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  • il y a 24 minutes
Ce lundi 15 juin, l'intégration de l'IA au cœur des discussions du sommet du G7 qui s'ouvre aujourd'hui, ainsi que l'ouverture du salon de la défense Eurosatory, centré sur le numérique comme enjeu de souveraineté militaire, ont été abordées par André Loesekrug-Pietri, président de Jedi (Joint European Disruptive Initiative), Isabelle Bordry, fondatrice de Retency, et Thomas Grjebine, responsable du programme "Macroéconomie et finance internationales" au CEPII, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Allez, il est 10 heures passées de 2 minutes, vous êtes toujours en direct sur l'antenne de BFM Business.
00:04C'est les experts pour encore une demi-heure de débats et de controverses sur la souveraineté
00:10avec Isabelle Bordry, fondatrice de Retency, André Leuze-Kroug-Pietry, président de JEDI,
00:16l'agence européenne pour l'innovation disruptive, et Thomas Grébine, responsable du programme
00:21macroéconomie et finances internationales au CEPI.
00:24On a beaucoup parlé d'anthropie qui est de la claque infligée à l'Europe ce week-end.
00:29avec l'interdiction de Fable 5 et Mythos 5.
00:33Dario Amodei, le patron d'Anthropic, arrive en France, tout comme Sam Altman, le patron d'OpenEye.
00:43Tous les géants de la tech et de l'IA seront en fait à Evian aujourd'hui pour l'ouverture
00:49du G7
00:50avec Angesta, Donald Trump.
00:53On l'attendait, on n'était pas sûr jusqu'à encore ces derniers jours
00:56que le président américain soit présent à Evian.
00:59Il le sera.
01:00Il arrive à 17h pour un tête-à-tête avec Emmanuel Macron.
01:06Et comme il en a l'accoutumée, en général, avant d'arriver dans ces cénacles internationaux,
01:12il commence par mettre une bonne droite à absolument tout le monde.
01:15On est là, en l'occurrence, à Emmanuel Macron par une interview dans le New York Post
01:21que vous pouvez aller consulter.
01:23Le président américain menace.
01:25Si vous, les Français, ne faites pas sauter la taxe GAFAM,
01:29eh bien ce sera 100% de droits de douane sur le vin et le champagne.
01:36Bon, voilà pour l'ambiance.
01:38Quels sont les enjeux du G7 à venir, Thomas Grémin ?
01:42Depuis plusieurs mois, la France, elle se battait pour que, à l'agenda du G7,
01:46il y ait la question des déséquilibres mondiaux,
01:49qui était un peu le faunet de la concurrence chinoise.
01:53Oui.
01:53C'est-à-dire qu'il fallait qu'il y ait une réponse des pays du G7 face à ce
01:59rouleau compresseur chinois.
02:01Et puis un peu pour des questions diplomatiques, on disait,
02:04il faudrait que les États-Unis, eux aussi, réorientent un peu leur modèle de croissance,
02:09consomment un peu moins relativement à la production.
02:12Donc ça, c'était les efforts qui étaient faits depuis plusieurs mois.
02:15Et là, on voit aujourd'hui, c'est le G7.
02:17Et ce qu'on voit, c'est qu'un peu cette problématique qui est structurelle
02:20et qui est majeure pour les années à venir pour l'économie européenne,
02:24elle est un peu passée au second plan.
02:26Donc vous avez les menaces de Trump.
02:28Vous avez évidemment cet enjeu majeur sur l'IA.
02:31Crédible ou pas, les menaces de Trump ?
02:33Parce que c'est un vieux sujet quand même.
02:35Si vous ne supprimez pas votre taxe sur les GAFAM.
02:37En tout cas, il a pointé cette menace de multiples reprises.
02:42Donc là, je ne peux pas juger si elle est crédible.
02:44En tout cas, peut-être que s'il y a un bon dîner à Versailles,
02:47ça pourra le faire changer.
02:48Avec du bon vin.
02:49Voilà, avec du bon vin français et peut-être même du champagne.
02:52Ce qu'on voit aussi, c'est que par exemple, la guerre en Ukraine,
02:54ça doit occuper demain aussi une partie de l'agenda du G7.
02:58Donc en fait, des enjeux qui sont moins économiques
03:01et de plus en plus de politiques ou géopolitiques.
03:04C'est le risque un peu de voir tous les sujets économiques être balayés.
03:07Alors évidemment, le président, il arrive en majesté
03:10avec cet accord trouvé cette nuit entre l'Iran et les États-Unis
03:15sur un cessez-le-feu.
03:18Qu'est-ce que ça change ça économiquement ?
03:20On a vu, évidemment, le pétrole qui commence à baisser.
03:24Isabelle Bordry.
03:26En fait, ce qui est intéressant, c'est que le premier G7
03:27a été organisé par Valéry Giscard d'Estaing
03:30et le chancelier Schmitt en 75-76.
03:33Et on était en pleine guerre du pétrole.
