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  • il y a 10 minutes
Doris Birkhofer, présidente de Siemens France, et Cedrik Neike, membre du directoire de Siemens AG, responsable du marché français et PDG de Siemens, étaient les invités de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mercredi 17 juin. Ils ont expliqué comment Siemens déploie des agents d'IA autonomes dans ses usines afin d'accélérer l'automatisation industrielle. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Je vous avais promis qu'on parlerait de l'industrie allemande, c'est parti avec nos deux invités.
00:03Doris Birkofer, bonjour, vous êtes la présidente de Siemens France.
00:06Cédric Nicke, bonjour, vous êtes membre du directoire de Siemens HG, responsable du marché français et PDG de Siemens Digital
00:13Industries.
00:14Siemens qui, Doris, a une grosse présence ici à VivaTech pour une entreprise allemande, une industrie allemande.
00:21VivaTech, c'est un rendez-vous important ?
00:23C'est un rendez-vous important pour nous depuis 4 ans et cette année c'est particulièrement important.
00:27Parce que l'Allemagne est le pays partenaire cette année et pour Siemens c'est très important parce qu'entre
00:33temps nous couvrons vraiment toute la chaîne de valeur,
00:36de l'IA, de l'électron jusqu'au token, de l'infrastructure jusqu'au data center et à toutes les
00:41applications de l'IA que vous pouvez imaginer.
00:43Vous allez le découvrir sur notre stand.
00:44Alors concrètement, qu'est-ce que vous faites quand on dit on utilise l'intelligence artificielle chez Siemens ?
00:50Est-ce que vous pouvez nous donner des exemples, Cédric Nicke, de ce que ça a changé dans la manière
00:54de travailler ?
00:54Non absolument, on l'utilise nous-mêmes pour optimiser nos procès à l'intérieur de Siemens.
00:59Donc on fait ça, on l'utilise pour faire des usines aussi qui sont super avancées.
01:03On créerait l'usine la plus avancée au monde avec Nvidia ensemble à Erlangen par exemple.
01:07Ou on l'utilise à développer des nouveaux modèles qui sont basés vraiment sur des datas industrielles.
01:13Comme Siemens, un tiers de toute l'automatisation au monde est faite par Siemens.
01:18On utilisait cette data pour le rendre plus effectif en fait.
01:21Anthony ?
01:22Alors vous avez conçu un agent IA, c'est ça, qui est capable d'exécuter des tâches industrielles de manière
01:26complètement autonome.
01:27Est-ce que vous pouvez nous raconter ce que c'est et à quoi ça sert concrètement ?
01:30En fait, le grand problème qu'on a, c'est quand vous êtes là et vous voulez programmer une usine
01:35ou une ligne de production, c'est assez compliqué.
01:39Et non, ce qu'on a créé, c'est qu'on a dit, ok, avec toutes les datas qu'on
01:42a, on peut le faire automatiquement.
01:43Donc à la place d'avoir quelqu'un qui fait ça pendant 2, 3, 4 semaines, en quelques minutes, vous
01:48avez la possibilité de programmer, de dire
01:50un tel robot doit faire ce mouvement, il y a le prochain solution qui doit se faire.
01:55Donc ça s'auto-utilise de façon vraiment extraordinaire.
01:59Doris, vous avez un stand en commun avec Ariane Group. Là, qu'est-ce que vous faites ensemble ?
02:05Alors le projet a été sélectionné pour démontrer justement des exemples de coopération franco-aliment très concrète.
02:11Et Ariane Group utilise les logiciels Siemens et crée son socle digital à base des technologies du Siemens pour optimiser
02:20la conception et la fabrication.
02:23Et ces logiciels sont utilisés de côté du Rhin, dans toutes les usines d'Ariane.
02:27Et vous pouvez le voir tout à l'heure sur le stand.
02:30Cédric, nous, on a l'impression en France qu'on n'a que Mistral.
02:33Voilà que l'intelligence artificielle en Europe, c'est Mistral.
02:37En Allemagne, vous avez des pépites aussi que vous utilisez.
02:40Est-ce que vous bossez avec Mistral déjà ?
02:41On bosse aussi avec Mistral.
02:42Arthur Manch était une personne extraordinaire.
02:45Et on n'a pas de Mistral en Allemagne, pour être très honnête, si on regarde de cette façon-là.
02:49Mais ce qu'on fait, c'est qu'on crée sur des modèles comme Mistral ou d'autres modèles américains
02:54ou chinois,
02:55des nouvelles solutions qui sont optimisées comme le modèle Eigen.
02:58Donc on entraîne des solutions qui ne sont pas spécifiques au grand public, mais à des solutions industrielles.
03:04Est-ce que c'est ça, finalement, la carte qu'on a jouée en Europe ?
03:07On parle beaucoup de souveraineté technologique à Vivatec aujourd'hui.
03:10C'est-à-dire que les modèles frontières, les grands modèles généralistes, aujourd'hui, c'est les États-Unis, c
03:14'est la Chine.
03:15Mais nous, on a moyen de créer ces briques technologiques industrielles très spécifiques.
03:19Métiers, exactement. Et ça, pour le coup, c'est une de nos forces ?
03:22C'est notre chance, mais c'est notre risque aussi. Parce que si on réfléchit, si on regarde à Siemens,
03:26Schneider, etc.,
03:27le monde de l'infrastructure et de l'automatisation industrielle est très européen.
03:32C'est nous qui avons fourni les machines par rapport à la Chine et aux États-Unis.
03:36C'est à nous de prendre cette information et de l'utiliser.
03:39Donc on a ou la chance de vraiment redéfinir la prochaine révolution industrielle, ou on perd complètement l'accès.
