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  • il y a 23 minutes
Mardi 7 juillet 2026, retrouvez François ROUX (Directeur des Opérations, Aménagement et Promotion chez Nhood), Berenice Deville Fleuriot (Journaliste, BDF Media), Sandrine MBA-NALLET (directrice Marketing et Offres commerciales, Lyon Métropole Habitat), Bérengère BOUVIER (Pésidente de la FPI région lyonnaise, ALTIUS MEDIAS) et Anne Canova (Directrice régionale Auvergne-Rhône-Alpes de CDC Habitat, ALTIUS MEDIAS) dans SMART IMMO, une émission présentée par Fabrice Cousté.

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Transcription
00:16Bonjour, je suis ravie de vous retrouver dans ce nouveau Smartimo.
00:19Nous sommes au forum des projets urbains à Lyon, dans le deuxième arrondissement.
00:23On va voir comment devenir propriétaire autrement, grâce au BRS, le bail réel solidaire,
00:27qui permet de dissocier le bâti du foncier.
00:30Ensuite, on parlera régénération urbaine, comment adapter nos villes au climat.
00:34On en discutera avec la Fédération des promoteurs immobiliers de la région lyonnaise.
00:39On verra que l'adaptation se fait à différents niveaux, au niveau du quartier, au niveau du bâtiment,
00:42mais aussi au niveau des logements.
00:44Ensuite, on parlera îlot de fraîcheur avec CDC Habitat.
00:47On verra comment CDC Habitat s'est emparé de cette solution pour rendre plus supportable la chaleur en ville.
00:54Et enfin, on fera un focus sur le rôle essentiel du commerce dans nos villes,
00:59comment le commerce transforme nos territoires.
01:01C'est tout de suite dans Smartimo.
01:07Dans Smartimo, nous allons parler tout de suite du bail réel solidaire, le BRS,
01:12avec Sandrine Hanbanalet, la directrice marketing et offre commerciale pour Lyon Métropole Habitat.
01:17Bonjour Sandrine.
01:18Bonjour.
01:19Avant de rentrer dans le vif du sujet, pourriez-vous nous parler des missions de Lyon Métropole Habitat ?
01:24Évidemment, vous faites du logement social, mais pas que,
01:27puisque vous proposez aussi de l'accession à la propriété.
01:30Totalement. Lyon Métropole Habitat, c'est le premier office de la métropole de Lyon.
01:3435 000 logements, à peu près 70 000 habitants sur la métropole.
01:41On est le premier office.
01:43Notre mission, c'est de permettre à chacun d'avoir un logement abordable et de qualité.
01:49En plus de tout ça, naturellement, on construit, on rénove, on transforme les quartiers
01:54et on accompagne nos clients et les locataires dans le cadre de leur parcours résidentiel,
01:59au travers, notamment, l'accession à la propriété,
02:02donc sur tout type d'accession, classique, BRS, location, accession.
02:08En plus de ça, on développe aussi économiquement les quartiers,
02:12au travers où on implante des commerçants et des professionnels de santé.
02:19Donc, on contribue à une ville inclusive, en somme.
02:23Alors, justement, on l'a évoqué, le BRS, le bail réel solidaire.
02:26Pour ceux qui ne connaissent pas bien ce dispositif,
02:29est-ce que vous pouvez nous rappeler comment il fonctionne ?
02:31C'est une dissociation du bâti et du foncier.
02:33Oui. Le BRS, c'est un modèle qui s'inspire du modèle anglo-saxon.
02:40C'est assez simple.
02:41Ça repose sur une idée assez simple, comme vous l'avez dit justement,
02:44c'est séparer le terrain du logement.
02:47Concrètement, l'acquéreur achète son appartement ou sa maison,
02:51les murs, mais sans le terrain.
02:52Et l'avantage de ça, c'est qu'on a un prix qui est plus faible,
02:56à peu près 40% en moyenne, en deçà,
02:59et ça permet d'être inférieur au marché et de favoriser le parcours résidentiel
03:05et l'accession à un plus grand nombre, et notamment les classes moyennes.
03:09Alors, vous intervenez aujourd'hui autour du projet de requalification de Montessuie à Caluire.
03:15Sur 93 logements qui restent à livrer, 48 seront proposés en BRS, en bail réel solidaire.
03:23C'est une part très importante.
03:26Pourquoi avoir donné une place aussi importante, justement, à ce dispositif, dans ce projet, par exemple ?
03:33Pour favoriser la mixité des parcours résidentiels.
03:37Caluire se situe sur la première couronne de la métropole de Lyon.