03:35C'était la première crise réelle.
03:37Donc c'était à l'initiative des Européens
03:40qui s'apercevaient qu'ils étaient pris en étau
03:43avec les problématiques d'un côté financière.
03:45Le dollar, c'était désindexé de l'or.
03:48Et du pétrole qui, tout d'un coup, explosait
03:50et créait une espèce de tsunami sur les marchés européens.
03:54Aujourd'hui, effectivement, le sujet, c'est l'IA,
03:57c'est la géopolitique et c'est toujours un peu le pétrole.
04:02Et aujourd'hui, quand on voit effectivement
04:04les prises de position de Trump, c'est le détroit d'Hormuz.
04:09Alors, il en est à sa 39e promesse du fait que ça s'arrête.
04:14Mais là, c'est la bonne, la 40e est la bonne.
04:15D'être un peu plus sérieux parce que les Iraniens ne l'ont pas démenti,
04:18que les Pakistanais ont dit.
04:20Mais on en est à un mémorandum d'accord.
04:23On est encore assez loin d'un accord, semble-t-il.
04:26Ça doit être signé vendredi, on verra.
04:29Après, sur le fait que les Canadiens, les Italiens, les Allemands,
04:34les Français, les États-Unis se parlent,
04:36je pense que c'est absolument essentiel.
04:39Oui.
04:39Absolument essentiel.
04:40Et le fait que mercredi, il y ait en plus des politiques,
04:44les grands patrons de l'ACTECH est un élément aussi absolument déterminant.
04:49Il faut se parler pour arriver à un moment donné à un consensus.
04:54Et on le fera plus et mieux entre pays occidentaux,
04:57je pense qu'avec les pays asiatiques.
05:01Oui.
05:02En même temps, j'ai 700 la Chine.
05:03André, le The Krug piétri, ça a du sens ?
05:07De moins en moins.
05:09Et de moins en moins, dans le sens où en plus,
05:11la plupart des pays, entre eux, ne sont pas d'accord sur la stratégie
05:14à appliquer vis-à-vis de la Chine.
05:16On peut encore le voir entre la France et l'Allemagne,
05:18même si l'Allemagne se modifie un petit peu.
05:21Et deuxième chose, on sent de plus en plus une déconnexion
05:24entre le tempo du monde et le tempo des politiques.
05:27Je m'explique.
05:30Apparemment, l'Union européenne, au niveau de la Commission,
05:33est en train de basculer plutôt sur un mode de confrontation,
05:37voire de guerre commerciale avec Chine,
05:39qui, il y a encore six mois, était un tapou absolu dans cet entre du...
05:44Avec encore des batailles homériques entre la DG Concurrence
05:47et la DG Trade, qui reste sur un logiciel très libre.
05:50Donc, le vrai sujet, c'est est-ce que le G7 est effectivement
05:54peut-être l'endroit où on peut travailler les problèmes en temps réel ?
05:59Donc voilà, on est lundi, le protocole d'accord date apparemment d'hier sur Hormuz,
06:05la décision d'Anthropic date de vendredi, on va en parler mercredi.
06:08Ça, c'est très intéressant.
06:10C'est en fait le vrai sujet aujourd'hui, je crois,
06:12et notamment dans les démocraties,
06:13c'est comment est-ce qu'on relie le temps de la décision politique
06:17et le temps surtout stratégique, et le temps du monde.
06:20Parce que c'est très bien d'avancer plus vite qu'avant,
06:22mais ce qui compte aujourd'hui, pour rester crédible
06:26et avoir une voie qui continue à porter,
06:29c'est que est-ce que nos décisions sont adaptées à la rapidité,
06:33à l'accélération du monde.
06:35Et ça, probablement, le G7 est un rare endroit où ça se passe encore.
06:38Oui, vous y croyez encore ça, Thomas Grévin ?
06:41Je pense que là, il y a trop de sujets,
06:42où il y a des divisions entre l'Ukraine,
06:44qui est un enjeu stratégique majeur pour l'Europe,
06:48l'IA, la Chine,
06:50et puis toutes les conséquences macroéconomiques.
06:53C'est-à-dire qu'on est en pleine crise énergétique.
06:57Donc Donald Trump a annoncé hier soir
07:00que le détroit d'Hormuz serait libéré.
07:03Et que le pétrole va couler à flot, a-t-il dit sur son réseau social.
07:08Mais on peut faire plusieurs bémols.
07:09D'une part, ce n'est pas la première fois qu'il annonce un accord.
07:13Donc là, les Iraniens sont aussi, a priori, d'accord.
07:17Donc on est plutôt sur la bonne voie.
07:18A priori, mais attendons de voir vendredi,
07:20si effectivement tout le monde se met d'accord à Genève.
07:22Mais on repart sur une période de transition de 60 jours.
07:26Donc on verra bien ce qui se passe au bout de ces 60 jours
07:29et pendant ces 60 jours.
