- il y a 2 jours
Code général des collectivités territoriales
Dispositions de l'article L. 2333-34-1
Dispositions de l'article L. 2333-34-1
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00:00:00Au site internet, nous continuons avec les questions prioritaires de constitutionnalité numéro 2026, 1214 et 1215 QPC portant sur la
00:00:12conformité aux droits et libertés que la constitution garantit de l'article L2333-34-1 du Code général des collectivités
00:00:21territoriales.
00:00:22Madame la greffière va nous retracer les étapes de la procédure d'instruction.
00:00:26Monsieur le Président, le Conseil constitutionnel a été saisi le 29 mai 2026 par deux arrêts de la Chambre commerciale
00:00:33de la Cour de cassation de deux questions prioritaires de constitutionnalité posées par la société Airbnb Island Unlimited Company portant
00:00:42sur la conformité aux droits et libertés que la constitution garantit de l'article L2333-34-1 du Code général
00:00:50des collectivités territoriales.
00:00:52Ces questions relatives aux amendes civiles pour manquement aux obligations de déclaration de collecte et de reversement de la taxe
00:00:58de séjour ont été enregistrées au secrétariat général du Conseil constitutionnel sous les numéros 2026-1214 et 2026-1215 QPC.
00:01:09La SCP Pininka et Molinier dans l'intérêt de la partie requérante et la SCP Foussard-Frogé dans l'intérêt
00:01:14de la communauté de communes de l'île d'Oléron, partie à l'instance, ont produit des observations les 12
00:01:19et 26 juin 2026.
00:01:21Le Premier ministre a produit des observations le 12 juin 2026.
00:01:26La Célas Bruzzo-Dubouc a demandé à intervenir dans l'intérêt de la métropole du Grand Nancy ainsi que de
00:01:32nos fautres parties intervenantes et a produit à cette fin des observations les 9 et 25 juin 2026.
00:01:38L'ARPI Vigo, cabinet d'avocats dans l'intérêt de la société Booking.com-BV, a demandé à intervenir et
00:01:44a produit à cette fin des observations les 9 et 26 juin 2026.
00:01:48La SCP Le Guéret-Bougnole-Brochier l'a salbillé dans l'intérêt de la société LBC France, a demandé à
00:01:54intervenir et a produit à cette fin des observations les 12 et 25 juin 2026.
00:01:59La SARL, cabinet Briard-Bonichaud et associée dans l'intérêt de l'Union nationale pour la promotion de la location
00:02:05en vacances, a demandé à intervenir et a produit à cette fin des observations les 12 et 26 juin 2026.
00:02:11Seront entendus aujourd'hui l'avocat de la partie requérante, les avocats de la partie à l'instance, les avocats
00:02:17des parties intervenantes et le représentant du Premier ministre.
00:02:21Merci Madame la Gréfière. Donc nous allons être conduits à écouter 8 plaidoiries. Donc je compte sur chacun pour respecter
00:02:29strictement le temps imparti, ce qui évitera des interruptions.
00:02:34Donc Maître François Moulinier, vous êtes avocat au Conseil. Vous représentez la société Airbnb à Irland Unlimited Company, partie requérante.
00:02:42Maître, nous vous écoutons.
00:02:44Merci Monsieur le Président. Un air de vacances.
00:02:50Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil constitutionnel des palaces de la Côte d'Azur jusqu'au
00:02:56camping de la Baie de Somme,
00:02:59en passant par les chambres d'hôtes charmantes de l'Auser, sans oublier les locations de vacances en famille ou
00:03:09entre amis en France, partout en France.
00:03:12Ceux qui séjournent hors de leur commune doivent régler, vous le savez, quelques euros de taxes de séjour.
00:03:20Au réel ou au forfait, cette taxe est perçue en France par plus de 29 000 communes, autant de taux,
00:03:31de modalités de collecte, de déclarations et de reversements par les hébergeurs,
00:03:38mais aussi depuis 2019, la réforme de 2019, par les plateformes de réservation en ligne, de locations de logements non
00:03:48classés.
00:03:49Je le dis d'emblée. Je le dis d'emblée. La société Airbnb n'entend pas remettre en cause ses
00:03:57obligations, ni affaiblir ou diminuer le rendement de cette taxe de séjour,
00:04:03et notamment pas les pouvoirs de contrôle de chaque collectivité locale, le droit de communication des pièces comptables,
00:04:12ou même la possibilité de sanctionner les redevables défaillants.
00:04:17Mais comme pour n'importe quel opérateur, qu'il soit hôtelier, hébergeur de plein air, particulier ou plateforme, l'erreur
00:04:29est toujours possible.
00:04:32J'insiste.
00:04:33Comme on va le voir, la malfaçon législative qui est dénoncée dans ces deux QPC est tout à la fois
00:04:41universelle.
00:04:43J'entends par là qu'elle touche l'ensemble des plateformes, des hébergeurs, du plus gros au plus petit, lorsque
00:04:51la taxe est perçue au réel.
00:04:54Et elle est aussi circonscrite parce que nous critiquons les excès et les incohérences du régime d'amende civile accessoire
00:05:04qui viennent sanctionner les erreurs involontaires, et seulement celles-ci, en ce qui concerne les défauts de collecte.
00:05:13Pour les petits, ce sera un oubli ou une négligence.
00:05:17Pour les professionnels qui, en principe, sont bien équipés, ce pourra être, comme c'est le cas dans cette affaire,
00:05:25une erreur de paramétrage informatique qui peut avoir des effets en cascade.
00:05:32C'est ce qui s'est passé concernant l'île d'Oléron, où 7000 défauts de collecte ont été constatés
00:05:40entre janvier 2021 et mars 2022.
00:05:43Mais, et j'insiste très vite sur ce point, la collectivité publique n'a subi aucun préjudice financier,
00:05:53puisque Airbnb, aussitôt alerté sur la difficulté, a immédiatement réglé sur ses fonds propres les sommes litigieuses,
00:06:03avec, évidemment, intérêt de retard.
00:06:06Les finances publiques ont donc été préservées.
00:06:10Et il n'y a pas, comme je l'ai lu dans l'instruction écrite, il n'y a pas
00:06:14d'atteinte à la concurrence.
00:06:16Le prix de l'allocation est toujours le même.
00:06:20Le montant de la taxe ne variant que selon le nombre de personnes présentes, la période et la durée.
00:06:27Nous soutenons donc que le régime des sanctions choisi par le législateur est, dans ce cas, incohérent et disproportionné.
00:06:38C'est incohérent, notamment parce qu'il sanctionne moins sévèrement celui qui a perçu la taxe, mais la garde pour
00:06:47lui et ne la reverse pas.
00:06:50C'est grave.
00:06:51Et pourtant, lui, n'encourra qu'une sanction unique, plafonnée à 2500 euros, quel que soit le nombre de ses
00:06:59manquements.
00:07:00Alors que celui qui aura, à la différence, mal collecté la taxe sera, dans le viseur d'une répression intransigeante,
00:07:11autant de défauts, autant de sanctions,
00:07:14dont le montant ne pourra jamais, jamais être inférieur à 750 euros par défaut.
00:07:23Disproportionné, après l'incohérence, aussi, et disproportionné aux deux bouts de l'échelle, en bas de l'échelle,
00:07:30parce qu'il fixe pour chaque défaut de collecte un montant plancher de 750 euros,
00:07:35en deçà duquel le juge a l'interdiction de descendre, à comparer aux quelques euros de la taxe, je l
00:07:43'ai déjà dit,
00:07:44« Et en haut de l'échelle, parce qu'il n'existe aucun plafonnement en ce qui concerne les cumuls
00:07:52d'infractions procédant d'une même erreur,
00:07:55un cumul à l'infini sur lequel le juge est prié de n'exercer aucune appréciation, comme une machine pourrait
00:08:04le faire. »
00:08:06Alors, de l'autre côté de la barre, un peu gênée par le caractère aveugle de cette répression,
00:08:13on s'apprête dans quelques instants à vous dire que cette disproportion n'est pas bien grave,
00:08:18parce que le juge conserve la possibilité d'exercer un contrôle inconcréto de conventionnalité.
00:08:26Mais c'est mal connaître votre office.
00:08:30Et la portée de votre contrôle, tout à la fois prioritaire, abstrait et universelle, c'est sa force, il doit
00:08:39conduire à l'abrogation.
00:08:42Et la loi n'est pas valide, au seul motif que ces excès pourraient être atténués par le contrôle, au
00:08:49cas par cas, de conventionnalité,
00:08:51ce qui, en somme, rendrait inutile le contrôle de constitutionnalité.
00:08:56Ce n'est certainement pas ce que le constituant ni le législateur organique ont voulu.
00:09:02Une des vertus attendues du caractère prioritaire de la QPC réside assurément dans son effet de purge définitive au service
00:09:14de l'égalité de tous les justiciables.
00:09:16Il faut donc se demander si la peine encourue n'est pas excessive, compte tenu de l'objet de la
00:09:24loi et de la nature involontaire du manquement qui est en cause.
00:09:28Selon votre grille traditionnelle, encore rappelée récemment dans votre décision du 5 juin, la seconde QPC examinée à Mande,
00:09:38La réponse est affirmative. D'abord, en ce qui concerne la nature et la gravité du manquement, les chiffres parlent
00:09:47d'eux-mêmes.
00:09:48Pour un défaut de collecte d'une taxe de quelques euros, l'amende sera au minimum de 750 euros.
00:09:56Dans le cas de l'île d'Oléron, l'amende planchée correspond à plus de 16 fois en moyenne le
00:10:02montant de la taxe non collectée.
00:10:04Alors pour se justifier, on vous dira sans doute aussi qu'il n'existerait pas d'infraction plus grave que
00:10:11le défaut de collecte parce que celui-ci serait indécelable.
00:10:16C'est inexact. Je l'ai dit, les pouvoirs de contrôle des collectivités permettent facilement de déceler les éventuelles erreurs
00:10:24commises.
00:10:25Et ce sont ces systèmes de contrôle qui ont parfaitement fonctionné dans l'affaire de l'île d'Oléron.
00:10:31Ensuite, au regard des critères de l'intention et du bénéfice retiré, je crois que ces critères ont été également
00:10:39perdus de vue car la loi ne distingue pas.
00:10:42Elle applique cette peine planchée sans distinguer entre d'un côté l'hébergeur ou la plateforme de bonne foi et
00:10:49de l'autre le fraudeur qui cherche à tirer parti ou profit de la situation.
00:10:55Celui qui collecte et qui ne reverse pas, il me semble qu'il n'y a rien de plus grave,
00:11:00n'encourt qu'une amende unique, quel que soit le montant de la taxe non restituée.
00:11:06Airbnb, pour son cas, n'a tiré aucun profit de son erreur de paramétrage involontaire et l'a, au contraire,
00:11:14subi une perte en remboursant sur ses fonds propres à la collectivité le montant des taxes de séjour non contestées.
00:11:22En quelque sorte, Airbnb a payé son erreur avec intérêt et elle a également, je tiens à le souligner parce
00:11:31que ce point-là n'a pas du tout été contesté par Airbnb,
00:11:35elle a payé les deux autres amendes, celles plafonnées à 2 500 euros pour erreur déclarative, elle est établie, et
00:11:43une amende de 2 500 euros pour non-reversement de la taxe.
00:11:47Il n'y a pas de difficulté non plus. Je voudrais ensuite insister sur les effets concrets de ce cumul
00:11:53de sanctions sans aucune limite, ce cumul mécanique qui ne doit pas conduire,
00:11:59en cas d'infractions multiples de même nature, au prononcé d'une amende dont le montant serait disproportionné.
00:12:06Dans le cas de l'île d'Oléron, les infractions de même nature concernent les mêmes périodes et la même
00:12:11collectivité.
00:12:12Une seule erreur est à l'origine d'une cascade de collectes insuffisantes.
00:12:18Tout concourt, si vous me permettez cette expression, à fabriquer une addition artificielle,
00:12:23disproportionnée, un cumul sans aucune limite, et que le juge ait prié, encore une fois, d'appliquer un point.
00:12:29C'est tout. Je crois que la répression qui est en cause ici n'est pas adéquate.
00:12:34Elle est disproportionnée et sans aucune mesure au regard de la gravité involontaire dont il est question.
00:12:42Encore un chiffre. Dans le cas de l'île d'Oléron, la cour d'appel de Poitiers condamne Airbnb à
00:12:49payer une somme totale de 8 millions d'euros
00:12:52pour avoir commis une erreur dont, je redis, qu'elle est involontaire et ce n'est pas contesté, qu'elle
00:12:58est unique, qu'elle est reconnue,
00:13:00qu'elle est vierge de toute intention délictueuse, qu'elle est réparée, réparée jusqu'au dernier centime et dépourvue de
00:13:08la moindre incidence sur les finances publiques.
00:13:11Le seul fait qu'une telle sanction disproportionnée, on parle ici de 25 fois le montant collecté, montre que la
00:13:22loi est entachée d'une malfaçon considérable.
00:13:26Dit autrement, la loi permet qu'il soit fait usage ici d'une arme nucléaire au mépris du principe constitutionnel
00:13:34de réponse graduée,
00:13:36qui constitue pourtant le socle intangible de votre doctrine en la matière.
00:13:42Et je crois aussi un effet d'aubaine assez malsain au profit de la collectivité publique qui, encore une fois,
00:13:50n'a pas été privée de ses ressources.
