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  • il y a 4 jours
Ce mercredi 10 juin, Marc Lefèvre, head of western Europe Scope Group, s'est penché sur le besoin d'autonomie énergétique en Europe, l'union des marchés des capitaux dans la quête de souveraineté pour l'Europe, et le rôle des agences de notations européennes, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:05L'Europe a sacrément besoin d'autonomie, d'autonomie énergétique, mais aussi d'autonomie financière.
00:11Comment la bourse peut-elle y contribuer, le marché des capitaux ?
00:13Marc Lefèvre nous rejoint, Managing Director de Scope.
00:17Bonjour Marc.
00:18Bonjour Guillaume, bienvenue.
00:19Pourquoi l'autonomie financière et pourquoi maintenant d'ailleurs ?
00:22Alors l'autonomie, enfin un marché des capitaux solides est un marché où l'autonomie doit être centrale.
00:28Vous parliez effectivement d'autonomie énergétique, on peut parler de défense, on peut parler également d'agriculture,
00:33mais la finance reste centrale dans nos économies.
00:35On le voit bien aujourd'hui, l'Europe est sous pression.
00:38Russie, Chine, Etats-Unis, donc être dépendant de ces régions aujourd'hui n'est plus tenable.
00:44Et aujourd'hui les responsables politiques ne peuvent plus se soustraire à une véritable action.
00:49Alors quelle doit être cette action ?
00:51Premièrement, il y a trois vérités.
00:53La première, c'est que seule une Europe unie et forte peut survivre dans un monde qui devient de plus
00:59en plus multipolaire.
01:00Ça c'est un premier élément.
01:01Le deuxième, c'est que la pertinence et l'influence de l'Europe ne reposent pas uniquement sur ses valeurs
01:06et ses discours,
01:07mais sur des choses très concrètes et sa puissance économique est cruciale.
01:11Il faut vraiment qu'on prenne notre autonomie dans ce domaine.
01:13Le troisième élément, c'est que l'autonomie stratégique n'est pas un luxe ni un concept,
01:18mais véritablement une condition préalable à la capacité d'action de l'Europe.
01:22On doit reprendre la guidance de nos actions.
01:26Et vraiment pour aller à la racine des enjeux et des besoins,
01:29pourquoi le marché des capitaux est-il central dans cette quête de souveraineté ?
01:33Alors en fait, on parle beaucoup depuis un certain nombre d'années de l'union des marchés de capitaux.
01:38Donc maintenant on parle de l'union de l'épargne et de l'investissement.
01:42C'est le nouveau nom de l'union des marchés de capitaux.
01:43Exactement, qui a trois certitudes.
01:46Comme ça c'est plus compliqué, c'est mieux.
01:46L'union de l'épargne et de l'investissement.
01:48Voilà, ça a été redénommé suite au rapport L'État, Enrico L'État, mais également Draghi et Noyer.
01:54On oublie souvent Noyer, mais les trois allaient dans le même sens.
01:57Avec trois objectifs principaux.
01:59Rassembler les marchés de capitaux et éviter la fragmentation.
02:02On voit beaucoup trop de fragmentation, par exemple de la liquidité en bourse.
02:06Améliorer les possibilités de financement des entreprises.
02:08Les entreprises d'aujourd'hui, elles sont très largement financées par les banques,
02:12en tout cas en Europe, et pas suffisamment par le marché.
02:14On a tous en tête la règle des 70-30%.
02:17Et puis, mobiliser les capitaux et les canaliser là où il y a le plus grand besoin,
02:22à la fois sur les transformations digitales, mais également environnementales,
02:26et puis surtout pour la croissance.
02:27Donc un marché des capitaux unifiés va permettre de réduire cette dépendance
02:31vis-à-vis des États-Unis, principalement pour ne pas les citer.
02:35Et donc, l'union des marchés de capitaux va accroître le poids économique de l'Europe de facto.
02:40Et c'est ça qui sera le game changer dont on a besoin en Europe.
02:44Et donc, la pertinence politique trouvera ici tout son sens au sein de son indépendance stratégique.
02:50Alors, autonomie, souveraineté, il y a un truc auquel personne n'a pensé,
02:55auquel vous, vous pensez, c'est le fait que toutes les grandes agences de notation
02:58qui sont chargées d'évaluer la qualité du crédit, sont anglo-saxonnes.
03:03Et est-ce que nous, on a moyen de changer un petit peu ce paradigme ?
03:08On a essayé, mais...
03:09Là, effectivement, on fait plus qu'essayer,
03:12puisque Scope est la seule alternative crédible aux agences américaines.
03:16Vous êtes Scope, c'est vous, Scope.
03:17On est Scope, exactement.
03:19Ça fait plus de 12 ans qu'on est...
03:20Ça fait 15 ans qu'on est sur le marché, mais 12 ans complètement près.
03:24Et je vous assure qu'on est en train de marquer beaucoup de points,
03:26parce que quand vous mettez bout à bout le retour de Donald Trump,
03:30et donc tous ses soucis de souveraineté...
03:31J'étais hier au Paris Forum de Paris Europlace.
03:33La souveraineté, c'est le maître mot.
03:35On l'entend dans toutes les conférences chaque jour.
