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  • il y a 11 heures
Ce lundi 15 juin, Raphaël Legendre a reçu André Loesekrug-Pietri, président de Jedi (Joint European Disruptive Initiative), Isabelle Bordry, fondatrice de Retency, et Thomas Grjebine, responsable du programme "Macroéconomie et finance internationales" au CEPII, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:06BFM Business et La Tribune présente
00:09Les experts, Raphaël Legendre
00:12Allez bonjour à tous, bienvenue, vous êtes en direct sur BFM Business.
00:15Il est 9h passé de 31 minutes, on est ensemble pour une heure de débat et de controverse
00:20pour une spéciale souveraineté ce matin.
00:23Souveraineté numérique, souveraineté géopolitique et souveraineté militaire.
00:27La guerre au Moyen-Orient est peut-être finie ce matin, mais la guerre mondiale de l'IA, elle, est
00:32déclarée.
00:33En coupant l'accès aux Européens, au modèle Mythos et Fable 5 d'Entropique,
00:38les Etats-Unis viennent de rappeler une réalité brutale.
00:41Quand on dépend de la technologie d'un autre, on dépend aussi de ses choix politiques.
00:45L'intelligence artificielle est en train de devenir un instrument de puissance,
00:50comme le pétrole hier ou les semi-conducteurs aujourd'hui.
00:52Et ce n'est pas un simple incident technologique auquel nous avons assisté ce week-end.
00:58C'est peut-être un tournant géopolitique majeur.
01:01En témoignent les vives réactions de toute la classe politique européenne et française
01:06aux déclarations d'Entropique.
01:08Un consensus rare dans la classe politique française
01:11qui va du Rassemblement national jusqu'à la France insoumise
01:15pour condamner la décision américaine.
01:19Donald Trump, lui, enfonce le clou dans une interview au New York Post publiée dans la nuit.
01:25Il prévient la France.
01:26Si on ne supprime pas la taxe GAFAM, ce sera 100% de taxe sur le vin français.
01:32Il aura l'occasion de le dire très directement à Emmanuel Macron dès cet après-midi,
01:37puisqu'il arrive à 17h au G7 Déviant.
01:40Il aura un entretien en tête-à-tête avec le président français.
01:44On verra alors ensuite à quoi c'est encore ce club des démocraties industrielles
01:49dans un monde où la Chine est devenue incontournable,
01:53mais n'est pas présente autour de la table des discussions.
01:56Et puis, les enjeux économiques peuvent-ils encore exister au G7 ?
02:01Entre deux guerres et une bataille technologique mondiale.
02:04Et puis enfin, on se dirigera à Eurosatory, le plus grand salon militaire terrestre,
02:09où on parlera drone, intelligence artificielle et guerre algorithmique.
02:13La souveraineté militaire européenne passe-t-elle désormais aussi par la maîtrise de l'IA ?
02:18Voilà pour le programme du jour.
02:20Il est 9h passé de 33 minutes.
02:22C'est les experts.
02:23Allez, c'est parti.
02:27Et pour parler de ces nombreux sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Isabelle Bordry.
02:31Bonjour Isabelle.
02:32Bonjour.
02:32Fondatrice de Rayton Sea et, je le rappelle, ancienne présidente de Yahoo France.
02:36À vos côtés, André Lescroux-Pietry.
02:38Bonjour André.
02:38Salut Raphaël.
02:39Président de Jedi, John European Disruptive Initiative, l'agence européenne de la disruption.
02:45Et face à vous, Thomas Grébine.
02:46Bonjour Thomas.
02:47Bonjour Raphaël.
02:48Responsable du programme macroéconomie et finances internationales OCPI.
02:52Auteur d'un rapport remarqué sur les protections à mettre en place en Europe face aux surcapacités chinoises.
03:01Mais pas qu'un rapport sur la souveraineté européenne en réalité.
03:05Alors bon, je le disais en début d'émission, je voulais qu'on commence avant le G7, avant cette annonce
03:11dans la nuit de ce protocole de fin de conflit entre l'Iran et les Etats-Unis,
03:17qu'on parle d'abord de la décision d'anthropique.
03:21Anatomie d'une claque, j'ai envie de dire.
03:23Je commence avec vous André Lescoux-Pietry.
03:27Je rappelle donc que le gouvernement américain a contraint, anthropique, à couper l'accès à ces deux dernières IA, Mythos
03:385 et Fable 5, qui venaient de sortir.
03:41Alors d'abord, on pensait qu'il comptait le réserver uniquement aux citoyens américains.
03:48Et finalement, c'est tout le monde qui a perdu cet accès.
03:51Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?
03:53Alors pour décrypter ça un tout petit peu, les modèles d'IA les plus avancés d'anthropique,
04:00qui aujourd'hui considérés comme ceux qui font les modèles d'intelligence artificielle les plus avancés,
04:05ont été coupés par le gouvernement américain vendredi soir, sans aucune consultation de quiconque, de leurs alliés évidemment.
04:14Et anthropique, sur ce, a décidé d'aller même plus loin en disant, bon, je vais couper ça à tout
04:19le monde, même aux citoyens américains.
04:20Parce qu'en réalité, ils ne sont pas capables de faire la différence, même dans leurs locaux, entre citoyens américains
04:24et non américains.
04:25Mais le vrai choc, c'est que, alors le vrai choc, pour ceux qui n'ont pas regardé ce qui
04:29se passe.
04:30Oui, tout le monde est abranché à l'actualité à ce week-end estival.
04:34Sur le fait que l'Europe est le continent de la surprise stratégique, la classe politique française est la classe
04:40de la surprise stratégique.
04:42Les gens qui s'en étonnent sont juste des gens qui n'ont pas fait leur travail aujourd'hui.
04:45C'est-à-dire qu'on se rend compte aujourd'hui que la plupart de nos dirigeants, c'était gros
04:48comme une maison que ça allait arriver.
04:51On pourrait parler...
04:52Vous n'avez pas surpris, vous, cette décision ?
04:53Non, parce que déjà il y a trois mois, le modèle Mythos avait été supprimé un petit peu en catastrophe.
05:01Pour une raison très spécifique, c'est qu'on se rendait compte que ce modèle permettait en fait de détecter
05:06des failles informatiques
05:08dans tous les systèmes, même celles qui existent depuis 10, 20, 30 ans, les plus dangereuses en quelque sorte.
05:13Donc toutes les institutions financières, juridiques, en fait, tout ce qui est transactionnel était en fait en risque.
05:19Et en fait, aujourd'hui, on se rend compte que la créature est en train un petit peu d'échapper
05:24à ses auteurs, à ses créateurs.
05:27Et donc pour la première fois, les États-Unis qui étaient vraiment dans l'attitude du laissez-faire ont décidé
05:32d'arrêter.
05:32Là, la décision a été plutôt saluée.
05:34C'est-à-dire que finalement, il y avait un vrai risque.
05:36Là, aujourd'hui, l'IA entre de plein pied dans le monde géopolitique.
05:40Ce n'est plus un outil informatique, ce n'est plus une technologie, c'est aujourd'hui une arme.
05:45On pourrait parler, il y a eu en 1957 le choc Spoutnik pour les Américains qui, pour la première fois,
05:50voyaient que les soviétiques arrivaient à mettre un satellite dans l'espace.
05:54Ce n'était pas le satellite, c'était le fait que la fusée était ensuite ce qu'on appellerait un
05:58missile intercontinental et permettait d'atteindre les États-Unis.
06:01Aujourd'hui, les Européens découvrent avec stupeur qu'en fait, tous leurs ingénieurs, leurs sociétés, leurs scientifiques travaillent sur les
06:10modèles les plus avancés.
06:11Et Washington peut débrancher ça d'une décision un vendredi soir.
06:16C'était prévisible, Isabelle ?
06:17Oui, et c'était d'autant plus prévisible qu'effectivement, la première décision avait été prise par les équipes d
06:24'Entropique.
06:25Lorsque vous évoquiez le fait qu'il y a un mois et demi, Mythos 5 avait été, de la part
06:32des équipes d'Entropique, arrêtée.
06:34Parce qu'effectivement, il s'était rendu compte qu'il n'y avait pas suffisamment de garde-fous pour éviter
06:39de mettre à plat tous les systèmes d'information, comme l'a très bien expliqué André.
06:44Mais là, ce qui est tout à fait étonnant, enfin pas étonnant, dans la continuité de la séquence Trump, le
06:502 juin, Trump a signé un décret autorisant l'administration à bloquer n'importe quel modèle dit A dans le
06:58premier mois de son lancement,
06:59s'il était réputé comme nuisant à la sécurité nationale.
07:03Ça veut dire que Washington prend les pleins pouvoirs sur l'entreprise privée, là ?
07:08C'est juste une continuité de ce que veut l'administration Trump, c'est-à-dire une mainmise complète sur
07:13les modèles d'IA.
07:15Et il l'utilise comme une arme, une arme de négociation.
07:18Je rappelle que Trump n'était pas censé venir il y a 2-3 jours à Evian, il n'était
07:22pas sûr de venir, il était en pleine négociation.
07:25Et depuis effectivement 2 jours, il bloque Mythos, il fait des annonces contre les GAFAM, donc il utilise ces outils
07:35comme véritablement un outil de pouvoir et de négociation.
07:39Qui pourrait aller jusqu'à une nationalisation, c'est un scénario qui circule, et je crois qu'il est même
07:43porté par le patron d'Enthropie, Dario Amodey, d'une nationalisation d'ici 2 ans.
07:49C'était un peu sa prévision des grandes boîtes de l'IA américaines.
07:55J'ai envie de dire rien de neuf sous le soleil, il y avait déjà eu un Macbook, c'était
07:59pas un Macbook, c'était un Macintosh au début des années 2000,
08:03qui avait pour la première fois je crois dépassé le milliard d'opérations par seconde, et qui avait été d
08:08'un coup interdit de commercialisation aux Etats-Unis.
