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  • il y a 6 heures
Le groupe Saint-Gobain a construit une politique RSE tournée en grande partie vers la décarbonation. L’entreprise se fixe l’objectif de devenir leader de la construction durable. Emmanuel Normant, le directeur du développement durable du groupe, explique que cela passe par le développement de la chimie des matériaux et un choix de matières plus légères. Ce qui permet à la société d’être l’une des plus innovantes de son secteur.

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Transcription
00:04Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte.
00:08Dans notre économie, je reçois aujourd'hui Emmanuel Normand, bonjour.
00:11Bonjour.
00:12Bienvenue, vous êtes le directeur du développement durable du groupe Saint-Gobain.
00:16J'avoue que j'avais oublié que Saint-Gobain a été créé sous Louis XIV 1665.
00:22On va voir quelques chiffres.
00:23Aujourd'hui, c'est autour de 162 000 employés dans 80 pays, 46,5 milliards de chiffres d'affaires.
00:311665, c'est une vénérable, bien dans son époque, on peut dire ça comme ça, pour définir Saint-Gobain ?
00:36C'est une jeune entreprise qui vient de fêter effectivement ses 360 ans,
00:41qui avait été créée au moment de la construction du château de Versailles, la galerie des glaces du château de
00:46Versailles.
00:47C'était son premier métier, le verre.
00:48Le verre reste un des métiers centraux de Saint-Gobain.
00:51Comme vous l'avez dit, aujourd'hui, le groupe s'est bien évidemment diversifié,
00:56avec un marché principal, qui est le marché du bâtiment et des infrastructures.
01:0185% des ventes de Saint-Gobain sont vers le bâtiment et l'infrastructure.
01:05Ceux-ci, à peu près sur toute la planète, avec des activités industrielles,
01:09dans 80 pays, un peu plus de 160 000 employés.
01:12Je crois que vous travaillez chez Saint-Gobain depuis près de 25 ans, c'est ça ?
01:16Absolument, oui.
01:16Depuis quand vous entendez parler de durabilité, de sobriété ?
01:22Ces mots-là, vous les entendez depuis combien de temps ?
01:24Le fait même que Saint-Gobain soit une entreprise qui soit aussi âgée,
01:28en perpétuelle transformation, j'aurais tendance à dire que c'est un signe de durabilité.
01:34Au-delà de ça, ce que Saint-Gobain cherche à vendre, c'est la performance sur le bâtiment.
01:41Et typiquement, les problématiques d'efficacité énergétique sont des problématiques de performance.
01:47Et Saint-Gobain apporte des solutions pour améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments.
01:52Et au-delà de ça, Saint-Gobain apporte des solutions pour globalement améliorer la durabilité des bâtiments.
02:01Donc, de fait, les questions de durabilité, comme on les appelle aujourd'hui,
02:05il y avait d'autres formulations par le passé, sont au cœur de la stratégie de Saint-Gobain depuis longtemps.
02:13Avec une ambition de devenir le leader mondial de la construction durable, c'est ça ?
02:18Absolument.
02:18C'est un peu le mantra du groupe ?
02:21C'est en ligne avec notre raison d'être, qui est en anglais,
02:24« Making the world a better home », cette ambition, effectivement,
02:26d'être le leader mondial de la construction durable.
02:29Alors, on va rentrer un peu dans le détail avec une stratégie RSE qui est très orientée,
02:37décarbonation.
02:37Est-ce que vous pouvez nous la présenter ?
02:39Alors, la stratégie RSE, elle a en fait trois piliers principaux
02:43et qui font écho aux tendances de fond sur la durabilité du monde du bâtiment.
02:49Un premier pilier, effectivement, autour des questions climat et énergie,
02:53qu'on résume, à nouveau, par un mot en anglais,
02:56une phrase en anglais, « to build a decarbonated home ».
02:59Un deuxième pilier, autour, globalement, des problématiques de ressources,
03:04« more performance with less ».
