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  • il y a 23 minutes
Mercredi 10 juin 2026, retrouvez Emilie Calame (CEO, Calame), Arthur Debono (membre de la commission AFJE Legal ops et innovation, AFJE) et Arthur Sauzé (Head of legal operations consulting, EY Société d’avocats) dans LEX INSIDE, une émission présentée par Arnaud Dumourier.

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00:10On poursuit avec notre débat, on va croiser les visions, les points de vue pour essayer de comprendre comment ces
00:17legal operations peuvent être véritablement un levier de performance.
00:22Et je vais continuer avec vous Arthur sur le début en fait, quand une direction juridique veut se lancer dans
00:30les legal operations, par quoi elle doit commencer ?
00:33Alors très souvent on associe le legal operation à la digitalisation, aux outils. Peut-être à tort, parce que le
00:41legal operation ça peut être beaucoup plus que ça, on parlait tout à l'heure de la donnée, donc sur
00:45le knowledge management, sur la communication, sur la gestion de projets, sur énormément de choses.
00:49Bon, la réalité effectivement c'est que le métier de l'égal ops dans une direction juridique commence très souvent
00:54avec un projet de digitalisation, mais en réalité ça peut aller bien au-delà de la digitalisation.
01:01Il faut simplement commencer par un cadrage de besoins pour répondre à une problématique dont fait face la direction juridique,
01:06que ce soit de la communication ou de la gestion de projet, et à partir de là estimer le besoin
01:10de prendre un legal operation.
01:11Émilie, vous êtes d'accord sur cette manière de procéder ?
01:14Oui, oui, bien sûr, on cartographie d'abord les besoins, en fait il veut répondre à un besoin, la digitalisation
01:20en soi n'est pas une réponse universelle à tout, certains sujets peuvent être adressés sans digitalisation, simplement avec un
01:26peu de bon sens et de processualisation.
01:29Arthur Sosé, il faut penser à d'autres choses quand on lance une démarche legal operations.
01:37Toutes les réponses ont été dites et effectivement la première chose à faire c'est déjà voir la big picture
01:43de ton activité et ton organisation, c'est-à-dire aujourd'hui qui fait quoi dans la direction juridique, quels
01:50sont les risques auxquels la direction juridique.
01:53L'entreprise aussi est exposée, c'est pour ça que c'est toujours important de mettre en perspective effectivement l
01:57'organisation de l'activité et aussi la cartographie des risques, parce qu'en fait une organisation de la direction juridique
02:02a pour objet de répondre aux risques clés auxquels la direction juridique est confrontée.
02:06Et donc effectivement à partir des risques et à partir de la vision de qui fait quoi, soit par rapport
02:11aux outils actuels s'ils en ont, soit par rapport à un diagnostic, derrière on est capable effectivement de fournir
02:17une forme de premier rapport d'étonnement et un plan d'action qui peut se traduire par des outils, mais
02:22aussi très souvent comme la démilie par des processus ou par de l'organisation.
02:25Simplement faire évoluer, parfois juste faire évoluer quelques périmètres suffit à réduire en tout cas un certain nombre de dysfonctionnements.
02:35Arthur Desbonaux, comment on fait pour articuler entre les process, les outils, pour évaluer les différents process et les outils,
02:43ça prend du temps, on mobilise les équipes, comment ça se passe ?
02:47Alors c'est des véritables projets au sein de la direction juridique.
02:51Mener un audit au sein d'une équipe ou d'un process, voire même au-delà de la direction juridique,
02:56un exemple très concret et qui est souvent un point de départ de LegalOps, c'est le CLM.
03:00Très souvent, ça a été le projet qui a lancé LegalOps dans une DG. L'erreur, c'est de visualiser
03:06le contrat qu'au niveau du juridique, alors que c'est en réalité un projet de transformation d'entreprise.
03:12Et donc pour auditer ces process, ça implique d'aller rencontrer énormément d'opérationnels à travers l'entreprise pour comprendre
03:18la chaîne de bout à bout de la sélection de fournisseurs,
03:21de la négociation des contrats jusqu'aux outils de gestion de fournisseurs, de facturation, etc. Et donc en fait, c
03:28'est un travail très complexe et qui prend énormément de temps,
03:30mais qu'il faut véritablement cadrer pour ne pas rater vraiment un déploiement d'outils.
03:35Est-ce qu'il y a une bonne pratique, une espèce de recette qui marche bien dans les directions juridiques
03:40que vous accompagnez ? Bien expliquer par exemple la méthode ?
03:45Alors vraiment, pour moi, c'est l'audit. Poser énormément de questions, aller rencontrer toutes les personnes,
03:52toutes les personnes qui sont partie prenante à l'intérieur du process pour être sûr de visualiser l'ensemble de
03:57la chaîne.
03:57Et à partir de là, faire véritablement un jeu stratégique d'optimisation du workflow pour être sûr de ne passer
04:04à côté de rien.
04:05Alors Émilie, Arthur évoquait les bonnes pratiques. Est-ce qu'il y a des choses à éviter ?
04:11Des choses à éviter ? Se presser et vouloir aller trop vite vers la solution.
04:16J'ai vu tellement de projets capoter parce que les personnes sont passées directement à aller voir des démos.
04:23Et des démos, c'est bien. Vous pouvez solliciter autant de vendeurs que vous voudrez.
04:26Vous allez pouvoir occuper toutes vos journées à faire des démonstrations.
04:29Ça, ce n'est pas un problème. Ils seront ravis de le faire et de répondre à vos questions.
04:31Et en plus, tous les outils auront l'air formidables, ce qui n'est peut-être pas forcément le cas
04:35dans l'implémentation
04:37et dans la capacité qui est la vôtre ensuite de traiter le sujet.
04:41Donc, bien prendre le temps de la réflexion.
04:43Prendre le temps de la réflexion, de savoir à quel problème on répond, comment on veut le résoudre.
04:47Est-ce qu'on est sûr que c'est de la digitalisation ?
04:48Et est-ce que surtout, on est sûr qu'on a ce qu'on appelle le backbone,
04:51c'est-à-dire la donnée claire, centralisée et neutralisée pour pouvoir ensuite l'insérer dans la machine ?
04:57J'ai monté des projets et accompagné des projets de transformation
05:00où l'outil a été acheté malgré mes recommandations avant même d'avoir fait ce travail-là.
05:05Et ensuite, deux ans plus tard, l'outil n'est toujours pas implémenté.
05:07Parce qu'en réalité, l'outil a été délivré par l'éditeur.
05:10Il ne faut pas oublier que le travail de l'éditeur, c'est de délivrer l'outil,
05:12ce qu'il peut faire relativement rapidement.
05:15En revanche, pour faire l'implémentation, c'est beaucoup plus long
05:17parce que ça doit s'appuyer sur l'ensemble de la donnée data et processuelle
05:21qui, si elle n'a pas été mappée en amont, ne fonctionnera pas.