07:31Et puis, même s'il y a ce protocole d'accord
07:34et qui est appliqué,
07:35le détroit d'Hormuz, il ne va pas se libérer.
07:38On ne va pas revenir à la normale en quelques mois.
07:41Beaucoup d'économistes parient sur un effondrement du pétrole,
07:43peut-être sous les 60 dollars,
07:44une fois que le détroit sera rouvert.
07:48Vous êtes plus prudent que ça, Thomas Grébine ?
07:50Moi, je pense qu'il faut être prudent
07:51parce que ça va mettre plusieurs mois.
07:53Déjà, le détroit, il a été en partie miné.
07:55Donc on ne sait pas combien de temps il faudra
07:58pour vraiment revenir à la normale.
08:00Il y a près de 400 navires qui sont bloqués.
08:03Donc ça risque de poser des problèmes logistiques d'embouteillage.
08:06Donc ça aussi, ça va prendre du temps
08:07pour revenir à la normale.
08:10Il y a une partie des infrastructures pétrolières
08:12qui ont été fortement endommagées.
08:15Et puis, il y a une forte incertitude.
08:17Donc si vous avez un tanker,
08:19les coûts de l'assurance sont encore très élevés.
08:22Ce n'est pas demain que vous allez,
08:25en toute normalement, revenir dans le détroit.
08:28Il faut voir que, par exemple, l'année dernière,
08:30il y a eu un accord sur la mer Rouge.
08:34Près d'un an après cet accord,
08:37le trafic sur la mer Rouge,
08:39on est à moins de 50%
08:41du trafic qui existait au préalable.
08:44Donc en fait, ce qu'on peut penser,
08:46c'est que le retour à la normale
08:48va mettre beaucoup de temps.
08:49Et en tout cas, même les tensions
08:51sur le marché du pétrole
08:52risquent de durer au moins jusqu'en 2027.
08:54Ça veut dire qu'on ne va pas avoir de baisse
08:56à la pompe d'ici demain,
08:58si j'exume.
08:59André ?
08:59Alors, il pourrait y avoir une baisse
09:01sur les prix spot,
09:01mais ce qui est fou,
09:02on revient sur l'histoire du G7,
09:04c'est qu'en fait,
09:04les acteurs du G7 plus la Chine
09:06vont avoir des impacts complètement différents.
09:10Aujourd'hui, le problème pour Trump,
09:11c'est que comme c'est un prix mondial,
09:12le pétrole,
09:13les prix à la pompe
09:14pour le consommateur américain
09:15sont indexés sur le prix mondial.
09:17Mais dès qu'effectivement,
09:19il y aura probablement une baisse,
09:20elle s'est déjà produite depuis hier soir.
09:22Oui, on est sur les 84 dollars
09:23ce matin pour le Brent.
09:24Dès qu'il y a une baisse,
09:25en fait, ça va directement avoir un impact
09:27et par contre,
09:28les États-Unis n'auront pas
09:29de problème d'approvisionnement.
09:30La Chine, depuis longtemps,
09:31s'est préparée avec sa fameuse
09:33double circularité
09:35à ses disruptions
09:36et accélère massivement
09:38sur les énergies renouvelables.
09:40Par contre, l'Europe
09:42va se retrouver
09:43à partir de maintenant, en fait,
09:45avec tout ce qui a commencé
09:47à gripper dans le système,
09:49les approvisionnements
09:50en matière première,
09:52tout ce qui est dérivé
09:53des produits du pétrole,
09:54qui, en fait,
09:55il y avait des stocks,
09:56mais qui a mis du temps
09:57à se prolonger
09:58dans les chaînes de valeur.
09:59En fait, je pense à nouveau
10:00l'Europe, par son impréparation...
10:02Le pire est à venir,
10:03ce que vous nous dites...
10:04Pas le pire est à venir,
10:05mais sur les chaînes
10:06de valeur industrielles,
10:07les vraies ruptures
10:08vont commencer à arriver maintenant.
10:09Vous êtes d'accord avec ça, Isabelle ?
10:10Après, le vrai sujet,
10:12c'est que cet accord de paix,
10:14les Mollas sont toujours là.
10:15C'est-à-dire que l'objectif
10:17initial de Trump...
10:18Ah bah, une guerre pour rien,
10:19je crois qu'on peut le résumer
10:19comme ça, voir pire.
10:20Le pire est à le Trump,
10:21c'était effectivement
10:22de renverser les Mollas
10:23et que le peuple iranien
10:24aille dans la rue
10:25pour faire la révolution.
10:26Ce n'est pas arrivé
10:27et s'agissant de l'uranium
10:30et de l'enrichissement uranium,
10:32on n'a pas non plus
10:32d'informations extrêmement positives.
10:35Non.
10:35Donc, en fait, la réalité,
10:37c'est que le marché
10:38va un peu se réorganiser
10:40tant bien que mal
10:41comme il l'était
10:42il y a quelques mois
10:43en ayant perdu du temps.