03:41En termes de pression sur la demande,
03:43il y a une attribution sur la métropole pour 11 demandeurs en attente,
03:47et sur Caluire, c'est 1 pour 7.
03:49D'accord.
03:50Le marché est très élevé, puisqu'on est autour des 6 000 euros,
03:54et grâce au PRS, on est à peu près à 3 200, 3 300 euros, on est à 44%
03:58de moins.
03:59Donc, quasiment, quasiment, le prix est quasiment deux fois antérieures.
04:05Et du coup, le fait de favoriser,
04:08alors on se rappelle que ce renouvellement de quartier,
04:10auparavant, c'était des logements HBM, des habitats bon marché.
04:14Là, en fait, ça permet d'assurer une mixité,
04:18et c'était l'ambition de ce protocole que nous avons signé en 2012.
04:23Donc là, on parle de la demande.
04:25Et concernant l'offre, maintenant, est-ce que,
04:27parce que c'est vrai qu'on en entend de plus en plus parler de ce dispositif,
04:30est-ce qu'il trouve son public ?
04:32Est-ce que vous constatez, en tout cas, qu'il y a un public,
04:36qu'il y a de la demande en face ?
04:38Oui, au travers des campagnes cross-médias et sur des secteurs aussi attractifs,
04:42évidemment, il y a un public, on a fait des journées portes ouvertes,
04:47dont la dernière s'est tenue le 6 juin dernier.
04:51On a reçu pas moins de 300 personnes lors de ces journées,
04:55et les logements ont été vendus intégralement.
04:59Lors de ces journées ?
05:01Intégralement.
05:02D'accord.
05:02On n'a pas de stock, on a un rythme, on a fait un one-shot, en fait.
05:05Donc oui, il y a effectivement une demande avec quelques freins,
05:11quelques freins sur...
05:12La foncière solidaire du Grand Lyon a souhaité intégrer le fait que
05:16ces logements doivent être la résidence principale.
05:19Donc la foncière, c'est celle qui possédera le foncier ?
05:21Tout à fait.
05:22Et en contrepartie, l'acquéreur reversera 1,50€ par mois de surface habitable.
05:27D'accord.
05:28Et donc l'acquéreur, je le rappelle, détient le bâti, les murs.
05:30Tout à fait, tout à fait.
05:32Et du coup, ce logement doit être la résidence principale.
05:37D'accord.
05:37Pas possible de le louer ?
05:38Non, pas possible de le louer.
05:40Pour ceux qui sont en mutation professionnelle, c'est le seul frein, mais...
05:44Oui, parce que s'ils doivent laisser leur logement,
05:45ils seront obligés de revendre du coup les murs, c'est ça ?
05:48C'est ça, oui.
05:49Parce qu'en fait, il y a quand même cet attrait sur le prix.
05:52Un T3, pour exemple, dans le libre, sur ce micro-marché, c'est 311 000€.
05:57En BRS, c'est 200 000€.
05:58Ah oui.
05:59Donc en mensualité de prêt, avec un apport moyen de 40 000€, c'est 1 000€.
06:04Alors que sur du libre, c'est 1 600€.
06:07Donc clairement, les capacités d'absorption et le pouvoir d'achat sont favorisées grâce au BRS.
06:12Est-ce que c'est destiné à des ménages qui n'auraient pas pu être propriétaires autrement ?
06:17Ah ben totalement, totalement, totalement.
06:19On est sur 70% de nos ménages qui sont plutôt dans la tranche basse des classes moyennes.
06:26Donc totalement.
06:27Et puis pour rappel, quand même, 87% de la population française est éligible au BRS.
06:3187% ?
06:3287, oui.
06:34Les profils, c'est quoi ? C'est des ménages ? C'est quoi ? C'est des jeunes parents
06:38? C'est des actifs ? C'est plutôt...
06:40On a 57% des ménages qui sont dans les 57% des ménages avec enfants, dont 20% de
06:48foyers monoparentales.
06:50Donc ça aussi, on s'en félicite quand même, parce qu'être papa ou maman solo avec un enfant et
06:55pouvoir acquérir,
06:56clairement, ils n'auraient pas pu le faire dans le marché libre.
07:00Bon, après, en fonction de la granulométrie, on a aussi des personnes seules et des couples de fêtes.
07:07Mais ce qui est intéressant de noter aussi, c'est que près d'un tiers étaient locataires dans le parc
07:12social.
07:12Donc je vous parlais de la pression de la demande.
07:14Du coup, ça permet de libérer à deux ans du logement social pour atténuer, autant faire se peut, la pression
07:21sociale.
07:22Et donc le parcours...
07:23Pour faire tourner, en fait.
