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Ce lundi 15 juin, la décision du gouvernement américain de contraindre l'entreprise Anthropic à couper l'accès à ses deux dernières IA, Fable 5 et Mythos 5, a été abordée par André Loesekrug-Pietri, président de Jedi (Joint European Disruptive Initiative), Isabelle Bordry, fondatrice de Retency, et Thomas Grjebine, responsable du programme "Macroéconomie et finance internationales" au CEPII, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Et pour parler de ces nombreux sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Isabelle Bordry.
00:04Bonjour Isabelle.
00:05Bonjour.
00:05Fondatrice de Retency et, je le rappelle, ancienne présidente de Yahoo France.
00:09À vos côtés, André Lescrouc-Piétry.
00:11Bonjour André.
00:11Salut Raphaël.
00:12Président de Jedi, John European Disruptive Initiative, l'agence européenne de la disruption.
00:18Et face à vous, Thomas Grébine.
00:19Bonjour Thomas.
00:20Bonjour Raphaël.
00:21Responsable du programme macroéconomie et finances internationales OCPI,
00:25auteur d'un rapport remarqué sur les protections à mettre en place en Europe.
00:31face au surplus, aux surcapacités chinoises.
00:34Mais pas qu'un rapport sur la souveraineté européenne en réalité.
00:38Alors bon, je le disais en début d'émission, je voulais qu'on commence avant le G7,
00:43avant cette annonce dans la nuit de ce protocole de fin de conflit entre l'Iran et les Etats-Unis,
00:50qu'on parle d'abord de la décision d'Anthropic.
00:54Anatomie d'une claque, j'ai envie de dire, je commence avec vous André Lescrouc-Piétry.
01:00Je rappelle donc que le gouvernement américain a contraint, anthropique,
01:05à couper l'accès à ces deux dernières IA, Mythos 5 et Fable 5,
01:12qui venaient de sortir.
01:14Alors d'abord, on pensait qu'il comptait le réserver uniquement aux citoyens américains,
01:20et finalement c'est tout le monde qui a perdu cet accès.
01:24Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?
01:26Alors pour décrypter ça un tout petit peu,
01:29les modèles d'IA les plus avancés d'Anthropic,
01:33qui aujourd'hui considérés comme ceux qui font les modèles d'intelligence artificielle les plus avancés,
01:37ont été coupés par le gouvernement américain, vendredi soir,
01:42sans aucune consultation de quiconque, de leurs alliés évidemment.
01:47Et Anthropic, sur ce, a décidé d'aller même plus loin,
01:50en disant bon je vais couper ça à tout le monde, même aux citoyens américains.
01:53Parce qu'en réalité, ils ne sont pas capables de faire la différence,
01:55même dans leurs locaux, entre citoyens américains et non-méricains.
01:58Mais le vrai choc, c'est que,
02:00alors le vrai choc, pour ceux qui n'ont pas regardé ce qui se passe.
02:03Oui, tout le monde est abranché à l'actualité à ce week-end festival.
02:07Sur le fait que l'Europe est le continent de la surprise stratégique,
02:11la classe politique française est la classe de la surprise stratégique.
02:15Les gens qui s'en étonnent sont juste des gens qui n'ont pas fait leur travail.
02:18C'est-à-dire qu'on se rend compte aujourd'hui que la plupart de nos dirigeants,
02:21c'était gros comme une maison que ça allait arriver.
02:24On pourrait parler...
02:25Vous n'avez pas surpris cette décision ?
02:26Non, parce que déjà, il y a trois mois,
02:30le modèle Mythos avait été supprimé un petit peu en catastrophe.
02:34Pour une raison très spécifique,
02:35c'est qu'on se rendait compte que ce modèle permettait, en fait,
02:38de détecter des failles informatiques dans tous les systèmes,
02:42même celles qui existent depuis 10, 20, 30 ans,
02:44les plus dangereuses, en quelque sorte.
02:46Donc, toutes les institutions financières, juridiques,
02:49en fait, tout ce qui est transactionnel était, en fait, en risque.
02:52Et, en fait, aujourd'hui, on se rend compte que
02:55la créature est en train un petit peu d'échapper
02:57à ses auteurs, à ses créateurs.
03:00Et donc, pour la première fois,
03:02les États-Unis, qui étaient vraiment dans l'attitude du laisser-faire,
03:04ont décidé d'arrêter.
03:05Là, la décision a été plutôt saluée.
03:07C'est-à-dire que, finalement, il y avait un vrai risque.
03:09Là, aujourd'hui, l'IA entre de plein pied dans le monde géopolitique.
03:13Ce n'est plus un outil informatique.
03:16Ce n'est plus une technologie.
03:17C'est aujourd'hui une arme.
03:18On pourrait parler, il y a eu en 1957, le choc Spoutnik,
03:21où les Américains, qui, pour la première fois,
03:23voyaient que les soviétiques arrivaient à mettre un satellite dans l'espace.
03:27Ce n'était pas le satellite.
03:28C'est le fait que la fusée était ensuite,
03:30ce qu'on appellerait un missile intercontinental,
03:32et permettait d'atteindre les États-Unis.
