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  • il y a 2 jours
Assurer la sécurité alimentaire, en termes d’approvisionnement, de qualité et de provenance des produits, c’est assurer la cohésion et la sécurité nationales. C’est ce que démontre Stéphane Linou dans son livre “résilience alimentaire et sécurité nationale” en prenant notamment l’exemple de la crise Covid. Biocoop, par sa volonté de rapprocher la production des consommateurs, illustre une solution pour répondre à cet enjeu.

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Transcription
00:06Comment construire une sécurité alimentaire pour tous ?
00:09Voilà le thème de notre débat, j'accueille Frédéric Faure, bonjour.
00:12Bonjour.
00:12Vous êtes le vice-président de Biocop, président du fonds de dotation Biocop.
00:16Et Stéphane Linoux, bonjour.
00:17Bonjour.
00:18Bienvenue, vous êtes l'auteur de ce livre « Résilience alimentaire et sécurité nationale ».
00:23Pourquoi vous établissez ce lien direct entre alimentation et sécurité nationale ?
00:30Bonjour, merci pour l'invitation.
00:32C'est parce que c'est tout simplement le plus vieux sujet du monde,
00:35qui est tout simplement le lien entre alimentation et sécurité.
00:38On n'a pas laissé qu'à ça depuis qu'on existe.
00:40On était chasseurs-cueilleurs, donc on allait prélever la nourriture.
00:43Ensuite, il y a 12 000 ans, on a produit cette nourriture autour de notre ventre.
00:48Et pas longtemps après, pour sécuriser les récoltes et faire les stocks,
00:52on sait que collectivement, on a organisé les villages, on a inventé les villages.
00:55Et maintenant, c'est la nourriture qui vient à nous.
00:58Sans qu'on se questionne sur le commun, sur le jus caca, sur le « est-ce qu'il y
01:02a des stocks »,
01:03sur le « est-ce qu'on est maître de tous ces maillons de cette chaîne d'alimentation ? »
01:07Et s'il y a des problèmes sur les flux, puisque nous sommes devenus sous perfusion alimentaire.
01:13Nos territoires sont alimentés, nos assiettes plutôt,
01:18sont remplies pour 98% par les camions venant d'autres régions et d'autres nations.
01:22Donc, qu'est-ce qui se passerait s'il y avait un problème de flux ?
01:25Si une cyberattaque sur la chaîne logistique, une pandémie grippale qui bloque tout ça ?
01:29Donc, en fait, j'ai voulu inquiéter...
01:31C'est un impensé des politiques publiques.
01:33Exactement. Et il a fallu que je le démontre.
01:35Il a fallu que je le démontre que le plus vieux sujet du monde n'était ni pensé, ni traité,
01:39dans les endroits où, logiquement, ça se traite et ça se pense.
01:42Est-ce que dans le monde des risques et de la sécurité, on pense à la production alimentaire ?
01:46Est-ce que dans le monde de la production alimentaire, on pense à les risques et la sécurité ?
01:50Et est-ce que dans le monde de la gouvernance, on comprend la question ?
01:53Donc, j'avais enquêté en 2017, au niveau armée, économie, tout ça, et en fait, personne n'y pense.
01:59Bon, on va continuer de détailler ce que vous...
02:02À la fois le constat et les solutions que vous proposez.
02:05Je veux bien que vous nous présentiez en deux mots, vraiment, Biocop,
02:08parce qu'on a déjà reçu Biocop dans cette émission,
02:11mais c'est quoi votre modèle, déjà ?
02:13Biocop, en deux mots, c'est impossible.
02:15Biocop, c'est un objet extrêmement complexe, c'est une gouvernance très complexe.
02:19Pour la faire très très courte, c'est une coopérative.
02:22Dans cette coopérative, il y a des magasins, il y a des paysans-paysans associés,
02:26des sociétaires salariés et des consommateurs,
02:28réunis autour d'un projet depuis 1986,
02:31dont le but est de promouvoir, vendre, faire la promotion,
02:37développer l'agriculture biologique dans un esprit d'équité et de coopération.
02:40Cet enjeu de sécurité alimentaire, quelle place il prend dans les réflexions
02:46que vous pouvez mener, peut-être même dans votre activité quotidienne ?
02:49En fait, elle se situe à deux niveaux, et quand je vous entends parler,
02:53ça fait un écho très très fort sur le projet de Biocop.
02:56Le projet de Biocop, c'est justement réagir à cet éloignement de l'alimentation
03:00et d'avoir une alimentation exigeante.
03:03Une alimentation exigeante à deux titres, celle de la santé des individus
03:08et de la santé de notre environnement.
03:09On voit bien aujourd'hui, et je vous rejoins dans ce contexte affligeant,
03:13qu'on doit encore prouver la nécessité de la transition écologique,
03:16la transition alimentaire par 40 degrés à l'ombre.
