dont les Allemands veulent faire la peau
05:58de l'industrie de défense française
06:00parce qu'ils voient bien que leur automobile, ça ne marche plus.
06:03Donc, on vit dans l'hypocrisie la plus totale.
06:06Et cette Europe-là, elle est fragmentée de l'intérieur.
06:08Et croyez-moi que les lézardes sont beaucoup plus grosses
06:10que les petites fissures Orban.
06:11On va accélérer, ça va être formidable.
06:13Ah, vous ne finissez pas d'accord.
06:157h17, on continue sur la question hongroise.
06:178h17, on continue sur la question.
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