00:01Nous reviendrons sur cette actualité dans un instant mais pour une fois on va mettre un petit
00:05peu l'Iran de côté quoique pour regarder ce qui se passe du côté de la Chine parce qu'en
00:09effet tout
00:09est embriqué aujourd'hui. Bonjour Florian Elpo, merci de nous accompagner ce matin. Vous êtes en
00:15charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier IM. La Chine a publié cette nuit des données de
00:21consommation qui se sont montrées supérieures aux attentes sur la période de janvier et février.
00:25En effet, ils ont compilé ces deux données afin de prendre en compte le nouvel an chinois. Il ressort
00:30que les ventes au détail ont été supérieures aux attentes. Néanmoins, le marché ne s'emballe pas
00:36dans le sens où il y a quand même eu de nombreux faux départs ces dernières années.
00:40Bonjour Gatienne, bonjour à tous, merci de me recevoir. Absolument, c'est la nouvelle positive
00:45de ce début de journée pour donner des ordres de grandeur. Les ventes de détail en Chine ont
00:52progressé sur une année de 2,8%. C'est globalement la progression de la consommation aux Etats-Unis
00:59équivalente. Donc encore une fois, on en a déjà parlé ensemble. Si on doit s'en réjouir aux Etats-Unis,
01:05on doit également s'en réjouir en Chine. C'est plutôt un très bon signe pour l'économie chinoise,
01:09surtout qu'on est en quête de bonnes nouvelles, comme vous le savez. Deuxième élément, c'est la
01:13croissance de la production industrielle qui dépasse les 6% sur 12 mois. Là, c'est un chiffre vraiment très
01:20fort,
01:20pour un point de comparaison. En Europe, il est de l'ordre de 1%. Donc c'est six fois la
01:25progression
01:26moyenne de l'industrie européenne. C'est encore une fois un chiffre très fort, surtout dans un climat
01:32qu'on dit, vous savez, régionalisé, où la Chine serait potentiellement mis de côté dans ce processus
01:37de régionalisation. Très clairement, on n'y est pas. La Chine donne des signes de vitalité économique
01:42clairs. Attention, un point noir évidemment. La crise immobilière chinoise est loin d'être derrière nous.
01:49Et qu'il s'agisse de l'investissement immobilier, on est dans l'ordre de moins 20% encore une
01:53fois.
01:54Et la progression des prix est négative de l'ordre de 0,2, 0,3, 0,4% selon le
01:59type de ville sur lesquelles vous vous attardez.
02:04Donc globalement, des points positifs en Chine pour le cycle chinois, pas pour la structure de l'économie
02:10chinoise. Mais ça, c'est un atterrissage en douceur de long terme.
02:14En tout cas, il y a un signal intéressant, c'est que l'industrie chinoise continue d'être en croissance.
02:19On l'a vu ces derniers mois avec la guerre commerciale. Le pays a trouvé de nouveaux débouchés,
02:25que ce soit en Asie, mais aussi ailleurs, typiquement avec des pays européens.
02:30Et ça, ça se confirme à nouveau en février.
02:34Ça se continue à se confirmer en février. Vous avez raison.
02:39Ce qui est difficile à lire, c'est qu'on mélange des tendances structurelles avec des évolutions cycliques.
02:46C'est-à-dire que les droits de douane, pour l'instant en tout cas, ont plutôt l'air d
02:51'être de l'ordre du structurel.
02:52Donc il faut un grand nombre de données chinoises pour bien confirmer qu'on serait en train d'écarter la
02:56Chine du commerce mondial.
02:58Ce chiffre que l'on vient d'avoir ne prêche pas en ce sens.
03:03Maintenant, il faut aussi garder à l'esprit que ce qui compte pour les marchés, c'est également le cycle.
03:08Le cycle, ça veut dire le fait qu'il y ait des hauts et des bas dans l'activité économique
03:12et qu'on puisse être surpris positivement.
03:15Ce chiffre-là, c'est une surprise positive. Il faut le prendre tel quel.
03:19Les marchés émergents globalement, la Chine en tête, ont connu un mois, deux, trois semaines relativement compliquées ces derniers temps.
03:26Ça prêche plutôt en faveur d'une stabilisation, en tout cas de cette baisse récente, si la situation sur le
03:34front du baril se stabilise.
03:36Un baril qui est à 106 dollars ce matin, plus 2,8% pour le Brent.
03:41En effet, le baril monte car il y a pas mal d'incertitudes en ce qui concerne le détroit d
03:45'Hormuz.
03:46Nous aurons l'occasion d'en reparler à la fin de l'émission.
03:49Du côté des banques centrales, c'est une semaine très importante qui s'ouvre.
03:53Florian Elpeau fera suivre notamment demain la Banque d'Australie qui va remonter ses taux.