05:24Ce n'est pas l'éditeur qui va fournir cette donnée-là, c'est la direction juridique.
05:27Et donc, c'est énormément de travail de le faire.
05:29Arthur, vous semblez d'accord avec ce qui vient d'être dit ?
05:32Oui, complètement.
05:34Effectivement, je pense qu'il y a parfois une méconnaissance,
05:37on parle dans la direction juridique, du rôle de l'éditeur.
05:40L'éditeur, son but, c'est de fournir un outil qui marche le plus rapidement possible.
05:45Ce n'est pas de fournir un outil qui fit avec vos besoins, avec vos cas d'usage.
05:48C'est pour ça qu'il faut être extrêmement clair durant la phase d'analyse des besoins
05:52sur, effectivement, cadrer le cas d'usage et arriver avec l'éditeur
05:56et dire, je veux répondre à tel pain point de cette façon-là,
06:00du coup, j'ai besoin de cette société qui fait ça
06:02et il faut descendre dans un degré de granularité qui est assez important.
06:05Et Milly parlait de déploiements qui, au bout de deux ans, ne sont pas encore réalisés.
06:10C'est tellement commun.
06:12C'est-à-dire que souvent, j'ai tendance à dire,
06:15il faut presque commencer le déploiement, les réflexions du déploiement
06:19au moment de la sélection de l'outil et en amont,
06:22c'est-à-dire identifier ton arborescence cible,
06:26identifier tes workflows cibles, les métadonnées que tu as envie de reprendre,
06:29comment tu veux que ça s'intègre dans tes processus.
06:31Parce qu'en fait, sinon, il y a plein de directions juridiques
06:35qui pensent qu'une fois qu'elles ont acheté l'outil, ça y est, le plus dur est fait.
06:39Alors que c'est là que tout commence en réalité.
06:46Et donc, effectivement, avoir déjà anticipé cette charge de travail,
06:51même sur la question de la migration des contrats, on n'en a pas parlé,
06:54mais un autre grand sujet, d'avoir l'anticipé le plus en amont possible,
06:58derrière, déjà, c'est le moyen d'avoir un outil qui répond vraiment à ton besoin
07:03et derrière, de ne pas se retrouver submergé par la charge de travail
07:07et des ateliers de données à collecter lors du déploiement
07:09qui viennent empiéter sur le run
07:14et donc, du coup, te mettre dans un gros étranglement.
07:16Concrètement, un déploiement, nous, on aime bien dire,
07:19soit c'est anticipé, soit c'est cher, soit ça ne marche pas.
07:25Arthur Debono, vous êtes d'accord avec ça ?
07:27Complètement.
07:29Si on prend le cas du CLM, qui est vraiment extrêmement parlant,
07:31un déploiement à l'échelle de Decathlon,
07:34c'est plus de 50 pays et plus de 6 000 utilisateurs.
07:37Si on ne pense pas ça sur 4, 5, voire 6 années,
07:42évidemment, on va droit dans le mur.
07:43Et c'est malheureusement ce que je vois quand j'accompagne des clients.
07:46On se dit que finalement, le projet de déploiement, ça va être relativement rapide.
07:50Ça peut être le cas en fonction du scope,
07:51mais on le sous-évalue très souvent.
07:54Sur le budget aussi, on va sous-évaluer,
07:55parce qu'on ne va penser que la partie licence pour l'outil,
07:58alors qu'il y a toute l'intégration, peut-être le coup d'un LegalOps
08:00ou d'un expert qui va accompagner, etc.
08:02Donc en fait, si ce n'est pas véritablement bien cadré, comme il dit Arthur,
08:06ça peut aller dans le mur.
08:08Ça veut dire que souvent, on veut aller trop vite ?
08:12Encore une fois, il y a la pression du business qui fait qu'on doit aller vite,
08:16mais il ne faut pas que ça devienne l'ennemi du bien.
08:19Est-ce qu'il y a une certaine peur quand même des directions juridiques de ces transformations ?
08:25Évidemment.
08:27Sans rentrer dans la question de l'IA,
08:29si on parle juste de digitalisation ou de transformation,
08:32il y a forcément des personnes qui sont réfractaires.
08:36Au juridique, oui, la population juridique est assez réfractaire sur la digitalisation,
08:40peu importe la génération.
08:42Et ça s'explique facilement.
08:44La transformation induit des changements sur le métier.
08:47On va attendre d'autres choses de nous.
08:49On va attendre plus de choses de nous.
08:50On va devoir apprendre à utiliser des nouveaux outils.
08:53Donc forcément, ça induit de la peur dans la population juridique.
08:56Et si on va sur la question de l'IA,
08:58là, c'est évidemment la barrière à l'adoption de l'IA dans les directions juridiques.
09:02C'est qu'on a tous entendu parler du fait que les IA génèrent des erreurs et des hallucinations.
09:08Donc on perd notre sécurisation juridique.
09:10Ça fait peur.
09:11Et de l'autre côté, on n'arrête pas d'entendre que ça va en plus remplacer nos fonctions.
09:15Donc ça fait encore plus peur.
09:17Et donc le rôle du LegalOps, pour moi, il est là.
09:20Il est dans la conduite du changement, dans l'explication par le sens,
09:24afin de convaincre les équipes que non, l'IA ne va pas remplacer votre travail.
09:27Il va le transformer.
09:28Moi, je pense l'améliorer.
09:30Mais voilà, il faut faire avec cette peur.
09:32Émilie, vous êtes d'accord sur la peur que ça engendre ?
09:37Oui, mais moi, j'aurais parlé plutôt de la peur, le faux mot comme on dit, la peur de manquer
09:42le train.
09:42En fait, tout va tellement vite.
09:44C'est un job full-time, en fait, de garder la vision des évolutions des IA aujourd'hui.
09:51C'est littéralement un full-time job.
09:54Et que les directions d'aujourd'hui ne peuvent pas faire,
09:56parce que par définition, elles-mêmes, elles sont déjà occupées à faire leur business au quotidien.
09:59Donc elles sont submergées de toutes ces informations un peu chainies.
10:03Elles se demandent ce qu'il faut faire, ce qu'il ne faut pas faire.
10:05Alors il y a à la fois la paralysie, l'angoisse,
10:07où on se dit, du coup, je ne sais pas vers quoi aller, donc j'attends, je ne bouge pas.
10:10Mais du coup, en ayant l'impression que si on ne bouge pas, on rate le train par rapport à
10:14d'autres.
10:15Ou alors, on va se jeter dans le premier venu ou le dernier venu.
10:18Mais enfin, le dernier venu, il est le dernier pour les 15 prochains jours, à peine.
10:22Donc c'est toujours très fluctuant et très changeant.