03:34Aujourd'hui, les Européens découvrent avec stupeur
03:36que tous leurs ingénieurs, leurs sociétés, leurs scientifiques
03:43travaillent sur les modèles les plus avancés,
03:44et Washington peut débrancher ça d'une décision un vendredi soir.
03:49C'était prévisible, Isabelle ?
03:50Oui, et c'était d'autant plus prévisible
03:53qu'effectivement, la première décision avait été prise
03:56par les équipes d'Entropique.
03:58Lorsque vous évoquiez le fait qu'il y a un mois et demi,
04:03Mythos 5 avait été, de la part des équipes d'Entropique, arrêtée,
04:07parce qu'effectivement, il s'était rendu compte
04:09qu'il n'y avait pas suffisamment de garde-fous
04:11pour éviter de mettre à plat tous les systèmes d'information,
04:15comme l'a très bien expliqué André.
04:17Mais là, ce qui est tout à fait étonnant,
04:19enfin pas étonnant, dans la continuité de la séquence Trump,
04:22le 2 juin, Trump a signé un décret
04:27autorisant l'administration à bloquer n'importe quel modèle
04:30d'IA dans le premier mois de son lancement
04:32s'il était réputé comme nuisant à la sécurité nationale.
04:36Ça veut dire que Washington prend les pleins pouvoirs
04:39sur l'entreprise privée, là.
04:41C'est juste une continuité de ce que veut l'administration Trump,
04:44c'est-à-dire une mainmise complète sur les modèles d'IA.
04:48Et il l'utilise comme une arme, une arme de négociation.
04:51Je rappelle que Trump n'était pas censé venir
04:53il y a 2-3 jours à Evian, il n'était pas sûr de venir,
04:56il était en pleine négociation.
04:58Et depuis effectivement 2 jours, il bloque Mythos,
05:04il fait des annonces contre les GAFAM,
05:07donc il utilise ces outils comme véritablement
05:09un outil de pouvoir et de négociation.
05:12Qui pourrait aller jusqu'à une nationalisation,
05:14c'est un scénario qui circule,
05:16et je crois qu'il est même porté par le patron d'Anthropic,
05:18Dario Amodei, d'une nationalisation d'ici 2 ans,
05:22c'était un peu sa prévision,
05:25des grandes boîtes de l'IA américaines.
05:28J'ai envie de dire rien de neuf sous le soleil,
05:30il y avait déjà eu un Macbook,
05:31ce n'était pas un Macbook,
05:32c'était un Macintosh au début des années 2000,
05:36qui avait pour la première fois, je crois,
05:38dépassé le milliard d'opérations par seconde,
05:40et qui avait été d'un coup interdit
05:43de commercialisation aux Etats-Unis.
05:44D'ailleurs Apple avait fait du judo là-dessus,
05:46et avait retourné ça en montrant sur une publicité
05:51un Tank et un Apple,
05:54en disant, vous voyez, tout ça a un impact
05:56sur la sécurité nationale.
05:57Il faut bien voir qu'aux Etats-Unis,
05:59le mot de National Security,
06:00sécurité nationale, est tellement large
06:02que l'acception peut revêtir tout ça.
06:05Et là, pour le coup, sur le coup des modèles d'IA,
06:07c'est...
06:08Donc rien de neuf,
06:10la surprise à la fois politique et technologique,
06:14elle est incroyable.
06:15Mais par contre, juste un point,
06:17il faut aussi qu'on arrête l'illusion,
06:19parce que j'entends des gens dire maintenant
06:20« maintenant il faut tout mettre sur Mistral ».
06:22Je rappelle, et Dieu sait que j'adore
06:24Arthur Mench, Mistral, etc.
06:26Mistral est classé 54e du dernier classement
06:29des modèles.
06:30Ils ne sont pas dans ce qu'on appelle
06:32les modèles frontières.
06:33Tous les autres au-dessus de Mistral
06:35sont chinois ou américains.
06:36Donc quand j'entends maintenant
06:38« maintenant il faut tout faire pour que Mistral gagne »,
06:40non, ce n'est pas ça la bonne stratégie.
06:42La bonne stratégie, c'est de mettre le paquet
06:45sur plein de modèles différents,
06:47de s'assurer qu'on travaille au niveau européen
06:49et que la France n'a pas son modèle français,
06:52l'Allemagne n'a pas son modèle allemain.
06:53C'est vraiment un changement de logiciel complet
06:55dont je pense que nos dirigeants actuels
06:57sont totalement incapables.
06:59Thomas Grébine.
06:59Moi je pense qu'il y a deux choses,
07:01en complément, qui sont intéressantes
07:03dans la décision de Donald Trump.
07:05C'est d'une part, ce qui était un peu l'anomalie,
07:07c'est le fait que l'administration américaine
07:09avait si peu de contrôle sur ces géants de l'IA.
07:13C'est-à-dire que quand on prend
07:14les révolutions technologiques précédentes,
07:17il y avait quand même un contrôle
07:19beaucoup plus fort du Pentagone,
07:21ou de l'administration américaine,
07:23sur ces technologies.
07:25Or là, vous avez des géants
07:26qui voulaient contrôler l'ensemble
07:28de la chaîne de valeur,
07:31et où l'État américain
07:33était quand même relativement loin.
