00:00Je vous avais promis qu'on parlerait de l'industrie allemande, c'est parti avec nos deux invités.
00:03Doris Birkofer, bonjour, vous êtes la présidente de Siemens France.
00:06Cédric Nicke, bonjour, vous êtes membre du directoire de Siemens HG, responsable du marché français et PDG de Siemens Digital
00:13Industries.
00:14Siemens qui, Doris, a une grosse présence ici à VivaTech pour une entreprise allemande, une industrie allemande.
00:21VivaTech, c'est un rendez-vous important ?
00:23C'est un rendez-vous important pour nous depuis 4 ans et cette année c'est particulièrement important.
00:27Parce que l'Allemagne est le pays partenaire cette année et pour Siemens c'est très important parce qu'entre
00:33temps nous couvrons vraiment toute la chaîne de valeur,
00:36de l'IA, de l'électron jusqu'au token, de l'infrastructure jusqu'au data center et à toutes les
00:41applications de l'IA que vous pouvez imaginer.
00:43Vous allez le découvrir sur notre stand.
00:44Alors concrètement, qu'est-ce que vous faites quand on dit on utilise l'intelligence artificielle chez Siemens ?
00:50Est-ce que vous pouvez nous donner des exemples, Cédric Nicke, de ce que ça a changé dans la manière
00:54de travailler ?
00:54Non absolument, on l'utilise nous-mêmes pour optimiser nos procès à l'intérieur de Siemens.
00:59Donc on fait ça, on l'utilise pour faire des usines aussi qui sont super avancées.
01:03On créerait l'usine la plus avancée au monde avec Nvidia ensemble à Erlangen par exemple.
01:07Ou on l'utilise à développer des nouveaux modèles qui sont basés vraiment sur des datas industrielles.
01:13Comme Siemens, un tiers de toute l'automatisation au monde est faite par Siemens.
01:18On utilisait cette data pour le rendre plus effectif en fait.
01:21Anthony ?
01:22Alors vous avez conçu un agent IA, c'est ça, qui est capable d'exécuter des tâches industrielles de manière
01:26complètement autonome.
01:27Est-ce que vous pouvez nous raconter ce que c'est et à quoi ça sert concrètement ?
01:30En fait, le grand problème qu'on a, c'est quand vous êtes là et vous voulez programmer une usine
01:35ou une ligne de production, c'est assez compliqué.
01:39Et non, ce qu'on a créé, c'est qu'on a dit, ok, avec toutes les datas qu'on
01:42a, on peut le faire automatiquement.
01:43Donc à la place d'avoir quelqu'un qui fait ça pendant 2, 3, 4 semaines, en quelques minutes, vous
01:48avez la possibilité de programmer, de dire
01:50un tel robot doit faire ce mouvement, il y a le prochain solution qui doit se faire.
01:55Donc ça s'auto-utilise de façon vraiment extraordinaire.
01:59Doris, vous avez un stand en commun avec Ariane Group. Là, qu'est-ce que vous faites ensemble ?
02:05Alors le projet a été sélectionné pour démontrer justement des exemples de coopération franco-aliment très concrète.
02:11Et Ariane Group utilise les logiciels Siemens et crée son socle digital à base des technologies du Siemens pour optimiser
02:20la conception et la fabrication.
02:23Et ces logiciels sont utilisés de côté du Rhin, dans toutes les usines d'Ariane.
02:27Et vous pouvez le voir tout à l'heure sur le stand.
02:30Cédric, nous, on a l'impression en France qu'on n'a que Mistral.
02:33Voilà que l'intelligence artificielle en Europe, c'est Mistral.
02:37En Allemagne, vous avez des pépites aussi que vous utilisez.
02:40Est-ce que vous bossez avec Mistral déjà ?
02:41On bosse aussi avec Mistral.
02:42Arthur Manch était une personne extraordinaire.
02:45Et on n'a pas de Mistral en Allemagne, pour être très honnête, si on regarde de cette façon-là.
02:49Mais ce qu'on fait, c'est qu'on crée sur des modèles comme Mistral ou d'autres modèles américains
02:54ou chinois,
02:55des nouvelles solutions qui sont optimisées comme le modèle Eigen.
02:58Donc on entraîne des solutions qui ne sont pas spécifiques au grand public, mais à des solutions industrielles.
03:04Est-ce que c'est ça, finalement, la carte qu'on a jouée en Europe ?
03:07On parle beaucoup de souveraineté technologique à Vivatec aujourd'hui.
03:10C'est-à-dire que les modèles frontières, les grands modèles généralistes, aujourd'hui, c'est les États-Unis, c
03:14'est la Chine.
03:15Mais nous, on a moyen de créer ces briques technologiques industrielles très spécifiques.
03:19Métiers, exactement. Et ça, pour le coup, c'est une de nos forces ?
03:22C'est notre chance, mais c'est notre risque aussi. Parce que si on réfléchit, si on regarde à Siemens,
03:26Schneider, etc.,
03:27le monde de l'infrastructure et de l'automatisation industrielle est très européen.
03:32C'est nous qui avons fourni les machines par rapport à la Chine et aux États-Unis.
03:36C'est à nous de prendre cette information et de l'utiliser.
03:39Donc on a ou la chance de vraiment redéfinir la prochaine révolution industrielle, ou on perd complètement l'accès.
03:45Et ça, c'est le grand danger. Il faut que l'Union européenne nous aide, d'une façon, de nous
03:50donner l'accès aussi par rapport à ce data.