00:13:53En filant la métaphore militaire, je vous demande donc d'opérer une frappe chirurgicale dans le dispositif répressif contesté
00:14:04et de déclarer non conforme à la constitution le seul paragraphe 2 de l'article 2333-34-1 du Code
00:14:12général des collectivités territoriales.
00:14:14Un mot, et je termine, un mot enfin sur les effets immédiats de votre décision, sur lesquels le représentant du
00:14:23Premier ministre n'a pas cru devoir s'exprimer dans l'instruction écrite,
00:14:27alors que ce point a pourtant été débattu entre les partis dans nos premières observations.
00:14:33Je crois qu'il a raison de ne pas se préoccuper de cette question, parce que ces effets immédiats ne
00:14:40remettront en cause
00:14:41ni l'obligation de collecte, ni les pouvoirs de contrôle, ni même les autres sanctions, dont celles applicables au non
00:14:48-reversement et aux erreurs déclaratives.
00:14:51Il n'y a aucune raison de ne pas faire bénéficier la société Airbnb, que j'ai l'honneur de
00:14:56représenter devant vous, de votre décision.
00:14:59C'est une question d'effectivité de votre office. Je vous remercie.
00:15:03Merci, Maître.
00:15:06Maître Clémentine Welt, vous êtes avocate au barreau de Paris et vous représentez la société Booking.com BV, partie intervenante,
00:15:16et nous vous écoutons, Maître, pour cinq minutes.
00:15:18Je vous remercie, Monsieur le Président, Monsieur le Président du Conseil constitutionnel,
00:15:22Mesdames, Messieurs les membres du Conseil constitutionnel.
00:15:25J'assiste donc la société Booking.com BV, partie intervenante, à présent, question prioritaire de constitutionnalité.
00:15:31Alors, nul besoin de redire ce que mon confrère vient de vous exposer.
00:15:35Je m'associe pleinement à ces observations.
00:15:38J'aimerais, pour ma part, vous inviter à considérer l'inconstitutionnalité de l'article L2333-34-1-2 du Code
00:15:47général des collectivités territoriales sous un plan d'abord micro.
00:15:51En vous présentant la disproportion manifeste des amendes encourues par la société intervenante dans le cadre de son contentieux avec
00:16:00la communauté de communes de l'île d'Oléron.
00:16:02Mais ensuite, également, sur un plan macro, à l'aune des garanties historiques que jadis le législateur a consacrées et
00:16:10réitérées maintes fois.
00:16:11Alors, au regard tout d'abord du contentieux qui oppose la société Booking.com BV à la communauté de communes
00:16:18de l'île d'Oléron,
00:16:19il est primordial d'avoir à l'esprit les écarts extraordinaires entre les conséquences des manquements de la société et
00:16:27les amendes auxquelles elle est exposée.
00:16:2918 127,98 euros de taxe de séjour qui a fait l'objet d'un défaut de collecte partiel.
00:16:39314 250 euros et 1 047 500 euros d'amende encourue selon les planchers et les plafonds.
00:16:49504 000 euros d'amende prononcée en première instance.
00:16:53Mise en proportion, ces montants sont effarants.
00:16:56Le total des amendes pour défaut de collecte équivaut de 17 à près de 60 fois le montant de la
00:17:02taxe de séjour non perçue.
00:17:04Taxe de séjour qui, depuis, a été versée à la communauté de communes, comme cela lui a été dû, et
00:17:09c'est bien légitime.
00:17:1117 à 60 fois le montant de la taxe de séjour.
00:17:15La disproportion est là et elle est manifeste.
00:17:18Parmi les décisions du Conseil que nous citons dans nos observations, que ce soit celles qui valident ou celles qui
00:17:24censurent des sanctions,
00:17:26aucune de ces amendes n'atteignait de telle disproportion.
00:17:31Apprécions maintenant cette disproportion à l'aune de l'historique de la répression en matière de taxes de séjour.
00:17:37Comme cela vous a été exposé, la disproportion découle notamment de l'absence de plafond global.
00:17:42Pourtant, pendant des décennies, il y avait un plafond.
00:17:46En 1977, il était prévu, je cite,
00:17:49que les pénalités ne peuvent dépasser le triple du droit dont la commune a été privée.
00:17:55Ce plafond a été réaffirmé, enterriné en 1988, en 1996, en 2001, en 2006, où il évolue au quadruple,
00:18:06en novembre 2014, soit un mois avant sa suppression par la loi numéro 2014-1654 du 29 décembre 2014.
00:18:16Aucune justification n'a été apportée par le législateur s'agissant de cette suppression.
00:18:22Aucun des travaux parlementaires relatifs à cette loi ne mentionne, ni ne questionne, ni ne justifie
00:18:28la proportionnalité de ce déplafonnement.
00:18:32Or, ce plafond, c'est pourtant la garantie essentielle de proportionnalité,
00:18:38dont le retrait en 2014 a profondément déséquilibré les sanctions par rapport à la gravité des manquements
00:18:45qu'elle réprime.
00:18:46Pour cette raison également, l'article L2333-34-1, grand 2, est contraire à la Constitution.
00:18:55Nous considérons qu'une déclaration d'inconstitutionnalité devra avoir un effet immédiat,
00:19:00applicable à tous les litiges, en cours ou à venir.
00:19:03Toutefois, si par impossible, vous veniez à décider de différer l'abrogation,
00:19:08alors nous sollicitons respectivement à titre subsidiaire et plus subsidiaire la mise en place
00:19:13de mécanismes qui seraient protecteurs de l'effet utile de votre décision.
00:19:18Tout d'abord, vous pourriez inviter les juridictions à sursoir à statuer dans les instances concernées
00:19:24jusqu'à la date d'abrogation des dispositions et, en parallèle, solliciter du législateur
00:19:30que celui-ci prévoit dans les nouvelles dispositions qu'elles soient applicables aux instances en cours.
00:19:35Et cela a déjà été fait dans la décision numéro 2010-1 QPC du 28 mai 2010
00:19:41relative à la cristallisation des pensions.
00:19:44A défaut, et enfin, vous pourriez également accompagner les faits différés d'une réserve interprétative.
00:19:51Celle-ci pourrait avoir pour objet d'imposer aux juridictions, cumulativement ou alternativement,
00:19:57selon ce que le Conseil jugera le plus approprié,
00:20:00d'une part de fixer les amendes sans tenir compte du montant plancher de 750 euros
00:20:06et, d'autre part, de les fixer en tenant compte du montant de la taxe de séjour
00:20:10dont la collectivité a été privée, sans que le total des amendes ne puisse être supérieur au poids druple de
00:20:17ce montant.
00:20:17Je vous remercie.
00:20:21Merci, Maître.
00:20:22Maître Bougnol-Brochier, avocate au Conseil, vous représentez la société LBC France, partie intervenante.
00:20:33Nous vous écoutons.
00:20:34Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil constitutionnel,
00:20:38la société LBC France, que j'ai l'honneur de représenter, est une société française.
00:20:43Elle opère la plateforme Le Bon Coin.
00:20:46Sur Le Bon Coin, vous pouvez trouver plusieurs petites annonces pour des vacances en France,
00:20:50par exemple une belle maison à Porto Vecchio, si vous aimez notre littoral,
00:20:55ou un appartement avec bus sur le Mont Blanc, à Chamonix, si vous préférez la montagne.
00:21:00A ce titre, LBC France a l'obligation de déclarer, de collecter et de reverser la taxe de séjour.
00:21:06Et c'est important de le dire d'emblée, cela vous a d'ailleurs été dit par mon confrère,
00:21:10elle ne conteste certainement pas le principe de ces trois obligations,
00:21:14ni le fait qu'elles soient assorties de sanctions.
00:21:17Elle n'entend donc pas remettre en question l'effectivité de la collecte de cette taxe,
00:21:22et ni la préservation, nécessaire préservation de nos finances publiques.
00:21:25L'inconstitutionnalité dénoncée devant vous réside, et cela vous a été dit,
00:21:30dans le caractère manifestement disproportionné de la sanction en cas de défaut de collecte.
00:21:36Alors pour LBC France, la sanction prononcée a été égale à 18 fois le montant de la taxe non collectée,
00:21:42soit 380 000 euros de sanctions prononcées en première instance,
00:21:46pour 22 108 euros de taxes non collectées.
00:21:49Et ce, en raison d'une seule erreur non intentionnelle de programmation informatique.
00:21:55Vous êtes donc face à une malfaçon législative, à l'origine d'un mécanisme vertueux,
00:22:00mais dont l'emballement sans limite devient arbitraire, et donc manifestement disproportionné.
00:22:07Or, comme l'indique la gravure du peintre espagnol Goya,
00:22:11le sommeil de la raison produit des monstres.
00:22:13La raison du législateur s'est ici manifestement assoupie, endormie,
00:22:18au point de franchir des montants exorbitants de sanctions,
00:22:22cela vous a été dit, plusieurs millions d'euros, pour une taxe de quelques euros,
00:22:27alors qu'il s'agit de châtier une seule erreur de programmation informatique.
00:22:31Si certes, vous ne vous substituez pas à l'appréciation du législateur,
00:22:36la frontière de l'irrationnel a bien été ici franchie,
00:22:40ce qui appelle ainsi votre censure.
00:22:42J'ajouterai que selon votre jurisprudence, et contrairement à ce que l'on tente de vous dire de l'autre
00:22:48côté de la barre,
00:22:49vous examinez bien le lien entre la sanction et le manquement réprimé,
00:22:53ainsi bien sûr que son caractère intentionnel.
00:22:55Vous avez ainsi censuré très récemment dans votre décision société Maison Tyrell
00:23:00des dispositions législatives ayant instauré, pour un simple manquement à une obligation déclarative,
00:23:06une sanction manifestement disproportionnée dont le montant, je vous cite, est sans lien avec le manquement réprimé
00:23:12et qui revêt un caractère manifestement hors de proportion avec la gravité de ce dernier.
00:23:18Tel est bien le cas ici, alors qu'il peut exister un décalage important entre la date de réservation et
00:23:24la date réelle du séjour.
00:23:26Et ce décalage peut compliquer la collecte, notamment quand le montant de la taxe n'est pas arrêté par la
00:23:32collectivité
00:23:33à la date où la réservation est faite.
00:23:35Face à ce système complexe, et alors que les torts peuvent être partagés,
00:23:40entre les plateformes et la collectivité pour la société LBC,
00:23:43un fichier avait mal été paramétré par la collectivité elle-même.
00:23:47Le prononcé de sanctions aussi élevé et sans aucun lien avec le montant de la taxe non collectée
00:23:53est manifestement disproportionné.
00:23:56Le mécanisme mal élaboré, faute de plafond ou de possibles individualisations, devient aveugle et déraisonnable.
00:24:04Vous ne pourrez que censurer cette déraison sans que l'on puisse sérieusement vous opposer
00:24:08à la fourchette de l'amende qui est comprise entre 750 et 2500 euros,
00:24:12dès lors qu'il n'y a pas de plafond en cas de cumul,
00:24:15ce qui permet un emballement sans limite et déraisonnable,
00:24:18et que le montant planché de 750 euros est intrinsèquement disproportionné
00:24:23par rapport à la taxe qui est seulement de quelques euros,
00:24:262,60 euros pour une unité traditionnelle dans un hôtel.
00:24:29J'ajouterais, et c'est important, que la disproportion de dénoncés
00:24:32ne peut pas être neutralisée par le contrôle de conventionnalité du juge.
00:24:37Votre contrôle de constitutionnalité, cela vous a été rappelé,
00:24:40prime sur le contrôle de conventionnalité.
00:24:43Sa priorité absolue est clairement énoncée dans la lettre même de l'article 23.2
00:24:48de l'ordonnance du 7 novembre 1958.
00:24:51Elle se résume par la lettre P de QPC,
00:24:54étant précisé que votre déclaration d'inconstitutionnalité
00:24:57invitera nécessairement le juge à la modération.
00:25:00La modération reste le principe essentiel qui doit guider toute sanction,
00:25:04et c'est donc dans son sillage, celui de la mesure que s'inscrit l'intervention de la société LBC
00:25:10France,
00:25:11qui est bien sûr tout à fait disposée à collaborer avec les collectivités territoriales
00:25:15afin d'assurer au mieux l'objectif de recouvrement effectif de la taxe de séjour,
00:25:19mais qui ne peut que dénoncer devant vous un dispositif isolé de sanctions irrationnelles,
00:25:24sur lequel il vous est donc demandé d'opérer, cela vous a été dit, une censure,
00:25:28une frappe chirurgicale en censurant les dispositions du 2 de l'article L23.33.34.1
00:25:34du Code général des collectivités territoriales.
00:25:37Je vous remercie.
00:25:39Merci, Maître.
00:25:41Maître Stéphane Bonichaud,
00:25:44vous êtes avocat au barreau de Paris et vous représentez l'Union nationale
00:25:47pour la promotion de la location en vacances, partie intervenante.
00:25:51Nous vous écoutons, Maître.
00:25:53Oui, merci, M. le Président, Mesdames, Messieurs, les membres du Conseil constitutionnel.
00:25:57L'Union nationale pour la promotion de la location de vacances intervient devant vous aujourd'hui
00:26:03pour défendre non pas les intérêts d'une entreprise en particulier,
00:26:06mais ceux de toute une filière économique.
00:26:09Les adhérents de l'UNPLV représentent près de 95% du marché français de la location de vacances.
00:26:17Ils incarnent une réalité économique extrêmement diverse,
00:26:21celle des grandes plateformes, mais aussi celle des agents immobiliers ou des conciergeries
00:26:25qui pratiquent de la location touristique.