08:11D'ailleurs Apple avait fait du judo là-dessus et avait retourné ça en montrant sur une publicité un tank
08:19et un Apple, en disant vous voyez tout ça a un impact sur la sécurité nationale.
08:24Il faut bien voir qu'aux Etats-Unis, le mot de national security, sécurité nationale, est tellement large que l
08:30'acception peut revêtir tout ça.
08:32Et là pour le coup, sur le coup des modèles d'IA, c'est... Donc rien de neuf, la surprise
08:38à la fois politique et technologique, elle est incroyable.
08:43Mais par contre, juste un point, il faut aussi qu'on arrête l'illusion, parce que j'entends des gens
08:47dire maintenant, bah maintenant il faut tout mettre sur Mistral.
08:49Je rappelle, et Dieu sait que j'adore Arthur Mensch, Mistral, etc.
08:53Mistral est classé 54e du dernier classement des modèles.
08:57Ils ne sont pas dans ce qu'on appelle les modèles frontières.
09:00Tous les autres au-dessus de Mistral sont chinois ou américains.
09:03Donc quand j'entends maintenant, bah maintenant il faut tout faire pour que Mistral gagne, non c'est pas ça
09:08la bonne stratégie.
09:09La bonne stratégie c'est de mettre le paquet sur plein de modèles différents, de s'assurer qu'on travaille
09:15au niveau européen et que la France n'a pas son modèle français, l'Allemagne n'a pas son modèle
09:19allemand.
09:20C'est vraiment un changement de logiciel complet dont je pense que nos dirigeants actuels sont totalement incapables.
09:26Thomas Grébine.
09:26Moi je pense qu'il y a deux choses en complément qui sont intéressantes dans la décision de Donald Trump.
09:32C'est d'une part ce qui était un peu l'anomalie, c'est le fait que l'administration américaine
09:36avait si peu de contrôle sur ces géants de l'IA.
09:40C'est-à-dire que quand on prend les révolutions technologiques précédentes,
09:44il y avait quand même un contrôle beaucoup plus fort du Pentagone ou de l'administration américaine sur ces technologies.
09:51Or là vous avez des géants qui voulaient contrôler l'ensemble de la chaîne de valeur et où l'État
09:59américain était quand même relativement loin.
10:02Donc là la première chose c'est du point de vue américain, il y a quand même une reprise en
10:06main et ça on peut penser que c'est quand même relativement positif
10:09que ce soit l'État qui ait une forme de contrôle face à ces géants privés qui peuvent faire un
10:14peu ce qu'ils veulent.
10:15Donc ce que je vous entends c'est qu'on allait mettre en l'air un système dangereux et heureusement
10:20que le politique a mis le haut là.
10:23C'est pas ce qu'on entend, c'est intéressant.
10:25En tout cas du point de vue américain, je pense que quand même, entrepique, il y avait quand même le
10:30dirigeant d'entrepique qui lui-même disait qu'il faudrait à un moment une reprise en main.
10:35Donc c'est un peu, il a été servi si on peut dire.
10:38Mais donc ça c'est un peu du point de vue américain, c'est qu'est-ce que fait la
10:42puissance publique face à ces géants privés qui étaient de plus en plus autonomes.
10:47Et le deuxième point c'est nous Européens et c'est vrai que là aussi il y a un peu
10:51une anomalie historique, c'est qu'on n'a jamais eu un tel niveau de dépendance.
10:56Là aussi vous reprenez les grandes révolutions technologiques, soit le microprocesseur dans les années 70, le développement d'Internet dans
11:04les années 90, les smartphones dans les années 2000, le cloud dans les années 2010.
11:10On n'avait pas une telle dépendance aux États-Unis.
11:13Aujourd'hui on estime que notre déficit commercial numérique il est autour de 275 milliards, c'est-à-dire presque
11:211,5% du PIB européen et puis aurait monté jusqu'à 2% du PIB européen en 2030.
11:29Donc on est en train d'avoir une dépendance de plus en plus forte aux États-Unis et ça veut
11:34dire aussi un transfert de richesse de l'Europe vers les États-Unis.
11:37Juste un chiffre, ce transfert de richesse au niveau français, ça pourrait représenter en 2030 le budget de l'éducation
11:44nationale.
11:46Isabelle, puis...
11:47Oui, je pense que le point sur l'autorégulation aux États-Unis et le fait qu'à un moment donné
11:51il faille en mettre des limites est absolument clé.
11:54C'est-à-dire qu'on ne peut pas laisser le pouvoir à quelques oligopoles et à quelques patrons qui
11:59maîtrisent ces sociétés.
12:00Donc ça c'est effectivement un point clé et ces machines, en tous les cas ces modèles, montrent quand même
12:06une puissance absolument incroyable
12:08et l'alignement en fait de ces modèles avec les valeurs démocratiques est un vrai sujet.
12:14Et donc qu'est-ce qui maîtrise cet alignement ? Est-ce que c'est effectivement les équipes d'ingénieurs
12:18qui travaillent sur les modèles
12:20ou c'est un consortium qui travaille avec les États pour déterminer ce qui est possible ?
12:26C'est un vrai sujet, l'IA éthique dont on débat en ce moment.
12:29Et c'est d'ailleurs ce que l'Europe a déclaré avec l'IA Act.
12:33L'IA Act c'est exactement ça, c'est-à-dire une régulation qui met des limites et qui n
12:38'est pas là pour bloquer
12:39mais qui est là pour encadrer l'innovation.
12:42Donc ça c'est un point clé.
12:43Après la seule chose c'est que dans cette décision, et comme on l'a dit déjà,
12:49Anthropik apparaissait ou apparaît comme quand même le meilleur élève de la classe.
12:52C'est-à-dire qu'il a toujours pris position sur...
12:55Il a refusé de travailler avec le Patagone, notamment.
12:57Il a refusé de travailler avec le Patagone.
12:59Il y a une forme de représailles de Donald Trump vis-à-vis de Dario Amodali, le patron d'Anthropique.
13:03Il a refusé que ces modèles soient utilisés pour des écoutes de masse aux États-Unis,
13:07dans la guerre pour utiliser des armes létales.
13:11Donc il apparaissait comme le meilleur élève de la classe sur ces sujets-là.
13:15Il se trouve que dans ses équipes, il a embauché trois personnes de chez Biden,
13:20qui sont des proches conseillers de l'administration Biden.
13:23Et donc, oui, c'est bien de réguler et de vérifier,
13:27mais on ne peut pas se dire que dans cette décision extrêmement brutale de vendredi soir,
13:32il n'y ait pas une prise de position politique de Trump...
13:35Rétorsion politique, vous dites.
13:36Rétorsion politique face à cette entreprise qui, clairement, est anti-Trump.
13:39Et c'est là où il y a un danger.
13:42Vous êtes d'accord avec ça ?
13:43Oui, je ne suis pas sûr.
13:45Parce que quand on regarde, alors on ne saura jamais véritablement,
13:47mais le fait que ça apparaisse deux jours avant le G7,
13:51que Trump, en fait, qui arrivait normalement...
13:54Il y a 24 heures, il arrivait en position de faiblesse.
13:56Il fait 20 fois qu'il annonce un cessez-le-feu.
13:58Il n'était pas sûr de venir, d'ailleurs.
13:59Il n'était même pas sûr de venir.
14:00Là, on est tout heureux qu'il vienne, mais il arrive en position de force.
14:03Tout le monde ne sera que à ses pieds pour dire
14:06« Mon Dieu, mon Dieu, vous ne pouvez pas nous faire ça. »
14:09Sur le sujet d'Amodéi, en fait, là, je suis partagé, je ne sais pas.
14:12Parce qu'effectivement, c'est un peu comme Apple qui, rappelez-vous,
14:15avait interdit au FBI l'accès à son iPhone
14:19quand un terroriste, je crois, à Los Angeles, il y a quelques années, avait utilisé.
14:23Mais je pense que, oui, il y a sûrement un petit peu d'éthique.
14:26Il y a sûrement aussi beaucoup de marketing.
14:28Parce qu'aujourd'hui, ça fait vendre d'être considéré comme le modèle le plus éthique.
14:33Je rappelle quand même qu'Antropic est au cœur de Maven,
14:36qui est le système de positionnement et de tasking de l'armée américaine
14:40et qui a été utilisé massivement pour la première fois, fin février, en Iran.
14:45Je voudrais juste revenir sur cette histoire de régulation
14:47parce qu'il n'y a pas ceux qui régulent avant.
14:50Je crois qu'en fait, il y a une grande similarité
14:52entre ce que fait la Chine et les États-Unis.
14:55Je m'explique.
14:57La Chine, comme les États-Unis, laisse émerger des géants.
15:01Et ils ont tous les deux, malheureusement la Chine,
15:04parce que c'est un pays autoritaire et aux États-Unis aussi,
15:07des gens dans l'administration qui ont une connaissance extrêmement fine
15:10et qui ne se racontent pas d'histoire sur le véritable niveau de performance de ces modèles.
15:16Et une fois qu'ils arrivent, qu'ils ont créé en fait ces mille fleurs,
15:19pour prendre une mauvaise référence historique,
15:21eh bien, ils commencent à couper des têtes lorsque certaines fleurs,
15:24soit les dépassent, peut-être pour des raisons politiques,
15:27soit parce qu'ils sont trop performants.
15:28L'Europe fait véritablement la régulation de la pire qui soit.
15:32C'est-à-dire, on régule avant même que notre serre, nos plantes...
15:37J'en veux pour preuve cette histoire de Mistral,
15:39qui pour moi est dramatique, parce qu'on pense...
15:42Je suis sûr qu'aujourd'hui, on demanderait à 90% des Français
15:45qui connaissent le mot Mistral,
15:46et je pense que c'est devenu un nom assez commun dans l'opinion publique,
15:49ils pensent qu'on est leader mondial.
15:53Ce n'est plus du tout le cas.