07:24Voilà, d'intégrer un réel parcours résidentiel.
07:27Donc un tiers vient du logement social et les deux tiers restants, ce sont des locataires, du parc privé ?
07:32Exactement, globalement, du parc privé, on doit avoir...
07:34Et là aussi, ça libère, hein ?
07:35Ah ben, totalement.
07:35Parce qu'on voit que le marché locatif est vraiment grippé.
07:37Donc c'est vrai que toute solution qui entraîne, qui accompagne à l'accession à la propriété est bonne à
07:45prendre.
07:45Ouais, d'autant que le saut de charge, la différence entre le loyer qu'il paye actuellement, dans le parc
07:52privé ou social moyen,
07:53et la future mensualité de prêt est de 175 euros.
07:57Donc pour 175 euros avec 40 000 euros d'apport, certes, de plus, je deviens propriétaire de mon logement.
08:03Je trouve ça exceptionnel dans une commune comme Lyon.
08:06Et de fait, on parlait des ménages, 56% des ménages avec enfants, ça permet quand même de lutter contre
08:12la gentrification.
08:13Et ça, c'est quand même un phénomène intéressant.
08:15Une solution très intéressante, le PRS, le bail réel solitaire.
08:18Merci beaucoup, Sandrine Mbanalet.
08:20À votre service.
08:25Dans Smartimo, nous allons discuter maintenant de régénération urbaine et de la manière dont la ville peut s'adapter au
08:31changement climatique.
08:32C'est d'actualité.
08:33Avec notre invitée, Bérangère Bouvier, qui porte une double casquette.
08:38Présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers de la région lyonnaise.
08:41Et directrice régionale de Bouygues Immobilier.
08:45Bonjour Bérangère.
08:46Bonjour.
08:46Alors, je l'ai dit, vous avez donc une vision collective de la profession et une expérience très opérationnelle du
08:53terrain sur les projets.
08:55Lorsqu'on parle de régénération urbaine, déjà, qu'est-ce que ça veut dire ?
08:58Qu'est-ce que ça recouvre concrètement ?
09:00Et en quoi c'est devenu un levier essentiel pour adapter justement nos territoires au réchauffement climatique ?
09:06Donc, régénérer la ville, c'est lui donner toute sa place dans tous les défis que nous rencontrons.
09:14Que ce soit les défis en effet climatiques, mais aussi sociologiques, démographiques.
09:19Et donc, notre rôle en tant que maître d'ouvrage, promoteur, c'est vraiment d'anticiper ces évolutions pour que
09:28les villes d'aujourd'hui,
09:29et que nous concevons aujourd'hui, puissent embrasser tous ces défis.
09:35Et concrètement, on travaille notamment sur la place du bâti, mais aussi comment on régénère les sols sur lesquels vont
09:42s'appuyer les projets immobiliers,
09:44soit qu'ils existent déjà ou qu'ils soient de la construction neuve.
09:49Donc, la régénération, c'est à la fois la place du sol et la place du bâti.
09:53Alors, on va prendre un exemple pour que ce soit encore plus concret.
09:56C'est celui, l'exemple de l'ancienne friche industrielle Nexence, dans le 7e arrondissement à Lyon.
10:02Donc, vous travaillez, vous intervenez justement à la fois comme aménageur et comme promoteur.
10:08On part donc là, pour cet exemple, d'un site qui est pollué et très largement imperméabilisé, avec beaucoup de
10:15béton.
10:16Comment, justement, on peut recréer des sols vivants et transformer cette friche, justement, en véritable îlot de fraîcheur pour tout
10:24un quartier, en fait ?
10:25Donc, en effet, cette friche du PUP Nexence, c'est un projet urbain partenarial, à la fois avec la ville
10:32de Lyon, la métropole de Lyon et Bouygues Immobilier, en tant qu'aménageur et promoteur.
10:37Nous avons acquis ce terrain il y a quelques années.
10:39Ce terrain, il fait 4,1 hectares, donc c'est vraiment un morceau de ville au pied du métro et
10:45au pied de l'école de management de Lyon, donc vraiment dans sa centralité.
10:49Et comme vous le disiez, c'était une friche industrielle qui a accueilli des activités industrielles polluantes, l'entreprise des
10:57câbles de Lyon, pendant de nombreuses années.
11:00Et donc, ce site, particulièrement ingrat parce qu'une galette complètement imperméabilisée,
11:05la première réflexion que nous avons eue sur cette opération, c'est comment, avant de parler bâtiment, on va installer
11:11les conditions au sol pour que ce projet, en plein cœur de ville, puisse être un vrai îlot de fraîcheur
11:19accessible à tous.