10:24Et pour rebondir sur ce que disait Arthur tout à l'heure,
10:27sur les sujets d'implémentation avec lesquels je suis tout à fait d'accord,
10:30je trouve toujours que c'est très étonnant qu'on aborde la direction juridique
10:34de façon si draciquement différente des autres départements.
10:37C'est-à-dire que ça ne viendrait à l'idée de personne
10:38de faire une implémentation de CRM ou de SIRH ou de RP,
10:45et c'est beaucoup le sujet en ce moment,
10:47sans aucun accompagnement et sans planifier et sans faire un plan rétrospectif
10:52et sans avoir de la bande passante en interne pour gérer ce genre de sujet.
10:55De façon très étonnante pour la direction juridique,
10:58on a l'impression que ça devrait être sans friction, sans difficulté
11:01et que ça devrait être simple.
11:02Ça n'est pas plus simple que n'importe quel autre projet de transformation.
11:05Et vous avez une explication à ça ?
11:07La sous-dotation financière systémique des directions juridiques,
11:11pour une raison qui ne m'échappe pas ou qu'à moitié,
11:14mais qui sert notamment à l'absence de positionnement très souvent au comex des directions juridiques.
11:19Arthur ?
11:20Et effectivement, cette sous-dotation financière s'explique aussi dans le fait que,
11:24je trouve peut-être que vous confirmerez que les directions juridiques
11:27ne sont pas assez impliquées dans la programmation budgétaire de la DSI.
11:29C'est-à-dire que quand la DSI fait son plan de programmation budgétaire
11:32et du coup va taper à la porte des différents départements
11:35et va dire voilà, pour les trois prochaines années,
11:38combien est-ce qu'on pourrait positionner ?
11:40La direction juridique n'est pas autour de la table ?
11:42Non, et même, je discutais avec une DSI il n'y a pas longtemps.
11:45Ah bon ? Il fallait que j'aille parler de la direction juridique ?
11:50Parfois, la DSI ne pense même pas que la direction juridique
11:53peut avoir un sujet de digitalisation en réalité.
11:56Et donc du coup, ce qui devrait être qu'une goutte d'eau dans le budget de la DSI
12:02devient un mur, enfin en tout cas un saut dans le budget de la direction juridique.
12:07C'est à cause du manque de communication de la direction juridique ?
12:11Ou c'est quoi l'explication ?
12:13Ça dépend des organisations, il y a plein de raisons.
12:16Effectivement, de toute façon, traditionnellement, la direction juridique,
12:21à la base, c'était quand même les outils sur l'étagère.
12:24C'était, je ne sais pas si on peut les citer, Dallos, Lexis, etc.,
12:26qui était en tout cas la recherche juridique externe.
12:31Et les véritables SI juridiques type CLM, Matter Management ou autres,
12:36c'est quelque chose en réalité qui est assez récent
12:38pour les directions juridiques françaises.
12:42Donc il y a peut-être un manque de culture, peut-être, côté SI.
12:49Peut-être que côté direction juridique, ils ne connaissent pas les processus de la DSI.
12:53C'est quelque chose, en tout cas, c'est ce que je vois qui peut être une raison qui peut
12:58expliquer.
13:00Émilie, je vais revenir à vous sur la question de la performance.
13:03Quels sont les gains qu'on peut espérer, les processus qui donnent rapidement des solutions
13:10en termes de legal operations et qui vont aider les directions juridiques rapidement
13:14à se digitaliser, à améliorer la performance ?
13:17Alors, pas forcément à se digitaliser, mais en tout cas, les processus qu'on va pouvoir tout de suite actionner
13:21et qui seront actionnables, et c'est important de les faire en amont,
13:24des processus de digitalisation qui, eux, sont des projets sur le très long terme.
13:28Et donc, les projets sur le très long terme, ça fait aussi perdre un peu de motivation.
13:30Je veux dire, c'est normal, les gens ont besoin aussi de voir des actions rapides
13:34qui ont des succès rapides.
13:35Les succès rapides, ça va être de prendre les points de friction
13:39qui sont les plus récurrents, les plus douloureux, ou qui vous prennent le plus de temps.
13:43Et très idéalement, un sujet qui remporte ces trois ingrédients magiques.
13:48Et quand on dit ça, normalement, les gens savent immédiatement à quoi on fait référence.
13:53En tout cas, pour eux, quel sujet les concernerait.
13:55Ça n'est pas la même chose pour tous, mais si on arrive à trouver ce sujet-là
13:58dans une direction juridique qui concerne 5, 10 ou 20 juristes,
14:01alors là, on a évidemment un retour sur investissement qui est incroyable
14:04parce qu'on a adressé ce sujet-là qui n'était pas un tout petit point,
14:07mais un point relativement douloureux dans les pines de plusieurs pieds.
14:11Et donc, c'est très important de soulager plusieurs personnes à la fois le plus vite possible.
14:15Arthur Desbonaux, est-ce qu'on peut standardiser, comme explique Émilie,
14:21sans faire d'usine à gaz, sans créer de process trop lourds, trop compliqués ?
14:28C'est la véritable question.
14:31Nous, à la direction juridique, on a besoin de standardiser.
14:34Comme le disait Arthur, la standardisation, c'est ce qui nous permet d'obtenir une certaine sécurité juridique.
14:40C'est ce qui va nous permettre aussi de récolter de la donnée fiabilisée, qualifiée.
14:44Donc, c'est extrêmement important pour nous.
14:47Par contre, vouloir standardiser à outrance, standardiser 100% d'un processus,
14:53forcément, ça va générer une usine à gaz.
14:55Donc, le jeu, c'est un peu, je suis désolé, c'est un peu une réponse de Normand,
14:57le jeu, ça va être de trouver la bonne balance.
15:01Souvent, ça va être le 80-20.
15:02On va chercher le flux le plus important,
15:06comme le disait Émilie, là où il y a le plus de gains,
15:08parce qu'il y a une récurrence, un pain point, etc.
15:11Et ne pas laisser de côté les 20% d'instant,
15:14les inclure dans le process,
15:16mais en tant qu'exception.
15:17C'est-à-dire que, voilà, pour toute cette liasse de contrat,
15:19ça va être standardisé, homogénéisé
15:22et archivé d'une telle manière.
15:24Les 20% restants, on sait que c'est très différent,
15:27ça doit être du cas par cas,
15:27mais on sait que ça existe,
15:29on sait que c'est dans le process,
15:30vous êtes en autonomie, et ainsi de suite.
15:32Au moins, c'est processisé.
15:36Et à vouloir standardiser à outrance,
15:38le problème, c'est qu'on génère l'effet inverse.
15:40S'il y a trop de friction, de ralentissement,
15:43on connaît nos opérationnels,
15:44ils vont chercher à éviter le process
15:46et générer des risques qu'on ne peut pas maîtriser.