00:26:27Ils représentent également des réseaux d'hébergement touristique
00:26:31dans les grandes villes, naturellement, mais aussi dans des milliers de communes rurales,
00:26:35les littoraux, les montagnes.
00:26:37Au regard de ce qui a déjà été exposé de manière précise et circonstanciée,
00:26:41je me limiterai à deux séries d'observations pour l'UNPLV.
00:26:45Ces observations portent et insistent d'une part sur la portée générale du dispositif
00:26:52et d'autre part sur le caractère indistinct des sanctions,
00:26:54ces deux éléments participant à la disproportion manifeste
00:26:58entre le quantum des amendes qui sont prononcées
00:27:02et la gravité des comportements qui sont réprimés.
00:27:05Alors tout d'abord sur le caractère général du dispositif.
00:27:08Le législateur était intervenu dans un contexte bien identifié,
00:27:12celui de la montée en puissance des plateformes numériques
00:27:15et des difficultés de collecte de la taxe de séjour.
00:27:19Mais le 2 de l'article 23.33-34-1 du Code général des collectivités territoriales
00:27:26n'est pas un texte destiné uniquement aux grandes plateformes numériques.
00:27:30Il constitue le régime répressif de droit commun
00:27:33applicable à tous les acteurs de la location touristique,
00:27:36quelle que soit leur importance.
00:27:38En d'autres termes, les loueurs modestes ou ruraux
00:27:40qui sont des acteurs centraux du maillage territorial
00:27:43pour la location de courte durée
00:27:44et le dynamisme touristique dans les régions
00:27:47sont tout autant affectés par ce dispositif
00:27:49que les compagnies internationales.
00:27:52Ainsi, des plateformes régionales,
00:27:53des exploitants de gîtes ruraux ou de chambres d'hôtes
00:27:55qui exercent parfois ces activités à titre accessoire
00:27:57peuvent se voir reprocher des manquements
00:27:59résultant d'erreurs ou d'omissions involontaires
00:28:02ou d'une mauvaise compréhension des règles applicables,
00:28:04le régime étant, comme on vous l'a dit, extrêmement complexe.
00:28:06Dans ce contexte, les acteurs de la location touristique
00:28:10se sont néanmoins adaptés,
00:28:11ils ont investi dans leur système d'information,
00:28:14ils ont développé des outils permettant de calculer
00:28:16et de reverser une taxe dont ils ne sont pourtant
00:28:18ni les bénéficiaires ni les redevables.
00:28:21En réalité, ils accomplissent aujourd'hui, gratuitement,
00:28:24une véritable mission de collecte fiscale
00:28:26pour le compte des collectivités territoriales.
00:28:28Cette coopération n'est pas du tout remise en cause
00:28:31et le contrôle des collectivités non plus.
00:28:34Mais elle suppose que le régime de responsabilité
00:28:38qui l'accompagne demeure lui-même proportionné.
00:28:41Or, comme il a été démontré précédemment,
00:28:44outre la disproportion objective
00:28:45entre le montant des taxes non collectées
00:28:48et le montant des amendes,
00:28:49les sanctions tiennent plus à l'importance de l'activité
00:28:52qu'à la gravité des comportements.
00:28:53En d'autres termes, des opérateurs ayant commis
00:28:56exactement la même erreur de paramétrage,
00:28:58dans les mêmes circonstances,
00:29:00encoureront des sanctions radicalement différentes
00:29:03selon qu'ils ont enregistré 10 ou 100 réservations.
00:29:06Il en résulte un risque sur la pérennité financière du secteur,
00:29:09notamment pour les acteurs de taille intermédiaire,
00:29:12puisque le moindre dysfonctionnement
00:29:13les expose à des amendes importantes.
00:29:15Cette disproportion est d'autant plus grande
00:29:17que le collecteur ne tire aucun bénéfice de son omission.
00:29:21Il n'est pas lui-même assujetti à cette taxe.
00:29:24Et j'en viens à ma seconde série d'observations.
00:29:27Comme cela a été exposé,
00:29:29la commission de l'infraction ne requiert pas
00:29:30de caractérisation d'un élément intentionnel
00:29:33d'éluder l'imposition.
00:29:35Le texte traite de la même façon
00:29:37une omission purement matérielle
00:29:38ou un comportement volontaire.
00:29:40Face à ce constat,
00:29:42le Premier ministre répond que le juge
00:29:43conserve un pouvoir d'individualisation
00:29:46entre 750 et 2500 euros.
00:29:49Mais cette réponse n'efface pas la difficulté
00:29:51puisque le juge ne peut corriger
00:29:52qu'à la marge une architecture
00:29:54qui conduit déjà à traiter comme équivalente
00:29:57des situations qui ne le sont pas.
00:30:00Or, des niveaux de répression aussi élevés
00:30:01que celui en cause ne peuvent être admissibles
00:30:03qu'en présence de manquements
00:30:05qui portent une atteinte volontaire
00:30:07à des intérêts impérieux
00:30:08tels que la lutte contre la fraude fiscale.
00:30:11De ce point de vue, cela a déjà été dit,
00:30:13mais c'est très important pour le secteur,
00:30:15il convient de relever que les manquements
00:30:17à l'obligation de collecte
00:30:18qui sont généralement involontaires
00:30:20sont bien plus sévèrement réprimés
00:30:22que des manquements par définition intentionnels
00:30:24à l'obligation de reversement
00:30:26à la collectivité publique
00:30:27alors qu'il est dans ce dernier cas
00:30:29directement porté atteinte à l'intérêt général.
00:30:32Comme vous l'avez rappelé
00:30:33dans votre décision du 5 juin dernier,
00:30:36un simple manquement à une obligation déclarative
00:30:38ne peut donner lieu à une sanction
00:30:40dont le montant est sans lien
00:30:41avec le comportement réprimé.
00:30:44En l'état du dispositif actuel,
00:30:45ce lien n'existe pour aucun acteur
00:30:48du secteur de l'allocation touristique.
00:30:50En définitive, l'Union nationale
00:30:52pour la promotion de l'allocation de vacances
00:30:54ne vous demande nullement d'afflémir
00:30:56le régime de la taxe de séjour.
00:30:57Elle vous demande de constater
00:30:59la disproportion manifeste du dispositif en cause
00:31:01qui est non seulement décorrélée
00:31:02de la gravité du comportement
00:31:04des acteurs économiques du secteur,
00:31:06mais également dénuée de tout lien
00:31:07avec le principe à valeur constitutionnelle
00:31:09de lutte contre la fraude fiscale.
00:31:11Merci.
00:31:13Merci, Maître.
00:31:15Maître Régis-Projet,
00:31:16vous êtes avocat au Conseil,
00:31:18et Maître Jonathan Belaèche,
00:31:19vous êtes avocat au barreau de Paris.
00:31:22Vous représentez la communauté de communes
00:31:23de l'île d'Oléron,
00:31:24partie à l'instance.
00:31:26Nous vous écouterons successivement.
00:31:28Maître, vous avez la parole.
00:31:29Merci, M. le Président.
00:31:30Mesdames, Messieurs les membres
00:31:31du Conseil constitutionnel,
00:31:32le dispositif vous a été présenté.
00:31:34Les plateformes de réservation
00:31:36de location en ligne,
00:31:37lorsqu'elles servent d'intermédiaire de paiement,
00:31:39sont tenues à trois obligations,
00:31:41s'agissant de la taxe de séjour,
00:31:42la déclarer, la collecter,
00:31:44la reverser aux collectivités.
00:31:46S'agissant de la collecte,
00:31:47le texte dont je vous épargne le numéro
00:31:50qui est contesté devant vous,
00:31:51la sanctionne d'une amende civile
00:31:54prononcée par le juge judiciaire,
00:31:55on ne le rappelle pas,
00:31:56mais c'est quand même important,
00:31:58à la demande de la collectivité.
00:32:00Donc, sanction du défaut de collecte
00:32:03pour un montant compris entre 750 et 2500 euros
00:32:06par assujetti.
00:32:07C'est ce dispositif qu'Airbnb,
00:32:10condamné pour n'avoir pas collecté
00:32:11la taxe auprès des assujettis
00:32:14du territoire de la communauté de commune d'Oléron,
00:32:17prétend contraire à l'article 8
00:32:19de la déclaration 1789,
00:32:21avec en substance deux arguments.
00:32:23Le montant de l'amende est disproportionné
00:32:25car décorrélé du montant de la taxe éludée,
00:32:28avec un plancher que le juge ne peut moduler,
00:32:30et l'absence de plafond global
00:32:33en cas de commune des sanctions.
00:32:36Aucune de ces critiques ne porte,
00:32:37sans qu'il soit besoin,
00:32:39sans qu'il soit besoin d'avoir recours
00:32:41à la possibilité du juge
00:32:43d'exciper d'une exception d'inconventionnalité.
00:32:47Trois observations à cet égard.
00:32:48La première,
00:32:49c'est que la QPC repose sur un postulat.
00:32:52L'opérateur qui omet de collecter
00:32:55ne le ferait pas à dessein,
00:32:56mais parce qu'en substance, c'est compliqué.
00:32:59Faute d'intention,
00:33:01le manquement serait véniel.
00:33:03Ce postulat est inexact.
00:33:05Le défaut de collecte de la taxe de séjour est grave.
00:33:09Il est grave d'abord au regard des objectifs
00:33:11poursuivis par le législateur,
00:33:13qui sont doubles.
00:33:14Garantir aux collectivités la perception de la taxe
00:33:16pour faire face aux charges du tourisme.
00:33:20Éviter des distorsions de concurrence
00:33:22pour que certains ne profitent pas
00:33:23de l'absence de collecte de la taxe
00:33:25pour fixer des prix plus bas.
00:33:26Chaque défaut de collecte du produit
00:33:29a ce double effet.
00:33:30La taxe éludée supprime une ressource publique importante.
00:33:34La taxe éludée permet à l'opérateur coupable
00:33:36de proposer des prix plus attractifs
00:33:38que ses concurrents.
00:33:40Grave,
00:33:40le manquement l'est aussi
00:33:42au regard de la qualité de son auteur.
00:33:44Le dispositif a été adopté,
00:33:46les travaux parlementaires le montrent,
00:33:48en contemplation des grandes plateformes
00:33:50de réservation.
00:33:51Ce sont des professionnels,
00:33:52souvent mondiaux, du tourisme.
00:33:54Ils ne peuvent invoquer ni l'ignorance
00:33:57de la réglementation,
00:33:58ni des difficultés insurmontables applicables.
00:34:00Et il en va de même pour les petits opérateurs.
00:34:03Quand on se lance dans une profession,
00:34:04on en maîtrise tous les aspects.
00:34:07Donc, premier constat,
00:34:08c'est que la gravité du manquement fiscal
00:34:09ne se mesure pas à la seule aune
00:34:11du montant éludé.
00:34:13Deuxième observation.
00:34:14Au vu de ces éléments,
00:34:16le dispositif de sanction est proportionné.
00:34:18Je rappelle que vous n'opérez sur ce point
00:34:20qu'un contrôle restreint de l'erreur manifeste.
00:34:23Absolument rien ne manifeste en l'espèce
00:34:25pour trois raisons au moins.
00:34:27D'abord, le plancher de 750 euros
00:34:29dont s'émeut l'auteur de la QPC.
00:34:32Vous jugez qu'un minimum de peine
00:34:34ne méconnaît pas en lui-même
00:34:36une exigence constitutionnelle.
00:34:38Et surtout, le plancher de 750 euros
00:34:41est assorti d'un plafond de 2500 euros.
00:34:44Le juge dispose dans cette marge
00:34:46d'un très grand pouvoir de modulation.
00:34:48Il peut tenir compte à cet égard
00:34:50de tous les éléments qui ont été invoqués devant vous.
00:34:52La bonne foi, la mauvaise foi,
00:34:54l'intention, la réitération, le profit retiré.
00:34:56L'individualisation de la peine est là.
00:35:00Ensuite, la prétendue nécessité d'une corrélation
00:35:04entre le montant de la sanction
00:35:06et le montant de la taxe éludée.
00:35:07Cette exigence n'existe pas.
00:35:10Vous admettez les amendes forfaitaires,
00:35:12décorrez-les des sommes en cause.
00:35:13La Cour européenne des droits de l'homme,
00:35:15dans sa décision Zorinat 2023,
00:35:17admet de même,
00:35:18ou de mémoire,
00:35:19elle a admis une amende de 1900 euros
00:35:22pour un manque à gagner de quelques centimes.
00:35:24Ce n'est pas disproportionné
00:35:25parce que la gravité s'apprécie globalement
00:35:27à l'aune de la politique fiscale poursuivie.
00:35:30Je rappelle qu'ici, c'est important,
00:35:31puisqu'elle est en cause d'une amende fiscale
00:35:33et non pas pénale.
00:35:34Le législateur doit y disposer
00:35:36d'une latitude particulière.
00:35:38Dernier point,
00:35:39le cumul de sanctions
00:35:40et l'absence de plafond,
00:35:42qui est en réalité d'ailleurs
00:35:43le seul motif de renvoi
00:35:44de la Cour de cassation.
00:35:46Vous n'avez jamais érigé
00:35:48l'exigence d'un plafond global
00:35:50en condition de conformité.
