00:019h30, comme chaque lundi à 7h, nous parlons des ETF et aujourd'hui c'est David Benmussa qui est avec
00:07nous, directeur exécutif France et Benelux de Nordea Asset Management.
00:10Bonjour David.
00:11Bonjour.
00:11Merci d'être avec nous ce matin pour faire un petit point sur cette classe d'actifs qui continue de
00:15prendre de l'ampleur.
00:16Je regardais les chiffres de LSI Group.
00:19Sur la semaine close le 11 février, on a eu plus de 17 milliards de dollars sur les ETF Action
00:26Europe.
00:27C'est historique, il faut revenir à 2022 pour voir de tels flux.
00:31J'imagine que vous chez Nordea vous les voyez bien, ou si ces flux revenir, on a des investisseurs qui
00:36prennent un petit peu leur profit,
00:37qui se désengagent de Wall Street pour revenir sur l'Europe.
00:40Alors c'est tout à fait clair de voir ça.
00:43C'est vrai que c'est historiquement, en général c'était les ETF plutôt américains, USA qui avaient le vent
00:48en poupe.
00:49Pour les globaux MSI World.
00:51Alors ça on peut en parler, mais c'est vrai que sur les US, que ce soit en janvier, que
00:54ce soit en février, c'est un peu le dernier de la classe.
00:56Donc ça continue à collecter, mais pas grand chose.
00:58Mais c'est vrai que ce qu'on voit, c'est un regain d'intérêt sur l'Europe, sur cette
01:03gestion-là, et puis aussi sur les actions internationales.
01:05Avec peut-être un petit billet aussi, c'est-à-dire que les investisseurs aujourd'hui qui investissaient plus sur
01:10les actions monde, sur le MSCI World,
01:12investissent un peu plus sur l'indice qui s'appelle le MSCI All Country, qui intègre aussi des émergents.
01:19L'Europe, qui aujourd'hui a des niveaux de valorisation moindres qu'aux États-Unis, on le voit aujourd'hui,
01:24l'euro-stock 600 doit se payer 15 où ce soit les profits,
01:27là où le S&P 500 se paye plus de 21 fois.
01:31Aujourd'hui, c'est quoi les raisons ?
01:33C'est réduire son exposition au méga cap ?
01:36C'est l'intelligence artificielle ?
01:38Quelle est votre lecture, vous, chez Nordea, par rapport à tout cela ?
01:41Je pense qu'il y a une prise de conscience que l'Europe, ce n'est pas fini en fait.
01:46Avec tout ce qui se passe dans le monde en géopolitique, les investisseurs se disent, en fait, notre marché domestique,
01:52l'Europe, c'est quand même assez intéressant.
01:54Il y a des valeurs exceptionnelles, que ce soit en grande valeur ou en petite valeur.
01:58Et puis, un peu en sous-jacent, et on le voit aussi sur les ETF, ce thème de l'autonomie
02:03européenne, qui est un thème qui revient.
02:06Alors, ce n'est pas uniquement la défense dont on a beaucoup parlé, c'est la défense,
02:10mais c'est aussi la réindustrialisation, c'est tout ce qui est l'efficacité énergétique,
02:14qui revient au cœur des discussions et donc qui a un impact sur les flux,
02:18que ce soit en direct sur les actions, et on le voit, ou que ce soit les ETF ou sur
02:23les fonds.
02:24Dans ce contexte, Nordea s'est positionné l'année dernière sur ce marché des ETF,
02:29un marché qui est très profond, très grand également, mais très concurrentiel.
02:33Comment se distinguer face à des ETF qui sont déjà établis, des indices qui sont déjà établis ?
02:39Il faut essayer d'avoir débit et comment on se différencie ?
02:41Alors en fait, vous voyez que depuis quelques années, il y a ce qu'on appelle les ETF actifs,
02:47qui sont en fait du semi-actif ou du semi-passif.
02:50C'est un petit peu le meilleur des deux mondes, c'est-à-dire que vous avez l'enveloppe ETF
02:54qui vous permet d'avoir la transparence du portefeuille,
02:57la cotation que vous pouvez acheter et vendre en ce qu'on appelle en intraday,
03:01mais avec une gestion active à l'intérieur et aussi une tarification moindre que les fonds actifs.
03:09Donc ça, Nordea a lancé au mois de juin deux ETF avec toujours un biais,
03:14je vous rappelle Nordea, ce biais durabilité ESG qui caractérise les périls nordiques
03:19et donc toujours avec, que ce soit en action monde, en action Europe,
03:24ce biais, que ce soit climat ou que ce soit durabilité, assez important.
03:28En ayant toujours un indice de référence qui soit un indice large,
03:32donc du MSCI World ou du MSCI Old Country.
03:34Si on prend l'exemple d'un indice européen, ça donne quoi ?
03:37Quels sont par exemple les biais que vous allez prendre
03:39ou les choix que vos gérants vont prendre afin de s'éloigner de l'indice de base ?
03:45Alors, sur l'Europe, par rapport à ce que je vous disais sur le monde
03:48ou ce du MSCI Old Country, sur l'Europe, ce qui a été décidé de faire,
03:52et ça a été lancé en octobre, c'était d'avoir un indice qui soit un indice climat.
03:55Et donc, par rapport à un MSCI Europe, dans lequel vous avez à peu près 400 valeurs,
03:59l'indice MSCI, qui s'appelle Select Climat 500, n'a que 107 valeurs.
04:04Et cet indice-là, pour un investisseur, ce qui est important,
04:06c'est de regarder d'abord l'indice que vous suivez
04:09et après la gestion active qu'on peut faire.
