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  • il y a 10 minutes
Ce lundi 16 mars, la consommation qui semble reprendre en Chine et les enjeux de la semaine pour les banques centrales, ont été abordés par Florian Ielpo, responsable de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:01Nous reviendrons sur cette actualité dans un instant mais pour une fois on va mettre un petit
00:05peu l'Iran de côté quoique pour regarder ce qui se passe du côté de la Chine parce qu'en
00:09effet tout
00:09est embriqué aujourd'hui. Bonjour Florian Elpo, merci de nous accompagner ce matin. Vous êtes en
00:15charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier IM. La Chine a publié cette nuit des données de
00:21consommation qui se sont montrées supérieures aux attentes sur la période de janvier et février.
00:25En effet, ils ont compilé ces deux données afin de prendre en compte le nouvel an chinois. Il ressort
00:30que les ventes au détail ont été supérieures aux attentes. Néanmoins, le marché ne s'emballe pas
00:36dans le sens où il y a quand même eu de nombreux faux départs ces dernières années.
00:40Bonjour Gatienne, bonjour à tous, merci de me recevoir. Absolument, c'est la nouvelle positive
00:45de ce début de journée pour donner des ordres de grandeur. Les ventes de détail en Chine ont
00:52progressé sur une année de 2,8%. C'est globalement la progression de la consommation aux Etats-Unis
00:59équivalente. Donc encore une fois, on en a déjà parlé ensemble. Si on doit s'en réjouir aux Etats-Unis,
01:05on doit également s'en réjouir en Chine. C'est plutôt un très bon signe pour l'économie chinoise,
01:09surtout qu'on est en quête de bonnes nouvelles, comme vous le savez. Deuxième élément, c'est la
01:13croissance de la production industrielle qui dépasse les 6% sur 12 mois. Là, c'est un chiffre vraiment très
01:20fort,
01:20pour un point de comparaison. En Europe, il est de l'ordre de 1%. Donc c'est six fois la
01:25progression
01:26moyenne de l'industrie européenne. C'est encore une fois un chiffre très fort, surtout dans un climat
01:32qu'on dit, vous savez, régionalisé, où la Chine serait potentiellement mis de côté dans ce processus
01:37de régionalisation. Très clairement, on n'y est pas. La Chine donne des signes de vitalité économique
01:42clairs. Attention, un point noir évidemment. La crise immobilière chinoise est loin d'être derrière nous.
01:49Et qu'il s'agisse de l'investissement immobilier, on est dans l'ordre de moins 20% encore une
01:53fois.
01:54Et la progression des prix est négative de l'ordre de 0,2, 0,3, 0,4% selon le
01:59type de ville sur lesquelles vous vous attardez.
02:04Donc globalement, des points positifs en Chine pour le cycle chinois, pas pour la structure de l'économie
02:10chinoise. Mais ça, c'est un atterrissage en douceur de long terme.
02:14En tout cas, il y a un signal intéressant, c'est que l'industrie chinoise continue d'être en croissance.
02:19On l'a vu ces derniers mois avec la guerre commerciale. Le pays a trouvé de nouveaux débouchés,
02:25que ce soit en Asie, mais aussi ailleurs, typiquement avec des pays européens.
02:30Et ça, ça se confirme à nouveau en février.
02:34Ça se continue à se confirmer en février. Vous avez raison.
02:39Ce qui est difficile à lire, c'est qu'on mélange des tendances structurelles avec des évolutions cycliques.
02:46C'est-à-dire que les droits de douane, pour l'instant en tout cas, ont plutôt l'air d
02:51'être de l'ordre du structurel.
02:52Donc il faut un grand nombre de données chinoises pour bien confirmer qu'on serait en train d'écarter la
02:56Chine du commerce mondial.
02:58Ce chiffre que l'on vient d'avoir ne prêche pas en ce sens.
03:03Maintenant, il faut aussi garder à l'esprit que ce qui compte pour les marchés, c'est également le cycle.
03:08Le cycle, ça veut dire le fait qu'il y ait des hauts et des bas dans l'activité économique
03:12et qu'on puisse être surpris positivement.
03:15Ce chiffre-là, c'est une surprise positive. Il faut le prendre tel quel.
03:19Les marchés émergents globalement, la Chine en tête, ont connu un mois, deux, trois semaines relativement compliquées ces derniers temps.
03:26Ça prêche plutôt en faveur d'une stabilisation, en tout cas de cette baisse récente, si la situation sur le
03:34front du baril se stabilise.
03:36Un baril qui est à 106 dollars ce matin, plus 2,8% pour le Brent.
03:41En effet, le baril monte car il y a pas mal d'incertitudes en ce qui concerne le détroit d
03:45'Hormuz.
03:46Nous aurons l'occasion d'en reparler à la fin de l'émission.
03:49Du côté des banques centrales, c'est une semaine très importante qui s'ouvre.
03:53Florian Elpeau fera suivre notamment demain la Banque d'Australie qui va remonter ses taux.