10:45Alors après, effectivement,
10:46les gagnants,
10:47à terme ou à moyen terme,
10:48seront ceux qui ont travaillé
10:49sur des alternatives.
10:51Donc, je pense que ça,
10:53c'est aussi un point.
10:54La Chine s'est organisée,
10:55l'Europe peut-être un peu moins.
10:57Les Américains ont finalement,
10:59avec le gaz de schiste,
11:00mais depuis longtemps,
11:01ouvert les vannes
11:02et libéré, en fait,
11:04l'énergie chez eux
11:05pour leur industrie.
11:06Et par contre, je pense,
11:07les grands perdants
11:08de toute cette séquence,
11:09c'est les Émirats arabes
11:11et c'est l'OPEP.
11:12Parce qu'aujourd'hui,
11:13ils sont extrêmement divisés.
11:16Certains sont sortis de l'OPEP,
11:18donc il n'y a plus de coordination.
11:19Il y a les pro-américains,
11:21ceux qui le sont moins.
11:23Et donc, en fait,
11:23tout ce marché
11:24doit se réorganiser
11:25et politiquement,
11:26ça va être extrêmement compliqué.
11:27Thomas Gabin.
11:28Ce qu'on a vu quand même
11:29ces derniers mois,
11:30c'est que l'économie mondiale
11:31a été relativement résiliente.
11:34Donc ça, c'est une bonne nouvelle
11:35parce que les grandes entreprises
11:37ont su se réorganiser
11:39grâce, entre guillemets,
11:40aux nombreux chocs
11:41qu'elles ont vécu
11:43depuis la crise Covid.
11:45La permacrise les a renforcées.
11:47C'est ce qu'on dit souvent
11:48sur ce plateau,
11:49c'est qu'elles deviennent
11:50incroyablement agiles
11:51et résilientes.
11:51Et résilientes.
11:52Après,
11:53quand on regarde
11:54les chiffres de croissance,
11:55quand on prend
11:56la croissance américaine
11:57ou la croissance
11:58de pays asiatiques,
11:59elle est en partie,
12:00très fortement nourrie
12:02par ce boom
12:02sur l'IA.
12:04C'est évidemment le cas
12:05aux Etats-Unis,
12:05c'est le cas en Corée du Sud
12:07et dans une moindre mesure
12:09en Chine.
12:10Et là, à nouveau,
12:11l'Europe
12:11va se retrouver
12:12avec une économie
12:13qui est fragilisée,
12:15un peu plus d'inflation
12:17et l'Europe
12:17ne bénéficie pas
12:18de ce boom
12:19de l'IA.
12:20Donc cet accord
12:21hier soir,
12:22c'est évidemment
12:22une bonne nouvelle
12:23parce qu'il vaut mieux
12:23que la situation
12:24se stabilise,
12:25mais l'Europe
12:26n'est pas sortie
12:27de son marasme
12:28économique.
12:30Bon,
12:30et je rappelle quand même,
12:31il y a un grand perdant,
12:33c'est la globalisation
12:35puisque on avait
12:36depuis presque 100 ans
12:37aujourd'hui
12:38le fait que tous
12:38les détroits
12:39étaient protégés,
12:41qu'il y avait toujours
12:41un droit de navigation
12:44que les Etats-Rivemains
12:45n'avaient pas le droit
12:46sauf en cas de conflit
12:47direct,
12:49le droit de fermer
12:50le trafic
12:51sauf aux navires de guerre.
12:53Tout ça a volé en éclats
12:54et aujourd'hui,
12:55le fait que les Etats-Unis
12:56et l'Iran
12:58envisagent une sorte
12:58de péage,
13:00c'est une extrêmement
13:01mauvaise nouvelle
13:01parce que pourquoi
13:02Singapour et la Malaisie
13:03ne feraient pas la même
13:03chose à l'Iran ?
13:03Ça serait un précédent,
13:04oui, absolument.
13:05Etc, etc.
13:06Peut-être l'étroit
13:07de la Manche au Havre,
13:09on pourra peut-être
13:09s'y mettre aussi,
13:10ça ferait des recettes
13:11pour redresser
13:11des comptes publics.
13:13Je rappelle ce matin
13:15que le ministre
13:15de la Défense israélienne
13:17a dit qu'il ne retirerait
13:18pas ses troupes
13:19du Liban,
13:20de la Syrie
13:22et de Gaza.
13:23Donc,
13:24pour la signature
13:25de l'accord aussi,
13:26il reste à voir
13:26comment va réagir Israël.
13:28Tout ça reste
13:29très,
13:30évidemment,
13:31très fragile.
13:33Et pour terminer
13:34avec la guerre,
13:34on a quand même
13:35aujourd'hui
13:35le salon Eurosatory
13:36qui s'ouvre
13:37à Villepin,
13:39le plus grand salon
13:39au monde
13:40pour la défense
13:42terrestre.
13:42Et cette année
13:432026 marque
13:44un véritable tournant
13:46dans l'approche
13:47de la guerre.