11:20Et donc, c'est vrai qu'on a eu une demande particulièrement forte des collectivités, et notamment la ville de
11:25Lyon, en disant, mais à cet endroit-là, comment retrouver un parc urbain ?
11:30Donc, concrètement, sur ces 4,1 hectares, aujourd'hui, on va avoir plus de 60% des espaces au sol
11:35qui vont être des espaces redonnés à toutes et tous pour le quartier,
11:39avec 1,4 hectare de parc en pleine terre et des espaces publics de la métropole de Lyon avec des
11:46cheminements et des accès.
11:47Et finalement, dans ce grand parc, finalement, avec la régénération de sol, donc on a fait de la dépollution, on
11:55a vraiment été attentifs à tout ça, on recrée 44% de pleine terre.
11:59Donc, vous en aviez zéro, et après le projet urbain, on aura 44% de pleine terre, vraiment accessible à
12:06tous, avec un sol régénéré.
12:08Et ce que je peux dire sur cet îlot, c'est que pendant la phase de travail avec les collectivités,
12:14nous avons installé un jardin démonstrateur, vraiment, d'à peu près 100 mètres carrés.
12:19Nous en avons fait un suivi écologique, météorologique, hygrométrique pendant 3 ans.
12:26Et au bout de ces 3 années, on voit que plus d'une cinquantaine d'espèces faunes et flores se
12:31sont installées naturellement et spontanément.
12:33Donc, on voit qu'on a recréé...
12:35Ça attire, en fait, des animaux.
12:38Voilà, c'est ça, des animaux, plein d'espaces du vivant.
12:41Et donc, on se dit que ça, c'est une formidable expérimentation, puisqu'à l'échelle de 100 mètres carrés,
12:45si on a constaté ça, à l'échelle de plus d'un hectare,
12:48on va vraiment avoir cet espace qui est, au-delà d'être rafraîchi, puisqu'il apporte vraiment de la fraîcheur,
12:54en ressenti, on va reconstituer un écosystème de biodiversité.
12:58Alors, la régénération urbaine, elle se joue sur différents niveaux.
13:01Donc, on l'a dit, là, au niveau du quartier, au niveau de l'immeuble, au niveau du bâtiment entier,
13:05puis au niveau des logements.
13:06Comment vous concevez aujourd'hui des logements qui sont réellement adaptés au réchauffement climatique ?
13:10Encore une fois, on l'a vu ces derniers temps, sans recourir systématiquement à la climatisation.
13:16Donc, en effet, on est plutôt favorable à des solutions qui sont des solutions passives,
13:22et donc en travaillant très tôt, dès la phase de conception, avec les architectes, avec les urbanistes, avec les bureaux
13:27d'études aussi,
13:29pour avoir des solutions très pratico-pratiques.
13:32Donc, ça passe par de l'architecture bioclimatique pour installer le bâtiment avec les bonnes orientations.
13:37Et ensuite, concrètement, on va créer des logements qui sont bi-orientés ou traversants,
13:42donc pour la ventilation naturelle. On va équiper certains logements de brasseurs d'air pour apporter cette ventilation complémentaire.
13:50On travaille sur l'infiltration des eaux à la parcelle. On travaille sur les brises soleil orientables en fonction des
13:56expositions,
13:56pour qu'en permanence, dans son bâtiment, dans son logement, on puisse avoir vraiment cette qualité de vie toute saison,
14:04tout temps.
14:06Et que ce soit aussi l'hiver, parce qu'on parle beaucoup là des bouilloires thermiques.
14:11On parle aussi des parsoies thermiques.
14:14Donc, en fait, ces bâtiments, parce qu'ils sont pensés très tôt, ils prennent en compte des solutions
14:19qui permettent de ne pas forcément avoir recours à des solutions de climatisation, par exemple.
14:24Alors, adapter la ville, c'est aussi anticiper l'évolution des bâtiments, l'évolution des modes de vie.
14:30Alors, vous insistez sur deux notions, la réversibilité des bâtiments et l'évolutivité des bâtiments.
14:36C'est deux choses différentes, c'est deux notions différentes.
14:37Est-ce que vous pouvez rapidement nous dire quelles sont justement les différences ?
14:42Donc, quand vous parliez de régénération, on est aussi dans la transformation des usages.
14:46On a un certain nombre de bâtiments existants dans la ville qui ont eu un usage industriel ou du bureau
14:52et qui ne sont plus forcément adaptés.
14:54Donc, on regarde systématiquement si ces bâtiments qui existent déjà peuvent être transformés, reconvertis avec un nouvel usage.
