00:07Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Bismarck, la chaîne économique qui décrypte les enjeux économiques autour du
00:14regard des décideurs économiques.
00:17Nous sommes sur le salon Eurosatory, salon dédié aux acteurs de l'industrie de la défense et pour parler de
00:25ce sujet, nous accueillons Guillaume Hu.
00:27Bonjour, vous êtes associé partenaire au sein de Archerie Stratégie Consulting, un cabinet de conseil qui accompagne notamment des acteurs
00:37industriels de la défense.
00:39Vous parlez de secteur de la souveraineté, comment vous définissiez ce secteur de la souveraineté ?
00:44Nous, en effet, Archerie Stratégie Consulting, c'est un cabinet de conseil de direction générale qui accompagne les acteurs de
00:51trois filières,
00:52trois secteurs d'activité que sont aéronautique, défense, sécurité, transport logistique et énergie.
00:58Et on voit bien que ces industries-là, ce sont des industries qui sont, entre guillemets, nécessaires à la France.
01:05On a besoin de garder une certaine autonomie stratégique au sein de la France et donc nous, on accompagne ces
01:12secteurs-là
01:13où l'État n'est jamais très loin en tant que client, en tant que donneur d'ordre ou en
01:17tant qu'actionnaire.
01:18Alors, souveraineté française, souveraineté européenne ?
01:20Eh bien, les deux, nous, on est un cabinet franco-allemand, enfin, on est né en France,
01:24mais aujourd'hui, on a des capabilities en Allemagne, donc pour nous, c'est européen.
01:28Puis, on voit, quand on voit les enjeux industriels, ça se passe à l'échelle européenne,
01:33parce qu'aujourd'hui, la Commission européenne investit beaucoup dans ce domaine.
01:37Exactement, donc aujourd'hui, on investit, enfin, on accompagne un certain nombre de clients de la défense en France,
01:43un certain nombre de clients de la défense en Allemagne, et on voit aussi qu'un certain nombre de ces
01:47clients sont franco-allemands,
01:48quand on pense au groupe KNDS, quand on pense au groupe Airbus.
01:51Donc, en fait, ils ont un pied de chaque côté dur.
01:54Alors, des acteurs, mais pas n'importe lesquels, des acteurs qui font un chiffre d'affaires supérieur à 150 millions
01:59d'euros.
02:00Vous visez vraiment les ETI, les grands groupes ?
02:02Alors, où, nous, notre positionnement, c'est plutôt, en effet, les ETI et les grands donneurs d'ordre des filières,
02:07mais on peut également accompagner un certain nombre de PME dans des cas spécifiques,
02:14et on accompagne notamment les fonds d'investissement qui souhaitent investir dans les PME de la BITD.
02:19Alors, concrètement, comment vous accompagnez ces entreprises ?
02:22À quel niveau de la filière, plutôt R&D, plutôt au moment de la production ?
02:28Alors, aujourd'hui, quand on parle des grands donneurs d'ordre de la filière défense,
02:32on les accompagne principalement, soit dans les phases de développement, en effet,
02:37soit dans les phases de ramp-up industrielle.
02:40Et aujourd'hui, les vrais sujets sur lesquels on accompagne les acteurs de la défense,
02:44c'est principalement la standardisation, ce qu'on appelle la productisation dans la politique produit,
02:49et donc cette capacité à standardiser, à modulariser ces offres pour être, je dirais,
02:54pour gagner en time to market et être plus rapidement sur le marché,
02:57puisqu'on voit qu'il y a des besoins très rapides par rapport à ce qu'on a pu connaître
03:02par le passé.
03:02Et est-ce que vos clients acceptent de standardiser leur production et leur méthode de production ?
03:07Alors, il y a un petit changement de paradigme.
03:10C'est vrai qu'historiquement, on était plutôt dans une approche projet,
03:13mais aujourd'hui, en effet, il y a plus de standardisation pour être capable de livrer en temps et en
03:19heure aux forces armées,
03:20puisque aujourd'hui, c'est un des grands enjeux.
03:22Livrer en temps et en heure, justement, vous faites la transition.
03:24On voit le retour aux portes de l'Europe des conflits à haute intensité.
03:29On peut même dire en Europe, je parle de l'Ukraine, bien évidemment, depuis 2022.
