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  • il y a 2 jours
Ce lundi 13 avril, les élections législatives en Hongrie et l'espoir européen qu'elles suscitent après la défaite de Viktor Orbán ont été abordés par Raphaël Legendre et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à Emmanuel Lechypre aujourd'hui, c'est Raphaël Lejean, en retour sur les élections en Hongrie.
00:04Il y a une sorte d'espoir européen d'avoir un verrou qui saute,
00:08puisque Viktor Orban était plutôt pro-Poutine, il était même accusé d'espionnage par les Européens.
00:13Est-ce que vous y croyez, à ce renouveau européen, Emmanuel ?
00:17Le problème, c'est que Viktor Orban, c'était un peu le méchant utile.
00:21C'était un des prétextes, finalement, de l'Europe pour se cacher derrière son petit doigt
00:28et pour faire toujours trop peu, trop tard, trop saupoudré, pas assez courageux.
00:33Alors, il y avait ce paravent qui était, finalement, la protection militaire américaine.
00:39On disait, c'est pas grave si on n'a pas de défense commune, on a la protection américaine, ça
00:42n'existe plus.
00:43L'énergie, on ne se mettait pas d'accord tous ensemble sur une politique énergétique commune.
00:47C'est pas grave, on avait le gaz russe et le pétrole russe, pas cher.
00:52Tout ça, ça n'existe plus et l'idiot-utile Orban en géopolitique a disparu.
00:56Ah, on ne peut pas prendre des sanctions contre la Russie, etc.
00:58C'est la faute d'Orban.
00:59Et bien, tout ça, ça met, en fait, l'Europe devant ses responsabilités.
01:04Et on va voir qu'Orban n'était qu'un petit problème par rapport à tous les problèmes que rencontre
01:09l'Union européenne.
01:09Le problème Orban, c'est pas un problème d'homme, c'est un problème, ni un problème de choix de
01:16sa politique.
01:16C'est juste le problème de la règle de l'unanimité.
01:18Parce que, quand même, je rappelle qu'il y a 27 pays en Europe.
01:21Ça veut dire qu'en moyenne, si vous considérez que les mandats sont entre 4 et 5 ans,
01:25ça veut dire à peu près 3-4 élections par an, donc 3-4 changements de gouvernement potentiels possibles en
01:30Europe.
01:31Donc, tout le temps, il y a des changements de majorité possibles en Europe.
01:36La réalité, c'est que cette Europe, elle est lente, elle est fragmentée sur tous les sujets.
01:40Prenez la défense, prenez l'industrie, on n'a pas les mêmes intérêts que les Allemands.
01:45Prenez tous ces compromis permanents qui sont inefficaces.
01:49Je veux dire, je ne vois pas en quoi Orban aurait changé tout ça.
01:52Et puis, Orban, c'est aussi un symptôme, c'était le symptôme de ce divorce entre les élites européennes
02:00et le peuple européen qui vote de plus en plus de façon anti-Bruxelles.
02:06Et ça, je veux dire, vous pouvez casser le thermomètre Orban, la fièvre, elle ne retombe pas.
02:10Donc, franchement, je pense qu'au contraire, c'est un des nouveaux paravents de la lâcheté européenne qui tombe
02:15et que l'Europe va se retrouver devant ses responsabilités.
02:18Et on va bien voir ce que ça va donner.
02:20Non, je pense que c'est une excellente nouvelle pour l'Europe, bien au contraire.
02:24Alors, c'est vrai qu'il y a tous ces blocages au niveau européen, au niveau de la gouvernance européenne
02:28et qui pose des problèmes et qu'il va falloir traiter.
02:31Mais quand même, Viktor Orban était un frein permanent à toute avancée de la construction européenne à tous les niveaux.
02:40Et là, on a quand même un Premier ministre hongrois qui affiche clairement son retour sur la scène européenne.
02:46Et la Hongrie va passer d'un frein à un accélérateur, à un moment important en plus, vital pour l
02:51'Union européenne
02:52qui est sous les coups de boutoir du président américain Donald Trump
02:56et qui est en train, enfin, de se réveiller de sa léthargie pour travailler sur les questions de souveraineté.