03:07Et un troisième pilier, qui est plutôt autour des problématiques de confort,
03:13de bien-être, de santé, notamment dans le monde du bâtiment,
03:20et être autour d'un « better living for all ».
03:23Et si je prends l'exemple climatique,
03:27notre approche, c'est à la fois de maximiser l'impact positif pour nos clients,
03:36pour la planète, pour globalement la chaîne de valeur du bâtiment,
03:40par les solutions qu'on développe,
03:41tout en minimisant notre empreinte, « maximize », « minimize ».
03:46C'est vraiment notre approche sur l'ensemble des trois piliers.
03:49Si on rentre un peu dans le détail,
03:52il y a des thématiques qui sont très au cœur du quotidien des téléspectateurs
03:57et des téléspectatrices qui nous regardent.
03:58Par exemple, la question du confort d'été,
04:01c'est une question dont on parlait assez peu,
04:03et qui devient quand même centrale,
04:06avec, on a encore eu une vague de chaleur fin mai,
04:09de plus en plus tôt dans l'année.
04:12Ça veut dire quoi ?
04:13Ça veut dire que vous avez des solutions,
04:14des matériaux que vous adaptez, que vous proposez,
04:18pour justement améliorer le confort d'été ?
04:20Alors, on a globalement des matériaux
04:22pour apporter de la performance à ce qu'on appelle l'enveloppe du bâtiment.
04:27Pour l'essentiel, ce que propose Saint-Gobain,
04:30ce sont des solutions passives
04:33qui viennent améliorer le bâtiment
04:35au travers de l'amélioration de son enveloppe.
04:37Donc, si on prend les problématiques de carbone,
04:41et je vais arriver sur les problématiques de confort d'été,
04:43les problématiques de carbone,
04:44on a grosso modo trois types de solutions.
04:47On a les solutions qui permettent d'améliorer l'efficacité énergétique,
04:50donc d'isoler, d'isoler contre le froid,
04:54mais aussi d'isoler contre le chaud.
04:55Et quand on isole contre le froid, on isole contre le chaud.
04:59Deuxième type de solution qui permet de remplacer
05:01des matériaux lourds,
05:04le premier chef, le béton,
05:05par des matériaux dits plus légers,
05:08avec des systèmes constructifs plus modernes,
05:11qui permettent de significativement réduire
05:14l'empreinte carbone ou l'empreinte en ressources.
05:15Alors, c'est quoi l'alternative ?
05:16C'est des systèmes avec des potes aux poutres,
05:21qu'ils soient en bois, en aluminium, en acier,
05:25de la plaque de plâtre, de l'isolation, du verre.
05:29Et puis, on a aussi des développements dans la chimie,
05:33de la construction, qui permettent d'aider à la décarbonation
05:36des matériaux lourds.
05:38Et donc, c'est toutes ces solutions qui,
05:42lorsqu'elles sont correctement mises en place,
05:45avec la compréhension en matière de physique du bâtiment,
05:49de la façon d'agencer les différents matériaux,
05:52qui apportent de la performance,
05:53et donc qui apportent du confort,
05:55qui apportent du confort en hiver,
05:57qui apportent du confort en été.
06:01Et le vrai sujet aujourd'hui, c'est, en France en particulier,
06:06de transformer le sol du bâtiment,
06:08de rénover les bâtiments,
06:09pour permettre d'être plus résilient
06:12face aux vagues de froid ou aux vagues de chaleur.
06:15Ça veut dire que vous innovez,
06:18vous réfléchissez encore en permanence
06:21à des nouveaux matériaux,
06:23à des évolutions de solutions qui existent déjà ?
06:25Alors, on réfléchit bien évidemment en permanence,
06:28on innove en permanence,
06:30Saint-Gobain est depuis bon nombre d'années
06:33parmi les entreprises reconnues
06:35comme les plus innovantes dans le monde.
06:38Ça veut dire que vous déposez beaucoup de brevets ?
