- il y a 22 heures
Ce mercredi 6 mai, Raphaël Legendre a reçu Jean-Pierre Petit, président des Cahiers Verts de l'Économie, Roland Gillet, professeur d'économie financière à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, et André Loesekrug-Pietri, président de Jedi (Joint European Disruptive Initiative), dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:06BFM Business et La Tribune présente Les Experts, Raphaël Le Gendre.
00:12Bonjour à tous, bienvenue dans Les Experts. Nouvelle horaire de 9h30 à 10h30.
00:17On est ensemble pour une heure de débat, de controverses sur les sujets économiques qui font l'actualité ce matin.
00:24A commencer par les prix de l'essence. Faut-il changer d'ampleur et d'échelle pour adapter les aides
00:32au secteur professionnel, aux français, aux automobilistes ?
00:36C'est la promesse du Premier ministre qui a été faite hier devant l'Assemblée nationale avec toujours un suivi
00:43serré des marges des distributeurs.
00:46Mais a-t-on vraiment les moyens de faire davantage que les aides ciblées qui ont été annoncées jusqu'à
00:54présent ?
00:55Y a-t-il véritablement des profiteurs de crise comme le prétendent certains ?
01:00Patrick Pouyanné, le PDG de Total Energy, prévient « si vous me taxez, j'arrête le blocage des prix ».
01:09Est-ce que la solution au final dans cette crise, ça ne serait pas d'électrifier massivement le pays ?
01:16Christine Lagarde l'affirme, le statu quo énergétique est clairement insoutenable.
01:23On en parlera, ce sera le premier débat des experts aujourd'hui.
01:26Oui, mais pour électrifier, eh bien il faut des terres rares.
01:30Roland Lescure, le ministre de l'Économie et des Finances, a annoncé hier un grand plan pour renforcer nos approvisionnements
01:38en terres rares.
01:40Évidemment, vous savez qu'on est très dépendants de la Chine.
01:44On va desséquer ensemble ce plan pour voir si on va arriver à renforcer la souveraineté française et européenne avec
01:52mes experts du jour.
01:53Et puis, marché, la tech est-elle plus forte que la guerre ?
01:56Alors que le monde s'embrase, les marchés, eux, volent de record en record et notamment dans la tech.
02:04On verra si tout cela est pérenne. Est-ce bien sérieux ? Ce sera le troisième débat.
02:08Et puis, quel défi pour le futur gouverneur de la Banque de France ?
02:12Emmanuel Macron a officialisé hier la candidature d'Emmanuel Moulin, le secrétaire général de l'Élysée qui vient de quitter
02:21le château.
02:22Il devrait succéder à François Villeroy de Gallo à la tête de la Banque de France le mois prochain.
02:28On verra ensemble quels sont les défis qui l'attendent à la tête de l'ancien institut d'émissions monétaires.
02:36Voilà pour le programme du jour. Il est 9h passée de 33 minutes.
02:40Vous êtes en direct sur BFM Business. C'est les experts. Allez, c'est parti.
02:44– Et pour discuter de ces nombreux sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Roland Gillet.
02:53Bonjour Roland. – Bonjour.
02:54– Re-accueillir, parce qu'on vous a entendu déjà dans la matinale ce matin.
02:57Roland Gillet, professeur d'économie financière à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,
03:03à l'Université Libre de Bruxelles et conseiller auprès de diverses autorités publiques et privées.
03:10Merci d'être avec nous ce matin face à vous. Jean-Pierre Petit, bonjour Jean-Pierre.
03:14– Bonjour Raphaël.
03:14– Concentré déjà sur ses notes, son téléphone est prêt à bondir sur ces différents sujets.
03:20Président des cahiers verts de l'économie.
03:24Et on attend d'une minute à l'autre André Le Scrooge-Pietry,
03:28le président de JEDA et la Joint European Disruptive Initiative.
03:33C'est la DARPA européenne en quelque sorte pour nous parler d'innovation.
03:39Mais on va commencer tous les trois par commenter les annonces du jour sur cette crise des carburants.
03:47C'est ce qui continue de monopoliser l'actualité en France, cher Roland.
03:51Probablement en Belgique aussi, j'imagine.
03:54Vous pourrez nous en toucher un mot.
03:56Le Premier ministre Sébastien Lecornu, je vous le disais,
03:59a promis hier devant les députés qui l'interrogent chaque semaine
04:02nos questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale.
04:05Que faites-vous au gouvernement pour aider les automobilistes qui souffrent,
04:11les secteurs qui souffrent ?
04:13Hier, Sébastien Lecornu a promis de changer d'ampleur et d'échelle
04:19pour adapter les aides.
04:21Sans en dire beaucoup plus, Jean-Pierre, sur Caléalte, le montant.
04:25Mais il promet de continuer à surveiller les marges.
04:28Est-ce qu'on a les moyens d'aller beaucoup plus loin
04:32par rapport à ce qui a été mis en place jusqu'à présent ?
04:35Ça dépend de comment on le finance.
04:38On trouve toujours des moyens, soit par des économies de dépense,
04:41soit par des hausses d'impôts, soit en laissant filer le déficit.
04:45Ça, c'est toujours...
04:46120 milliards de déficit cette année, je le rappelle quand même.
04:48C'est toujours possible de l'envisager.
04:51Simplement, il n'y a pas de free lunch.
04:52Donc tout ceci est un coût.
04:53S'il y a des augmentations d'impôts, quels impôts ?
04:56Comment ? Jusqu'où ? Provisoire ?
04:59Il y a tous les débats récurrents qu'on avait déjà eus en 2022.
05:02Simplement, par rapport à 2022,
05:04on a beaucoup moins de marge de manœuvre, bien évidemment.
05:06Donc ça, c'est une évidence.
05:09Alors, il y a ce débat-là,
05:10mais il y a un débat que je trouve aussi intéressant
05:12sur la taxe sur les super-profits de Total Energy.
05:17On va y venir, on va y venir.
05:18On ne va pas y aller tout de suite.
05:20On va y venir.
05:21Simplement, Roland,
05:22je rappelle, vous êtes de nationalité belge.
05:25Est-ce que le débat est aussi fort en Belgique
05:27qu'il l'est en France aujourd'hui ?
05:29Un peu moins quand même, un peu moins.
05:31C'est clair que pour certains secteurs,
05:33il y a des aides qui sont déjà sur la table.
05:36Mais le fait de dire,
05:37on va toucher pour le moment la taxation
05:40au niveau des Axis ou de la TVA
05:43sur les produits pétroliers,
05:44notamment à la pompe,
05:46ce n'est pas vraiment à l'ordre du jour.
05:48C'est plutôt des aides sectorielles.
05:49Donc pour le moment, le débat reste là.
05:51– Limité.
05:52– Limité, limité, limité surtout, bien entendu, dans le temps.
05:55Mais vous doutez que les mêmes secteurs qui se plaignent ici,
06:00par exemple les agriculteurs,
06:01enfin les gens qui utilisent beaucoup de carbonnés encore,
06:04eux, les transporteurs routiers…
06:05– On peut rappeler, c'est la pêche,
06:07les agriculteurs et les transporteurs.
06:08– Donc on a élargi maintenant au grand rouleur.
06:11– Les demandes vers le gouvernement sont les mêmes
06:13et les demandes sont parfois dirigées chez nous
06:15vers le fédéral ou le régional,
06:18sachant que chacun se pose la question
06:21comment je vais pouvoir, comme vous l'avez très bien dit,
06:23financer tout ça, parce que c'est évidemment un coût.
06:25La seule chose, c'est que la discussion a été beaucoup en Belgique
06:27sur le fait de dire,
06:29le supplément qui est prélevé,
06:31pas sur les axes, mais sur la TVA,
06:33simplement dû au fait de la hausse du prix du pétrole,
06:36est-ce qu'il n'y a pas moyen quand même, celui-là, de le combler ?
06:38Mais pour le moment, comme c'est compliqué,
06:40il y a eu des systèmes de cap qui ont d'ailleurs été réfléchis aussi en France
06:43lors d'autres crises,
06:44ils n'ont pas encore été plus loin que de dire,
06:46on n'en est pas là, on verra combien de temps ça va durer.
06:49– Donc là-bas, c'est un peu le pied sur le frein aussi,
06:51en limite, et puis en attendant de voir…
06:53– Bien sûr, et puis je dois dire quelque chose
06:55qui ne va pas vous faire plaisir,
06:56mais ça ne fait plaisir ni d'un côté ni de l'autre.
06:58On a un déficit public qui est quand même important,
07:01on est aussi dans les élèves qui dérapent au niveau de l'Europe,
07:06donc on doit faire très attention quand même, évidemment.
07:08– Oui, contrairement à ce qu'on a pu voir,
07:09l'Espagne, en Italie, ou en Allemagne, évidemment.
07:13Est-ce qu'on a des profiteurs de crise ?
07:15André Le Scoug, Pietri,
07:18vous venez d'arriver sur le plateau,
07:19président de JEDI,
07:20Joint European Disruptive Initiative,
07:22je le disais,
07:24le débat ce matin,
07:26c'est Sébastien Lecornu
07:28qui promet de changer d'ampleur et d'échelle
07:29pour adapter les aides, est-ce qu'on a les moyens ?
07:32Et est-ce qu'on a véritablement
07:33des profiteurs de crise,
07:35on peut y aller,
07:36qu'il faudrait éventuellement taxer ?
07:38– En tout cas, ce qui est sûr,
07:39c'est que les gens n'utilisent pas moins leur voiture,
07:41les bouchons sont toujours aussi importants,
07:43d'où mon retard.
07:44– On va devoir augmenter un peu les prix à la pompe encore.
07:48– Il faut venir en vélo.
07:49– Absolument, il faut venir en vélo.
07:50Mais apparemment, les gens ne le font pas.
07:52Donc apparemment, c'est pas encore assez...
07:53– J'étais quand même en retard, moi aussi, en vélo.
07:55– C'est pas encore assez élevé
07:57pour que les gens renoncent à leur voiture.
07:59– En fait, je pense que ce débat
08:01sur les profiteurs de crise,
08:02c'est la schizophrénie française par excellence.
08:06Puisque d'un côté, il n'y a même pas trois jours,
08:09on réclame des licornes, des champions mondiaux,
08:12on se plaint de la capitalisation boursière,
08:15des géants de la tech qui est 10, 20,
08:1730 fois plus importante que celle de Total.
08:21Non, pardon, 10 fois plus importante que celle de Total.
08:23Et après, on tape dessus
08:25dès qu'on a des champions comme ça.
08:26Alors, je ne veux pas rentrer dans le débat
08:27sur Total ou en particulier,
08:28mais ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui,
08:31ceux qui profitent de la crise,
08:32c'est d'abord, c'est l'État
08:33qui taxe quand même le gasoil et l'essence à 70%.
08:39– Il s'en défend, il dit que la crise
08:40lui coûte beaucoup plus cher
08:41que les quelques centaines de millions
08:43de recettes supplémentaires
08:44qui vont enganger sur la terre.
08:46– Et deux, on va en reparler sûrement également avec les terres rares,
08:51on découvre le sujet.
