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  • il y a 2 jours
Ce jeudi 19 mars, les annonces de la Fed, qui prévoit à la hausse leur objectif d'inflation pour cette année, ont été abordées par Jean-Baptiste Pethe, chef économiste chez AG2R La Mondiale, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00– Journée très importante, oui, puisque ce matin il y avait la Banque du Japon,
00:04vous avez cet après-midi la BCE, bien sûr, qui est attendue au tournant,
00:08sans compter qu'il y a des prises de parole également du côté de la Suisse avec la BNS.
00:12Bonjour Jean-Baptiste Pette, merci d'être avec nous ce matin,
00:15vous êtes chef économiste de AG2R La Mondiale,
00:18merci de revenir avec nous en détail sur les annonces de la Fed hier soir,
00:23Jérôme Powell qui n'est pas très inquiet sur la croissance,
00:26on en reparlera dans un instant,
00:27mais par contre qui est très prudent sur l'inflation,
00:30au point même que les membres de la Fed ont décidé de revoir à la hausse
00:33leur objectif d'inflation pour cette année.
00:37Oui, et c'est ce qui a un peu surpris peut-être certains analystes,
00:40c'est qu'avant même la guerre en Iran,
00:44la Fed était un peu plus inquiète sur l'inflation
00:49et plus tranquillisée sur l'emploi.
00:52On le voit avec les prévisions, comme vous l'avez dit,
00:55une inflation sous-jacente qui a été relevée en fin d'année
00:58en prévision de 20 points de base à 2,7%.
01:02Ça, ce n'est pas les effets de la guerre en Iran.
01:04Jérôme Powell l'a dit, c'est une inflation dans les services
01:08qui reste élevée, malgré la désinflation dans les salaires.
01:14Et c'est aussi l'inflation des biens qui reste élevée.
01:17Alors Jérôme Powell aimerait que les droits de douane
01:20n'aient qu'un effet temporaire.
01:22Et pour l'instant, c'est un espoir.
01:24Et ce n'est pas ce qu'on voit vraiment dans les chiffres.
01:27Donc voilà, je pense que c'est ça qui a perturbé un peu les marchés.
01:29Et bien sûr, après, le choc d'offres créé par la guerre en Iran
01:33rajoute de l'incertitude à cela.
01:35Oui, puisque à Zarlok de calendrier,
01:37vous avez les corps du gaz, les corps du pétrole
01:39qui s'envolent aujourd'hui.
01:41Paris-Cocher, le marché obligataire progresse.
01:43On a un disant américain qui est sur des plus hauts d'août dernier,
01:46proche des 4,3%.
01:48Le Bund, le disant allemand, frôle les 3%.
01:50Le disant français revient taper à la porte des 3,7%.
01:54Car la grande crainte en ce moment, c'est un retour de l'inflation
01:58avec donc ce choc énergétique, en tout cas des prix à court terme.
02:03Alors sur le choc énergétique, on a beaucoup d'incertitudes.
02:06C'est ce qu'a dit hier Jérôme Powell.
02:08On ne sait pas l'effet de ce choc énergétique.
02:12D'ailleurs, on ne sait pas si ce choc énergétique sera durable ou pas.
02:15Donc il faut être assez prudent,
02:19notamment sur les effets, ce qu'on appelle les effets de second tour.
02:22Est-ce qu'on en aura ou pas ?
02:23Ça, il va falloir regarder.
02:24Et c'est ce qu'a dit Jérôme Powell,
02:26il va falloir regarder les données.
02:28Il y a du positif, on va dire, dans le contexte actuel,
02:32avec un marché de l'emploi aux États-Unis qui s'est détendu.
02:36Il y a les gains de productivité qui permettent de limiter la hausse des coûts salariaux.
02:41On va dire que par rapport à l'environnement des années 70, c'est plus favorable.
02:46Mais il y a aussi des incertitudes à la hausse avec des anticipations d'inflation
02:51qui risquent de remonter, car ça fait quand même cinq ans
02:54que l'inflation est au-dessus de la cible de la Fed.
02:57Ça crée un risque quand même qui est assez présent,
03:00qui a été rappelé par le président de la Banque centrale.
03:03– Quelles sont vos prévisions chez AG2R, la mondiale Jean-Baptiste Pette,
03:08en ce qui concerne l'inflation ?
