Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 heures
Ce mardi 16 juin, le relèvement des taux de la Banque du Japon (BoJ) de 25 points de base, la première réunion de la Fed pour Kevin Warsh, et une meilleure séance pour le Nasdaq ont été abordés par Mikael Petitjean, chef economiste de Warteloo AM et professeur à l'université de Louvain, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:01Bonjour Michael Petitjean, chef économiste de Waterloo Asset Management, vous êtes également professeur à l'université de Louvain.
00:08Nous sommes dans une semaine très intense en termes d'annonce de banque centrale.
00:13Pour rappel, la semaine dernière, il y a eu la BCE, demain nous aurons la Fed, et puis cette nuit,
00:18c'est la Banque du Japon qui a relevé ses taux.
00:2125 points de base, alors c'était très attendu, vous avez une banque centrale du Japon qui aujourd'hui essaye,
00:27en plus de maintenir les pressions inflationnistes, de maintenir sa devise, le Yen qui est bien sûr sous pression.
00:33Alors bon, le marché action n'a pas bronché, loin de là, le Nikkei a battu encore une fois un
00:38nouveau record cette nuit, au-delà des 70 000 points.
00:40Petite réaction sur le marché obligataire, comment vous regardez ce qui se passe du côté du Japon, sachant que le
00:46carry trade, c'est quelque chose de très important pour le marché ?
00:51Oui, effectivement, la situation du Japon nous a fort intéressés depuis maintenant deux mois.
00:57On avait eu l'occasion d'en parler la dernière fois, je pense qu'on s'était retrouvés sur l
01:02'antenne.
01:03Avec la Corée du Sud, c'était les deux pays que l'on avait en ligne de mire, dans le
01:07cas où la situation venait à se normaliser.
01:12Effectivement, les indices boursiers des deux côtés ont fortement rebondi.
01:18Alors du côté du Japon, si vous voulez, on est plutôt positif parce que le Japon est en train de
01:24se normaliser.
01:25La situation, que ce soit sur le plan de l'inflation ou de la croissance, on retrouve une situation qui
01:31est assez proche de la situation qu'on avait connue en Europe pendant les années, on va dire 2010.
01:38Une croissance qui revient puisqu'on s'attend sur base annualisée à une croissance de 2,1 %, et une
01:45inflation quand même malgré tout qui reste sous contrôle.
01:48Il faut savoir qu'au Japon, il y a une tendance de la part des entreprises à plutôt digérer la
01:55hausse des prix au travers de leurs marges.
01:58Donc, les entreprises japonaises ont tendance à renier davantage sur leurs marges qu'à l'étranger, si bien que les
02:05répercussions sur le pouvoir d'achat des Japonais sont moins importantes,
02:10sachant par ailleurs d'ailleurs que les salaires pour la troisième année consécutive au Japon ont progressé de 5 %.
02:19Donc, il y a des négociations salariales qui sont menées chaque année, et ça fait la troisième année consécutive que
02:26les salaires augmentent de 5 %,
02:28ce qui compense en fait le choc inflationniste et qui permet effectivement d'avoir une forme de dynamique au sein
02:34de l'économie japonaise qu'on n'avait pas connue depuis très longtemps.
02:38Et les salaires réels ont même augmenté au mois d'avril.
02:41Donc, la hausse de 25 points de base au Japon s'explique, on ne peut pas le nier, par une
02:48forme d'inflation importée qui dégrade les termes de l'échange,
02:52c'est-à-dire que les importations, le coût des importations augmente davantage finalement que l'impact positif que ça
02:57peut avoir sur les exportations.
02:59Donc là, il y a un impact qui est non négligeable, mais néanmoins, il y a une forme de dynamisme
03:05au sein de l'économie japonaise
03:08qui conduit à la Banque du Japon de manière tout à fait logique, j'allais dire, contrairement à la zone
03:14euro.
03:14On aura peut-être l'occasion de revenir là-dessus, mais contrairement à la zone euro,
03:18la hausse de 25 points de base est de nos points de vue tout à fait légitime.
03:22C'est une semaine importante pour les banques centrales avec le Royaume-Uni,
03:25la Banque du Royaume-Uni qui va prendre la parole, la Banque Nationale Suisse, Norvège, Suède, Russie et puis surtout
03:30la Fed.