03:53Doris Birkofer, on parlait il y a quelques instants d'emploi.
03:55Quand vous déployez l'intelligence artificielle auprès des salariés, ils l'utilisent.
03:59Il y avait une étude de BCG dont on parlait tout à l'heure, qui disait que plus de la
04:02moitié des salariés utilisent l'IA.
04:03Mais parfois, ils ne savent pas toujours ce qu'ils en font. Ils perdent du temps à prompter, parfois un
04:07peu n'importe comment.
04:08Comment on fait pour faire en sorte qu'ils délivrent, qu'ils deviennent de vrais salariés augmentés ?
04:12Alors, c'est effectivement un très grand enjeu et nous aurons des programmes de formation intensifs pour, en fait, permettre
04:19aux collaborateurs de s'approprier ces technologies dans leur quotidien.
04:23Et on voit déjà que ça porte vraiment des fruits, à la fois dans leur quotidien, dans leur productivité quotidienne.
04:29Mais après, aussi vraiment en changeant les processus et en mettant en place des outils IA très avancés pour que
04:35l'IA devienne vraiment un partenaire, un copilote dans leur quotidien.
04:40Mais à terme, est-ce que... Allez-y, allez-y, Jean-Marie.
04:41Non, mais j'avais un exemple très complet parce que le problème qu'on a, c'est qu'aux Etats
04:46-Unis, il y a quelque chose qui s'appelle Eat Your Dark Food.
04:48Donc, si vous produisez une nouvelle technologie, vous l'utilisez vous-même en début.
04:51Donc, on a utilisé l'IA dans nos usines et ce qui était intéressant, il y avait vraiment une peur
04:54de l'IA par rapport aux gens qui sont vraiment dans l'usine.
04:58Et on l'a redonné pendant deux semaines, utilisez-le.
05:00Et on a vu que le moins les gens étaient vraiment spécialisés, le plus ils ont utilisé l'IA et
05:05le plus contents ils étaient de l'utiliser parce que ça leur donnait vraiment de la confiance à pouvoir résoudre
05:10des problèmes.
05:10Sur quel cas d'usage concret ? Parce que là, on ne parle pas forcément d'IA générative. J'imagine
05:13sur des sites industriels, ça sert à quoi vraiment ?
05:15Donc, c'est très simple. C'est les gens qui, pendant la nuit, regardent si les machines fonctionnent ou ne
05:19fonctionnent pas.
05:20Normalement, ils vendent la machine. Il y a le problème, il y a Error Code 147, donc le problème 145.
05:25Donc, on prend un grand livre, on regarde ce qu'il faut faire. Avec l'IA, ils disent, ok, il
05:28y a un tel problème.
05:29La meilleure façon de le résoudre, c'est de faire ça. Est-ce que tu veux utiliser ça ?
05:32Donc, vraiment, c'est les gens qui font la maintenance. On appelle ça en français. Je suis désolé, je ne
05:36suis qu'à moitié français.
05:37C'est exactement le terme. Non, ça va, vous parlez bleu. Ah, c'est bien, ça va.
05:40Mais est-ce qu'il y a des moments, justement, où vous vous êtes dit, bon, là, ça ne marche
05:42pas, là, ça ne sert à rien ?
05:45Des moments où vous avez arrêté certains programmes ?
05:48Oui. En fait, quand on l'utilise le plus souvent possible pour voir qu'est-ce qui fonctionne et qu
05:52'est-ce qui ne fonctionne pas.
05:53Et souvent, ce que vous voyez, c'est dans certaines situations, si vous ne donnez pas vraiment les bons outils
05:58aux gens,
06:01ça coûte énormément de tokens, mais ça ne crée pas vraiment la solution qu'il faut.
06:04Donc, il y a les deux choses qu'il faut qu'on fasse attention, c'est de donner les bons
06:06outils qu'ils peuvent utiliser, mais de façon très, très, très concrète.
06:09Et que surtout, ces outils soient entraînés avec des datas spécifiquement industrielles.
06:14S'ils ne le sont pas, il y a beaucoup de choses, des réponses.
06:17On s'est dit, mon Dieu, heureusement qu'ils ne sont pas mises en place.
06:20Doris Birkofer, parfois, il faut accepter d'arrêter quand ça ne fonctionne pas.
06:23Alors, déjà, il faut augmenter le taux de fiabilité.
06:26C'est un travail, je dirais, itératif.
06:28Et après, cette acculturation pour nous est très importante.
06:31Et peut-être aussi parce que ça concerne la France.
06:33Nous allons signer un partenariat stratégique avec Arts et Métiers.
06:37On va créer un campus pédagogique de production, vraiment au milieu de Paris,
06:42qui va servir aux étudiants, aux startups et aux entreprises de s'approprier toutes ces technologies,
06:47d'expérimenter, après de se dire, ça, c'est les technologies qui me conviennent le plus.
06:52Parce qu'en fait, ceux qui sont le plus challengés, ce sont souvent les PME.
06:55Et là, on va leur montrer comment les outils IA peuvent les permettre,
06:59vraiment, de devenir plus productifs et plus compétitifs.
07:01Merci beaucoup, Doris Birkofer et Cédric Néqueud,
07:03venus ce matin sur le plateau de la matinale de l'économie de Pivatec,
07:07où il y a déjà beaucoup de monde, Anthony Morel.
07:09Oui, on l'entend derrière.
07:10Et beaucoup de passages.
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