15:48Arthur, votre point de vue là-dessus ?
15:50Tout est vrai, il y a juste un point très important,
15:52c'est que parfois, c'est ne pas standardiser
15:54qui génère l'usine à gaz.
15:55Pourquoi ?
15:56C'est-à-dire que je le vois sur le contrat,
15:59par exemple, effectivement.
16:02Demain, tu as standardisé ton architecture contractuelle
16:06avec effectivement des clauses
16:08qui vont se répercuter dans tout le...
16:10Enfin, en tout cas, un corps modèle contractuel
16:12et quelques exceptions, des déviations à la marge
16:14en fonction de process achat, process IT,
16:18process commercial ou des ajustements justifiés
16:22selon les régions.
16:25derrière, une fois que tu as un corps modèle commun,
16:28si demain, tu veux faire une modification
16:34d'une clause
16:36parce que changement réglementaire
16:38ou changement de contexte,
16:39il suffit de modifier la clause racine
16:40pour que la modification soit faite
16:43dans l'ensemble de tes contrats
16:47qui contiennent cette clause
16:47de manière subséquente.
16:49Et moi, je vois des directions juridiques
16:51qui me disent
16:52« Ah oui, non, je ne vais pas me lancer
16:53dans la standardisation parce que c'est l'usine à gaz. »
16:55Mais derrière, lorsqu'il s'agit d'identifier
16:58quels sont tes templates
17:00où cette modification réglementaire est impactée,
17:02modifiée ensuite manuellement,
17:04l'usine à gaz, elle est véritablement là.
17:07Donc, c'est la standardisation,
17:10c'est un investissement
17:11et c'est un levier de performance.
17:13D'accord.
17:13Alors, on parle levier de performance.
17:16Les KPIs,
17:17Émilie en a parlé un peu en introduction,
17:19c'est quels KPIs,
17:20pour qui,
17:22comment on peut évaluer
17:23la performance réellement ?
17:26Les KPIs,
17:27la première question,
17:28et de toute façon,
17:28c'est très subjectif,
17:30mais ça dépend de l'organisation,
17:30mais la première question,
17:31à chaque fois,
17:32c'est pour qui, pourquoi ?
17:33Déjà, une fois qu'on a ça en tête,
17:35c'est très clair.
17:36Est-ce que c'est des KPIs pour toi,
17:37direction juridique,
17:38pour mieux suivre son activité ?
17:39Est-ce que c'est des KPIs
17:40pour tes clients internes ?
17:41J'ai vu ça,
17:43pour mieux communiquer
17:44sur la valeur et la performance
17:46de la direction juridique,
17:47et donc,
17:47ce que tu vas aller rechercher
17:48va être complètement différent.
17:54Donc,
17:55dans l'hypothèse
17:56d'une direction juridique
17:57qui, aujourd'hui,
17:57n'a pas vraiment
17:59d'indicateur,
18:01je dirais que la première chose à faire,
18:03c'est ce qu'on avait dit
18:04un petit peu dans l'introduction,
18:05c'est avoir la big picture
18:05sur son activité,
18:06c'est-à-dire qui fait quoi,
18:08comment,
18:08dans la direction juridique.
18:09Et déjà,
18:09c'est mesurer les entrants,
18:11c'est-à-dire
18:12combien de sollicitations j'ai,
18:13sur quel type de domaine,
18:14des questions,
18:14des sujets complexes,
18:16des sujets simples,
18:16des contrats,
18:17des avis juridiques,
18:18pour avoir une bonne visibilité
18:19de la situation.
18:20Une visibilité de l'entrant
18:21pour pouvoir déjà
18:22potentiellement estimer demain
18:23l'évolution de la charge
18:24et pouvoir quantifier
18:26sur la base de nos objectifs,
18:27ok,
18:27en fait,
18:28on est aujourd'hui sollicité
18:29un tiers de plus.
18:30Je pense,
18:31pour exemple,
18:31en ce moment,
18:32les départements
18:34IT,
18:35digital,
18:36etc.,
18:36privacy,
18:37en ce moment,
18:38avec l'IA,
18:39ils en bouffent
18:39des demandes entrantes,
18:41c'est-à-dire qu'ils sont
18:42sollicités sur beaucoup
18:43plus de contrats
18:43qu'ils étaient sollicités
18:44avant,
18:45et à effectif constant.
18:46Et donc,
18:46du coup,
18:47déjà,
18:47avoir une visibilité
18:48de ce qu'ils rendent,
18:49de comment est traitée
18:50la demande
18:54et après,
18:54derrière,
18:55on peut aller dans la finesse
18:56et où est le délai ?
18:57Parce que souvent,
18:58on va nous dire
18:59« ouais,
19:00la direction juridique,
19:00elle est trop lente
19:01pour répondre ».
19:01Et après,
19:02on leur demande
19:02« est-ce qu'ils ont répondu
19:03en retard ? »
19:04Non.
19:04Et donc,
19:05la question,
19:05on se pose
19:05« où est le délai ? »
19:06Est-ce que le délai est
19:07dans les mains
19:07de la direction juridique
19:08ou dans les mains
19:08de l'opérationnel
19:09qui n'a pas suffisamment
19:10donné d'informations
19:10ou qui tarde
19:11à renvoyer les éléments ?
19:12Et donc,
19:12c'est ça qui est assez intéressant
19:13avec les capiais,
19:14c'est qu'on va aller
19:14effectivement chercher des points.
19:16Il faut vraiment avoir en tête
19:17un capiais
19:18pour le but de démontrer
19:18quelque chose
19:19ou de piloter quelque chose.
19:21Et donc,
19:22il faut avoir ce référentiel
19:24pour se dire
19:24« ok,
19:24quelle balise
19:25j'ai envie de poser
19:26pour pouvoir derrière,
19:28en tout cas,
19:29compiler,
19:29fermer,
19:29calcul et… »
19:31mettre les bons indicateurs.
19:36Au fond de l'océan
19:37et puis ensuite,
19:38derrière,
19:38on voit comment ça évolue.
19:41Arthur Desbonaux,
19:41vous êtes d'accord avec ça ?
19:43Complètement d'accord.
19:44Vouloir fixer des capiais
19:46sans finalement savoir
19:47ce qui est réellement traité
19:48par la direction juridique,
19:49sans avoir un intake management
19:51pour savoir
19:51combien de demandes
19:52sont entrantes
19:52et qu'est-ce qu'on fait réellement,
19:54en fait,
19:55c'est toujours piloter
19:55aux doigts mouillés.
19:56Donc,
19:56le premier travail,
19:57véritablement,
19:58ça va être de savoir
19:59qu'est-ce qui est réellement fait
20:00par la direction
20:00et de choisir des capiais
20:02intéressants.
20:04L'exemple
20:05que l'on voit souvent,
20:07c'est de traiter le volume.