08:53En 2019, l'Europe importait 60% de son énergie.
08:57En 2025, l'Europe importe toujours 60% de son énergie.
09:01Qu'avons-nous fait ?
09:02Nous allons voir plein de gens qui vont avoir des plans formidables,
09:05mais je pense qu'aujourd'hui, on a un vrai sujet d'action publique
09:08qui n'anticipe pas.
09:10et je pense que les gens auront raison
09:13de sanctionner tous les gens qui ont été
09:14depuis 20, 30, 40 ans au pouvoir.
09:17– D'ailleurs, la dépendance énergétique
09:19a même progressé depuis 35 ans.
09:22– Alors, on est resté à 60% sur l'importation de l'énergie.
09:25– Oui, voilà.
09:26– La dépendance énergétique a progressé ?
09:30– Oui, depuis 1990, 35 ans.
09:34Pas énormément, mais quelques points.
09:35Alors qu'on en a eu des chocs.
09:37– On en a eu, oui.
09:38– Et c'était anticipé.
09:38– Et dans les hydrocarbures, c'est plus net, évidemment,
09:40puisque là, sur le pétrole et le gaz, on est très peu producteurs.
09:44Dans l'Union européenne, on est très peu producteurs.
09:46Il y a Norvège, tout en haut, mais justement,
09:48elle ne fait pas partie de l'Union européenne.
09:51– On va y venir tout à l'heure sur la question des terres rares,
09:54notamment qui est absolument majeure pour l'électrification massive.
09:57Je voulais qu'on vienne avant sur la réaction de Patrick Pouyanné.
10:00Cette interview dans la presse quotidienne régionale
10:03où Patrick Pouyanné nous dit, les gars,
10:05moi, soit je vous cape les prix, soit je paye une surtaque.
10:09Je ne vais pas faire les deux.
10:10Donc si vous décidez de me surtaxer, j'arrête d'enlever les prix.
10:13Il a raison de réagir.
10:14– Bien sûr qu'il a raison.
10:15D'ailleurs, c'est le seul majeur, je crois, plafonner les prix.
10:19– Oui, absolument.
10:19– Au niveau mondial.
10:20– ISO, etc.
10:21– Au niveau mondial, on n'a jamais eu ça.
10:23Il y a un aspect communication, mais bon,
10:25la guerre, ce n'est pas lui qui…
10:27Voilà, donc on parle de rente, mais la vraie rente,
10:29c'est effectivement, je suis d'accord avec ce que tu as dit,
10:31c'est l'État qui n'a rien fait particulièrement
10:35pour encaisser ses recettes additionnelles.
10:39Alors en plus, il y a des taxes déjà exceptionnelles
10:41sur les grandes entreprises.
10:43– Oui.
10:43– Donc ça se rajouterait.
10:44– Que Total devrait payer cette année.
10:46– En plus, alors, l'énergie,
10:48c'est vraiment un domaine où c'est des investissements longs,
10:51c'est des investissements lourds.
10:53où on a besoin de visibilité.
10:55Donc si tu modifies la taxation tous les trois ans
10:58en fonction des chocs géopolitiques complètement exogènes,
11:00d'ailleurs qui n'a encore rien à voir avec le business propre de l'énergie,
11:05c'est absolument impossible.
11:06Et puis il y a le débat récurrent, évidemment,
11:09à partir de quel moment on est dans des super profits.
11:13Parce que je voudrais juste rappeler que le prix du baril
11:15entre 2014 et 2020 est passé de 110 dollars à 20 dollars en avril 2020.
11:21donc c'est l'un des plus forts contre-chocs pétroliers de l'histoire.
11:24Et il y en a eu d'autres, il y en a eu celui,
11:26le célèbre de 85-86, il y a eu celui de la fin des années 90.
11:30Je vous rappelle qu'en janvier 99, on était à 10 dollars le baril.
11:33Là, on n'a pas parlé de baisses de profits, de pertes exceptionnelles.
11:38On n'a pas compensé ça par des baisses d'impôts, que je sache.
11:41Donc il faut que ça soit symétrique.
11:42– Quand ça fonctionne d'un côté, ça fonctionne de l'autre.
11:44– Mais professeur Gillet, que nous dit la science académique
11:48en matière de taxation des rentes ?
11:51Les libéraux acceptent qu'en cas de rente temporaire,
11:54il y ait une taxation.
11:55Là, on vient de passer de 60-70 dollars le baril en début d'année
11:57à 120.
11:59Alors, c'est redescendu un peu aujourd'hui,
12:00on est plus autour des 110 dollars.
12:02Mais enfin, quand on double quasiment de 60 à 120,
12:06est-ce qu'il n'y a pas un effet de rente temporaire ?
12:08– Et sur toutes les matières premières, et pas que sur les hydrocarbures,
12:12des entreprises ont ce problème à gérer,
12:15dans un sens comme dans l'autre.
12:16Vous allez rappeler, quand c'est vers le haut,
12:17ça ne pose aucun problème de parler de sur-profit.
12:20Quand ça tombe vers le bas, on ne s'inquiète pas.
12:22Et on dira, ces sociétés, il ne faut presque plus de profit.
12:24Donc c'est à la limite normal.
12:26Donc je pense qu'il faut vraiment voir ce qu'on veut
12:28par rapport à la rente.
12:29Et le monde académique ne peut pas aider beaucoup non plus là-dessus,
12:31même si on fait des études sur quelle rente et comment.
12:35Mais surtout ici, c'est même la définition de la rente.
12:37Parce qu'il se passe un choc exogène,
12:39on ne sait pas combien de temps il va durer,
12:43et on sait quand même que dans le prix qui va à la pompe,
12:45on l'a rappelé, mais ça c'est comme ça,
12:47il n'y a plus de la moitié qui sont des taxes pour faire court.
12:50Donc clairement, c'est sûr qu'on peut s'interroger
12:53sur comment on peut faire pour au moins à certains moments
12:56avoir une contribution, mais je trouve que vous le dites,
12:58c'est un peu fort, que ce soit celui qui fait déjà spontanément un geste,
13:02qui se retrouve pratiquement à être ce qu'il est un gros facteur.
13:07Le plus taxé.
13:08Donc il a raison, Patrick Puyanné, de réagir.
13:11Et il y a une chose aussi, pour être un peu sur le volet prix du pétrole,
13:14aujourd'hui, ce n'est pas vraiment le prix du pétrole qui fait gagner de l'argent
13:16aux grandes compagnies, où qu'elles soient dans le monde.
13:19Selon d'abord si elles ont été touchées ou non dans leur infrastructure,
13:22au niveau des Trois-Dormous, ou dans les pays tout proches.
13:24C'est celui qui a en plus à ramasser des caramels sur le dos
13:27qui ont détruit une partie de l'infrastructure, ça va lui coûter de l'argent.
13:29Mais il y en a qui n'ont pas encore, qui ont été relativement épargnées,
13:32Total en est, mais ce qu'il faut voir,
13:33c'est surtout la volatilité des prix qui crée des profits de trading.
13:38Pour le moment, c'est là qu'ils font pour le moment un profit,
13:41mais qui est un profit normal, je vais dire,
13:43dans le fait que la volatilité, ce n'est pas eux qui la créent,
13:45pour le moment c'est plutôt le président américain par ses déclarations.
13:49C'est le fait que ces fortes volatilités, qu'on n'a pas connu souvent une volatilité vers le haut,
13:54ce n'est pas une volatilité, c'est le prix qui continue à monter.
13:56Mais ici, ça part dans tous les sens, et ça permet effectivement de générer certains profits.
14:00Maintenant, est-ce qu'il faut tout de suite dire, d'autant plus que, comme on l'a rappelé,
14:03ça vient de l'extérieur, et ça vient en plus de quelqu'un qui, pour le coup, est vraiment imprévisible,
14:07donc on ne préviendra pas plus demain qu'aujourd'hui.
14:10Vous avez vu qu'aujourd'hui, il a l'air de dire, on a même plus besoin d'encadrer les
14:13bateaux,
14:14j'ai un accord imminent avec l'Iran.
14:16Dans trois jours, il va peut-être dire qu'il va tirer sur l'un ou l'autre bateau,
14:20parce que ça ne lui convient pas.
14:22Donc clairement, ça a un effet que je crois qu'il faut rappeler,
14:25en termes d'économie financière en tous les cas,
14:27le trading est l'activité qui, pour le moment, permet d'afficher des résultats tels qu'ils sont.
14:31Mais on ne sait pas non plus si cette volatilité va rester.
14:33C'est les traders qu'il va falloir taxer, les compagnies pétrolières aussi.
14:37Jean-Pierre Petit n'est pas tout à fait d'accord sur des idées là-dessus, je pense.
14:41Mais sur la déclaration de Patrick Pouillé, moi, ce qui me plaît,
14:43je n'ai pas forcément d'affection particulière pour le personnage comme il est,
14:47un petit peu bruit de décoffrage,
14:49mais je trouve que dans un pays comme la France,
14:51où on commence à comprendre, enfin,
14:53qu'on a aujourd'hui une structure étatique,
14:56et Dieu sait que je ne suis pas un ultra-libéral,
14:57qui a du mal à anticiper,
15:00qui est en permanence dans la réaction,
15:03qui aujourd'hui a du mal à montrer qu'elle a de l'impact sur le monde réel,
15:05que quelqu'un ose enfin dire à un ministre,
15:09et ne se couche pas comme quand même la plupart aujourd'hui des dirigeants,
15:13qui n'osent pas être beaucoup plus vindicatifs,
15:16et je ne veux pas dire agressifs,
15:18mais je pense qu'il est essentiel aujourd'hui que nos concitoyens comprennent
15:22que l'État n'a pas la vérité absolue,
15:26est aujourd'hui assez déficient sur sa manière de faire,
15:30et on a besoin de plus de Patrick Pouyanné,
15:32qui en fait challenge, pour prendre un mot très macroniste,
15:35qui challenge les ministres,
15:37parce que je pense qu'il y a un tango qui se joue entre le gouvernement et Total.
15:41Donc il faut être beaucoup plus, je pense, sur les faits,
15:44et je pense qu'il a raison de...
15:45Et c'est d'autant que Total Energy joue un grand rôle
15:49dans l'investissement dans les renouvelables
15:50et dans l'électrification du monde.
15:53Là, le cornu et le gouvernement reparlent d'électrification,
15:57c'est un processus qui a plus d'un siècle,
15:59l'électrification, mais il s'accélère très très nettement, évidemment.
16:01Et on voit que c'est la vie.
16:02Christine Lagarde a dit
16:03« Le statu quo énergétique est clairement insoutenable ».
16:07C'est bien ce vers quoi ?
16:09C'est étonnant d'entendre la présidente de l'ABCE
16:11s'exprimer sur l'électrification.
16:14Oui, mais moi j'aurais aimé l'entendre.
16:16Lorsque nous sommes passés de la dépendance au gaz russe en 2022,
16:19on est passés en sautant à deux pieds joints
16:22dans la dépendance au GNL américain.
16:24Oui.
16:25Je veux dire, aujourd'hui, c'est véritablement...