03:31Réunion aujourd'hui et demain.
03:33Kevin Ward va tenir sa première conférence de presse demain soir.
03:38Contrairement à la Banque du Japon et à la BCE, il ne faut pas attendre de décisions monétaires pour la
03:43Fed,
03:44pour la Banque Centrale Américaine.
03:45Néanmoins, peut-être des indices, des messages peut-être sur la politique à mener pour 2026,
03:52sachant que pour l'instant, Kevin Ward n'a pas dit grand-chose sur comment il comptait mener sa barque.
03:58Oui, on aura sans doute encore une preuve de fort désaccord au sein du comité.
04:05Rappelez-vous que la dernière fois, je pense qu'on n'avait jamais observé un tel niveau de désaccord depuis
04:10les années 90.
04:11Ça risque de se confirmer lors de la prochaine réunion.
04:15Mais vous savez, je pense que le marché est tout à fait capable de digérer certainement une hausse de taux
04:23de 25 points de base.
04:25Et de nos points de vue, ce ne serait pas nécessairement une mauvaise nouvelle.
04:28Il ne faut pas qu'elle intervienne trop tôt, on est bien d'accord.
04:30Mais si elle devait intervenir même dans le dernier trimestre de cette année,
04:36ce ne serait certainement pas une mauvaise nouvelle de notre point de vue,
04:38parce qu'il faudrait éviter à tout prix ce qu'on appelle un run-up,
04:42c'est-à-dire une hausse trop forte des cours qui pourrait provoquer de la volatilité inutile.
04:50Et une hausse de 25 points de base, c'est digérable.
04:53Vous savez que les taux ici, finalement, n'ont pas beaucoup bougé.
04:55On a baissé, on va dire, de peut-être 15 points de base sur le 10 ans suite à cet
05:01accord, entre guillemets.
05:02J'aimais bien les guillemets, parce que c'est un mémorandum qui n'a aucun poids légal, en fait.
05:08Donc, il faut rester quand même vigilant sur ce qui risque d'arriver dans les mois qui viennent avec l
05:14'Iran.
05:14C'est la raison pour laquelle je pense que la décision de ne pas bouger les taux d'ici la
05:21fin août,
05:21pour moi, serait une bonne décision.
05:24Encore une fois, une hausse des taux serait tout à fait logique,
05:27étant donné la très bonne performance des entreprises américaines.
05:30Il faudra bien sûr suivre ce qui se passe également du côté des banques centrales,
05:35notamment cet été, puisque comme chaque année, on a le symposium de Jackson Hole,
05:41qui se tient, où là, on aura peut-être également d'autres éléments,
05:44avec un peu plus de recul par rapport à la situation en Iran.
05:47En attendant, tout va bien du côté de Wall Street.
05:49Hier soir, le Nasdaq a gagné 3%.
05:51C'était sa meilleure séance depuis fin mars.
05:53SpaceX, qui a gagné 20% vendredi, a encore gagné 20% hier.
05:58Bref, c'est encore la tech qui tire la cote, Mickaël Petitjean.
06:01On se posait la question juste avant vous, avec Laurent Chauder,
06:03je disais, on voit maintenant que la guerre est peut-être finie avec les États-Unis et l'Iran.
06:08C'est peut-être le moment de revenir sur les valeurs cycliques, les valeurs défensives.
06:12Visiblement, non.
06:12Hier, le marché avait encore envie de jouer les leaders de l'intelligence artificielle.
06:17Oui, et c'est la raison pour laquelle nous n'allons pas fondamentalement changer notre politique d'investissement.
06:24Elle est restée, j'allais dire, très alignée depuis maintenant plusieurs mois.
06:30Et c'est très important de ne pas rater un train qui est en marche.
06:37Et vous savez, c'est vrai qu'on peut suivre une politique davantage de diversification internationale.
06:44On a été particulièrement positif sur les États-Unis, pour des raisons qui sont tout à fait logiques,
06:50puisqu'il faut quand même garder en tête que toutes les perspectives de croissance des bénéfices trimestriels
06:55sur les trois prochains trimestres sont au-delà de 20% lorsqu'on tient compte des gains exceptionnels,
07:01lorsqu'on les corrige.