03:19C'est encore affligeant.
03:21On est toujours en train d'essayer de démontrer, de prouver,
03:23d'être contredit alors qu'il faut avancer.
03:25Et sur cette thématique propre à la souveraineté alimentaire,
03:28c'est justement de rapprocher cette consommation
03:31et c'est de creuser, c'est de mettre en œuvre une alimentation de proximité.
03:38Donc ça se traduit par quoi ?
03:3915% de producteurs locaux avec 750 magasins, 9000 producteurs,
03:45mais aussi un esprit de filière régionalisé,
03:48avec une logistique certes,
03:50mais qui tend à recentrer autour du territoire,
03:53autour du magasin et le territoire national, les approvisionnements.
03:56Est-ce qu'un modèle comme celui de Biocop, c'est une partie de la solution ?
04:00Bien sûr, puisque le modèle de Biocop est de raccourcir, on va dire,
04:06la distance, les liens entre production et consommation.
04:09Nous ne sommes absolument pas territorialisés.
04:11Alors, qu'il n'y ait pas de méprise,
04:12ce n'est pas pour arriver à une autarcie
04:14qui n'est pas forcément souhaitable ni atteignable.
04:16Ça n'arrivera pas.
04:17Par contre, ça n'arrivera pas.
04:19Mais si on fait bouger le curseur,
04:21si on éloigne des 2% actuels d'autonomie alimentaire des territoires,
04:24si on arrive à éloigner le curseur des 2%,
04:27ça sera bon pour l'économie, l'économie, le lien social et tout ça.
04:30Parce qu'en fait, c'est une question d'ordre public.
04:32Sachant qu'il n'y a pas de plan.
04:34Papa État n'a pas de plan.
04:35Et Maman Mairie n'a pas de plan non plus.
04:38Je le vois, puisque je forme partout en France les élus,
04:40sur le risque de rupture d'approvisionnement alimentaire.
04:42Mais alors, c'est quoi ce risque ?
04:43On a vu, on voit un porte-conteneur
04:46qui tombe en pâme aux nouveaux endroits.
04:49Enfin, il y a des risques qu'on peut en avoir identifiés.
04:51Une pandémie.
04:52Une pandémie qui bloque réellement les transports.
04:55Parce que là où, ce qui a été extrêmement intéressant au niveau du Covid,
04:59c'était les premiers jours.
05:00Lorsqu'il y avait une incertitude sur le maintien des transports.
05:04C'est là qu'il y a eu les échauffourés, c'est là qu'il y a eu les bagarres
05:06et tout ça.
05:07Et lorsqu'il a été décidé que les perfusions alimentaires,
05:10c'est-à-dire les transports, seraient maintenus,
05:11c'est là que ça s'est calmé.
05:12Et c'est là qu'on est redevenus, on est retombés amoureux de nos producteurs.
05:17Oh, qu'est-ce que tu es joli, qu'est-ce que tu es beau et tout ça.
05:19Donc, en fait, on s'est retournés vers les repères locaux qui rassurent.
05:23Mais les professionnels de la logistique, de l'industrie agroalimentaire,
05:28de la grande distribution, ils ont dû quand même intégrer ce risque ?
05:31Ou pas du tout ?
05:31Alors, si je peux me permettre, c'est dans mon domaine d'expertise, entre guillemets.
05:36À la base, je suis épicier, boulanger, mais je suis vice-président de la coopérative de COP
05:39et j'ai un certain recul.
05:41Ce sont des systèmes extrêmement performants
05:43qui permettent d'alimenter des villes comme Paris
05:46avec une très faible résilience, un très faible rapport au territoire.
05:49Mais comme toute machine performante, elle est extrêmement fragile.
05:52La moindre rupture devient catastrophique.
05:55Je crois que c'est 24 ou 48 heures d'autonomie pour une ville comme Paris.
05:59Il faut que le flux soit permanent.
06:00Exactement, il y a une rupture dans ce flux-là.
06:02Et il y a une deuxième thématique, c'est qu'au regard des enjeux,
06:05notamment environnementaux,
06:08faire des trajets de plusieurs milliers de kilomètres
06:10à des denrées alimentaires qu'on peut sourcer sur le territoire
06:13nous appelle évidemment dans le contexte qu'on a aujourd'hui.
06:16À la fois de réchauffement et à la fois de la préciosité de la ressource énergétique.
06:23On voit aujourd'hui que beaucoup de nos problématiques
06:25viennent de cette ressource énergétique qui est de moins en moins disponible.
06:28Donc il y a de la logistique.
06:29Donc rapprocher cette logistique, comme je vous disais,
06:31avec 15% d'approvisionnement locaux, ce n'est pas encore assez.
06:33Nous, on veut continuer à aller encore plus loin.