06:39On dépose énormément de brevets,
06:41on a un pourcentage significatif de nos ventes
06:46qui n'étaient de solutions
06:48qui n'existaient pas il y a cinq ans.
06:51Donc on innove en permanence,
06:53mais fondamentalement,
06:55les solutions, elles existent.
06:57Aujourd'hui, on sait isoler un bâtiment,
07:02on sait isoler la plupart des bâtiments,
07:03on sait le faire de manière efficace.
07:05La question est moins dans l'invention d'un matériau
07:10que d'améliorer globalement l'efficacité
07:16d'un système, d'une chaîne de valeur
07:19pour une mise en œuvre qui soit plus rapide,
07:22plus efficace et élargie.
07:25Et est-ce que pour être plus efficace,
07:27il faut aussi mieux former les professionnels du bâtiment ?
07:30Est-ce que Saint-Gobain y participe ?
07:31Bien évidemment, ça fait partie des axes
07:35qui sont extrêmement importants.
07:37En France, on parle de plusieurs centaines de milliers d'artisans.
07:41Saint-Gobain, en France,
07:43c'est un réseau de distribution aussi,
07:46Point P,
07:46toutes les enseignes Point P
07:48et bien d'autres.
07:50Ce sont des enseignes qui sont quotidiennement en contact
07:55avec tous ces artisans.
07:57Et ce sont des enseignes qui, bien évidemment,
08:00forment ces artisans,
08:01notamment autour des métiers de la performance énergétique,
08:05qui accompagnent les artisans et les particuliers
08:08pour comprendre quelles sont les meilleures solutions de rénovation,
08:13quelle est la meilleure façon de les financer,
08:16quel est le bon accompagnement à avoir
08:19lors de la réalisation de travaux.
08:21Alors, il y a un principe dans cette émission.
08:23L'invité du grand entretien pose une question
08:25à celui ou celle qui lui succède.
08:28Il y avait Virginie Delay,
08:29la directrice RSE de SGH Medical Pharma,
08:32qui est aussi présidente du SNITEM,
08:34qui représente les entreprises du secteur.
08:36Il y a une question sur l'eau, on l'écoute.
08:38Bonjour Emmanuel.
08:40On parle beaucoup de carbone,
08:41mais on parle encore assez peu de l'eau.
08:43Pour un groupe comme Saint-Gobain,
08:45c'est très présent industriellement.
08:47Comment abordez-vous aujourd'hui le sujet de l'eau
08:49dans votre stratégie climat,
08:51notamment avec des activités industrielles globales
08:54comme les vôtres ?
08:55Est-ce que c'est devenu un sujet aussi structurant que le carbone ?
08:58Absolument.
09:00Alors, juste en termes de chiffres,
09:02la consommation d'eau de Saint-Gobain,
09:04les prélèvements d'eau de Saint-Gobain,
09:07c'est autour de 40 millions de mètres cubes par an.
09:10De l'eau qui est principalement utilisée
09:12pour refroidir nos équipements industriels.
09:15Saint-Gobain, c'est beaucoup de fours,
09:16des fours verriers, des fours de céramique.
09:19Et donc, on a besoin d'eau pour les refroidir.
09:23Et on s'est donné un objectif, il y a déjà quelques années,
09:28de réduire de 50% nos prélèvements d'eau entre 2017 et 2030
09:34et d'avoir zéro rejet d'eau dans les zones à très haut stress hydrique.
09:41D'accord.
09:42Et on travaille sur toute une série d'actions,
09:48absolument en ligne avec notre objectif,
09:51pour arriver à comprendre qu'est-ce que ça veut dire
09:52que de réduire les consommations d'eau,
09:55donc qu'est-ce que ça veut dire de mettre en circuit fermé ?
09:57Une boucle fermée.
09:59Est-ce qu'on est même capable, pour la plupart de nos procédés,
10:02d'imaginer ce que peut être une usine zéro eau ?
10:06Qui n'utiliserait pas d'eau.