16:27Véritablement, on a un zéro pointé stratégique
16:31du côté de la Commission européenne,
16:33qui en plus revient aujourd'hui sur le Green Deal.
16:36À nouveau, je ne suis pas un vert absolu,
16:39mais je pense que c'est incroyable de voir
16:41que ce qui devrait être une opportunité d'accélérer
16:44l'électrification, la moins grande dépendance...
16:47On est en train de faire, non, André Le Scougue-Pietry ?
16:50Oui, mais quand on le fait dans l'urgence...
16:52On attend le plan fin mai d'électrification.
16:55Mais le plan, il aurait dû être là depuis trois ans,
16:57il aurait dû être là depuis des ans.
16:58C'est un plan plan plan.
16:59Et surtout, un plan fait dans l'urgence
17:02va coûter plus cher
17:03et on va forcément être dépendant
17:06de nos grands partenaires chinois ou américains.
17:08Alors justement, c'est la question des terres rares.
17:10Roland Lescu a annoncé hier un grand plan
17:11pour renforcer nos approvisionnements en terres rares.
17:16Vous souhaitiez réagir d'abord ?
17:17Oui, parce que, évidemment,
17:18moi, l'électricité, je l'adore
17:19quand elle est vraiment faite par des énergies
17:21d'abord renouvelables ou des énergies continues
17:22ou des énergies qui permettent de l'assumer.
17:25Si c'est pour dire à un moment donné,
17:26on est obligé de faire du délestage,
17:27la France est un peu à part
17:29parce qu'elle a beaucoup encore de nucléaire,
17:31parce que c'est ça qui vous sauve,
17:32tant mieux d'ailleurs.
17:33On aurait dû penser, dans mon petit pays aussi,
17:35d'ailleurs, la preuve, c'est que maintenant,
17:36on a une énergie pour essayer de conserver des centrales
17:39qui pourtant ne sont pas de dernière génération
17:41et qu'il va falloir sans doute mettre de l'argent
17:43pour les remettre au goût du jour.
17:46Mais ce qu'il y a surtout,
17:48c'est qu'aujourd'hui, on dit électricité.
17:50Moi, ça ne me fait pas rigoler
17:51quand je vois arriver quelqu'un en vélo électrique
17:52dans mes Ardennes.
17:53Je le vois passer à côté de moi.
17:55Avant, je le voyais passer en vélomoteur.
17:56C'est toujours un vélomoteur,
17:57mais ici, c'est un vélo,
17:58puisqu'on l'a appelé comme ça maintenant.
18:00Et c'est sûr que pour moi, c'est magnifique.
18:01Il passe à côté de moi.
18:02D'abord, il ne fait pas de bruit, le vélo.
18:03Avant, je respirais le carburant.
18:05Et le type, en plus, n'a pas l'air fatigué.
18:07Donc, je me dis, en plus, c'est un grand sportif.
18:09Superbe.
18:09Mais quand j'apprends en pleine anticyclone d'hiver
18:11qui vient faire ça dans les Ardennes,
18:13qu'il y a du brouillard
18:13et que moi, je suis bien content
18:14de ne pas respirer ses gaz,
18:16il y a sans doute à un moment donné
18:17quelqu'un dans le nord de l'Allemagne
18:19qui respire de la lignite
18:20en pleine anticyclone d'hiver.
18:23Peu de dispersion.
18:24Et au moment, c'est le pire pour sa santé.
18:25Donc, ça, c'est un jeu de dupes.
18:27Donc, le jour où on aura de l'électricité
18:28vraiment propre,
18:29on sera d'autant plus crédible.
18:30Mais dire que l'électricité est la solution seule.
18:32Alors, effectivement,
18:33elle a différentes couleurs, l'électricité.
18:34Et en plus,
18:35il s'est descendant à la charbon.
18:36C'est vrai que c'est plus compliqué.
18:37Et quand on voit le coût aussi de l'énergie,
18:38voyons-le quand même aussi,
18:39de tout ce qui est fait dans l'industrie
18:41où le gaz dont on parlait tout à l'heure
18:43est encore un des grands ingrédients
18:44parce que c'est encore moins cher
18:46de le faire sous cette voie-là.
18:47Il y a même du dumping
18:48entre les pays européens.
18:49Mais si on regarde par rapport
18:50aux autres grandes zones,
18:51les Américains, n'en parlons pas,
18:53ils regorgent d'énergie carbonée
18:54et pas que.
18:55Et la Chine,
18:56elle, elle est bien contente
18:57des conflits qu'on a avec la Russie
18:58pour obtenir moins cher,
18:59encore également une source d'énergie,
19:01voire avoir certaines énergies
19:02dans son propre sol.
19:04Donc, aujourd'hui,
19:04je crois qu'il faut être clair.
19:05Ce n'est pas l'électricité
19:06qui nous sauve.
19:07C'est comment on la produit.
19:08On a eu à ce moment-là
19:09de plus de nucléaire.
19:11Vous l'avez dit,
19:12c'est ce que je voulais dire.
19:13C'est tout le plan de...
19:14Voilà.
19:15Et vous avez vu que pour ça,
19:17pour la commission,
19:18et c'est un peu Emmanuel Macron
19:19qui a vraiment fait bouger les choses,
19:21je n'ai jamais compris,
19:22et sans doute vous deux non plus,
19:24pourquoi, à un moment donné,
19:26on a dit,
19:26on va faire du nucléaire
19:27parce que c'est finalement
19:28pas du carboné.
19:30Mais ça n'a jamais été.
19:30La vapeur d'eau qui sort d'une centrale
19:32n'a jamais été carbonée.
19:33C'est un tout petit peu
19:34un gaz à effet de serre
19:35comme les nuages
19:35que vous avez le soir.
19:36Mais ce n'est pas que du carboné.
19:38Donc qu'on en soit là,
19:39ça veut dire que ce n'est plus du dogme
19:40que de la volonté.
19:41Or, on a abandonné tout.
19:42On a une prise de conscience
19:43quand même au niveau européen.
19:44Il serait temps.
19:45Il serait temps.
19:46Mais en fait,
19:46je ne suis pas sûr
19:47que l'Allemagne
19:47ait dans une volonté
19:49de créer de l'électricité
19:49tout de suite
19:50avec du nucléaire.
19:51L'Allemagne porte
19:51une très grosse responsabilité.
19:53Les chanceliers allemands
19:54lui-même a reconnu
19:55qu'il avait été dans l'erreur
19:57mais qu'il n'allait pas
19:58bouger d'un yotard.
19:59Absence de courage politique
20:00alors qu'en plus,
20:01les Allemands,
20:02alors que les Allemands
20:03sont relativement partagés là-dessus.
20:05Alors en ce moment,
20:05les Allemands se jettent
20:06sur la fusion
20:07parce qu'en gros,
20:08c'est le nucléaire
20:08soi-disant propre.
20:10Ça, c'est à nouveau
20:10une compétence technique totale
20:11puisque ça dégage aussi
20:13une certaine forme
20:13de radioactivité.
20:14Évidemment,
20:15beaucoup moins
20:15que la fission.
20:17Mais non,
20:18le chancelier Mers,
20:20aujourd'hui,
20:20d'ailleurs,
20:20il est à 19%
20:21dans les sondages.
20:22C'est compliqué.
20:23Mais parce qu'en fait,
20:24il n'a fait du nini.
20:26C'est le en même temps.
20:27C'est-à-dire
20:27qu'il promettait
20:29la rupture.
20:30Il n'y a pas vraiment
20:30de rupture.
20:31Et sur les choses
20:32où on l'aurait attendu
20:33un peu courageux
20:34de dire,
20:34écoutez,
20:35clairement,
20:35on s'est trompé.
20:36On revient en arrière.
20:37En plus,
20:37il avait un boulevard au début.
20:39Il a dit,
20:39non,
20:39là-dessus,
20:40j'ose pas.
20:41Alors qu'il n'a plus
20:42les verts
20:43dans sa coalition.
20:45Donc,
20:45il y a un vrai sujet
20:46aujourd'hui démocratique.
20:47C'est qu'aujourd'hui,
20:48nos systèmes démocratiques
20:49n'arrivent plus
20:49à penser le long terme.
20:51Et c'est ça
20:51qui m'inquiète énormément.
20:53Vous l'appelez
20:53une dictature,
20:54André ?
20:54Pas du tout.
20:55C'est l'inverse,
20:56je pense,
20:56au renouvellement
20:57aujourd'hui
20:58de la démocratie.
20:59Parce qu'aujourd'hui,
21:00si effectivement,
21:02c'est pour ça que ce sujet
21:03sur les profiteurs de crise
21:03est terrible.
21:04Parce qu'en fait,
21:05les entreprises aujourd'hui
21:05qu'on attaque,
21:06c'est les seules entreprises,
21:08et à nouveau,
21:09je ne suis pas un défenseur
21:09de Total,
21:10qui en fait pensent
21:11un peu long terme.
21:12Parce que si on ne pense
21:12pas long terme
21:13dans les infrastructures
21:14gazières, pétrolières,
21:15là, on est sûr,
21:16on est complètement...
21:17Et aujourd'hui,
21:18de taper là-dessus,
21:19mais c'est vraiment
21:20où je trouve ça
21:21outrancier de la part
21:22des infrastructures politiques.
21:23Même les observateurs
21:25ont une part de responsabilité.
21:26Moi, je me souviens ici...
21:27Ah, ça va être la faute
21:28des médias.
21:29Quand...
21:29Non, des experts.
21:31Des experts.
21:32Des experts,
21:33parce que moi,
21:33j'ai beaucoup critiqué
21:34l'Allemagne de Merkel
21:35dès le début,
21:36parce que...
21:37Dès sa première élection
21:38de 2005,
21:39et je me souviens
21:40très bien
21:40de l'abandon
21:41du nucléaire
21:42après Fukushima,
21:43de 2011.
21:44Et avec des discours
21:46complètement...
21:46Enfin, je veux dire,
21:47où il manquait
21:48à peu près tout.
21:49Surtout d'un point de vue
21:50long-termiste.
21:52Et donc, de ce point de vue,
21:53Merz continue un petit peu
21:54cette politique
21:55que Scholz avait continuée.
21:56Enfin, bref, voilà.
21:58Et donc,
21:59il y a quoi comme pays...
22:00C'est historique en Allemagne,
22:01le mouvement anti-nucléaire
22:03date quand même
22:03à plusieurs décennies
22:04derrière le...
22:05Oui, mais de temps en temps,
22:05il faut faire la politique...
22:07Enfin, De Gaulle
22:08faisait la distinction
22:09entre la politique des Français
22:10et la politique de la France.
22:11Voilà.
22:12Et la démocratie...
22:13Et on peut expliquer les choses.
22:15Regardez le Japon.
22:16pays anti-nucléaire
22:17par définition
22:18à cause d'Hiroshima.
22:20Il y a même eu encore,
22:21il y a eu deux ou trois jours...
22:22Et de Fukushima.
22:23Et évidemment de Fukushima.
22:24Il y a eu toute une réaction
22:26parce que vraiment,
22:26pour le coup,
22:27Fukushima était une succession
22:30de défaillances,
22:31notamment de TEPCO
22:32qui était
22:33le Tokyo Power
22:34qui gérait...