00:35:52Et si le montant cumulé
00:35:54peut effectivement être élevé,
00:35:56mais c'est uniquement
00:35:57parce que les taxes éludées
00:35:58sont nombreuses,
00:35:59qu'y a-t-il d'anormal
00:36:01à ce que chaque montement
00:36:02du professionnel
00:36:03qui produit ses effets propres
00:36:05appelle sa propre sanction ?
00:36:07En réalité,
00:36:08un plafond ruinerait
00:36:09l'effet dissuasif du dispositif
00:36:11puisque, passé un certain
00:36:13seuil d'infraction,
00:36:14l'opérateur serait à l'abri.
00:36:15L'effet dissuasif,
00:36:17c'est la clé de la proportionnalité.
00:36:19L'enjeu pour les collectivités
00:36:20est considérable
00:36:21et face à des plateformes
00:36:22souvent de dimension mondiale,
00:36:24seule une sanction
00:36:25cumulable et significative
00:36:27présente le caractère dissuasif
00:36:29voulu par le législateur.
00:36:31Le dispositif est conforme
00:36:32à la Constitution,
00:36:33mais alors,
00:36:34dernier mot,
00:36:35subsidiaire pour ne rien négliger,
00:36:37les effets d'une éventuelle
00:36:38déclaration d'inconstitutionnalité.
00:36:40Il devrait être reporté,
00:36:42contrairement à ce qui vous a été dit,
00:36:43parce qu'une abrogation immédiate
00:36:45priverait de fondement
00:36:46les sanctions
00:36:46de manquements graves,
00:36:49caractériserait des conséquences
00:36:50manifestement excessives
00:36:51pour les finances locales
00:36:52au sens de votre jurisprudence,
00:36:54alors même que le grief
00:36:55a le supposé fondé
00:36:57pour les seuls besoins
00:36:58du raisonnement,
00:36:58ne porte que sur le quantum,
00:37:00et gageons que ce quantum
00:37:01pourra être supporté,
00:37:03et non pas sur le principe
00:37:04des sanctions.
00:37:05Il faudra donc laisser
00:37:06au législateur le temps
00:37:07d'adopter un nouveau dispositif
00:37:09et dire que la déclaration
00:37:12d'inconstitutionnalité
00:37:13ne peut pas être invoquée,
00:37:14y compris dans l'instance en cours.
00:37:15Je vous remercie.
00:37:17Merci, Maître.
00:37:22Maître, nous nous écoutons.
00:37:24Monsieur le Président,
00:37:26Mesdames,
00:37:28Messieurs les sages
00:37:29du Conseil constitutionnel,
00:37:31puisqu'il s'agit de proportionnalité,
00:37:33il est indispensable
00:37:34d'appréhender de manière concrète
00:37:37la portée même de la loi.
00:37:40La loi contestée,
00:37:42encadrant le prononcé
00:37:44d'amende civile,
00:37:46n'a donné lieu à d'applications concrètes
00:37:48uniquement dans les affaires
00:37:50concernant Oléron.
00:37:52Au total,
00:37:53cinq affaires visant
00:37:55les plateformes Airbnb,
00:37:57Booking et Leboncoin.
00:38:00Aucun acteur rural
00:38:01n'a fait l'objet
00:38:02de jurisprudence.
00:38:04Concernant Airbnb,
00:38:06le leader mondial
00:38:07de l'hébergement touristique,
00:38:09dont le chiffre d'affaires
00:38:10non contesté
00:38:11s'élevait à 8,4 milliards
00:38:14de dollars en 2022.
00:38:16Sur les deux seuls exercices
00:38:182021 et 2022,
00:38:19ce sont plus de 7000 manquements.
00:38:22Plus de 7000 touristes
00:38:24ont séjourné sur l'île de Léron
00:38:26sans que la taxe de séjour
00:38:28n'ait été collectée.
00:38:29Ces faits, qui sont très graves,
00:38:32ont constitué un manque à gagner
00:38:33d'un montant total
00:38:34de 335 000 euros.
00:38:37Il ne s'agit pas d'une erreur
00:38:38de paramétrage,
00:38:39il ne s'agit pas d'un accident,
00:38:41mais d'une violation caractérisée,
00:38:44maintenue en connaissance de cause
00:38:45pendant deux exercices consécutifs
00:38:48par Airbnb,
00:38:49alors même qu'elle avait déjà été
00:38:51sanctionnée par une amende.
00:38:53C'est précisément
00:38:54pour ce type de comportement
00:38:56que la sanction doit conserver
00:38:58un effet dissuasif, réel.
00:39:01Une amende symbolique,
00:39:02plafonnée sans considération
00:39:04de l'ampleur du manquement,
00:39:06n'aurait été pour Airbnb
00:39:07qu'une simple charge en comptabilité.
00:39:10En 2015,
00:39:12le législateur a vu apparaître
00:39:14les grandes plateformes
00:39:15de mise en relation.
00:39:16Hôtel, il a confié
00:39:18les obligations relatives
00:39:19à la taxe de séjour.
00:39:21Il a alors compris
00:39:22que les sanctions existantes
00:39:24pensées pour des acteurs locaux
00:39:26n'étaient plus adaptées
00:39:27à cette nouvelle réalité économique.
00:39:30C'est d'ailleurs pour cette raison
00:39:32qu'il a alors renforcé les sanctions
00:39:34en créant une amende
00:39:36précisément pour dépasser
00:39:38les limites du simple régime
00:39:39contraventionnel
00:39:41et doter le juge
00:39:42d'un véritable pouvoir
00:39:43de dissuasion.
00:39:45La taxe de séjour
00:39:47repose entièrement
00:39:48sur un système déclaratif
00:39:50et les collectivités
00:39:52ne disposaient
00:39:53d'aucun moyen autonome
00:39:54de vérification.
00:39:55J'invite le Conseil
00:39:57à procéder par comparaison
00:39:59avec l'article
00:40:02L651-2
00:40:03du Code de la construction
00:40:05et de l'habitation
00:40:06qui sanctionne
00:40:08le changement d'usage
00:40:09d'un local d'habitation
00:40:11loué en meublé touristique
00:40:13sans autorisation.
00:40:14Ce texte prévoit
00:40:16une amende civile
00:40:17pouvant atteindre
00:40:18100 000 euros
00:40:19par local
00:40:20irrégulièrement transformé.
00:40:21C'est juste
00:40:22car 40 fois
00:40:24le plafond
00:40:25de l'amende
00:40:25que nous examinons
00:40:26aujourd'hui
00:40:27pour un manquement
00:40:28unique
00:40:28alors que de nombreux
00:40:30loueurs
00:40:30multiplient les manquements
00:40:32et que les plateformes
00:40:33peuvent être déclarées
00:40:34co-responsables.
00:40:35Et la Cour de cassation
00:40:37saisie
00:40:38d'une QPC
00:40:38sur ce texte
00:40:39a refusé
00:40:40de la transmettre
00:40:42jugeant
00:40:42dans un arrêt
00:40:43du 5 juillet 2018
00:40:44que cette punition
00:40:46n'apparaissait pas
00:40:47manifestement
00:40:47disproportionnée
00:40:49au regard
00:40:49de l'objectif
00:40:50de lutte
00:40:51contre la pénurie
00:40:51de logements.
00:40:52Faisons alors
00:40:53le parallèle.
00:40:54D'un côté
00:40:55un texte
00:40:56qui permet
00:40:56de sanctionner
00:40:57jusqu'à 100 000 euros
00:40:58la soustraction
00:40:59d'un seul logement
00:41:00au marché locatif
00:41:01classique.
00:41:02De l'autre côté
00:41:03le texte critiqué
00:41:04une amende
00:41:05comprise
00:41:06entre 750
00:41:07et 2500 euros
00:41:08par manquement
00:41:09pour sanctionner
00:41:10non pas
00:41:11la privation
00:41:12d'un logement
00:41:12mais le défaut
00:41:13de collette
00:41:13d'une taxe.
00:41:14Le trouble causé
00:41:16au bon fonctionnement
00:41:17de l'impôt local
00:41:17à l'égalité
00:41:19des contribuables
00:41:19devant la charge
00:41:20fiscale
00:41:20à l'équilibre
00:41:21budgétaire
00:41:22d'un territoire
00:41:22touristique
00:41:23est bien plus grave
00:41:24et aurait pu
00:41:25justifier une réponse
00:41:26pénale.
00:41:27La froute fiscale
00:41:28elle est d'ailleurs
00:41:29punie par une peine
00:41:30pouvant aller
00:41:30jusqu'à 7 ans
00:41:31de prison
00:41:32et 3 millions
00:41:33d'euros d'amende.
00:41:34Bien loin
00:41:35de la disproportion
00:41:35la réalité
00:41:36c'est que la loi
00:41:37a été pensée
00:41:38avec justesse
00:41:39et équilibre.
00:41:40Enfin
00:41:41je voudrais
00:41:42que le conseil
00:41:43mesure précisément
00:41:44ce qui se jouerait
00:41:45si cette disposition
00:41:46venait être déclarée
00:41:48contraire à la constitution
00:41:49car une censure
00:41:51n'est jamais un acte
00:41:52sans conséquence.
00:41:53Depuis 2022
00:41:54la communauté de communes
00:41:55de l'île de Léron
00:41:56a dû mettre en demeure
00:41:57assigner un référé
00:41:59obtenir des titres
00:42:00exécutoires
00:42:00puis engager des procédures
00:42:02accélérées au fond
00:42:02des procédures d'appel
00:42:04une procédure en cassation
00:42:05pour faire reconnaître
00:42:06des manquements
00:42:07que toutes ces plateformes
00:42:08ne contestent pas
00:42:09dans leur matérialité.
00:42:10La plateforme Leboncoin
00:42:11n'a d'ailleurs même pas
00:42:12fait appel
00:42:13de sa condamnation.
00:42:14Ce qu'elles veulent
00:42:15c'est de faire perdre
00:42:16une petite collectivité publique
00:42:18le fruit d'un travail
00:42:19mené de bonne foi
00:42:20contre des contribuables
00:42:22qui refusent
00:42:22de payer leurs taxes
00:42:23et ne s'exécutent pas
00:42:25sous l'effet
00:42:29de la loi.
00:42:32L'île de Léron
00:42:32est un territoire
00:42:34dont l'équilibre budgétaire
00:42:36repose largement
00:42:38sur l'afflux touristique estival
00:42:40et donc sur la taxe de séjour.
00:42:42Priver la collectivité
00:42:44de sa capacité
00:42:45à sanctionner
00:42:46effectivement
00:42:46les défauts de collecte
00:42:47c'est la priver
00:42:48d'une ressource vitale
00:42:49à son fonctionnement.
00:42:51Si le Conseil
00:42:52abroge la loi
00:42:53le message envoyé
00:42:55à l'ensemble
00:42:55des plateformes
00:42:56pour la plupart
00:42:57des sociétés étrangères
00:42:58difficiles à contraindre
00:43:00disposant de moyens
00:43:01financiers et juridiques
00:43:02considérables
00:43:03sera clair
00:43:04ils n'auront plus peur
00:43:05de la loi
00:43:06et cela
00:43:06renforcera
00:43:08leur sentiment
00:43:09d'impunité.
00:43:10Enfin
00:43:11la censure
00:43:12mettra en danger
00:43:13les collectivités publiques
00:43:15qui n'ont ni les moyens
00:43:17juridiques
00:43:17et financiers
00:43:19de mener
00:43:19après année
00:43:20des procédures
00:43:21aussi longues
00:43:22que celles
00:43:23qui vous sont soumises
00:43:24aujourd'hui.
00:43:25Des plateformes
00:43:26aussi puissantes
00:43:27Airbnb
00:43:27Booting
00:43:28Le Bon Coin
00:43:29doivent être dissuadées
00:43:30de violer la loi
00:43:31de manière systémique.
00:43:33Il faut sauvegarder
00:43:34la capacité
00:43:35de l'ensemble
00:43:36de nos collectivités
00:43:37à faire respecter demain
00:43:38une simple obligation fiscale.
00:43:40Monsieur le Président
00:43:41Mesdames, Messieurs
00:43:42les membres
00:43:43du Conseil constitutionnel
00:43:44Non, je suis désolé
00:43:46il n'y a pas d'air de vacances
00:43:48lorsqu'il s'agit
00:43:49de protéger la loi
00:43:50protéger nos taxes
00:43:51protéger les collectivités
00:43:53publiques françaises
00:43:53que le salut du peuple
00:43:55soit la loi suprême
00:43:56des géants
00:43:57ont violé la loi
00:43:58car ils estimaient
00:44:00qu'ils étaient
00:44:00au-dessus d'elle
00:44:01les juges
00:44:02l'ont fait respecter
00:44:03et au nom du peuple français
00:44:04Oléron demande désormais
00:44:06que la loi soit protégée.
00:44:08Merci Maître.
00:44:11Maître Étienne Feildel
00:44:13et Maître Baptiste Daligo
00:44:16vous êtes avocat au barreau
00:44:18d'Aix-en-Provence
00:44:19et vous représentez
00:44:20la métropole du Grand Nancy
00:44:21et six autres parties intervenantes
00:44:24donc nous allons vous écouter
00:44:25successivement
00:44:26cinq années de chacun.
00:44:28Monsieur le Président
00:44:29Mesdames, Messieurs
00:44:30les membres du Conseil
00:44:31alors nous venons apporter
00:44:33ici un peu de perspective
00:44:34avec l'affaire Oléron
00:44:35puisque les collectivités
00:44:38que nous représentons
00:44:38sont confrontées
00:44:39quant à elles
00:44:40à une omission de collecte
00:44:42de nature différente
00:44:43de celle qui concerne Oléron
00:44:45et potentiellement
00:44:46bien plus systémique
00:44:47puisque le sujet Oléron
00:44:48en réalité procède simplement
00:44:50d'une problématique
00:44:51d'alignement
00:44:51entre la date de réservation
00:44:53et la date de séjour.
