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00:05L'Europe a sacrément besoin d'autonomie, d'autonomie énergétique, mais aussi d'autonomie financière.
00:11Comment la bourse peut-elle y contribuer, le marché des capitaux ?
00:13Marc Lefèvre nous rejoint, Managing Director de Scope.
00:17Bonjour Marc.
00:18Bonjour Guillaume, bienvenue.
00:19Pourquoi l'autonomie financière et pourquoi maintenant d'ailleurs ?
00:22Alors l'autonomie, enfin un marché des capitaux solides est un marché où l'autonomie doit être centrale.
00:28Vous parliez effectivement d'autonomie énergétique, on peut parler de défense, on peut parler également d'agriculture,
00:33mais la finance reste centrale dans nos économies.
00:35On le voit bien aujourd'hui, l'Europe est sous pression.
00:38Russie, Chine, Etats-Unis, donc être dépendant de ces régions aujourd'hui n'est plus tenable.
00:44Et aujourd'hui les responsables politiques ne peuvent plus se soustraire à une véritable action.
00:49Alors quelle doit être cette action ?
00:51Premièrement, il y a trois vérités.
00:53La première, c'est que seule une Europe unie et forte peut survivre dans un monde qui devient de plus
00:59en plus multipolaire.
01:00Ça c'est un premier élément.
01:01Le deuxième, c'est que la pertinence et l'influence de l'Europe ne reposent pas uniquement sur ses valeurs
01:06et ses discours,
01:07mais sur des choses très concrètes et sa puissance économique est cruciale.
01:11Il faut vraiment qu'on prenne notre autonomie dans ce domaine.
01:13Le troisième élément, c'est que l'autonomie stratégique n'est pas un luxe ni un concept,
01:18mais véritablement une condition préalable à la capacité d'action de l'Europe.
01:22On doit reprendre la guidance de nos actions.
01:26Et vraiment pour aller à la racine des enjeux et des besoins,
01:29pourquoi le marché des capitaux est-il central dans cette quête de souveraineté ?
01:33Alors en fait, on parle beaucoup depuis un certain nombre d'années de l'union des marchés de capitaux.
01:38Donc maintenant on parle de l'union de l'épargne et de l'investissement.
01:42C'est le nouveau nom de l'union des marchés de capitaux.
01:43Exactement, qui a trois certitudes.
01:46Comme ça c'est plus compliqué, c'est mieux.
01:46L'union de l'épargne et de l'investissement.
01:48Voilà, ça a été redénommé suite au rapport L'État, Enrico L'État, mais également Draghi et Noyer.
01:54On oublie souvent Noyer, mais les trois allaient dans le même sens.
01:57Avec trois objectifs principaux.
01:59Rassembler les marchés de capitaux et éviter la fragmentation.
02:02On voit beaucoup trop de fragmentation, par exemple de la liquidité en bourse.
02:06Améliorer les possibilités de financement des entreprises.
02:08Les entreprises d'aujourd'hui, elles sont très largement financées par les banques,
02:12en tout cas en Europe, et pas suffisamment par le marché.
02:14On a tous en tête la règle des 70-30%.
02:17Et puis, mobiliser les capitaux et les canaliser là où il y a le plus grand besoin,
02:22à la fois sur les transformations digitales, mais également environnementales,
02:26et puis surtout pour la croissance.
02:27Donc un marché des capitaux unifiés va permettre de réduire cette dépendance
02:31vis-à-vis des États-Unis, principalement pour ne pas les citer.
02:35Et donc, l'union des marchés de capitaux va accroître le poids économique de l'Europe de facto.
02:40Et c'est ça qui sera le game changer dont on a besoin en Europe.
02:44Et donc, la pertinence politique trouvera ici tout son sens au sein de son indépendance stratégique.
02:50Alors, autonomie, souveraineté, il y a un truc auquel personne n'a pensé,
02:55auquel vous, vous pensez, c'est le fait que toutes les grandes agences de notation
02:58qui sont chargées d'évaluer la qualité du crédit, sont anglo-saxonnes.
03:03Et est-ce que nous, on a moyen de changer un petit peu ce paradigme ?
03:08On a essayé, mais...
03:09Là, effectivement, on fait plus qu'essayer,
03:12puisque Scope est la seule alternative crédible aux agences américaines.
03:16Vous êtes Scope, c'est vous, Scope.
03:17On est Scope, exactement.
03:19Ça fait plus de 12 ans qu'on est...
03:20Ça fait 15 ans qu'on est sur le marché, mais 12 ans complètement près.
03:24Et je vous assure qu'on est en train de marquer beaucoup de points,
03:26parce que quand vous mettez bout à bout le retour de Donald Trump,
03:30et donc tous ses soucis de souveraineté...
03:31J'étais hier au Paris Forum de Paris Europlace.
03:33La souveraineté, c'est le maître mot.
03:35On l'entend dans toutes les conférences chaque jour.
03:37Donc, utilisons l'acteur qui est l'acteur européen, qui est Scope.
03:41Aujourd'hui, on est à la fois au cœur de l'équation entre émetteur et investisseur.