15:54D'ailleurs, Mistral, aujourd'hui, est en train de s'orienter
15:55plutôt vers de l'infrastructure, des tasseurs center,
15:58plutôt que les modèles frontières.
15:59C'est ça qu'il faut qu'on change en Europe.
16:01Isabelle ?
16:01Je ne suis absolument pas d'accord.
16:03Parce que je pense qu'il est absolument essentiel
16:06de mettre des contraintes pour innover.
16:08Il est absolument essentiel pour que l'innovation progresse
16:12dans le bon sens et dans le bon alignement
16:13d'une démocratie, d'une protection des consommateurs citoyens.
16:17Je ne dis pas l'inverse.
16:19Il est absolument essentiel qu'il y ait un RGPD,
16:21il est absolument essentiel qu'il y ait un IA Act,
16:23et que ces règles, ces garde-fous,
16:26et d'ailleurs, certains grands exécutifs américains
16:29le réclament.
16:30Oui, après avoir créé leur leader.
16:32Il est beaucoup plus sain de mettre des frontières avant
16:35pour que l'innovation les prenne intrinsèquement
16:38dans leur moteur initial,
16:40plutôt que de faire une censure à priori.
16:45Mais Isabelle, est-ce que le RGPD n'a pas complètement volé
16:48en éclats avec l'émergence, l'explosion de l'IA,
16:52qui sont quand même des autoroutes
16:54pour envoyer toutes nos datas aux États-Unis,
16:56au travers d'Enthropic, au travers de...
16:59Je pense que le RGPD est un élément absolument crucial
17:03pour les entreprises françaises,
17:05et surtout pour la protection des citoyens.
17:06Et si vous allez dans la rue et que vous posez la question
17:09sur l'utilisation des données à tous les citoyens
17:12que vous croisez, ils sont extrêmement soucieux.
17:14Et je pense que c'est un élément clé.
17:16Et je ne suis absolument pas sûre
17:18que ce soit ça qui ait bloqué l'innovation,
17:20bien au contraire.
17:22Je voulais qu'on voit un peu les voies et moyens
17:23de répondre de l'Europe, Thomas Rémin.
17:26Dans votre rapport...
17:27Alors, on parlait beaucoup d'industrie dans votre rapport.
17:30Là, c'est l'industrie du numérique et de la technologie,
17:31mais que peut-on faire
17:35pour ne plus être les vassaux des États-Unis
17:38en termes numériques ?
17:39Vaste programme, vous allez me dire,
17:40mais il nous reste un petit peu de temps pour le développer.
17:43On peut voir, en tout cas,
17:44les parallèles entre l'industrie traditionnelle
17:47ou les industries vertes
17:48et ce qui est en train de se passer avec la tech.
17:50Le premier parallèle qu'on voit,
17:52c'est notre discussion.
17:53C'est-à-dire qu'en Europe,
17:55on réglemente avant d'avoir une politique industrielle.
17:58Donc, c'était le cas sur le véhicule électrique,
18:01où on avait la réglementation la plus dure du monde
18:04sans avoir de politique industrielle,
18:06alors que les Chinois,
18:07eux ont développé depuis 25 ans une politique
18:11pour avoir des véhicules électriques
18:14et ils ont adapté leur législation progressivement
18:16face aux avancées industrielles.
18:20Et là, on retrouve un peu la même chose.
18:21Donc, on a une réglementation qui est très importante,
18:24mais on n'a eu aucune politique industrielle,
18:26entre guillemets, au niveau de l'IA.
18:29Donc, on a en effet des symboles comme Mistral,
18:32mais quand vous regardez la chaîne de valeur de l'IA,
18:36les différentes strates de l'IA,
18:38on est complètement, à plus de 90%,
18:42dépendant des États-Unis.
18:44Mais est-ce que ce n'est pas utopique de se dire
18:46qu'on peut avoir toute la chaîne verticale ?
18:48C'est justement...
18:51Demain, c'est utopique,
18:52mais c'est quelque chose qui peut monter en conscience
18:56progressivement.
18:57Et le risque, c'est juste d'avoir du packaging souverain,
19:00c'est-à-dire qu'on va dire, ça, cette solution est française ou européenne,
19:04alors que toute l'infrastructure derrière est américaine.
19:09Et donc là, il peut y avoir des solutions européennes.
19:11Par exemple, le propriétaire de Lidl a commencé à développer un cloud
19:16qui pourrait être un cloud européen.
19:18Donc certes, sur les modèles, certes,
19:20Mistral est en retard par rapport au modèle de pointe,
19:24mais peut-être que si les Européens s'unissaient,
19:27on pourrait monter en puissance progressivement.
19:30Et donc, en fait, il faut reconquérir progressivement
19:32cette chaîne de valeur.
19:33Mais le gros risque, c'est qu'aujourd'hui, notamment la France,
19:36on soit un producteur d'électricité
19:38pour les modèles américains.
19:40C'est ça.
19:40Et donc, si on se souvient de ce que disait Arthur Mench
19:42lors de son audition à l'Assemblée nationale,
19:45il disait que quand vous reprenez la chaîne de valeur de l'IA,
19:48l'électricité, c'est environ 10%.
19:50Et donc, nous, on va fournir cette électricité bon marché,
19:53parce que c'est, entre guillemets, notre avantage comparatif,
19:55mais 90% de la valeur ajoutée sera produite ailleurs,
19:59et en particulier aux États-Unis.
20:00Isabelle Puyandré.
20:01En fait, le vrai sujet, à mon avis, ce n'est pas tant la régulation,
20:04c'est effectivement ce push qu'il faut faire sur la politique industrielle.
20:08Et ça tient à la politique de financement.
20:11On n'a pas, en Europe, une profondeur de financement
20:13qui permet à Arthur Mench de lever 100 milliards de dollars
20:17ou 100 milliards de hauts.
20:18C'est ça, le nerf de la guerre.
20:19C'est comment les Européens vont arriver à un moment donné
20:23à se coordonner pour créer des consortiums financiers et industriels.
20:27Ce n'est pas le RGPD qui bloque,
20:29c'est la profondeur financière.
20:31On a les talents, et Arthur Mench en fait partie,
20:34on a les talents qui, d'ailleurs, pour certains, partent aux États-Unis.
20:38Il nous manque aujourd'hui la capacité financière
20:40et une vision stratégique au niveau européen.
20:43Je crois qu'on est devenu le nouveau continent minier de l'IA.
20:46C'est-à-dire, chez nous, les gens viennent extraire des talents,
20:49qu'on produit 1 million d'euros, je crois,
20:51pour l'État français directement, un diplômé de Polytechnique.
20:54Et il y en a plein à Mistral, qu'on vient puiser.
20:58Et deux, on vient puiser de l'énergie bon marché.
21:00Et comme vous le disiez,
21:03aujourd'hui, ça crée très peu de valeur sociétale.
21:06Et ça enrichit les fonds émiratis,
21:08dont on se félicite aujourd'hui à Choose France.
21:10Mais il faut aussi voir qu'il y a un aspect évacuation des autres,
21:14parce que les autres industries à haute,
21:16qui demandent beaucoup d'énergie, l'automobile, etc.,
21:21se retrouvent en concurrence avec ces gens-là.
21:24Alors, je ne suis pas du tout d'accord sur le RGPD.
21:26Alors, j'en veux pour preuve,
21:29la Cour des comptes européennes a fait un rapport là-dessus.
21:35Alors, on ne le dit pas,
21:36parce que c'est un peu le grand succès prétendu de l'Europe.
21:39Tout le monde est évidemment pour la vie privée.
21:42Mais ce que j'en appelle, c'est de la stratégie.
21:44Aujourd'hui, ce qui s'est passé avec le RGPD,
21:46c'est qu'on a mis la barre tellement haute
21:49pour être en conformité sur les règles de vie privée,
21:53que qui c'est qui peut se permettre d'être RGPD compliant ?
21:57C'est les grands.
21:58Et qui sont les grands acteurs ?
21:59C'est les acteurs de la tech.
22:00Donc, en fait, on a créé une espèce de barrière à l'entrée.
22:02À nouveau, je ne suis pas en train de dire
22:04qu'il ne faut pas un alignement,
22:05bien au contraire.
22:05Mais je rappelle quand même,
22:07c'était un vieux cas d'école,
22:10Einstein, pacifiste, absolument convaincu,
22:13qui avec Szilard envoie cette fameuse lettre à Roosevelt en 1939,
22:18en disant, c'est aux démocraties d'être leader
22:21sur une arme potentiellement épouvantable.
22:24Donc, si nous ne sommes pas devant,
22:26nous ne pourrons rien réglementer.
22:28Juste un point pour qu'est-ce qu'on peut faire.
22:30C'est-à-dire, un, chaque fois que la BPI met de l'argent
22:33dans une société d'IA,
22:35entre un tiers et 50% va acheter des GPU de NVIDIA.
22:38Déjà, essayer de consolider ce qu'achètent Yann Lequin,
22:41Arthur Mensch, Eleven Labs,
22:43les Polonais, les Allemands, etc.
22:45Et potentiellement faire émerger
22:47ce qu'on appelle des accélérateurs IA,
22:49c'est-à-dire ces nouvelles puces.
22:50Si on a une vision entreprise par entreprise,
22:52ça ne vaut pas la peine.
22:53Mais s'il y a une vision globale,
22:54ça, c'est de la politique industrielle intelligente.
22:57La deuxième chose, c'est effectivement,
23:00incité, aujourd'hui,
23:01c'est entre 3 et 5 ans
23:03pour connecter un data center en Europe.
23:07Alors, certains États américains
23:08commencent aussi à mettre des limites.
23:10La Virginie a mis un moratoire de 3 ans.
23:11Mais aujourd'hui, pourquoi est-ce qu'on n'utilise pas
23:13les zones qui sont autour de chez EDF,
23:15et je crois EDF le fait,
23:17autour des centrales nucléaires,
23:18pour faire des connexions en 3 mois ?
