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  • il y a 11 heures
Ce vendredi 10 avril, la publication des données sur l'inflation aux États-Unis prévue aujourd'hui à 14h30, l'impact de la guerre en Iran sur l'économie française, et le rebond des immatriculations de voitures en Europe, ont été abordés par Stéphane Colliac, économiste chez BNP Paribas, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Bonjour Stéphane Colliac, vous êtes économiste de BNP Paribas.
00:04Avec vous on va revenir en effet sur cette publication très attendue tout à l'heure à 14h30 de l
00:09'inflation américaine.
00:10Forcément avec un baril de pétrole qui est revenu au-delà des 100 dollars au mois de mars,
00:14ça va avoir un impact direct sur les prix aux Etats-Unis.
00:19Oui effectivement, on s'attend à ce que l'inflation bondit d'un point à peu près en mars pour
00:26atteindre 3,4%.
00:27On verra quel sera le chiffre précis, mais c'est de nouveau le franchissement d'un seuil, celui des 3%,
00:35au-dessus duquel on a passé quand même pas mal de temps ces dernières années aux Etats-Unis.
00:41Ça nous montre qu'avec les chocs qui se succèdent, l'inflation n'est à peu près jamais de retour
00:48aux 2%
00:48qui sont à la site d'une banque centrale habituellement.
00:51Et aux Etats-Unis, cette accélération de l'inflation, il ne faudra peut-être pas surestimer tout de même,
00:59mais malgré tout ça rééquilibre la balance des risques pour la Fed.
01:03Objectivement il y a toujours un risque baissier sur l'emploi,
01:07parce qu'on a eu des bons chiffres ces derniers mois, mais ils sont quand même inéquitablement distribués.
01:13Mais en face de ça, l'inflation qui était en train de se calmer et qui n'avait pas beaucoup
01:17augmenté
01:18suite à l'augmentation des tarifs douaniers, même si on pense que certains effets de cette augmentation des tarifs douaniers
01:24sont encore à observer, mais elle avait plutôt moins monté que prévu avant la hausse des tarifs douaniers.
01:32Là, elle devrait monter assez sensiblement.
01:37Alors bien sûr en raison de la hausse des composantes volatiles,
01:42mais on s'attend aussi quand même à une hausse sur l'inflation sous-jacente
01:46qui augmenterait de 0,3 points pour atteindre 2,8%,
01:50ce qui est quand même un peu significatif également.
01:54Et puis ce qu'on observe aux Etats-Unis, c'est la remontée des tensions d'offres,
01:58notamment avec les indices de prix des entrants,
02:02les délais de livraison qui ont réaugmenté à la fois dans l'industrie et dans les services.
02:07Et puis la demande, même si les tensions ne sont pas les mêmes qu'en sortie de Covid, bien évidemment,
02:13elle persiste, contrairement à la zone euro.
02:16Si on faisait la comparaison, la zone euro a une demande plus déprimée.
02:19Aux Etats-Unis, elle est plus dynamique.
02:21Et donc c'est un facteur qui alimente aussi l'inflation.
02:243,4%, on s'éloignerait en effet d'une façon assez conséquente.
02:28de l'objectif de 2%.
02:30Néanmoins, à ce stade, quand vous regardez notamment FedWatch,
02:34eh bien Stéphane Koliak, le marché n'anticipe pas de hausse de taux
02:37de la part de la banque centrale américaine.
02:39Donc le marché estime toujours que c'est un choc de prix transitoire.
02:44Oui, et puis il est important de voir quelle est la raison pour laquelle l'inflation s'accélère,
02:49si ce sont des facteurs de demande et des facteurs d'offres.
02:52En général, la Fed est plus sensible aux facteurs de demande.
02:56Si l'inflation s'accélère en raison de ces facteurs de demande également,
03:01ce serait une raison de réagir pour elle.
03:03Parce que ça voudrait dire que la demande n'est pas trop affectée par l'accélération de l'inflation
03:09et continue d'évoluer peut-être un peu trop vite pour que la stabilité des prix puisse être garantie à
03:15moyen terme.
03:17Et ce qui est intéressant d'observer d'ailleurs,
03:19quand on regarde la décomposition entre les facteurs d'offres et de demandes
03:23pour la dernière donnée disponible, qui est avant le choc de la guerre en Iran,
03:27ce sont les facteurs de demande qui prédominent, de peu, mais qui prédominent quand même.
03:32Donc c'est une invitation à la vigilance.
03:34Et encore une fois, c'est un équilibre des risques maintenant,
03:37entre le risque baissier sur le marché du travail et le risque haussier sur l'inflation.
03:42Donc la Fed va attendre d'observer comment les choses évoluent,
03:46qu'est-ce qui va prédominer.
03:48Et je pense que ça peut entraîner à un certain moment,
03:51quand elle aura l'évidence de ce qui se passe d'un côté et de l'autre,
03:57des changements de pieds qui sont aujourd'hui difficiles à anticiper.
04:01Mais souvenons-nous de Jérôme Powell à Jackson Hole en août.
04:07Ça avait préfiguré une baisse de taux en septembre.
