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  • il y a 7 heures
Ce lundi 29 juin, Alexandre Hezez, stratégiste indépendant, s'est penché sur la possibilité d'un début d'un contre-choc pétrolier avec la situation actuelle, les attentes de juin concernant l'inflation en zone euro, ainsi que ce que pourrait dire Christine Lagarde lors du Symposium de Sintra, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:02Alexandre Rézé nous rejoint à 15h43 pour parler ensemble de l'avenir des marchés.
00:07Alexandre Rézé, stratégiste indépendant, bienvenue Alexandre.
00:09Vous allez rendre votre verdict face au marché, ce verdict que vous allez rendre ce moment qu'on
00:12va vivre ensemble. Est-ce que vous l'assumez ? Je l'assume. On vous écoute ? Eh bien nous
00:19sommes peut-être à l'aube d'un contre-choc pétrolier comme on a vécu un peu dans les
00:23années 80. Peut-être le début d'un contre-choc pétrolier parce que c'est vrai que les cours
00:29s'étaient envolés, là ils ont pas mal reculé. 73 dollars en ce moment le baril de Brent,
00:33il a reculé le cours du pétrole mais il recule plus. Vous pensez néanmoins que la baisse pourrait
00:37se poursuivre ? Alors il ne recule plus pour l'instant mais avec notamment les événements
00:42de ce week-end on aurait dû avoir une prime de risque encore plus importante sur le pétrole
00:45avec les reprises notamment des interventions et pourtant le pétrole est assez stable alors
00:50il remonte un peu aujourd'hui et autour de 70-72 dollars le baril que ce soit sur le WTI
00:562-3 dollars de moins. Mais on voit qu'il y a à la fois de manière globale, économique,
01:03macroéconomique, que ce soit en termes d'offres ou en termes de demandes, que ce soit en termes
01:06d'offres, on voit l'offre qui est en train d'augmenter assez rapidement de la part de
01:10l'Arabie Saoudite, des Émirats Arabes Unis aussi. On voit la réouverture du port de
01:16Ratanoura qui permet effectivement, qui a été fermé pendant 4 mois, qui permet de délivrer
01:21encore de la production pétrolière et il faut rattraper absolument le retard pour ces
01:26pays-là. En même temps on voit aux Etats-Unis le nombre de plateformes pétrolières qui
01:31continuent à monter de manière assez importante, on voit qu'on va avoir une profusion d'offres
01:35sur le marché. Rappelons quand même qu'avant l'intervention en Iran, l'AIEA pensait qu'il
01:43allait avoir une sur-offre en 2027 de 3-4 millions de barils le jour. En fait si on revient
01:48dans une normalité comme celle-ci, avec cette profusion de pétrole, on risque effectivement
01:52d'avoir des cours du pétrole qui vont largement baisser. En termes de demandes cette fois-ci,
01:56on voit que quand même les pays comme la Chine, voire l'Europe, sont en train de décroître
02:00en termes de croissance économique. On ne va pas avoir une réaccélération comme on
02:04aurait pu avoir en début d'année parce qu'il y a encore un doute, une prime de risque
02:07effectivement, notamment de la part des entreprises. Et là finalement on va être dans
02:12une offre, dans une demande qui va être contenue. Donc on risque d'avoir un déséquilibre.
02:17Et puis, troisième point qui me semble important, alors depuis le départ c'est le cas, même
02:22l'année dernière, mais c'est une volonté de Donald Trump de faire massivement baisser
02:25le pétrole. Pour plusieurs raisons, effectivement faire baisser l'inflation aux Etats-Unis, on sait
02:31que les matières énergétiques, le pétrole notamment, touche en premier lieu les Américains
02:37dans les prix à la pompe. Et pour en tout cas gagner ou limiter l'échec des élections
02:45mi-mandat, il faut absolument qu'avant ces élections mi-mandat, il montre que son intervention
02:50en Iran a un effet marqué sur les Américains. Et puis en termes géopolitiques aussi, on
02:55sait qu'il faut quand même là, le dernier point noir en tout cas pour Trump, c'est le
03:00conflit en Ukraine et ça permettrait en plus, comme les Américains l'ont fait dans
03:04les années 80, de mettre un peu plus de pression sur la Russie pour mettre un terme
03:09au conflit entre la Russie et l'Ukraine. Donc c'est important parce que ça voudra dire
03:14que de nombreux pays vont en profiter, on peut en parler en termes de marché, mais ça
03:19donnera une relance en tout cas, une dynamique supplémentaire au marché en dehors de ce
03:24qu'on a vu sur l'intelligence.
