Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 minutes
Ce lundi 20 avril, les Assemblées générales de printemps du FMI et de la Banque mondiale ont été abordées par Matthieu Pechberty, journaliste BFM Business, Léonidas Kalogeropoulos, PDG de Médiation & Arguments et des Entrepreneurs pour la République, Amelle Elkhabli, PDG d'OpenCertif, présidente du FCE de l'Essonne, et Jézabel Couppey-Soubeyran, maître de conférences à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00C'est les experts avec Amel Elkabli, fondatrice et CEO d'OpenCertif,
00:05une entreprise qui accompagne les TPE et les PME à l'intégration de l'IA et de la cybersécurité.
00:10On en parlera tout à l'heure de l'intelligence artificielle et de la cybersécurité.
00:15Gézabel Coupé-Souberan est toujours avec nous, maître de conférence à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,
00:21conseillère scientifique à l'Institut Vébène et Léonidas Calogéro-Poulos, PDG de Médiation et Arguments.
00:26Et des entrepreneurs pour la République.
00:28Et des entrepreneurs pour la République.
00:30Merci de compléter.
00:32Je voulais qu'on revienne sur les assemblées générales de printemps du FMI et de la Banque mondiale.
00:36Il y en a deux sessions par an.
00:38Vous avez les AG de printemps et les AG d'automne.
00:41C'est normalement le grand rendez-vous de la finance internationale,
00:45des grands sujets politico-économiques.
00:47L'ensemble des ministres des pays développés y ont rendez-vous.
00:52Et même au-delà, et là cette année on faisait quand même tous le constat
00:55que, étonnamment, on en a assez peu parlé.
00:59Alors il y a un sujet quand même sur lequel le FMI a tiré la sonnette d'alarme.
01:03C'est sur l'endettement public mondial.
01:07Allez Amel, j'ai envie de commencer avec vous.
01:09Le FMI qui a expliqué qu'on se dirigeait tranquillement vers les 100% d'endettement,
01:17100% du PIB mondial d'ici la fin de la décennie.
01:21Bon, on est en France à 115, on respire toujours.
01:25Donc finalement, est-ce qu'un monde a endetté à hauteur de 100% de son PIB,
01:30de sa création de valeur ?
01:32C'est un monde dangereux selon vous.
01:34Je rappelle que vous êtes économiste de formation.
01:38Alors effectivement, on peut souffler, enfin on peut souffler avec ça en 115%,
01:43mais quand même, les États-Unis, eux seuls avec la Chine, concentrent finalement la moitié de la dette mondiale.
01:52Donc c'est quand même énorme.
01:54Donc le FMI annonce effectivement 100% de dette du PIB mondial.
02:01C'est énorme, puisque voilà, et puis on n'en parle pas assez maintenant,
02:07parce qu'il y a aussi les enjeux, enfin le contexte géopolitique,
02:11qui fait que finalement, ces chiffres-là, cet endettement-là,
02:15passe sous les cribles, on va dire, de la guerre qui a plus impact.
02:20Il y a des menaces plus saillantes que la menace de l'endettement, oui.
02:24Oui, mais qui ont quand même des liens très étroits,
02:29puisque finalement, la guerre engendre des dépenses militaires,
02:36avec des taux d'intérêt qui sont élevés,
02:39et donc finalement qui vont accroître un cercle vicieux finalement de la dette mondiale
02:44qui va continuer durablement dans le temps,
02:49et structurellement à croître vraiment dans le temps.
02:52Donc ça, c'est quand même assez, c'est alarmant, en tout cas,
02:59pour la France et surtout pour le monde.
03:02Donc attention à l'endettement croissant.
03:04Isabelle Coupé-Souberan, je rappelle que vous êtes maître...
03:07Isabelle.
03:07Isabelle.
03:08Isabelle, pardon.
03:10Je rappelle que vous êtes maître de conférence à l'Université Paris-Importée en Sorbonne,
03:14vous êtes une spécialiste des questions financières.
03:16Les AG du FMI et de la Banque mondiale,
03:18c'est normalement le grand rendez-vous de la finance internationale.