20:09Ma direction juridique,
20:10elle est capable
20:10d'accompagner
20:11ou de négocier
20:12X contrats.
20:12Sauf qu'en fait,
20:13ce capiais-là,
20:14tout seul,
20:15il n'a pas forcément…
20:16Il ne veut rien dire.
20:17Exactement.
20:17Alors que si on dit
20:18le nombre de contrats
20:19sur des projets
20:20de transformation
20:21ou sur des projets
20:22haute valeur,
20:23c'est beaucoup plus intéressant.
20:24Ou même l'inverse,
20:25le nombre de contrats
20:26qui n'ont pas été accompagnés
20:27parce que gérés
20:28en self-service
20:29via un CLM
20:29qui a été mis à disposition
20:30par la DG.
20:31Là,
20:31c'est beaucoup plus intéressant
20:32que juste un volume.
20:34Émilie,
20:34vous observez quoi
20:36sur les entreprises
20:37que vous conseillez
20:38en termes de capiais ?
20:39Alors,
20:40c'est très disparate
20:41encore une fois,
20:42mais je rejoins Arthur.
20:43Il faut savoir
20:44pour qui et pour quoi faire
20:45et à quelles questions
20:46est-ce qu'on va répondre.
20:47En fait,
20:48les capiais
20:48sont des éléments
20:49de réponse
20:50qui vont interagir ensemble
20:52pour apporter une réponse
20:53à une question.
20:55Donc,
20:55autant faut-il
20:55avoir la question en amont
20:58pour pouvoir y répondre
20:59au plus juste.
21:00Et si on garde la métaphore
21:01de poser des balises
21:02au fond de la mer,
21:04c'est long,
21:05c'est fastidieux
21:05d'aller les implémenter
21:06et ensuite d'aller faire
21:07le relevé de la donnée.
21:09Et ça,
21:09si c'est interconnecté,
21:11et donc,
21:12dans la réalité,
21:12on peut mesurer
21:13à peu près tout
21:14en termes de capiais.
21:15Ça n'est pas impossible,
21:16je peux vous mesurer
21:17le nombre d'emails
21:18auxquels on répond
21:19chaque jour.
21:20Mais il faut qu'il y ait
21:20un objectif.
21:21Mais il faut qu'il y ait
21:22un objectif
21:22parce que ça va être long
21:23et ça va être compliqué.
21:24Si encore,
21:25toute la direction juridique
21:25était outillée aujourd'hui
21:27sur tous ces éléments-là
21:28et qu'il suffisait
21:28de cliquer sur un dashboard
21:30pour avoir un report
21:31de tous ces éléments,
21:32on pourrait faire
21:32du pick and choose.
21:33Mais si en réalité,
21:34là,
21:34il faut aller venir
21:35les chercher un par un,
21:36alors vraiment,
21:37identifions le moins,
21:38ma théorie,
21:39c'est le moins de capiais
21:40possible pour répondre
21:41le plus finement
21:42à la question qui est posée.
21:43Alors,
21:44on va parler un peu
21:44des outils à Arthur Sosé.
21:47Aujourd'hui,
21:48est-ce que,
21:48alors on parle beaucoup
21:49d'intelligence artificielle,
21:50c'est le sujet du moment,
21:51mais est-ce qu'il y a
21:52un outil qui marche mieux
21:55qu'un autre
21:56dans les directions juridiques ?
21:57Aujourd'hui,
21:57c'est quoi l'outil ?
21:58Il y a un moment donné,
21:59c'était les CLM.
22:00Est-ce qu'aujourd'hui,
22:01c'est vraiment l'IA
22:01qui érigue les directions juridiques ?
22:04Je serais bien
22:05qu'il y ait un outil
22:05qui marche bien
22:06pour toutes les directions juridiques
22:07et qu'il soit universel.
22:08Je ne sais pas si Émilie
22:08en a un en tête,
22:09mais voilà,
22:11j'attends.
22:13Non,
22:14mais de manière générale,
22:16à l'aune de l'IA,
22:19en fait,
22:20l'IA,
22:21c'est un mot valise,
22:21on peut y mettre
22:22tout ce qu'on veut,
22:23mais déjà,
22:23il faut,
22:23on va dire,
22:24son stack de base
22:25de structuration
22:25de sa donnée,
22:26c'est-à-dire,
22:27effectivement,
22:27son CLM,
22:28son matter management,
22:29son intake,
22:30son outil corporate,
22:31j'ai envie de dire,
22:32en tout cas,
22:33il faut que la donnée
22:34se passe quelque part.
22:35Et ensuite,
22:35derrière,
22:36c'est une fois que la donnée
22:37est structurée
22:38que les agents
22:38vont aller se greffer dessus
22:39et là,
22:40on peut faire preuve
22:40d'inventivité.
22:41Mais on ne peut pas
22:42vouloir mettre
22:43la charrue avant les bœufs,
22:44c'est-à-dire vouloir mettre
22:44des super IA,
22:46créer des super agents
22:47qui font plein de choses
22:48sans avoir une donnée
22:49qui est structurée
22:50et formalisée.
22:50Et je pense que
22:52le bon outil,
22:53en tout cas,
22:54sur lequel vous pouvez investir,
22:56c'est l'outil
22:56qui offre une très forte
22:57capacité d'intégration.
22:59C'est-à-dire qu'il n'est pas
23:00un outil qui est siloté.
23:02Qui peut s'interconnecter
23:03à d'autres outils.
23:04Exactement.
23:05Et d'autres outils
23:06qui ne sont pas que
23:06dans la suite de cet outil.
23:08Parce qu'on peut avoir ça aussi
23:09avec des suites logicielles.
23:12Je peux m'intégrer
23:13à tout ce que tu veux
23:13sous réserve que c'est
23:14dans la suite.
23:15Et la signature électronique.
23:17Mais voilà,
23:18mais globalement,
23:20l'outil de demain
23:22sur lequel l'investissement
23:23ne sera jamais mauvais,
23:24c'est l'outil
23:25qui est très intégrable.
23:28Donc,
23:28qui ne fonctionne pas
23:29en silo
23:30où tu peux récupérer
23:31de la donnée
23:31et aller en injecter
23:32à droite à gauche
23:33où les workflows
23:33ne sont pas fragmentés
23:34et qui s'intègrent
23:34dans un processus.
23:36Ça, c'est pour,
23:37on va dire, le fond.
23:38Et sur le choix
23:39de l'éditeur en tant que tel,
23:41l'outil sur lequel
23:42on peut vous projeter
23:42sur sa roadmap.
23:44Parce qu'effectivement,
23:46avant,
23:47c'était,
23:47je dirais que c'était
23:48plus simple
23:49de sélectionner un outil
23:49ou de monnaie
23:50un appel d'offres.
23:51Je vous dirais
23:51ce que vous en pensez.