03:25– Mais à supposer qu'Hormuz rouvre réellement, que l'Iran n'essaie pas d'imposer au bout d'un
03:29moment un péage, parce que l'Iran a déjà prévenu ces dernières heures que les navires
03:35qui passeraient Hormuz, Hormuz est rouvert, mais les navires qui passeraient Hormuz par
03:38le point le plus éloigné de l'Iran, ça, ça va mettre de la pression et peut-être
03:41rajouter de la colère. L'Iran tient que les navires passent par ces eaux.
03:46– Alors, je rappelle qu'on est en situation de négociation.
03:49– Oui, c'est vrai.
03:49– Donc on voit bien que les tirs que l'on a eus ce week-end sont aussi des pressions
03:54de part et d'autre,
03:55donc on va effectivement négocier. Rappelons quand même que potentiellement il y aura un plan
04:00d'infrastructure de 300 milliards en Iran potentiellement, il y a des reconstructions
04:04qu'on va se faire et l'Iran a la main mais pas tant que ça et de toute manière
04:08elle devra céder
04:10sur quelques points et la réouverture, même pour l'Iran, des exportations de pétrole peut être
04:16aussi un point très important pour financer sa reconstruction.
04:19– Donc vous misez pourquoi pas sur une poursuite à la baisse des cours du pétrole qui ont déjà bien
04:22reculé, c'est vrai, au mois de juin. Il se trouve qu'on aura mercredi,
04:24l'après-demain, l'inflation du mois de juin en zone euro, première estimation.
04:27Vous l'attendez en baisse l'inflation avec les cours du pétrole qui ont baissé ?
04:30– Légèrement en baisse mais pas assez pour complètement satisfaire le marché.
04:36On va de toute manière, ce qui est intéressant c'est savoir si on a passé un point au pas
04:39parce qu'on va avec les cours notamment du pétrole et même si ça ne se voit pas encore
04:45la hausse de taux en Europe, on pourrait y voir une descente graduelle de l'inflation
04:51qui serait quand même bien pour rassurer les investisseurs et notamment l'action de la banque centrale.
04:59– Bon, il est temps de lire un peu clair dans les messages de nos banquiers centraux.
05:04On a quand même un Kevin Warsh qui a dévoilé un vrai visage de banquier central.
05:10C'est-à-dire que oui, quand l'inflation monte, on monte les taux. Globalement, il est beaucoup plus raisonnable
05:15que prévu.
05:16On attend beaucoup de Christine Lagarde au symposium de Sintra.
05:20Est-ce qu'elle aussi, elle va un petit peu tomber le masque et nous donner la vérité des choses
05:24alors qu'après la hausse des taux de la BCE, ça laisse pas mal de questions ?
05:28– Non, le risque pour une banque centrale, c'est de ne pas être crédible.
05:36C'est-à-dire que quand on essaie de faire quelque chose, les marchés testent la banque centrale
05:40qui court après le marché et là, on peut être dans une situation assez terrible.
05:46Pour revenir sur Kevin Warsh, effectivement, il se comporte comme un vrai banquier central.
05:51Oui, il veut la crédibilité de la banque centrale.
05:54Donc, il met quand même en place toute une réforme de la Fed, ça c'est sûr.
05:57Et quand il parle d'inflation, le vrai sujet, ça va être de savoir quelle inflation.
06:01On en avait déjà parlé dans plusieurs émissions, mais c'est est-ce que l'inflation va être maudite,
06:06les calculs d'inflation va être modifiés pour justement dire il n'y a pas d'inflation aux États-Unis.