03:21Comment vous expliquez le fait qu'il n'y ait pas eu grand-chose cette année ?
03:23C'est vrai, on n'en a pas entendu beaucoup parler.
03:25C'est quelque chose que vous, vous suivez, par exemple, en tant qu'universitaire ?
03:29On suit cela d'assez près.
03:33Et là, assez peu de presse sur le sujet.
03:38Sans doute, en effet, dans un contexte de profonde incertitude
03:42où, de toute façon, on n'y voit pas très clair
03:45et où ce genre de grand rendez-vous ne permet pas forcément d'y voir beaucoup plus clair.
03:50On a quand même, si vous voulez, à l'issue de ce rendez-vous,
03:53des inquiétudes croissantes sur la croissance mondiale,
03:57sur l'évolution de l'inflation,
04:00donc sur l'évolution des taux d'intérêt,
04:03donc sur les difficultés aussi, après, à refinancer la dette.
04:07D'accord ?
04:08Donc la dette, c'est effectivement...
04:09Plus la dette augmente, plus ça devient un facteur de vulnérabilité financière.
04:13On va parler de la dette française.
04:14Ça va nous coûter 4 milliards de plus que prévu cette année en charge d'intérêt.
04:17Et la sensibilité du taux d'intérêt à l'augmentation de la dette n'est pas la même partout.
04:25Mais en Europe et en France en particulier, cette sensibilité est assez forte.
04:29C'est-à-dire que quand la dette augmente, le taux d'intérêt augmente.
04:32Et le résultat de ça, c'est que la charge de la dette augmente.
04:35C'est que la dette ne sert plus, finalement, qu'à la dette, après, j'ai envie de vous dire.
04:40C'est-à-dire qu'on s'endette pour rembourser la dette passée,
04:44pour payer la charge d'intérêt.
04:46Alors que ça devrait servir à financer l'économie.
04:51Donc ça, c'est vraiment un problème.
04:53Parce que plus la dette s'accumule en montagne
04:57et fait peser une charge d'intérêt importante,
05:00et moins, finalement, on est en capacité de faire avec la dette
05:04ce qu'on devrait faire, à savoir financer l'investissement.
05:08– Oui, pardon, mais vous avez souscrit totalement, mais avec un autre paramètre néanmoins,
05:14c'est qu'on finance avec de la dette les taux d'intérêt de la dette passée,
05:18mais on finance de plus en plus dans le modèle social par de la dette.
05:21Ce qui est une hérésie, une hérésie absolue.
05:25On financerait des infrastructures, je ne sais pas, on financerait,
05:29parce que personne n'imaginait qu'à un moment donné,
05:31on aurait atteint ce seuil de 100% de la richesse nationale en dette.
05:35C'est quelque chose qui était à l'horizon.
05:37Je pense qu'on aurait eu une réunion du FMI il y a dix ans.
05:41Ils auraient regardé la situation d'aujourd'hui
05:43comme étant une espèce d'horreur et d'un suicide collectif.
05:48– C'est bien juste le titre ou pas ?
05:49– Non, mais on l'aurait vu comme un suicide collectif.
05:51À un moment donné, ce qui apparaissait comme un suicide collectif
05:54et la réalité à laquelle on est arrivé
05:56et sur laquelle tout le monde a l'air de continuer,
05:59comme vous le disiez, à respirer tranquillement,
06:01eh bien, à un moment donné, le modèle va rattraper la réalité.
06:04C'est une nécessité.
06:05En revanche, on ne peut pas continuer à ne pas investir,
06:10je ne sais pas, sur la correction du climat,
06:13laisser un monde meilleur pour nos enfants demain
06:16et uniquement investir sur le fait de protéger socialement
06:22ceux qui sont là aujourd'hui et emprunter pour cela
06:26et avoir une charge de la dette qui devient de plus en plus lourde
06:29et qui fait qu'aujourd'hui, le budget de la sécurité sociale
06:32est plus élevé que le budget général de l'État,
06:35de notre pays, ce qui est en soi une catastrophe.