22:36C'est l'opérateur
22:37qui gérait les centrales.
22:38Et bien, malgré ça,
22:39il y a eu un vrai débat
22:40dans le pays.
22:40Il y a eu un débat
22:41sur l'aspect stratégique,
22:42sur la dépendance
22:43à la Chine
22:44et ils sont en train
22:46petit à petit
22:47de remettre en oeuvre...
22:49Où est-ce qu'il y a eu ce débat ?
22:50Je pense qu'à nouveau,
22:52je suis très critique aujourd'hui
22:53parce qu'on ne prend pas
22:54les Français
22:56pour des gens adultes.
22:57On pend,
22:57et les Allemands non plus,
22:59on pense qu'un débat pareil
23:00n'est pas possible.
23:01Alors que d'abord,
23:02il y a une base forte
23:03qui est plutôt pour,
23:04donc on ne part pas de rien.
23:05Et ensuite,
23:05le débat politique,
23:07le combat politique,
23:07c'est de convaincre les gens
23:09avec des arguments.
23:09C'est ce qui a réussi
23:11De Gaulle et Pompidou
23:13et c'est ce qui a réussi
23:14un pays comme la Suède,
23:15par exemple,
23:15qui est un pays
23:16où le nucléaire...
23:17Démocratie un peu plus mature.
23:20Pour revenir,
23:20c'est parce que c'est un point
23:21tout à l'heure
23:22qu'on a dit
23:22avec le patron de Total.
23:24Moi, je trouve qu'effectivement,
23:24c'est très courageux
23:25et ce n'est pas du tout normal
23:26que ça lui tombe dessus
23:27puisqu'il avait,
23:28je le répète,
23:28fait un geste
23:29qu'il n'était pas obligé
23:29de faire au début.
23:30Mais c'est toujours
23:32dans ces moments-ci
23:33qu'on voit
23:33comment le gouvernement
23:35ou les gouvernements
23:36se sauvent un petit peu
23:37de leur responsabilité
23:38en pointant du doigt
23:38quelqu'un qui en plus
23:39n'est pas,
23:40je parle pour les sociétés
23:42petrolières,
23:42les responsables
23:43du choc de départ
23:44et qui sont quand même
23:45pour une part
23:47autour de défis
23:48aujourd'hui
23:48qu'on leur demande
23:50d'accélérer
23:51puisqu'on ne veut plus
23:52de pétrole.
23:52Donc, il faudrait savoir
23:53si on veut
23:54qu'ils puissent avoir
23:55les moyens
23:56sans devoir demander
23:56des subsides un jour
23:57pour le faire
23:58dans des périodes pareilles,
23:59ils sont quand même tenus
24:00de pouvoir les utiliser
24:02pour faire des investissements.
24:03Mais si on sait en plus
24:04qu'ils risquent
24:04puisqu'on ne sait pas
24:05combien de temps ça va durer
24:06et certains ont déjà
24:07été touchés
24:07par leurs infrastructures
24:10dans les pays concernés
24:11probablement par la guerre,
24:12c'est sûr que c'est
24:13un mauvais message
24:13et c'est sûr aussi
24:15que ça les fait réfléchir.
24:16Il y a des actionnaires
24:16derrière
24:16et ce n'est pas les actionnaires
24:18au sens
24:19qui sont uniquement là
24:20pour percevoir de l'argent
24:22mais ils sont là aussi
24:22pour apprécier des risques
24:23et qui dépriment de risques.
24:25Le risque peut être politique
24:26parce que ça,
24:27c'est un risque
24:27qu'on ne prend jamais en compte.
24:29On n'imagine pas
24:30qu'à un moment donné,
24:31pour une raison exogène,
24:33l'État va changer
24:33les règles du jeu
24:34dans d'autres secteurs.
24:35Ça ne se passe pas.
24:36Donc pourquoi est-ce
24:37qu'il y aurait un risque de plus
24:38à un moment donné
24:38où on voudrait réduire
24:39le coût du capital
24:40des entreprises en transition
24:42comme Total Energy
24:43même Exxon aux Etats-Unis,
24:44je vais dire.
24:45Donc clairement,
24:45on sait qu'on va vers
24:46un enjeu sociétal
24:47où je trouve que c'est malvenu
24:49d'autant plus,
24:50je le répète,
24:50pour quelqu'un
24:51qui est courageux
24:51et qui a fait un geste spontané.
24:53Et la capitalisation boursière
24:54de Total,
24:55171 milliards,
24:56c'est-à-dire
24:5630 fois moins qu'Apple.
24:58Aujourd'hui,
24:59je ne vois pas ça
25:00comme des profiteurs
25:01de la crise.
25:0230 fois moins.
25:03Et l'État qui va profiter,
25:04l'État qui détient
25:051,2 ou 3% de Total,
25:07qui va donc profiter aussi
25:09de quelques centaines
25:10de millions de dividendes.
25:12Et combien de temps
25:13ça va durer ?
25:13Il a rappelé tout à l'heure,
25:15si demain,
25:16c'est ce que disent
25:17certains prévisionnistes
25:18qui se risquent à ça,
25:20on trouve une solution définitive
25:22dans le détroit d'Hormouz,
25:23il n'est pas dit
25:24que les prix ne vont même pas tomber
25:25en dessous du prix
25:25qu'il était avant.
25:27Donc ça va mettre du temps.
25:28Avant le 28 février,
25:29il y avait plutôt
25:30un 6 surplus d'offres.
25:30Bien sûr, bien sûr.
25:31C'est très, très difficile
25:32à déterminer un prix d'équilibre.
25:34Vous savez que le super profit,
25:36voilà, on ne sait pas très bien.
25:36Le super profit, on oublie.
25:38Nous, on essaye.
25:39Bon, et le plan Terre rare,
25:40c'était quand même
25:41ma question à l'origine.
25:42Allez, il nous reste
25:43deux minutes,
25:44annoncée par Roland Discur,
25:45quelques aides,
25:46essayer de sortir
25:48de nos dépondances.
25:50Vous avez vu aussi,
25:50c'est libre ou pas ?
25:51Vous avez vu juste un point
25:52sur ce problème-là,
25:53c'est la Chine qui,
25:54pour le moment,
25:55même pour les terres rares
25:56qu'elle n'a pas,
25:57qui les raffine.
25:58Donc aujourd'hui,
25:59si ça ne passe pas par la Chine,
26:01on n'a pas qu'un problème
26:02sur les terres rares elles-mêmes,
26:03on a aussi la manière
26:04dont on les traite.
26:05Et c'est le plus gros,
26:06d'ailleurs, défi.
26:07Regardez les États-Unis,
26:08pour le moment,
26:09ils sont le deuxième producteur
26:12de terres rares,
26:13mais elles doivent passer
26:14par la Chine.
26:14Et c'est de là
26:15que la difficulté vient
26:17du gouvernement américain.
26:18quand il n'est pas...
26:18Donc c'est ça le vrai sujet,
26:19en réalité,
26:20les terres rares,
26:20il y en a partout,
26:21mais qui les raffine ?
26:22Vous voyez de nouveau,
26:23comme on cyclise tout à l'heure,
26:26qui respecte la pollution
26:27du traitement ?
26:28Parce que c'est ça,
26:29c'est là que ça pollue le plus,
26:30c'est pas quand on les sort du sol.
26:32Bien sûr.
26:33Est-ce qu'on est prêt en France
26:33à avoir des usines de raffinage ?
26:35Bien sûr, bien sûr.
26:36Complètement.
26:36Toutes ces usines de raffinage
26:38qu'on a déplacées
26:39à l'extérieur de l'Europe.
26:40Je rappelle en 1998,
26:41l'usine de La Rochelle
26:44raffinait 48%
26:45des terres rares mondiales.
26:4848% à La Rochelle.
26:50En 1998.
26:51Il y a un quart de siècle,
26:52un peu plus d'un quart de siècle,
26:53la moitié des terres rares
26:54est terrafinées en France.
26:55Et ça, tout le monde le sait bien,
26:56quand on raffine des métaux,
26:58l'or, c'est bien connu,
26:59on utilise des produits très toxiques,
27:03le plomb, l'arsénique,
27:04pour séparer justement ces métaux.
27:07La même chose pour toutes les terres rares.
27:08Donc c'est des processus extrêmement toxiques,
27:10qui utilisent beaucoup de solvants,
27:12beaucoup d'eau.
27:12Il y a parfois aussi
27:13des petits rejets radioactifs
27:15dans ces processus.
27:16Et c'est pour ça que,
27:17avec une vision
27:19probablement égale à zéro,
27:21dans les 25 dernières années,
27:22on a tout envoyé en Chine,
27:24et on a été ravis
27:24qu'en Mongolie intérieure,
27:26les Chinois soient pollués par ça.
27:29Aujourd'hui, ce qu'il faudrait,
27:30c'est se dire,
27:31est-ce qu'on peut faire ça
27:32avec 10, 100 fois moins
27:33d'impact environnemental ?
27:34Et les rapatriers,
27:35on peut le faire.
27:36Voilà, c'est une belle filière.
27:37Absolument.
27:37On se retrouve dans une petite minute,
27:40on va parler marché action,
27:42les marchés qui s'envolent,
27:43alors que le monde s'enflamme.
27:44Notamment du côté de la tech.
27:46La tech, plus forte que la guerre.
27:47C'est le prochain débat.
27:48Et puis, on va revenir
27:49sur les défis du prochain gouverneur
27:50de la Banque de France
27:51qui arrivera le mois prochain.
27:52A tout de suite.
28:06Allez, on est de retour
28:07pour la seconde partie de l'émission.
28:08Il est 10 heures passées
28:09de 1 minute.
28:10Vous êtes toujours en direct
28:12sur BFM Business et les experts.
28:14Nouvelle horaire,
28:169h30, 10h30,
28:17tous les jours sur l'antenne,
28:19en direct, bien évidemment.
28:20On va parler des marchés,
28:21des marchés qui s'envolent
28:22de record en record.
28:25Le monde s'embrase
28:26et les marchés regardent ailleurs.
28:29Jean-Pierre Petit,
28:31les puces, notamment,
28:33poussent les indices ce matin.
28:34Intel et Samsung
28:37discuteraient avec Apple.
28:39Ça fait flamber Samsung.
28:40Là, je vois.
28:41On est à plus de 14% ce matin.
28:46Samsung qui a franchi la barre
28:47des 1 000 milliards de dollars
28:49de capitalisation.
28:52Les marchés sont-ils aveugles
28:54à la grande marge du monde ?
28:55Jean-Pierre Petit,
28:55je ne pense pas.
28:56Il regarde la réalité.
28:57La réalité, alors,
28:59il faut quand même savoir
29:00que plus de 40% du SP500,
29:02qui est l'indice phare mondial,
29:06est composé de valeurs tech,
29:08au sens large du terme.
29:08C'est-à-dire à la fois les semi-conducteurs,
29:10le hardware, le software,
29:11les services communication,
29:13médias.
29:1440% !
29:14Même plus que ça.
29:15C'est à 42, 43, absolument.