10:08Qui serait complètement fermée en termes de consommation d'eau
10:13et qui ne prendrait pas de nouveaux prélèvements.
10:16Qui utiliserait de l'eau, mais sans aller en chercher.
10:20En recondensant toutes les vapeurs,
10:23ou alors être sur des prélèvements tout à fait minimaux.
10:26Ça, c'est encore un rêve ou vous approchez de cette...
10:31On s'approche de ce type de solution sur un certain nombre de nos métiers.
10:35Et donc on a, dans certaines géographies,
10:38notamment les géographies les plus impactées par des problèmes de stress sidique.
10:43Je vais prendre l'Inde par exemple.
10:45Toutes nos usines en Inde sont déjà à zéro rejet.
10:48Et c'est un endroit où on teste ce type de solution.
10:53Ça veut dire qu'il y a des usines, entre guillemets, un peu pilotes ?
10:56Absolument.
10:57Oui, oui.
10:58C'est comme ça que l'innovation industrielle se fait.
11:01Elle part du laboratoire, puis va vers des usines à petite échelle,
11:07avant de pouvoir être déployée sur des usines à grande échelle.
11:10Et donc ça veut dire que le risque hydrique,
11:13on en parle de plus en plus en France,
11:14parce qu'il y a des arrêtés de préfectoraux
11:17dans des départements où on ne soupçonnait pas que ça puisse arriver.
11:22Ça veut dire que ce risque hydrique,
11:23vous l'avez intégré à la stratégie du groupe depuis longtemps,
11:26parce que vous êtes présent dans des pays où c'est la réalité.
11:28Voilà, on l'a intégré.
11:30Je vais donner un exemple.
11:322023, en France,
11:34vous vous souvenez que c'était un été assez sec.
11:38Et il y a effectivement eu des arrêtés préfectoraux
11:40pour demander notamment aux gros consommateurs
11:43de réduire leur consommation.
11:46On a été touché pour un de nos fours verriers en France,
11:51qui, heureusement, dans les années qui avaient précédé,
11:54avaient travaillé pour réduire sa consommation.
11:57Et donc, finalement, a été exonéré
12:00de cette obligation de réduire sa production et sa consommation,
12:06parce que le travail avait déjà été fait.
12:07Parce que vous avez pu prouver
12:08que vous aviez réduit la consommation d'eau.
12:12On a parlé carbone, on a parlé eau.
12:15Finalement, c'est relativement facile à mesurer.
12:19Après, la biodiversité, c'est plus complexe.
12:21Alors, comment vous mesurez votre impact en matière de biodiversité
12:24pour pouvoir ensuite le réduire ?
12:26Alors, quand on regarde les questions de biodiversité,
12:29chez Saint-Gobain, ça veut dire quoi ?
12:32Principalement, on est consommateur d'un certain nombre de ressources.
12:35C'est le sable et c'est le gypse au premier chef.
12:41Pour produire ces ressources, Saint-Gobain détient un certain nombre de carrières.
12:44On a un peu plus d'une centaine de carrières dans le monde
12:47et puis on a, bien évidemment, des fournisseurs.
12:50Alors, ça veut dire quoi de travailler avec la biodiversité ?
12:52D'abord, c'est de réduire la consommation de ces ressources.
12:55Donc, tout ce qui tourne autour du développement de l'économie circulaire
12:58et notamment du recyclage avec des matériaux, le verre, le gypse,
13:04qui sont facilement recyclables et donc avec des objectifs que l'on a
13:11d'accroissement du taux de contenu en verre recyclé ou en gypse recyclé
13:16dans les produits que l'on fabrique.
13:18Et après, c'est la manière dont on gère nos carrières
13:20avec des plans de gestion de la biodiversité.
13:24On a à nouveau un acronyme anglais, je suis désolé,
13:27ce qu'on appelle des BIMAP, des Biodiversity Management Action Plan,
13:31où on va regarder l'état initial, on va regarder l'évolution de la biodiversité
13:37en cours d'exploitation et la façon dont on doit réhabiliter les sites
13:41en fin d'exploitation.