06:39– Les dépenses sociales représentent 60% de la hausse
06:41des dépenses publiques l'année dernière.
06:43– Je voudrais quand même juste apporter une petite précision.
06:46L'État s'endette sur les marchés financiers pour financer son déficit
06:52et le déficit vient autant des dépenses que des recettes, d'accord ?
06:59Enfin, le déficit, c'est quand les dépenses l'emportent sur les recettes.
07:02– On peut corriger sur une augmentation de recettes, oui.
07:04– Le problème peut tout aussi bien venir des dépenses que des recettes.
07:07Il s'avère que dans notre pays…
07:09– On a les deux niveaux les plus hauts du monde, quasiment.
07:11– Le problème vient aussi beaucoup de l'atrophie des recettes fiscales.
07:17– Je pense que nous allons nous trouver un autre poids de désaccord.
07:21Vous ne m'en voudrez pas, et je le dis avec un sourire amical.
07:29Imaginez que dans le pays le plus taxé du monde,
07:32le problème, c'est qu'on ne taxe pas suffisamment.
07:34Je pense que c'est quelque chose qui sera entre nous
07:37un point de désaccord durable.
07:40– Est-ce qu'on taxe au bon endroit ?
07:42– Certainement, j'imagine très très bien que,
07:45pour reprendre à terme une expression qui était chère à Georges Marchais,
07:50il faut prendre l'argent là où il est.
07:51Mais l'argent là où vous le voyez,
07:54c'est en principe de l'argent qui s'investit
07:56et qui permet de faire croire des entreprises.
07:59Elles sont déjà, je pense, au taquet sur les capacités de prélèvement.
08:04Et lorsque vous direz qu'on leur donne des cadeaux,
08:07c'est juste pour atténuer la charge des impôts qui pèsent sur elles,
08:11pour essayer de les rendre un tout petit peu compétitifs
08:14par rapport à leurs concurrents à l'international.
08:16– Il y a des surprofits à taxer, surtout dans le contexte actuel.
08:18On évoquait le contexte géopolitique, la guerre au Moyen-Orient,
08:23il y a des surprofits qui vont apparaître dans les industries gazières et pétrolières.
08:27– Vous avez raison.
08:27– C'est surprofits, il faut les taxer.
08:29– Il y a des petits ajustements à faire,
08:31si vous croyez que c'est la hauteur des dizaines de milliards de déficits
08:34que nous avons, je ne suis pas totalement sympa.
08:37– Mais j'ai plein d'autres propositions.
08:38– Oui, je vous rappelle quand même qu'au niveau de croissance économique,
08:42il y a quand même, en 2025, 79 100 entreprises défaillantes.
08:47Et depuis le début d'année, le premier trimestre,
08:49on est quand même à plus de 19 000 entreprises qui sont défaillantes
08:52et qui sont les plus vulnérables, les TPE, les petites entreprises.
08:57Elles sont 92% de TPE, de micro-entreprises,
09:00qui sont parmi ces 79 000 entreprises défaillantes.
09:04Donc c'est quand même, on parle d'endettement, etc.
09:07Mais qui va financer l'endettement ?
09:10La France, ce n'est pas la croissance, ce sont en tout cas des entreprises,
09:12puisque finalement, elles sont elles aussi plongées dans un problème de trésorerie.
09:16Et donc, c'est un cercle visuel.
09:18– Et ce ne sont pas les entreprises les plus aidées, précisément,
09:21par les banques, par les banques.
09:24Donc les financements bancaires ne vont pas là où ils devraient aller,
09:28au PME, au TPE, ça va bien d'avantage.
09:32– Pardon, mais je vais revenir à la question de l'ampleur de notre dette.
09:35Je suis désolé, mais je me permets de redire
09:38que lorsque l'on a des montants de dette comme ceux que nous avons,
09:42que l'essentiel est pris sur de la dette sociale
09:45et du reboursement de la dette,
09:48nous avons un problème de modèle.
09:50Alors ensuite, on peut, ça et là, sur tel et tel ajustement,
09:54considérer que telle entreprise ou tel secteur
09:56pourrait être davantage taxé que les autres,
09:58mais ce n'est pas le problème de modèle que nous avons.