23:19Je rappelle que les 106 milliards
23:21ou les 109 milliards annoncés au sommet IA
23:23en février 2025,
23:25on n'a pas commencé à couler le béton.
23:27Et troisième chose, arrêtons nos illusions.
23:30Il ne s'agit pas d'être pessimiste,
23:32mais à force de dire qu'on est les meilleurs,
23:34qu'on a les meilleurs modèles, etc.,
23:36en fait, on n'a pas ce sentiment d'urgence
23:37et on se réveille un vendredi soir à 17h21,
23:40en se rendant compte qu'on est à poil.
23:42Isabelle ?
23:42Oui, je pense que le point sur les semi-conducteurs
23:45est un très bon élément,
23:46c'est-à-dire que ça fait 15 ans, 20 ans
23:48qu'il n'y a pas eu ni de stratégie,
23:50ni de vision européenne sur ce marché-là.
23:52C'était un peu le parent pauvre,
23:54personne ne s'occupait, pardon, de AST électronique.
23:58Enfin, ce n'était vraiment pas du tout un sujet.
24:00Et on s'aperçoit aujourd'hui que c'est le nerf de la guerre.
24:02Mais pour faire aussi bien qu'NVIDIA,
24:04ça ne se décrète pas.
24:06C'est 10, 15 ans.
24:08C'est un écosystème qu'il faut bâtir.
24:09Donc, c'est effectivement ce point.
24:11Ce n'est pas parce qu'on a les machines-outils
24:13qui permettent effectivement à NVIDIA
24:15de pouvoir produire ces puces
24:17qu'on est capable de produire ces puces
24:19parce que c'est du nanomètre.
24:21C'est absolument extrêmement compliqué.
24:23Donc, il faut non seulement avoir les talents,
24:25les machines-outils.
24:26Et même lorsque TSMC tente de créer une usine aux États-Unis,
24:30il n'y arrive pas puisqu'il y a des problèmes
24:32de densité, de l'air, etc.
24:34Donc, c'est une très, très grande complexité.
24:36Donc, déjà, commençons par créer un écosystème.
24:39Et je suis d'accord avec André,
24:40il faut créer des consortiums,
24:42il faut rassembler les talents,
24:43il faut faire en sorte que tous les acteurs
24:46sur ces technologies se rassemblent
24:48et travaillent en réseau
24:49pour pouvoir petit à petit bâtir l'écosystème.
24:52Mais ça ne se fera pas en deux ans.
24:54Thomas, quand on écoute effectivement
24:56tous les enjeux et les défis absolument majeurs,
24:59on se dit qu'il faudra 10, 15, 20 ans
25:02pour récupérer le retard,
25:03que ça semble très compliqué.
25:04Est-ce qu'on ne peut pas jouer plus rapidement
25:06avec nos atouts type ASML ?
25:09Bon, on a l'imprimante,
25:10on a la centrale,
25:12mais on a aussi l'imprimante en Europe.
25:14Donc, est-ce qu'on ne peut pas jouer
25:15de tensions avec ces entreprises
25:18pour se faire respecter aussi
25:19par les autres empires ?
25:21Non, mais ASML, c'est un atout très important
25:23pour l'Europe, mais ça ne suffit pas.
25:25De nouveau, quand vous regardez
25:26la chaîne de valeur de l'IA au niveau européen,
25:30il y a plus de 90%
25:31qui appartient à des entreprises étrangères.
25:35Enfin, hors de l'ordre...
25:36Donc, pour les 10 à 15 prochaines années...
25:38Il y a un article intéressant de Rogoff,
25:41qui était un avan chef économiste du FMI,
25:44et en fait, il montre que si vous...
25:46Enfin, il prend le point
25:48que demain, quand vous regarderez
25:51la hiérarchie des États
25:52d'un point de vue économique,
25:54le grand risque pour l'Europe,
25:55c'est de jouer en seconde division.
25:57C'est-à-dire qu'il y aura
25:58les grandes puissances
25:59comme les États-Unis, la Chine,
26:01peut-être la Corée du Sud
26:02ou le Japon,
26:03qui posséderont l'IA,
26:05qui contrôleront une partie
26:06de la chaîne de valeur de l'IA.
26:07Et puis, vous avez l'Europe.
26:10Et donc là, de nouveau,
26:11on parlait déjà de ça
26:12sur les enjeux industriels,
26:13mais on voit bien que, en fait,
26:14peut-être cette décision
26:16de vendredi de Donald Trump
26:17est une bonne nouvelle,
26:19entre guillemets,
26:20parce qu'on peut espérer
26:22un réveil européen.
26:24Mais bon, l'histoire...
26:25Et on l'espère.
26:26Bon.
26:27Dernier, très rapidement,
26:28en question courte, réponse courte.
26:29Est-ce que cette claque
26:30va réveiller l'Europe ?
26:31Vous dites oui ou non, Thomas ?
26:33Moi, je ne suis plus pessimiste.
26:34On avait ce débat ce matin
26:35sur l'antenne.
26:36On verra très vite.
26:37Si on a, côté français,
26:39une attitude,
26:40comme on l'a fait
26:41sur le scaf,
26:41sur le chasseur européen,
26:42et on dit,
26:43ralliez,
26:44vous tenez derrière
26:45ma bannière blanche
26:46et mettez tout de l'argent
26:47dans Mistral,
26:48les Allemands,
26:49les Anglais,
26:49les Suédois vont rigoler.
26:51Si on a véritablement
26:53le courage de dire,
26:54on se donne trois mois
26:55pour faire un Big Bang,
26:56mon petit désaccord ici
26:57avec Isabelle,
26:58on met 264 milliards d'euros
27:01tous les ans
27:01dans la tech américaine,
27:03mais ça,
27:04c'est uniquement
27:04le coût direct.
27:06Si on voit
27:06le coût indirect
27:07de cette dépendance
27:08de marge plus élevée,
27:10c'est beaucoup plus important.
27:11Je rappelle que l'Europe,
27:12elle a plus de 20 000 milliards
27:13d'épargne
27:15où sont,
27:16enfin,
27:16il faut qu'on arrête
27:17d'avoir des ministres
27:17de l'économie
27:18qui promeut le livret A.
27:21C'est là
27:21où il faut un véritable choc.
27:23Donc,
27:23soit on a un véritable choc
27:25à la fois du marché unique
27:26en trois mois
27:27ou bien on a encore
27:29une grande annonce
27:30de Mme Valdane
27:30au 13e étage
27:31du Berlaymont.
27:32En fait,
27:32en fonction de ça,
27:33vous aurez la réponse.
27:34Voilà,
27:35André a effectivement raison.
27:36Il faut flécher
27:37les économies
27:38de tous les citoyens européens
27:39vers cette nouvelle ère
27:41qui est l'ère de l'IA.
27:43Et ce qui est aujourd'hui
27:44pas possible
27:44parce que les actionnaires
27:45d'actifs n'ont pas le droit
27:47d'investir
27:48dans une économie
27:50aussi...
27:50Comme dirait Napoléon,
27:51les responsabilités,
27:52ça ne se reçoit pas,
27:53ça se prend.
27:54Allez,
27:55ce sera le mot de la fin
27:55de cette première partie.
27:56On se retrouve tout de suite
27:57après une courte pause publicitaire.
27:59On va continuer à parler
28:01IA au sommet du G7
28:03qui s'ouvre aujourd'hui
28:04puisque Dario Amodei
28:04comme Samaselman
28:05y seront présents.
28:06Et puis,
28:07on parlera aussi
28:07de l'ouverture
28:08du salon de la défense
28:09Rosatory à Villepin.
28:11Un salon
28:12qui dit beaucoup
28:12de l'air du temps
28:13aussi,
28:14le salon de tous les records.
28:15Ne quittez pas,
28:15on se retrouve tout de suite.
28:24BFM Business et la Tribune
28:25présente
28:27Les Experts
28:28Raphaël Legendre.
28:30Allez,
28:30il est dix heures passées
28:31de deux minutes.
28:32Vous êtes toujours en direct
28:33sur l'antenne
28:33de BFM Business.
28:34C'est les Experts
28:35pour encore une demi-heure
28:37de débat
28:37et de controverse
28:38sur la souveraineté
28:40avec Isabelle Bordry,
28:41fondatrice de Réthensie,
28:42André Leuze-Kroug
28:44Piétri,
28:45président de
28:46JEDI,
28:47l'agence européenne
28:48pour l'innovation disruptive
28:49et Thomas Grébine,
28:50responsable du programme
28:51macroéconomie
28:52et finances internationales
28:53au CEPI.
28:54On a beaucoup parlé
28:55d'anthropique
28:56et de la claque
28:57infligée à l'Europe
28:58ce week-end
28:59avec l'interdiction
29:01de Fable 5
29:02et Mythos 5.
29:03Dario Amodei,
29:04le patron d'anthropique,
29:07arrive en France
29:08tout comme Sam Altman,
29:09le patron d'OpenEye.
29:13Tous les géants
29:14de la tech
29:15et de l'IA
29:15seront en fait
29:16à Evian aujourd'hui
29:17pour l'ouverture
29:19du G7
29:20avec Angesta,
29:22Donald Trump.
29:23On l'attendait,
29:24on n'était pas sûr
29:24jusqu'à encore
29:25ces derniers jours
29:26que le président américain
29:28soit présent
29:28à Evian.
29:30Il le sera.
29:30Il arrive
29:31à 17h
29:33pour un tête-à-tête
29:34avec Emmanuel Macron
29:36et comme
29:37il en a l'accoutumée
29:38en général,
29:39avant d'arriver
29:39dans ces cénacles
29:41internationaux,
29:42il commence par mettre
29:43une bonne droite
29:43à absolument
29:44tout le monde
29:45et là en l'occurrence
29:46à Emmanuel Macron
29:48par une interview
29:50dans le New York Post
29:51que vous pouvez aller
29:52consulter.