15:02Ça, c'est le premier exemple.
15:04Donc, là, on est dans la transformation, la reconversion.
15:06Et ensuite, on a l'évolutivité.
15:08Ça, c'est pour se dire que les bâtiments en construction neuve aujourd'hui, ils vont permettre peut-être d
15:14'accueillir des usages futurs plus tard,
15:15mais surtout déjà s'adapter aussi à la sociologie, à la démographie.
15:19Donc, un exemple très concret, une résidence étudiante aujourd'hui pourrait devenir une résidence de personnes âgées ou du logement
15:25familial plus tard,
15:26si et seulement si on l'a conçu pour y arriver, c'est-à-dire avoir, par exemple, des cloisons
15:31très…
15:32Donc, des logements modulables.
15:33Exactement, modulables.
15:34Eh bien, merci beaucoup, Bérangère Bouvier.
15:41Dans Smartimo, nous allons maintenant nous intéresser à la manière dont un bailleur social peut lutter contre les îlots de
15:47chaleur urbain,
15:47notamment avec la renaturation de son parc, avec notre invitée, Anne Canova,
15:52qui est directrice régionale Auvergne-Rhône-Alpes de CDC Habitat.
15:55Bonjour, Anne.
15:56Bonjour.
15:57Alors, avant de rentrer dans le vif du sujet, pouvez-vous nous présenter CDC Habitat,
16:01nous parler de vos missions, et puis plus particulièrement des missions de votre direction interrégionale ?
16:07Alors, nous nous définissons comme un opérateur global de l'habitat d'intérêt public.
16:11On est une filiale de la Caisse des dépôts.
16:13Et donc, à ce titre, on gère plus de 500 000 logements à l'échelle nationale.
16:17Et sur la région, c'est près de 25 500 logements, 300 collaborateurs, voilà, sur toute la région,
16:22plutôt sur les grandes agglomérations où il y a une forte tension en matière de logement.
16:29Notre stratégie, elle repose sur trois piliers.
16:32D'abord, la production de logements, puisque notre enjeu, c'est vraiment de produire et de fournir au plus grand
16:38nombre un logement abordable.
16:40Notre deuxième pilier, c'est évidemment d'avoir une gestion irréprochable, d'avoir la meilleure gestion possible.
16:47C'est la base du métier.
16:48Et puis, également, le troisième pilier, c'est d'atténuer et de nous adapter au changement climatique.
16:55Et alors, justement, vous venez d'intervenir sur la lutte contre ces îlots de chaleur par la renaturation.
17:01Quels sont les principaux enjeux de vos actions de renaturation et quels sont les effets bénéfiques, justement, bénéfiques marquants pour
17:09vos clients locataires ?
17:11Alors, ce qu'on peut dire déjà, c'est que cette idée de renaturation, elle s'inscrit dans une stratégie
17:15plus globale d'adaptation au changement climatique.
17:18Il faut savoir que sur la région, on a quatre éléments climatiques importants qui s'abattent sur nous et qui
17:23seront de plus en plus forts d'ici 2050.
17:24C'est effectivement la chaleur, les vagues de chaleur, les vents violents, les inondations et puis le retrait gonflement des
17:33argiles.
17:34Et donc, sur ces quatre volets-là, on essaye d'agir pour faire en sorte que notre patrimoine soit résilient
17:39et puisse supporter ce climat de 2050.
17:42Donc, pour ça, on analyse tout notre patrimoine et d'ici l'année prochaine, on espère avoir analysé 25%
17:47de notre parc pour ensuite conduire les bonnes actions qu'on a déjà démarrées pour rendre ce patrimoine résilient.
17:53Et donc, un des sujets, c'est la lutte contre les îlots de chaleur urbains, contre ces vagues de chaleur.
17:58On les connaît en ce moment et donc, évidemment, c'est important pour finalement rendre notre patrimoine toujours plus attractif
18:06puisque d'ici 2050, par exemple, dans le centre de Lyon,
18:09quelle sera la capacité des ménages à rester en centre-ville à cause de ces vagues de chaleur ?
18:14Et nous, notre patrimoine s'y situe et donc, il faut qu'il conserve finalement son attractivité.
18:18Et donc, un des leviers importants, alors il y en a d'autres, je pourrais parler des brasseurs d'air,
18:22je pourrais parler des occultations solaires, de l'isolation thermique.
18:26Mais l'un des points qui nous semblent importants aujourd'hui, sur lequel nous voulions intervenir, c'est le sujet
18:30de la renaturation.
18:32Puisque la nature en ville, elle a d'importants bénéfices.
