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  • il y a 6 heures
Ce mardi 9 juin, Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance, s'est penché sur la hausse de la pression sur les bourses européennes à cause du relèvement des taux par la BCE, les secteurs gagnants et perdants à la suite de la hausse des taux, la difficulté dans le secteur de la défense européenne, et l'introduction en Bourse de SpaceX, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:0015h44, Franklin Pichard vient de nous rejoindre. Bonjour Franklin.
00:03Bonjour Guy.
00:04Directeur général de Keeping Finance. Vous allez rendre votre verdict là face au marché.
00:07Est-ce que ce verdict que vous allez rendre, ce moment qu'on m'a vu ensemble, vous l'assumez
00:11?
00:11Oui, je l'assume.
00:12On vous écoute.
00:14Eh bien, je pense et je partage avec beaucoup puisqu'on a différentes réunions en ce moment.
00:20Le relèvement des taux par la BCE demain, qu'on peut considérer comme acquis,
00:24va accroître la pression sur les bourses européennes.
00:27Ah oui, c'est vrai, c'est l'autre enjeu.
00:30Après, demain jeudi, la BCE devrait accroître la pression sur les marchés et relever ces taux.
00:34Enfin, ce n'est pas déjà dans les cours, ça ? Ce n'est pas déjà pricé par le marché
00:37?
00:37Alors oui, oui, c'est dans les cours, surtout dans les cours liés aux taux,
00:44un peu moins dans les actions et puis surtout au-delà du résultat.
00:48On attend 25 points de base de hausse des taux.
00:51C'est le discours de Christine Lagarde qui sera attendue,
00:54à savoir est-ce qu'elle va se contenter de considérer qu'une seule hausse suffira
01:00ou comme beaucoup pensent, est-ce que c'est l'amorce d'un mouvement
01:04qui devrait se répéter encore une ou deux fois d'ici la fin de l'année ?
01:09Et ça, ça inquiéterait les marchés et ça inquiéterait beaucoup les investisseurs et les gérants
01:15qui doivent revoir un petit peu leur copie sur leurs allocations d'actifs dans ce contexte-là.
01:20Donc votre message, c'est une hausse de taux après-demain, jeudi, ça passe,
01:24deux, trois, bonjour les dégâts, c'est un peu ça.
01:26Une, ça passe, mais il ne faudrait pas qu'il y en ait beaucoup plus.
01:28Oui, peut-être même pas attendre la troisième pour se redéployer et revoir un petit peu.
01:34On va regarder quels sont les gagnants et les perdants.
01:37Alors les gagnants, c'est l'énergie et les banques qui sont les grands gagnants
01:43de ce type d'opération de remontée des taux d'intérêt.
01:46Et pourquoi l'énergie ? Pourquoi l'énergie en profite ?
01:48Non, l'énergie, ce n'est pas pour la hausse des taux, c'est pour l'environnement global
01:51qui fait qu'ils vont être un peu préservés dans la période actuelle.
01:55Et puis, vous avez les grands perdants, les grands perdants, ça va être les valeurs de consommation.
02:01Malgré tout, alors que beaucoup ne s'accordent pas sur ce point-là de luxe,
02:05la consommation en général, qui, du fait d'une hausse, et l'immobilier évidemment,
02:11qui, du fait d'une hausse des taux, se trouverait entraînée dans des politiques de coûts d'emprunt
02:18beaucoup plus élevés, qui viendraient un petit peu parasiter la consommation des ménages.
02:23Oui, et donc la BCE va sans doute relever ses taux, on espère, une seule fois,
02:26mais peut-être plusieurs d'ici la fin de l'année.
02:28En fait, ça va dépendre de la réouverture ou pas de ce fameux détroit d'Hormuz.
02:31Au début du conflit, on a été tous surpris du déclenchement de ce conflit, bien sûr, par définition.
02:37On se disait, ça ne va pas durer, le détroit va vite rouvrir.
