00:028h45 sur BFM Business et sur AMC Live, on est toujours depuis VivaTech, porte de Versailles avec Anthony Morel.
00:07Nos deux invités nous ont rejoint, Emnel Leroux, bonjour, vous êtes le directeur général de Bulles.
00:11A côté de moi Serge Pallaric, bonjour, vous êtes le vice-président Alliance, fournisseur de cloud et éditeur de logiciels
00:16chez Nvidia.
00:18Je ne vais pas présenter Nvidia, Anthony Morel quand même, ça serait nous faire offense.
00:22Il y a quelques années on aurait dû probablement, c'est ça qui est fou, mais aujourd'hui, je pense
00:25à la plus grosse entreprise du monde, il n'y a pas forcément besoin de la présenter.
00:28L'inventure du GPU, bien évidemment, Bulles, c'est l'entreprise française, une des entreprises françaises les plus connues, les
00:34français connaissent Bulles, c'est d'ailleurs assez étonnant.
00:36Dans l'informatique, c'est une des marques quand même que les français connaissent.
00:40Vous êtes là tous les deux ce matin parce que vous allez travailler ensemble.
00:43Emnel Leroux, vous aviez annoncé à Choose France que vous allez travailler avec Foxconn, vous allez aussi travailler avec Nvidia
00:49et c'est lié.
00:50Absolument, donc on a annoncé à Choose France un partenariat avec Foxconn pour agrandir et multiplier notre capacité de production
00:57en Europe.
00:58En utilisant notre usine à Angers, mais également les usines de Foxconn en Europe et de travailler ensemble pour être
01:05capables de produire énormément de systèmes.
01:07Et puis la première implémentation de cette stratégie, c'est l'accord que nous avons annoncé ce matin avec Nvidia
01:14et donc Foxconn pour produire une première machine en Europe,
01:17très importante avec Nvidia qui est un très très gros partenaire de Bulles sur la partie supercalculateur.
01:24Et là nous adressons le marché de l'IA, les gros systèmes pour entraîner les modèles et nous allons produire
01:29pour la première fois ce système en Europe
01:31qui s'appelle NVL72 avec la prochaine génération des processeurs GPU de Nvidia.
01:37Pour qu'on comprenne bien qui va faire quoi dans ce partenariat, c'est-à-dire que va faire Bulles
01:41exactement, que va faire Nvidia ?
01:42Alors allez-y du côté Nvidia.
01:44Comme l'a dit Emmanuel, on a un partenariat de longue date avec Bulles, mais aussi avec Foxconn.
01:49Donc nous ce qu'on va faire, on va fournir nos technologies, nos plateformes, pour que Foxconn et Bulles puissent
01:55les assembler,
01:56les produire en Europe pour adresser cet écosystème européen qui est en train de se développer à une vitesse grand
02:02V sur l'IA.
02:03Et avoir cette capacité en utilisant nos technologies, en les intégrant, ça va permettre d'adresser effectivement le monde des
02:11entreprises et encore plus.
02:12Et quand on est une entreprise comme Nvidia, qu'est-ce qui fait qu'on choisit Bulles précisément pour bosser
02:18?
02:18C'est le seul ? Il y avait d'autres acteurs ? Il y avait d'autres acteurs européens ?
02:22Alors je crois qu'on n'a pas choisi Bulles, parce que comme l'a dit Emmanuel aussi, on travaille
02:26depuis longtemps ensemble sur tout ce qui est supercomputing, HPC.
02:29On se connaît très bien, nos équipes se connaissent très bien et ça va au-delà, j'irais, de l
02:33'Europe.
02:33Nos équipes aux Etats-Unis connaissent très bien Bulles.
02:36Bulles fait partie de nos partenaires, ce qu'on appelle les OM Worldwide.
02:41C'est-à-dire au même titre que les autres.
02:44Et donc c'est un focus avec Bulles pour développer en fait le HPC, on va continuer, mais aussi développer
02:51l'IA en Europe.
02:54Du côté de Bulles, concrètement, dans les usines, ça va changer quoi en termes de production ?
02:59Alors on va créer une nouvelle ligne de production dédiée à ce premier produit.
03:05On va pouvoir l'augmenter, on va pouvoir adresser un marché qu'on n'adresse pas vraiment aujourd'hui,
03:09qui sont les sociétés qui font les LLM, qui font les modèles, les sociétés qui font le cloud pour l
03:15'IA,
03:16ce qu'on appelle les Neo Cloud Provider, qui sont des sociétés en Europe qui s'implémentent de plus en
03:21plus
03:21et qui ont besoin de gros systèmes, en particulier sur les GPU Nvidia, pour pouvoir entraîner les modèles et pouvoir
03:27faire...
03:27Des clients que vous n'aviez pas auparavant ?
03:28Et c'est des clients que nous n'avons pas.
03:30Nous avons énormément de clients, tous les clients en Europe, sur les centres de recherche, les centres R&D,
03:34là on adresse les entreprises et les clouds dédiés à l'IA.
03:38Donc c'est Mistral potentiellement votre client ?
03:40C'est des entreprises qui veulent...
03:41Voilà, vous ne voulez pas le dire, mais a priori c'est ça, c'est-à-dire c'est des
03:44entreprises qui conçoivent des LLM,
03:45qui ont besoin de ces nouveaux outils pour pouvoir entraîner leurs futurs modèles,
03:50ça va être à eux que vous allez vous adresser très concrètement ?