06:35Mais il nous faut travailler cette résilience.
06:37Et puis il y a un deuxième sujet,
06:39c'est l'éloignement non pas logistique,
06:41mais aussi culturel.
06:42culturel sur les territoires, c'est l'accessibilité aux citoyens,
06:46quel que soit leur porte-monnaie, à une alimentation locale, mieux disante,
06:50plus saine et équilibrée écologique.
06:52Vous parliez des élus, des maires ou des collectivités.
06:55Quel rôle ils peuvent jouer si on essaie de commencer à tricoter des solutions ?
07:01Alors justement, ils ont déjà l'obligation de protéger les populations.
07:06Qui protège ? Préfet, maire.
07:10Et justement, après avoir démontré que ce risque n'était absolument pas pris en compte,
07:16je leur dis, vous pouvez quand même agir,
07:18et notamment à travers les plans communaux et intercommunaux de sauvegarde,
07:22qui existent pour le risque sismique, risque d'inondation et tout ça.
07:25Et tous mes travaux de recherche poussent au fait qu'on peut enrichir ces documents,
07:31plans communaux et intercommunaux de sauvegarde,
07:32avec le risque de rupture et d'approvisionnement alimentaire.
07:34Et avec un petit clin d'œil, à la responsabilité historique des maires,
07:39qui étaient les ancêtres, les consuls, les ancêtres des maires,
07:42les consuls au Moyen-Âge, qui étaient entre autres la sécurité alimentaire
07:44et la protection des populations.
07:45Donc il suffirait de réintégrer la sécurité alimentaire à ces schémas.
07:48Exactement.
07:49Et faire le lien avec les projets alimentaires territoriaux
07:51qui ne sont pas forcément mis en haut de la pile.
07:53et j'ai inventé les défis locavores et bas carbone.
07:56En fait, ce sont des tests de l'effort alimentaire territorialisé.
07:59Je fais planter un compas dans l'assiette et sur la carte de 51 kilomètres
08:03et des cantines, tout ça, doivent réaliser un repas de fête local, chic et pas cher et bas carbone.
08:08Moins de 51 kilomètres autour de l'assiette,
08:10trois plats, correctement payés à nos producteurs, c'est la base et bas carbone.
08:14Et là, on voit si le territoire est capable de se nourrir.
08:18Et là, c'est un test de l'effort alimentaire territorialisé.
08:20J'en suis à 122 défis relevés dans toute la France depuis 2018.
08:24Et dans le Béarn, au mois de décembre,
08:26le projet alimentaire territorial m'a demandé de faire relever mon défi
08:29pour 12 structures en même temps, c'est-à-dire 3000 repas en même temps.
08:33Et vous savez quoi ?
08:33En un repas, on a asséché le territoire en légumes, en crème et en beurre.
08:39Là, c'est par là.
08:40Ça rejoint le manque d'autonomie dont on parlait tout à l'heure.
08:43Et les acteurs qui ne se connaissent pas assez.
08:45Et alors justement, c'est intéressant, le local, c'est quoi ?
08:49C'est un rayon de combien ? 50 kilomètres, 80 kilomètres, 100 kilomètres, jusqu'où ?
08:52La définition, elle est de 150 kilomètres.
08:54Il fallait trouver une borne.
08:57Il y a une question de lien, d'historique.
09:00Il y a aussi une question de disponibilité des ressources,
09:03c'est-à-dire du maraîchage, ça va être assez simple,
09:04mais sur d'autres ressources, et on veut encourager des petites entreprises,
09:08des petits producteurs à se développer.
09:10La moyenne et la réalité, c'est 45 kilomètres chez Biocop.
09:13Sur ces 9000 producteurs dont je vous parlais,
09:15c'est un échantillon qui est quand même assez important,
09:179000 producteurs associés à 750 magasins.
09:21Effectivement, il y a cette nécessité de reconnecter le territoire à son alimentation.
09:25Et il y a de très très belles initiatives.
09:27Les PAT, c'est un super bouti, mais qui est trop peu utilisé,
09:31trop peu mis en haut de la pile, comme vous dites.
09:33Mais après, il y a beaucoup d'autres initiatives,
09:37comme par exemple l'esprit de filière,
09:40où on va construire des filières à encourager le sourcing
09:42le plus proche des magasins ou des plateformes.
09:46Et ça, c'est quelque chose, d'ailleurs,
09:48beaucoup des grands distributeurs aujourd'hui se tournent vers la relocalisation,
09:53la réassurance de leurs approvisionnements.
09:56Et nous, Biocop, on est des espèces de défricheurs.
09:58On va très très loin, c'est notre parti pris, notre principe.
10:0187% de nos fruits et légumes sont d'origine France, etc.