29:54Le président américain
29:55menace.
29:56Si vous les Français
29:57ne faites pas sauter
29:58la taxe GAFAM,
30:00eh bien ce sera
30:00100%
30:01de droits de douane
30:02sur
30:03le vin
30:04et le champagne.
30:06Bon,
30:06voilà pour l'ambiance.
30:08Quels sont les enjeux
30:08du G7
30:09à venir,
30:10Thomas Grémin ?
30:12Depuis plusieurs mois,
30:13la France,
30:14elle se battait
30:14pour que
30:15à l'agenda
30:15du G7,
30:16il y ait la question
30:17des déséquilibres mondiaux
30:19qui était un peu
30:19le faunet
30:20de la concurrence
30:22chinoise.
30:23Oui.
30:23C'est-à-dire qu'il fallait
30:25qu'il y ait une réponse
30:26des pays du G7
30:28face à ce rouleau
30:30compresseur chinois
30:31et puis un peu
30:32pour des questions
30:33diplomatiques,
30:33on disait
30:34qu'il faudrait
30:34que les États-Unis
30:36eux aussi réorientent
30:37un peu leur modèle
30:38de croissance,
30:39consomment un peu moins
30:41relativement à la production.
30:42Donc ça,
30:42c'était les efforts
30:43qui étaient faits
30:44depuis plusieurs mois
30:45et là,
30:45on voit aujourd'hui
30:46le G7
30:47et ce qu'on voit,
30:48c'est qu'un peu
30:49cette problématique
30:50qui est structurelle
30:50et qui est majeure
30:51pour les années à venir
30:52pour l'économie européenne,
30:54elle est un peu passée
30:55au second plan.
30:56Donc vous avez
30:57les menaces de Trump,
30:59vous avez évidemment
30:59cet enjeu majeur
31:01sur l'IA.
31:01Crédible ou pas
31:02les menaces de Trump ?
31:03Parce que c'est un vieux sujet
31:04quand même,
31:05si vous ne supprimez pas
31:06votre taxe sur les GAFAM.
31:07En tout cas,
31:08il a pointé
31:10cette menace
31:10de multiples reprises,
31:12donc là,
31:12je ne peux pas juger
31:14si elle est crédible,
31:14en tout cas,
31:15peut-être que s'il y a
31:15un bon dîner à Versailles,
31:17ça pourra le faire changer.
31:18Avec du bon vin.
31:19Voilà,
31:20avec du bon vin français
31:21et peut-être même du champagne.
31:22Ce qu'on voit aussi,
31:22c'est que par exemple,
31:23la guerre en Ukraine,
31:24ça doit occuper demain
31:25aussi une partie
31:27de l'agenda du G7.
31:28Donc en fait,
31:29des enjeux qui sont
31:30moins économiques
31:31et de plus en plus
31:32de politique
31:33ou géopolitique.
31:34C'est le risque un peu
31:36de voir tous les sujets
31:36économiques être balayés.
31:37Alors évidemment,
31:38le président,
31:39il arrive en majesté
31:40avec cet accord
31:41trouvé cette nuit
31:42entre l'Iran
31:43et les États-Unis
31:45sur un cessez-le-feu.
31:48Qu'est-ce que ça change,
31:49ça économiquement ?
31:50On a vu,
31:51bon évidemment,
31:51le pétrole
31:52qui commence à baisser.
31:54Isabelle Bordry.
31:56En fait,
31:56ce qui est intéressant,
31:57c'est que le premier G7
31:57a été organisé
31:58par Valéry Giscard-Estaing
32:00et le chancelier Schmitt
32:01en 75-76.
32:03Et on était
32:04en pleine guerre
32:05du pétrole.
32:05c'était la première crise réelle.
32:08Donc c'était à l'initiative
32:09des Européens
32:10qui s'apercevaient
32:11qu'ils étaient pris en étau
32:13avec les problématiques
32:14d'un côté financière.
32:15Le dollar,
32:15c'était désindexé de l'or
32:17et du pétrole
32:19qui tout d'un coup
32:19explosait
32:20et créait une espèce
32:21de tsunami
32:22sur les marchés européens.
32:24Aujourd'hui,
32:24effectivement,
32:25le sujet,
32:26c'est l'IA,
32:27c'est la géopolitique
32:28et c'est toujours
32:29un peu le pétrole.
32:32Et aujourd'hui,
32:33quand on voit effectivement
32:34les prises de position
32:36de Trump,
32:37c'est le détroit d'Hormuz.
32:40Alors,
32:40il en est à sa 39e promesse
32:42du fait que ça s'arrête.
32:44Mais là,
32:44c'est la bonne,
32:44la 40e est la bonne.
32:46C'est d'être un peu plus sérieux
32:46parce que les Iraniens
32:47ne l'ont pas démenti,
32:48que les Pakistanais ont dit
32:50mais on en est à un mémorandum
32:52d'accord.
32:53On est encore assez loin
32:54d'un accord,
32:55semble-t-il.
32:56Ça doit être signé vendredi,
32:58on verra.
32:59Après,
32:59sur le fait que
33:01les Canadiens,
33:02les Italiens,
33:03les Allemands,
33:04les Français,
33:05les États-Unis
33:05se parlent,
33:06je pense que c'est
33:07absolument essentiel.
33:09Oui.
33:09Absolument essentiel.
33:10Et le fait que mercredi,
33:12il y ait en plus des politiques
33:13les grands patrons
33:15de l'ACTEQ
33:16est un élément aussi
33:17absolument déterminant.
33:19Il faut se parler
33:20pour arriver
33:21à un moment donné
33:22à un consensus
33:23et on le fera plus
33:25et mieux
33:26entre pays occidentaux.
33:27Je pense
33:29qu'avec
33:30les pays asiatiques.
33:31Oui.
33:32En même temps,
33:32j'ai 700 la Chine,
33:33André Lezecrouge-Pietry.
33:35Ça a du sens ?
33:37De moins en moins.
33:39Et de moins en moins,
33:40dans le sens
33:40où en plus,
33:41la plupart des pays,
33:43entre eux,
33:43ne sont pas d'accord
33:44sur la stratégie
33:44à appliquer vis-à-vis de la Chine.
33:46On peut encore le voir
33:47entre la France
33:47et l'Allemagne,
33:48même si l'Allemagne
33:49se modifie un petit peu.
33:51Et deuxième chose,
33:52on sent de plus en plus
33:54une déconnexion
33:54entre le tempo du monde
33:56et le tempo des politiques.
33:57Je m'explique.
34:00Apparemment,
34:01l'Union européenne
34:02et au niveau
34:02de la Commission
34:03est en train
34:03de basculer
34:04plutôt sur un mode
34:06de confrontation,
34:07voire de guerre commerciale
34:08avec Chine,
34:09qui, il y a encore
34:10six mois,
34:11était un tapou absolu
34:12dans cet entre
34:14du...
34:14Avec encore des batailles
34:15homériques
34:16entre la DG Concurrence
34:17et la DG Trade
34:18qui reste sur un logiciel
34:20très libre.
34:20Donc, le vrai sujet,
34:22c'est est-ce que le G7
34:23est effectivement
34:24peut-être l'endroit
34:25où on peut
34:26en fait travailler
34:27les problèmes
34:29en temps réel ?
34:30Donc, voilà,
34:30on est lundi,
34:31le protocole d'accord
34:32date apparemment
34:33d'hier sur Hormuz,
34:35la décision d'Entropique
34:36date de vendredi,
34:37on va en parler mercredi.
34:39Ça, c'est très intéressant.
34:40C'est en fait
34:41le vrai sujet aujourd'hui,
34:42je crois,
34:42et notamment dans
34:43les démocraties,
34:44c'est comment est-ce
34:44qu'on relie
34:45le temps de la décision politique
34:47et le temps surtout stratégique
34:48et le temps du monde.
34:50Parce que c'est très bien
34:51d'avancer plus vite qu'avant,
34:52mais ce qui compte aujourd'hui
34:54pour rester crédible
34:56et avoir une voie
34:58qui continue à porter,
35:00c'est que
35:00est-ce que nos décisions
35:01sont adaptées
35:02à la rapidité,
35:03à l'accélération du monde ?
35:05Et ça,
35:05probablement,
35:05le G7
35:06est un rare endroit
35:07où ça se passe encore.
35:08Oui,
35:08vous y croyez encore ça,
35:10Thomas Grévin ?
35:11Je pense que là,
35:12il y a trop de sujets
35:12où il y a des divisions
35:13entre l'Ukraine
35:14qui est un enjeu stratégique
35:17majeur pour l'Europe,
35:18l'IA,
35:19la Chine
35:20et puis
35:21toutes les conséquences
35:23macroéconomiques,
35:23c'est-à-dire qu'on est
35:24en pleine crise énergétique.
35:27Donc Donald Trump
35:28a annoncé hier soir
35:30que le détroit d'Hormuz
35:31serait libéré.
35:33Et que le pétrole
35:34va couler à flot,
35:35a-t-il dit
35:35sur son réseau social.
35:36tout social ?
35:38Mais on peut faire
35:38plusieurs bémols.
35:40D'une part,
35:40ce n'est pas la première fois
35:42qu'il annonce un accord.
35:43Donc là,
35:44les Iraniens sont aussi
35:45a priori d'accord.
35:47Donc on est plutôt
35:47sur la bémol.
35:48A priori,
35:49mais attendons de voir
35:49vendredi si effectivement
35:50tout le monde se met d'accord
35:51à Genève.
35:52Mais on repart
35:53sur une période
35:54de transition
35:55de 60 jours.
35:56Donc on verra bien
35:57ce qui se passe
35:57au bout de ces 60 jours
35:59et pendant ces 60 jours.
36:01Et puis,
36:01même s'il y a
36:02ce protocole d'accord
36:04et qui est appliqué,
36:06le Détroit d'Hormuz,
36:07il ne va pas se libérer
36:08et on ne va pas revenir
36:09à la normale
36:10en quelques mois.
