00:00...
00:06Monsieur le Premier ministre, la canicule de 2026 est la plus intense et la plus précoce jamais mesurée.
00:12Et elle est le fruit de votre politique.
00:14Installation du terminal métanier perpétue en notre dépendance au gaz.
00:17Baisse de 70% du tronc vert.
00:20Soutien au projet autoroutier, démantèlement de notre industrie photovoltaïque.
00:24La France contribue certes moins, mais elle contribue à aggraver le réchauffement climatique
00:28qui a provoqué ces vagues de chaleur.
00:30En 2023, le Conseil d'Etat a constaté l'insuffisance des politiques climatiques.
00:35En 2024, le Haut Conseil pour le climat appelait un sursaut collectif.
00:38En mars de cette année, il alertait sur le manque de crédibilité des moyens alloués
00:43pour respecter nos objectifs climatiques.
00:45Alors pourquoi cette obstination a tous nous emmené dans le mur ?
00:49Parce que certains pensent que l'argent les protège, qu'ils peuvent se créer une bulle de confort.
00:53Depuis dix jours, cette bulle, elle éclate.
00:55Tous, nous endurons la chaleur.
00:57Mais il y a ceux qui en souffrent, et il y a ceux qui en meurent.
01:00Et cela encore, c'est votre responsabilité.
01:0333 000 décès entre 2014 et 2022 dus à la chaleur, et vous n'avez rien anticipé.
01:08Pire, votre politique a affaibli nos défenses collectives et a tout empiré.
01:13Ce sont des classes où il y a 33 élèves qui s'entassent alors qu'il fait 36 degrés.
01:17Des hôpitaux saturés, surchauffés, où des nouveaux-nés convulsent.
01:21Des funérariums qui refusent des corps, des personnes âgées,
01:24des malades en psychiatrie qui aujourd'hui meurent de déshydradation et de solitude.
01:28Des familles entières entassées dans des bouilloires thermiques où parfois il fait plus de 40 degrés.
01:33Sous votre gouvernement, la canicule s'est transformée en violence politique.
01:38Monsieur le gouvernement, quand allez-vous cesser de nier votre responsabilité dans ce qui arrive aujourd'hui ?
01:43Merci beaucoup Madame la Présidente Châtelain.
01:47La parole est à Monsieur le Premier Ministre.
01:49Merci beaucoup Madame la Présidente de l'Assemblée Nationale.
01:52Mesdames et Messieurs les députés, Madame la Présidente Châtelain,
01:55avant toute chose et avant de vous répondre,
01:58j'aimerais avoir une parole au nom du gouvernement
02:02et redire notre émotion pour l'ensemble des victimes, des familles, de leurs proches
02:08et aussi parce que vous ne l'avez pas fait,
02:10saluer l'engagement remarquable des services de l'État,
02:13des soignants qui font tenir l'hôpitaux,
02:16des pompiers, du corps préfectoral, des policiers, des gendarmes.
02:21On peut critiquer le gouvernement,
02:23mais je vous entends dans les médias depuis plusieurs jours
02:26semer le doute sur l'action de l'État
02:28et l'État, il tient face à chaque crise.
02:35La deuxième des choses,
02:40Madame la Présidente,
02:42je ne souhaite pas polémiquer.
02:44C'est votre question qui a introduit cette polémique.
02:48Et je vais vous dire,
02:49je pense que vous vous tirez une balle dans le pied
02:51en cherchant une polémique purement politicienne
02:53sur cette question particulièrement grave.
02:56La première des choses,
02:58en bon républicain,
02:59j'ai la faiblesse et l'humilité
03:01qui ne m'a pas semblé
03:04transpirer de votre propos.
03:06L'humilité de considérer
03:07que tous les gouvernements
03:09et singulièrement les gouvernements
03:10depuis le Président Chirac
03:12ont chacun, à leur mesure,
03:14fait quelque chose contre le réchauffement climatique.
03:16On ne peut pas le nier.
03:17Et le nier, c'est abîmer le consensus républicain
03:20derrière tout ça.
03:21Vous-même, votre famille politique,
03:23vous avez eu des ministres dans le quinquennat
03:25du Président de la République, François Hollande.
03:27Vous ne pouvez pas de vous-même dire
03:29que rien n'a été fait ces dernières années.