03:09Hier soir, Jérôme Powell nous a dit toujours tabler sur une baisse de taux pour cette année,
03:13sans donner de date précise, et une autre baisse de taux pour 2027.
03:18– Je pense que le message d'hier est plutôt en ligne avec une longue période de pause.
03:25Et donc la baisse des taux d'intérêt qui est encore marquée vers la fin de l'année
03:30est assez incertaine, il dépendra de beaucoup de choses.
03:34Donc on est dans une période de pause prolongée,
03:37ça serait quand même très coûteux de remonter les taux d'intérêt dans le contexte actuel,
03:41donc on ne parle pas encore de hausse de taux, mais en tout cas une longue pause.
03:44Ensuite, si tout ça se calme, si tout ça se repose,
03:47nous on a encore une baisse de taux prévue dans nos prévisions,
03:52et pas deux comme la Fed, tout simplement parce qu'on pense que le taux d'équilibre
03:56est en train de remonter.
03:59Ce qu'a reconnu un peu quand même la Fed hier dans ses prévisions,
04:02avec une remontée de 10 points de base du taux neutre de 3,1%,
04:06ce n'est pas beaucoup, mais vous voyez quand même que sur les derniers trimestres,
04:09ça a une tendance à monter, et ça pourrait encore monter finalement dans les prochains trimestres.
04:14C'est pour ça que nous on s'arrête entre 3,25 et 3,50%,
04:18mais peut-être que cette baisse aura lieu peut-être en 2027, et pas cette année.
04:22Voilà donc pour la situation aux États-Unis en ce qui concerne la Banque centrale américaine, la Fed.
04:27Un mot des autres banques centrales qui vont prendre la parole aujourd'hui,
04:31notamment en Europe, la Banque d'Angleterre, la Banque nationale suisse, ou encore la BCE.
04:36Quelles sont vos attentes sur ces principales banques centrales ?
04:41On a plutôt une attitude de wait and see, comme on dit.
04:46Dépendance à la donnée, dépendance à l'évolution de la situation.
04:50Donc pour parler par exemple de la Banque centrale européenne,
04:55on a une situation qui est quand même bien meilleure qu'en 2022,
04:59en termes de situation initiale, de taux d'intérêt, de niveau d'inflation.
05:04On a un choc sur les prix de l'énergie qui est moins élevé,
05:07et même un choc externe qui est moins élevé.
05:10Donc on a une Banque centrale qui peut se permettre d'attendre,
05:13mais je pense qu'elle va répéter sa vigilance par rapport aux effets de diffusion de cette inflation.
05:19Pour justifier une hausse de taux de la BCE, ça sera quand même assez compliqué,
05:22parce que ça veut dire qu'elle rajouterait un aspect récessif à la hausse de l'inflation.
05:27Donc pour justifier cette hausse de taux, il faudrait à la fois une diffusion très forte
05:32de l'inflation à l'inflation sous-jacente, une hausse des salaires,
05:37une hausse des anticipations d'inflation.
05:39Et ça, pour avoir ces trois choses-là, il va falloir attendre quand même plusieurs trimestres.
05:42Donc il me semble que le marché est un peu rapide à anticiper des hausses de taux du côté de
05:47la BCE.
05:47Un petit mot de la Banque du Japon.
05:49La Banque du Japon, elle, elle cumule deux problèmes supplémentaires.
05:53La première, c'est qu'elle est déjà en retard finalement,
05:56parce qu'elle, son taux neutre est plutôt autour de 1,5%, alors qu'elle n'est qu'à 0
06:00,75%.
06:00Donc elle avait encore du chemin à faire.
06:03Et la deuxième chose, c'est que le Japon a annoncé un stimulus budgétaire assez important
06:08pour les deux, trois prochaines années.
06:10Donc la Banque du Japon sait qu'elle va avoir affaire à une politique budgétaire expansionniste.
06:14Donc c'est pour ça que probablement la Banque du Japon va accélérer son processus de hausse de taux
06:20dans les prochains trimestres. En tout cas, c'est assez probable.
06:23Merci beaucoup Jean-Baptiste Pett pour cette analyse à chaud sur la Bosch,
06:27qui a laissé ses taux inchangés ce matin, mais qui est préoccupée par l'inflation.
06:30À suivre donc cet après-midi, la BCE, vous pourrez bien sûr suivre tout cela sur BFM Business
06:36et notamment dans BFM Bourse avec Guillaume Sommerer.
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