03:37Donc, utilisons l'acteur qui est l'acteur européen, qui est Scope.
03:41Aujourd'hui, on est à la fois au cœur de l'équation entre émetteur et investisseur.
03:45Je peux vous assurer que les deux parties de l'équation
03:48appellent à beaucoup plus de souveraineté.
03:49Mais pourquoi est-ce qu'il faut encore le dire ?
03:52Enfin, on comprend, vous êtes un acteur européen,
03:54on en a besoin, effectivement, et un levier de notre souveraineté.
03:56Votre métier, c'est de noter la santé financière de plein d'acteurs,
04:00y compris ceux qui prêtent de l'argent.
04:01Donc, c'est très important là-dessus aussi d'avoir des agences de notation souveraines,
04:05qu'on ne dépend pas seulement de la vision américaine des choses.
04:08Et pourquoi ce n'est pas plus naturel ?
04:09Alors, ça le devient.
04:11La bonne nouvelle, c'est que ça le devient.
04:12On a de plus en plus de clients du côté, une fois de plus, émetteurs et investisseurs.
04:16Et aujourd'hui, ils comprennent que ça constitue un élément fondamental
04:19de l'infrastructure de marché.
04:21Ça va influencer la perception des risques par les investisseurs.
04:24On est profondément ancré dans les aspects réglementaires.
04:28Et donc, aujourd'hui, tout le monde comprend que la dépendance
04:31constitue non seulement un risque technique, pour reprendre votre point,
04:34mais aussi un risque stratégique.
04:36Donc, aujourd'hui, je dirais que les mentalités évoluent.
04:41Exemple, toutes les agences européennes nous ont mandatées.
04:43Il n'y en a pas une qui ne nous est pas mandatée.
04:44L'Union européenne, la BUI, l'ESM.
04:48Je ne vais pas les citer toutes.
04:49Également au niveau, par exemple, français, KDS, UNEDIC.
04:52Donc, aujourd'hui, il y a une vraie prise de conscience.
04:54Et c'est le moment de transformation important.
04:59Pardon pour le mot, mais on est dans le protectionnisme généralisé, là, ou pas ?
05:02Justement, ces enjeux, ils sont hyper importants.
05:04On comprend.
05:04Il faut aussi mettre en avant, promouvoir les agences européennes de notation,
05:08Scope notamment.
05:09Est-ce qu'on est là, quand même, dans une démarche protectionniste ?
05:12Et il faut faire son coming out, tous ensemble, là ?
05:14Est-ce qu'on est en train de devenir protectionniste ?
05:15Alors, il ne faut pas avoir peur des mots.
05:17Mais, pour le coup, une agence de notation européenne
05:19n'est pas un instrument protectionniste en tant que tel,
05:21mais plutôt un correctif analytique.
05:23Ça, c'est très important.
05:25Donc, je le disais, aujourd'hui, tous les acteurs s'accordent
05:27sur l'importance d'une perspective de notation indépendante
05:29et sur un prisme, un angle différent sur le risque de crédit.
05:32Parce qu'effectivement, on voit ce qui s'est passé
05:35avec la crise de l'euro ou la crise financière précédente,
05:39où toutes les agences américaines nous ont finalement emmenés dans le mur.
05:42Donc, aujourd'hui, qui, mieux qu'une agence européenne,
05:45peut comprendre ce qui se passe en Europe ?
05:47C'est notre rôle au quotidien.
05:48Et je vous assure que ça, on est de plus en plus entendus.
05:52On va apporter cette diversité à la formation de l'opinion,
05:55la profondeur à l'analyse et la résilience de l'architecture financière.
06:00Et en prenant en compte tous les aspects
06:03de l'écosystème européen et des aspects réglementaires européens,
06:07eh bien, c'est très différent.
06:08Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, des émetteurs vont faire le choix
06:11de déployer un Américain, ils en ont peut-être deux ou trois,
06:14ou même de nous ajouter aux trois, pour avoir cette perspective différente.
06:17Oui, on ne dit souvent jamais 203, ils sont trois, là, jamais 304.
06:21Alors maintenant, on parle même de cinq.
06:22Toujours quatre roues.
06:23Les SMA parlent des Big Five, non plus des Big Three.
06:26Dans les Big Five, vous ajoutez des BRS et Scope,
06:29donc on en est ravis.
06:31Et là, vous le comprenez, peut-être un petit caillus politique,
06:34mais pour l'Europe, il s'agit ici d'un véritable acte de maturité financière,
06:39d'autonomie stratégique, et en même temps d'un complément nécessaire
06:42au marché de capitaux qui soit véritablement pluraliste et ouvert.
06:46Il faut que le carrosse n'ait plus seulement trois roues,
06:48mais quatre ou cinq, c'est mieux que trois.
06:50Quatre, c'est bien, non ?
06:50On préfère eux y quatre.
06:51Nous, on est très bien avec trois, mais bon, quatre, c'est bien.
06:55Bon, d'accord. Marc Lefebvre avec nous.
06:57Scope, donc, je le dis à l'anglo-saxonne quand même,
06:59parce qu'il faut que tout ça soit connu du monde entier.
07:00Merci beaucoup de nous avoir accompagnés aujourd'hui.

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