03:45Et ça, c'est le grand danger. Il faut que l'Union européenne nous aide, d'une façon, de nous
03:50donner l'accès aussi par rapport à ce data.
03:53Doris Birkofer, on parlait il y a quelques instants d'emploi.
03:55Quand vous déployez l'intelligence artificielle auprès des salariés, ils l'utilisent.
03:59Il y avait une étude de BCG dont on parlait tout à l'heure, qui disait que plus de la
04:02moitié des salariés utilisent l'IA.
04:03Mais parfois, ils ne savent pas toujours ce qu'ils en font. Ils perdent du temps à prompter, parfois un
04:07peu n'importe comment.
04:08Comment on fait pour faire en sorte qu'ils délivrent, qu'ils deviennent de vrais salariés augmentés ?
04:12Alors, c'est effectivement un très grand enjeu et nous aurons des programmes de formation intensifs pour, en fait, permettre
04:19aux collaborateurs de s'approprier ces technologies dans leur quotidien.
04:23Et on voit déjà que ça porte vraiment des fruits, à la fois dans leur quotidien, dans leur productivité quotidienne.
04:29Mais après, aussi vraiment en changeant les processus et en mettant en place des outils IA très avancés pour que
04:35l'IA devienne vraiment un partenaire, un copilote dans leur quotidien.
04:40Mais à terme, est-ce que... Allez-y, allez-y, Jean-Marie.
04:41Non, mais j'avais un exemple très complet parce que le problème qu'on a, c'est qu'aux Etats
04:46-Unis, il y a quelque chose qui s'appelle Eat Your Dark Food.
04:48Donc, si vous produisez une nouvelle technologie, vous l'utilisez vous-même en début.
04:51Donc, on a utilisé l'IA dans nos usines et ce qui était intéressant, il y avait vraiment une peur
04:54de l'IA par rapport aux gens qui sont vraiment dans l'usine.
04:58Et on l'a redonné pendant deux semaines, utilisez-le.
05:00Et on a vu que le moins les gens étaient vraiment spécialisés, le plus ils ont utilisé l'IA et
05:05le plus contents ils étaient de l'utiliser parce que ça leur donnait vraiment de la confiance à pouvoir résoudre
05:10des problèmes.
05:10Sur quel cas d'usage concret ? Parce que là, on ne parle pas forcément d'IA générative. J'imagine
05:13sur des sites industriels, ça sert à quoi vraiment ?
05:15Donc, c'est très simple. C'est les gens qui, pendant la nuit, regardent si les machines fonctionnent ou ne
05:19fonctionnent pas.
05:20Normalement, ils vendent la machine. Il y a le problème, il y a Error Code 147, donc le problème 145.
05:25Donc, on prend un grand livre, on regarde ce qu'il faut faire. Avec l'IA, ils disent, ok, il
05:28y a un tel problème.
05:29La meilleure façon de le résoudre, c'est de faire ça. Est-ce que tu veux utiliser ça ?
05:32Donc, vraiment, c'est les gens qui font la maintenance. On appelle ça en français. Je suis désolé, je ne
05:36suis qu'à moitié français.
05:37C'est exactement le terme. Non, ça va, vous parlez bleu. Ah, c'est bien, ça va.
05:40Mais est-ce qu'il y a des moments, justement, où vous vous êtes dit, bon, là, ça ne marche
05:42pas, là, ça ne sert à rien ?
05:45Des moments où vous avez arrêté certains programmes ?
05:48Oui. En fait, quand on l'utilise le plus souvent possible pour voir qu'est-ce qui fonctionne et qu
05:52'est-ce qui ne fonctionne pas.
05:53Et souvent, ce que vous voyez, c'est dans certaines situations, si vous ne donnez pas vraiment les bons outils
05:58aux gens,
06:01ça coûte énormément de tokens, mais ça ne crée pas vraiment la solution qu'il faut.
06:04Donc, il y a les deux choses qu'il faut qu'on fasse attention, c'est de donner les bons
06:06outils qu'ils peuvent utiliser, mais de façon très, très, très concrète.
06:09Et que surtout, ces outils soient entraînés avec des datas spécifiquement industrielles.
06:14S'ils ne le sont pas, il y a beaucoup de choses, des réponses.
06:17On s'est dit, mon Dieu, heureusement qu'ils ne sont pas mises en place.
06:20Doris Birkofer, parfois, il faut accepter d'arrêter quand ça ne fonctionne pas.
06:23Alors, déjà, il faut augmenter le taux de fiabilité.
06:26C'est un travail, je dirais, itératif.
06:28Et après, cette acculturation pour nous est très importante.
06:31Et peut-être aussi parce que ça concerne la France.
06:33Nous allons signer un partenariat stratégique avec Arts et Métiers.
06:37On va créer un campus pédagogique de production, vraiment au milieu de Paris,
06:42qui va servir aux étudiants, aux startups et aux entreprises de s'approprier toutes ces technologies,
06:47d'expérimenter, après de se dire, ça, c'est les technologies qui me conviennent le plus.
06:52Parce qu'en fait, ceux qui sont le plus challengés, ce sont souvent les PME.
06:55Et là, on va leur montrer comment les outils IA peuvent les permettre,
06:59vraiment, de devenir plus productifs et plus compétitifs.
07:01Merci beaucoup, Doris Birkofer et Cédric Néqueud,
07:03venus ce matin sur le plateau de la matinale de l'économie de Pivatec,
07:07où il y a déjà beaucoup de monde, Anthony Morel.
07:09Oui, on l'entend derrière.
07:10Et beaucoup de passages.
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