10:01Notre modèle n'est pas durable.
10:03Et il va falloir le corriger.
10:05Et nous évoquions tout à l'heure les débats que nous avons
10:07dans l'univers patronal avec l'ensemble des représentants politiques.
10:11Nous pensons que notre rôle aujourd'hui,
10:14d'acteurs économiques, c'est de faire la pédagogie
10:18de modèles qui fonctionnent et de modèles qui ne fonctionnent pas.
10:21Nous ne sommes pas des ennemis de la protection sociale, pas du tout,
10:24mais nous pensons qu'il y a des choses qui sont viables
10:26et des choses qui ne sont pas,
10:28et qu'il y a quelques éléments qui ne sont pas inutiles pour ça,
10:30ce sont les repères arithmétiques.
10:33De l'arithmétique doit être remise à tout petit peu
10:36dans le cœur de notre modèle pour ne pas totalement déraper.
10:39On a besoin de repères et là, on est totalement sorti des clous.
10:43Et je pense que les derniers chiffres sortis du FMI
10:45et ceux qui nous concernent en attestent largement.
10:48Bon, FMI qui expliquait en tout cas sur les aides au carburant,
10:51on est en pleine crise,
10:52qu'il fallait des aides très temporaires et très ciblées.
10:55Pour le coup, on suit le modèle à la lettre près.
10:59Effectivement.
11:00Allez, il est 10h45, vous êtes toujours en direct sur BFM Business.
11:05On va s'attaquer au dernier sujet passionnant,
11:09évidemment, celui de l'impact de l'intelligence artificielle sur l'emploi.
11:14L'IA va-t-elle vraiment changer les métiers ?
11:18Va-t-elle les détruire ou les transformer ?
11:21On a évidemment des rapports qui sont publiés en ce moment
11:27quasiment quotidiennement sur le sujet.
11:31Vendredi, c'est OpenAI.
11:33Quelqu'un qui connaît une boîte,
11:34qui connaît plutôt bien l'intelligence artificielle,
11:37qui a publié un rapport sur l'impact de l'IA sur le travail
11:42avec deux idées clés.
11:44L'IA transforme surtout les tâches
11:48et pas forcément les emplois entièrement.
11:53Et donc, l'idée, c'est que beaucoup de métiers
11:56seront augmentés ou redéfinis,
11:58mais pas forcément supprimés.
12:01Ça, c'est votre quotidien, Amel Elkabli, j'ai envie de dire,
12:05puisque vous conseillez des TPE, des PME
12:09dans l'adoption de l'IA aujourd'hui.
12:13Alors vous, que voyez-vous dans les entreprises
12:16que vous conseillez aujourd'hui ?
12:19Déjà, je vois des entreprises qui ne sont pas du tout matures
12:22par rapport à l'adoption de l'IA.
12:24Seuls 9% finalement des entreprises françaises
12:26ont adopté l'IA dans leur processus clé.
12:299% seulement ?
12:31Moi, j'entends tout et son contraire sur ces chiffres.
12:32J'ai vu que la France était très en avance
12:34et puis très en retard par rapport aux Chinois, aux Américains, etc.
12:38Globalement, au-delà des chiffres,
12:39mais c'est 9% des entreprises seulement
12:42qui utilisent...
12:43Ça vous laisse un potentiel de développement absolument majeur.
12:46C'est une très bonne nouvelle.
12:48Un emploi, ça crée des moyens.
12:50Pour Open Certif, votre société.
12:52C'est déjà ça, exactement.
12:549% seulement, mais on est super en retard.
12:57On est en retard.
12:59Par rapport aux voisins européens, on se situe où ?
13:01On est dans la moyenne, on est dans la moyenne.
13:04On n'est pas très en retard par rapport à nos voisins européens.
13:08On est très en retard par rapport à la Chine ou aux Etats-Unis,
13:11ou aux Américains, qui sont bien en avance.
13:13D'autant que toutes les boîtes d'IA,
13:15comme OpenAI, Cloud, etc.,
13:18ce sont des entreprises américaines.