00:44:54Et dans le cadre
00:44:54de leur contrôle
00:44:55les collectivités
00:44:56que l'on représente
00:44:57ont pu découvrir
00:44:59la désinvolture
00:45:00avec laquelle la société
00:45:01Booking.com
00:45:03traitait son obligation
00:45:05de collecte
00:45:05de la taxe de séjour
00:45:06avec des réservations
00:45:08absolument colossales
00:45:09pour lesquelles
00:45:10la taxe
00:45:10n'avait pas été collectée
00:45:12alors même que
00:45:13ces réservations
00:45:15étaient attestées
00:45:16par des commentaires clients.
00:45:18Et donc vous voyez
00:45:19qu'ici le sujet
00:45:19dépasse le seul sujet
00:45:21d'Oléron.
00:45:21On a un enjeu majeur
00:45:22ici pour les collectivités
00:45:24territoriales
00:45:25de préservation
00:45:26de cette taxe de séjour.
00:45:27Avant de rentrer
00:45:28sur le débat
00:45:29constitutionnel
00:45:29proprement dit,
00:45:30j'ai trois observations
00:45:31liminaires
00:45:32qui me paraissent
00:45:32absolument fondamentales.
00:45:34La première observation
00:45:35c'est qu'il faut rappeler
00:45:36quand même que les plateformes
00:45:37sont parfaitement conscientes
00:45:39de leur obligation
00:45:40de collecte
00:45:40qui est parfaitement légitime
00:45:42dans son principe
00:45:42et qu'elles ont accepté
00:45:43de manière concertée.
00:45:45Je rappelle quand même
00:45:46qu'elle est légitime
00:45:48parce que les plateformes
00:45:49numériques
00:45:50on le sait
00:45:50concentrent aujourd'hui
00:45:51l'essentiel
00:45:51des flux de réservation
00:45:53touristique
00:45:54sur lesquels
00:45:54elles génèrent
00:45:55des dizaines de milliards
00:45:56de chiffres d'affaires
00:45:58et que la taxe de séjour
00:45:59rappelons-le
00:46:00a un objet affecté
00:46:02qui est celle
00:46:03des dépenses
00:46:03de promotion
00:46:04de tourisme.
00:46:05Donc les plateformes
00:46:06en réalité
00:46:06qui hurlent finalement
00:46:08en disant
00:46:08qu'elles sont matraquées
00:46:10bénéficient directement
00:46:11des retombées
00:46:11de cette taxe de séjour.
00:46:13Il était parfaitement légitime
00:46:14que cette obligation
00:46:15de collecte
00:46:16soit transférée
00:46:17aux plateformes numériques
00:46:18et ça s'est fait d'ailleurs
00:46:19de manière tout à fait concertée
00:46:20puisque les discussions
00:46:22ont commencé
00:46:22dès 2014
00:46:23avec une concertation
00:46:25des plateformes
00:46:26avec une phase transitoire
00:46:28de mise en place
00:46:28et ce n'est qu'en 2019
00:46:30en tout cas en 2020
00:46:32que cette obligation
00:46:33s'est véritablement instaurée.
00:46:36La deuxième observation
00:46:37c'est que
00:46:38cette amende civile
00:46:39pour mission de collecte
00:46:41elle a été parfaitement réfléchie
00:46:43et contrairement
00:46:44à ce qui a été dit
00:46:45elle ne résulte pas
00:46:46d'une forme d'assouplissement
00:46:48du législateur.
00:46:49Ce qu'il faut comprendre ici
00:46:50c'est que
00:46:51l'un des fléaux
00:46:52historiques
00:46:53d'une certaine manière
00:46:53de la taxe de séjour
00:46:55avant même l'arrivée
00:46:56des plateformes
00:46:56c'est celle
00:46:57des réservations occultes.
00:46:59C'est celle
00:46:59de la grande difficulté
00:47:00pour les collectivités territoriales
00:47:02de pouvoir identifier
00:47:03des réservations
00:47:04dans lesquelles
00:47:05la taxe n'aurait pas été collectée
00:47:07et par hypothèse
00:47:07elle n'aurait pas été déclarée.
00:47:10Et les amendes civiles
00:47:11qui étaient prévues
00:47:12par le passé
00:47:13on le voit bien
00:47:13n'ont pas fonctionné.
00:47:15Et quand on regarde
00:47:16l'historique
00:47:17de ces sanctions
00:47:18on voit bien
00:47:19que systématiquement
00:47:20le législateur
00:47:21a augmenté
00:47:22leur quantum
00:47:23non pas pour assurer
00:47:25une sorte
00:47:25d'aubaine
00:47:27ou pour assurer
00:47:28une sorte
00:47:28de surtaxe
00:47:29de séjour
00:47:29mais bien
00:47:29pour garantir
00:47:31une effectivité
00:47:34du recouvrement
00:47:35de cette taxe
00:47:36de séjour
00:47:36et pour s'assurer
00:47:37que les opérateurs
00:47:39ne prendront pas
00:47:40le risque
00:47:43de dissimuler
00:47:43des réservations.
00:47:44C'est là
00:47:45l'objet
00:47:45de cette amende
00:47:47civile.
00:47:47Et donc
00:47:47il est totalement
00:47:48absurde
00:47:49d'aller finalement
00:47:49dire qu'elle devrait
00:47:51être corrélée
00:47:51au montant
00:47:52de la taxe
00:47:52de séjour.
00:47:53On sait parfaitement
00:47:55qu'un tel dispositif
00:47:57ne fonctionnerait pas.
00:47:59Le troisième point
00:48:00c'est qu'il est
00:48:01aujourd'hui
00:48:01quand même
00:48:02assez paradoxal
00:48:04de voir
00:48:04ces plateformes
00:48:05venir se plaindre
00:48:06de montants
00:48:07d'amendes
00:48:07prétendument
00:48:08disproportionnés
00:48:09alors qu'il faut
00:48:10quand même rappeler
00:48:11que si ces montants
00:48:11sont élevés
00:48:12c'est bien
00:48:13parce que les manquements
00:48:14sont systémiques.
00:48:15Si les manquements
00:48:16n'étaient pas systémiques
00:48:17si les manquements
00:48:18n'étaient pas répétés
00:48:19les amendes
00:48:20seraient tout à fait
00:48:22supportables
00:48:23digérables
00:48:24contrairement
00:48:25à ce qui a été dit.
00:48:26Le problème ici
00:48:27c'est que vous avez
00:48:28le cas de Léon
00:48:28mais vous avez
00:48:29tout un tas
00:48:30de plateformes
00:48:31et particulièrement
00:48:32la société Booking
00:48:32qui se dit
00:48:33de toute façon
00:48:34les collectivités
00:48:35ne me contrôleront pas
00:48:36et ne vont pas
00:48:37me poursuivre
00:48:37et donc je ne vais pas
00:48:38mettre les moyens
00:48:39pour m'assurer
00:48:40que la collecte
00:48:41de la taxe de séjour
00:48:42se fera bien
00:48:43de manière disciplinée.
00:48:45Et donc
00:48:45l'objectif
00:48:47de cette amende civile
00:48:48c'est avant tout
00:48:50de prévenir
00:48:50mais lorsque
00:48:52la punition tombe
00:48:53et bien
00:48:54elle doit
00:48:54elle doit être
00:48:55acceptée
00:48:56et on le voit bien
00:48:59ici
00:48:59pour douloureuse
00:49:00qu'elle soit
00:49:01cette amende
00:49:01pour mission de collecte
00:49:02elle répond parfaitement
00:49:03à toutes vos garanties
00:49:04constitutionnelles
00:49:06ainsi que
00:49:06vous le démontrera
00:49:07mon associé
00:49:08Baptiste Deligo.
00:49:09Merci Maître
00:49:11Maître Deligo
00:49:12Maître Deligo
00:49:13nous vous écoutons.
00:49:17Monsieur le Président
00:49:19Mesdames, Messieurs
00:49:20les membres
00:49:20du Conseil constitutionnel
00:49:22je vous le dis
00:49:23sans réserve
00:49:23on vous soutient
00:49:24à tort
00:49:25que cette amende
00:49:26civile
00:49:27serait disproportionnée.
00:49:28En premier lieu
00:49:29vous écarterez
00:49:30évidemment
00:49:31l'objection
00:49:32selon laquelle
00:49:32le montant
00:49:33de l'amende
00:49:34devrait être
00:49:35corrélé
00:49:35sur la taxe
00:49:37éludée.
00:49:37Il s'agit ici
00:49:38d'une confusion
00:49:39manifeste
00:49:40entre la logique
00:49:41de réparation
00:49:42la problématique
00:49:44distincte
00:49:44liée au recouvrement
00:49:46de l'impôt
00:49:47et celle de la sanction.
00:49:49Cette absence
00:49:49de corrélation
00:49:50elle est précisément
00:49:51justifiée
00:49:52par la finalité
00:49:53punitive de l'amende
00:49:54réprimer
00:49:55et dissuader
00:49:56les manquements
00:49:57aux obligations
00:49:57de collecte
00:49:58de l'impôt
00:49:59et assurer
00:50:00une mise
00:50:00en conformité.
00:50:02Le fait générateur
00:50:03de l'amende
00:50:03renvoie à un comportement
00:50:05distinct
00:50:06du paiement
00:50:07de la taxe.
00:50:08Et votre jurisprudence
00:50:09en atteste
00:50:10vous avez à plusieurs reprises
00:50:11valider des amendes
00:50:12forfaitaires
00:50:12dont le montant
00:50:13est sans lien
00:50:15avec les droits
00:50:16éludés.
00:50:17Une corrélation
00:50:18entre le montant
00:50:19de l'amende
00:50:20et celui
00:50:20de la taxe
00:50:21éludée
00:50:22serait d'ailleurs
00:50:22contraire
00:50:23à cette fonction
00:50:24dissuasive
00:50:25voulue
00:50:26par le législateur
00:50:27et c'est la même
00:50:28d'ailleurs
00:50:28qui permet
00:50:29que l'article 8
00:50:30soit présentement
00:50:31invocable.
00:50:32Pourquoi ?
00:50:33Parce qu'une amende
00:50:34indexée sur le montant
00:50:35de la taxe
00:50:36de séjour
00:50:36c'est-à-dire
00:50:37quelques euros
00:50:38par nuitée
00:50:39et par personne
00:50:40elle serait dérisoire
00:50:42et dès lors
00:50:43la sanction
00:50:43serait intégrée
00:50:44comme un simple
00:50:45coût de fonctionnement
00:50:47inférieur
00:50:48au gain
00:50:48de la fraude.
00:50:50Cette dimension
00:50:51dissuasive
00:50:52est d'ailleurs
00:50:52intrinsèquement liée
00:50:53à cette question
00:50:54du montant plancher
00:50:55de 750 euros
00:50:56c'est le deuxième
00:50:56point envisagé
00:50:57puisque conformément
00:50:58à votre jurisprudence
00:50:59constante
00:51:00notamment la décision
00:51:01locauat
00:51:01ou a fortiori
00:51:02s'agissant par exemple
00:51:04des peines minimales
00:51:04d'emprisonnement.
00:51:06Vous avez vu
00:51:06que le législateur
00:51:07peut instaurer
00:51:08un dispositif
00:51:09dissuasif
00:51:10grâce à une peine planchée.
00:51:12Vous l'avez dit
00:51:13dans ces décisions
00:51:13le principe
00:51:15d'individualisation
00:51:16ne serait faire obstacle
00:51:18à ce que le législateur
00:51:19fixe des règles
00:51:20assurant une répression
00:51:20effective
00:51:21des infractions
00:51:22fin de citation.
00:51:23Alors dans le cadre
00:51:24de votre contrôle
00:51:25restreint
00:51:26vous constaterez
00:51:27que ce plancher
00:51:27est nécessaire
00:51:28pour assurer
00:51:29la répression effective
00:51:30des manquements
00:51:31qui portent atteinte
00:51:32aux objectifs
00:51:33de lutte
00:51:33contre la fraude fiscale
00:51:34et à l'autonomie financière
00:51:36des collectivités.
00:51:37En troisième lieu
00:51:38le législateur
00:51:40a prévu
00:51:40un dispositif
00:51:41intégralement
00:51:42individualisé
00:51:43puisqu'il faut rappeler
00:51:44le montant de l'amende
00:51:45est librement fixé
00:51:46à l'intérieur
00:51:47d'une fourchette légale
00:51:49par un magistrat
00:51:51au terme
00:51:51d'un débat
00:51:52contradictoire
00:51:53lors duquel
00:51:54il aura pris en compte
00:51:55les circonstances
00:51:56de fait
00:51:56et de droit
00:51:57conformément
00:51:58à son pouvoir
00:51:59d'individualisation.
00:52:00rappelons à ce titre
00:52:01que l'article
00:52:03L2333-35
00:52:04prévoit précisément
00:52:06une demande
00:52:07d'exonération
00:52:07pour le collecteur
00:52:09défaillant
00:52:10en raison d'une cause
00:52:10qui ne lui est pas
00:52:11imputable
00:52:11mais surtout
00:52:12que le juge
00:52:13dispose de ce pouvoir
00:52:14de modulation
00:52:15entre les 750 euros
00:52:17et les 2500 euros
00:52:18c'est-à-dire
00:52:19un rapport
00:52:19de 1
00:52:20à 3,33
00:52:21c'est là
00:52:22l'instrument
00:52:23de cette individualisation.
