00:06Smart Ideas, c'est notre rubrique consacrée aux start-up éco-responsables.
00:09J'accueille Douglas Bertin, bonjour.
00:11Bonjour.
00:11Co-fondateur de Calyx avec Quentin Germes, l'écrit en 2024.
00:15Avec quelle idée, racontez-moi ?
00:16Avec l'idée un peu folle de récupérer des déchets et au lieu de les mettre à la poubelle,
00:22de les récupérer et d'en créer une ressource stratégique pour demain.
00:26Ce déchet, donnez-le-moi, c'est une coquille d'huître.
00:30Qu'est-ce que ça devient, une matière première industrielle ?
00:32Racontez-moi comment vous faites.
00:34Exactement.
00:34La coquille d'huître, ce qu'il faut savoir, c'est du carbonate de calcium, du calcaire.
00:38C'est présent absolument partout dans l'industrie, aussi bien cosmétiques, plasturgies, peintures, BTP.
00:43Et nous, on la valorise, on récupère un déchet issu de la perte austréicole,
00:48à cause du réchauffement climatique, issu de la consommation.
00:51On la récupère, on la traite et on la valorise en poudre, comme ça, ou en flocons.
00:57Alors, donnez-les-moi, je vais les montrer, parce qu'il faut les montrer un peu haut.
01:00Donc ça, c'est de la poudre ?
01:01Poudre pour la cosmétique, la plasturgie, la peinture.
01:05Ou flocons.
01:05Ou flocons pour le BTP qui remplace le gravier, le paysagisme, l'agriculture, la viticulture.
01:11Mais alors là, c'est un packaging juste pour le montrer.
01:13Est-ce que vous avez déjà les clients, vous en êtes où, du développement de Calyx ?
01:17Aujourd'hui, on a mis en place une preuve de concept industriel sur le bassin d'Arcachon.
01:22Donc, on a conceptualisé une usine qui est sortie de terre là.
01:27Maintenant, aujourd'hui, on appuie sur un bouton et ça tourne.
01:29On est en phase de commercialisation.
01:31On a déjà des premiers clients.
01:33Et go, il n'y a plus qu'à.
01:35Bon, quels sont les secteurs les plus intéressés aujourd'hui ?
01:38Les meilleurs prospects ?
01:39Les meilleurs prospects sont dans le BTP, sont dans la peinture, la plasturgie, la nourriture pour les poules.
01:45C'est très vaste, mais c'est pour ces premiers secteurs-là.
01:49Et vos premiers clients ?
01:50Viticulture.
01:51Non, ma première cliente a été une personne dans le paysagisme qui m'a fait confiance.
01:56J'ai broyé, lavé, séché, livré moi-même à 20h ma première tonne de coquilles d'huîtres avec cette super
02:04cliente.
02:05Et qu'est-ce qu'elle en a fait ?
02:06Un parking.
02:07Elle en a fait un parking devant son cabinet, devant chez elle.
02:12Vous avez aussi avec vous, c'est quoi ? C'est une sorte de béton ?
02:16Exactement.
02:17Parce que ça, c'est la face cachée de l'iceberg.
02:22Parce qu'en fait, la coquille d'huître, elle est dans l'eau.
02:24On la sort pour la consommer et on jette cette coquille d'huître ou on l'enfouit.
02:28Nous, on a décidé d'arrêter cette hérésie écologique et économique.
02:31Et on s'est rapproché des biologistes et ils nous expliquent que c'est la matière la plus optimisée pour
02:38capter les espèces marines.
02:39Pour que ça soit un support de vie dans l'eau.
02:42Donc l'huître est un support, la biodiversité vient dessus.
02:44Et on s'est dit, mais il faut la remettre dans l'eau, de manière écologique et économique.
02:49Et du coup, on a dû trouver un liant, une colle.
02:52Sauf qu'il n'y avait rien qui était satisfaisant pour la biodiversité, pour recréer de la vie.
02:58Du coup, on a créé notre propre ciment.
03:00Un ciment, sans ciment.
03:01On a fait fort.
03:02On n'a pas besoin de chauffer.
03:03D'accord.
03:04Pas de produits chimiques.
03:05Et on est spécialisé pour faire des bétons qui vont dans l'eau.
03:09Dans le domaine maritime, dans le domaine aquacole, dans le domaine aquatique.