04:11Donc, si je vous donne un exemple, sur les 107 valeurs qu'il y a sur cet indice-là,
04:15c'est à la fois des moyennes valeurs et des grandes valeurs,
04:18et Nordea n'en a que 94.
04:20Et à l'intérieur, il n'y a pas de billet de style,
04:22donc si on prend le secteur, par exemple, de la santé,
04:24à l'intérieur, on va surpondérer une valeur,
04:27par exemple Novartis,
04:30et on va sous-pondérer Roche,
04:31pour avoir, en fait, pas de billet de style de secteur,
04:34mais pour pouvoir bénéficier de ça.
04:36Et après, c'est un pari qu'on prend
04:37pour essayer de gagner à chaque fois quelques points de base
04:41pour qu'à la fin, vous fassiez une performance au-dessus de l'indice.
04:44Il y a des valeurs, du coup, qui ne rentrent pas dans les cases,
04:46qui ne rentrent pas dans les filtres.
04:48Typiquement, c'est quoi aujourd'hui le caractère discriminant ?
04:51Alors, ça dépend un petit peu des indices,
04:54mais vous avez ce filtre sustainable durabilité
04:57qui est assez important.
04:58Donc, vous avez une exclusion automatique des valeurs
05:01par rapport à une liste de valeurs qui est définie,
05:03et donc, en fait, vous avez ce biais-là
05:05dans lequel vous n'avez pas,
05:07il y a certaines valeurs qui ne sont pas dans l'indice.
05:11C'est quand même un pari audacieux,
05:12dans le sens où l'ESG, qui était en vogue il y a 4-5 ans,
05:16a connu un coup d'arrêt l'an passé,
05:18puisqu'il y a eu de la décollecte sur les produits ESG,
05:21sur les produits PAB,
05:23sur tout ce qui était Accord de Paris.
05:25Vous, ça ne vous fait pas peur.
05:26Vous vous dites, il y a du potentiel,
05:28il y a de l'alpha, il y a quand même de la performance à faire,
05:30parce qu'en fait, le but quand même de ce type de produit,
05:32c'est de battre son indice de référence.
05:34Alors, c'est effectivement extrêmement important de dire ça.
05:38Nordea reste et restera un acteur majeur de la durabilité de l'ESG.
05:43Et c'est vrai qu'on voit un peu une dualité,
05:45c'est-à-dire qu'au niveau institutionnel,
05:47vous avez des clients qui continuent à demander fortement de l'ESG,
05:50et au niveau particulier, ça s'est un peu réduit.
05:54Mais vous avez une offre qui est importante,
05:56vous avez une offre aussi qui est labellisée,
05:58label ISR en France, notamment pour certains produits de Nordea,
06:00et nous, on reste engagés là-dessus.
06:02Avec également une rotation qui s'est faite,
06:06on le disait, à destination de l'Europe,
06:08mais aussi à destination des émergents.
06:10Ça, ça sera également un axe intéressant à suivre
06:13dans les prochaines semaines sur les indices mondiaux.
06:17Aujourd'hui, il y a un problème,
06:18c'est la surreprésentation des 7 magnifiques,
06:21la surreprésentation des Manifugues 7
06:24dans les MSCI World, sans les citer.
06:27Comment aujourd'hui, on peut changer un petit peu cela ?
06:30Comment on peut essayer de se différencier, David Benmussat ?
06:32Alors, c'est une question de tous les jours,
06:35c'est vraiment la question la plus difficile,
06:36mais c'est vrai que déjà,
06:38vous avez 70% des États-Unis dans le MSCI World.
06:41Dans le MSCI World, il n'y en a plus, entre guillemets, que 60.
06:45Donc, vous intégrez déjà des émergents.
06:47Et après, c'est à nous, en tant qu'investisseurs,
06:50de plus investir sur l'Europe.
06:52Ça, c'est clair.
06:53Il y a un acte important
06:56qui est à la fois rechercher de la performance
06:58et puis investir, comme je vous disais,
07:00sur votre marché domestique,
07:01soutenir les entreprises françaises et européennes.
07:04Parce qu'on en reparlera dans un instant.
07:05C'est vrai qu'il y a pas mal d'interrogations aujourd'hui
07:07sur l'intelligence artificielle.
07:09J'imagine qu'aujourd'hui, des clients viennent vous voir
07:10en vous disant, non, mais j'ai pas envie d'être trop exposé
07:13au Manifugues 7, à l'intelligence artificielle.
07:15Et en se pensant diversifier sur des indices mondiaux,
07:18au final, ils ne le sont pas tant que ça.
07:19Vous ne l'êtes pas du tout.
07:20Et c'est pour ça que c'est important de bien savoir ce que vous achetez.
07:23Mais aujourd'hui, vous avez quand même des gammes,
07:26que ce soit chez Nordea ou d'autres,
07:27des gammes extrêmement larges qui vous permettent
07:29de choisir sur quoi vous voulez investir.
07:32Et donc, vous avez effectivement des expertises
07:34qui sont plutôt, enfin, très européennes.
07:37Vous avez des petites et moyennes valeurs.
07:38Vous avez les émergents dans lesquels
07:39il y a aussi un potentiel important.
07:41Et puis, il y a toute la partie obligataire,
07:42dont il n'y a pas le sujet,
07:44mais qui est aussi où il y a des opportunités dessus.
07:46Merci beaucoup, David Benmussa,
07:47de nous avoir expliqué un petit peu les possibilités
07:49de ce TF actif qui peuvent être bien pratiques en ce moment
07:53si on souhaite se décorréler
07:55de la classification de la composition des indices.
07:58Je vous rappelle que vous êtes directeur exécutif France
08:00et Benelix de Nordea Asset Management.
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