13:19On a quand même notre Mistral,
13:22qu'on chouchoute.
13:25Utiliser le chat de Mistral.
13:26Qu'on chouchoute, exactement.
13:28Sauf que le chat de Mistral
13:32est moins développé,
13:34parce qu'on l'utilise moins,
13:35qu'OpenAI, que ChatGPT,
13:38ou Cloud ou d'autres technologies d'IA.
13:41Et 9% de taux d'utilisation d'IA dans les entreprises,
13:44ça veut dire qu'en réalité,
13:45ça n'impacte pas beaucoup encore les métiers.
13:49C'est assez difficile à voir.
13:50C'est ça la question qu'on pose ce matin.
13:52Est-ce que ça va supprimer des métiers
13:54ou est-ce que ça va les transformer ?
13:55Le rapport d'OpenAI montre bien deux choses.
14:00Déjà, il définit ce que c'est l'IA redéfinie
14:04et l'IA augmentée.
14:05Redéfinie, c'est quoi ?
14:06C'est une IA qui va finalement améliorer
14:10les tâches quotidiennes,
14:11les tâches notamment cognitives,
14:14l'analyse des données,
14:16la comptabilité,
14:17les synthèses de rapports,
14:20du code aussi de base
14:21qu'on peut demander à l'IA.
14:23Et donc là, on a l'IA qui va être redéfinie.
14:27Elle va non pas supprimer le poste,
14:30mais elle va permettre, on va dire,
14:32d'avoir un rôle supplémentaire
14:34de gérer que les cas complexes, par exemple,
14:37ou des questions éthiques.
14:39Mais elle va, on va dire,
14:40globalement, en moyenne,
14:41on gagne cinq heures de temps
14:44par semaine pour un chef d'entreprise
14:46qui va utiliser l'IA.
14:47C'est quand même pas mal.
14:48Cinq heures de temps gagnées,
14:50bien sûr, c'est un gain de temps considéré
14:52pour un chef d'entreprise.
14:54En termes de compétitivité, c'est pas mal.
14:56Donc, il y a l'IA redéfinie,
15:00qui, finalement, va améliorer les tâches,
15:02mais on a toujours besoin de l'humain,
15:04on va dire, d'un rôle qui va se modifier.
15:06Et puis, on a l'IA augmentée.
15:08Alors, l'IA augmentée, c'est quoi ?
15:10C'est une IA où,
15:12enfin, c'est plutôt dans les métiers.
15:14On a, par exemple, dans le design,
15:16dans le design, dans les synthèses,
15:18dans les comptables, par exemple,
15:20on va demander à l'IA de le faire.
15:22Ok, donc là, concrètement, on se dit,
15:23hop, c'est un métier qui va disparaître.
15:26Donc, le designer, on n'a plus besoin.
15:28Celui qui fait des vidéos, on n'a plus besoin.
15:29Le community manager, maintenant,
15:30on demande à Thia Djipiti, Claude ou Mistral
15:33de nous faire des postes et tout, c'est fait.
15:34C'est tout qu'on n'a pas besoin.
15:35Par contre, au contraire,
15:37l'IA augmentée, c'est quoi ?
15:38C'est qu'effectivement,
15:39elle va faciliter le travail,
15:41mais puisque les coûts vont baisser,
15:43eh bien, ça va permettre, finalement,
15:45aux entreprises d'augmenter la demande.
15:48Donc, quand la demande va augmenter,
15:50eh bien, on a besoin de plus de professionnels
15:52aguerris à l'IA, à ses usages.
15:55Et donc, eh bien, elle va augmenter l'IA.
15:57Et donc, voilà, on a quand même besoin de l'IA
16:00parce qu'elle va baisser les coûts
16:01et donc augmenter l'usage de ces IA
16:04sur le marché du travail.
16:05Donc, globalement,
16:09l'IA ne détruit pas des métiers.
16:12Elle va, au contraire, améliorer la productivité.
16:16Alors, certains métiers, oui,
16:17parce qu'en fait,
16:19le rapport précise deux variables.
