00:00Et c'est Florian Elpo qui nous accompagne ce matin en plateau. Quel plaisir. Bonjour Florian.
00:04Bonjour Yann.
00:05Merci d'être à vous ce matin. Vous êtes en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier-IM.
00:09En effet, quelle semaine, je le disais en préambule, les GAFAM qui vont publier.
00:13En Europe, ça sera LVMH demain, ASML mercredi.
00:16Et puis, il y a également la Fed.
00:18Alors certes, Jérôme Poil ne va pas baisser les taux ce mercredi,
00:22contrairement à ce que Donald Trump souhaite,
00:26puisque bien sûr, c'est l'envie préoccupante de Donald Trump,
00:29c'est que la Fed baisse ses taux.
00:31Mais non, elle ne va pas baisser ses taux,
00:32parce que l'inflation est toujours là aux États-Unis.
00:35Et puis surtout, elle a déjà baissé ses taux ces dernières semaines, en fin d'année.
00:39Absolument. On n'est pas du tout sur un meeting de surprise.
00:42On n'est pas sur un meeting de décision.
00:44On est vraiment sur un meeting de narratif.
00:46C'est-à-dire que normalement, la ligne de communication de la Fed doit être simple.
00:49On a procédé à trois baisses de taux.
00:51On est en mode statu quo.
00:53Ça ne veut pas dire qu'on est en train de pivoter vers une autre direction de politique monétaire.
00:57La prochaine étape devrait être une baisse de taux.
00:59Mais maintenant, la Fed a besoin de collecter des preuves
01:01qu'elle a pris la bonne décision
01:04et qu'elle n'est pas en train de réaccélérer le cycle de l'inflation, tout simplement.
01:08Évidemment, la résistance s'organise.
01:10Vous parliez de Donald Trump.
01:12Il y a également son cheval de troie.
01:13Steven Miran à l'intérieur du board de la Fed et des décisionnaires.
01:17Il va y avoir du sport du côté de la Fed cette semaine.
01:19En tout cas, le disant américain s'est détendu ces dernières heures.
01:23On est désormais à 4,2 %.
01:25Qu'est-ce que vous allez suivre particulièrement dans cette conférence de presse ?
01:28On imagine bien sûr que Dior Paul sera un petit peu challengé par rapport à l'audition la semaine dernière
01:33à la Cour suprême concernant le cas Lisa Cook et puis concernant les allers-retours de Donald Trump sur les taxes.
01:39Ça, j'imagine que ça rajoute de l'incertitude à l'incertitude.
01:42Alors, il y a plusieurs points qui vont être discutés.
01:44Encore une fois, le premier point, le point le plus macro, c'est le challenge.
01:48Voilà, l'inflation reste au-dessus de 2 %.
01:51Vous avez procédé à des baisses de taux.
01:53Quel est votre niveau de confort ?
01:54Est-ce que vous pouvez nous donner ce qu'on appelle de la forward guidance ?
01:56C'est-à-dire, est-ce que vous pouvez établir aujourd'hui un scénario principal de votre politique monétaire ?
02:03Jusqu'à présent, la Fed s'en est défendue.
02:05On l'a dit, data dependence, c'est-à-dire on l'a dit extrêmement vulnérable aux variations des données.
02:11L'autre élément, évidemment, c'est le bruit politique qui entoure la réserve fédérale.
02:16Généralement, face à ce bruit politique, la réserve fédérale répond par du silence.
02:20Les questions qui sont posées dans la session de Q&A, dans la session de questions-réponses,
02:24ces questions-là, généralement, rencontrent une réponse assez courte, assez brève,
02:28qui est toujours quelque chose autour du thème de « nous ne commentons pas l'exécutif,
02:33nous sommes du côté de la politique monétaire, tout simplement ».
02:36Récemment, quand même, vous avez vu avec la vidéo qu'il a fait, Jérôme Paul est sorti de son silence,
02:41ce qui est assez rare pour être remarqué du côté de la politique monétaire.
02:45En tout cas, intéressant de voir ce matin que l'once d'or franchit les 5 000 dollars.
02:49On aura l'occasion d'en reparler tout à l'heure.
02:51Pourquoi aujourd'hui, l'or gagne plus de 17 % depuis le début de l'année,
02:54plus 87 % en l'espace d'un an, ça sera dans la dernière partie de l'émission.
02:59La Fed, donc, ça sera à suivre mercredi.
03:01Mercredi, également, les résultats de Meta, de Microsoft, de Tesla.
03:04Jeudi, ça sera au tour d'Apple.
03:06Bref, on parle des plus grosses capitalisations américaines, voire même mondiales.
03:10Quelles sont vos attentes sur cette saison de résultats trimestriels ?
03:13Ces capitalisations, elles sont si grosses qu'on parle plus de micro.
03:17On parle de macroéconomie, quelque part.
03:19C'est vraiment une partie de la saison des résultats que la plupart des économistes vont se mettre à suivre.
03:25Ce n'est pas une saison des résultats, encore une fois, source de surprises.
03:29Normalement, c'est une saison de la confirmation.
03:31Confirmation de deux choses.
03:33La première étape, c'est confirmer qu'au quatrième trimestre de l'an passé,
03:37on a bien vu un point bas sur le cycle des profits des entreprises américaines.
03:43C'était l'une des questions qu'on avait l'an passé.
03:44Normalement, on doit passer ce cas assez facilement.
03:46Et la deuxième étape, c'est de valider le fait que l'IA n'est plus seulement un narratif de marché,
03:54mais c'est aussi un P&L.