13:48Jamais il n'y avait eu
13:49autant d'exposants
13:51à Villepin.
13:522 600 exposants
13:54cette année,
13:55c'est 30%
13:56de plus
13:57qu'en 2024.
13:59Tous les politiques,
14:00ça aussi,
14:00c'est un signe,
14:01peut-être qu'on entre en campagne
14:02aussi,
14:03vont y défiler.
14:04Beaucoup de financiers
14:06aussi,
14:07c'est le signe
14:08qu'on entre
14:09dans un nouveau monde.
14:10Ça, Isabelle Banderie ?
14:11Oui, absolument.
14:12Donc, on a eu
14:13les biotech,
14:14les fintech,
14:15les adtech
14:16et maintenant,
14:16on a les défense tech.
14:18Ce qui montre
14:19qu'effectivement,
14:19créer un écosystème,
14:21même si ça ne se décrète pas,
14:23ça peut quand même
14:23effectivement se créer
14:24avec une force importante.
14:27Je rappelle
14:28qu'il y a
14:28quelques mois
14:29et même
14:29quelques mois,
14:31les grandes entreprises
14:32n'avaient pas le droit
14:33ou ne pouvaient pas
14:34investir dans les sociétés
14:37de défense
14:38et dans l'armée
14:38parce que ce n'était pas bon
14:40pour leur politique RSE
14:41et donc leur note
14:44extra financière.
14:45La première fois,
14:45les banquiers seront présents
14:46au Rondistan,
14:47un gros saturn.
14:48Donc là,
14:48tout d'un coup,
14:49il y a une manne financière
14:50qui effectivement arrive.
14:52Alors,
14:52est-ce que c'est effectivement
14:53bon signe pour la paix
14:55et l'avenir ?
14:55Je n'en sais rien.
14:56Mais en tous les cas,
14:57l'Europe,
14:57aujourd'hui,
14:58prend les choses en main
15:00et on parlait tout à l'heure
15:01de son indépendance
15:02vis-à-vis de l'IA.
15:03Aujourd'hui,
15:03ce qui est sûr,
15:04c'est que les Ukrainiens
15:05sont en pointe
15:06et on ne peut pas dire
15:07que l'Europe n'est pas en pointe.
15:09L'Ukraine a révolutionné
15:11l'art de la guerre
15:11depuis maintenant 4 ans
15:13et notamment
15:14en utilisant
15:15des capacités de calcul.
15:16Alors,
15:17ils utilisent la donnée,
15:19ils utilisent des drones
15:20qu'ils ont réussi
15:21de manière extrêmement
15:23soux
15:24à produire
15:26et des drones low-cost
15:27qu'ils ont eux-mêmes
15:28produits.
15:28Alors maintenant,
15:29qu'ils coproduisent
15:30avec des Allemands
15:31parce qu'ils les produisent
15:31maintenant en dehors
15:32du territoire ukrainien,
15:33alors effectivement,
15:35ils sont dépendants
15:35encore de Starlink.
15:37C'est une vraie dépendance.
15:38Le système de communication
15:40d'Elon Musk,
15:40basse-orbit.
15:41Mais aujourd'hui,
15:42ils arrivent
15:43à non seulement
15:44rentrer sur le territoire russe
15:46à 2000 km,
15:48très profondément.
15:49Extrêmement profondément.
15:50Et ce,
15:51à l'heure même
15:51que les GPS
15:52se sont totalement brouillés.
15:53Donc,
15:53ils ont mis au point
15:54des systèmes
15:55avec la fibre optique
15:56qui permet effectivement
15:57de faire face
15:58au brouillage du GPS.
16:00Donc,
16:00tout à l'heure,
16:00on parlait de notre dépendance
16:02à des technologies.
16:03Les Ukrainiens ont démontré
16:05qu'ils pouvaient aller au-delà
16:07en trouvant des solutions.
16:09Et puis alors,
16:09ce qui est assez fascinant
16:10aujourd'hui,
16:11et c'est ce qui a été prouvé
16:12dans les dernières attaques
16:13sur le territoire russe,
16:14c'est qu'aujourd'hui,
16:16des essaims de drones
16:19communiquent entre eux
16:20sans avoir besoin de pilotes.
16:23C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
16:24il a été démontré
16:25que des essaims de drones
16:26qui sont allés très très loin
16:27sur les territoires russes
16:29n'étaient plus connectés
16:30à des pilotes ukrainiens
16:32et qu'ils avaient la capacité
16:34de s'organiser entre eux
16:36pour mener la guerre.
16:38Donc,
16:38oui,
16:38nous sommes en retard
16:39sur l'IA.
16:40Mais on le voit
16:41lorsqu'il y a effectivement urgence.
16:44Dans ces cas-là,
16:45c'est un peu terrible.
16:46Mais il y a effectivement
16:47la capacité
16:48de pouvoir produire
16:49des choses extrêmement pointues.