36:11Beaucoup d'économistes
36:12parient sur un effondrement
36:13du pétrole,
36:13peut-être sous les 60 dollars
36:14une fois que le Détroit
36:17sera rouvert.
36:18Vous êtes plus prudent
36:19que ça, Thomas Grébine ?
36:20Moi, je pense qu'il faut
36:20être prudent
36:21parce que ça va mettre
36:22plusieurs mois.
36:23Déjà, le Détroit,
36:24il a été en partie miné,
36:25donc on ne sait pas
36:27combien de temps
36:27il faudra
36:28pour vraiment revenir
36:29à la normale.
36:30Il y a près de 400 navires
36:32qui sont bloqués,
36:33donc ça risque de poser
36:33des problèmes logistiques
36:35d'embouteillage,
36:36donc ça aussi,
36:37ça va prendre du temps
36:37pour revenir
36:39à la normale.
36:40Il y a une partie
36:41des infrastructures
36:42pétrolières
36:42qui ont été
36:43fortement endommagées
36:45et puis il y a
36:46une forte incertitude.
36:47Donc, si vous avez
36:48un tanker,
36:49les coûts de l'assurance
36:51sont encore très élevés.
36:52Ce n'est pas demain
36:53que vous allez
36:55en tout normalement
36:57revenir dans le Détroit.
36:59Il faut voir que,
36:59par exemple,
36:59l'année dernière,
37:00il y a eu un accord
37:02sur la mer Rouge.
37:04près d'un an
37:05après cet accord,
37:07le trafic
37:08sur la mer Rouge,
37:09on est à moins
37:10de 50%
37:11du trafic
37:12qui existait
37:13au préalable.
37:14Donc, en fait,
37:15ce qu'on peut penser,
37:16c'est que le retour
37:17à la normale
37:18va mettre
37:18beaucoup de temps
37:19et en tout cas,
37:20même les tensions
37:21sur le marché
37:21du pétrole
37:22risquent de durer
37:23au moins jusqu'en 2027.
37:24Ça veut dire
37:24qu'on ne va pas avoir
37:25de baisse
37:26à la pompe
37:27d'ici demain,
37:28si je résume.
37:29André ?
37:29Alors, il pourrait y avoir
37:30une baisse
37:31sur les prix SWOT,
37:31mais ce qui est fou,
37:32on revient sur l'histoire
37:33du G7,
37:34c'est qu'en fait,
37:34les acteurs du G7
37:36plus la Chine
37:36vont avoir
37:38des impacts
37:38complètement différents.
37:40Aujourd'hui,
37:40le problème pour Trump,
37:41c'est que comme c'est
37:41un prix mondial,
37:42le pétrole,
37:43les prix à la pompe
37:44pour le consommateur
37:45américain
37:45sont indexés
37:46sur le prix mondial.
37:47Mais dès qu'effectivement,
37:49il y aura probablement
37:50une baisse,
37:50elle s'est déjà produite
37:51depuis hier soir.
37:52Oui, on est sur les 84 dollars
37:53ce matin pour le Brent.
37:54Dès qu'il y a une baisse,
37:56en fait,
37:56ça va directement avoir
37:57un impact
37:57et par contre,
37:58les États-Unis
37:59n'auront pas de problème
37:59d'approvisionnement.
38:00La Chine,
38:00depuis longtemps,
38:01s'est préparée
38:02avec sa fameuse
38:03double circularité
38:05à ses disruptions
38:07et accélère massivement
38:09sur les énergies renouvelables.
38:10Par contre,
38:11l'Europe
38:12va se retrouver
38:13à partir de maintenant,
38:15avec tout ce qui a commencé
38:17à gripper dans le système,
38:20les approvisionnements
38:20en matière première,
38:22tout ce qui est dérivé
38:23des produits du pétrole,
38:24qui en fait,
38:25il y avait des stocks
38:26mais qui a mis du temps
38:27à se prolonger
38:28dans les chaînes de valeur.
38:30En fait,
38:30je pense à nouveau
38:30à l'Europe
38:31par son impréparation...
38:32Le pire est à venir
38:33ce que vous nous dites.
38:34Pas le pire est à venir
38:35mais sur les chaînes
38:36de valeur industrielles,
38:37les vraies ruptures
38:38vont commencer à arriver maintenant.
38:40Vous êtes d'accord
38:40avec ça Isabelle ?
38:40Après,
38:41le vrai sujet
38:42c'est que cet accord de paix,
38:44les mots-là
38:44sont toujours là.
38:45C'est-à-dire que
38:45l'objectif initial
38:47de Trump...
38:48Ah bah,
38:48une guerre pour rien,
38:49je crois qu'on peut résumer
38:49comme ça.
38:50Le pire de Trump,
38:51c'était effectivement
38:52de renverser les mots-là
38:53et que le peuple iranien
38:54aille dans la rue
38:55pour faire la révolution.
38:56Ce n'est pas arrivé
38:57et s'agissant de l'uranium
39:00et de l'enrichissement uranium,
39:02on n'a pas non plus
39:03d'informations
39:03extrêmement positives.
39:05Donc en fait,
39:06la réalité,
39:07c'est que le marché
39:08va un peu se réorganiser
39:10tant bien que mal
39:11comme il l'était
39:12il y a quelques mois
39:13en ayant perdu du temps.
39:15Alors après,
39:15effectivement,
39:16les gagnants,
39:17à terme ou à moyen terme,
39:18seront ceux
39:19qui ont travaillé
39:19sur des alternatives.
39:22Donc je pense que
39:23ça c'est aussi un point.
39:24La Chine s'est organisée,
39:25l'Europe peut-être
39:26un peu moins.
39:27Les Américains ont finalement
39:28avec le gaz de schiste,
39:30mais depuis longtemps,
39:31ouvert les vannes
39:32et libéré en fait
39:34l'énergie chez eux
39:35pour leur industrie.
39:36Et par contre,
39:37je pense que les grands
39:38perdants de toute cette séquence,
39:39c'est les Émirats arabes
39:41et c'est l'OPEP.
39:42Parce qu'aujourd'hui,
39:43ils sont extrêmement divisés.
39:46Certains sont sortis
39:47de l'OPEP,
39:48donc il n'y a plus
39:48de coordination.
39:49Il y a les pro-américains,
39:51ceux qui le sont moins.
39:53Et donc en fait,
39:53tout ce marché
39:54doit se réorganiser
39:55et politiquement,
39:56ça va être extrêmement compliqué.
39:57Thomas Gabin.
39:58Ce qu'on a vu quand même
39:59ces derniers mois,
40:00c'est que l'économie mondiale
40:01a été relativement résiliente.
40:04Donc ça,
40:04c'est une bonne nouvelle
40:05parce que les grandes entreprises
40:07ont su se réorganiser
40:09grâce, entre guillemets,
40:10aux nombreux chocs
40:11qu'elles ont vécu
40:13depuis la crise Covid.
40:16La permacrise les a renforcées.
40:17C'est ce qu'on dit souvent
40:18sur ce plateau,
40:19c'est qu'elles deviennent
40:20incroyablement agiles
40:21et résilientes.
40:21Et résilientes.
40:22Après,
40:23quand on regarde
40:24les chiffres de croissance,
40:25quand on prend
40:26la croissance américaine
40:27ou la croissance
40:28de pays asiatiques,
40:29elle est en partie,
40:30enfin très fortement nourrie
40:32par ce boom sur l'IA.
40:34C'est évidemment le cas
40:35aux Etats-Unis,
40:36c'est le cas en Corée du Sud
40:38et dans une moindre mesure
40:39en Chine.
40:40Et là,
40:40à nouveau,
40:41l'Europe va se retrouver
40:42avec une économie
40:43qui est fragilisée,
40:45un peu plus d'inflation
40:47et l'Europe ne bénéficie pas
40:48de ce boom de l'IA.
40:50Donc cet accord hier soir,
40:52c'est évidemment
40:52une bonne nouvelle
40:53parce qu'il vaut mieux
40:53que la situation se stabilise,
40:56mais l'Europe n'est pas sortie
40:57de son marasme économique.
41:00Bon.
41:00Oui.
41:01Et je rappelle quand même,
41:02il y a un grand perdant,
41:02c'est la globalisation
41:05puisque on avait
41:06depuis presque 100 ans
41:07aujourd'hui
41:08le fait que tous les détroits
41:09étaient protégés,
41:11qu'il y avait toujours
41:11un droit de navigation
41:12avec une libre circulation,
41:14que les Etats-Rivemains
41:15n'avaient pas le droit,
41:16sauf en cas de conflit direct,
41:19le droit de fermer le trafic
41:21sauf aux navires de guerre.
41:23Tout ça a volé en éclats
41:24et aujourd'hui,
41:25le fait que les Etats-Unis
41:26et l'Iran
41:28envisagent une sorte de péage,
41:30c'est une extrêmement mauvaise nouvelle
41:31parce que pourquoi Singapour
41:32et la Malaisie
41:33ne feraient pas la même
41:33ça serait un précédent.
41:35Oui, absolument.
41:35Etc.
41:36Peut-être l'étroit de la Manche
41:38au Havre,
41:39on pourra peut-être
41:39s'y mettre aussi,
41:40ça ferait des recettes
41:41pour redresser
41:41des comptes publics.
41:43Je rappelle ce matin
41:45que le ministre
41:45de la Défense israélienne
41:47a dit qu'il ne retirerait pas
41:48ses troupes du Liban,
41:50de la Syrie
41:52et de Gaza.
41:53Donc,
41:54pour la signature
41:55de l'accord aussi,
41:56reste à voir
41:56comment va réagir Israël.
41:58Tout ça reste très,
42:00évidemment,
42:01très fragile.