03:57Il faut dire que déjà avant même le conflit, il y avait une inflation qui était forte, quasiment 4%
04:01au mois de janvier.
04:02Mais en dehors de cette banque centrale, on a des banques sans qu'il y ait des banquiers centraux qui
04:07devraient rester prudents cette semaine.
04:09Qu'attendez-vous typiquement de la BCE et de la Fed ?
04:13Je vais me permettre de me focaliser sur la Réserve fédérale américaine pour que vous compreniez bien l'enjeu.
04:20Les banques centrales, lors du meeting de mars, opèrent une révision de leur scénario économique central.
04:27C'est-à-dire qu'elles demandent à leurs équipes d'économistes de revoir leurs prévisions.
04:31Et il y a une date au-delà de laquelle on ne va pas en termes de disponibilité des données.
04:38Et cette date, elle est normalement aux alentours de vendredi dernier.
04:42Ça veut dire quoi ?
04:43Ça veut dire que dans la révision des scénarios des banquiers centraux, notamment BCE et Fed,
04:50c'est-à-dire Réserve fédérale américaine et Banque centrale européenne,
04:54on devrait pouvoir percevoir l'impact de la crise énergétique que l'on est en train de traverser sur leurs
05:04prévisions.
05:04Et donc, on va pouvoir mieux comprendre, est-ce qu'il s'agit pour nos banquiers centraux d'un choc
05:09de court terme, temporaire,
05:11qu'elles seront capables d'ignorer ou quelque chose de plus matériel avec la progression d'un scénario de danger
05:17?
05:18C'est là-dessus qu'il va falloir se focaliser au cours de ces meetings-là
05:22et bien analyser de trimestre en trimestre comment ces scénarios sont révisés
05:26pour percevoir si la crise énergétique est un choc d'offres, non pas un choc de demandes.
05:32Les chocs d'offres, normalement, les banques centrales ne sont pas censées y répondre,
05:35mais la BCE a un historique d'y avoir répondu de par le passé.
05:39Bref, est-ce que les banques centrales, notamment la Fed et la BCE,
05:42seront en mesure de répondre ou d'ignorer le choc qu'on est en train de traverser ?
05:47C'est matériel parce que ça a des conséquences pour les taux d'intérêt,
05:50ça a des conséquences pour les devises
05:52et ça a des conséquences également à plus long terme pour les trajectoires de profit.
05:56S'il y a réponse au quiche,
05:59s'il y a réponse avec un espoir potentiel de remonter des scénarios monétaires,
06:03de remonter des taux d'intérêt anticipés,
06:06alors on peut placer le marché dans une zone à risque.
06:09On n'en est pas là, ça n'est pas notre scénario central,
06:11mais c'est ce qu'il va falloir scruter dans la publication des chiffres de nos banquiers centraux.
06:18En tout cas, dans le doute, le marché obligataire continue de grimper.
06:20On est ce matin sur des plus hauts de 2 millions sur le 10 ans français à 3,66,
06:24quand le Bund, le 10 ans allemand, frôle les 3%.
06:27Dernière question par rapport aux banques centrales.
06:30En dehors de ces questions de pétrole, ces questions bien sûr de géopolitique,
06:35j'imagine que Jérôme Poel sera interrogé sur le crédit privé.
06:39Ce marché a plus de 2 000 milliards de dollars qui montent des signes de fragilité.
06:45Alors potentiellement, ça, ça fera plutôt partie de la séance des questions-réponses.
06:49Est-ce qu'il sera en mesure d'y répondre ?
06:51Là, ce n'est pas certain, parce qu'il s'exprime en général rarement sur ce type d'éléments
06:56pour s'en tenir stricto sensu à la politique monétaire.
06:59Ce qui serait intéressant, en fait, c'est de voir justement la fréquence
07:02à laquelle ces questions-là lui seront posées.
07:04Ce qui est certain, c'est que le rôle de la Réserve fédérale américaine
07:08et de toute banque centrale, le premier de ces rôles,
07:10c'est la stabilité financière, c'est-à-dire que s'il y a un risque de contagion
07:15des différentes situations de ce qu'on appelle de « gating »,
07:18c'est-à-dire le fait que certains de ces fonds repoussent à plus tard
07:21les remboursements qui leur sont demandés.
07:24Si cette situation-là commence à peser sur la solvabilité du système bancaire américain,
07:29alors la Fed s'interposera.
07:31On a déjà vu ça se produire de par le passé
07:33et la réponse de la Fed n'a jamais tardé.
07:36Elle est devenue très efficace pour contenir ce type de risque-là.
07:39Une affaire à suivre.
07:41Affaire à suivre notamment demain avec Jean-Pierre Petit
07:43puisqu'on vous retrouvera en plateau demain, Florian Ayelpeau,
07:469h40, 10h avec Jean-Pierre Petit des Cahiers Verts de l'économie
07:49afin de partager vos visions macroéconomiques.
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