18:35D'abord, elle permet d'apporter des îlots de fraîcheur, de rapporter de la biodiversité.
18:40La biodiversité a aussi un rôle à jouer en ville.
18:43Ça a aussi un rôle sur la santé mentale de nos locataires, ça c'est important.
18:48Oui, il y a une étude qui est sortie récemment.
18:50Effectivement, et l'OMS conseille de vivre à proximité d'espaces verts, donc ça y participe.
18:55Et puis, évidemment, ça a aussi un impact sur le lien social.
18:59C'est très important, nous, en tant que bailleurs, créer du lien entre nos locataires.
19:04Oui, c'est vrai qu'aller se promener dans ces espaces verts, forcément, on peut rencontrer d'autres locataires.
19:09Voilà, faire des projets, des fêtes de voisins, etc.
19:12Dès lors qu'on a un espace qui y contribue.
19:14Alors concrètement, on a bien compris ce que ça voulait dire, la renaturation.
19:18Comment vous intervenez maintenant sur votre parc immobilier ?
19:21Comment ça se passe pour renaturer, justement ?
19:23Donc là, on est en train de réaliser un plan stratégique végétal.
19:27Il faut savoir que tous les bailleurs, on a des plans stratégiques patrimoine
19:31pour savoir où intervenir sur notre patrimoine.
19:33Et nous, on est en train de réaliser notre plan stratégique végétal
19:35pour finalement croiser les données de îlots de chaleur
19:40avec ceux des capacités qu'a notre parc immobilier à être renaturées, justement.
19:44Donc on va regarder si on a de la pleine terre,
19:47si on a des espaces en bitume qu'on peut décrouter,
19:51si on peut replanter.
19:53Donc là, on est dans une phase d'analyse.
19:55Et puis, on a commencé aussi quelques premières actions.
19:58J'imagine que après, c'est au cas par cas.
20:00Est-ce que vous avez justement un projet assez marquant, assez symbolique,
20:04on va dire, à nous présenter ?
20:05C'est vrai que notre première action, elle nous plaît beaucoup.
20:08C'est en plein centre-ville, quai Rambo à Lyon 2.
20:11Donc on est vraiment dans un immeuble tout fermé
20:13avec une cour intérieure qui était entièrement en bitume.
20:16Et là, on a mené un projet avec les locataires,
20:19avec les collaborateurs et avec une société qui s'appelle Pistil,
20:22qui nous a aidés.
20:23Et on a donc décrouté ce bitume-là sur certains espaces
20:27qui le permettaient pour y faire des massifs de plantes,
20:31des arbustes.
20:32Alors, on n'est pas dans des grands arbres
20:33parce que la profondeur de sol ne nous le permettait pas.
20:36Mais on est quand même sur une densité arbustive plutôt sympa.
20:39Et donc, toutes ces actions-là ont été menées avec les locataires.
20:42Donc, ce qui a permis aussi entre eux de faire connaissance,
20:45de créer du lien.
20:46Et donc, on a décrouté, on a planté tous ensemble.
20:49Et cette action est assez symbolique
20:50puisque justement, elle rejoint vraiment l'ensemble de nos ambitions
20:53sur un tout petit site.
20:54C'est hyper modeste, mais plutôt sympa.
20:58Et c'est vrai que le jardinage, planter des plantes,
21:00ça crée des liens.
21:00Pour terminer, quelles sont les prochaines étapes
21:03de votre initiative sur la région Auvergne-Rhône-Alpes ?
21:05Eh bien, on va poursuivre la mise en place
21:07de notre plan de stratégie végétale
21:09avec d'ailleurs le soutien de la Banque des Territoires
21:11qui nous finance sur ce programme.
21:14Et puis, voilà, maintenant, l'idéal,
21:15ce serait vraiment que j'aimerais, moi,
21:17que chacun de mes collaborateurs
21:18prenne en charge un petit projet
21:20sur son parc immobilier
21:21et lance une initiative qui lui est propre.
21:24Il y a plein de choses à inventer,
21:25pas toujours très coûteuses,
21:26mais toujours très gagnantes,
21:28voilà, sur le plan humain.
21:31Et voilà, je pense que d'agir ainsi
21:34pour la nature en ville,
21:36c'est à la fois plein de promesses
21:37pour l'avenir et puis aussi se faire du bien.
21:40Et c'est vrai que chaque petite chose,
21:42quand on met tout...
21:43Ah, je crois beaucoup aux petites actions,
21:45telles le colibri, n'est-ce pas ?
21:46On en parle souvent, mais ce n'est pas un 20 mots.
21:47Eh bien, merci beaucoup, Anne Canova.