16:21Il précise, donc, la première variable,
16:22c'est le rapport à l'humain.
16:26Tous les métiers qui demandent plus d'humains,
16:30par exemple, un pompier,
16:31on ne peut pas remplacer un pompier par l'IA.
16:34C'est impossible.
16:35Les aides-soignantes, on ne va pas remplacer...
16:38Tout le contact humain, etc.
16:41va être augmenté.
16:43Exactement.
16:43Et puis, vous avez aussi les professions
16:44qui sont réglementaires.
16:46Exemple, le scénographe réglementaire judiciaire,
16:50lui, on est obligé d'en avoir un.
16:51Alors que, concrètement, l'IA pourrait le faire.
16:53Mais comme on est obligé,
16:54c'est un métier qui va, on va dire,
16:56potentiellement, en tout cas,
16:57être gardé, on va dire,
17:00pour le moment.
17:01Oui, préservé.
17:02Pour le moment.
17:02Ça veut dire, dans quelques années,
17:03on peut se dire,
17:05les politiques vont réfléchir,
17:06ils vont déterminer les métiers
17:07qui peuvent être remplacés par l'IA.
17:09Et donc, hop, on va aller prendre des métiers
17:10qui sont réglementaires.
17:11De la même façon que les avocats.
17:13Les avocats, pas,
17:14ils ont aussi une panoplie, en fait dire,
17:16de juristes qui peuvent être aussi remplacés
17:18et donc améliorés.
17:19Je trouve que c'est absolument spectaculaire.
17:23On a des résultats, parfois très étonnants,
17:26lorsque l'on interroge des Claude
17:28ou du Mistral.
17:31Et on se dit,
17:32mais ce que l'IA est capable
17:34de nous apporter en quelques minutes,
17:36ça aurait pris des heures à faire.
17:39Donc, en termes de compétitivité,
17:40je trouve que c'est vraiment très utile.
17:43Et on le sait,
17:44les gains de compétitivité,
17:45c'est de la richesse en plus.
17:48C'est véritablement quelque chose
17:51qui a un potentiel
17:53qui est très difficile d'anticiper, d'ailleurs.
17:55Parce que quand bien même
17:56il y aurait des métiers qui disparaîtraient
17:58ou des effectifs qui baisseraient,
18:00le fait de gagner en compétitivité,
18:02c'est un accroissement de richesse
18:03pour l'ensemble de l'économie.
18:04Et dès lors,
18:05tout le monde bénéficie.
18:08Donc, anticiper
18:10l'impact
18:11à moyen terme
18:12de la propagation de l'IA
18:15et avec ce chiffre de 9%
18:16que vous nous donnez,
18:18on voit bien que la marge de progression
18:19est absolument colossale.
18:21Je pense que c'est difficile.
18:23Ça amène un peu spontanément
18:25à avoir
18:25une réaction presque,
18:27j'allais dire,
18:28presque idéologique
18:29vis-à-vis du progrès technologique.
18:30C'est ce qu'on regarde
18:31le progrès technologique
18:32comme étant l'ennemi.
18:34Et vous savez comme moi
18:35que chaque saut technologique
18:36a été regardé
18:38à porter son lot d'angoisse aussi.
18:40Et tous les Cassandres
18:41ont toujours considéré
18:42que chaque saut technologique
18:43allait provoquer un chômage de masse
18:45et mettre à la rue
18:47tous les ouvriers
18:48du moment où c'est apparu.
18:49Et ce n'est pas ce qui s'est passé.
18:51Je me dis finalement
18:52qu'avec ça,
18:53c'est l'extraordinaire augmentation
18:56des capacités humaines
18:57dans tous les domaines.
18:58Et donc,
18:59qui dit augmentation
19:00des capacités humaines
19:01dit véritablement
19:02une croissance économique
19:03exponentielle potentiellement
19:05pour autant
19:06qu'on prenne
19:08le cheval au galop.
19:09Et à 9%,
19:10j'ai plus envie
19:11qu'on aille vite
19:12qu'on accélère
19:13en accélérant
19:14plutôt qu'à attendre
19:15de se demander
19:16quel sera le bon verdict
19:17sur le cheval.