07:35Donc là, la première chose,
07:36c'est du point de vue américain,
07:37il y a quand même une reprise en main,
07:39et ça, on peut penser
07:40que c'est quand même relativement positif
07:42que ce soit l'État
07:43qui ait une forme de contrôle
07:45face à ces géants privés
07:46qui peuvent faire un peu ce qu'ils veulent.
07:48Donc ce que je vous entends,
07:49c'est qu'on allait mettre en l'air
07:50un système dangereux,
07:52et heureusement que le politique
07:55a mis le haut là.
07:56En tout cas, c'est pas ce qu'on entend,
07:57c'est intéressant.
07:58En tout cas, du point de vue américain,
08:00je pense que quand même,
08:02entrepique, il y avait quand même
08:03le dirigeant d'entrepique
08:04qui lui-même disait
08:06qu'il faudrait à un moment
08:07une reprise en main.
08:08Donc c'est un peu,
08:09il a été servi, si on peut dire.
08:11Mais donc ça, c'est un peu
08:12du point de vue américain,
08:14c'est qu'est-ce que fait
08:15la puissance publique
08:16face à ces géants privés
08:18qui étaient de plus en plus autonomes.
08:20Et le deuxième point,
08:21c'est nous, Européens.
08:22Et c'est vrai que là aussi,
08:23il y a un peu une anomalie historique,
08:25c'est qu'on n'a jamais eu
08:27un tel niveau de dépendance.
08:29Là aussi, vous reprenez
08:30les grandes révolutions technologiques,
08:32soit le microprocesseur
08:34dans les années 70,
08:36le développement d'Internet
08:37dans les années 90,
08:39les smartphones dans les années 2000,
08:41le cloud dans les années 2010.
08:43On n'avait pas une telle dépendance
08:45aux États-Unis.
08:46Aujourd'hui, on estime
08:47que notre déficit commercial numérique,
08:50il est autour de 275 milliards,
08:53c'est-à-dire presque 1,5%
08:56du PIB européen,
08:57et puis aurait monté jusqu'à 2%
08:59du PIB européen en 2030.
09:02Donc on est en train d'avoir
09:03une dépendance de plus en plus forte
09:05aux États-Unis,
09:06et ça veut dire aussi
09:07un transfert de richesse
09:08de l'Europe vers les États-Unis.
09:10Juste un chiffre,
09:12ce transfert de richesse
09:13au niveau français,
09:14ça pourrait représenter
09:15en 2030 le budget
09:17de l'éducation nationale.
09:19Isabelle, puis...
09:20Oui, je pense que le point
09:21sur l'autorégulation aux États-Unis
09:23et le fait qu'à un moment donné,
09:24il faille en mettre des limites
09:26est absolument clé,
09:27c'est-à-dire qu'on ne peut pas
09:28laisser le pouvoir
09:29à quelques oligopoles
09:30et à quelques patrons
09:31qui maîtrisent ces sociétés.
09:33Donc ça, c'est effectivement
09:34un point clé.
09:35Et ces machines,
09:36en tous les cas ces modèles,
09:38montrent quand même
09:40une puissance absolument incroyable,
09:41et l'alignement en fait
09:43de ces modèles
09:44avec les valeurs démocratiques
09:45est un vrai sujet.
09:47Et donc, qu'est-ce qui maîtrise
09:48cet alignement ?
09:49Est-ce que c'est effectivement
09:50les équipes d'ingénieurs
09:51qui travaillent sur les modèles
09:53ou c'est un consortium
09:55qui travaille avec les États
09:57pour déterminer ce qui est possible ?
09:58Donc en ce sens,
09:59c'est effectivement...
10:00C'est un vrai sujet, il y a éthique
10:00dont on débat en ce moment.
10:02Et c'est d'ailleurs ce que l'Europe
10:03a déclaré avec l'IA Act.
10:05L'IA Act, c'est exactement ça,
10:07c'est-à-dire une régulation
10:09qui met des limites
10:10et qui n'est pas là pour bloquer,
10:12mais qui est là pour encadrer l'innovation.
10:14Donc ça, c'est un point clé.
10:16Après, la seule chose,
10:17c'est que dans cette décision,
10:18et comme on l'a dit déjà,
10:22Anthropik apparaissait
10:23ou apparaît comme quand même
10:24le meilleur élève de la classe.
10:25C'est-à-dire qu'il a toujours
10:26pris position sur...
10:28Il a refusé de travailler
10:28avec le Patagone, notamment.
10:30Il a refusé de travailler
10:31avec le Patagone.
10:31Il y a une forme de représailles
10:32de Donald Trump
10:34vis-à-vis de Dario Amodali,
10:35Il a refusé que ces modèles
10:37soient utilisés
10:38pour des écoutes de masse
10:39aux États-Unis,
10:40dans la guerre,
10:41pour utiliser des armes létales.
10:44Donc, il apparaissait
10:45comme le meilleur élève
10:46de la classe
10:47sur ces sujets-là.
10:48Il se trouve que dans ses équipes,
10:50il a embauché
10:51trois personnes de chez Biden,
10:53qui sont des proches conseillers
10:55de l'administration Biden.