00:52:25Entre ce plancher
00:52:26et ce plafond
00:52:27le juge fixe
00:52:29chaque amende
00:52:29selon votre propre
00:52:31formule d'ailleurs
00:52:31manquement
00:52:32par manquement
00:52:33et il en apprécie
00:52:34la gravité
00:52:35ainsi que la bonne
00:52:36ou la mauvaise foi
00:52:37du contrevenant
00:52:39et évidemment
00:52:40vous balayerez
00:52:41l'argument
00:52:42de la prétendue
00:52:42erreur de paramétrage
00:52:44il est d'ailleurs
00:52:44surprenant
00:52:45qu'on vienne l'invoquer
00:52:46puisque c'est précisément
00:52:47le signe manifeste
00:52:49d'une négligence coupable
00:52:50celle-là même
00:52:52que le législateur
00:52:53a entendu sanctionner
00:52:54avec ce dispositif.
00:52:56Pas non plus
00:52:57de difficulté
00:52:58évidemment
00:52:58avec la question
00:52:59de l'absence
00:53:00de plafond
00:53:00parce que
00:53:01si l'on raisonne
00:53:02à contrario
00:53:02un plafond
00:53:04ferait encourir
00:53:05la même sanction
00:53:07à l'hébergeur
00:53:08qui commet
00:53:09quelques manquements
00:53:10et à l'opérateur
00:53:11qui en commet
00:53:12des dizaines
00:53:13de milliers.
00:53:14C'est précisément
00:53:15dans cette hypothèse
00:53:16qu'il y aurait
00:53:16une difficulté
00:53:17sur le terrain
00:53:18de l'individualisation
00:53:20c'est d'ailleurs
00:53:21la raison pour laquelle
00:53:22vous n'avez
00:53:22jamais prévu
00:53:23qu'un plafond
00:53:24global
00:53:25n'est constitutionnellement
00:53:26exigé.
00:53:29Mesdames,
00:53:29Messieurs les membres
00:53:30du Conseil constitutionnel
00:53:31au terme
00:53:31de ces explications
00:53:32que reste-t-il
00:53:33finalement
00:53:33de ce grieve
00:53:34d'inconstitutionnalité ?
00:53:36Rien.
00:53:36Le législateur
00:53:38a voulu
00:53:38que la taxe
00:53:39de séjour
00:53:39destinée
00:53:40au territoire
00:53:41parvienne
00:53:42aux collectivités.
00:53:43Il a voulu
00:53:44avec fermeté
00:53:45mais avec mesure.
00:53:47La décision
00:53:48que vous allez rendre
00:53:49elle sera historique
00:53:50historique vis-à-vis
00:53:51des collectivités
00:53:52mais aussi
00:53:53du principe
00:53:54de justice
00:53:54fiscale.
00:53:55Préserver
00:53:56cet outil
00:53:56qui est le seul
00:53:58à sanctionner
00:53:58des manquements
00:53:59systémiques.
00:54:00Préserver
00:54:01cet outil
00:54:01qui est le seul
00:54:02qui permet
00:54:03d'assurer
00:54:04l'effectivité
00:54:05d'un impôt
00:54:05essentiel.
00:54:07Je vous remercie.
00:54:08Merci, Maître.
00:54:10La parole est maintenant
00:54:12à M. Thibaut
00:54:13Kessial.
00:54:13Pour le Premier ministre,
00:54:15nous écoutons.
00:54:17Merci, M. le Président.
00:54:18Mesdames et Messieurs
00:54:19les membres
00:54:20du Conseil constitutionnel,
00:54:21quelques mots
00:54:21de présentation
00:54:22du dispositif
00:54:23pour répondre
00:54:24directement
00:54:25à ce qui a été indiqué
00:54:26et pour démentir
00:54:27un certain nombre
00:54:28d'affirmations
00:54:29qui ont été indiquées
00:54:30de l'autre côté
00:54:30de la barre.
00:54:31La taxe de séjour
00:54:33a pour objet
00:54:34de permettre
00:54:34aux communes touristiques
00:54:35et à leurs groupements
00:54:36de financer les dépenses
00:54:37liées à la présence
00:54:38d'une population saisonnière.
00:54:40La délibération
00:54:40de la collectivité
00:54:41instituant la taxe
00:54:42fixe sa période
00:54:43de perception
00:54:44ainsi que le tarif
00:54:45pour chaque nature
00:54:46et chaque catégorie
00:54:47d'hébergement
00:54:48suivant un barème
00:54:49que la loi encadre
00:54:50avec un tarif plancher
00:54:52et un tarif plafond.
00:54:53Il existe deux régimes
00:54:55de séjour de la taxe.
00:54:56La taxe de séjour
00:54:57dite au réel
00:54:58qui nous intéresse aujourd'hui
00:54:59et la taxe de séjour
00:55:01forfaitaire.
00:55:02La taxe de séjour au réel
00:55:03est fixée
00:55:04pour chaque nature
00:55:05et chaque catégorie
00:55:06d'hébergement
00:55:07par personne
00:55:08et par nuitée de séjour.
00:55:09L'assiette de la taxe
00:55:11correspond ainsi
00:55:11à la fréquentation réelle
00:55:13de l'hébergement
00:55:13c'est-à-dire au nombre
00:55:14de personnes
00:55:15y ayant effectivement
00:55:17séjourné
00:55:17au cours de la période
00:55:19de perception.
00:55:20La taxe de séjour au réel
00:55:21est perçue sur les assujettis
00:55:23c'est-à-dire les personnes
00:55:24qui ne sont pas domiciliées
00:55:25dans la commune
00:55:26avant leur départ
00:55:27par les logeurs,
00:55:28les hôteliers,
00:55:28les propriétaires
00:55:29et les plateformes
00:55:30de réservation
00:55:31lorsqu'elles sont
00:55:32intermédiaires de paiement.
00:55:33Les montants ainsi collectés
00:55:35sont versés
00:55:36au comptable public
00:55:36assigné à terre de la commune
00:55:38ou du groupement
00:55:38et elles sont versées
00:55:39s'agissant des plateformes
00:55:41deux fois par an.
00:55:42Les personnes préposées
00:55:44à la collecte
00:55:44de la taxe
00:55:45sont tenues par ailleurs
00:55:46lorsqu'ils reversent
00:55:47le produit de la taxe
00:55:48c'est-à-dire deux fois par an
00:55:49en ce qui concerne
00:55:50les plateformes
00:55:50de faire une déclaration
00:55:51comportant un état récapitulatif
00:55:53pour chaque hébergement
00:55:54et chaque perception
00:55:55effectuée
00:55:56c'est-à-dire
00:55:56pour chaque réservation
00:55:58en pratique.
00:55:59Les montants acquittés
00:56:00sont contrôlés
00:56:01par la commune
00:56:02ou son groupement
00:56:02et en cas de défaut
00:56:03de déclaration
00:56:04d'absence
00:56:04ou de retard
00:56:05de paiement
00:56:05de la taxe collectée
00:56:06le maire peut adresser
00:56:08aux personnes préposées
00:56:09à la collecte
00:56:10une mise en demeure
00:56:10et faute de régularisation
00:56:13le maire peut adresser
00:56:14un avis de taxation
00:56:15d'office motivé
00:56:16qui est communiqué
00:56:17au déclarant défaillant
00:56:1830 jours au moins
00:56:19avant la mise
00:56:20en recouvrement
00:56:20dans l'imposition.
00:56:21Première remarque ici
00:56:22c'est que compte tenu
00:56:24du contrôle
00:56:26qui repose largement
00:56:27sur les déclarations
00:56:28faites par les plateformes
00:56:30le recouvrement
00:56:31d'office
00:56:32est largement inefficace
00:56:34mais j'y reviendrai
00:56:35tout à l'heure.
00:56:36En cas de manquement
00:56:37aux obligations
00:56:38de déclaration
00:56:38de collecte
00:56:39et de reversement
00:56:40la taxe de séjour
00:56:41au réel
00:56:41de la taxe de séjour
00:56:43au réel
00:56:43plusieurs manquements
00:56:45sont créés
00:56:45par le législateur
00:56:46trois manquements
00:56:47le premier
00:56:48le défaut de production
00:56:50de la déclaration
00:56:50qui entraîne
00:56:51l'application
00:56:52d'une amende
00:56:52comprise entre 750
00:56:53et 12 500 euros
00:56:55et les omissions
00:56:57ou inexactitudes
00:56:58constatées
00:56:59dans la même déclaration
00:57:00entraîne l'application
00:57:01d'une amende
00:57:01de 150 euros
00:57:02par omission
00:57:03ou inexactitude
00:57:04dans la limite
00:57:05de ce montant plafond
00:57:07de 12 500 euros.
00:57:08Ici ce qui est sanctionné
00:57:09c'est le fait
00:57:10de ne pas avoir déclaré
00:57:11deux fois par an
00:57:12les réservations effectuées
00:57:14et ce manquement
00:57:17aux obligations
00:57:17déclaratives
00:57:18ne s'opère pas
00:57:19par taxe
00:57:20ou par séjour
00:57:20mais par déclaration.
00:57:22Ensuite
00:57:22deux autres manquements
00:57:23le fait de ne pas avoir
00:57:25perçu la taxe de séjour
00:57:26sur un assécuti
00:57:27qui entraîne
00:57:28l'application
00:57:28d'une amende
00:57:29qui est comprise
00:57:29entre 750
00:57:30et 2500 euros
00:57:31et deuxièmement
00:57:33le fait de ne pas avoir
00:57:34reversé le montant
00:57:35de la taxe de séjour
00:57:35qui entraîne
00:57:36les mêmes sanctions.
00:57:38Deuxième remarque ici
00:57:39il n'y a pas
00:57:40de différence d'amende
00:57:41et de régime
00:57:42de l'amende
00:57:42entre le défaut de collecte
00:57:44et le défaut de reversement.
00:57:46Contrairement à ce qui a été dit
00:57:47tout à l'heure
00:57:47ces montants
00:57:48et ces manquements
00:57:49s'apprécient par taxe
00:57:50et non pas
00:57:51par déclaration.
00:57:54Le régime de sanctions
00:57:55concernant les déclarations
00:57:56c'est par déclaration
00:57:57deux fois par an
00:57:57le régime
00:57:59qui sanctionne
00:57:59le défaut de collecte
00:58:01et le défaut de reversement
00:58:02c'est par taxe de séjour
00:58:03c'est-à-dire par réservation.
00:58:05Ces amendes
00:58:06sont prononcées
00:58:07par le président
00:58:07du tribunal judiciaire
00:58:08statuant la forme des référés
00:58:10sur demande de la commune
00:58:11et le produit des amendes
00:58:12est versé à la commune.
00:58:13Alors ces pénalités
00:58:14comme je l'ai dit
00:58:15sont applicables
00:58:16pour chaque manquement
00:58:17aux obligations de collecte
00:58:18et de reversement
00:58:19de la taxe de séjour
00:58:19pour chaque réverservation
00:58:21et le requérant
00:58:23reproche aux dispositions
00:58:24applicables
00:58:25cette fois-ci
00:58:25uniquement pour le défaut
00:58:27de la collecte
00:58:27de méconnaître
00:58:28les principes
00:58:29garantis par l'article 8
00:58:30de la déclaration
00:58:31de 1789
00:58:32pour plusieurs raisons.
00:58:33D'une part
00:58:34parce que les peines d'amende
00:58:36les montants prévoiraient
00:58:38des peines d'amende
00:58:38qui sont sans rapport
00:58:39avec la gravité des faits
00:58:40et deuxièmement
00:58:41en raison de la possibilité
00:58:42de cumul des amendes
00:58:43en cas de pluralité
00:58:44de manquement
00:58:45ayant pour origine
00:58:46une même erreur.
00:58:47Il soutient également
00:58:48que les dispositions contestées
00:58:50méconnaissent
00:58:50le principe
00:58:51d'individualisation
00:58:52des peines
00:58:52dès lors qu'elles interdisent
00:58:53au juge
00:58:53de moduler la sanction
00:58:55en deçà du minimum légal
00:58:57qui est fixé
00:58:58à 750 euros.