03:03Je rappelle qu'Orban, c'était quand même le perturbateur en chef de l'Union européenne
03:09avec ses vétos répétés sur la Russie, le blocage des aides à l'Ukraine,
03:15un blocage systématique sur le budget européen, sur le pacte migratoire.
03:20On va enfin pouvoir avancer.
03:23Avec Magyar, on passe d'un allié de Moscou à un allié de Bruxelles.
03:28Donc ça, ça peut être une excellente nouvelle.
03:31Et il annonce son retour sur la scène européenne.
03:34Ça ne veut pas dire qu'il va être parfaitement aligné avec, je veux dire, nous-mêmes,
03:38on a des différences avec nos voisins allemands, italiens, espagnols, ça peut arriver.
03:43C'est le jeu de la démocratie.
03:45On ne sera plus sur un blocage systématique.
03:48Et puis, c'est quand même aussi le retour de l'étraide droit au sein de l'Union européenne.
03:53À un moment, on a quand même une montée assez inquiétante des populistes
03:57et de l'illibéralisme au cœur de l'Union européenne.
04:01Donc, dans l'ensemble, ça reste un signal extrêmement positif, moi, je trouve.
04:05Même si, attention, je veux dire, ça reste un hongrois.
04:08C'est un ancien aficionados de Victor Orban.
04:16Oui, bien sûr, il se dit lui-même un conservateur.
04:18Déçu tout comme Orban, lui-même, était un libéral convaincu à la fin des années 90,
04:25pro-européen et au début des années 2000,
04:28et qui, humilié un peu par l'Europe, a finalement été le pire ennemi de l'Europe.
04:34Si ce n'est pas Victor Orban le pire virus, c'est quoi le truc le plus bloquant aujourd'hui
04:39en Europe ?
04:40Non, mais je veux dire que, effectivement, l'épine Orban soit ôtée du pied de l'Europe, certes,
04:48mais la réalité, c'est que c'était, encore une fois, un bon prétexte
04:52pour cacher les vraies divergences qui sont aujourd'hui les divergences qui minent l'Europe
04:57et la principale divergence qui mine l'Europe aujourd'hui.
05:01C'est quand même cette énorme divergence entre la France et l'Allemagne,
05:03qui n'a jamais été aussi importante.
05:05Oui, mais on a toujours construit avec ça.
05:07Non, non, mais jamais.
05:09On avance quand même.
05:10Là, on les a construit un peu.
05:11Non, mais on avance sur quoi ?
05:12Moi, j'aimerais bien savoir.
05:13Depuis dix ans, on a avancé sur quoi en Europe ?
05:17Quelles sont les dernières grandes avancées de la construction européenne ?
05:21On a un contenu européen sur les véhicules électriques.
05:23Oui, voilà, sauf que la réalité, c'est que van der Leyen 2
05:26est en train de défaire ce qu'a fait van der Leyen 1
05:29sur ce point du délire écologiste.
05:31Et tant mieux.
05:32Même Orban était plutôt dans les modérateurs et dans les gens raisonnables.
05:37Et je ne vois pas en quoi le fait d'être débarrassé d'Orban
05:42va nous faire enclencher, notamment cet engrenage franco-allemand
05:47qui a quand même marché dans le passé
05:49et qui n'a jamais aussi peu marché.
05:51On va accélérer.
05:52Au moment où les intérêts de la France et de l'Allemagne
05:54n'ont jamais été aussi divergents,
05:56en témoignent la façon dont les Allemands veulent faire la peau
05:58de l'industrie de défense française
06:00parce qu'ils voient bien que leur automobile, ça ne marche plus.
06:03Donc, on vit dans l'hypocrisie la plus totale.
06:06Et cette Europe-là, elle est fragmentée de l'intérieur.
06:08Et croyez-moi que les lézardes sont beaucoup plus grosses
06:10que les petites fissures Orban.
06:11On va accélérer, ça va être formidable.
06:13Ah, vous ne finissez pas d'accord.
06:157h17, on continue sur la question hongroise.
06:178h17, on continue sur la question.
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