03:31Là aussi, ce qui se joue derrière,
03:33notamment entre républicains,
03:35c'est le consensus pour l'avenir sur cette question.
03:38Ensuite, pour avancer,
03:39vous ne pouvez pas dire que rien n'existe.
03:41Les planifications ont été élaborées.
03:44La première d'ailleurs en 2011,
03:46la deuxième en 2018,
03:47la troisième en 2015.
03:49Des outils existent.
03:50Le fonds vert a été créé par notre gouvernement.
03:54Merci de venir célébrer notre action.
03:57Vous avez le droit de critiquer
03:58des choix budgétaires annuels.
04:00Mais il n'y a pas un monde avant le fonds vert
04:02dans lequel il n'y avait rien
04:03et des ministres écologistes
04:05et un monde dans lequel le fonds vert
04:06aurait tout réglé.
04:08Donc, faire du fonds vert
04:09le référendum de l'inaction du gouvernement
04:12alors que nous l'avons créé
04:14a quelque chose d'absolument absurde
04:16sur le terrain politique,
04:18Madame la Présidente Châtelain.
04:19Et puisqu'on continue,
04:21je pense 4,5 milliards d'euros,
04:2425 000 projets,
04:25tout ça c'est concret.
04:26Je crois comprendre ce matin
04:2818 milliards d'euros consacrés
04:30à l'adaptation contre le changement climatique
04:33en 2021.
04:3528 milliards d'euros aujourd'hui en 2025.
04:37On peut toujours considérer
04:38que ce n'est pas suffisant.
04:39Mais d'un côté,
04:40il faut bien qu'on explique aussi
04:41aux Françaises et aux Français
04:42pourquoi on a un déficit public.
04:43Si on a un déficit public,
04:44c'est précisément parce qu'il y a
04:45des choix politiques de fait.
04:46de mettre plus d'argent.
04:48Donc pourquoi caricaturer
04:50et pourquoi traverser
04:52la réalité et la vérité ?
04:54Je crois comprendre ce matin
04:56qu'en sortie de votre réunion de groupe,
04:58vous avez demandé
04:59une commission d'enquête parlementaire
05:01sur les politiques publiques
05:03sur ou contre plutôt
05:04le réchauffement climatique
05:05et l'adaptation du pays.
05:06Je vais vous surprendre,
05:07j'y suis favorable.
05:08J'y suis favorable
05:08pour une simple et bonne raison.
05:10C'est que ça va permettre
05:11enfin d'objectiver
05:12le rôle de chacun.
05:14Et quelque chose me dit
05:15que cette commission d'enquête
05:17vous reviendra en boomerang,
05:18Madame la Présidente.
05:19Tout simplement parce que
05:20ça sera l'occasion d'établir
05:23factuellement,
05:24calmement,
05:24les faits.
05:25On en arrivera à la conclusion
05:26qu'il n'y a pas d'inaction,
05:27mais il y a un besoin
05:28évident d'accélération.
05:30Globalement,
05:31je pense qu'on peut construire
05:32un consensus
05:32sur ce besoin d'accélération.
05:34Mais la commission d'enquête
05:35ne s'arrêtera pas là.
05:36En tout cas,
05:36j'en forme le vœu.
05:37Elle doit aussi permettre
05:38de regarder l'action
05:40dans les mairies,
05:40y compris les grandes villes
05:41dans lesquelles vous présidez
05:43à cette destinée
05:44parfois depuis 2014,
05:46dans lesquelles on ne peut pas dire
05:47que le bilan soit à ce point
05:49édifiant,
05:49qu'ils servent de modèle.
05:51D'ailleurs,
05:51les électeurs
05:51vous ont plutôt
05:53battu
05:54dans certaines de ces mairies,
05:55je le crois.
05:56Donc l'humilité,
05:57là aussi,
05:57peut être contagieuse
05:58entre nous,
05:59en considérant que,
06:00là aussi,
06:01il nous faut plutôt construire
06:02du compromis
06:03et du consensus.
06:04Et la commission d'enquête
06:05parlementaire,
06:05mesdames et messieurs les députés,
06:07nous permettra aussi,
06:08peut-être,
06:09madame la présidente,
06:10de savoir pourquoi,
06:11à chaque fois
06:12qu'il y a une action
06:13à prendre,
06:14vous nous faites défaut.
