00:01Comme promis, c'est donc Florian Huelpo qui nous accompagne ce matin depuis Genève, depuis Lombard au DIAIM.
00:06Vous êtes en charge de la macroéconomie, Florian.
00:09Merci d'être avec nous, nous accordez quelques minutes pour se pencher un petit peu sur l'agenda de la
00:15semaine.
00:15Dans un instant, nous parlerons des banquiers centraux, mais également des GAFA, mais puis aussi des résultats au sens large.
00:20Dans le sens où vous avez quand même un tiers du S&P 500 qui va dévoiler ses trimestriels dans
00:24les cinq prochaines séances.
00:26Juste avant, comment vous regardez la situation au Moyen-Orient ?
00:29C'est vrai que pour les marchés, c'est moins le sujet.
00:32Le sujet à court terme, c'est l'intelligence artificielle, les GAFAM.
00:36Néanmoins, quand vous regardez ces informations d'Axios d'hier soir, comment vous regardez ce conflit ?
00:42Et puis surtout, vos scénarios chez Lombard au DIAIM sur la réouverture du détroit d'Hormuz.
00:48Bonjour Etienne, bonjour à tous et merci de me recevoir.
00:51Effectivement, le statu quo se poursuit.
00:53Ce qui se passe depuis le week-end, c'est cette proposition de terme de cesser le feu,
00:59envoyé par l'Iran à la Maison-Blanche, qui a été reçu assez froidement.
01:02Peu de commentaires formulés à ce sujet.
01:04Et ce qu'on a pu lire entre les lignes, c'est l'offre propose beaucoup, mais ça n'est
01:10pas suffisant.
01:11Et notamment, l'offre laisserait de côté les discussions autour du nucléaire.
01:17Donc, on n'est pas du tout en train d'avancer.
01:19Et ce à quoi on peut s'attendre, très légitimement, c'est une poursuite du statu quo.
01:24Alors, le statu quo, quel est-il ?
01:25C'est le statu quo que le marché anticipe, c'est-à-dire, aujourd'hui, une résolution à court ou
01:30moyen terme de la situation
01:32et l'atteinte assez rapide, en fait, d'un cessez-le-feu.
01:35Il faut se souvenir qu'on entre dans la neuvième semaine consécutive de blocage du détroit d'Hormuz.
01:40Ça veut dire qu'à peu près, en moyenne, on peut chiffrer le dommage à environ 4 000 bateaux
01:47qui n'ont pas pu traverser le détroit d'Hormuz.
01:49C'est un choc pour le marché énergétique significatif et qui continue.
01:56C'est-à-dire qu'on n'a pas encore, aujourd'hui, d'horizon de résolution de cette situation.
02:01Mais comme vous le savez, aujourd'hui, on a toujours une petite nouvelle incrémentale.
02:05Qu'est-ce que ça change pour nous ? Pour l'instant, pas grand-chose.
02:08Pourquoi ? Parce que, dans l'ensemble, ça continue de poser sur les valeurs européennes.
02:11On le lit dans le marché. Le marché l'a très bien compris.
02:13Et c'est aussi une incitation pour les marchés à regarder par-delà le détroit d'Hormuz.
02:18Et qu'est-ce qu'il y a par-delà le détroit d'Hormuz ?
02:20Eh bien, en fait, il y a l'IA, il y a la technologie, il y a les semi-conducteurs
02:23qui continuent à caracoler et les investisseurs s'en réjouissent
02:27et profitent, finalement, de cette nouvelle tendance.
02:30En tout cas, la remontée des prix du pétrole,
02:32on est quand même, depuis le jeu des derniers, au-delà des 100 dollars,
02:35a un impact très clair sur les prix à la pompe en Europe,
02:39mais aussi aux États-Unis.
02:41Typiquement, ce matin, le galon sur les contrats à terme à New York
02:45est sur les plus hauts de 2022.
02:474,50 dollars pour un galon,
02:49ce qui, forcément, va se répercuter sur les données d'inflation.
02:52Des données d'inflation qui seront évoquées demain, du côté de la Fed,
02:56à partir de mercredi, du côté de la BCE,
02:59dans le sens où c'est deux jours de réunion,
03:01et la Fed va prendre la parole mercredi, la BCE jeudi.
03:04Qu'est-ce que vous attendez chez l'embarodier IEM
03:06de ces deux banques centrales, Florian Elpo ?
03:09Alors déjà, il faut se rappeler qu'effectivement,
03:11le prix du galon est très élevé aux États-Unis,
03:13mais si vous regardez les surveys des consommateurs,
03:17donc les enquêtes menées auprès des consommateurs,
03:19au sujet de leurs anticipations d'inflation
03:22qui ont été publiées vendredi dernier,
03:24on a plutôt vu une décrue, en fait,
03:26d'une inflation anticipée de 4,8 à 4,7.
03:28Vous me direz, ce n'est pas grand-chose,
03:30mais en tout cas, le consommateur américain
03:32s'inquiète marginalement moins,
03:33ou semble avoir trouvé un niveau maximum d'inquiétude
03:36vis-à-vis de cette situation.
03:38Côté Fed, ce à quoi on s'attend,
03:40c'est la poursuite, simplement,
03:43la poursuite naturelle de ce qui a été engagé
03:45par Jérôme Powell jusqu'à présent.