02:40Est-ce qu'aujourd'hui, la surprise serait que ce détroit rouvre rapidement ?
02:43Est-ce que finalement, les choses se sont inversées ?
02:45Aujourd'hui, la principale surprise, la plus grande surprise serait une réouverture.
02:48Oui, puisqu'on voit que la politique iranienne, actuellement, s'est à nouveau durcie sur le passage.
02:54Et donc, sur le détroit, et par conséquent, on est véritablement sur une...
03:01une surprise très positive, si jamais le détroit venait à ouvrir.
03:06Mais c'est vrai qu'on ne peut pas l'anticiper.
03:08En tout cas, les marchés, on le voit, naviguent, c'est le cas de le dire, au jour le jour.
03:13Et ne peuvent pas se permettre d'anticiper un mouvement durable
03:17et une tendance durable sur les marchés actuellement.
03:20Bon, l'année dernière, on a eu quand même une belle reprise sur l'ensemble du secteur de la défense,
03:24avec des promesses d'investissement, les autorités européennes qui, vraiment,
03:28semblaient mettre les bouchées doubles.
03:29Depuis, on a une forme de stagnation, on ne voit rien venir.
03:33Et puis, surtout, on démontre encore notre capacité à se prendre les pieds dans le tapis,
03:38à ne pas savoir construire ensemble un chasseur.
03:41Le projet SCAF, qui devait unir Dassault, Airbus et différents partenaires,
03:45s'est terminé pour des raisons de désaccord et de management du projet.
03:49Est-ce que le secteur européen de la défense
03:53pâtit d'une forme de défiance, justement, de ces errements de politique européens ?
03:58Oui, typiquement et clairement, on souffre de cette mésentente.
04:02Alors, en l'occurrence, principalement avec l'Allemagne sur ce projet-là,
04:06c'est sur l'antenne ce matin que j'entendais un résumé qui consistait à dire
04:10« La France raisonne perspective et ambition protection,
04:15et l'Allemagne raisonne usine ».
04:18Donc, elle veut les usines, elle veut l'emploi, elle veut fabriquer.
04:21Mais j'allais dire, c'est complémentaire.
04:23Ça devrait finalement bien s'entendre sur un plus petit dénominateur commun
04:27et justement répartir les rôles dans un projet.
04:29Ça devrait.
04:30Mais effectivement, on a eu déjà ce problème-là avec Airbus,
04:33où on avait vu des tiraillements dans le cadre d'Airbus,
04:35où l'Allemagne voulait avoir davantage de production,
04:38plutôt que tout soit concentré à Toulouse et ailleurs,
04:42mais en France, essentiellement.
04:44Non, c'est triste, c'est un projet qui est en train de capoter.
04:48Mais au-delà de ça, alors le secteur de la défense,
04:52c'est vrai qu'il peut décevoir, mais vous regardez,
04:54les Italiens et les Espagnols performent bien en bourse depuis le début de l'année.
04:58On a un petit peu à la traîne, effectivement, nos titres,
05:03comme Thalès, Dassault Aviation, bien sûr, Safran.
05:06Tous ces titres sont un petit peu à la traîne
05:08par rapport aux ambitions qu'ils avaient suscitées.
05:12On l'a dit tout à l'heure, on avait eu un élan l'année dernière
05:15sur les dépenses et les promesses de dépenses en matière de défense.
05:20Et on voit qu'il y a eu du retard à l'allumage
05:23et que maintenant, les investisseurs se disent
05:24qu'on aimerait bien voir véritablement les gouvernements et les pays
05:28s'engager dans des dépenses réelles et des carnets de commandes.
05:33Là aussi, j'entendais sur votre antenne des présidents de sociétés
05:39qui disaient, oui, il y a des promesses, mais pour le moment,
05:41on n'a pas les bancs de commande, on ne voit rien venir.