10:56Et donc, on ne peut pas...
10:57Oui, c'est bien
10:58de réguler et de vérifier,
11:00mais on ne peut pas se dire
11:02que dans cette décision
11:03extrêmement brutale
11:04de vendredi soir,
11:05il n'y ait pas une prise
11:06de position politique de Trump.
11:08Rétorsion politique, vous dites.
11:09Rétorsion politique
11:10face à cette entreprise
11:11qui, clairement, est anti-Trump.
11:12Et c'est là
11:13où il y a un danger.
11:15Vous êtes d'accord avec ça ?
11:16Oui, je ne suis pas sûr.
11:18Parce que quand on regarde...
11:18Alors, on ne saura jamais
11:20véritablement,
11:20mais le fait que ça apparaisse
11:22deux jours avant le G7,
11:24que Trump, en fait,
11:25qui arrivait normalement...
11:27Il y a 24 heures,
11:27il arrivait en position
11:28de faiblesse.
11:29Il fait 20 fois qu'il annonce
11:30un cessez-le-feu.
11:31Il n'était pas sûr de venir, d'ailleurs.
11:32Il n'était même pas sûr de venir.
11:33Là, on est tout heureux
11:34qu'il vienne,
11:35mais il arrive en position de force.
11:36Tout le monde ne sera
11:37qu'à ses pieds
11:39pour dire,
11:39mon Dieu, mon Dieu,
11:40vous ne pouvez pas nous faire ça.
11:41Sur le sujet d'Amodéi,
11:43en fait, là,
11:43je suis partagé,
11:44je ne sais pas.
11:45Parce qu'effectivement,
11:46c'est un peu comme Apple
11:47qui, rappelez-vous,
11:48avait interdit au FBI
11:49l'accès à son iPhone
11:51quand un terroriste,
11:53je crois, à Los Angeles,
11:54il y a quelques années,
11:55avait utilisé.
11:56Mais je pense que,
11:58oui, il y a sûrement
11:59un petit peu d'éthique.
11:59Il y a sûrement aussi
12:00beaucoup de marketing
12:01parce qu'aujourd'hui,
12:02ça fait vendre
12:02d'être considéré
12:04comme le modèle
12:04le plus éthique.
12:06Je rappelle quand même
12:06qu'Entropic est au cœur
12:07de Maven,
12:08qui est le système
12:09de positionnement
12:10et de tasking
12:12de l'armée américaine
12:13et qui a été utilisé
12:14massivement
12:15pour la première fois
12:16fin février
12:18en Iran.
12:18Je voudrais juste revenir
12:19sur cette histoire
12:20de régulation
12:20parce qu'il n'y a pas
12:21ceux qui régulent avant.
12:23Je crois qu'en fait,
12:24il y a une grande similarité
12:25entre ce que fait
12:27la Chine et les Etats-Unis.
12:28Je m'explique.
12:30La Chine,
12:31comme les Etats-Unis,
12:32laisse émerger
12:33des géants
12:34et ils ont tous les deux,
12:36malheureusement la Chine
12:37parce que c'est un pays autoritaire
12:38et aux Etats-Unis aussi,
12:40des gens dans l'administration
12:41qui ont une connaissance
12:42extrêmement fine
12:43et qui ne se racontent
12:44pas d'histoire
12:45sur le véritable niveau
12:47de performance
12:48de ces modèles.
12:49Et une fois qu'ils arrivent,
12:50qu'ils ont créé
12:51en fait ces mille fleurs
12:52pour prendre une mauvaise
12:53référence historique,
12:54eh bien,
12:55ils commencent à couper
12:55des têtes
12:56lorsque certaines fleurs
12:57soit les dépassent,
12:58peut-être pour des raisons
12:59politiques,
13:00soit parce qu'ils sont
13:01trop performants.
13:01L'Europe fait véritablement
13:03la régulation
13:04de la pire qui soit.
13:05C'est-à-dire,
13:05on régule avant même
13:07que notre serre,
13:09nos plantes,
13:10j'en veux pour preuve
13:11cette histoire de Mistral
13:12qui pour moi
13:13est dramatique
13:14parce qu'on pense,
13:15je suis sûr qu'aujourd'hui
13:16on demanderait
13:16à 90% des Français
13:18qui connaissent le mot Mistral
13:19et je pense que c'est devenu
13:19un nom assez commun
13:21dans l'opinion publique,
13:22ils pensent qu'on est
13:24leader,
13:25leader mondial.
13:26Ce n'est plus du tout le cas.
13:27D'ailleurs,
13:27Mistral aujourd'hui
13:28est en train de s'orienter
13:28plutôt vers de l'infrastructure,
13:30des tassas centers
13:31plutôt que les modèles frontières.
13:32C'est ça qu'il faut
13:33qu'on change en Europe.
13:34Isabelle ?
13:34Je ne suis absolument
13:35pas d'accord
13:36parce que je pense
13:37qu'il est absolument essentiel
13:39de mettre des contraintes
13:40pour innover.
