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  • il y a 14 heures
Ce lundi 15 juin, les raisons pour lesquelles le gouvernement américain a contraint l'entreprise Anthropic à suspendre ses modèles d'intelligence artificielle Fable 5 et Mythos 5 ont été abordées par Raphaël Legendre et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le débat autour de l'intelligence artificielle avec un week-end complètement dingue autour d'Entropique
00:04où le gouvernement américain a contraint Anthropique de débrancher Fable 5 et Mythos.
00:11Ce sont les modèles les plus puissants pour des raisons de sécurité nationale.
00:15Est-ce qu'on peut dire ce matin, après le wake-up call de la classe politique de ce week
00:18-end,
00:19classe politique française, merci aux Américains, Emmanuel ?
00:22Mais ça fait combien de fois qu'on devrait leur dire merci et qu'il ne se passe pas grand
00:27-chose ?
00:27Il y a eu effectivement la guerre en Ukraine, il y a eu effectivement avec le gaz russe, avec la
00:36défense.
00:37Sur tous les sujets, on enchaîne quand même depuis 4 ans les coups de pied au derrière
00:42qui devraient inciter l'Europe en général à arrêter de faire l'enfant quand on a les grands qui s
00:50'occupent d'eux
00:51et que la Chine et les États-Unis sont en train tranquillement de s'installer aux commandes de l'économie
00:56du XXIe siècle.
00:57Donc franchement, moi, les avertissements, les wake-up calls, je vous dis, on les a eus sur tout un tas
01:02de sujets
01:03et ça n'a pas changé grand-chose.
01:06L'IA, en plus, il faut rappeler que c'est quand même toute une infrastructure.
01:10Donc on a déjà, oui, quelques entreprises qui sont effectivement très performantes.
01:14On a des chercheurs, etc.
01:15Mais on n'a pas les investissements en termes d'échelle par rapport à tout ce qu'investissent les grands
01:22groupes américains.
01:24Donc le problème européen, on le connaît, tout est inclus dans tous les rapports qu'on a eus, Draghi, etc.
01:31Mais la réalité, c'est qu'à chaque fois qu'il faut bosser ensemble, on n'y arrive pas.
01:34Alors on nous dit qu'il faut une défense européenne, mais regardez comment les Allemands sont en train d'essayer
01:37de faire la peau
01:38des industries de défense françaises parce qu'ils veulent, eux, imposer leurs produits.
01:44Et c'est sur tous les sujets comme ça.
01:45Mais vous dites « soyez de bons vassaux », c'est ça ?
01:47Non, je dis que si on veut…
01:50Alors on pourrait se donner des moyens et même, à minima, on pourrait se dire
01:56« soyons au moins des utilisateurs avertis de ces technologies comme l'intelligence artificielle
02:02si on n'est pas capable d'en être les inventeurs ».
02:05Mais même ça, on n'est pas capable de le faire.
02:07Et même ça, ça a des limites.
02:09Donc encore une fois, le fait, c'est qu'on ne veut pas, entre pays européens,
02:14se mettre enfin à l'échelle sur tout un tas de sujets
02:17parce qu'aucun pays ne veut renoncer à ces quelques précarés de souveraineté.
02:22Donc on peut enchaîner les rapports Draghi.
02:24On sait, mais on ne veut pas.
02:26C'est quoi le biais ?
02:26Oui, tout est diagnostiqué, mais encore une fois, on ne veut pas.
02:29Raphaël, vous, ça vous rend optimiste ce week-end autour de l'intelligence artificielle ?
02:33Tu te dis « tiens, il y a un wake-up call ».
02:35Moi, je trouve que le moment est absolument incroyable
02:37pour que Donald Trump décide effectivement de nous couper l'IA.
02:41C'est quelques jours seulement après la présentation d'un paquet
02:44sur la souveraineté numérique européenne,
02:46ce qui est bien la preuve que les lignes sont en train de bouger en Europe.
02:51Là, on a l'exemple type de l'événement,
02:55parfaitement inattendu,
02:56qui nous montre bien qu'on est soumis à un claquement d'où.
03:00C'est le kill switch américain.