06:09La baisse du pétrole va résoudre beaucoup, pourra résoudre beaucoup de choses en tout cas,
06:15beaucoup de calculs compliqués et complexes pour les banquiers centraux.
06:18Du côté de Christine Lagarde, elle a beaucoup été décriée, ça c'est sûr, pour cette hausse des taux.
06:23En fait, elle est clairement dans son rôle.
06:26Quand on voit notamment les chiffres de distribution de crédit aux entreprises cette semaine,
06:32on est à un niveau record, en tout cas on est à près de 5% de croissance de la
06:36distribution de crédit en Europe.
06:37On n'est pas non plus dans une dynamique extrêmement baissière en termes de croissance économique.
06:42L'inflation est à plus de 3%, évidemment qu'il faut que la banque centrale réagisse.
06:47Alors il faut qu'elle réagisse de manière graduelle.
06:49On n'est plus du tout comme on était dans une situation en 2022.
06:53Et à mon avis dans son discours, et elle l'a déjà répété lors de la dernière réunion de la
07:00banque centrale européenne,
07:01la banque centrale est là pour gérer l'inflation, elle n'est pas là pour gérer la croissance.
07:05La croissance, c'est les entreprises et les Etats.
07:07Donc elle va en tout cas redonner le bébé aux Etats pour créer les conditions de la croissance.
07:15On va reparler certainement du plan de Draghi, de l'union bancaire, etc.
07:20Et ça, elle va appuyer dessus.
07:21Et elle est dans son rôle en tout cas pour monter les taux actuellement.
07:24On n'est pas dans des conditions extrêmement restrictives encore pour l'économie européenne.
07:28Donc oui, si les taux de la BCE montaient encore, ce serait en fait un signal pour pousser effectivement les
07:32Etats,
07:33l'Union, la zone euro en tout cas, à assouplir ces règles de sorte de favoriser la croissance.
07:38Ce serait une façon de mettre la balle dans leur camp, voilà.
07:41A bon jouer plutôt que de compter sur nous la banque centrale.
07:43Je pense qu'il y a eu un tort, notamment pour les marchés mais aussi pour les différents gouvernements européens,
07:47c'est d'avoir toujours la banque centrale qui était là en assurance, en financement potentiel,
07:53contre en tout cas pour lisser le cycle et éviter des récessions.
07:57Là, la banque centrale dit, nous ne sommes pas là que pour effectivement gérer de la croissance.
08:03Nous sommes en appui en gérant l'inflation parce qu'il faut bien comprendre qu'une inflation importante
08:07peut être finalement dévastatrice pour une croissance ou en tout cas une confiance dans la croissance.
08:14Donc elle est là pour se gérer cette partie-là.
08:16Le reste doit être géré par, encore une fois, les plans de relance, l'union que l'on doit mettre
08:22en place au sein de l'Europe.
08:23Bon, on verra ce qu'elle dit ce soir, donc discours inaugural à Sintra.
08:26Mais surtout, le grand moment, ce sera mercredi table ronde à laquelle participera aussi Kevin Warch.
08:31Il sera aussi le président de la Banque du Canada et le président de la Banque d'Angleterre.
08:34Ça vous fait sourire ?
08:36Effectivement, je pense que ça va être un dîner où les discussions vont être compliquées
08:41parce que le président de la Fed n'a pas du tout les mêmes volontés que les trois autres présidents,
08:53qu'ils soient du Canada, d'Angleterre ou de l'euro.
08:57C'est la question qu'on se pose, qui sera le plus mal à l'aise en fait ?
08:59Kevin Warch de devoir communiquer alors qu'il ne veut pas communiquer ?
09:01Ou la Banque centrale européenne, par exemple, qui a relevé ses taux, qui pourrait encore les relever alors que le
09:06pétrole baisse ?
09:07C'est un peu la question qu'on se pose, nous.
09:08Alors, on peut se poser la question, est-ce qu'un Américain actuellement peut être mal à l'aise ?