13:41Il est absolument essentiel
13:43pour que l'innovation
13:44progresse dans le bon sens
13:45et dans le bon alignement
13:46d'une démocratie,
13:49d'une protection
13:50des consommateurs
13:50et des citoyens.
13:50Je ne dis pas l'inverse.
13:52Il est absolument essentiel
13:53qu'il y ait un RGPD,
13:54il est absolument essentiel
13:55qu'il y ait un IA Act
13:56et que ces règles,
13:58ces garde-fous
13:59et d'ailleurs,
13:59certains
14:00grands exécutifs américains
14:02le réclament.
14:03Oui,
14:03après avoir créé
14:04leur leader.
14:05Il est beaucoup plus sain
14:06de mettre des frontières
14:07avant
14:08pour que l'innovation
14:09les prenne
14:10intrinsèquement
14:11dans leur moteur initial
14:12plutôt que de...
14:15Je crois que l'histoire
14:15est remplie de gens
14:17qui étaient...
14:17Plutôt que de faire
14:17une censure à priori.
14:18Est-ce que le RGPD
14:19n'a pas complètement volé
14:21en éclat
14:21avec l'émergence,
14:22l'explosion
14:24de l'IA
14:24qui sont quand même
14:26des autoroutes
14:27pour envoyer
14:27toutes nos datas
14:28aux Etats-Unis
14:29au travers d'Enthropic,
14:31au travers de...
14:32Je pense que le RGPD
14:33est un élément
14:35absolument crucial
14:36pour les entreprises françaises
14:38et surtout pour la protection
14:39des citoyens.
14:40Et si vous allez dans la rue
14:41et que vous posez la question
14:42sur l'utilisation
14:43des données
14:44à tous les citoyens
14:45que vous croisez,
14:46ils sont extrêmement soucieux.
14:47Et je pense que c'est
14:48un élément clé.
14:49Et je ne suis absolument pas sûre
14:51que ça soit ça
14:52qui ait bloqué l'innovation,
14:53bien au contraire.
14:55Je voulais qu'on voit
14:56un peu les voies et moyens
14:56de répondre de l'Europe,
14:59Thomas Grébine,
14:59dans votre rapport.
15:00Alors, on parlait
15:01beaucoup d'industrie
15:02dans votre rapport.
15:03Là, c'est l'industrie
15:03du numérique
15:04et de la technologie,
15:04mais que peut-on faire
15:07pour ne plus être
15:09les vassaux des Etats-Unis
15:11en termes numériques ?
15:12Vaste programme,
15:13vous allez me dire,
15:13mais il nous reste
15:14un petit peu de temps
15:14pour le développer.
15:16On peut voir,
15:16en tout cas,
15:17les parallèles
15:18entre l'industrie traditionnelle
15:20ou les industries vertes
15:21et ce qui est en train
15:22de se passer avec la tech.
15:23Le premier parallèle
15:24qu'on voit,
15:25c'est notre discussion.
15:26C'est-à-dire qu'en Europe,
15:28on réglemente
15:28avant d'avoir
15:29une politique industrielle.
15:31Donc, c'était le cas
15:32sur le véhicule électrique
15:34où on avait
15:34la réglementation
15:35la plus dure du monde
15:37sans avoir
15:38de politique industrielle,
15:39alors que les Chinois,
15:40eux, ont développé
15:42depuis 25 ans
15:43une politique
15:44pour avoir
15:45voire des véhicules électriques
15:47et ils ont adapté
15:48leur législation
15:49progressivement
15:50face aux avancées
15:52industrielles.
15:53Et là,
15:53on retrouve un peu
15:54la même chose.
15:54Donc, on a une réglementation
15:55qui est très importante,
15:57mais on n'a eu
15:58aucune politique industrielle
15:59entre guillemets
16:00au niveau de l'IA.
16:02Donc, on a en effet
16:03des symboles
16:04comme Mistral,
16:06mais quand vous regardez
16:07la chaîne de valeur
16:08de l'IA,
16:09les différentes strates
16:10de l'IA,
16:11on est complètement
16:12à plus de 90%
16:15dépendants
16:16des Etats-Unis.
16:17Mais est-ce que
16:17ce n'est pas utopique
16:18de se dire
16:19qu'on peut avoir
16:19toute la chaîne
16:21verticale ?
16:21C'est justement,
16:22on peut peut-être,
16:24demain,
16:24c'est utopique,
16:25mais c'est quelque chose
16:25qui peut monter
16:29progressivement.
16:30Et le risque,
16:31c'est juste d'avoir
16:31du packaging
16:32souverain,
16:33c'est-à-dire
16:34qu'on va dire
16:35que cette solution
16:36est française
16:36ou européenne,
16:37alors que toute
16:38l'infrastructure
16:39derrière est américaine.
16:42Et donc là,
16:42il peut y avoir
16:43des solutions européennes,
16:44par exemple,
16:45le propriétaire
16:46de Lidl
16:47a commencé
16:47à développer
16:48un cloud
16:49qui pourrait être
16:50un cloud européen,
16:51donc certes,
16:51sur les modèles,
16:53certes,
16:53Mistral est en retard
16:55par rapport
16:56au modèle de pointe,
16:57mais peut-être
16:58que si les Européens
16:59s'unissaient,
17:00on pourrait monter
17:01en puissance
17:02progressivement,
17:03et donc en fait,
17:03il faut reconquérir
17:04progressivement
17:05cette chaîne de valeur.