03:45Je peux vous assurer que les deux parties de l'équation
03:48appellent à beaucoup plus de souveraineté.
03:49Mais pourquoi est-ce qu'il faut encore le dire ?
03:52Enfin, on comprend, vous êtes un acteur européen,
03:54on en a besoin, effectivement, et un levier de notre souveraineté.
03:56Votre métier, c'est de noter la santé financière de plein d'acteurs,
04:00y compris ceux qui prêtent de l'argent.
04:01Donc, c'est très important là-dessus aussi d'avoir des agences de notation souveraines,
04:05qu'on ne dépend pas seulement de la vision américaine des choses.
04:08Et pourquoi ce n'est pas plus naturel ?
04:09Alors, ça le devient.
04:11La bonne nouvelle, c'est que ça le devient.
04:12On a de plus en plus de clients du côté, une fois de plus, émetteurs et investisseurs.
04:16Et aujourd'hui, ils comprennent que ça constitue un élément fondamental
04:19de l'infrastructure de marché.
04:21Ça va influencer la perception des risques par les investisseurs.
04:24On est profondément ancré dans les aspects réglementaires.
04:28Et donc, aujourd'hui, tout le monde comprend que la dépendance
04:31constitue non seulement un risque technique, pour reprendre votre point,
04:34mais aussi un risque stratégique.
04:36Donc, aujourd'hui, je dirais que les mentalités évoluent.
04:41Exemple, toutes les agences européennes nous ont mandatées.
04:43Il n'y en a pas une qui ne nous est pas mandatée.
04:44L'Union européenne, la BUI, l'ESM.
04:48Je ne vais pas les citer toutes.
04:49Également au niveau, par exemple, français, KDS, UNEDIC.
04:52Donc, aujourd'hui, il y a une vraie prise de conscience.
04:54Et c'est le moment de transformation important.
04:59Pardon pour le mot, mais on est dans le protectionnisme généralisé, là, ou pas ?
05:02Justement, ces enjeux, ils sont hyper importants.
05:04On comprend.
05:04Il faut aussi mettre en avant, promouvoir les agences européennes de notation,
05:08Scope notamment.
05:09Est-ce qu'on est là, quand même, dans une démarche protectionniste ?
05:12Et il faut faire son coming out, tous ensemble, là ?
05:14Est-ce qu'on est en train de devenir protectionniste ?
05:15Alors, il ne faut pas avoir peur des mots.
05:17Mais, pour le coup, une agence de notation européenne
05:19n'est pas un instrument protectionniste en tant que tel,
05:21mais plutôt un correctif analytique.
05:23Ça, c'est très important.
05:25Donc, je le disais, aujourd'hui, tous les acteurs s'accordent
05:27sur l'importance d'une perspective de notation indépendante
05:29et sur un prisme, un angle différent sur le risque de crédit.
05:32Parce qu'effectivement, on voit ce qui s'est passé
05:35avec la crise de l'euro ou la crise financière précédente,
05:39où toutes les agences américaines nous ont finalement emmenés dans le mur.
05:42Donc, aujourd'hui, qui, mieux qu'une agence européenne,
05:45peut comprendre ce qui se passe en Europe ?
05:47C'est notre rôle au quotidien.
05:48Et je vous assure que ça, on est de plus en plus entendus.
05:52On va apporter cette diversité à la formation de l'opinion,
05:55la profondeur à l'analyse et la résilience de l'architecture financière.
06:00Et en prenant en compte tous les aspects
06:03de l'écosystème européen et des aspects réglementaires européens,
06:07eh bien, c'est très différent.
06:08Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, des émetteurs vont faire le choix
06:11de déployer un Américain, ils en ont peut-être deux ou trois,
06:14ou même de nous ajouter aux trois, pour avoir cette perspective différente.
06:17Oui, on ne dit souvent jamais 203, ils sont trois, là, jamais 304.
06:21Alors maintenant, on parle même de cinq.
06:22Toujours quatre roues.
06:23Les SMA parlent des Big Five, non plus des Big Three.
06:26Dans les Big Five, vous ajoutez des BRS et Scope,
06:29donc on en est ravis.
06:31Et là, vous le comprenez, peut-être un petit caillus politique,
06:34mais pour l'Europe, il s'agit ici d'un véritable acte de maturité financière,
06:39d'autonomie stratégique, et en même temps d'un complément nécessaire
06:42au marché de capitaux qui soit véritablement pluraliste et ouvert.
06:46Il faut que le carrosse n'ait plus seulement trois roues,
06:48mais quatre ou cinq, c'est mieux que trois.
06:50Quatre, c'est bien, non ?
06:50On préfère eux y quatre.
06:51Nous, on est très bien avec trois, mais bon, quatre, c'est bien.
06:55Bon, d'accord. Marc Lefebvre avec nous.
06:57Scope, donc, je le dis à l'anglo-saxonne quand même,
06:59parce qu'il faut que tout ça soit connu du monde entier.
07:00Merci beaucoup de nous avoir accompagnés aujourd'hui.