16:51André,
16:51comment on se situe aujourd'hui,
16:52nous,
16:53dans la tech,
16:54dans la WarTech,
16:55si je puis dire,
16:56en Europe ?
16:57Le point d'Isabelle
16:58est très fort.
16:59C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
17:00moi,
17:01je fais le pari
17:01que lorsque la guerre
17:03sera terminée,
17:03on espère de bonne manière,
17:06les nouveaux géants
17:07de la défense européenne
17:09sont en train
17:09d'être créés en Ukraine.
17:10Parce qu'on va avoir,
17:11qu'est-ce qu'on va avoir ?
17:12On va avoir des acteurs
17:13qui auront compris
17:14qu'aujourd'hui,
17:14ce n'est pas juste
17:15une question de capacité,
17:16c'est-à-dire de produits,
17:17mais qu'il faut livrer l'usine
17:18qui est prête
17:20à délivrer
17:219 millions de drones
17:23cette année
17:24en Ukraine.
17:26Deuxième chose,
17:27ça va être,
17:27ils vont avoir
17:28des surcapacités gigantesques,
17:29donc devinez
17:29où ça va aller.
17:31Et troisième chose,
17:32ils gagnent aujourd'hui,
17:33en tout cas,
17:33ils résistent
17:34à la guerre financière.
17:38Puisque quand on envoie
17:39des rafales
17:40et envoyer des missiles
17:41à 400,
17:42500,
17:431 million d'euros,
17:44détruire des chaïds,
17:45alors on en est très contents
17:46et heureusement qu'on l'a fait
17:47pour défendre nos bases
17:48et nos partenaires
17:49dans le Golfe,
17:49mais on perd
17:50la guerre financière.
17:51Donc aujourd'hui,
17:53les Ukrainiens ont réussi
17:54à faire des contre-drones,
17:56des essais,
17:57des choses comme ça
17:57qui permettent
18:00de ne pas être
18:02en désavantage
18:03par rapport aux Russes.
18:04Je m'interroge quand même,
18:06est-ce que nous,
18:07dans les pays
18:08en Allemagne
18:09qui aujourd'hui
18:10débordent d'argent,
18:11ils n'ont pas changé,
18:13je parlais de cette adéquation
18:14entre les tempos,
18:16ils n'ont pas changé
18:17réellement
18:17ce qu'ils achètent,
18:18ils continuent à acheter
18:19du matériel
18:20pour la guerre d'hier.
18:21Donc c'est pour ça
18:22que quand j'entends
18:23des voix en France
18:24dire mon Dieu,
18:24mon Dieu,
18:24on a peur d'une Allemagne
18:25qui devient très forte,
18:26je dis rassurez-vous
18:27parce qu'aujourd'hui,
18:29la Bundeswehr
18:29ne fait pas preuve
18:30de sens stratégique
18:32extrêmement profond,
18:33ils sont beaucoup plus dynamiques,
18:34ça c'est sûr.
18:34Et nous, en France,
18:35il faut qu'on arrête
18:36de dire qu'on est en économie
18:37de guerre,
18:38à part sur quelques produits
18:39comme les canons César,
18:42où ça reste quand même
18:43échantillonnaire,
18:44on n'a pas multiplié
18:46par deux, par trois.
18:47Et à l'arrière,
18:47il ne faut pas forcément
18:48multiplier par deux, par trois
18:49parce qu'on n'en a pas besoin
18:49aujourd'hui,
18:50mais on ne serait pas capable
18:52en cas de choc
18:55de monter notre production
18:57fois 10, fois 20, fois 30
18:58comme il faudrait le faire.
18:59Ça fait quand même
19:00quatre ans qu'on en parle.
19:01Ça fait quatre ans.
19:01On a cette économie de guerre
19:02et on n'y est toujours pas,
19:03Thomas Grémyne.
19:04Et en plus,
19:05il y a un modèle industriel français
19:07qui est très spécifique
19:08par rapport au reste de l'Europe.
19:10Il faut souvenir que
19:10les Français,
19:11on est les deuxièmes exportateurs
19:13mondiaux d'armement.
19:14Donc ça, c'est une bonne nouvelle
19:16d'un point de vue...
19:17Oui, on n'est pas trop mal positionné.
19:18A priori, on peut se dire.
19:19Mais quand vous...
19:19Est-ce que c'est l'ancienne guerre
19:20ou la nouvelle,
19:21comme le dit André ?
19:22Et quand vous regardez
19:23maintenant au niveau européen,
19:25on n'est que les troisièmes
19:27pour les achats intra-européens.
19:29C'est-à-dire qu'on est très loin
19:31derrière les Américains
19:32et on est même derrière
19:33les Allemands
19:35concernant les achats intra-européens.
19:37C'est un chiffre.
19:38Quand on regarde les équipements...
19:40On vend mal
19:40à nos partenaires européens.
19:41Exactement.
19:42On a un tiers.