17:06Mais le gros risque,
17:07c'est qu'aujourd'hui,
17:08notamment la France,
17:09on soit un producteur
17:10d'électricité
17:11pour les modèles américains.
17:13C'est ça.
17:13Et donc,
17:14si on se souvient
17:14de ce que disait
17:14Arthur Mench
17:15lors de son audition
17:16à l'Assemblée nationale,
17:18il disait que
17:18quand vous reprenez
17:19la chaîne de valeur
17:20de l'IA,
17:20l'électricité,
17:21c'est environ 10%.
17:22Et donc,
17:23nous,
17:23on va fournir
17:24cette électricité
17:25bon marché
17:26parce que c'est
17:27entre guillemets
17:27notre avantage comparatif,
17:28mais 90%
17:29de la valeur ajoutée
17:30sera produite ailleurs
17:32et en particulier
17:32aux Etats-Unis.
17:33Isabelle Puyandré ?
17:34Le vrai sujet,
17:35à mon avis,
17:35ce n'est pas tant
17:36la régulation,
17:37c'est effectivement
17:39ce push
17:39qu'il faut faire
17:40sur la politique industrielle
17:41et ça tient
17:42à la politique
17:43de financement.
17:44On n'a pas en Europe
17:45une profondeur
17:46de financement
17:46qui permet à Arthur Mench
17:48de lever 100 milliards
17:49de dollars
17:50ou 100 milliards de hauts.
17:51C'est ça
17:51le nerf de la guerre.
17:53C'est comment
17:53les Européens
17:54vont arriver
17:55à un moment donné
17:56à se coordonner
17:56pour créer
17:57des consortiums
17:59financiers et industriels.
18:00Ce n'est pas
18:01le RGPD
18:01qui bloque,
18:02c'est la profondeur
18:03financière.
18:04On a les talents
18:05et Arthur Mench
18:06en fait partie.
18:07On a les talents
18:08qui d'ailleurs
18:09pour certains
18:10partent aux Etats-Unis.
18:11Il nous manque
18:12aujourd'hui
18:12la capacité financière
18:13et une vision stratégique
18:15au niveau européen.
18:16Je crois qu'on est devenu
18:17le nouveau continent
18:18minier de l'IA.
18:19C'est-à-dire
18:20chez nous,
18:20les gens viennent
18:21extraire des talents
18:22qu'on produit
18:23un million d'euros,
18:24je crois,
18:24pour l'État français
18:25directement,
18:26un diplômé de polytechnique
18:27et il y en a plein
18:27à Mistral
18:28qu'on vient puiser
18:30et deux,
18:31on vient puiser
18:32de l'énergie bon marché
18:33et comme vous le disiez,
18:36aujourd'hui,
18:37ça crée très peu
18:37de valeur sociétale
18:39et ça enrichit
18:40les fonds émiratis
18:41dont on se félicite
18:42aujourd'hui
18:42à Choose France.
18:43Mais il faut aussi voir
18:43qu'il y a un aspect
18:47évacuation des autres
18:47parce que les autres
18:48industries à haute
18:49qui demandent
18:50beaucoup d'énergie,
18:51l'automobile,
18:51etc.,
18:52se retrouvent en concurrence
18:55avec ces gens-là.
18:57Je ne suis pas du tout
18:58d'accord sur le RGPD
18:59et là,
18:59j'en veux pour preuve
19:02la Cour des comptes européennes
19:07a fait un rapport
19:08là-dessus.
19:09Alors,
19:09on ne le dit pas
19:09parce que c'est un peu
19:10le grand succès
19:11prétendu de l'Europe.
19:12Tout le monde est évidemment
19:14pour la vie privée.
19:15Mais ce que j'en appelle,
19:16c'est de la stratégie.
19:17Aujourd'hui,
19:17ce qui s'est passé
19:18avec le RGPD,
19:19c'est qu'on a mis
19:19la barre tellement haute
19:22pour être en conformité
19:24sur les règles
19:24de vie privée
19:26que qui c'est
19:27qui peut se permettre
19:28d'être RGPD compliant ?
19:30C'est les grands.
19:31Et qui sont les grands acteurs ?
19:32C'est les acteurs de la tech.
19:33Donc,
19:33en fait,
19:33on a créé une espèce
19:34de barrière à l'entrée.
19:35À nouveau,
19:36je ne suis pas en train de dire
19:37qu'il ne faut pas un alignement,
19:38bien au contraire.
19:39Mais je rappelle quand même,
19:40c'était un vieux cas d'école,
19:43Einstein,
19:44pacifiste,
19:45absolument convaincu,
19:46qui avec Zillard
19:47envoie cette fameuse lettre
19:49à Roosevelt
19:49en 1939
19:50en disant
19:52c'est aux démocraties
19:53d'être leader
19:54sur une arme
19:55potentiellement épouvantable.
19:57Donc,
19:58si nous ne sommes pas devant,
20:00nous ne pourrons rien réglementer.