23:52Parce qu'effectivement,
23:53il y avait ton cahier des charges,
23:54tes fonctionnalités.
23:55Il y en avait un
23:55qui était meilleur.
23:56Je prends le salaire,
23:57Tomoro,
23:57meilleur sur ce côté-là.
23:59Digitrust,
24:00meilleur dans un autre,
24:01etc.
24:02Chacun avait un peu
24:02ses forces,
24:03ses faiblesses.
24:03Là, maintenant,
24:04ça va extrêmement vite.
24:05Il y a une forte,
24:07on va dire,
24:07il y a une course
24:08à l'innovation.
24:09Dès qu'il y en a un
24:09qui sort quelque chose,
24:10six mois après,
24:11les autres sont dessus.
24:12Il ne faut pas forcément
24:13chercher l'outil
24:13qui est à l'instant T
24:15au top niveau
24:16parce qu'il a telle fonctionnalité.
24:17Parce que ça bouge très vite.
24:18Ça bouge très vite
24:18et donc,
24:18il faut plutôt se projeter
24:19sur une relation de confiance
24:20avec aussi un éditeur
24:21et dans la confiance
24:22dans sa roadmap
24:23et dans la capacité
24:24à interagir avec eux.
24:25Moi, je pense bizarrement
24:26que l'IA va créer
24:27beaucoup plus de rapports
24:28intuitus personnels
24:29avec les éditeurs
24:31de logiciels.
24:32Arthur Debono,
24:33vous êtes d'accord avec ça ?
24:35Je ne peux pas être
24:35plus d'accord.
24:36C'est exactement
24:37ce que je pense.
24:38Il y a un outil
24:39qu'il faut choisir aujourd'hui
24:41dans une direction juridique.
24:43C'est un outil
24:43qui peut être branché
24:45absolument partout
24:45pour pouvoir consommer
24:47et renvoyer de la donnée.
24:49Et pareil sur la sélection,
24:52la relation avec l'éditeur,
24:54c'est souvent un point
24:54qu'on oublie
24:55mais c'est extrêmement important.
24:57On part sur des relations
24:59de trois, quatre, cinq,
25:01peut-être dix ans.
25:03Donc, ça a une implication
25:04dans le choix.
25:05Il faut que l'éditeur
25:07puisse nous proposer
25:08une roadmap intéressante.
25:09Il faut que la relation
25:10avec le SEM soit bonne
25:11pour qu'on ait un bon suivi
25:12de l'outil dans le temps, etc.
25:14Donc, complètement en phase.
25:16Émilie, un mot là-dessus
25:17sur les outils ?
25:19Oui, la roadmap, oui
25:22et en même temps,
25:23les belles promesses
25:24s'engagent de ceux qui croient.
25:26Et au vu de l'évolution,
25:28personnellement,
25:28c'est pas, à mon avis,
25:31c'est pas contractuellement
25:33engageant, d'autant plus
25:34qu'ils se font la course
25:35les uns aux autres
25:35pour être toujours
25:36les plus performants.
25:37Vraiment, effectivement,
25:38la relation avec les éditeurs,
25:39c'est le plus important.
25:40J'ai vu beaucoup de projets
25:41où on m'a sollicité
25:42pour changer d'éditeur
25:42parce que, soit parce que
25:44l'outil ne convenait plus,
25:45soit parce que la relation
25:46s'était dégradée
25:47et était devenue testable
25:48et du coup, ça rend
25:49la collaboration business
25:51complètement impossible.
25:52Donc, c'est des choses
25:53qu'il faut avoir en tête.
25:54Je trouve qu'on le voit
25:55assez vite au niveau du RFP,
25:56à quel point les gens
25:57sont prêts à s'investir
25:58côté éditeur,
25:58à dégager du temps,
25:59à répondre aux questions
26:01ou pas.
26:01Mais il faut dire aussi
26:02que côté direction juridique,
26:03parfois, puisqu'ils sont
26:04allés trop vite,
26:08on a atteint très largement,
26:09très très largement,
26:10une maturité digitale
26:11aujourd'hui, générale,
26:14sociétale, bien plus importante
26:15que ce que les directions
26:16juridiques sont en mesure
26:17de soutenir.
26:18C'est-à-dire qu'elles n'ont
26:18pas les bases,
26:19elles n'ont pas les fondations.
26:20C'est comme si on allait
26:21s'équiper pour faire un marathon
26:22et qu'on ne savait pas
26:23courir 5 km.
26:23Ça n'a pas de sens.
26:24Vous pouvez mettre
26:24beaucoup de prix très cher
26:26dans plein de choses très chères,
26:27mais vous n'avez pas
26:28la structure et la base.
26:29Et je sais que c'est
26:30la partie la moins sexy,
26:31probablement,
26:32mais c'est la partie
26:33la plus indispensable
26:34sans laquelle
26:34le reste ne fonctionnera pas.
26:36Donc, si on ne veut pas faire
26:37une perte d'argent fondamentale,
26:39il faut vraiment investir
26:40d'abord dans la structuration
26:42de la donnée
26:42et le nettoyage.
26:43Un kit, honnêtement,
26:43à partir de zéro,
26:44si besoin est.
26:45Alors, parmi les outils,
26:46on a déjà parlé ici
26:48sur ce plateau
26:48d'intelligence artificielle.
26:50Pour vous,
26:51est-ce que c'est une évolution
26:52ou une révolution ?
26:53Est-ce qu'il y a vraiment
26:55une rupture
26:56où on est dans la continuité ?
26:58Ça apporte des solutions,
26:59mais on est un step plus haut.
27:01Je crois que la rupture
27:02dans la continuité,
27:02ça a déjà été
27:03un peu plus haut.
27:06Là où il y a une continuité
27:08de toute évidence,
27:08c'est qu'en fait,
27:09on n'avait pas attendu
27:11l'IA complètement
27:12pour entamer
27:13un processus de digitalisation,
27:14de standardisation,
27:15une certaine forme
27:16de workflow
27:18ou de mapping
27:19qui pouvait se faire.
27:20Il y a beaucoup d'anglicisme,
27:21je suis désolée,
27:21je réalise que c'est
27:22assez peu franco-français.
27:25Là où il y a
27:26une vraie rupture,
27:27en revanche,
27:27c'est sur la nature même
27:29du travail
27:30où l'IA propose
27:31aujourd'hui des réponses
27:32qui sont parfois
27:34adéquates,
27:35parfois un peu moins adéquates
27:36et parfois vraiment
27:37parfaitement adéquates
27:38en fonction,
27:38encore une fois,
27:39de la structuration
27:40et de la nature
27:40de la donnée
27:41sur laquelle elle peut s'appuyer.
27:42Mais on a constaté
27:43qu'il y avait vraiment
27:44des réponses profondes
27:45et juridiquement valides,
27:47étayées et justifiées,
27:48qui sont en mesure
27:49de aujourd'hui
27:50faire le travail
27:51que peut faire un juriste
27:52en matière d'analyse.