03:47C'est-à-dire, il ne s'agit pas d'un choc stagflationniste,
03:50il ne s'agit que d'un choc inflationniste
03:53qui vient de l'offre.
03:54On sait ces chocs de courte durée,
03:56on reste vigilant, pour le moment,
03:58on garde les taux inchangés.
03:59Ça, c'est pour l'instant le mantra dominant côté Fed.
04:03Ce n'est pas nécessairement quelque chose de négatif
04:05pour les marchés, il faut bien le comprendre.
04:06Côté BCE, la situation est un petit peu différente.
04:10Pourquoi ?
04:10Parce qu'en fait, ce choc énergétique,
04:13il vient appuyer précisément là où l'Europe a mal.
04:16L'Europe, elle a mal à son cœur.
04:18Et le cœur, c'est quoi ?
04:19Principalement, c'est l'Allemagne et la France,
04:21ils ont caricature.
04:22Et le mélange de ces deux pays est un mélange
04:25qui souffre beaucoup de ce choc énergétique.
04:27On l'a lu la semaine passée avec l'enquête IFO,
04:30qui est un indicateur avancé pour l'économie allemande.
04:33Donc, le message, il est assez clair.
04:34Pas de stagflation côté États-Unis,
04:36stagflation côté Europe,
04:38mais une stagflation qui touche surtout le cœur
04:40et beaucoup moins les nations plus récentes,
04:43plus récemment arrivées dans l'Union européenne
04:45et dans la zone euro.
04:46Et ça, la BCE va devoir gérer ce grand écart
04:49entre les nouveaux et les anciens.
04:51Et nous aurons l'occasion de reparler de ce sujet
04:53dans une demi-heure avec Pierre Sabatier,
04:55économiste et fondateur de PrimeView,
04:57et Olivier Maltès, le directeur des investissements
04:59de YouMoney.
05:00Juste avant de retrouver André Atueni,
05:01qui nous attend chez Saxo Bank,
05:03un dernier mot, Florian Elpo,
05:05sur les GAFAM,
05:06avec donc ces grandes,
05:09majeures technologiques
05:10qui vont publier leurs résultats
05:11mercredi et jeudi.
05:13Il sera bien sûr probablement
05:14de résultats nouveaux records,
05:16mais surtout d'intelligence artificielle,
05:19avec, pour rappel,
05:20des géants qui ont promis
05:22plus de 600 milliards d'investissements
05:23cette année.
05:25Alors, il faut bien comprendre
05:26que la saison qu'on est en train de traverser,
05:29la saison des résultats
05:30qu'on traverse actuellement
05:31est d'une nature très différente
05:33de la précédente saison des résultats.
05:35La précédente saison des résultats,
05:36on parlait de dépenser de l'argent
05:38et le marché a assez mal réagi,
05:40si vous vous en souvenez comme moi,
05:42à la nouvelle.
05:43Cette nouvelle saison,
05:44c'est plutôt comment est-ce qu'on gagne
05:45de l'argent dans l'IA.
05:46Et ça, le marché y est très sensible.
05:50Maintenant, il ne faut pas se voler la face.
05:51On a une impression dans le marché
05:53de reprises rapides,
05:56de scénarios médians,
05:58de scénarios dans lesquels,
05:59finalement, les choses n'iraient pas
06:00si mal que ça.
06:01En fait, il faut bien comprendre
06:02que cette médiété,
06:05ce scénario médian qu'on a atteint,
06:07il reflète la combinaison
06:08de deux extrêmes.
06:09C'est-à-dire qu'on a un extrême négatif
06:11côté macro, avec le prix du pétrole,
06:12vous l'aviez rappelé agondamment.
06:13Et puis, de l'autre côté,
06:14on a un extrême positif
06:16qui est justement la dynamique
06:17côté semi-conducteur
06:19qui représente 50 %
06:20de marché de la tech aux États-Unis
06:22et également une grande partie
06:24de ce qu'on trouve aux émergents.
06:25Donc, vous voyez,
06:26on a deux extrêmes
06:27qui, moyennisés,
06:28nous donnent une impression
06:29de normalité.
06:30Bien sûr,
06:31quel est le danger dans tout ça ?
06:33Eh bien, c'est la déception
06:34parce que les attentes sont très élevées
06:35du côté des GAFAM, justement.
06:37Donc, on reste positif,
06:39en tout cas de notre côté,
06:40vis-à-vis de cette saison.
06:41On pense qu'il y a encore
06:42des bonnes choses à découvrir.
06:44Simplement, il faut comprendre
06:45que le risque,
06:46l'angle mort des marchés aujourd'hui,
06:47c'est la déception côté GAFAM.
06:49Et nous ferons un focus
06:50sur ces fameux GAFAM
06:51dans à peine 5 minutes
06:52avec Julien Legnou,
06:54qui est comme vous,
06:54à Genève depuis Taranis.
06:56Il nous décryptera
06:57les attentes du marché
06:59en ce qui concerne
07:00ces géants technologiques.
07:01Merci beaucoup
07:02de nous avoir accompagnés ce matin.
07:04Florian Yelpau
07:04en charge de la macroéconomie
07:06chez Lombard-Rodier IM.
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