20:01Juste un point
20:02pour qu'est-ce qu'on peut faire ?
20:03Un,
20:04chaque fois que la BPI
20:05met de l'argent
20:06dans une société d'IA,
20:07entre un tiers et 50%
20:09va acheter des GPU de Nvidia.
20:11Déjà,
20:11essayer de consolider
20:13ce qu'achètent
20:13Yann Lequin,
20:14Arthur Mensch,
20:15Eleven Labs,
20:16les Polonais,
20:17les Allemands,
20:17etc.
20:18Et potentiellement faire émerger
20:20ce qu'on appelle
20:20des accélérateurs IA,
20:22c'est-à-dire
20:22ces nouvelles puces.
20:23Si on a une vision
20:24entreprise par entreprise,
20:25ça ne vaut pas la peine.
20:26Mais s'il y a une vision globale,
20:27ça c'est de la politique
20:28industrielle intelligente.
20:30La deuxième chose,
20:31c'est effectivement
20:33inciter,
20:33aujourd'hui,
20:34c'est entre 3 et 5 ans
20:36pour connecter
20:38un data center
20:39en Europe.
20:40Alors,
20:40certains États américains
20:41commencent aussi
20:42à mettre des limites.
20:43La Virginie a mis
20:43un moratoire de 3 ans.
20:44Mais aujourd'hui,
20:45pourquoi est-ce qu'on n'utilise pas
20:46les zones qui sont autour
20:48de chez EDF,
20:48et je crois EDF le fait,
20:50autour des centrales nucléaires,
20:51pour faire des connexions
20:52en 3 mois ?
20:52Je rappelle
20:53que les 106 milliards
20:54ou les 109 milliards
20:55annoncés au sommet IA
20:56en février 2025,
20:58on n'a pas commencé
20:59à couler le béton.
21:00Et troisième chose,
21:01arrêtons nos illusions.
21:03Il ne s'agit pas
21:04d'être pessimiste,
21:05mais à force de dire
21:06qu'on est les meilleurs,
21:07qu'on a les meilleurs modèles,
21:08etc.,
21:08en fait,
21:09on n'a pas ce sentiment
21:10d'urgence,
21:10et on se réveille
21:11un vendredi soir
21:12à 17h21,
21:13en se rendant compte
21:14qu'on est à poil.
21:15Isabelle ?
21:15Oui,
21:16je pense que le point
21:17sur les semi-conducteurs
21:18est un très bon élément,
21:19c'est-à-dire que ça fait
21:2015 ans,
21:2120 ans,
21:21qu'il n'y a pas eu
21:22ni de stratégie,
21:23ni de vision européenne
21:24sur ce marché-là.
21:25C'était un peu
21:26le parent pauvre,
21:27personne ne s'occupait,
21:29pardon,
21:29de la ST électronique.
21:31Enfin,
21:31ce n'était vraiment
21:31pas du tout un sujet.
21:33Et on s'aperçoit aujourd'hui
21:34que c'est le nerf de la guerre.
21:35Mais pour faire aussi bien
21:36qu'NVIDIA,
21:37ça ne se décrète pas.
21:39C'est 10-15 ans.
21:40C'est un écosystème
21:42qu'il faut bâtir.
21:43Donc,
21:43c'est effectivement ce point.
21:44Ce n'est pas parce qu'on a
21:45les machines-outils
21:46qui permettent effectivement
21:47à NVIDIA
21:48de pouvoir produire
21:49ces puces
21:50qu'on est capable
21:51de produire ces puces
21:52parce que c'est du nanomètre.
21:54C'est absolument
21:55extrêmement compliqué.
21:56Donc,
21:56il faut non seulement
21:57avoir les talents,
21:58les machines-outils
21:59et même lorsque TSMC
22:01tente de créer
22:02une usine aux États-Unis,
22:03il n'y arrive pas
22:04puisqu'il y a des problèmes
22:05de densité,
22:06de l'air,
22:07etc.
22:07Donc,
22:07c'est une très très grande
22:08complexité.
22:09Donc déjà,
22:10commençons par créer
22:11un écosystème
22:12et je suis d'accord
22:12avec André,
22:13il faut créer des consortiums,
22:14il faut rassembler les talents,
22:16il faut faire en sorte
22:17que tous les acteurs
22:19sur ces technologies
22:20se rassemblent
22:21et travaillent en réseau
22:22pour pouvoir
22:23petit à petit
22:24bâtir l'écosystème.
22:25Mais ça ne se fera pas
22:26en deux ans.
22:27Thomas,
22:27quand on écoute
22:28effectivement
22:29tous les enjeux
22:30et les défis
22:31absolument majeurs,
22:32on se dit
22:32qu'il faudra
22:3310,
22:3415,
22:3520 ans
22:35pour récupérer le retard
22:36que ça semble
22:36très compliqué.
22:37Est-ce qu'on ne peut pas
22:38jouer plus rapidement
22:39avec nos atouts
22:40type ASML ?
22:42Bon,
22:42on a l'imprimante,
22:43on a la centrale
22:45mais on a aussi
22:45l'imprimante
22:46en Europe.