00:59:00Alors degré F
00:59:01bien distincts
00:59:02le premier
00:59:02sur le principe
00:59:03de proportionnalité
00:59:05des peines
00:59:05dans le cadre
00:59:06de votre contrôle
00:59:08vous appréciez
00:59:09le respect
00:59:10de l'exigence
00:59:10constitutionnelle
00:59:11de proportionnalité
00:59:12en rapportant
00:59:13la sévérité
00:59:13de la sanction
00:59:14à la gravité
00:59:15des faits
00:59:15qu'elle punit
00:59:16et ça a été indiqué
00:59:18vous n'exercez
00:59:19qu'un contrôle restreint
00:59:21en la matière
00:59:21et en cas de pénalité
00:59:23en va exprimé
00:59:24en valeur absolue
00:59:26que celle-ci
00:59:27soit forfaitaire
00:59:28ou constitue un plafond
00:59:29vous vous bornez
00:59:30à vérifier
00:59:31que le montant
00:59:31fixé par la loi
00:59:32n'est pas manifestement
00:59:34disproportionné
00:59:35à la gravité
00:59:35du manquement commis
00:59:38et votre contrôle
00:59:39consiste principalement
00:59:41à comparer
00:59:41ce plafond
00:59:422500 euros
00:59:43avec les faits
00:59:44les plus graves
00:59:45susceptibles
00:59:45de tomber
00:59:46sous le coup
00:59:47de l'incrimination
00:59:48ce contrôle
00:59:49est donc abstrait
00:59:50vous pouvez vous abstraire
00:59:51du cas d'espèce
00:59:54de la commune
00:59:55d'Oléron
00:59:55ou de toute autre commune
00:59:56la question c'est
00:59:57de savoir
00:59:57si 2000 euros
00:59:59d'amende
00:59:59pour n'avoir pas
01:00:02respecté
01:00:02l'obligation légale
01:00:03de collecte
01:00:04d'une taxe
01:00:05de séjour
01:00:06dont le mécanisme
01:00:07est à peu près
01:00:08comparable
01:00:09à celui de la TVA
01:00:09d'ailleurs
01:00:09on nous dit
01:00:10qu'il serait illégitime
01:00:11ou en tout cas
01:00:12que faire porter
01:00:14cette charge
01:00:15sur les opérateurs
01:00:16c'est pas ce qui a été dit
01:00:16expressément
01:00:17mais enfin je préfère
01:00:17quand même le dire
01:00:18il n'est pas illégitime
01:00:20que le législateur
01:00:20puisse faire peser
01:00:21sur des opérateurs
01:00:22économiques
01:00:23la collecte
01:00:24de taxes
01:00:28donc en l'espèce
01:00:29il résulte clairement
01:00:31des travaux parlementaires
01:00:33à l'origine
01:00:33des dispositions contestées
01:00:34que le législateur
01:00:35a entendu renforcer
01:00:37la répression
01:00:37des comportements
01:00:38qui font obstacle
01:00:39au recouvrement
01:00:40des taxes de séjour
01:00:41dues aux collectivités
01:00:42ce faisant
01:00:43il a bien entendu
01:00:43poursuivi l'objectif
01:00:45de valeur constitutionnelle
01:00:46de lutte contre la fraude fiscale
01:00:47et il a entendu
01:00:48assurer le meilleur recouvrement
01:00:49des créances publiques
01:00:50et poursuivi ainsi
01:00:52un objectif
01:00:52d'intérêt général
01:00:53et le législateur
01:00:55lorsqu'il a transformé
01:00:58les contraventions
01:00:59de quatrième classe
01:01:00par le système
01:01:02aujourd'hui en vigueur
01:01:03il avait fait le constat
01:01:05que les montants
01:01:06des amendes contraventionnelles
01:01:07qui étaient alors
01:01:07de 750 euros
01:01:09apparaissaient faibles
01:01:10et en particulier
01:01:11dans le cas
01:01:11des grandes plateformes
01:01:12en ligne de réservation
01:01:13compte tenu
01:01:14de leur volume d'activité
01:01:16en prévoyant
01:01:17une amende exprimée
01:01:18en valeur absolue
01:01:19comprise entre 750 euros
01:01:20et 2500 euros
01:01:21le législateur
01:01:23a instauré
01:01:23une sanction
01:01:24qui n'est pas
01:01:24manifestement disproportionnée
01:01:26au regard
01:01:26de la gravité du manquement
01:01:28qu'il a entendu réprimer
01:01:29compte tenu
01:01:30des difficultés propres
01:01:31à l'établissement
01:01:32de la taxe
01:01:32qui repose
01:01:33je l'ai dit tout à l'heure
01:01:33largement
01:01:34sur les déclarations
01:01:35des personnes chargées
01:01:36de sa collecte
01:01:38le fait que ces quantas de peine
01:01:39puissent excéder
01:01:40le montant de la taxe
01:01:41devant être collecté
01:01:42étant lui-même
01:01:43sans incidence
01:01:43sur leur proportionnalité
01:01:45au regard de la gravité
01:01:46du manquement
01:01:46celui-ci ne s'apprécie pas
01:01:48à l'aune du montant
01:01:49des sommes éludées
01:01:50mais au regard
01:01:51de la nature même
01:01:52du comportement
01:01:52de la personne
01:01:53qui méconnaît
01:01:54des obligations légales
01:01:55destinées à assurer
01:01:56le recouvrement
01:01:56de la taxe
01:01:57je le dis tout à l'heure
01:01:59il ne s'agit pas ici
01:02:00d'une sanction
01:02:01qui méconnaît
01:02:02des obligations déclaratives
01:02:04il s'agit d'une sanction
01:02:05qui réprime
01:02:05l'absence de collecte
01:02:07de la taxe
01:02:08contrairement à ce
01:02:09qu'indiquent les requérants
01:02:10ce qui est sanctionné ici
01:02:12c'est donc
01:02:12le manquement
01:02:14à l'obligation
01:02:16légale
01:02:16de collecte
01:02:18vous avez
01:02:19s'agissant
01:02:19de la possibilité
01:02:21de cumul des amendes
01:02:22en cas de pluralité
01:02:23de manquement
01:02:24ne méconnaît pas
01:02:25non plus
01:02:25les exigences
01:02:26qui résultent
01:02:26du principe
01:02:27de proportionnalité
01:02:28cela a été dit
01:02:29tout à l'heure
01:02:29vous n'avez jamais reconnu
01:02:30d'exigence constitutionnelle
01:02:32concernant le cumul
01:02:33de sanctions
01:02:33lorsque chacune d'entre elles
01:02:35punit un manquement
01:02:36distinct
01:02:36vous avez ainsi
01:02:38jugé que la règle
01:02:39du non-cumul des peines
01:02:40en matière de crime
01:02:41et délit n'a que valeur législative
01:02:42et qu'il peut donc
01:02:43toujours y être dérogé
01:02:45par une loi
01:02:45et en ce qui concerne
01:02:47les sanctions administratives
01:02:48vous avez également
01:02:49rappelé
01:02:50qu'aucune exigence
01:02:51constitutionnelle
01:02:52n'impose que ces sanctions
01:02:54prononcées
01:02:55pour des manquements
01:02:55distincts
01:02:56soient soumises
01:02:56à une règle
01:02:57de non-cumul
01:02:59les dispositions contestées
01:03:00ne font pas obstacle
01:03:01à la prise en compte
01:03:02par le juge
01:03:03de la nature
01:03:03des manquements
01:03:04de leur gravité
01:03:05et de leur répétition
01:03:07pour déterminer
01:03:08le montant des sanctions
01:03:09en particulier
01:03:10lorsqu'elles s'appliquent
01:03:12de manière cumulative
01:03:12dans la limite
01:03:13bien évidemment
01:03:14du plancher
01:03:15de 750 euros
01:03:16et du plafond
01:03:17de 2500 euros
01:03:19en deuxième lieu
01:03:20comme je l'ai dit
01:03:21tout à l'heure
01:03:21les dispositions contestées
01:03:23n'aboutissent pas
01:03:24à ce que le juge
01:03:25puisse infliger
01:03:26une sanction
01:03:26d'un montant
01:03:27disproportionné
01:03:28au regard de la gravité
01:03:29de chacun
01:03:29des manquements constatés
01:03:31ce qui est sanctionné
01:03:32ce n'est pas
01:03:33l'explication
01:03:34à l'origine du manquement
01:03:35comme ça a été indiqué
01:03:36tout à l'heure
01:03:37l'intention frauduleuse
01:03:38une même intention frauduleuse
01:03:40ou une même erreur de calcul
01:03:41ce qui est sanctionné
01:03:42c'est le manquement
01:03:43lui-même
01:03:44enfin le deuxième grief
01:03:46les dispositions contestées
01:03:47ne méconnaissent pas
01:03:48non plus
01:03:48le principe
01:03:49d'individualisation
01:03:50des peines
01:03:50votre jurisprudence
01:03:52ne pose pas
01:03:52d'interdiction
01:03:53de principe
01:03:53des dispositifs
01:03:54qui prévoient
01:03:55un plancher
01:03:55limitant la capacité
01:03:57d'individualisation
01:03:58de la peine
01:03:58du juge
01:03:59et lorsque
01:04:00vous êtes saisi
01:04:01de tel dispositif
01:04:02en matière pénale
01:04:03vous vous attachez
01:04:04à la justification
01:04:05de cette limitation
01:04:06et à la marge
01:04:07d'individualisation
01:04:08que conserve le juge
01:04:09du fait de l'écart
01:04:10entre le plancher
01:04:10et le plafond
01:04:11ou d'autres modes
01:04:12d'individualisation
01:04:13de la peine
01:04:14par exemple
01:04:14la dispense de peine
01:04:15en revanche ici
01:04:17nous ne sommes pas
01:04:17en matière pénale
01:04:18et comme l'indique
01:04:20le commentaire
01:04:20de votre décision
01:04:222017 636 QPC
01:04:24votre jurisprudence
01:04:25témoigne la volonté
01:04:27que vous partagez
01:04:27avec le conseil d'état
01:04:28et la CEDH
01:04:29de ne pas appliquer
01:04:30aux sanctions fiscales
01:04:31la même exigence
01:04:32de modulation des peines
01:04:34au cas par cas
01:04:35que celle qui prévaut
01:04:36en matière pénale
01:04:36et en matière fiscale
01:04:38vous vous assurez seulement
01:04:39y compris lorsqu'il s'agit
01:04:41d'amende forfaitaire
01:04:42à barreau unique
01:04:42que le juge puisse décider
01:04:44après avoir exercé
01:04:46son plein contrôle
01:04:46sur les faits invoqués
01:04:47manquement par manquement
01:04:49et sur la qualification
01:04:50de prononcer l'amende
01:04:52ou de ne pas le faire
01:04:53pardon
01:04:53si le banquement
01:04:55n'est pas établi
01:04:55et ces exigences
01:04:56sont respectées en l'espèce
01:04:58puisque a fortiori
01:04:59si en matière fiscale
01:05:00vous admettez
01:05:00les sanctions à barreau unique
01:05:02et bien vous admettrez ici
01:05:03des sanctions
01:05:04qui ne sont pas à barreau unique
01:05:05mais qui sont avec un plancher
01:05:07et un plafond
01:05:08comme je l'ai dit tout à l'heure
01:05:09les dispositions contestées
01:05:11n'instituent pas
01:05:11une amende forfaitaire unique
01:05:13mais permettent au juge
01:05:14de fixer la peine
01:05:15dans la limite
01:05:15du plancher et du plafond
01:05:16et deuxièmement
01:05:17le juge civil
01:05:19décide ou non
01:05:20de prononcer l'amende
01:05:21après avoir exercé
01:05:22son plein contrôle
01:05:22sur les faits invoqués
01:05:24et leurs qualifications juridiques
01:05:25compte tenu
01:05:26de ces éléments
01:05:27je vous invite à déclarer
01:05:28les dispositions contestées
01:05:29conformes à la constitution
01:05:31merci monsieur Kessial
01:05:33si vous voulez bien
01:05:34rester ici
01:05:36j'ai une question à vous poser
01:05:39ce manquement
01:05:41à l'obligation
01:05:42de réaliser la collecte
01:05:43donc là les faits
01:05:44qui suscitent
01:05:45cette QPC
01:05:46sont relativement anciens
01:05:47est-ce que le gouvernement
01:05:49a connaissance
01:05:49de l'évolution
01:05:51du nombre
01:05:52de manquements
01:05:53répertoriés
01:05:54ou dont les communes
01:05:55ou les collectivités
01:05:56se plaindraient aujourd'hui ?