03:57Il faut dire que déjà avant même le conflit, il y avait une inflation qui était forte, quasiment 4%
04:01au mois de janvier.
04:02Mais en dehors de cette banque centrale, on a des banques sans qu'il y ait des banquiers centraux qui
04:07devraient rester prudents cette semaine.
04:09Qu'attendez-vous typiquement de la BCE et de la Fed ?
04:13Je vais me permettre de me focaliser sur la Réserve fédérale américaine pour que vous compreniez bien l'enjeu.
04:20Les banques centrales, lors du meeting de mars, opèrent une révision de leur scénario économique central.
04:27C'est-à-dire qu'elles demandent à leurs équipes d'économistes de revoir leurs prévisions.
04:31Et il y a une date au-delà de laquelle on ne va pas en termes de disponibilité des données.
04:38Et cette date, elle est normalement aux alentours de vendredi dernier.
04:42Ça veut dire quoi ?
04:43Ça veut dire que dans la révision des scénarios des banquiers centraux, notamment BCE et Fed,
04:50c'est-à-dire Réserve fédérale américaine et Banque centrale européenne,
04:54on devrait pouvoir percevoir l'impact de la crise énergétique que l'on est en train de traverser sur leurs
05:04prévisions.
05:04Et donc, on va pouvoir mieux comprendre, est-ce qu'il s'agit pour nos banquiers centraux d'un choc
05:09de court terme, temporaire,
05:11qu'elles seront capables d'ignorer ou quelque chose de plus matériel avec la progression d'un scénario de danger
05:17?
05:18C'est là-dessus qu'il va falloir se focaliser au cours de ces meetings-là
05:22et bien analyser de trimestre en trimestre comment ces scénarios sont révisés
05:26pour percevoir si la crise énergétique est un choc d'offres, non pas un choc de demandes.
05:32Les chocs d'offres, normalement, les banques centrales ne sont pas censées y répondre,
05:35mais la BCE a un historique d'y avoir répondu de par le passé.
05:39Bref, est-ce que les banques centrales, notamment la Fed et la BCE,
05:42seront en mesure de répondre ou d'ignorer le choc qu'on est en train de traverser ?
05:47C'est matériel parce que ça a des conséquences pour les taux d'intérêt,
05:50ça a des conséquences pour les devises
05:52et ça a des conséquences également à plus long terme pour les trajectoires de profit.
05:56S'il y a réponse au quiche,
05:59s'il y a réponse avec un espoir potentiel de remonter des scénarios monétaires,
06:03de remonter des taux d'intérêt anticipés,
06:06alors on peut placer le marché dans une zone à risque.
06:09On n'en est pas là, ça n'est pas notre scénario central,
06:11mais c'est ce qu'il va falloir scruter dans la publication des chiffres de nos banquiers centraux.
06:18En tout cas, dans le doute, le marché obligataire continue de grimper.
06:20On est ce matin sur des plus hauts de 2 millions sur le 10 ans français à 3,66,
06:24quand le Bund, le 10 ans allemand, frôle les 3%.
06:27Dernière question par rapport aux banques centrales.
06:30En dehors de ces questions de pétrole, ces questions bien sûr de géopolitique,
06:35j'imagine que Jérôme Poel sera interrogé sur le crédit privé.
06:39Ce marché a plus de 2 000 milliards de dollars qui montent des signes de fragilité.
06:45Alors potentiellement, ça, ça fera plutôt partie de la séance des questions-réponses.
06:49Est-ce qu'il sera en mesure d'y répondre ?
06:51Là, ce n'est pas certain, parce qu'il s'exprime en général rarement sur ce type d'éléments
06:56pour s'en tenir stricto sensu à la politique monétaire.
06:59Ce qui serait intéressant, en fait, c'est de voir justement la fréquence
07:02à laquelle ces questions-là lui seront posées.
07:04Ce qui est certain, c'est que le rôle de la Réserve fédérale américaine
07:08et de toute banque centrale, le premier de ces rôles,
07:10c'est la stabilité financière, c'est-à-dire que s'il y a un risque de contagion
07:15des différentes situations de ce qu'on appelle de « gating »,
07:18c'est-à-dire le fait que certains de ces fonds repoussent à plus tard
07:21les remboursements qui leur sont demandés.
07:24Si cette situation-là commence à peser sur la solvabilité du système bancaire américain,
07:29alors la Fed s'interposera.
07:31On a déjà vu ça se produire de par le passé
07:33et la réponse de la Fed n'a jamais tardé.
07:36Elle est devenue très efficace pour contenir ce type de risque-là.
07:39Une affaire à suivre.
07:41Affaire à suivre notamment demain avec Jean-Pierre Petit
07:43puisqu'on vous retrouvera en plateau demain, Florian Ayelpeau,
07:469h40, 10h avec Jean-Pierre Petit des Cahiers Verts de l'économie
07:49afin de partager vos visions macroéconomiques.
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