04:11que l'on ne anticipait pas très longtemps à l'avance.
04:13Donc ces changements de pieds sont toujours possibles.
04:16Et tout dépendra bien sûr aussi des discussions qui vont se tenir demain
04:19entre l'Iran et les États-Unis.
04:21Voilà donc pour le cas américain et l'inflation américaine
04:23qui sera publiée tout à l'heure à 14h30.
04:26Si on fait un focus désormais sur la situation française,
04:30d'après les premiers chiffres que vous avez pu avoir,
04:33Stéphane Koliak, chez BNP Paribas,
04:35quels sont les premiers impacts de la guerre en Iran sur l'économie française ?
04:41Alors les premiers impacts, c'est le tout premier des symétriques avec les États-Unis.
04:47C'est une accélération des prix d'énergie,
04:49singulièrement du carburant.
04:52Donc ça, c'est un élément important.
04:54Et ça a créé une accélération de l'inflation au mois de mars.
04:59Maintenant, on a quand même un bon point de départ de ce point de vue en France
05:02puisqu'on avait atteint un point bas sur l'inflation harmonisée à 0,4% en janvier.
05:09Là, on est à 1,9% en mars.
05:11Mais ça reste une zone de confort.
05:14Si on était à ce niveau-là, au niveau de la zone euro, on serait content.
05:19On est un peu plus élevés en zone euro puisqu'on est à 2,5%.
05:24Et singulièrement en France,
05:26pour l'instant, il n'y a pas de transmission à l'inflation sous-jacente
05:29qui elle-même est basse.
05:30Donc ça, je pense que c'est un élément important.
05:34La France n'utilise pas de gaz pour produire son électricité.
05:37Donc ça aussi, c'est une sensibilité plus modérée.
05:40On observe bien évidemment une réaction des ménages,
05:44de la confiance des ménages à tout ça.
05:47Mais je la trouve pour l'instant, elle aussi plutôt modérée.
05:52Le prix du carburant augmente, c'est quelque chose qui se voit.
05:57Mais c'est à peu près, pour l'instant, la seule chose qui augmente.
06:00Et je pense que ça, c'est une différence quand même notable par rapport à 2022.
06:06Et en face de ça, si on regarde la France,
06:09je pense qu'un élément important aussi, c'est de voir que pour les entreprises,
06:13on a cette difficulté qui pourrait arriver aussi.
06:16une hausse des coûts au travers des conséquences de la hausse du prix de l'énergie.
06:21Mais en face de ça, les salaires sont plutôt sages.
06:24La Banque de France a publié son estimation de la croissance des salaires négociés en 2026.
06:30C'est 1,6%.
06:31Donc on a toujours une modération de ce côté-là.
06:36Et les négociations salariales ne devraient pas entraîner quelque chose avant 2027,
06:41éventuellement, s'il y avait besoin.
06:43Donc au niveau des marges des entreprises, c'est quelque chose qui est plutôt bon.
06:51Et on peut anticiper que ces marges se tiennent en conséquence de cette modération salariale que l'on observe.
06:58Il nous reste vraiment une minute pour parler du secteur automobile.
07:01Là aussi, c'est un bon baromètre sur la consommation avec les immatriculations,
07:04que ce soit en France et en Allemagne.
07:06C'est un rebond qui a été assez fort au mois de mars.
07:09Est-ce que ce sont des effets de base qui sont favorables ou non ?
07:11Il y a vraiment un rebond assez significatif des ventes de véhicules ces dernières semaines.
07:16Alors il y en a un, mais il est très concentré.
07:19Quand on regarde la cause en France et en Allemagne de la hausse des immatriculations,
07:23c'est l'électrique principalement qui explique ça.
07:27Donc les hausses du coût du carburant sont un accélérateur d'électrification,
07:32on pourrait dire ça comme ça.
07:33C'est la meilleure des incitations.
07:36Et après, on peut quand même citer en parallèle,
07:39il y a six mois, deux décisions qui avaient été prises en France et en Allemagne.
07:42En France, le financement du bonus automobile par le certificat d'économie d'énergie
07:47qui a donné de nouveau un booster aux immatriculations,
07:52ça plus le leasing social.
07:53Et puis en Allemagne, l'adoption d'un bonus à l'Allemande,
07:58abondé à hauteur de 3 milliards d'euros,
08:01qui lui aussi soutient l'électrification.
08:04Donc les incitations de marché plus un petit coup de pouce des aides d'État,
08:10c'est un élément important et qui a replacé dans un cadre plus général,
08:15puisque le gouvernement français veut donner un coup de booster sur son plan d'électrification.
08:21Je pense que ça va être un gros sujet des prochains mois.
08:25Et ça sera confirmé dans les prochaines semaines.
08:27Merci beaucoup Stéphane Koliak de nous avoir accompagné ce matin.
08:29Économie chez BNP Paribas pour revenir en détail sur ces immatriculations en France,
08:33en Allemagne, mais de façon globale en Europe,
08:35et donc sur ces données d'inflation qui sont particulièrement attendues.
08:38Tout à l'heure à 14h30.
08:40Tout à l'heure à 14h30.
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