03:55Alors, on va être extrêmement attentif aux chiffres de croissance des ventes.
04:00On va être attentif aux chiffres des marges.
04:03Et surtout, vous l'avez vu avec Intel notamment, on va être très attentif à ce qu'on appelle la guidance,
04:07c'est-à-dire comment est-ce que l'entreprise elle-même voit l'année se dérouler.
04:11Pourquoi ? Parce qu'on a eu beaucoup d'investissements qui ont été faits.
04:14Ça a été un thème de marché joué et surjoué.
04:16Il faut aujourd'hui que ce qu'on appelle le P&L, simplement la performance économique, le ROI de ces entreprises-là,
04:23rencontre justement ces dépenses d'investissement massives.
04:27Donc pour nous, le point clé, ça va être la guidance.
04:30Normalement, pas de surprise, mais en tout cas, les mauvaises surprises risquent d'être punies sauvagement.
04:34Un dernier mot sur le Japon avec ce matin des nouveaux mouvements sur le Yen,
04:39puisqu'on avait un Yen qui était à 154 Yen pour un dollar.
04:44Le Nikkei a perdu un peu plus d'un pour cent avec Reuters qui met en avant une rumeur de révision des taux d'intérêt
04:50à la suite d'une réunion plutôt conciliante de la Banque du Japon.
04:54Quand on est entre les lignes, comment vous percevez ce message ?
04:56Qu'est-ce qui se passe entre la Banque du Japon et la fête de New York ?
04:59Il n'y a pas qu'entre la Banque du Japon et la fête de New York.
05:01On a également Sanae Takahichi, qui est la première ministre japonaise,
05:06qui a priori aurait également discuté avec Scott Bessent.
05:08Le Japon, aujourd'hui, commence à poser un risque systémique pour les marchés financiers.
05:14Pourquoi ? Parce que la Banque centrale se refuse à mener une politique ouvertement contraignante pour l'économie.
05:20Les taux réels au Japon restent négatifs.
05:22Donc la politique monétaire japonaise est encore un peu stimulante pour l'activité économique
05:26et se profile aujourd'hui un stimulus fiscal.
05:28Et ça, on l'a vu en Grande-Bretagne, c'est la recette parfaite pour faire remonter les taux très forts.
05:33Si la Banque centrale intervient et rachète des obligations pour empêcher la remontée des taux,
05:37elle va faire baisser la devise, baisser l'yen face au dollar.
05:41Et ça, les États-Unis n'en ont pas du tout envie.
05:43Donc aujourd'hui, on est en train d'essayer de discuter, de négocier.
05:46On n'est pas encore sur un accord à la Mar-a-Lago comme en rêve Trump
05:49pour pousser le dollar ouvertement à la baisse.
05:52Mais aujourd'hui, il y a une discussion, il y a une ligne de connexion qui s'est ouverte
05:55pour discuter autour de cette situation-là.
05:59Parce qu'aujourd'hui, elle est devenue systémique pour les États-Unis.
06:04Avec le carré trade.
06:05Exactement, avec le carré trade.
06:07Entre autres choses, il faut penser que les investisseurs japonais,
06:10notamment les pension funds, donc les caisses de retraite japonaises,
06:13ainsi que la Banque centrale sont massivement exposées aux treasuries américaines,
06:17donc aux obligations émises par le trésor américain.
06:20S'il y a des substitutions qui s'opèrent, c'est-à-dire comme les taux japonais sont plus élevés,
06:24on vend les obligations étrangères, on rachète des obligations japonaises.
06:27Si on fait ça, on fait remonter les taux d'intérêt aux États-Unis.
06:30Et comme vous l'avez remarqué, on est un petit peu attentif à cette problématique-là
06:33du côté de la Maison-Blanche ces temps.
06:34On se souvient qu'il y a un an et demi, il y avait des mouvements assez importants
06:37sur les devises, mais également sur les indices actions.
06:41À l'époque, on parlait déjà de carré trade.
06:44Tout le monde ou presque a ce scénario en tête.
06:46Est-ce qu'aujourd'hui, une prime de risque suffisante s'est installée ?
06:50Est-ce que ce risque de carré trade est pris en compte ?
06:52Ou est-ce que non, il faut rester vigilant et rester à l'écoute de la boge ?
06:56La Banque du Japon.
06:57Ça dépend de l'actif que vous êtes en train de regarder.
07:00Parce que lorsqu'on a des taux rien négatifs,
07:02et lorsqu'on a un gouvernement qui s'apprête à lancer un stimulus fiscal
07:05de l'ordre de 3%, qui va directement aller du côté de la consommation,
07:09on peut aussi avoir envie d'acheter les actions japonaises.
07:14Et ces actions-là, on ne va pas les couvrir.
07:17Donc on sera vulnérable à ces baisses du prix du Yen.
07:20Aujourd'hui, on pense que côté obligation, c'est encore trop tôt pour y rentrer,
07:24même si la prime de risque s'est reformée.
07:26Les taux japonais ont rarement été aussi proches des taux américains.
07:30Donc la prime de risque Japon-US s'est considérablement resserrée.
07:35Néanmoins, on continue à regarder les valorisations des actions,
07:39avec envie ces temps, comme source de diversification dans les portefeuilles globaux.
07:42Quelle allocation pour débuter l'année ?
07:44On en reparlera avec vous et avec Kevin Tozet de Carmignac,
07:47ce sera à partir de 9h40.
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