03:14Donc aquatique et dans tout ce qui touche à l'eau, nos bétons sont spécialisés dans cette classification-là.
03:22Et alors là aussi, c'est quel type de débouché ?
03:24Là, ça va être très très très large.
03:26On ne s'en va pas trop voir compte.
03:27Mais par exemple, ici à Paris, les quais de Seine, c'est des bétons spécialisés dans l'eau.
03:32Donc avec une classification spécifique.
03:33Donc ça, des récifs artificiels, des ponts, des ports, des quais.
03:39Ça va être très très vaste, mais jusqu'à la canalisation d'eau.
03:41Ou des bassins de rétention, par exemple.
03:45Est-ce que vous avez travaillé avec des scientifiques, des instituts pour aboutir à ces solutions ?
03:49Exactement.
03:49Ça n'est pas sorti du chapeau.
03:51Même si on a commencé dans un garage, dans une chambre étudiante.
03:56On a travaillé main dans la main avec l'IFROMER sur la partie biologie marine.
04:01Donc tous nos tests depuis maintenant 5 ans sont testés en mer in situ avec l'IFROMER.
04:05Et la partie chimie, parce que je ne suis pas chimiste.
04:09Je suis ingénieur, mais pas chimiste.
04:10On a travaillé avec le CNRS.
04:13Mais principalement, on a innové en interne pour pouvoir développer ce ciment après 5 ans de R&D.
04:205 ans de R&D, ça veut dire quoi ?
04:22Beaucoup d'itérations ?
04:23Beaucoup d'échecs ?
04:24Énormément d'échecs.
04:26L'échec permet d'avancer, de progresser.
04:28De se relever, il faut savoir se relever.
04:29C'est l'entrepreneuriat.
04:30Beaucoup d'échecs, mais ce n'est pas des échecs, parce qu'on est passé de 5 ans de formulations,
04:34de cols, de liens différents, à itérer comme ça.
04:38Et c'est la biodiversité qui a fait son choix et nous a amenés sur ce ciment-là, qui est
04:45un ciment...
04:46Donc vraiment, on ne chauffe plus à 1500 degrés comme traditionnellement.
04:49Ça, c'est effectivement, en termes d'impact environnemental, c'est majeur.
04:52On façonne à froid.
04:53Donc c'est un peu la nouvelle génération des bétons.
04:57Et en fait, pourquoi je vous amène de la coquille d'huître ici ?
04:59Parce que ça remplace le sable et le gravier, en partie, pour arriver avec des applications où la biodiversité doit
05:06revenir sur les constructions.
05:07Sur des digues, par exemple, quand tout va être détruit, sur des areas of shore, sur des récifs artificiels.
05:13Parce que le sable, en fait, est dans les fonds marins.
05:15On drague les fonds marins pour pouvoir construire ce qui n'est plus possible, parce que la biodiversité en déclin.
05:20Et du coup, on le remplace par le sable de coquille d'huître.
05:23Ça vous donne la idée.
05:24On termine là-dessus.
05:24Quelle perspective de développement, là ? Vous voyez où dans 5 ou 10 ans ?
05:27Dans 5 ou 10 ans, notre modèle, en fait, est de créer des mini-usines duplicables, pour éviter de faire
05:33convoyer la coquille d'huître, qui a un taux de 50%.
05:35Donc monter plusieurs usines, travailler avec les ostréiculteurs, avec les paysans de la mer, parce que c'est leur déchet,
05:41et issu de la perte qu'on récupère et qu'on valorise.
05:45Donc vraiment mettre l'ostréiculture et les ostréiculteurs au centre de ça.
05:48Et après, changer la donne avec un nouveau ciment qui n'a plus besoin d'être chauffé à 1500 degrés,
05:53éviter cette hérésie écologique et économique, et créer de l'emploi.
05:57Donc faire de l'impact écologique, économique et sociétal.
06:00Voilà les piliers de la boîte.
06:01Merci beaucoup.
06:02Belle ambition, Douglas Bertin.
06:03Bon vent à Calyx.
06:05Voilà, c'est la fin de ce Smart Impact.
06:07Merci à toutes et à tous de votre fidélité.
06:09à la chaîne des affaires, à la chaîne des audacieuses et les audacieuses.
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