29:18Et alors,
29:19les marchés ont atteint un point bas
29:21après quand même
29:21l'entame de la guerre d'Iran
29:23le 30 mars.
29:24Ils ont quand même baissé
29:25entre le 28 février
29:26et le 30 mars.
29:28Mais ils n'ont pas baissé
29:28énormément par rapport
29:29à ce qu'on aurait pu anticiper.
29:30Et surtout, depuis,
29:31ils ont rebondi.
29:32Alors, le S&P 500,
29:33je n'ai pas gardé la cote hier,
29:34mais ça devait faire
29:35environ du 9%.
29:36Et l'essentiel des 9%,
29:38est dû à la tech.
29:40Quand je dis l'essentiel,
29:41c'est la quasi-totalité.
29:42Parce que si on regarde
29:42le S&P 500 hors tech,
29:44c'est presque autour de zéro.
29:46Je n'ai pas regardé
29:47le cours d'hier.
29:48Donc, c'est la tech.
29:49Mais il faut savoir
29:50que la tech
29:53baissait depuis fin octobre
29:54par rapport au point bas
29:56du 30 mars.
29:57Alors que les résultats
29:58étaient excellents.
29:58Ce qui fait que la valorisation,
30:00n'oublions pas que la valorisation,
30:01c'est cours sur bénéfice.
30:02Donc, la valorisation
30:03s'est effondrée, en fait.
30:05Et donc,
30:06les investisseurs voyant
30:07que la tech n'était pas
30:08trop touchée.
30:09Et puis voyant que...
30:10Donc, il y avait des affaires
30:11à faire, c'est ça
30:11que vous avez dit ?
30:12Il y avait des affaires à faire
30:13à partir du 30 mars,
30:14en fait, fondamentalement,
30:15puisque la tech a largement
30:17surperformé l'indice général
30:19et surtout l'ensemble
30:20des indices de la planète.
30:22Les résultats ont été très bons.
30:24Alors, on se méfie de ceci.
30:25Il y a toujours des doutes,
30:26quand même.
30:26C'est pour ça que ça régule
30:27bien le marché.
30:28Il y a des doutes sur la dette
30:29pour Oracle.
30:30Il y a des doutes sur le flux
30:31d'investissement,
30:32parce que les perspectives
30:33d'investissement explosent
30:34à la hausse.
30:35Qui va financer ça ?
30:36Il y a toujours les doutes
30:38sur la monétisation
30:40d'Open AI.
30:41Il y a des doutes
30:42sur la consommation d'électricité.
30:44Il y a des doutes
30:45sur la circularité,
30:46c'est-à-dire sur les liens
30:48capitalistiques et les liens
30:49financiers qu'il y a
30:50entre tous les acteurs de l'IA.
30:52Enfin, bon, bref,
30:53il y a toujours des doutes
30:53qui régulent un peu le truc.
30:55Sur Meta, par exemple,
30:56le discours de Zuckerberg
30:58n'a pas tellement convaincu.
31:00Il faut dire qu'en termes
31:03de cash flow,
31:04ce n'est pas terrible.
31:05Donc, c'est sanctionné
31:06par rapport aux autres.
31:07Mais les autres ont dégagé
31:08de très bons résultats.
31:09Donc, ils regardent la réalité.
31:10Donc, la confiance, beaucoup de doutes,
31:11mais pourtant, la confiance
31:13surpasse tout ça.
31:14Voilà, avec une valorisation
31:15qui était moins bien.
31:16Alors, attention quand même,
31:17parce que perspective de bénéfice
31:19par action pour l'ensemble
31:20de la tech cette année,
31:22quand même, c'est 42%.
31:23C'est supérieur à l'année dernière,
31:25quand même.
31:26Donc, il faut un petit peu
31:26faire gaffe.
31:27Il fallait jouer
31:28le rebond technologique.
31:29Là, je conseillerais
31:30aux investisseurs,
31:31pour ceux qui l'ont joué,
31:32bien évidemment,
31:33d'alléger un peu,
31:33de regarder un peu les trucs.
31:35Donc, on se calme.
31:36Enfin, ça, tiens.
31:36Parce que tout le monde
31:37pariait quand même
31:37sur un conflit court
31:39au Moyen-Orient,
31:40fin avril.
31:41Bon, on voit que ça continue.
31:43Encore ce matin,
31:44on apprend qu'un navire
31:45de CMA, CGM,
31:47qui est par ailleurs
31:48propriétaire du groupe,
31:50BFM,
31:51a été victime d'une attaque,
31:53plusieurs blessés
31:54sur le navire.
31:55Donc, on voit que le conflit
31:56est quand même loin
31:57d'être terminé.
31:58Que pensez-vous,
31:59Roland Gillet,
31:59de ces marchés
32:01qui vont de record
32:02en record ?
32:03D'abord, il faut distinguer,
32:05vous l'avez très bien fait,
32:06la tech du marché.
32:07Le marché ne bat des records
32:09à cause de la tech,
32:10notamment.
32:11Pas que, mais notamment.
32:12Et aussi,
32:12des sociétés pétrolières,
32:14notamment aux États-Unis,
32:15qui se portent évidemment,
32:16pour elles,
32:16pour le moment,
32:17très très bien.
32:17mais globalement,
32:19ce que les investisseurs
32:20doivent voir,
32:21c'est quelqu'un
32:22qui dit quelque chose,
32:23qui annonce quelque chose
32:24et qu'il réalise.
32:25Dans la tech,
32:25c'est ce qui se passe
32:26depuis déjà longtemps.
32:27Et la rupture viendra
32:28le jour,
32:29et vous le voyez bien,
32:30alors que les marchands
32:30sanctionnent très fort
32:31celles qui ne sont pas
32:32dans ce cas-là,
32:33et pas d'ailleurs
32:33que dans la tech aujourd'hui,
32:35c'est ceux qui démontrent
32:36qu'une fois,
32:38on leur pardonne un petit peu,
32:39la deuxième fois,
32:40alors on ne leur pardonne plus
32:41du tout,
32:42c'est d'être en dessous
32:42des attentes.
32:43Pour le moment,
32:44c'est l'effet contraire.
32:45Les sanctions sont violentes.
32:46Combien de gens pariaient
32:47en dehors même
32:48de la crise iranienne
32:49que les résultats seraient
32:51pour Apple,
32:51ceux qui sont,
32:52ne parlons même pas
32:53de ceux d'Alphabet,
32:54ici c'est vraiment
32:55autre chose.
32:56On voit qu'il y a quand même
32:5740 milliards,
32:58maintes,
32:59et n'oubliez pas non plus
33:01une chose,
33:02vous l'avez rappelé,
33:03c'est le rapport
33:03court-bénéfice
33:04qui est important
33:04quand on regarde
33:05de façon très,
33:06je vais dire sommaire,
33:07les marchés,
33:08mais quand on les regarde,
33:08c'est l'actualisation
33:09des profits à venir,
33:10des sociétés de forte croissance,
33:12l'évolution des taux d'intérêt
33:13liée éventuellement
33:14à l'inflation,
33:15et c'est ça aussi
33:16qui a créé,
33:17avec tout le monde
33:17était sur le volet maintenant,
33:19les taux d'intérêt
33:19vont remonter partout,
33:20et c'est encore le risque
33:21d'ailleurs,
33:22par rapport aux banquiers centraux
33:23qui eux-mêmes
33:24s'interrogent sur
33:24ils vont les laisser,
33:25ils vont les remonter,
33:26ils vont devoir les baisser,
33:27enfin soit,
33:27mais les taux longs
33:28ont quand même monté,
33:30et n'oubliez pas non plus
33:31une chose,
33:31si on regarde l'Europe
33:32par rapport aux Etats-Unis,
33:33regardez où est le taux
33:34à 10 ans allemand,
33:35aujourd'hui autour de 3%,
33:38aux Etats-Unis
33:39on est autour de 4,5%,
33:40je vais dire,
33:42et hier ou avant-hier
33:43on était proche
33:44des 5% aussi.
33:44Clairement ça veut dire
33:45qu'ils partent avec,
33:46je vais dire,
33:47un handicap lié
33:48à des taux d'intérêt
33:48plus élevés
33:49et des anticipations
33:50d'inflation,
33:50étant donné les tarifs
33:52et ainsi de suite de Trump
33:53qui créent l'incertitude
33:54au niveau de ce qui va se passer,
33:56mais malgré les taux
33:58sur la tech,
33:59le fait que maintenant
34:00effectivement,
34:01on voit qu'il va y avoir
34:02quelqu'un comme Warch
34:03par exemple,
34:04ça a clairement,
34:05joué aussi un rôle,
34:06ce n'est pas un pantin
34:08qui a été formé.
34:08Le futur président
34:09de la réserve fédérale américaine.
34:10On peut penser
34:11qu'il va faire les choses
34:12convenablement
34:13et je répète de toute façon,
34:14même s'il avait été autrement,
34:16pour le moment,
34:17il y a déjà des gens
34:17qui votent plutôt
34:18pour la baisse des taux
34:18mais ils sont largement
34:20en nombre inférieur
34:22à ce qu'il faut
34:22comme majorité
34:23pour les faire baisser
34:25et donc on voit
34:26qu'on confie encore
34:27la Banque centrale
34:28pour le moment aux Etats-Unis
34:29la direction
34:30à des gens
34:31qui ont montré
34:32par le passé
34:32des gens sérieux.
34:33Oui,
34:34et ça,
34:34ça a donné aussi,
34:35ça a donné aussi un résultat
34:36et je pense que
34:36Indépendant ?
34:37C'est ce qu'il dit
34:39en tous les cas.
34:39Alors,
34:40on sait qu'il a nommé
34:41mais je pense aussi
34:42qu'il a eu,
34:43lui,
34:44pour le coup,
34:45une vraie réputation
34:46à tenir
34:47et ce n'est pas quelqu'un
34:48qui est dans le besoin.
34:49Vous avez vu.
34:49Il rassure les marchés
34:50en tout cas.
34:50Oui,
34:51et il connaît les marchés
34:52et il connaît la crise
34:52et il a bien géré
34:53un modèle de crise.
34:54Alors,
34:54je ne dis pas
34:54que c'est la solution.
34:55Je dis juste
34:56que tout ça explique
34:57pourquoi aujourd'hui
34:57la tech se porte très bien.
34:59André Le Scoug,
35:00Piétry,
35:01que pensez-vous
35:02de ces marchés,
35:03de cette tech
35:05qui vole
35:05de record en record ?
35:07Ce qui est assez frappant,
35:08c'est que pendant longtemps,
35:09on a considéré
35:10la tech
35:11comme un,
35:12comme un,
35:13plutôt dans la partie
35:15portefeuille dynamique
35:16par rapport
35:16aux actions
35:17un peu plus défensives
35:18et en fait,
35:18on se rend compte
35:19aujourd'hui
35:19que la tech,
35:20d'abord,
35:20elle profite
35:21de cette immense
35:22révolution de l'IA
35:24et j'entendais aussi
35:25depuis un,
35:26trois mois,
35:26tout le monde prédisait
35:27ça y est,
35:28on est dans la bulle de l'IA.