19:43Pour les équipements militaires européens,
19:44il y a un tiers qui est importé.
19:46Et en moyenne,
19:47pour les pays européens,
19:49il y a plus de 50%
19:50qui viennent des États-Unis.
19:51Il y a un chiffre qui a augmenté.
19:52C'est-à-dire que dans les années 2010,
19:54on était autour de 40%
19:56qui étaient importés des États-Unis.
19:57Là, on est à plus de 50%.
19:59Donc, notre dépendance aux États-Unis...
20:01A augmenté aussi.
20:02Donc, il n'y a pas que la tech.
20:03Il y a aussi l'armement.
20:04Mais la France, elle,
20:05se distingue
20:06puisqu'on est beaucoup moins dépendant
20:08des importations américaines,
20:10autour de 17%.
20:11Donc, c'est une bonne nouvelle.
20:12Mais la mauvaise nouvelle,
20:13c'est que quand vous voyez les Polonais,
20:15quand vous voyez les pays de l'Est,
20:16quand vous voyez les Allemands,
20:17par exemple,
20:18les Polonais vont acheter
20:19plutôt Sud-Coréen
20:20ou Américain
20:22que Français.
20:23Donc, là aussi,
20:24on a un problème
20:24de positionnement
20:25de notre appareil militaire,
20:27de notre appareil industriel.
20:30Et c'est très difficile
20:31de répondre
20:32à la demande
20:33de nos voisins.
20:34L'exemple que citait Thomas
20:35sur les tanks,
20:36je crois,
20:37qu'à deux coréens
20:38que la Pologne a achetés,
20:39ce n'est pas parce qu'ils sont
20:40meilleurs que nos Leclerc
20:41ou que les Allemands,
20:43c'est juste que les Coréens
20:43étaient capables
20:44de fournir rapidement.
20:46Donc, c'est la question
20:47vraiment de la production,
20:48des capacités de production.
20:49C'est aujourd'hui
20:49de la capacité de production.
20:49C'est-à-dire qu'on est encore
20:50dans de la haute couture.
20:52Il faut qu'on passe rapidement
20:55au modèle Zara.
20:56Je dis Zara
20:57pas pour faire de la publicité
20:58pour Zara
20:59parce qu'il y a deux choses.
21:00Un, parce que c'est du prêt-à-t-en-ter.
21:01C'est de la fast weapon
21:01qu'il faut.
21:02Après, la fast fashion...
21:03Et deux,
21:03il faut qu'on change
21:05cette logique de catalogue
21:07puisqu'il faut produire un batch
21:08et ensuite passer directement
21:10au suivant
21:11parce que si on a des stocks
21:12de modèles,
21:13en fait,
21:13ils deviennent périmés
21:14de plus en plus rapidement.
21:16C'est exactement
21:17ce que montraient les Ukrainiens.
21:18C'est-à-dire cette agilité
21:19et cette capacité
21:20de test and learn.
21:21Les drones ont été créés
21:24par une multitude
21:25de petites zones
21:26et de laboratoires
21:27sur tout le territoire.
21:28En deux, trois jours,
21:29ils étaient testés sur le front
21:30et en fonction des bons résultats,
21:32l'État investissait
21:33et fléché les financements.
21:35Mais est-ce que ce n'est pas
21:35un game changer
21:36pour l'industrie européenne ?
21:37Ça a 80 exposants ukrainiens
21:40cette année à Eurosatory
21:41contre 10 il y a deux ans seulement.
21:43Ça devient la première armée européenne
21:46l'armée ukrainienne.
21:46Les Ukrainiens ont réussi
21:48à développer un savoir-faire
21:49absolument unique
21:50et ont complètement transformé
21:52l'art de la guerre.
21:52Donc on peut,
21:53effectivement,
21:54vis-à-vis des États-Unis,
21:55on n'a pas que le vin.
21:57On a aussi ce savoir-faire ukrainien,
21:59enfin au niveau de l'Europe,
22:00malheureusement de la France,
22:01mais au niveau de l'Europe.
22:02Et on a bien vu,
22:03les Ukrainiens proposant
22:04au moment du début
22:06du conflit iranien
22:08aux Américains de l'aide
22:09et aux pays du Moyen-Orient.
22:12Donc c'est un vrai savoir-faire
22:13aujourd'hui.
22:14Et je vois les discussions
22:15aujourd'hui sur l'adhésion
22:16de l'Ukraine à l'UE.
22:18Il faut faire très attention
22:19parce qu'on voit bien
22:19dans la population,
22:20que ce soit dans le domaine agricole,
22:21que dans le domaine...
22:22Il y a plein de gens
22:23qui vont dire
22:23mais est-ce que ça va trop vite ?
22:24Et ils auraient raison de le dire.
22:26Il faut qu'on présente ça,
22:27non pas comme avec la France,
22:29l'Allemagne,
22:29le couple franco-allemand.
22:30Quels sont nos intérêts ?