21:54Dans Smartimo, nous allons nous intéresser maintenant
21:56au rôle que peut avoir le commerce
21:59dans la transformation des territoires
22:01à travers notamment un projet à Bron.
22:03Et pour en parler, notre invité,
22:05c'est François Roux,
22:06directeur des opérations, aménagements et promotions
22:08chez Noud.
22:10Bonjour, François.
22:11Bonjour.
22:11Alors, avant de revenir justement
22:13sur ce projet à Bron,
22:15est-ce que vous pouvez nous présenter Noud
22:17ces différentes activités
22:19et les missions que vous exercez justement
22:21auprès des territoires ?
22:22Eh bien, Noud est une société
22:24de services immobiliers à 360,
22:26comme on pourrait le dire,
22:28avec quelques métiers principaux
22:31qui sont notamment les métiers du property,
22:34avec l'asset management,
22:35la gestion de site, le syndic.
22:38Nous avions une deuxième ligne de métier
22:40qui est le capital market,
22:41avec une activité de recherche de financement,
22:45de brokerage aussi,
22:47et de recherche d'investisseurs.
22:48Et puis, nous avons le troisième métier
22:51qui est l'aménagement et la promotion
22:52qui se scinde en deux parties.
22:54Une partie patrimoine,
22:56c'est-à-dire qu'on va intervenir
22:57sur des patrimoines existants
22:58pour des foncières qui vont conserver l'actif.
23:01Et puis, la partie aménagement et promotion
23:04à laquelle j'appartiens,
23:05qui est assez classique
23:06et qui s'occupe de réaliser
23:07des opérations de promotion.
23:08Alors, on va parler du projet Bio Sabron.
23:10De quoi s'agit-il concrètement
23:12et quelle ambition est portée justement
23:14par ce projet ?
23:16Alors, Bio, c'est à la fois une longue histoire
23:18et une courte histoire.
23:19Mais l'idée, c'était de remplacer
23:21une friche commerciale
23:22à la suite d'un déplacement
23:23d'un magasin de bricolage
23:24sur une autre partie
23:26de l'agglomération lyonnaise
23:27et d'essayer de profiter de cette opportunité
23:29qui était au départ une mauvaise nouvelle
23:30pour faire un projet vertueux,
23:32inscrit dans son temps,
23:33avec tout un tas de composantes vertueuses
23:37afin de pouvoir, quelque part,
23:40régénérer ce périmètre.
23:42Donc, on a commencé à travailler
23:45sur différents sujets
23:46en s'interrogeant sur qui on avait autour de nous,
23:49comment on pouvait interagir.
23:50Puis après, la programmation,
23:52la forme urbaine, l'architecture
23:53et puis évidemment,
23:54tout un tas d'éléments liés
23:56au développement durable,
23:57à la renaturation,
23:58dans l'idée de faire quelque chose
24:00qui est une première pierre
24:02et une transformation plus vaste.
24:04Alors, justement,
24:04comment on passe concrètement d'un site ?
24:06On l'a compris, initialement,
24:07pensé autour du commerce,
24:09à un projet urbain plus mixte,
24:10avec des usages différents,
24:12avec, par exemple, des logements,
24:13avec des bureaux, possiblement.
24:16Comment on est capable de répondre,
24:17justement, aux attentes des futurs habitants ?
24:20Alors, en fait, on a chez nous
24:23une espèce de processus
24:24qui peut durer quelques mois
24:25et qui s'appelle la vision
24:26et qui nous permet de poser
24:28un petit peu des hypothèses
24:29et d'avoir un regard dézoomé
24:32sur notre environnement,
24:33avec qui on peut interagir.
24:34Par exemple, sur Porte des Alpes,
24:36nous sommes à proximité d'une université,
24:38nous sommes également à proximité
24:40d'un hôpital,
24:41il y a une zone d'activité.
24:42Donc, on s'interroge sur comment
24:44transformer notre site à long terme
24:46en essayant de constituer
24:47une pièce d'un puzzle urbain
24:49qui pourrait interagir
24:50et renforcer les forces présentes
24:51du territoire.
24:52Et puis après, on décline
24:53ces grandes ambitions
24:54en petits territoires de projet
24:56qu'on essaye de mener à bien
24:58dans une logique long terme.
25:00Alors, ce projet, on a bien compris,
25:02implique plusieurs parties prenantes,
25:04plusieurs acteurs,
25:05bien différents les uns des autres.
25:06Comment, justement,
25:08cette coopération s'organise-t-elle ?
25:10J'imagine que ce n'est pas forcément facile.
25:13Ça demande peut-être certaines choses,
25:17certains compromis,
25:19mais quoi que...