19:19Le souci,
19:19c'est que si on veut
19:20augmenter,
19:21on va dire,
19:21ce pourcentage-là,
19:22il faut aussi
19:24améliorer
19:24les compétences.
19:26Bien sûr.
19:27La problématique
19:28Il y a un véritable sujet
19:29sur la formation.
19:31À l'université,
19:32par exemple,
19:33Gézabelle Coupé-Soubar,
19:34on en est où avec l'IA ?
19:36On n'en est pas très loin,
19:37c'est clair.
19:38Il faut vraiment
19:39s'y préparer.
19:40Et on n'y est pas.
19:42Et il va y avoir
19:43en effet
19:46un chantier
19:48de formation,
19:49d'adaptation.
19:50Parce que
19:50vous nous disiez tout à l'heure,
19:52en fait,
19:52ça ne va pas détruire
19:52de l'emploi,
19:53ça va transformer
19:54des tâches.
19:54Mais si c'est vraiment
19:56cet effet-là
19:57qui prédomine,
19:58et on n'est pas sûr
19:59que cet effet-là
20:00prédomine,
20:01mais il y a un gros
20:02enjeu de formation.
20:03Est-ce que
20:04notre système
20:05d'éducation,
20:06de formation
20:07est prêt
20:08pour cela ?
20:09Avec des universités
20:10qui sont
20:11sans moyens,
20:13d'accord ?
20:13Des écoles de commerce
20:15qui coûtent
20:16extraordinairement cher,
20:17qui n'ont pas toujours
20:18une offre de cours
20:20à la hauteur
20:21du prix
20:22que les étudiants
20:23que les étudiants payent.
20:24Donc je pense que
20:25même pour ce chantier
20:26de formation-là,
20:26on n'est pas prêt.
20:28Et par ailleurs,
20:29l'effet
20:30pourrait être
20:31beaucoup plus important
20:32sur le travail humain
20:34que ce qu'on est en train
20:36de se dire ici.
20:37Moi, j'entends
20:38les beaux discours
20:40sur l'augmentation
20:41de la productivité,
20:42ça va être génial,
20:43ça va booster
20:44la croissance,
20:45mais si
20:47un humain
20:48devient
20:49dix fois plus productif
20:51grâce à l'IA,
20:52ça veut dire
20:53tout simplement
20:54qu'on va avoir
20:54moins besoin
20:56de travail humain.
20:57Donc vous allez quand même
20:58avoir un effet
20:59de remplacement.
21:00Est-ce que l'effet
21:01de remplacement
21:02va l'emporter
21:03sur l'effet
21:04de création
21:05de nouvelles tâches,
21:06voire de nouveaux emplois ?
21:08En réalité,
21:09on ne le sait pas.
21:11D'accord ?
21:12Donc dans le meilleur
21:12des cas,
21:13il y a un chantier
21:15de formation,
21:16on n'est pas prêt.
21:17Dans le pire
21:20des cas,
21:21eh bien en fait,
21:21il va y avoir
21:22un gros chantier
21:23de compensation,
21:24c'est-à-dire que
21:25ceux qui n'ont pas
21:26de travail,
21:26qui ne pourront plus
21:27vivre de leur travail,
21:28il va falloir
21:30leur donner
21:30des ressources,
21:33leur permettre
21:34de vivre.
21:35Et ça,
21:35on n'est pas prêt,
21:36surtout quand on est
21:37en train de taper
21:39constamment
21:39sur le modèle social
21:41en disant
21:41que c'est la source
21:43de nous.
21:43OpenAI donne des chiffres
21:44parce qu'évidemment
21:45c'est polymorphe,
21:47tout ça,
21:47il y aura un peu
21:48de tout en réalité,
21:49mais on peut discuter
21:50quand même des chiffres
21:51intéressants d'OpenAI.
21:53Grosso modo,
21:53pour la moitié
21:54des professionnels,
21:55pas de changement.