03:34On voit aussi les conflits au Moyen-Orient avec des besoins de plus en plus importants de munitions.
03:40On l'a vu via la lutte anti-drone, puisqu'il fallait essayer d'intercepter ces drones iraniens.
03:47Justement, vous parlez de besoins, de timing de production.
03:52Comment vous prenez en compte ces enjeux ?
03:55Est-ce que les clients arrivent à prendre le pas, disons, à prendre le rythme de ces besoins ?
04:01Oui, les clients, de toute façon, se mettent en condition pour le faire.
04:07Aujourd'hui, ce qu'il faut reconnaître, c'est qu'il y a deux types de situations.
04:10Il y a des situations sur lesquelles il y a des commandes fermes et les industriels se mettent en ordre
04:17de bataille pour les livrer.
04:19On a vu des commandes record de la DGA pour la France, mais aussi pour des pays alliés.
04:24Là, il y a des investissements qui ruissellent dans la filière.
04:27On parle notamment des missiles, des munitions, des drones, vous en avez parlé.
04:30Tout ça, il y a toute une structure qui se met en place pour livrer par rapport aux enjeux et
04:35par rapport aux jalons contractuels fixés avec les armées.
04:41Et puis, il y a des sujets où vous avez parlé d'économie de guerre.
04:45On n'y est pas tout à fait vraiment, mais en tout cas, il y a une préparation.
04:48Une préparation à l'économie de guerre.
04:49Comment elle pourrait se caractériser cette situation ?
04:52C'est quoi une entreprise qui est dans une situation d'économie de guerre ?
04:55Alors, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'aujourd'hui, par exemple, en France, on n'est pas en
04:59économie de guerre véritablement,
05:01contrairement à ce qu'on peut dire.
05:03Aujourd'hui, les investissements dans la défense par rapport au PIB, il est de l'ordre de 2%.
05:08Là où en Russie, il est plutôt de l'ordre de 7,5% et en Ukraine, on est plutôt
05:12aux alentours de 40%.
05:13Donc, on voit bien qu'on a un écart assez majeur entre ce qu'on peut appeler une économie de
05:18guerre d'un pays ou à l'autre.
05:21Donc, là-dessus, aujourd'hui, en France, il y a un certain nombre de velléités d'être prêts au cas
05:27où on passerait en économie de guerre
05:29et dans un conflit à haute intensité.
05:31Et aujourd'hui, les entreprises sont plutôt en mode scénario, construction de scénario prospectif,
05:36en se disant, si je dois augmenter mes capacités et les multiplier par 10, 20, 30, 100, qu'est-ce
05:42que je ferais ?
05:43Et donc, aujourd'hui, on est plutôt dans ce point-là.
05:45Guillaume, une deuxième partie de l'activité de l'archerie stratégique consulting, c'est le financement.
05:50Où est-ce qu'on en est au niveau du financement ?
05:52Il y a des besoins de plus en plus importants puisqu'il faut répondre à des commandes.
05:55Je suppose que les besoins sont énormes.
05:57Tout à fait.
05:58Donc, ce qu'il faut savoir, c'est que la BITD, c'est quand même énormément d'entreprises, énormément de
06:04PME
06:05qui ont des besoins de financement pour assurer leur ramp-up industriel.
06:09Donc, nous, on accompagne principalement les fonds d'investissement qui souhaitent investir dans la BITD
06:15et on les accompagne dans ce qu'on appelle des due diligence stratégiques ou commerciales
06:20pour bien comprendre le marché, s'assurer que l'entreprise dans laquelle ils vont investir
06:24se positionne bien sur les bons segments de marché
06:27et généreront du retour sur investissement pour les fonds d'investissement.
06:32Et en effet, comme vous le dites, aujourd'hui, il y a énormément, tout un écosystème qui est en train
06:38de se mettre en place
06:39avec des fonds privés, avec des fonds publics, avec, on l'a vu notamment, le fonds de BPI.
06:46Donc, il y a tout un écosystème de financement qui est en train de se mettre en place pour la
06:50BITD
06:50et lui permettre de faire son ramp-up.
06:53Merci, Guillaume Hu.
06:54Merci à vous.
06:55Voilà, associé partenaire au sein du cabinet consulting Archery Stratégie Consulting
07:01ici sur le plateau de Bismarck, sur le salon Eurosatory, salon dédié à l'industrie de la défense.
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