13:42Et ça, partout sur la planète, partout où on a des carrières.
13:46Et de plus en plus, on est en train de travailler avec nos fournisseurs
13:50pour s'assurer que nos fournisseurs adoptent également
13:53des plans de gestion de la biodiversité.
13:55Parce que, je reviens à la question initiale,
13:57elle est difficile à mesurer.
13:59Il n'y a pas un indicateur universel.
14:04Non, il n'y a pas un indicateur universel.
14:06C'est territorialement qu'on peut le faire.
14:08Mais dans notre cas, c'est plutôt des indicateurs indirects.
14:11Oui, c'est ça.
14:12Moi, ce qui m'importe, c'est de m'assurer que j'ai des plans de gestion
14:15de la biodiversité sur tous mes sites.
14:17Je vais aller regarder le taux d'artificialisation de nos sites industriels.
14:21Je vais aller regarder le cycle de l'eau.
14:25Après, quel impact ça a ?
14:30Ou comment directement, en termes de richesse, de la flore et de la faune,
14:37cette action va mener ?
14:40Ça, je ne sais pas le mesurer.
14:42Personne ne peut vraiment le faire.
14:43Et d'une certaine manière, à mon niveau, ce n'est pas ça qui est important.
14:47Je comprends.
14:48Vous avez parlé d'économie circulaire,
14:50comme un des moyens, justement, de réduire votre impact
14:53en matière de biodiversité sur les carrières.
14:56Ça veut dire quoi ?
14:57Ça veut dire que vous avez intrinsèquement des matériaux
15:01qui sont facilement recyclables.
15:02Donc, c'était un atout de départ.
15:04Comment vous avez...
15:06Quelle est-ce que vous avez mis en place comme stratégie
15:07pour l'améliorer, l'implémenter le plus possible
15:11et dans le plus de sites possibles ?
15:13Alors, premier élément, on s'assure déjà que nous,
15:17ce que l'on produit comme déchets, est valorisé.
15:20Systématiquement.
15:21Oui, systématiquement.
15:23On a aussi un objectif de réduction de 80%
15:26de nos déchets non valorisés entre 2017 et 2030.
15:31Et ça, à nouveau, sur toute la planète.
15:33Après, on a effectivement des matériaux
15:37qui sont facilement recyclables.
15:39C'est le verre, c'est le gypse.
15:43Ce qu'il faut, c'est arriver à travailler
15:45avec toute une série de partenaires
15:46pour que, lorsque l'on va aller déconstruire un bâtiment,
15:54je vais prendre l'exemple des fenêtres,
15:56les fenêtres ne soient pas bainées dans une baine cassée
16:00et après avec du verre qu'on ne sait pas récupérer,
16:02mais soient récupérées proprement par des spécialistes
16:06qui vont aller amener ces fenêtres
16:10à un endroit où ils vont pouvoir être déconstruits proprement
16:13et trier, et nous, récupérer le verre recycler.
16:18Mais ça, c'est la volonté.
16:19Est-ce que les filières existent ?
16:21Les filières se mettent en place.
16:22Voilà, c'est ça.
16:23Est-ce que les agents sont formés pour le faire ?
16:25Vous luttez contre des décennies,
16:29voire plus d'habitudes sur les chantiers.
16:30Je vais prendre l'exemple du gypse.
16:33En Europe, Saint-Gobain, c'est 100 000 tonnes de gypse recyclé
16:39provenant des chutes de construction et des constructions.
16:44Dans le cas du verre, recyclage de verre de fenêtres en France,
16:51on est maintenant au-dessus de 10 000 tonnes.
16:54Et donc, on est sur des filières qui se structurent,
16:58qui croissent et qui sont une alternative à la mise en décharge.
17:06Je voudrais qu'on parle de réglementation environnementale.