35:29Oui,
35:30il y a peut-être
35:30de la circularité
35:31des choses.
35:32On attend les revenus
35:33des boîtes de l'IA,
35:34c'est ça,
35:34c'est comment ?
35:35Sauf que quand même,
35:36tout le monde aujourd'hui
35:36est en train de voir
35:37la révolution
35:38dans les organisations.
35:40Alors,
35:40peut-être que ça ne se transmet
35:41pas encore
35:42en termes de productivité,
35:43ce qu'on avait vu
35:44pendant longtemps également.
35:45Paradoxe de solo.
35:46Voilà,
35:47mais on voit
35:48que c'est en train
35:48d'être une,
35:49c'est pas une évolution.
35:50Cire,
35:51c'est une révolution.
35:52Ça,
35:52c'est sûr.
35:54Ce qui est donc frappant,
35:55c'est qu'en fait,
35:55on se rend compte
35:55que la tech
35:56a aussi un aspect
35:57très défensif
35:57puisqu'aujourd'hui,
35:58la tech joue
35:59sur le côté
35:59plus souveraine.
36:01On parle de Samsung,
36:02on parle de Nvidia,
36:03on parle de TSMC.
36:05Elle joue également
36:06sur l'aspect énergie.
36:09Donc,
36:10ça sera
36:10qui fera des modèles
36:12beaucoup plus frugaux,
36:13moins...
36:14C'est ça quand même
36:14aujourd'hui le critère.
36:16Et évidemment,
36:17aujourd'hui,
36:17la tech est massivement utilisée.
36:19On l'a bien vu
36:20avec l'offensive américaine
36:21au début fin février,
36:23projet Mayuven.
36:25Elle a utilisé
36:25dans le monde de la défense.
36:27Les drones,
36:27les satellites,
36:28etc.
36:29Donc,
36:29en fait,
36:29ils profitent aussi massivement
36:31de cet aspect
36:32de cette défense.
36:33Donc,
36:33est-ce qu'aujourd'hui,
36:34c'est des valeurs de performance
36:35et c'est des valeurs défensives ?
36:37En fait,
36:37je pense qu'elles sont
36:38un peu les deux,
36:39ce qui explique aujourd'hui
36:40que finalement,
36:41la crise ne semble pas
36:42les toucher.
36:43Je pense que ce qui devrait
36:44vraiment nous alerter,
36:45c'est que quand on regarde,
36:46quand on fait un calcul,
36:47alors je compare flux et stock,
36:50mais la capitalisation,
36:51la capitalisation boursière
36:52de Nvidia,
36:53plus de TSMC,
36:55plus de Samsung,
36:56c'est aujourd'hui
36:56plus que le PIB allemand.
36:59Oui.
37:00Et donc,
37:01la déconnexion,
37:02ce qui devrait nous alerter,
37:03cette espèce d'immense
37:04déconnexion
37:05entre l'économie réelle
37:06européenne,
37:06complètement sluggish,
37:08qui est complètement
37:08un peu dans les choux,
37:09qui n'avance pas,
37:10et une tech.
37:12Et donc,
37:12en fait,
37:12l'écart est en train
37:14d'augmenter de manière
37:15prodigieuse,
37:15l'écart de prospérité
37:17pour chacun de nous.
37:17C'est ce qui s'appelle
37:18une bulle,
37:19non ?
37:19Alors,
37:20une bulle ?
37:22Cet écart
37:22entre l'économie réelle
37:24et l'économie financière.
37:27Non, c'est pas la même chose.
37:28C'est pas ça.
37:29Je voulais pas dire
37:29que c'était une bulle.
37:30Je voulais dire
37:30que c'était l'écart
37:30entre l'Europe et...
37:31Non, mais moi,
37:31je vous pose la question.
37:32Est-ce que c'est pas
37:33ce qu'on appelle une bulle ?
37:34Alors, c'est vrai
37:34qu'on a les États-Unis
37:35d'un côté,
37:35où la croissance est double,
37:36et l'Europe...
37:38Une bulle d'un sommet de bulles.
37:40Moi, j'ai beaucoup étudié ça.
37:41J'ai même écrit
37:41des bouquins là-dessus.
37:42C'est pas la même chose.
37:43Une bulle peut durer
37:44très longtemps.
37:46Irving Fisher annonce
37:47une bulle aux États-Unis
37:48l'été 1926,
37:50et elle n'éclate
37:51seulement que le 3 septembre 1929.
37:53Donc, il s'est gouré
37:53pendant un peu plus de 3 ans.
37:56Voilà.
37:56Et d'ailleurs,
37:56il a regretté toute sa vie
37:57parce qu'après,
37:58il a pris la porte de sa lune.
37:59Enfin bon,
38:00je reviens pas là-dedans.
38:01On n'est pas sur un sommet de bulles.
38:03Moi, j'ai un modèle
38:05à partir de 10 critères
38:06à pondération fixe
38:07qui caractérisent
38:08les sommets de bulles historiques
38:10de 29,
38:11de 2000,
38:12du Nikkei en 89.
38:14Et aujourd'hui,
38:14on n'est pas à 100%.
38:15Voilà.
38:16On est assez...
38:17On est où ?
38:18Ah !
38:19On est où,
38:20cher Jean-Pierre Pusseau ?
38:20À 73%
38:21pour être tout à fait...
38:22D'accord.
38:23Donc, il faut un peu faire gaffe.
38:25C'est la chose quand même.
38:25Oui, oui, il fait ça.
38:26On est en train de faire dans la zone...
38:27Voilà, il faut prendre voir.
38:28Alors attention quand même
38:29sur la résistance
38:29du marché actions américain.
38:32Il regarde quand même
38:33la macro-américaine quand même.
38:34Parce que si l'économie américaine
38:35rentrait en récession,
38:36il y aurait quand même aussi
38:37un petit problème pour la tech.
38:38Or, l'économie américaine
38:39au premier trimestre,
38:402% en rythme anualisé,
38:41elle va un peu souffrir.
38:42Mais très modérément,
38:43nous, on est à 0,6%.
38:44On est au premier trimestre,
38:45en zone euro,
38:46on est à 0,6%.
38:47On a une réserve fédérale
38:49qu'on va qualifier de pragmatique
38:50en un mot,
38:52alors que la BCE s'excite
38:53pour essayer de nous faire penser
38:55qu'il faut absolument
38:55remonter les taux au mois de juin.
38:58Alors qu'on est proche de la récession...
39:00Nous, on est plus proche,
39:03plus nettement plus proche
39:04de la récession
39:05que les États-Unis.
39:07Donc voilà, c'est ça aussi.
39:09Donc tant que la...
39:10Parce que la productivité est bonne
39:11quand même aux États-Unis,
39:12si tu lisses un peu.
39:13Donc c'est ça aussi
39:15qui donne confiance.
39:16Ce n'est pas seulement
39:16les résultats de la tech
39:17ou la valorisation,
39:18c'est aussi que l'environnement global
39:19macro fonctionne,
39:21résiste plutôt bien aux États-Unis
39:23ou beaucoup mieux
39:23qu'en Europe.
39:24Bon, ça peut donner
39:25un contexte particulier
39:27pour le futur gouverneur
39:28de la Banque de France.
39:30Hier, Emmanuel Macron
39:31a officialisé la nomination,
39:34en tout cas la désignation,
39:36d'Emmanuel Moulin
39:39comme candidat
39:39à la succession
39:40de François Villeroy de Gallo
39:42à la Banque de France.
39:43Alors, ce n'est pas fait.
39:44Le gouverneur,
39:46l'impétrant,
39:46doit passer devant
39:48la commission,
39:50une commission ad hoc,
39:51en tout cas,
39:52à la fois à l'Assemblée
39:53et au Sénat.
39:54Et donc,
39:54il doit recueillir
39:56l'accord
39:57à 3 cinquièmes
39:58des parlementaires.
40:02Simplement,
40:03allez,
40:03je continue avec vous,
40:04Jean-Pierre,
40:04vous venez de décrire
40:05un environnement
40:07assez particulier.
40:09Quels vont être
40:11les défis
40:12pour ce futur gouverneur
40:13de la Banque de France ?
40:14Justement,
40:14on ne sait pas.
40:15Et c'est ça
40:15qui est dommageable.
40:17C'est l'incertitude.
40:18Je reviens sur ce que tu disais
40:19tout à l'heure,
40:20sur l'absence de débat.
40:21On nomme un type,
40:21mais on ne sait même pas
40:22ce qu'il doit faire.
40:23Quelle est sa doctrine ?
40:25J'aimerais bien savoir,
40:25par exemple.
40:26J'aimerais bien
40:27qu'il nous dise,
40:27M. Moulin,
40:28je ne le connais pas,
40:29je ne fais pas de procédation,
40:31qu'il nous dise
40:31comment on va tenir
40:32au cours des prochaines années
40:33avec les taux réels
40:34tels qu'ils sont aujourd'hui
40:34pour assurer la transition énergétique,
40:36la transition numérique,
40:37la transition géopolitique,
40:38dépenses de défense
40:39qui vont exploser,
40:40la transition démographique,
40:41puisque le vieillissement...
40:42Comment on fait ?
40:43Est-ce qu'il y a
40:44un système d'audition ?
40:45Oui, il y a un système d'audition.
40:46Il doit être validé
40:47par l'Assemblée nationale.
40:52Le problème,
40:53c'est que dans les auditions,
40:54ce n'est pas ça
40:54qu'on lui demande.
40:57C'est aussi très politique.
40:58Alors l'enjeu
40:59pour Emmanuel Moulin
41:00qui est en campagne
41:01dans l'Avent,
41:02c'est qu'évidemment,
41:03il était secrétaire général
41:04de l'Élysée
41:05jusqu'à la semaine dernière.
41:06Emmanuel Macron
41:07a déjà nommé
41:09M. Ferrand
41:10au Conseil constitutionnel,
41:13Amélie de Montchalin
41:14à la Cour des Comptes
41:15et que donc,
41:16les oppositions...
41:17Mais c'est toujours
41:17la même histoire,
41:18c'est-à-dire qu'on nomme
41:19les copains,
41:23les gens qui ont travaillé
41:23pour vous.
41:24On est dans la sphère
41:25politico-administrative
41:26qui s'auto-promeut,
41:27qui s'auto...
41:28Emmanuel Moulin
41:29est quand même
41:30issu de Merci,
41:31a été le directeur
41:32de la cabine
41:32de Christine Lagarde,
41:35le directeur féministe
41:35de Bruyne de Mer.
41:37Mais Jean-Claude Montlécher
41:38a été directeur du Trésor,
41:40gouverneur de la Banque de France.
41:41Emmanuel Moulin
41:42a été directeur du Trésor.
41:43Quelle a été
41:44sa politique monétaire
41:45entre 2008 et en 2011 ?
41:47C'est une catastrophe,
41:48les taux réels sont montés,
41:49l'euro est monté
41:49à un niveau totalement délirant
41:51et ça a accéléré
41:52la désindustrialisation.
41:53Vous croyez que c'est le diplôme ?
41:54Enfin, vous croyez
41:55que c'est la formation initiale ?
41:57Mais que c'est peut-être
41:5825 ou 30 ans de carrière
41:59dans...