09:13En tout cas, à son poste, je ne le pense pas.
09:16Je pense qu'ils sont véritablement certains de ce qu'ils sont en train de faire,
09:19de la stratégie qu'ils vont mettre en place.
09:22En Europe, en Angleterre, la situation est extrêmement compliquée,
09:25donc c'est difficile de, en tout cas, justifier une autre action que celle qu'elle a.
09:32Et Christine Lagarde peut apparaître, effectivement, comme l'entre-deux avec les autres banquiers centraux.
09:39Bon, l'Europe, vous choisissez quelle valeur là désormais ?
09:42Alors, effectivement, avec ce que je viens de dire, je pense que je suis plus positif sur l'Europe actuellement
09:45et je pense que si on a une baisse des marchés, ça va profiter au marché européen.
09:49Alors, évidemment, j'ai choisi deux valeurs européennes, deux grandes valeurs.
09:52Alors, une de mes chouchoutes, vous avez demandé des chouchoutes depuis longtemps au Schneider Electric.
09:57C'est vrai que Schneider Electric, qui est connu, mais on parle de fleuron aux Etats-Unis,
10:01mais en Europe, on a des fleurons, vraiment, et des entreprises mondialisées.
10:05Schneider Electric, c'est quasiment un tiers aux Etats-Unis, un tiers en Asie,
10:09et puis l'autre partie en Europe, donc vraiment mondialisées.
10:14Des marges extrêmement fortes, on est à peu près à 18-18% de marge,
10:19et la marge se stabilise alors qu'on est dans une croissance de volume,
10:24et surtout, 23% du chiffre d'affaires qui est directement lié au data center,
10:28dans sa gestion et de l'efficience de l'énergie.
10:31Et là, il y a une visibilité avec les hyperscalers qui n'a jamais été démentie,
10:36et qui ne sera certainement pas démentie pendant plusieurs années.
10:40Donc, on a vraiment une valeur de croissance qui attire les investisseurs,
10:45qui est mondialisée, et c'est assez rare quand même d'avoir des entreprises
10:49comme Schneider Electric, et qui peuvent, sur tous les marchés,
10:53à la fois en Asie, en Europe ou aux Etats-Unis,
10:56montrer des potentiels de croissance et d'innovation importantes.
10:59Bon, Schneider Electric, donc votre choix.
11:02Depuis le début de l'année, ce titre, il progresse évidemment de 18%.
11:06Vous estimez qu'il doit aller beaucoup plus haut.
11:08Sur un an, on est à plus 20.
11:09Oui, plus 20 sur un an, par rapport à une valeur d'une telle qualité,
11:13je pense qu'il y a encore du potentiel.
11:14Ok, sur trois ans, on est à plus 71%. Une deuxième valeur ?
11:17Une deuxième valeur qui, dans un portefeuille, permet aussi de stabiliser
11:22par rapport à Schneider Electric, c'est AXA.
11:25Alors, AXA, effectivement, tout le monde connaît,
11:26mais je pense que le secteur de l'assurance, au vu des taux d'intérêt,
11:30mais surtout de l'implication dans l'intelligence artificielle
11:32et dans l'amélioration de l'efficience de tous les business de l'assurance
11:35dans les prochaines années, c'est une valeur qu'il faut garder en portefeuille.
11:38C'est une vraie cash machine, un dividende qui est à plus de 5%,
11:42et qui est complètement décorrélée, d'une certaine manière, d'une valeur
11:46comme Schneider et qu'il faut avoir en portefeuille.
11:48Il y a une gestion des coûts qui est en train d'être faite
11:51et qui va être faite, qui va encore une fois améliorer cette rentabilité.
11:54Et AXA, c'est de la croissance sur le dommage et l'assurance vie.
11:59Tous les segments d'activité d'AXA sont en croissance
12:02et ça devrait perdurer, en tout cas, pour les mois prochains.
12:07Merci beaucoup Alexandre Eze avec nous aujourd'hui.
12:09Deux idées de valeur, AXA donc et Schneider Electric.
12:12Merci.
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