22:32Notre intérêt aujourd'hui,
22:34stratégique européen,
22:35c'est d'avoir l'Ukraine
22:36au cœur de la machine
22:38industrielle européenne.
22:40Le problème,
22:40c'est que vous allez avoir
22:41beaucoup d'acteurs traditionnels,
22:43je rappelle,
22:44et ce n'est pas qu'en France,
22:45qui vont être contre ça.
22:47Parce qu'ils sont sur un fromage
22:49bien établi,
22:50avec des achats bien établis.
22:52Je rappelle,
22:52il y a deux mois,
22:53le président,
22:54le PDG de Rheinmetall,
22:56qui,
22:57de manière un petit peu
22:59dénigrait
22:59les producteurs de drones
23:00en disant que c'était
23:03des ukrainiennes
23:03dans leur cuisine
23:04qui produisaient drones.
23:05Ce qui est en train de se passer,
23:06on l'a vu la semaine dernière,
23:07c'est qu'ils sont en train
23:07de produire des missiles
23:09pour la frappe en profondeur,
23:11les fameux flamingos.
23:12Alors au début,
23:13c'était vraiment du bricolage,
23:14ça ressemblait à des V2
23:17allemands
23:17d'il y a 80 ans.
23:18Mais aujourd'hui,
23:19ça devient des missiles
23:21qui arrivent à frapper
23:22et qui sont à une fraction
23:24de nos propres coûts.
23:26Donc je pense qu'aujourd'hui,
23:28soit on fait du protectionnisme
23:29en France en disant
23:30« Ouh là là,
23:30il faut protéger nos missiles
23:31actuels »
23:31ou au contraire,
23:33c'est une incitation
23:34pour les missiles.
23:34Toujours la même tension européenne.
23:35En fait,
23:35la grande difficulté en Europe,
23:37c'est que depuis 30 ans,
23:38le marché s'est consolidé.
23:39Il n'y avait plus de demande.
23:40Il n'y avait plus aucune demande
23:41et aucun investissement.
23:42On est sur des marchés
23:43plutôt porteurs aujourd'hui.
23:43Donc aujourd'hui,
23:44on a des oligopoles
23:45qui ne sont absolument pas pressés
23:47et qui ne sont pas doués
23:49d'une agilité.
23:49Et effectivement,
23:50le fait de pouvoir produire rapidement,
23:52aujourd'hui,
23:53c'est très compliqué.
23:54Donc il faut que l'on arrive
23:56à intégrer sur le marché
23:58cette agilité ukrainienne.
23:59Quand on voit les investissements
24:00qui ont été faits par l'Europe
24:02depuis maintenant
24:03une dizaine d'années,
24:04on voit par exemple
24:04que les Américains
24:05ont commencé à vraiment
24:07déclencher et investir
24:08énormément dans la défense
24:09à partir de 2001
24:10avec le choc du 11 septembre.
24:12Ils étaient à l'époque
24:13à 300 milliards de dollars.
24:15Nous étions à 150 milliards de dollars
24:16l'Europe.
24:17Donc nous n'étions qu'à la moitié.
24:18Aujourd'hui,
24:19ils sont à 1 000 milliards de dollars
24:21et nous sommes à peine
24:22à 300 milliards de dollars
24:24au niveau européen.
24:25Donc l'écart,
24:25c'est absolument creusé.
24:27Et l'oncle Sam
24:29n'est plus un oncle protecteur.
24:32Et donc,
24:32c'est absolument essentiel
24:34qu'aujourd'hui,
24:35le marché se réorganise,
24:37y intègre de l'agilité
24:38et des financements.
24:39Très rapidement,
24:40le mot de la fin, Thomas.
24:41On voit,
24:41c'est que l'Europe
24:42ne sait pas planifier,
24:43mais par contre,
24:44elle sait réagir
24:45quand il y a une menace vitale.
24:47Donc là,
24:48c'est malheureusement le cas
24:49dans la guerre en Ukraine
24:50où c'est quand même impressionnant
24:52qu'un pays comme l'Ukraine,
24:53en 4 ans,
24:54a réussi à bâtir
24:55un tissu industriel
24:57qui est au niveau
24:57où ils sont capables
24:59d'exporter,
24:59y compris leurs compétences
25:01au pays du Golfe.
25:02On n'aurait jamais pensé ça
25:03il y a 4 ans.
25:05Mais de nouveau,
25:06la mauvaise nouvelle,
25:07c'est que s'il faut attendre
25:08une guerre d'une telle ampleur
25:09pour que l'Europe se réveille,
25:12on revient à notre débat
25:13sur l'IA du début.
25:14Mais voilà,
25:14c'est dans quelle mesure
25:15les Européens
25:16prennent conscience
25:17de la menace
25:17et des enjeux géopolitiques
25:19pour demain.
25:20Allez, merci à tous les trois.
25:21Ce sera le mot de la fin.
25:22Cette émission est disponible
25:23en podcast et replay
25:24sur l'application BFM Business.
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