42:03Et pour terminer
42:04avec la guerre,
42:04on a quand même aujourd'hui
42:05le salon Eurosatory
42:07qui s'ouvre
42:07à Villepinte,
42:09le plus grand salon
42:09au monde
42:10pour la défense terrestre.
42:12Et cette année,
42:132026,
42:14marque
42:14un véritable tournant
42:16dans l'approche
42:17de la guerre.
42:18Jamais
42:18il n'y avait eu
42:19autant
42:20d'exposants
42:21à Villepinte.
42:222 600 exposants
42:24cette année,
42:25c'est 30%
42:26de plus
42:27qu'en 2024.
42:29Tous les politiques,
42:30ça aussi,
42:30c'est un signe,
42:31peut-être qu'on entre en campagne
42:32aussi,
42:33vont y défiler.
42:35Beaucoup de financiers
42:36aussi,
42:37c'est le signe
42:38qu'on entre
42:39dans un nouveau monde.
42:40Ça,
42:41Isabelle Banderie ?
42:41Oui,
42:42absolument.
42:42Donc,
42:42on a eu les biotech,
42:44les fintech,
42:45les adtech
42:46et maintenant,
42:46on a les défense tech.
42:48Ce qui montre
42:49qu'effectivement,
42:49créer un écosystème,
42:51même si ça ne se décrète pas,
42:53ça peut quand même
42:53effectivement se créer
42:54avec une force importante.
42:57Je rappelle
42:58qu'il y a
42:58quelques mois
42:59et même
42:59quelques mois,
43:01les grandes entreprises
43:02n'avaient pas le droit
43:03ou ne pouvaient pas
43:04investir
43:06dans les sociétés
43:07de défense
43:08et dans l'armée
43:09parce que
43:09ce n'était pas bon
43:10pour leur politique RSE
43:11et donc leur note
43:14extra-financière.
43:15La première fois,
43:15les banquiers seront présents
43:16ou en estande
43:17à Nouveau Satoru.
43:18Donc là,
43:18tout d'un coup,
43:19il y a une manne financière
43:20qui effectivement arrive.
43:22Alors,
43:22est-ce que c'est
43:23effectivement bon signe
43:24pour la paix et l'avenir ?
43:26Je n'en sais rien.
43:26Mais en tous les cas,
43:27l'Europe aujourd'hui
43:28prend les choses en main
43:30et on parlait tout à l'heure
43:31de son indépendance
43:32vis-à-vis de l'IA.
43:33Aujourd'hui,
43:34ce qui est sûr,
43:34c'est que les Ukrainiens
43:35sont en pointe
43:36et on ne peut pas dire
43:37que l'Europe
43:37n'est pas en pointe.
43:39L'Ukraine a révolutionné
43:41l'art de la guerre
43:42depuis maintenant
43:42quatre ans
43:43et notamment
43:44en utilisant
43:45des capacités de calcul.
43:46Alors,
43:47ils utilisent
43:47la donnée,
43:49ils utilisent
43:50des drones
43:50qu'ils ont réussi
43:51de manière
43:52extrêmement
43:53soux
43:54à produire
43:56et des drones
43:56low-cost
43:57qu'ils ont eux-mêmes
43:58produits.
43:59Alors maintenant,
43:59qu'ils coproduisent
44:00avec des Allemands
44:01parce qu'ils les produisent
44:02maintenant en dehors
44:02du territoire ukrainien.
44:04Alors effectivement,
44:05ils sont dépendants
44:06encore de Starlink.
44:07C'est une vraie dépendance.
44:09Le système de communication
44:10d'Elon Musk
44:10basse-orbit.
44:11Mais aujourd'hui,
44:12ils arrivent
44:13à non seulement
44:14rentrer sur le territoire russe
44:16à 2000 km,
44:19extrêmement profondément
44:20et ce à l'heure même
44:21que les GPS
44:22se sont totalement brouillés
44:23donc ils ont mis au point
44:24des systèmes
44:25avec la fibre optique
44:26qui permet effectivement
44:27de faire face
44:28au brouillage du GPS.
44:30Donc tout à l'heure,
44:31on parlait de notre dépendance
44:32à des technologies.
44:33Les Ukrainiens ont démontré
44:35qu'ils pouvaient aller au-delà
44:37en trouvant des solutions.
44:39Et puis alors,
44:39ce qui est assez fascinant
44:40aujourd'hui
44:41et c'est ce qui a été prouvé
44:42dans les dernières attaques
44:43sur le territoire russe,
44:45c'est qu'aujourd'hui,
44:46des essaims de drones
44:49communiquent entre eux
44:50sans avoir besoin de pilotes.
44:53C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
44:54il a été démontré
44:55que des essaims de drones
44:56qui sont allés très très loin
44:57sur les territoires russes
44:59n'étaient plus connectés
45:01à des pilotes ukrainiens
45:02et qu'ils avaient la capacité
45:04de s'organiser entre eux
45:06pour mener la guerre.
45:08Donc oui,
45:09nous sommes en retard sur l'IA.
45:10Mais on le voit,
45:11lorsqu'il y a effectivement urgence,
45:14alors dans ces cas-là,
45:15c'est un peu terrible,
45:16mais il y a effectivement
45:17la capacité
45:18de pouvoir produire
45:20des choses extrêmement pointues.
45:21André,
45:22comment on se situe aujourd'hui,
45:22nous,
45:23dans la tech,
45:24dans la war tech,
45:25si je puis dire,
45:26en Europe ?
45:27Dans le point d'Isabelle
45:28et très fort,
45:29c'est de dire qu'aujourd'hui,
45:30enfin moi,
45:31je fais le pari
45:31que lorsque la guerre
45:33sera terminée,
45:33on espère,
45:34dans une bonne manière,
45:36les nouveaux géants
45:37de la défense européenne
45:39sont en train
45:39d'être créés en Ukraine.
45:40Parce qu'on va avoir,
45:41qu'est-ce qu'on va avoir ?
45:42On va avoir des acteurs
45:43qui auront compris
45:44qu'aujourd'hui,
45:45ce n'est pas juste
45:45une question de capacité,
45:46c'est-à-dire de produits,
45:47mais qu'il faut livrer l'usine
45:49qui est prête
45:50à délivrer
45:529 millions de drones
45:53cette année
45:54en Ukraine.
45:56Deuxième chose,
45:57ça va être,
45:57ils vont avoir
45:58des surcapacités gigantesques,
45:59donc devinez
46:00où ça va aller.
46:01Et troisième chose,
46:02ils gagnent aujourd'hui,
46:03en tout cas,
46:03ils résistent
46:04à la guerre financière,
46:08puisque quand on envoie
46:09des rafales
46:10et envoyer des missiles
46:11à 400,
46:12500,
46:13à 1 million d'euros
46:13détruire des chaïds,
46:15alors on en est très content
46:16et heureusement
46:16qu'on l'a fait
46:17pour défendre nos bases
46:18et nos partenaires
46:19dans le Golfe,
46:19mais on perd
46:20la guerre financière.
46:22Donc aujourd'hui,
46:23les Ukrainiens
46:24ont réussi à faire
46:25des contre-drones,
46:26des essaims,
46:27des choses comme ça
46:27qui permettent
46:30de ne pas être
46:32en désavantage
46:33par rapport aux Russes.
46:34Je m'interroge quand même,
46:36est-ce que nous,
46:37dans les pays
46:39en Allemagne,
46:39qui aujourd'hui
46:40débordent d'argent,
46:41ils n'ont pas changé,
46:43je parlais de cette adéquation
46:44entre les tempos,
46:46ils n'ont pas changé
46:46en fait réellement
46:47ce qu'ils achètent,
46:48ils continuent à acheter
46:49du matériel
46:50pour la guerre d'hier.
46:51Donc c'est pour ça
46:52que quand j'entends
46:53des voix en France
46:54dire mon Dieu,
46:54mon Dieu,
46:54on a peur d'une Allemagne
46:55qui devient très forte,
46:56je dis rassurez-vous
46:57parce qu'aujourd'hui,
46:59la Bundeswehr
46:59ne fait pas preuve
47:00de sens stratégique
47:02extrêmement profond,
47:03ils sont beaucoup plus dynamiques,
47:04ça c'est sûr,
47:04et nous en France,
47:05il faut qu'on arrête
47:06de dire qu'on est
47:07en économie de guerre,
47:08à part sur quelques produits
47:10comme les canons César,
47:12où ça reste quand même
47:13échantillonnaire,
47:14on n'a pas multiplié
47:16par deux, par trois,
47:17et à l'arrière,
47:17il ne faut pas forcément
47:18multiplier par deux, par trois
47:19parce qu'on n'en a pas besoin
47:20aujourd'hui,
47:20mais on ne serait pas capable
47:22en cas de choc
47:25de monter notre production
47:27fois 10, fois 20, fois 30
47:29comme il faudrait le faire.
47:29Ça fait quand même
47:30quatre ans qu'on en parle,
47:31portant de cette économie de guerre
47:32et on n'y est toujours pas,
47:33Thomas Grémyne.
47:34Et en plus,
47:35il y a un modèle industriel français
47:37qui est très spécifique
47:38par rapport au reste de l'Europe.
47:40Il faut se souvenir
47:40que les Français,
47:41on est les deuxièmes exportateurs
47:43mondiaux d'armement,
47:44donc ça c'est une bonne nouvelle
47:46d'un point de vue industriel.
47:47Oui, on n'est pas trop mal positionnés,
47:48a priori, on peut se dire,
47:49mais est-ce que c'est l'ancienne guerre
47:50ou la nouvelle,
47:51comme le dit André ?
47:52Et quand vous regardez maintenant
47:53au niveau européen,
47:55on n'est que les troisièmes
47:57pour les achats intra-européens,
47:59c'est-à-dire qu'on est très loin
48:01derrière les Américains
48:02et on est même derrière les Allemands
48:05concernant les achats intra-européens.
48:07C'est un chiffre,
48:08quand on regarde les équipements...