10:06Et c'est bien en construisant des filières,
10:08parce que ce qui est important de rappeler,
10:09c'est qu'au-delà de la volonté du consommateur,
10:11il faut qu'il y ait la disponibilité.
10:13Il faut qu'il y ait des filières qui soient constituées,
10:14il faut que des producteurs soient en mesure de fournir ces territoires.
10:18Donc il faut constituer des filières,
10:19leur assurer des débouchés,
10:21et leur assurer un revenu aussi.
10:22Parce que c'était un peu la question.
10:24Exactement.
10:24Est-ce qu'il y a des produits alimentaires,
10:28évidemment, c'est de ça dont on parle,
10:30sur lesquels on est particulièrement vulnérable aujourd'hui ?
10:37Il y a un produit sur lequel on est extrêmement vulnérable,
10:39c'est le pétrole.
10:41Oui, ça, d'accord.
10:41Mais c'est la base, le pétrole, les engrais, les légumineuses.
10:46Les légumineuses, par exemple,
10:48c'est ça, on est vulnérable à plein d'endroits,
10:50on est puissants mais pas résilients.
10:52Et par exemple, les légumineuses,
10:54on est 140e pays consommateur de légumineuses au monde,
10:58on est cancre, c'est-à-dire les lentilles, les haricots et tout ça.
11:01Alors qu'on en produit, on peut en produire.
11:04Oui, mais il faut réexpliquer aux gens comment cuisiner.
11:08C'est pour ça que les ateliers cuisinent,
11:10pour moi, c'est une question de sécurité également.
11:12Et lorsque vous mangez des lentilles françaises,
11:16en fait, vous fabriquez de la sécurité
11:18parce que ce sont une nourriture sans le détroit d'Hormuz,
11:22sans Trump et sans Poutine.
11:23Les légumineuses captent directement les engrais qu'il y a dans l'air.
11:27Et ça fabrique de la sécurité.
11:29Et quelque part, pour soutenir nos éleveurs,
11:32mangeons des lentilles.
11:34Pourquoi ?
11:35Parce qu'il faut partir du réel.
11:36C'est que 50% de la viande servie dans la restauration collective,
11:41c'est de la viande d'importation.
11:43Donc les éleveurs, on ne les fait pas travailler.
11:45Mais si à la place, on met des lentilles françaises,
11:47non seulement on fait travailler les producteurs de lentilles françaises,
11:50mais en même temps, on fait des économies.
11:52Et le lendemain, on paye correctement nos éleveurs françaises.
11:55Donc c'est culturel, comme le disait M.Fort.
11:57Un dernier mot, le temps file vite.
11:59Frédéric Fort, il nous restait un peu plus d'une minute
12:00pour parler quand même d'un mot de cette fondation
12:02qui vient de fêter ses dix ans.
12:04C'est le fonds de dotation de Biocop.
12:06C'est notre outil de mécénat.
12:07J'en suis le président.
12:10C'est un outil qui va, comme on a pu l'effleurer,
12:13Biocop est un modèle pionnier
12:16qui fait la promotion et développe l'agriculture biologique,
12:19qui est un outil notamment qui sert la biodiversité
12:22dont on est en train de parler.
12:23C'est la diversité sur les territoires, de l'alimentation, etc.
12:26Et le fonds de dotation, c'est quasiment l'éclaireur encore de Biocop.
12:31Et c'est surtout l'action sur le corrélaire social-territorial
12:35de l'action plus mécanique, plus logistique de Biocop
12:39en tant que magasin, distributeur bio,
12:41avec nos paysans, paysans associés.
12:43Le fonds de dotation, lui, son rôle,
12:45ça va être aussi d'agir sur les territoires
12:47et cette fameuse accessibilité,
12:49notamment culturelle, géographique,
12:51au sens de l'accessibilité.
12:53J'ai un magasin, je peux m'approvisionner en produits bio,
12:56locaux, proches de chez moi.
12:57Le fonds de dotation agit,
12:59notamment en soutenant des microcrédits,
13:02mais aussi des fondations comme Terre de Liens,
13:03qui est un excellent vecteur de la réappropriation du territoire
13:06par les paysans,
13:08Solidarité Paysanne,
13:09et je pourrais en citer beaucoup,
13:10où on agit concrètement avec eux.
13:12Et puis on soutient aussi les initiatives
13:14de sécurité sociale de l'alimentation
13:16qui vont permettre de construire,
13:18avec les citoyens,
13:19une accessibilité à l'alimentation.
13:21Merci beaucoup à tous les deux.
13:22Je rappelle le titre de votre livre,
13:24Résilience alimentaire et sécurité nationale.
13:27Je vous dis à bientôt sur Be Smart for Change.
13:29C'est l'heure du grand entretien de ce Smart Impact
13:32avec le fondateur du groupe Orsit.
13:34Sous-titrage Société Radio-Canada
13:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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