17:10C'est vrai qu'elles sont à la fois ambitieuses en Europe
17:15et en même temps, elles ont été jugées trop complexes,
17:18donc on est en train de les simplifier avec les lois omnibus.
17:21Évidemment, Saint-Gobain, vous étiez concerné par le bilan extra-financier,
17:26vous l'avez fait, vous allez continuer de le faire ?
17:28Évidemment.
17:30C'est un outil, quoi.
17:31D'abord, ça fait plus de 20 ans qu'on publie l'information extra-financière.
17:38La CSRD est venue rajouter une couche en Europe.
17:42La CSRD est venue rajouter une couche de complexité.
17:46C'est indéniable.
17:47Trop de complexité ?
17:48Trop de complexité.
17:49Et donc, le travail qui n'est pas tant un travail de retour en arrière,
17:56mais de comprendre ce qui est l'essentiel de l'accessoire.
18:00Comment s'assurer d'avoir une information qui soit compréhensible, utile,
18:06qui soit relative à de l'action ?
18:08Moi, c'est un mouvement que je trouve positif, qui n'est pas forcément bien construit.
18:16Il y a quand même un petit peu de retour en arrière, puisqu'il y a des entreprises plus petites
18:21qui, aujourd'hui, ne sont pas concernées alors qu'elles devaient l'être.
18:25Donc, l'ambition…
18:26Ça ne concerne pas Saint-Gobain ?
18:27Non, mais je sais bien que ça ne concerne pas Saint-Gobain, mais là, c'est une vision un peu
18:30plus générale.
18:32L'ambition de cette CSRD, elle a été quand même revue à l'aise.
18:36Parce qu'elle est partie d'une approche qui était un peu trop exhaustive, un peu trop complexe.
18:42Et donc, prendre un peu de temps pour le rendre plus pragmatique, plus accessible,
18:50sans remettre en cause l'ambition, j'avoue que ce n'est pas une démarche qui me paraît inutile.
18:57Quand on parle de cette ambition qui est celle de Saint-Gobain d'être le leader mondial de la construction
19:03durable,
19:04est-ce que ça se heurte à une logique de coût ?
19:06C'est-à-dire, est-ce que ça coûte forcément plus cher dans les coûts de construction d'intégrer cette
19:12durabilité ?
19:13Alors, avant de parler de coût, je veux parler de valeur.
19:15Est-ce que ça apporte de la valeur à nos clients ?
19:20On a mesuré toutes les transactions dans le résidentiel en France et dans un certain nombre de pays européens
19:29pour comprendre quelle est la valeur d'un bien bien isolé, efficace énergétiquement,
19:35les DPE A, B, par rapport à la moyenne du marché.
19:39Aujourd'hui, en Europe, on voit un prix, un price premium, c'est-à-dire une valeur du bien
19:46qui est entre 15 et 20% supérieure lorsque l'on a affaire à un bien qui est bien isolé
19:53par rapport à la moyenne du marché, sans même parler des passoires énergétiques.
20:01Est-ce qu'il coûte 15 à 20% plus cher à la construction ?
20:07Alors, quand vous regardez la façon de faire ces bâtiments, non.
20:16Non.
20:17Mais la question ne se pose pas au moment où le design est réalisé entre solution A et solution B.
20:24C'est la façon de designer un bien et globalement l'approche qui approche de coût complet
20:35au moment de la conception jusqu'à l'identification des solutions.
20:42Et ça veut dire que ça devient un prérequis de tous les nouveaux chantiers, ce que vous
20:47êtes en train de nous décrire ?
20:49Alors, si vous êtes en France…
20:50Ça dépend d'où ?
20:51Ça dépend du pays.
20:51Si vous êtes en France, vous avez une réglementation qui s'appelle la RE-2020, qui est une des réglementations
20:57les plus matures sur la construction neuve au niveau mondial.
21:01qui est en train de décémer en Europe, si je le trompe.