01:05:58on n'a pas de données
01:06:00c'est vraiment
01:06:01à la main des communes
01:06:02je n'ai pas réussi
01:06:02à avoir de données
01:06:03globales
01:06:03sur ces manquements
01:06:06merci
01:06:07d'autres questions
01:06:08monsieur Trançois-Pillet
01:06:09oui ma question
01:06:11est principalement posée
01:06:13au conseil
01:06:14des collectivités
01:06:17locales
01:06:18dans un système
01:06:19où le recouvrement
01:06:20repose tout de même
01:06:22sur un système déclaratif
01:06:24comment parvenez-vous
01:06:26à inventorer
01:06:27avec précision
01:06:29avec la précision
01:06:30qui est nécessaire
01:06:31à l'efficacité
01:06:32de la saisine
01:06:33de la juridiction
01:06:34qui va liquider
01:06:35les amendes
01:06:36comment parvenez-vous
01:06:37à vraiment
01:06:39inventorier
01:06:40les manquements
01:06:41et en particulier
01:06:42en l'espèce
01:06:43les manquements
01:06:44tenant au défaut
01:06:45de collecte
01:06:48on démarre
01:06:49par leur envoyer
01:06:50un courrier
01:06:51de mise en demeure
01:06:53généralement
01:06:54elles ne nous répondent pas
01:06:57ensuite
01:06:57on est obligé
01:06:59de passer
01:06:59par un dispositif
01:07:00qui est
01:07:01l'article 145
01:07:03du code
01:07:03de procédure civile
01:07:04qui nous permet
01:07:05avant tout procès
01:07:06d'obtenir les preuves
01:07:08nous permettant
01:07:09de pouvoir justifier
01:07:10une action au fond
01:07:10et donc du coup
01:07:11on a dû passer
01:07:12par la voie judiciaire
01:07:14de cette procédure 145
01:07:16pour obtenir
01:07:17les éléments
01:07:17en sachant
01:07:18et je tiens
01:07:19à le préciser
01:07:19que même
01:07:20en passant
01:07:21par cette voie là
01:07:22ça a été extrêmement compliqué
01:07:23parce qu'une fois
01:07:25qu'on a eu un jugement
01:07:26ordonnant
01:07:27quand on prend l'exemple
01:07:28de la société Booking
01:07:29j'ai dû
01:07:31passer par le juge
01:07:32de l'exécution
01:07:33pour les contraindre
01:07:34sous astreinte
01:07:35à nous donner les fichiers
01:07:36ce qui veut dire
01:07:37que
01:07:38si on n'a pas
01:07:39un système
01:07:41suffisamment dissuasif
01:07:43pour les empêcher
01:07:45de violer la loi
01:07:47il faut vraiment
01:07:49être armé
01:07:50de beaucoup de courage
01:07:52de la patience
01:07:53de l'énergie
01:07:54pour pouvoir y arriver
01:07:55c'est notamment
01:07:56la raison pour laquelle
01:07:57très peu de collectivités
01:07:59ont décidé
01:08:00d'attaquer
01:08:01c'est parce que
01:08:05il y a une certaine
01:08:06en tout cas
01:08:07opacité
01:08:08de certaines grandes plateformes
01:08:10à vouloir
01:08:10communiquer
01:08:11les données
01:08:12merci
01:08:13maître
01:08:13maître
01:08:18Merci monsieur le président
01:08:19sur la question
01:08:22que vous avez posée
01:08:23je voudrais d'abord
01:08:23faire remarquer
01:08:24que tout à l'heure
01:08:26les conseils
01:08:27des collectivités publiques
01:08:28ont pointé du doigt
01:08:30la difficulté
01:08:31d'ensemble
01:08:31de ce système
01:08:32qui est largement
01:08:34dû
01:08:35au décalage
01:08:36dans le temps
01:08:36entre
01:08:36le moment
01:08:37où les réservations
01:08:38sont faites
01:08:39le séjour effectif
01:08:40et c'est ça
01:08:41qui crée
01:08:42au cas par cas
01:08:43un certain nombre
01:08:43de difficultés
01:08:44c'est ma première observation
01:08:46ma deuxième observation
01:08:47c'est de vous expliquer
01:08:48que dans l'infinie
01:08:49majorité
01:08:50des cas
01:08:50les choses
01:08:51se passent bien
01:08:52se passent bien
01:08:53parce que
01:08:54les plateformes
01:08:54et en particulier
01:08:55la société
01:08:56Airbnb
01:08:58coopère
01:08:58de façon
01:08:59tout à fait
01:09:01efficace
01:09:02avec les collectivités
01:09:03publiques
01:09:03notamment
01:09:03je réponds
01:09:05à la question
01:09:06que vous posiez
01:09:06par l'intermédiaire
01:09:08d'une plateforme
01:09:10d'un portail
01:09:11qui est mis
01:09:11à la disposition
01:09:12des collectivités
01:09:14locales
01:09:15la collectivité
01:09:16locale
01:09:16se connecte
01:09:17sur ce portail
01:09:18et peut suivre
01:09:19au jour le jour
01:09:20si je puis dire
01:09:21les éléments
01:09:22qui vont ensuite
01:09:23servir
01:09:24qui vont ensuite
01:09:25servir
01:09:26enfin je voudrais
01:09:28mettre un peu
01:09:29d'ordre
01:09:30dans ce qui a été dit
01:09:31parce que
01:09:32les procédures judiciaires
01:09:33il y en a
01:09:34très peu
01:09:35l'utilisation
01:09:36de l'article
01:09:37145
01:09:38qui permet
01:09:38d'aller chercher
01:09:39de force
01:09:40les pièces
01:09:40il y en a
01:09:41quasiment
01:09:42jamais
01:09:42c'est dans des situations
01:09:44et par exemple
01:09:45dans l'affaire
01:09:45de l'île
01:09:46de l'héron
01:09:46il n'y a pas eu
01:09:47du tout
01:09:48de mise en oeuvre
01:09:50de l'article
01:09:51145
01:09:51pourquoi
01:09:52parce que
01:09:52la société
01:09:53Airbnb
01:09:54a spontanément
01:09:55fourni
01:09:56les éléments
01:09:56qui étaient
01:09:57nécessaires
01:09:58quand on
01:09:59le lui a
01:10:00demandé
01:10:01voilà monsieur le président
01:10:02quelques éléments
01:10:03que je souhaitais apporter
01:10:05merci
01:10:05y a-t-il d'autres questions
01:10:06oui monsieur Jacques Mézard
01:10:08oui j'ai une question
01:10:10à maître
01:10:11Welt
01:10:11qui représente
01:10:13bouquim.com
01:10:14c'est une question
01:10:19de curiosité
01:10:20mais qui a quand même
01:10:20un lien
01:10:21avec
01:10:23le dossier
01:10:24et une certaine
01:10:26proportionnalité
01:10:27au moins indirecte
01:10:28quel est le
01:10:29le montant
01:10:30des commissions
01:10:31prises par
01:10:32bouquim.com
01:10:33sur chaque
01:10:34réservation
01:10:35hôteliers
01:10:36ah je n'aurai pas
01:10:37le montant
01:10:38à vous donner
01:10:38aujourd'hui
01:10:39malheureusement
01:10:40c'est le montant
01:10:42de la commission
01:10:42c'est le pourcentage
01:10:43sur le pourcentage
01:10:44je ne le connais pas
01:10:45pour être tout à fait
01:10:45franche
01:10:46vous pourrez
01:10:46nous le faire passer
01:10:47mais je pourrais
01:10:48vous le communiquer
01:10:48tout à fait
01:10:49pas de problème
01:10:50merci
01:10:51très bien
01:10:52merci
01:10:52s'il n'y a pas
01:10:53d'autres questions
01:10:54ah François Seineff
01:10:56oui merci monsieur le président
01:10:57une demande de clarification
01:10:59à monsieur Kessial
01:11:00s'il le veut bien
01:11:02on comprend
01:11:03de la saisine
01:11:04de la cour de cassation
01:11:05que nous sommes
01:11:06précisément saisis
01:11:07du grand 2
01:11:08de l'article
01:11:09celui qui porte
01:11:10sur les sanctions
01:11:12pour non perception
01:11:13défaut de perception
01:11:15néanmoins
01:11:16les
01:11:19il nous a été dit
01:11:20notamment par
01:11:23tout à l'heure
01:11:24par plusieurs
01:11:24des avocats
01:11:26notamment
01:11:26maître Molinier
01:11:27que l'un des griefs
01:11:29à l'égard du dispositif
01:11:30était tiré
01:11:31d'une
01:11:33incohérence
01:11:33incohérence
01:11:33c'est le terme
01:11:34qui a été utilisé
01:11:35par maître Molinier
01:11:36en particulier
01:11:36avec le grand 3
01:11:38qui porte sur
01:11:40les amendes
01:11:40concernant
01:11:41le défaut
01:11:42de reversement
01:11:43et c'est là
01:11:44que
01:11:44tu avais
01:11:45ma demande
01:11:45de clarification
01:11:46est-ce que
01:11:47j'ai bien entendu
01:11:48monsieur Kessial
01:11:49que vous aviez
01:11:50l'air d'indiquer
01:11:51que le dispositif
01:11:53du grand 3
01:11:54devait être
01:11:54interprété
01:11:55comme le grand 2
01:11:56c'est-à-dire
01:11:57permettant le cumul
01:11:58parce que
01:11:58la lecture
01:12:00prima facie
01:12:01des deux
01:12:02alinéas
01:12:03montre une différence
01:12:04assez nette
01:12:05dans le grand 2
01:12:06on dit que
01:12:08le plafond
01:12:09ou le plancher
01:12:11s'applique
01:12:12pour non-perception
01:12:13sur un assujetti
01:12:14ce dont on se déduit
01:12:15que pour 2
01:12:16ça peut être 2 fois
01:12:16et pour 1000
01:12:171000 fois
01:12:17et ainsi de suite
01:12:18dans le grand 3
01:12:19donc pour le non-reversement
01:12:21le montant
01:12:22de la date de séjour
01:12:23est plafonné
01:12:25enfin l'amende
01:12:25pardon
01:12:25plafonné à 2500 euros
01:12:27et planchonné
01:12:29vous avez vu ce terme
01:12:31apparaître dans une affaire précédente
01:12:32à 750
01:12:33sans qu'il apparaisse
01:12:34de corrélation
01:12:36avec le nombre
01:12:37d'assujettis
01:12:37donc votre interprétation
01:12:39est dans le sens
01:12:41d'une application
01:12:42symétrique
01:12:43si je puis dire
01:12:44des deux dispositifs
01:12:45c'est bien ce que vous nous aviez dit
01:12:46exactement
01:12:46alors effectivement
01:12:47le texte ne précise pas
01:12:49par assujetti
01:12:50mais les textes
01:12:50dans les deux cas
01:12:51précise la taxe de séjour
01:12:53et la taxe de séjour
01:12:54dans le code
01:12:55c'est pour la taxe au réel
01:12:57c'est la taxe
01:12:58par séjour
01:12:59par réservation
01:12:59par nuité
01:13:01et par nombre de personnes
01:13:02donc c'est la taxe
01:13:03et il n'y a pas de distinction
01:13:04entre les pénalités
01:13:06du grand 2
01:13:07et du grand 3
01:13:07la collecte
01:13:09et le reversement
01:13:10les pénalités
01:13:11sont par taxe de séjour
01:13:12les textes nous disent
01:13:13à chaque fois
01:13:13la taxe de séjour
01:13:14ce ne sont pas
01:13:15les montants collectés
01:13:17des différentes taxes de séjour
01:13:19c'est par taxe de séjour
01:13:20alors je ne suis pas sûr
01:13:21que là
01:13:21cet argument
01:13:22soit parfaitement
01:13:23totalement déterminant
01:13:24puisque vous n'êtes pas
01:13:25saisie d'une rupture
01:13:26d'égalité
01:13:27entre le grand 2
01:13:27et le grand 3
01:13:28mais il n'y a pas
01:13:29de doute dans notre esprit
01:13:30que les sanctions
01:13:32sont calculées
01:13:32de la même manière
01:13:35le gouvernement
01:13:35s'est posé
01:13:36la question
01:13:37de savoir
01:13:37si on pouvait
01:13:39cumuler
01:13:40le manquement
01:13:41de défauts
01:13:42de collecte
01:13:43et le manquement
01:13:43de défauts
01:13:44de reversement
01:13:44c'est pas contesté ici
01:13:46de notre point de vue
01:13:47ce cumul n'est pas possible
01:13:48c'est à dire que
01:13:49si vous n'avez pas collecté
01:13:50vous ne pouvez pas
01:13:51être condamné
01:13:52à la fois
01:13:52pour la même taxe
01:13:53pour le défaut de collecte
01:13:54ou le défaut de reversement
01:13:55ces questions n'est pas contesté
01:13:57enfin je préfère le dire
01:13:58si jamais vous vous posez la question
01:13:59mais de notre point de vue
01:14:00les sanctions sont parfaitement identiques
01:14:02entre le 2 et le 3
01:14:03c'est par taxe de séjour
01:14:04merci
01:14:05maître Mouligny
01:14:06un mot
01:14:08je ne suis pas du tout d'accord
01:14:09avec la présentation
01:14:10j'avais compris ça
01:14:11vous le servant
01:14:13d'abord
01:14:14parce que
01:14:16prenons le cas
01:14:17du dossier de l'île d'Oléron
01:14:18c'est bien là
01:14:19les trois amendes
01:14:21qui ont été prononcées
01:14:22contre la société
01:14:23Airbnb
01:14:24et la cour d'appel
01:14:26c'est ça que je voudrais vous faire remarquer
01:14:27n'a pas du tout
01:14:28mais pas du tout
01:14:29suivi l'interprétation
01:14:30qui vient de vous être proposée
01:14:32puisque pour les deux autres sanctions
01:14:35et je vous ai dit tout à l'heure
01:14:36qu'elles n'avaient pas été contestées
01:14:38en réalité par Airbnb
01:14:39il n'y a pas cet effet multiplicateur
01:14:42il y a ici deux amendes
01:14:44pour erreur déclarative
01:14:46qui ont été prononcées
01:14:47et une amende
01:14:49pour défaut de reversement
01:14:50de 2500 euros
01:14:51pour l'année 2022
01:14:54très bien
01:14:56alors dernier mot
01:14:58bref
01:14:58et clair
01:14:59pour dire que le gouvernement
01:15:00a bien vu
01:15:02les jugements
01:15:03et les arrêts
01:15:03ne partage absolument pas
01:15:05l'interprétation
01:15:05qui a été faite
01:15:06et à défaut
01:15:07d'interprétation constante
01:15:08par la cour de cassation
01:15:09le gouvernement
01:15:10s'en tient
01:15:10à ce qu'il a indiqué
01:15:12l'interprétation
01:15:12qu'il donne les textes
01:15:16bien
01:15:17cette question
01:15:18prioritaire
01:15:19de constitutionnalité
01:15:20mise en délibéré
01:15:21et comme notre conseil
01:15:23ne respire pas
01:15:24l'air des vacances
01:15:24la décision sera publique
01:15:26le 31 juillet 2026
01:15:28vous pourrez en prendre connaissance
01:15:29en vous connectant
01:15:30sur notre site internet
01:15:31l'audience est levée
01:15:33vous pourrez en faire
01:15:35d'un an
01:15:37à ce que vous avez
01:15:39à ce que vous avez
01:15:39à ce que vous avez
01:15:40– Sous-titrage FR 2021