05:43Donc je pense que les marchés derrière ça et les gérants
05:47attendent de voir du concret avant de repousser leur pion dans un secteur
05:51qui fait, comme vous le disiez, l'objet d'une grande défiance
05:54de la part des marchés.
05:55– Oui, c'est fou et c'est dommage.
05:57Depuis le début de l'année, le secteur de la défense en Europe ne fait rien
06:01alors que les marchés sont plutôt en hausse.
06:03C'est une vraie déception.
06:04Juste rapidement, et avant de redonner la parole à Antoine
06:05sur le SCAF notamment, mort et enterré malheureusement,
06:08vous voyez un point d'entrée justement dans la sous-performance
06:10des acteurs de la défense là ou pas ?
06:12– Non, pas dans l'immédiat.
06:13– Non, d'accord.
06:13– Non, dans l'immédiat, on va…
06:16D'abord, on ne va pas aller contre le vent,
06:17on aura peut-être l'occasion d'en reparler,
06:19mais ce n'est pas le secteur prioritaire sur lequel nous sommes prêts à investir.
06:22– C'est triste à dire aussi parce qu'on dit que c'est un secteur de long terme,
06:27le secteur de la défense, ça va avec les infrastructures,
06:31ça va avec la vision, la stratégie de long terme,
06:34et ça va très bien avec l'Europe.
06:35Mais cet échec du SCAF, on l'a déjà connu dans les années 80.
06:39L'année 80, l'appel d'offres est lancé pour le chasseur du futur.
06:45Dassault était censé s'unir, alors Airbus n'existait pas encore à l'époque,
06:48mais avec un constructeur allemand, un constructeur espagnol,
06:51pour créer en consortium un chasseur européen du futur.
06:56Eh bien non, déjà à l'époque, Dassault s'est désolidarisé du projet
07:01en disant « ça ne nous intéresse pas, ceci, cela »,
07:03et Dassault a construit le Rafale.
07:05Et à côté, un consortium européen a créé l'Eurofighter, le Typhoon,
07:09celui qu'il faut remplacer maintenant.
07:10Et vous vous rendez compte, vous les mettez côte à côte,
07:13c'est le même avion.
07:14Ils se ressemblent, c'est les mêmes avions,
07:17quasiment avec les mêmes spécificités.
07:19Donc qu'est-ce qu'on va avoir maintenant ?
07:20On va avoir un double du SCAF, avec d'un côté un consortium
07:23qui va sans doute concevoir le SCAF qui était prévu à l'origine,
07:26et Dassault qui va construire un avion.
07:28Ils ont dit « on est capables de le construire nous-mêmes ».
07:29Très bien, mais on va se retrouver avec deux avions différents
07:32qui ne seront pas interopérables.
07:34C'est l'Europe.
07:35Oui, c'est l'Europe.
07:36Les humains ont réussi à créer l'ISS, la Station Spatiale Internationale,
07:39mais les Européens n'arrivent pas à faire le SCAF.
07:40C'est un peu dommage, effectivement.
07:42Bon, secteur de la défense sur lequel on aura mille fois l'occasion de revenir.
07:45Sinon, si vous cherchez l'adresse de l'espace,
07:48on a trouvé, l'adresse de l'espace, c'est Wall Street,
07:50avec l'introduction en bourse à venir de SpaceX.
07:52C'est la première fois que l'espace aura autant de poids sur un marché action.
07:56Dans trois jours, l'IPO de SpaceX.
07:59Vous y investirez ou pas, Franck?
08:01Eh bien, écoutez, je vais vous faire une réponse de Norman, que je suis.
08:06Oui et non.
08:07C'est-à-dire oui, mais pas tout de suite, pas dans l'immédiat.
08:11On le voit, ces méga introductions, ces IPOs un peu mythiques, un peu gigantesques,
08:17font rêver, effectivement.
08:19Quand on se retourne et qu'on voit les performances,
08:22on se dit que pourquoi n'y étais-je pas ?
08:26Et maintenant, effectivement, la sensibilité des investisseurs,
08:30c'est de dire j'y vais, j'y vais tout de suite.