06:16Programmation pluriannuelle
06:17pour l'énergie,
06:19motion de censure
06:20de la part de votre groupe,
06:21alors que l'extrême droite
06:22attaquait le gouvernement
06:23sur la décarbonation,
06:25le plan électrification,
06:26sur lequel nous n'avons pas entendu
06:27un mot de votre groupe
06:29sur ce sujet.
06:30Et c'est tout le problème
06:31entre l'écologie politique
06:32et l'instrumentalisation
06:34de l'écologie
06:34à des fins politiques.
06:36Enfin,
06:36dernier point,
06:38madame la présidente,
06:39et de notre habitude
06:41de question au gouvernement,
06:42c'est la première fois
06:43que je sors de mes gonds
06:43parce que mon dernier argument
06:45est celui-ci.
06:47D'où sortez-vous
06:48ce bilan de 10 000 morts
06:51sur lesquels,
06:52vous et les vôtres,
06:53votre collègue président Gontard
06:54au Sénat,
06:55madame la députée Rousseau,
06:57un certain nombre
06:58sont allés sur les plateaux
06:59de télévision
06:59depuis maintenant
07:00plus de trois jours
07:01en établissant
07:02un bilan humain
07:03qui est faux.
07:04C'est scandaleux,
07:06c'est indigne.
07:07Un mort est un mort de trop.
07:09Mais de grâce,
07:10si votre formation politique,
07:11qui est un parti de gouvernement,
07:13ne fait pas confiance
07:14à la Santé publique France,
07:15ne fait pas confiance
07:16à l'administration sanitaire
07:17du pays,
07:18comment voulez-vous
07:18qu'on s'en sorte ?
07:19Donc de grâce,
07:20madame la présidente,
07:21un peu de dignité
07:22et de responsabilité.
07:28Merci beaucoup,
07:29monsieur le Premier ministre.
07:37La parole est à madame
07:38la présidente Châtelain
07:39pour vous répondre.
07:40Monsieur le Premier ministre,
07:41je ne fais pas de débat
07:42sur les plateaux de télé,
07:43je n'y vais pas.
07:44Vous avez un temps de parole
07:45bien plus important que le mois.
07:46Allons débattre justement
07:48sur un plateau,
07:48vous et moi,
07:49à égalité de temps de parole,
07:50pour démonter l'ensemble
07:51de vos manchances.
07:52La canicule est politique,
07:54la canicule est politique,
07:55vous devrez en répondre.
07:56Nos maires,
07:57quand ils ont été battus,
07:58ils ont respecté les urnes.
07:59Vous avez été battus
08:00et vous êtes toujours là.
08:01Il y aura une commission d'enquête
08:02et il y aura une censure.
08:03Vous n'êtes pas à votre place.
08:05Les morts,
08:06vous les avez sur la conscience.
08:07La politique que vous donnez
08:08est une politique inégalitaire,
08:10est une politique
08:11qui aggrave
08:11de la santé climatique.
08:13Merci beaucoup,
08:14madame la présidente Châtelain.
08:17Monsieur le Premier ministre.
08:20Madame la présidente,
08:21si ce gouvernement est ici,
08:23c'est parce que le président
08:24de la République l'a nommé
08:25et qu'une majorité relative
08:26de députés le soutient.
08:27Vous censurez à chaque fois
08:28le gouvernement.
08:29Si le gouvernement n'est pas tombé,
08:30c'est parce qu'il y a
08:31une majorité de députés
08:32non pas pour le soutenir,
08:33mais pour lui permettre d'agir.
08:35Deuxième chose,
08:36madame la présidente,
08:37je ne suis pas là
08:38pour débattre
08:38ou communiquer
08:39ou bavarder.
08:40Je suis là pour agir.
08:42La seule chose
08:42que je vous demande,
08:43madame la présidente,
08:44c'est lorsque le gouvernement
08:45prend une bonne décision
08:46pour le pays,
08:48pour l'intérêt général,
08:49pour l'écologie,
08:50que vous préfériez
08:51l'intérêt général
08:51à vos alliances électorales
08:53avec la France insoumise.
08:56Merci.
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