27:53pas partout,
27:54pas tout le temps,
27:54mais ça,
27:55c'est une vraie révolution
27:56et c'est là
27:57où on vient de toucher
27:58justement,
27:59alors pas que les directions
28:00juridiques,
28:00je ne sais pas si c'est
28:00rassurant ou pas,
28:01mais l'ensemble des professions
28:03de façon générale,
28:04col blanc,
28:05vient être touchée
28:06dans son orgueil
28:07probablement aussi,
28:08et c'est tout à fait normal,
28:10sur la façon
28:11dont on va pouvoir
28:11délivrer notre métier
28:12de demain.
28:12Et donc c'est ça,
28:13je pense,
28:13qui pose beaucoup
28:14d'interrogations
28:15et qui peut aussi
28:17nourrir des inquiétudes
28:18au niveau des transformations.
28:20Donc on voit
28:21que la donnée,
28:22Arthur Sosé,
28:23est fondamentale
28:24et vous au sein
28:25d'EY,
28:25Société d'avocats,
28:26vous avez mené
28:27une étude
28:28pour se projeter
28:30un peu
28:30sur la direction juridique
28:32de 2030.
28:34Alors qu'est-ce
28:34que ça va donner ?
28:35Quelles sont les compétences
28:36qu'on peut imaginer
28:38que les juristes
28:39vont développer
28:40d'ici à 2030 ?
28:41Je ne vais pas
28:42faire toute l'étude
28:43parce que sinon
28:43je pense qu'on peut
28:44encore rester
28:45jusqu'à ce soir,
28:46mais sur le point
28:47spécifique
28:49des compétences,
28:51ce qu'on constate
28:52en tout cas,
28:52c'est qu'on est
28:52dans une phase
28:53de réinternalisation
28:54d'un certain nombre
28:54de compétences stratégiques.
28:56C'est-à-dire qu'effectivement
28:57moins d'externalisation
28:58sur des sujets
28:59cœur business
29:00au cabinet d'avocats
29:01avec beaucoup plus
29:01de réinternalisation.
29:02Ça, c'est en tout cas
29:03un point.
29:04Après,
29:05les nouvelles compétences
29:05juridiques en tant que telles,
29:07c'est-à-dire,
29:08là, on parle d'IA,
29:09mais donc droit de l'IA
29:10en tant que telle,
29:11enfin, maintenant,
29:12il va quand même
29:13y avoir de l'IA
29:14dans tous les projets
29:15et donc à minima,
29:16il faut des experts
29:17sur ce sujet
29:18et que tous les juristes
29:19aient des compétences
29:20en droit de l'IA
29:20qui touchent plus ou moins
29:21leur domaine.
29:25Ensuite,
29:25des compétences
29:26en matière
29:29de gestion de projet,
29:30ça, c'est quelque chose
29:31qui est essentiel,
29:32mais aussi,
29:33même, je dirais,
29:35dans le modèle opératoire 2030,
29:37des juristes projet
29:38en tant que telles,
29:39beaucoup plus présents
29:40qu'ils ne sont aujourd'hui
29:44et effectivement,
29:45avec une hybridation
29:48des compétences
29:50dans la DG.
29:50Je ne vais pas redire
29:51tout ce qui a été dit,
29:52mais effectivement,
29:53en tout cas,
29:53des profils comme Arthur,
29:55les Galops,
29:55des chefs de projet
29:56beaucoup plus qu'avant,
29:57des responsables,
29:58enfin, des personnes
29:58qui seront en charge
30:00de gouverner la donnée.
30:01Est-ce que c'est
30:01des knowledge managers
30:02ou est-ce que c'est
30:02chaque juriste
30:04à son niveau
30:05qui le fera ?
30:05Mais ça,
30:06c'est une vraie compétence
30:07à part entière
30:09et effectivement,
30:09nous,
30:10on est convaincus
30:11qu'il y aura à la fois
30:12effectivement,
30:13en fait,
30:13la direction juridique
30:14sera beaucoup plus polarisée
30:14avec des juristes experts,
30:18encore plus experts
30:18sur des sujets régaliens
30:20et peut-être un pool
30:21de juristes
30:22un peu plus généralistes
30:24et moins qualifiés
30:24qu'ils ne sont aujourd'hui
30:25qui seront augmentés
30:27par les outils
30:27et qui offriront
30:28de la flexibilité
30:28et de pouvoir travailler
30:30sur X ou Y sujets
30:31dès lors que le sujet
30:32ne sera pas automatisé
30:33purement en self-service.
30:34Donc ça,
30:35en tout cas,
30:36ça fait partie
30:37des changements
30:39que vous avez identifiés.
30:40Des trajectoires
30:40sur lesquelles
30:41on se pose effectivement.
30:43Et ça veut dire
30:43que ça va changer
30:45la direction juridique
30:46de manière importante
30:48ou c'est juste
30:50une petite évolution ?
30:52Comment vous sentez
30:53les choses
30:53avec cette étude ?
30:54Oui, la direction juridique
30:56sera changée
30:57de manière plus importante
30:58parce que déjà,
30:58elle traitera moins de sujets.
31:00C'est-à-dire que c'est
31:01toute la question
31:02de sujet stratégique,
31:03sujet pas stratégique,
31:05je fais,
31:06j'automatise,
31:07je délègue.
31:08Et effectivement,
31:09demain,
31:10tout ce qui sera
31:12standardisable
31:12ne sera plus
31:13dans le champ
31:13de la direction juridique.
31:14Donc ça,
31:15c'est effectivement un sujet.
31:17Après,
31:17moi,
31:18je pense que c'est
31:18pour le meilleur.
31:19C'est-à-dire qu'effectivement,
31:20des juristes
31:21qui font du travail
31:23de juristes,
31:24des juristes aussi
31:25qui font des guidelines,
31:26qui font du template.
31:27Donc oui,
31:28c'est parfois compliqué
31:31de s'enlever
31:34un certain nombre de sujets,
31:35mais une direction juridique
31:36de l'autre côté
31:36peut être aussi
31:39plus qualifiée.
31:41Arthur Desbonaux,
31:42comment vous voyez
31:42l'évolution des compétences,
31:44vous,
31:44des juristes
31:45dans les directions juridiques ?
31:47Alors,
31:48moi,
31:49j'essaie d'avoir
31:49un regard positif
31:51sur cette évolution.
31:52Évidemment,
31:53l'IA va avoir
31:53un impact drastique
31:54sur le métier juridique
31:56vu qu'elle va intervenir
31:58énormément
31:58sur la partie rédaction.
32:00Et on sait,
32:00le juriste passe
32:01grande partie
32:01de son temps
32:02sur la rédaction.