08:32Mais on le voit trop souvent.
08:35Il y a eu récemment aux États-Unis des introductions
08:39qui commencent par coter, le nom m'échappe, 300-320 dollars.
08:45Et on était vendredi dernier à 200 dollars.
08:48Elle reprenait 18% hier.
08:50On a perdu 30% en trois semaines, un mois.
08:54Voilà.
08:55Et le titre rebondit maintenant.
08:56Donc, je pense qu'il va y avoir un engouement phénoménal pour SpaceX.
09:01Et par conséquent, je pense que le titre va être survalorisé
09:05et les analystes le démontreront très, très rapidement.
09:10Malgré les positions dominantes et la qualité de la société,
09:14les fondamentaux n'ont rien à voir.
09:16Mais l'investissement émotionnel, complètement irrationnel,
09:22qui va s'en suivre, nous laisse à penser qu'il vaut mieux
09:26faire preuve de sagesse, de sérénité, d'attendre du retour de papier
09:30et ensuite reprendre les titres quand on aura corrigé les excès de la première heure.
09:35Et avec SpaceX, c'est quelque part le premier homme infini qu'on va voir surgir.
09:40Elon Musk, le premier homme infini en termes de fortune personnelle.
09:43Après l'introduction en bourse, sa fortune nette à Elon Musk
09:46devrait représenter 3% du PIB américain.
09:48Même fortune personnelle que l'équivalent du PIB de 125 pays à lui tout seul.
09:52La dernière fois qu'on avait vu ça, c'était en 1913 avec Rockefeller.
09:56Oui, l'homme infini.
09:58En termes de pouvoir d'ailleurs aussi, les actionnaires,
10:00ceux qui choisiront d'investir dans SpaceX, finalement, entreront en...
10:03Alors en dictature, c'est peut-être un peu caricatural,
10:06mais oui, une forme de dictature actionnariale.
10:07En tout cas, un manque de démocratie actionnariale,
10:09un grand déni de démocratie actionnariale chez SpaceX ou pas ?
10:12Elon Musk ne pourra pas être évincé, par exemple.
10:14Alors, on va le nuancer un petit peu.
10:17C'est vrai que dans les termes du contrat de l'IPO,
10:22il est marqué que toutes les procédures relèveraient du droit texan.
10:26Que dit le droit texan ?
10:28C'est-à-dire que le droit texan s'adresse au contrat
10:31qui lie deux entreprises dans une négociation.
10:34D'ailleurs, je fixe les règles,
10:36je dis que je fais ce que je veux,
10:38je m'attribue des droits de vote, je fais etc.
10:40etc. Là, effectivement, la grande nouveauté,
10:44c'est qu'Elon Musk est en train de nous expliquer
10:46qu'il va expliquer au droit financier le droit commercial.
10:51Et là, il y a un gap qui, par un raccourci,
10:55semble effectivement excessif,
10:56sauf que, dans certaines mesures,
10:59le droit fédéral l'emporte quand même.
11:01Donc, allez dire,
11:02vous n'aurez pas le droit de faire de classe action,
11:04vous n'aurez pas le droit de contester mes décisions,
11:07je ne pourrai pas être démis parce que, de toute façon,
11:09je serai ultra majoritaire compte tenu de mes droits de vote.
11:12Ça aura ses limites au système
11:14qui font que, quand même,
11:15ce ne sera pas tout à fait une dictature,
11:18ce ne sera tout de même pas un...
11:19C'est une tentative de déni de démocratie,
11:23mais si les actionnaires sont vraiment roulés dans la farine
11:26à un moment ou à un autre,
11:28il reste le droit fédéral qui permettra.
11:31On parlera de démocrature actionnariale, alors.
11:33C'est peut-être mieux.
11:35Merci, Franklin, de nous avoir accompagné.
11:36Franklin Pichard pour Kipling Finance régulièrement à nos côtés.
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