21:05Qui est en train de décémer en Europe au travers d'une directive qu'on appelle la directive
21:10sur la performance énergétique des bâtiments qui est en train d'être mise en œuvre
21:13dans la plupart des pays européens.
21:15Et dans d'autres géographies, c'est moins la réglementation, plus des labels volontaires,
21:21des labels comme LEED, BREAM, HQE, qui apportent énormément de valeur aux biens.
21:27Lorsqu'on parle beaucoup de biens tertiaires, des bâtiments de bureaux, des centres commerciaux,
21:32mais des bâtiments de bureaux certifiés LEED Gold ou LEED Platinum, à nouveau, on parle
21:38de valeur des assets ou de valeur location de 15 à 20% supérieure à la moyenne du marché.
21:44Et aux États-Unis ?
21:45En particulier aux États-Unis.
21:46C'est très vrai aux États-Unis et avec une dimension nouvelle ces dernières années
21:51aux États-Unis, qui est la question de l'assurabilité des bains.
21:55On est face à une situation assez dystopique aux États-Unis, à la fois démantèlement
22:01par le gouvernement fédéral de toute une série de politiques, mais une multiplication
22:05des événements extrêmes et donc un risque en matière d'assurabilité et beaucoup de
22:12régions aux États-Unis où il devient extrêmement compliqué d'assurer des bâtiments.
22:19Et une des réponses à l'assurabilité, c'est la construction durable.
22:25C'est la façon, parce qu'un bâtiment durable est fondamentalement un bon bâtiment,
22:30est un bâtiment qui est résilient et on voit des compagnies d'assurance qui mettent
22:38comme condition de l'assurabilité toutes ces critères qui sont liés à la durabilité
22:43du bien.
22:43Mais est-ce que le directeur du développement durable que vous êtes a banni de son vocabulaire
22:48un certain nombre de mots quand il va aux États-Unis ?
22:51Vous savez, je ne discute pas avec le gouvernement fédéral.
22:56Voilà, donc la réglementation ou l'approche en matière de bâtiments aux États-Unis,
23:05elle se fait au niveau des villes, elle se fait au niveau des counties, elle se fait au niveau
23:09des États, elle ne se fait pas au niveau du gouvernement fédéral.
23:11Tiens, une petite question d'actualité sur cette quasi-fermeture du détroit d'Hormuz
23:18depuis trois mois et demi maintenant, presque quatre mois.
23:21Quelles conséquences sur votre activité ? Est-ce qu'elle est dépendante d'une partie
23:26des matériaux qui transitent ou qui transitaient par le détroit d'Hormuz ?
23:32Alors, Saint-Gobain est une entreprise qui consomme de l'énergie, pour produire du verre,
23:40vous avez besoin d'énergie et notamment du gaz naturel.
23:44Et donc, bien évidemment, la fermeture du détroit d'Hormuz a un impact sur les prix
23:51énergétiques et donc, bien évidemment, ça a un impact sur les coûts de Saint-Gobain.
23:56Ça a d'abord été sur les marchés asiatiques que vous l'avez ressenti prioritairement.
24:00C'est des marchés mondiaux.
24:02Le prix du gaz est au moins dans les grandes régions et est lié au prix mondial.
24:11Donc, oui, bien évidemment, c'est un impact.
24:12Ça a aussi un impact parce que une situation de tension, ça crée des incertitudes et donc
24:22ça crée des incertitudes sur nos marchés.
24:25Mais le modèle de Saint-Gobain est un modèle qui est très local.
24:30L'essentiel de ce que l'on consomme est produit localement.
24:35L'essentiel de ce que l'on vend est vendu localement.
24:38Donc, c'est un élément de résilience dans ce contexte géopolitique qui, bien évidemment, est perturbant.
24:44Merci beaucoup.
24:45Merci Emmanuel Normand.
24:46Je vous dis à très bientôt sur Be Smart for Change.
24:49On passe tout de suite à notre rubrique consacrée aux startups.
24:52C'est Smart Ideas.
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