03:52Alors c'est un des partenaires potentiels, il y en a d'autres en Europe,
03:56et puis il y a aussi les entreprises qui ont besoin de ce qu'on appelle fine-tuner,
04:00il y a beaucoup de mots anglais, mais d'adapter le LLM à leurs produits,
04:03à leurs documents, donc ces entreprises, elles réentraînent le modèle avec leurs propres données
04:08pour qu'elles soient complètement applicables à leur métier.
04:11Et ces besoins de réentraîner amènent à avoir besoin de systèmes très complexes
04:16comme celui que nous allons fabriquer avec Nvidia.
04:18Emmanuel Leroux, j'entends dans le discours de Serge Pallari que Bull est un fournisseur comme les autres,
04:23que vous n'êtes pas le seul au monde, mais vous, Nvidia, ce n'est pas un partenaire comme les
04:27autres quand même ?
04:29Non, c'est un partenaire important, en particulier dans le monde de l'IA aujourd'hui,
04:33c'est un partenaire, je dirais, incontournable.
04:35Donc c'est pour ça que cette alliance à la fois avec Nvidia et Foxconn,
04:39qui produit 50% des serveurs d'IA au monde, c'est Foxconn.
04:42On va implémenter pour la première fois en Europe une chaîne complète d'assemblage de ces serveurs d'IA,
04:47et donc ça nous permet de changer d'échelle au niveau de Bull et évidemment de compléter notre portfolio.
04:53Serge Pallari, comment vous regardez la France sur l'intelligence artificielle ?
04:57Alors on a Mistral, évidemment, on se gargarise beaucoup autour de Mistral.
05:00Vous dites, on a raison parce que là on a un champion, un game changer pour l'Europe.
05:05On se regarde un peu le nombril, vous qui avez une vision mondiale, vous nous situez où, nous, la France
05:10?
05:10Je crois que la France, sous l'impulsion d'un certain nombre d'acteurs, est en tête sur l'IA
05:16en Europe,
05:17avec des pays comme l'Allemagne aussi.
05:19Je crois que Mistral est un fer de lance français, mais européen également.
05:24Il y a d'autres compagnies qui sont en train d'émerger.
05:25Vous avez H Company, vous avez d'autres compagnies qui sont en train aussi de trouver leur place dans ce
05:30monde et dans cet écosystème.
05:31Il ne faut pas oublier qu'NVIDIA, nous, nous marchons par écosystème.
05:35On va produire ce système en Europe, mais ça va aller au-delà dans le futur.
05:40Il y a toute la partie logicielle aussi que l'on va développer, que l'on va travailler avec Bull,
05:45avec notre écosystème.
05:47Et dans cet écosystème, vous avez beaucoup de software compagnie qui vont se joindre à nous pour pouvoir développer ces
05:55solutions.
05:55On est en train de le créer quand même cet écosystème entre les data centers, les entreprises de logiciels.
06:00On commence à avancer.
06:01On a bien bien avancé, si je prends la France, on a bien bien avancé.
06:05Il y a des sociétés françaises, sociétés étrangères, européennes aussi qui arrivent.
06:09Et je pense que c'est cet écosystème qui doit grandir ensemble.
06:13NVIDIA grandir tout seul, quel est l'intérêt ?
06:16Mais l'écosystème grandir d'une façon homogène, que tout le monde s'y retrouve, Bull, NVIDIA, nos partenaires software,
06:24nos autres partenaires hardware,
06:26c'est ça qui va faire que la France va grandir.
06:28Il y a quand même une limite à tout ça.
06:30On parlait beaucoup de souveraineté technologique.
06:31Est-ce qu'on peut être vraiment souverain quand une grande partie de la chaîne de valeur dépend de GPU
06:36américain ?
06:37Si demain, on a eu le cas, il y a quelques jours, où la Maison Blanche coupe le robinet en
06:42tropique aux Européens et au reste du monde.
06:44Si demain, ils font la même chose sur les composants et sur les GPU NVIDIA, comment on fait ?
06:48Comment vous faites chez Bull, par exemple ?
06:50Alors, on travaille avec un écosystème européen, de la même façon qu'NVIDIA.
06:54On a un certain nombre de sociétés aujourd'hui qui développent des chips.
06:58Ils ne sont pas du tout au niveau d'NVIDIA pour l'instant.
07:01Mais l'une des clés pour obtenir et arriver à avoir des GPU européennes, c'est de leur donner accès
07:07au marché.
07:07C'est d'avoir des systémiers comme nous qui vont assembler des machines dans lesquelles on va mettre des technologies
07:11européennes.
07:12Vous prenez un processeur européen qui s'appelle Cyperl.
07:15Nous avons investi dans Cyperl, on va les déployer dans nos systèmes.
07:20Et il y a d'autres sociétés en Europe qui sont intégrées dans nos technologies, comme une alternative.
07:26Aujourd'hui, NVIDIA est incontournable, mais on prépare le futur en les intégrant dès aujourd'hui dans nos systèmes.
07:31Un grand merci à tous les deux d'être venus ce matin sur le plateau de la matinée de l
07:34'économie.
07:34Nel Leroux pour Bull, Serge Palaric pour NVIDIA.
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