03:01Nous sommes parfaitement soumis aux décisions de l'administration américaine
03:05en termes d'IA qui est un peu le gaz.
03:09C'est une infrastructure absolument indispensable aujourd'hui.
03:12C'est comme l'électricité, c'est comme le gaz.
03:15On s'était mis entre les mains des Russes.
03:17L'Allemagne en a payé le prix notamment.
03:18On a vu ce que ça a donné et on a corrigé, en réalité.
03:22On a changé les infrastructures, on a changé nos approvisionnements.
03:25On est devenu plus souverain aussi.
03:28Donc, c'est la preuve que l'Europe avance quand même.
03:30Alors, trop doucement, avec un manque de leadership.
03:33Souverain, c'est la liberté de choisir son fournisseur.
03:36Oui, ça veut dire qu'on va quitter le fournisseur américain.
03:38Et où est-ce qu'on va aller ?
03:39À part le fournisseur chinois, vous voyez qui ?
03:41Nous-mêmes, on a quelques-unes entreprises.
03:44On a Skyway, on va construire nos propres souverains.
03:47Mais Mistral, c'est un des éléments de toute la chaîne.
03:51Il y a, avec les puces, avec les data centers, etc.
03:54Vous pouvez avoir Mistral, mais c'est comme si vous aviez une entreprise
03:59qui n'est pas raccordée à tout son écosystème.
04:02Mais Mistral, ce n'est pas l'alpha et l'oméga de l'autonomie en matière d'IA.
04:07Quand on vous coupe en tropique, si vous pouvez aller sur Mistral,
04:10ça vous fait quand même du bien.
04:11Je comprends votre raisonnement.
04:12Oui, mais si on veut, vous êtes aussi dépendant sur tous les autres domaines de l'IA,
04:18sur les GPU, sur les data centers, sur qui est-ce qui entraîne les grands modèles aujourd'hui ?
04:24Qui est-ce qui a la capacité d'entraîner les grands modèles aujourd'hui ?
04:27Mais qui vous dit que c'est le modèle de demain, ceci dit ?
04:29Et puis l'Europe fait partie de cette chaîne de production industrielle aussi.
04:33On a des ASML, on a les imprimantes.
04:36On n'est pas totalement démuni non plus.
04:37On est à un marché de 450 millions de consommateurs.
04:41Ce qu'il faut, c'est que l'Europe se réveille pour agir en force face aux Etats-Unis, face
04:48à la Chine.
04:48C'est ça le sujet du paquet de souveraineté européenne.
04:51Ce qu'on a mis en place, c'est très bien.
04:53La question, c'est est-ce que nos politiques vont enfin avoir le courage de s'opposer ?
04:59Or, ce qu'on a vu ce week-end, en tout cas en France et de partout dans les chancelleries
05:03européennes d'ailleurs,
05:04c'est quand même une réaction unanime sur tous les bancs de la classe politique de l'extrême droite à
05:10l'extrême gauche pour dire que ça n'est pas possible.
05:13On ne peut pas accepter ce kill switch qui nous place dans les ténèbres numériques et qui peut bloquer absolument
05:20tout.
05:20Enfin, je veux dire, ça peut aller très loin.
05:21Ça peut bloquer les hôpitaux, ça peut bloquer la police, ça peut bloquer la sécurité.
05:25Il y a un wake-up call qui se passe.
05:28La grande question, c'est l'alignement des politiques derrière et est-ce qu'on va enfin réagir ?
05:31S'il y avait une industrie des prises de conscience, on serait champion du monde, ça c'est sûr.
05:35Mais la réalité, c'est qu'une fois qu'il y a ces prises de conscience derrière, on est quand
05:39même très en retard.
05:40Et notamment parce que les sommes qu'il faut investir si on veut être compétitif sont 10 fois, 20 fois
05:48supérieures à ce que l'Europe est prête à mettre aujourd'hui.
05:51Et ça, c'est quand même un problème.
05:52Oui, on est en train de négocier à 6, bientôt à 9.
05:55Il faut juste faire basculer un ou deux pays pour l'union des marchés de capitaux.
05:59Peut-être que c'est le coup de pied de l'âne qui va permettre d'avancer enfin sur ce
06:02dossier qui n'en finissait pas.
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