42:00Mais c'est pas du tout
42:01une garantie
42:02parce que ces gens-là
42:03ne risquent rien.
42:04Ces gens-là
42:05ne risquent rien,
42:06ils sont dans des casques
42:07comme sous la monarchie
42:08où c'était le roi
42:08qui nommait...
42:10Sur moi le plus véhément,
42:11mais je vois que Jean-Pierre
42:11est en forme ce matin.
42:13Mais non,
42:13c'est la réalité.
42:14Non mais je décris la réalité.
42:15La question que vous posiez
42:15tout à l'heure
42:16sur l'aspect démocratique,
42:18ça c'est typiquement
42:19un renouvellement
42:20qui est absolument indispensable.
42:21On passe son temps
42:22en temps des ministres
42:23qui disent
42:23il faut que les Français
42:24comprennent, etc.
42:25Là on a une opportunité
42:27pour une nomination
42:28d'avoir quelqu'un
42:28qui va présenter
42:30quasiment une feuille de route
42:31puisqu'en fait,
42:32pauvre de lui
42:33parce qu'il arrive
42:34dans une situation épouvantable.
42:35Plus de 5% de déficit,
42:37une charge de la dette
42:38qui devient insoutenable,
42:39une pression politique
42:40parce que ça c'est
42:41la bonne nouvelle.
42:42Enfin je crois
42:43dans la population française
42:44le sujet de la dette
42:45est devenu un sujet majeur.
42:47Ça c'est quand même
42:47une nouveauté.
42:49Donc il va avoir
42:50une pression terrible.
42:52C'est l'occasion
42:53où jamais
42:53il peut même lui-même,
42:55de lui-même,
42:56là pour le coup
42:56il frapperait un grand coup
42:57de proposer
42:58qu'il expose sa vision.
43:01Effectivement,
43:01la crainte que j'ai
43:03comme Jean-Pierre
43:03c'est que
43:04peut-être qu'il n'en a pas
43:06mais ou qu'on pense juste
43:08que parce qu'il a fait
43:09tout ça dans le passé,
43:10qu'il est suffisamment...
43:10Oui c'est juste parce qu'il a été
43:12à des postes
43:13et donc ça le qualifie.
43:14Mais a-t-on fait un évident ?
43:15Non mais pardon Jean-Pierre,
43:16quand on a une expérience
43:17professionnelle,
43:18vous avez suivi
43:18la macroéconomie
43:19pendant quelques décennies.
43:19Est-ce qu'il a réussi ?
43:20Est-ce qu'il a réussi ?
43:21T'as regardé ?
43:22Ne regarde pas la suite des postes.
43:24Vous avez donc
43:25une légitimité à parler du sujet.
43:27Raphaël, est-ce qu'il a réussi
43:28dans chacun de ses postes ?
43:28C'est ça que j'aimerais savoir.
43:30C'est pas à aligner les postes
43:31parce que quand on est
43:32inspecteur des finances,
43:33tu le sais bien,
43:40les grands corps de l'État
43:45ont accès
43:46à des postes systématiques.
43:48Raphaël,
43:49ce qui est important,
43:50c'est son bilan.
43:51Mais je ne fais pas
43:51de procès d'intention,
43:52je ne le connais pas.
43:53Mais regardons son bilan déjà.
43:55Et puis surtout,
43:55regardons son projet.
43:56T'as tout à fait raison.
43:58Quel est son projet ?
43:59Parce qu'on a l'impression
44:00Les auditions vont être
44:01l'occasion de le savoir,
44:03de le développer.
44:04On ne l'a jamais vu ça.
44:05On ne l'a jamais vu
44:06parce qu'à l'Assemblée nationale,
44:07je suis désolé.
44:08Oui bien sûr,
44:08les auditions sont publiques
44:09et en direct,
44:09donc vous les regarderez
44:11et ce sera très probablement intéressant.
44:13On verra si les parlementaires
44:14sont à la hauteur.
44:15C'est selon vous,
44:16mes experts là autour de la table,
44:18quels sont les défis
44:19du prochain gouverneur.
44:20On reviendra sur la dernière lettre
44:21au président de la République
44:23de François Villerois de Gallo
44:25où il utilise des mots
44:27très intéressants,
44:28très étonnants
44:28pour un gouverneur
44:31de banque centrale,
44:32pour un banquier central,
44:33il parle notamment
44:33de gérontocratie.
44:34On en parlera
44:35dans quelques minutes.
44:37Roland Gillet,
44:38l'œil extérieur,
44:39gouverneur à la France,
44:41peut-être moins passionné,
44:43dépassionné,
44:44autour de la nomination
44:45du gouverneur de la Banque de France.
44:46Ce jeune pays qu'est la Belgique.
44:48Oui, ce jeune pays qu'est la Belgique.
44:49C'est sur BFM Business
44:50qu'on arrive à se passionner
44:50comme ça pour les nominations
44:51d'un gouverneur.
44:52Pour un banquier central,
44:54j'aime beaucoup.
44:54On vous écoute Roland Gillet.
44:55Mais autant le rôle
44:56est important, bien sûr,
44:57le rôle du banquier central
44:59dans chacun des pays
45:00de la zone euro,
45:01mais autant quand même
45:01les décisions importantes
45:03au niveau de la politique monétaire
45:04se prennent par un conseil
45:05de gouverneur
45:06qui se réunit à Francfort
45:08au sein de la BCE.
45:09Donc, je ne voudrais pas
45:10doucher quand même
45:12les ardeurs.
45:13C'est les grosses décisions.
45:15Il faudra avoir un consensus
45:18au niveau des gouverneurs
45:19lors des réunions de la Banque,
45:21en tous les cas,
45:21au niveau, par exemple,
45:22des taux directeurs.
45:23Alors, il n'y a pas
45:23que les taux directeurs,
45:24évidemment, heureusement,
45:25dans les compétences
45:26d'une banque nationale.
45:28Mais aujourd'hui,
45:28on sait quand même
45:29que les grosses compétences
45:30sont à Francfort.
45:31Donc, il faut quand même
45:32le rappeler.
45:33Donc, même, vous diriez,
45:33la France a décidé que,
45:35elle va dire,
45:35le gouverneur a dit que
45:36sur l'évolution des taux d'intérêt,
45:38il faudra convaincre
45:38les autres collègues.
45:41Ça fait les mêmes en France
45:42qu'ailleurs.
45:43Les problèmes de déficit
45:44ne sont pas les mêmes.
45:45Je viens d'un autre grand pays,
45:46l'Espagne,
45:47ne sont plus du tout les mêmes
45:48en Espagne.
45:48Ils ont fait le boulot.
45:49Donc, clairement,
45:51cette difficulté d'arriver
45:52à avoir une politique coordonnée
45:54dans des États
45:55qui ne le sont pas nécessairement
45:56en termes de politique économique,
45:57de déficit public,
45:59de la manière dont ils les adressent,
46:00va toujours être un problème.
46:02Quand on fixe les taux directeurs,
46:03on les fixe pour toute la zone euro.
46:04Et donc, ici,
46:05c'est sûr que c'est très important.
46:07Et vous rappelez,
46:07la manière dont ça doit être transparent,
46:09la manière dont on doit vérifier
46:10les capacités,
46:11moi, je pense quand même
46:12que c'est important aussi,
46:13bien sûr, de voir
46:13non pas que les diplômes,
46:15mais voir également
46:15si la personne a à chaque fois
46:18eu le plus souvent des succès
46:20et de voir aussi
46:21ce qu'elle souhaite faire
46:22au niveau de ce qui sont
46:23encore les prérogatives
46:24de chaque banquier centraux
46:26dans son pays.
46:26Mais sur les points importants,
46:28quand vous parliez
46:28de taux d'intérêt
46:29ou de taux d'intérêt réel
46:30et ainsi de suite,
46:31c'est des initiatives
46:33qui ne peuvent être faites
46:34qu'entre banquiers centraux
46:35responsables,
46:36ce qu'ils le sont normalement,
46:38au niveau du conseil des gouverneurs.
46:39Je veux dire que les choses
46:39soient claires.
46:40Aujourd'hui, même si demain,
46:42étant donné la position
46:43de la France,
46:44qui s'est un peu
46:46décrédibilisée,
46:46j'entends,
46:46par rapport aux autres pays,
46:48bien sûr,
46:50je ne suis pas sûr
46:51que c'est elle
46:51qui va pouvoir être
46:52le leader là-dessus.
46:53Alors qu'elle fasse pression
46:54vu la taille de la France,
46:55heureusement,
46:55la France est un grand pays.
46:57Mais c'est ça qu'il va voir,
46:58c'est comment est-ce qu'on rend
46:59à la France,
47:00via aussi son gouverneur,
47:02une action qui montre
47:03qu'on ne sera pas
47:04dans le volet
47:05qui a déçu beaucoup,
47:06c'est-à-dire de dire
47:06on a bien vu les déficits,
47:08mais on sera meilleur
47:09l'année suivante
47:10en voyant qu'il dérape encore.
47:11Et ça, c'est des éléments
47:12que...
47:12Promis, demain,
47:13on fera le boulot.
47:13Et donc, je vous dis,
47:15et j'ajoute quand même
47:16que dans mon pays,
47:16on a eu aussi cette tendance,
47:17et par moment,
47:18vu la taille,
47:19la petitesse de notre pays,
47:20on a été obligés,
47:20nous, de rectifier vite
47:21parce que la pression
47:23qui s'exerce
47:23sur un petit pays de l'Europe
47:24n'est pas la même
47:25que sur un grand
47:26qui dit à un moment donné
47:26que ce ne sont pas
47:27les technocrates de Bruxelles
47:28qui vont nous dire
47:28ce qu'on a à faire.
47:29Je voulais qu'on revienne
47:30sur la lettre
47:32au président de la République.
47:33La dernière lettre
47:34au président de la République
47:37où il utilise
47:38un terme
47:39qu'on n'a pas l'habitude
47:41d'entendre
47:41dans la bouche
47:42d'un banquier central.
47:45Il liste trois défis,
47:46François Villeroy de Gallo,
47:48au prochain président
47:49de la République,
47:50en réalité.
47:51C'est un,
47:52comme vous l'avez dit,
47:52Roland Gillet,
47:53le rétablissement
47:54des finances publiques.
47:55Mais pourquoi ?
47:56Pour arrêter
47:57de faire porter
47:58le poids
47:59des déficits
48:00et de la dette
48:01sur les générations futures
48:03et de rétablir
48:06une forme d'équilibre
48:08entre les générations.
48:10Il parle de la France
48:11comme d'un pays
48:13gérontocratique.
48:14On n'a pas l'habitude
48:15d'entendre ça quand même.
48:16André,
48:17j'ai envie de vous entendre
48:18là-dessus.
48:18Est-ce qu'on vit en France
48:20en gérontocratie ?
48:21Évidemment.
48:22Et en plus,
48:23déjà,
48:24il y a un aspect
48:24plus technique
48:25auquel on réfléchit peu
48:26avec l'augmentation
48:27bienvenue
48:28de l'espérance de vie.