21:5646%,
21:56peu de changement
21:57immédiat,
21:59immédiat,
21:59à voir dans la durée.
22:01Bien sûr,
22:02vous avez un travailleur
22:03sur 5,
22:0318% pour qui
22:04il y a un risque élevé
22:06d'automatisation.
22:07Ça veut dire que quand même,
22:08si on balaye 20%
22:09des jobs,
22:11ça risque de tanguer
22:12quand même un peu.
22:13Pour un quart,
22:14ce sera une réorganisation,
22:15il y aura moins d'emplois,
22:17mais les humains
22:19seront toujours nécessaires
22:20et pour 12% seulement,
22:22il y aura un effet volume
22:24grâce à la baisse des coûts
22:25et ça va apporter
22:25de la croissance.
22:26C'est le seul chiffre
22:27qui a retenu le Figaro.
22:29J'ai noté ça
22:30dans la page du week-end.
22:32C'est le seul chiffre
22:32qui a retenu le Figaro.
22:32Ça s'appelle tirer un angle.
22:34C'est les 10%
22:35qui comptent d'en comporter.
22:37Le danger de l'IA,
22:39c'est pas le chômage de masse,
22:41mais c'est finalement
22:42la capacité à piloter l'IA
22:45et donc la transition.
22:46Et le souci,
22:47c'est vraiment la transition.
22:49Et on voit qu'on n'y est pas
22:49du tout.
22:50On n'y est pas encore.
22:50Un autre premier sujet
22:52sur le dialogue
22:53entre les acteurs économiques
22:54et les forces politiques.
22:56Je me dis finalement
22:57qu'un sujet comme celui-là
22:59a véritablement besoin
23:01de témoins économiques
23:02sur la manière
23:03dont les métiers
23:03sont transformés,
23:04la manière dont les entreprises
23:05réorganisent le travail
23:07en leur sein.
23:08Et former nos acteurs,
23:11nos décideurs politiques
23:13à ces enjeux,
23:14c'est probablement aujourd'hui
23:17un sujet qui est plus important
23:19que les sujets
23:20dans lesquels on est encalminé
23:22sur le modèle social.
23:24Véritablement,
23:25le monde entier
23:27avance sur les biotechs,
23:28sur l'intelligence artificielle,
23:30sur les transitions écologiques.
23:32Et on est dans des débats
23:34du 19e.
23:36Plus en France qu'ailleurs ?
23:37Je suis certaine.
23:38Est-ce que ce n'est pas le cas
23:38de tous les pays européens ?
23:40On est bien sur notre premier sujet aussi
23:41parce que l'IA,
23:42c'est également en fait
23:44une force politique déstabilisante.
23:46Il y a énormément de concentration
23:48dans le secteur de l'IA.
23:51Vous mentionniez tout à l'heure
23:53OpenIA et puis on peut ajouter NVIDIA.
23:56Ce sont des acteurs vraiment
23:58en position de domination
24:00qui ont un pouvoir politique
24:03du fait de leur domination économique.
24:07Et si on minimise
24:08en fait les effets de l'IA
24:11sur le travail humain,
24:13sur les travailleurs,
24:13comme on l'avait fait d'ailleurs
24:15aussi avec le choc chinois,
24:18avec la mondialisation,
24:19le risque là encore,
24:21c'est la montée
24:23de l'extrême droite.
24:25Alors je ne sais pas
24:26si j'irais conclure
24:29de la même manière que vous
24:30sur le technofascisme.
24:32Mais en revanche,
24:33nous nous sommes trouvés
24:34à un point de convergence
24:35au moins sans frein
24:36dans cette heure de débat.
24:37et vous m'envoyez ravi.
24:39C'est sur le danger réel
24:41d'avoir des intelligences artificielles
24:44qui sont entre les mains
24:45de géants américains uniquement.
24:47C'est un danger existentiel,
24:50civilisationnel.
24:51Et vous voyez que ça vous fait
24:52finalement un joli point commun.
24:54Merci.
24:55Merci beaucoup.
24:56pour être tous les trois
24:58pour cette émission passionnante.
Commentaires

Recommandations