07:0320%, c'est bien au-dessus des moyennes historiques qui sont aux alentours, on va dire, de 9-10%
07:10en fonction du point de repère.
07:13Donc, on est dans un marché qui crée beaucoup de richesses, de bénéfices.
07:17Et donc, les États-Unis restent un secteur, un marché très intéressant.
07:22Les pays ont même eu tendance, les rapports courts-bénéfices ont même eu tendance à baisser sur les dix derniers
07:27jours.
07:28Donc, on reste, nous, positifs sur les États-Unis.
07:31C'est vrai qu'on peut davantage diversifier.
07:35Néanmoins, vous savez, j'ai parlé de la Corée du Sud et du Japon, on parle souvent des pays émergents.
07:39Il faut quand même se rendre compte que ces deux pays-là représentent plus de 50% du poids des
07:46indices des pays émergents hors Chine.
07:48Nous, on n'est pas positifs sur la Chine, on n'est pas surpondérés sur la Chine, plutôt négatifs.
07:53Et donc, quand on veut investir dans les pays émergents, en fait, on investit essentiellement en Corée du Sud et
08:01à Taïwan et principalement trois entreprises qui bougent le marché.
08:07Donc, oui, les États-Unis incontournables avec une politique de diversification plus prononcée de notre point de vue sur l
08:14'Asie que sur l'Europe.
08:15Le Nasdaq 100 a gagné 34% en ligne droite depuis fin mars.
08:19Qu'est-ce qui va faire qu'à un moment où vous dites, bon, allez, là, c'est bon, il
08:22faut réduire ?
08:22Parce que là, j'entends le message, il ne faut pas louper le train, il faut accompagner le mouvement.
08:26Mais cet indice ne va pas gagner 30% tous les deux mois.
08:29Au bout d'un moment, il y aura forcément un élément qui va faire que la tendance ne va peut
08:34-être pas être cassée, mais en tout cas, se stabiliser, voire même assister à quelques prises de profit.
08:40Oui, il faudra bien suivre l'évolution des perspectives de bénéfices.
08:47C'est vrai qu'on pourrait aller vers des déceptions.
08:49On est très haut, en fait, effectivement, dans les attentes de croissance de bénéfices.
08:54J'avais encore regardé un chiffre récemment.
08:56On était au plus haut depuis 1985 au niveau des perspectives.
08:59On est à 28%.
09:00Alors, c'est des perspectives qui sont calculées bottom-up, c'est-à-dire qui sont calculées à partir des
09:05price targets, des analyses financières.
09:09Donc, entreprise par entreprise, qui sont généralement bien au-dessus de ce qu'on obtient.
09:13Mais l'écart, justement, qu'on observe sur base historique par rapport à ce qu'on observe maintenant est particulièrement
09:19élevé.
09:20Donc, le marché, effectivement, est optimiste.
09:22Maintenant, il faut reconnaître que sur les derniers mois, voire la dernière année, on a eu des belles surprises.
09:29Et on a révisé systématiquement à la baisse les perspectives de croissance des bénéfices sur les trois derniers trimestres, sauf
09:38sur le premier trimestre 2026, où là, on a eu une révision à la hausse.
09:42C'est relativement rare, mais ça a été le cas.
09:45Donc, il ne faudrait pas non plus qu'on soit trop optimiste à l'égard des introductions en bourse.
09:53C'est clair que si on parle de SpaceX, de mon point de vue, il y a une bulle.
09:56Ça, on n'a pas des PE qui dépassent 100 sans qu'il y ait une bulle.
10:00Mais de là à vouloir généraliser à l'ensemble du marché, là, il y a un pas que nous ne
10:04franchirons pas.
10:05SpaceX qui est devenu hier la sixième capitalisation mondiale de vente et SMC notamment, avec 2500 milliards de capitalisation boursière.
10:15Merci beaucoup, Mickaël Petitjean, de nous avoir accompagné ce matin, chef économiste de Waterloo Asset Management et professeur à l
10:21'Université de Louvain.
Commentaires

Recommandations