48:29Tous les ans,
48:31le barycent,
48:31c'est-à-dire
48:32le poids central
48:33du corps électoral,
48:34augmente de trois mois.
48:35On a basculé
48:36en 2025.
48:37Les plus de 50 ans
48:39sont majoritaires
48:40depuis l'année dernière
48:41dans le corps électoral.
48:42Donc évidemment,
48:43les politiques
48:44courent après la majorité.
48:46On revient sur ce sujet.
48:47Aujourd'hui,
48:48les pays qui gagnent,
48:49les entreprises
48:49qui gagnent,
48:50c'est une conviction
48:52que j'ai depuis longtemps,
48:53c'est celles
48:53qui font des grands paris.
48:54calculés,
48:55mais des grands paris.
48:56C'est le pari
48:57du véhicule électrique
48:58en Chine,
48:59c'est le pari
49:00de la tech
49:01aux Etats-Unis,
49:03c'est le pari
49:03des puces
49:03à Taïwan.
49:05Aujourd'hui,
49:05en France et en Europe,
49:06on aurait du mal
49:07à voir quels sont
49:08nos grands paris.
49:08On avait le Green Deal
49:09que dès qu'on a
49:10la première crise,
49:11boum,
49:11on est en train
49:12d'évacuer.
49:12Et forcément,
49:13les grands paris,
49:14ce n'est pas l'apanage
49:15des gens
49:15qui ont un certain âge
49:17parce que votre horizon,
49:18il est plus court terme
49:19que des pays jeunes
49:21qui forcément
49:23vont investir
49:23dans leur avenir.
49:24Et je pense que
49:25c'est le coup de pied de l'âne,
49:26la lettre de François Villeroy
49:28de Gallo.
49:29C'est à la fois
49:29le coup de pied de l'âne
49:30au président de la République
49:31pour montrer
49:31que son grand projet
49:32de réforme des retraites,
49:33ça a fait pchit.
49:34Et le coup de pied de l'âne
49:35également à notre Premier ministre
49:37qui quand même
49:38a réussi à se maintenir
49:40parce qu'en fait,
49:41il a complètement
49:42fait des concessions.
49:43Lâché sur tous les efforts.
49:45Et donc,
49:46je pense que c'est...
49:47Oui,
49:48peut-être que ça peut sembler
49:49anecdotique,
49:50mais je pense que c'est aujourd'hui
49:51le vrai sujet.
49:53Et ça ne va que nous...
49:55En fait,
49:55ce qu'il est en train de dire,
49:56c'est que
49:56si on ne s'adresse pas
49:58à ce sujet
49:59avec du courage politique
50:00et qu'on l'explique,
50:01eh bien,
50:01on va faire le lit des extrêmes.
50:03Et qu'on ne se sortira pas
50:04des finances publiques
50:05si on ne change pas ça
50:06radicalement.
50:07Non,
50:07mais il faut qu'ils disent
50:08comment on le fait.
50:08Parce que,
50:09je veux dire...
50:09Oui,
50:09c'est facile de donner...
50:10Assez dire les finances publiques,
50:11dans toutes les lettres
50:12des gouverneurs,
50:13ils disent,
50:13mais il faut juste dire comment,
50:14exactement,
50:14voilà,
50:15c'est tout.
50:15Quant à la lutte intergénérationnelle,
50:18il faut qu'ils disent
50:19comment on va lutter.
50:20C'est en augmentant
50:20les taux d'emploi
50:21à tous les âges de la vie
50:22et notamment aux âges seniors.
50:23C'est tout.
50:24C'est son troisième défi.
50:25C'est le défi de l'emploi
50:26et de la qualité de l'emploi.
50:27C'est ce qu'il faut
50:27que les seniors
50:28travaillent plus longtemps.
50:29Je veux juste revenir avant
50:31parce que c'est pas...
50:32On revient sur le sujet
50:32de l'âge de la retraite.
50:32Le problème de la Banque centrale,
50:34c'est pas un problème seulement
50:35de coordination entre les intérêts.
50:37Il y a un problème européen
50:38qui est le niveau des taux réels
50:40qui est trop élevé par rapport...
50:41Voilà.
50:42Non, non, mais je veux dire...
50:42Mais je suis bien d'accord.
50:43Il faut s'attaquer à ça
50:44et il faut qu'Emmanuel Moulin
50:45le dise à Madame Schnabel.
50:47Oui, mais...
50:48Parce que c'est elle
50:48la plus virulente.
50:49Vous voyez qu'il y a 3 ou 4 membres
50:50du board hier
50:51qui ont dit qu'il fallait
50:51augmenter les taux.
50:52Mais quand vous dites ça,
50:54parce que ça,
50:54vous avez entièrement raison,
50:56ça se décidera quand même
50:56à Francfort
50:57et ça se décidera
50:59entre ces deux-là.
51:00Ça se décidera par un vote
51:01avec le nombre de pays
51:02puisqu'il y a chacun y est
51:03et c'est celui
51:04qui aura la majorité.
51:05Et il y en a un
51:05qui va rentrer frustré
51:06dans son pays
51:07en disant moi j'aurais voulu
51:08d'être au plus bas
51:08et moi j'aurais voulu
51:09d'être au plus haut.
51:10Oui, mais est-ce que...
51:10C'est ça aussi qui ne va pas
51:11parce que même à imaginer
51:12que ce que vous dites est juste
51:14et c'est vrai que c'est correct
51:15par le côté...
51:16Il faut bien entendu
51:17pouvoir avoir quelqu'un
51:18qui porte le message
51:19mais il n'en reste pas moins
51:20que vu les disparités
51:21entre les pays
51:22qu'elles soient au niveau fiscal
51:23ou autre,
51:24même si vous vouliez
51:25vous accorder aujourd'hui
51:26à dire voilà le meilleur
51:27taux optimal,
51:28il y en a qui vont sortir
51:29gagnants,
51:30il y en a qui vont sortir
51:30perdants parce que
51:31la situation économique
51:32n'est pas du tout la même
51:33et n'impose pas
51:34les mêmes taux d'intérêt réels
51:35et ça,
51:36cette coordination est importante.
51:38Il faut quand même
51:38un discours politique
51:39comme Mario Draghi
51:40l'a eu de croissance
51:41et ce que j'aimerais
51:41puisque Raphaël a demandé
51:43quel est le principal défi
51:44d'Emmanuel Moulin,
51:46c'est de dire ça
51:46et de porter la voix
51:48de Jean-Pierre Petit
51:49à Francfort.
51:49Et de se confronter
51:50à Madame Schnabel
51:51parce que s'il ne se confronte pas
51:53il tient un discours
51:53policé comme Daniel.
51:55Il y a un aspect leadership
51:56qui est essentiel
51:57et c'est ça que les parlementaires
51:59doivent tester
52:00pendant ces auditions.
52:01Pardon de revenir au sujet
52:02de la discussion
52:03qui est celle de la gérontocratie
52:04en France.
52:06Il y a deux points
52:08pour moi qui sont importants
52:09et André l'a dit
52:11c'est on se rend compte
52:12que ça augmente
52:13deux, trois mois chaque.
52:14Mais qu'est-ce que c'est ?
52:16Finalement on a un ARP
52:17avec effectivement
52:20l'âge des gens.
52:21On sait,
52:22c'est d'ailleurs au niveau
52:22des retraites,
52:23un des enjeux
52:24qui est le plus prévisible
52:25si on accepte
52:27les gens qui nous rejoignent
52:28ou les gens qui nous quittent.
52:29On sait où on va.
52:30Donc là forcément
52:31on sait qu'on va nécessairement
52:32être dans beaucoup de pays
52:33vers des problèmes.
52:35Un deuxième élément
52:36c'est qu'il existe
52:38des zones géographiques
52:39qui n'ont pas
52:39le même problème
52:40pour une seule et unique raison.
52:42Et regardez un peu
52:43ce que ça soulage.
52:44Alors je n'ai pas dit
52:44que c'était bien.
52:45Je vous dis juste
52:45que ça soulage
52:46le gouvernement américain
52:47ou le gouvernement hollandais.
52:49C'est quand vous avez
52:50un système de pension
52:51qui fonctionne
52:52par capitalisation
52:53vous n'avez pas
52:54ce problème sur le dos.
52:55Et au contraire
52:56si la bourse passe bien
52:57vous donnez du pouvoir
52:59d'achat à des gens
52:59parce que leur argent
53:00a été bien placé
53:01et a généré des profits
53:02qui vont pouvoir
53:03aujourd'hui utiliser
53:05et beaucoup de gens
53:05ne comprennent pas
53:06aux Etats-Unis
53:06à tort ou à raison
53:07on ne parle pas
53:08de Donald Trump
53:09on parle de façon générale
53:10pourquoi des gens
53:11sont si sensibles
53:12parfois au milieu
53:13d'une petite ferme
53:14au milieu des Etats-Unis
53:15sont agriculteurs
53:17parce qu'ils voient
53:17qu'ils gagnent parfois
53:18plus avec l'action
53:19qui est menée
53:20dans la croissance
53:21de leur économie
53:21parce qu'ils en récoltent
53:22une bonne partie aussi
53:23dans leurs fonds de pension.
53:25Et donc clairement
53:25ici on a d'autant plus
53:27un débat important
53:27au niveau européen
53:28qu'on a essentiellement
53:29sur des systèmes
53:30de répartition
53:31avec des assurances
53:33complémentaires éventuellement
53:34mais en tous les cas
53:34sur les régimes traditionnels
53:36que n'ont pas
53:37d'autres pays.
53:38Et un dernier point
53:38que je voudrais souligner
53:39qui moi me paraît important
53:40et de nouveau
53:40vous l'aviez dit
53:42tous les deux
53:43au niveau de la France
53:43et au niveau des autres pays
53:44dans la politique industrielle
53:46on est quand même capable
53:47quand on fait les choses ensemble
53:49d'avoir un Airbus aujourd'hui
53:50qui a reçu moins d'argent public
53:51que n'a reçu Boeing
53:52dans le temps
53:53et qui est un vrai concurrent.
53:54Donc on a quand même
53:55des capacités
53:55si on se met ensemble.
53:57Je pense que c'est très important
53:58de le rappeler.
53:59Ce sera le mot de la fin.
53:59Merci à tous les trois
54:01Roland Gillet, André Le Scrouille-Piétri
54:03et Jean-Pierre Petit
54:04pour cette émission passionnante
54:05disponible en podcast
54:06et replay
54:07sur toutes les plateformes
54:08sur l'application
54:08au BFM Business.
54:09Bien sûr, tout de suite
54:11c'est BFM Entreprises spéciale
54:13Outils RH
54:14animé par Sandra Gondoin.
54:16Quant à nous,
54:17on se retrouve demain.
54:19Même heure,
54:19nouvel horaire.
54:219h30, 10h30.
54:22Même endroit par contre.
54:23Toujours l'antenne
54:24de BFM Business.
54:25Très bonne journée
54:25à toutes et à tous.
54:26A demain.
54:30Les experts,
54:31débats et controverses
54:32sur BFM Business.
54:34– Sous-titrage Société Radio-Canada
54:37– Sous-titrage Société Radio-Canada
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