32:02Donc ça veut dire
32:03que les autres briques
32:04restantes
32:05au métier de juriste,
32:08à savoir la stratégie
32:09et la communication
32:12vont prendre
32:13plus d'importance.
32:13Je pense que le juriste
32:14de demain
32:15va devoir être
32:15un communicant
32:16beaucoup plus important,
32:17un vrai orateur.
32:18Il va être plus souvent appelé
32:19à intervenir
32:20auprès du COMEX
32:21ou d'organes
32:21de décision
32:22de sa entreprise.
32:23Donc,
32:23il va devoir gagner
32:24sur ce champ-là
32:25et aussi gagner
32:26en expertise stratégique
32:27pour l'entreprise.
32:28Est-ce que,
32:30Émilie,
32:30on va parler plutôt
32:31du rôle
32:32du LegalOps Manager ?
32:34Parce que c'est important,
32:35on a beaucoup parlé
32:36des process,
32:36des outils,
32:37mais c'est bien
32:38d'avoir en tête aussi
32:39quel est aujourd'hui
32:39le rôle du LegalOps Manager
32:42en tant que chef d'orchestre.
32:43Alors,
32:43comment il articule tout ça ?
32:46Eh bien,
32:47avec difficulté
32:48compte tenu du temps
32:49qui lui est généralement
32:50alloué,
32:51sauf s'ils ont la chance
32:51d'être plus nombreux
32:52et auquel cas,
32:53je trouve que c'est
32:54une très symbolique démonstration
32:58de à quel point
32:59les projets réussissent
32:59lorsqu'on y met les moyens
33:01et par moyens,
33:02c'est des moyens humains,
33:03des moyens en termes de durée,
33:04des moyens financiers aussi.
33:06On ne peut pas faire des miracles
33:07avec des bouts de ficelle
33:08et trop souvent,
33:09je vois des LegalOps
33:10qui sont par ailleurs
33:11formidables et motivés
33:12et qui ont très envie
33:13de faire plein de choses
33:13qui sont cantonnés
33:14à un rôle,
33:15à une partie du scope
33:16qui est très très infime
33:18par rapport à tout
33:19ce qui serait en mesure
33:20de prendre ou en volonté
33:22de prendre ou qui serait
33:22nécessaire pour l'entreprise
33:24et donc il faut vraiment
33:25leur laisser la latitude
33:25pour le faire.
33:26Donc ces personnes-là,
33:27il va falloir les mettre
33:29sur le scope
33:30de la digitalisation,
33:31d'avoir une plus grosse vision.
33:33On me posait un moment
33:34de donner la question
33:35du rattachement.
33:37Moi,
33:37j'ai toujours dit
33:37qu'il fallait les rattacher
33:38au plus haut niveau
33:39de la direction juridique.
33:40Je me demande aujourd'hui
33:41s'il ne faut pas
33:42un rattachement directement
33:43auprès de la personne
33:44qui sera en charge
33:45de l'innovation,
33:46de l'IA au sein
33:47de l'entreprise
33:48et que ce soit le bras armé
33:49un peu de la direction juridique
33:50qui va faire remonter
33:51ces informations-là
33:52pour qu'il n'y ait plus
33:53de déperdition d'informations
33:54parce que si on reste
33:55vraiment très siloté
33:55dans sa direction,
33:56on voit bien à quel point
33:57on est exclu
33:58de toute une organisation
34:00stratégique à travers
34:01ce sujet-là
34:02qui, encore une fois,
34:03c'est de la gouvernance
34:03de données,
34:04mais c'est de la gouvernance
34:04de données business.
34:06Donc à la fois,
34:06on nous dit ça,
34:07c'est du juridique,
34:08c'est purement juridique,
34:08donc c'est que pour vous
34:09et en même temps,
34:10on va nous dire
34:10ça c'est général,
34:12donc ce n'est pas chez vous.
34:13En réalité,
34:14si, ça devrait être chez nous
34:15ou en tout cas,
34:15ça devrait être en concertation
34:18avec la direction juridique
34:19à travers la personne
34:20qui est légalops,
34:21qu'elle soit interne ou externe.
34:23Arthur Sosé,
34:24vous êtes d'accord avec ça ?
34:25Complètement.
34:26Et effectivement,
34:27parfois,
34:27il y a un raccourci.
34:29Parfois,
34:29légalops,
34:30en fait,
34:30ce n'est pas le chef de projet.
34:31C'est-à-dire qu'il est
34:33un peu au-dessus.
34:33Moi,
34:37très qualifié,
34:3810-15 ans d'expérience,
34:40qui prennent la casquette légalops
34:41et qui se retrouvent
34:42à faire le chef de projet CLM,
34:45à faire à la fois
34:46la MOA,
34:47la gestion de projet,
34:48en fait,
34:49le légalops,
34:51effectivement,
34:52il a son regard
34:54un peu transversal,
34:55un peu stratégique
34:56et il a des...
34:57Émilie parlait des moyens,
34:59il a des ressources
35:00internes ou externes,
35:01le cas échéant,
35:01pour l'accompagner
35:02sur des sujets
35:03vraiment opérationnels,
35:05de mise en forme
35:06de la donnée,
35:06etc.
35:07Moi,
35:08j'ai une vision
35:08du légalops,
35:10en tout cas,
35:10effectivement,
35:11je pense un peu
35:11comme chez Decathlon aussi,
35:13avec un peu plus de hauteur.
35:15Plutôt high-level,
35:16transverse
35:17et le cas échéant,
35:22des ressources
35:22qui vont être
35:23des chefs de projet
35:24beaucoup moins qualifiés
35:25qu'il va chercher
35:26en interne ou en externe
35:27dans la boîte
35:29pour l'accompagner
35:30sur l'opérationnel
35:31et je trouve l'idée,
35:32effectivement,
35:32d'Émilie,
35:33du rattachement
35:33de légalops
35:34à cette direction de l'IA,
35:35c'est fait qu'effectivement,
35:35demain,
35:37en tout cas,
35:37il y a de plus en plus
35:37de diafactories
35:38qui se constituent,
35:39ce genre de choses
35:39qui est pourquoi,
35:41je trouve l'idée,
35:41en tout cas,
35:42extrêmement intéressante.
35:44Moi,
35:45j'avais une expression,
35:45je ne sais pas si elle est encore à jour,
35:47mais qui est un peu comme aussi
35:49le directeur de cabinet
35:49du directeur juridique,
35:50mais c'est une autre facette
35:52du job.
35:53Mais effectivement,
35:53l'approche d'Émilie
35:55est intéressante
35:56et est à creuser,
35:57je pense,
35:58avec les directions juridiques.
35:59On va conclure
36:00ce débat là-dessus
36:01et tout de suite,
36:02on poursuit l'émission
36:03avec notre cas pratique.
36:05et tout de suite,
36:05on va conclure.
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