48:10On vend mal à nos partenaires européens.
48:11Exactement,
48:12on a un tiers,
48:13pour les équipements militaires européens,
48:15il y a un tiers qui est importé
48:16et en moyenne,
48:17pour les pays européens,
48:19il y a plus de 50%
48:20qui viennent des États-Unis.
48:21Il y a un chiffre qui a augmenté,
48:22c'est-à-dire que dans les années 2010,
48:24on était autour de 40%
48:26qui étaient importés des États-Unis,
48:27et là, on est à plus de 50%.
48:29Donc, notre dépendance aux États-Unis,
48:31c'est la dernière.
48:31A augmenté aussi,
48:32donc il n'y a pas que la tech,
48:33il y a aussi l'armement.
48:34Mais la France, elle,
48:36se distingue
48:36puisqu'on est beaucoup moins dépendant
48:38des importations américaines,
48:40autour de 17%.
48:41Donc, c'est une bonne nouvelle,
48:42mais la mauvaise nouvelle,
48:43c'est que quand vous voyez les Polonais,
48:45quand vous voyez les pays de l'Est,
48:46quand vous voyez les Allemands,
48:49plutôt sud-coréens ou américains
48:52que français.
48:53Donc là aussi,
48:54on a un problème de positionnant
48:55de notre appareil militaire,
48:57de notre appareil industriel,
49:00et c'est très difficile
49:01de répondre à la demande de nos voisins.
49:04L'exemple que citait Thomas
49:05sur les tanks,
49:07je crois qu'à deux coréens
49:08que la Pologne a achetés,
49:09ce n'est pas parce qu'ils sont meilleurs
49:11que nos Leclerc ou que les Allemands,
49:13c'est juste que les Coréens
49:13étaient capables de fournir rapidement.
49:16Donc, c'est la question vraiment
49:17de la production,
49:18des capacités de production.
49:18C'est aujourd'hui
49:18de la capacité de production.
49:19C'est-à-dire qu'on est encore
49:20dans de la haute couture,
49:22il faut qu'on passe rapidement
49:25au modèle Zara.
49:26Je dis Zara,
49:27pas pour faire de la publicité pour Zara,
49:29parce qu'il y a deux choses.
49:30Un, parce que c'est du prêt-à-t-courter.
49:31C'est de la fast weapon qu'il faut.
49:32Après la fast fashion...
49:33Et deux,
49:34il faut qu'on change
49:35cette logique de catalogue,
49:37puisqu'il faut produire un batch
49:38et ensuite passer directement au suivant.
49:41Parce que si on a des stocks
49:42de modèles,
49:43en fait,
49:43ils deviennent périmés
49:44de plus en plus rapidement.
49:46C'est exactement ce que montraient les Ukrainiens,
49:48c'est-à-dire cette agilité
49:49et cette capacité de test and learn.
49:51En fait,
49:52les drones ont été créés
49:54par une multitude
49:55de petites zones
49:56et de laboratoires
49:57sur tout le territoire.
49:58En deux, trois jours,
49:59ils étaient testés sur le front.
50:00Et en fonction des bons résultats,
50:02l'État investissait
50:03et fléchait les financements.
50:05Mais est-ce que ce n'est pas
50:05un game changer
50:06pour l'industrie européenne ?
50:07Ça a 80 exposants ukrainiens
50:10cette année
50:10à Eurosatory
50:11contre 10 il y a deux ans seulement.
50:13Ça devient la première armée européenne
50:16l'armée ukrainienne.
50:17Les Ukrainiens ont réussi
50:18à développer
50:19un savoir-faire
50:19absolument unique
50:20et ont complètement transformé
50:22l'art de la guerre.
50:22Donc on peut,
50:23effectivement,
50:24vis-à-vis des États-Unis,
50:25on n'a pas que le vin.
50:27On a aussi
50:28ce savoir-faire ukrainien,
50:29enfin au niveau de l'Europe,
50:30malheureusement de la France,
50:31mais au niveau de l'Europe.
50:32Et on a bien vu
50:33les Ukrainiens proposant
50:34au moment du début
50:36du conflit iranien
50:38aux Américains de l'aide
50:39et aux pays
50:41du Moyen-Orient.
50:42Donc c'est un vrai savoir-faire
50:43aujourd'hui.
50:44Et je vois les discussions
50:45aujourd'hui
50:45sur l'adhésion de l'Ukraine
50:47à l'UE.
50:48Il faut faire très attention
50:49parce qu'on voit bien
50:49dans la population,
50:50que ce soit dans le domaine agricole,
50:52il y a plein de gens
50:53qui vont dire
50:53mais est-ce que ça va trop vite ?
50:54Et ils auraient raison de le dire.
50:56Il faut qu'on présente ça,
50:57non pas comme avec la France,
50:59l'Allemagne,
50:59le couple franco-allemand.
51:01Quels sont nos intérêts ?
51:02Notre intérêt aujourd'hui,
51:04stratégique européen,
51:05c'est d'avoir l'Ukraine
51:06au cœur
51:07de la machine industrielle européenne.
51:09Le problème,
51:10c'est que vous allez avoir
51:11beaucoup d'acteurs traditionnels,
51:13je rappelle,
51:14et ce n'est pas qu'en France,
51:15qui vont être contre ça
51:16parce qu'ils sont sur un fromage
51:19bien établi,
51:20avec des achats bien établis.
51:22Je rappelle,
51:22il y a deux mois,
51:23le président,
51:25le PDG de Rheinmetall
51:26qui,
51:27de manière un petit peu
51:29dénigrait
51:29les producteurs de drones
51:31en disant
51:31que c'était des Ukrainiens
51:33dans leur cuisine
51:34qui produisaient drones.
51:35Ce qui est en train de se passer,
51:36on l'a vu la semaine dernière,
51:37c'est qu'ils sont en train
51:37de produire des missiles
51:39pour la frappe en profondeur.
51:41Les fameux flamingos,
51:42alors au début,
51:43c'était vraiment du bricolage,
51:44ça ressemblait à des V2
51:47allemands
51:47d'il y a 80 ans,
51:48mais aujourd'hui,
51:49ça devient des missiles
51:51qui arrivent à frapper
51:52et qui sont à une fraction
51:54de nos propres coûts.
51:56Donc je pense qu'aujourd'hui,
51:58soit on fait du protectionnisme
51:59en France en disant
52:00« Ouh là là,
52:00il faut protéger nos missiles
52:01actuels »
52:02ou au contraire,
52:03c'est une incitation
52:04pour les missiles.
52:04Toujours la même tension européenne.
52:05La grande difficulté en Europe,
52:07c'est que depuis 30 ans,
52:08le marché s'est consolidé.
52:09Il n'y avait plus de demandes.
52:10Il n'y avait plus aucune demande
52:11et aucun investissement.
52:12On est sur des marchés
52:13plutôt portes.
52:13Aujourd'hui,
52:14on a des oligopoles
52:15qui ne sont absolument pas pressés
52:17et qui ne sont pas doués
52:19d'une agilité.
52:20Et effectivement,
52:21le fait de pouvoir
52:21produire rapidement,
52:23aujourd'hui,
52:23c'est très compliqué.
52:24Donc il faut que l'on arrive
52:26à intégrer sur le marché
52:28cette agilité ukrainienne.
52:29Quand on voit les investissements
52:30qui ont été faits par l'Europe
52:32depuis maintenant
52:33une dizaine d'années,
52:34on voit par exemple
52:35que les Américains
52:35ont commencé à vraiment
52:37déclencher et investir
52:38énormément dans la défense
52:39à partir de 2001
52:40avec le choc du 11 septembre.
52:43Ils étaient à l'époque
52:43à 300 milliards de dollars.
52:45Nous étions à 150 milliards
52:46de dollars l'Europe.
52:47Donc nous n'étions
52:47qu'à la moitié.
52:49Aujourd'hui,
52:49ils sont à 1 000 milliards de dollars
52:51et nous sommes à peine
52:52à 300 milliards de dollars
52:54au niveau européen.
52:55Donc l'écart,
52:55c'est absolument creusé.
52:57et l'oncle Sam
52:59n'est plus un oncle protecteur.
53:02Et donc c'est absolument essentiel
53:04qu'aujourd'hui,
53:05le marché se réorganise,
53:07y intègre de l'agilité
53:08et des financements.
53:09Très rapidement,
53:10le mot de la fin, Thomas.
53:11On voit que l'Europe
53:12ne sait pas planifier,
53:13mais par contre,
53:14elle sait réagir
53:15quand il y a une menace vitale.
53:17Donc là,
53:18c'est malheureusement le cas
53:19dans la guerre en Ukraine,
53:21où c'est quand même impressionnant
53:22qu'un pays comme l'Ukraine,
53:23en 4 ans,
53:24a réussi à bâtir
53:25un tissu industriel
53:27qui est au niveau
53:28où ils sont capables
53:29d'exporter,
53:30y compris leurs compétences
53:31au pays du Golfe.
53:32On n'aurait jamais pensé ça
53:33il y a 4 ans.
53:35Mais de nouveau,
53:36la mauvaise nouvelle,
53:37c'est que s'il faut attendre
53:38une guerre d'une telle ampleur
53:39pour que l'Europe se réveille,
53:42on revient à notre débat
53:43sur l'IA du début.
53:44Mais voilà,
53:44c'est dans quelle mesure
53:45les Européens
53:46prennent conscience
53:47de la menace
53:47et des enjeux géopolitiques
53:49pour demain.
53:50Merci à tous les trois,
53:51ce sera le mot de la fin.
53:52Cette émission est disponible
53:53en podcast et replay
53:54sur l'application BFM Business.
53:55Tout de suite,
53:56c'est R&D Fence
53:56animé par Jean-Baptiste Thouette.
53:58Quant à nous,
53:59on se retrouve demain
54:00même au même endroit,
54:019h30 en direct
54:02sur BFM Business.
54:03Très bonne journée à tous.
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