22:47Donc,
22:47est-ce qu'on ne peut pas
22:48jouer de tensions
22:50avec ces entreprises
22:51pour se faire respecter
22:52aussi par les autres empires ?
22:55ASML,
22:55c'est un atout
22:56très important
22:56pour l'Europe
22:57mais ça ne suffit pas.
22:58De nouveau,
22:58quand vous regardez
22:59la chaîne de valeur
23:01de l'IA
23:02au niveau européen,
23:03il y a plus de 90%
23:04qui appartient
23:07à des entreprises
23:07étrangères.
23:09Donc,
23:09pour les 10 à 15
23:10prochaines années,
23:11il y a un article
23:12intéressant
23:12de Rogoff
23:14qui était un
23:15avancier économiste
23:16du FMI
23:17et en fait,
23:18il montre
23:18qu'il prend le point
23:21que demain,
23:22quand vous regarderez
23:24la hiérarchie
23:24des États
23:25d'un point de vue
23:26économique,
23:27le grand risque
23:28pour l'Europe
23:28c'est de jouer
23:29en seconde division.
23:30C'est-à-dire
23:31qu'il y aura
23:31les grandes puissances
23:32comme les États-Unis,
23:33la Chine,
23:34peut-être la Corée du Sud
23:35ou le Japon
23:36qui posséderont l'IA,
23:38qui contrôleront
23:39une partie de la chaîne
23:39de valeur de l'IA
23:40et puis,
23:41vous avez l'Europe.
23:43Et donc là,
23:43de nouveau,
23:44on parlait déjà
23:45de ça sur les enjeux
23:46industriels
23:46mais on voit bien
23:47que peut-être
23:48cette décision
23:49de vendredi
23:49de Donald Trump
23:50est une bonne nouvelle
23:52entre guillemets
23:53parce qu'on peut
23:54espérer
23:55un réveil européen.
23:57Mais bon,
23:58l'histoire...
23:58Et on l'espère.
23:59Dernier,
24:00très rapidement,
24:01question courte,
24:02réponse courte,
24:02est-ce que cette claque
24:03va réveiller l'Europe ?
24:04Vous dites oui ou non,
24:05Thomas ?
24:06Moi,
24:06je ne suis plus pessimiste.
24:07On avait ce débat
24:08ce matin sur l'antenne.
24:09On verra très vite.
24:10Si on a,
24:11côté français,
24:12une attitude
24:13comme on l'a fait
24:14sur le SCAF,
24:14sur le chasseur européen
24:15et on dit
24:16« Ralliez,
24:17vous tenez derrière
24:18ma bannière blanche
24:19et mettez tout de l'argent
24:20dans Mistral »,
24:21les Allemands,
24:22les Anglais,
24:22les Suédois
24:23vont rigoler.
24:24Si on a véritablement
24:26le courage
24:26de dire
24:27« On se donne
24:27trois mois
24:28pour faire un Big Bang,
24:29mon petit désaccord
24:30ici avec Isabelle,
24:31on met 264 milliards
24:33d'euros
24:34tous les ans
24:34dans la tech
24:36américaine,
24:36mais ça,
24:37c'est uniquement
24:37le coût direct.
24:39Si on voit
24:39le coût indirect
24:40de cette dépendance
24:41de marge plus élevée,
24:43c'est beaucoup
24:43plus important.
24:44Je rappelle que l'Europe
24:45a plus de 20 000 milliards
24:46d'épargne.
24:48Il faut qu'on arrête
24:50d'avoir des ministres
24:50de l'économie
24:51qui promeut le livret A.
24:54C'est là
24:54où il faut
24:55un véritable choc.
24:56Soit on a un véritable choc
24:58à la fois
24:58du marché unique
24:59en trois mois
25:00ou bien on a encore
25:02une grande annonce
25:03de Mme Bernanéan
25:04au 13ème étage
25:04du Berlaymont.
25:05En fonction de ça,
25:06vous aurez la réponse.
25:08André a effectivement raison.
25:09Il faut flécher
25:10les économies
25:11de tous les citoyens
25:12européens
25:12vers cette nouvelle ère
25:14qui est l'ère de l'IA.
25:16Est-ce qu'il n'est
25:16aujourd'hui pas possible
25:17parce que les actionnaires
25:18d'actifs n'ont pas
25:19le droit d'investir
25:21dans une économie
25:23aussi...
25:23Comme dirait Napoléon,
25:24les responsabilités,
25:25ça ne se reçoit pas,
25:26ça se prend.
25:27Allez,
25:28ce sera le mot de la fin
25:28sur cette première partie.
25:29On se retrouve tout de suite
25:30après une courte pause
25:32publicitaire.
25:32On va continuer
25:33à parler.
25:34Il y a au sommet
25:35du G7
25:36qui s'ouvre aujourd'hui
25:36puisque Dario Amodei
25:37comme Sam Asleman
25:38y seront présents.
25:40Et puis on parlera aussi
25:40de l'ouverture
25:41du Salon de la Défense
25:42Eurosatori à Villepinte.
25:44Un salon qui dit
25:45beaucoup de l'air du temps
25:46aussi le salon
25:47de tous les records.
25:48Ne quittez pas,
25:48on se retrouve tout de suite.
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