25:19Il y a toujours de la compromission,
25:21c'est évident.
25:22Alors, ce qui se passe,
25:23c'est que tout simplement,
25:24on travaille en toute transparence
25:25avec, évidemment, la ville,
25:28la ville voisine,
25:28puisque le site est à cheval
25:30sur la ville de Brun et de Saint-Priest.
25:32Donc, c'est sur deux communes,
25:33en fait, ça concerne deux communes.
25:34Absolument.
25:35Et donc, en fait,
25:35on fait des petits groupes de travail,
25:37des comités techniques
25:37et des comités de pilotage
25:39auxquels les élus viennent assister
25:42et puis nous disent,
25:43ben voilà, c'est bon,
25:43vous pouvez continuer dans cette voie, etc.
25:45Donc, c'est un projet qui, finalement,
25:46s'est plutôt bien passé
25:47parce qu'il y a une tendance générale
25:50qui percute tout le monde.
25:52C'est aujourd'hui le fait
25:54qu'on ne peut pas faire
25:54comme on faisait avant
25:55et qu'il faut absolument
25:57introduire dans nos projets
26:01de la mixité,
26:02de la renaturation,
26:04de la construction vertueuse, etc.
26:05Et dès lors qu'on a amené
26:06ce type de projet,
26:07alors, on a pu véritablement,
26:09je dirais, embarquer tout le monde.
26:11Donc, tout le monde va
26:11dans le même sens, en fait.
26:12Il n'y a pas de climato-sceptique,
26:15il n'y a pas de personnes
26:16qui s'opposent, justement,
26:17à ces...
26:18C'est dans le...
26:19On va dire, dans le courant de...
26:21Non, parce que je crois
26:23que tout le monde, aujourd'hui,
26:24et ces derniers jours,
26:25peut constater que, de toute façon,
26:26le réchauffement climatique,
26:28c'est une réalité.
26:29À partir du moment
26:30où vous avez un projet
26:32qui est plus vertueux,
26:34plus accueillant,
26:35il y a des aménités,
26:37personne ne peut s'opposer à ça.
26:38Quand vous produisez
26:38de l'énergie photovoltaïque,
26:40personne ne peut s'opposer à ça.
26:41Quand vous densifiez,
26:42quand vous profitez
26:43de l'efficacité foncière au maximum,
26:45personne ne peut s'opposer à ça.
26:46Et quand vous amenez,
26:47en plus, des fonctions
26:48qui n'existent pas
26:49sur un site,
26:50justement, dans l'idée
26:51de pouvoir, petit à petit,
26:52mixer les usages et les publics,
26:54personne ne peut s'opposer à ça.
26:56Justement, qu'est-ce qu'on peut dire
26:57de ce projet BIOS,
26:58ce beau projet BIOS,
27:00concernant l'attractivité de Brons ?
27:02Est-ce que ça va justement
27:05augmenter cette attractivité ?
27:06Est-ce que ça va là ?
27:08Ce serait prétentieux
27:09de dire que ce site-là
27:10va absolument révolutionner
27:12la vie des brondillants
27:13et des sempriots.
27:14Ça peut donner envie.
27:15Alors, effectivement,
27:16ce qu'il faut voir,
27:17c'est que ce projet,
27:18en tout cas, on l'espère,
27:18c'est une première pierre
27:20à une transformation plus vaste.
27:21Ce projet, en tant que tel,
27:23a même une phase 2 possible
27:25parce qu'on peut densifier,
27:26on peut construire dessus.
27:28La raison pour laquelle
27:28on ne l'a pas fait aujourd'hui,
27:30c'est que le PLU ne nous le permet pas.
27:31Ce qu'il faut retenir de ce projet,
27:34c'est que c'est une nouvelle amorce,
27:36une architecture assez disruptive
27:38sur deux niveaux,
27:39ce qui est rarissime
27:39sur un centre commercial de périphérie
27:41et puis des matériaux,
27:44des principes vertueux
27:45en matière d'aménagement
27:46qui doivent préfigurer la suite.
27:48Donc, BIOS n'est pas une fin en soi.
27:50BIOS ne va pas changer
27:51la vie quotidienne des gens.
27:52Mais BIOS est réplicable ?
27:53Alors, BIOS est non seulement réplicable,
27:55mais BIOS est évolutif.
27:56Et donc, dans ce cadre-là,
27:58on pense, en tout cas on espère
27:59que ça créera, je dirais,
28:02une sorte d'engouement et de curiosité.
28:03Merci beaucoup François Rau.
28:05Merci.
28:05– Sous-titrage Société Radio-Canada
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