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  • il y a 9 heures
Permettre aux acteurs de la transition écologique et sociale de s’emparer du lobbying pour gagner en rapport de force, c’est la mission du cabinet Greenlobby. Chaque mois Luce Gramond, cofondatrice de l’entreprise, présentera dans SMART IMPACT une action qui a permis de changer la réglementation en faveur de l’environnement.

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Transcription
00:05C'est une nouvelle séquence que je vous propose dans Smart Impact pour mieux comprendre comment les affaires institutionnelles peuvent
00:12accompagner les entreprises à impact.
00:15Ça peut être un booster, ça peut être un frein et on va en parler tous les mois avec Luce
00:19Gramont. Bonjour, bienvenue.
00:21Bonjour Thomas.
00:21Vous êtes la cofondatrice de Green Lobby et donc chaque mois vous serez ici avec une entreprise, mais d'abord
00:29on va un peu planter les enjeux.
00:30De quoi on parle ? On parle d'un mot qui fait parfois grincer les dents, on va parler de
00:34lobbying ensemble finalement.
00:36Oui, il y a beaucoup de préjugés derrière ce mot et une image très cachée, très opaque.
00:44En réalité, je suis là pour démystifier et montrer que ce n'est pas seulement l'affaire de quelques multinationales,
00:52ça peut concerner et ça doit concerner toutes les entreprises et c'est accessible.
00:58Et elles n'en sont pas forcément conscientes. Alors on va revenir à l'origine. Pourquoi vous avez créé Green
01:03Lobby et qu'est-ce que c'est Green Lobby ?
01:05Alors Green Lobby, c'est un cabinet d'affaires publiques, d'affaires institutionnelles qui est dédié aux acteurs de la
01:10transition écologique et sociale
01:13que j'ai cofondé il y a maintenant 7 ans, après avoir travaillé près de 30 ans dans les lieux
01:20où se décident les lois.
01:22Donc d'abord au Parlement français, plusieurs années en cabinet ministériel, à l'échelon européen, la Commission européenne, à l
01:30'échelon local, très important, dans une grande ONG et aussi dans une grande entreprise.
01:37Et à l'issue de ce parcours...
01:38Vous avez testé un peu tous les lieux, tous les cadres quoi ?
01:42Un peu un 360 qui m'a permis effectivement d'avoir une vision assez complète de comment se fabriquent les
01:51lois à chaque échelon.
01:53Et avec deux constats.
01:55Le premier, c'est qu'effectivement la loi est capturée par une poignée de multinationales, aujourd'hui étrangères, qui fait
02:02et défait les lois.
02:05Alors que la loi c'est très structurant.
02:08Il y a aussi des préjugés sur la loi anti-compétitivité.
02:11Moi j'ai fait un travail de recherche appliqué.
02:13Ça peut être un vecteur de compétitivité aussi, une loi ?
02:16Évidemment, de prospérité.
02:18Et en fait c'est à la fois un risque, une contrainte, et s'il y a contrainte, s'il
02:24y a opportunité, si on l'anticipe et qu'on a un coup d'avance.
02:28La loi, ça représente la société, c'est les évolutions sociétales.
02:34Donc la loi c'est des nouveaux marchés, c'est une remise en cause d'un modèle d'affaires ou
02:39la création d'un nouveau marché.
02:41Donc quand on la fabrique, quand on prend part, et ce n'est pas si compliqué, on va le voir,
02:47ça peut être un booster d'activité.
02:50Alors ce qu'on va découvrir ensemble, tous les mois, c'est quoi ?
02:54C'est comment une entreprise peut promouvoir ses solutions, éventuellement, ça peut marcher dans ce sens-là, c'est ça
03:00?
03:00Pour essayer de faire évoluer la loi, ou alors au contraire, va réagir à une nouvelle réglementation et l'intégrer
03:07à son business model ?
03:09Exactement.
03:10Alors ça paraît un peu magique comme ça, la plupart des entreprises se disent, oh là là, mais ce n
03:13'est pas pour moi.
03:14Oui, bien sûr.
03:15En fait, chez Green Lobby, on a développé, on démystifie, on simplifie, on explique qu'on peut agir.
03:24Alors, je vais prendre un exemple très simple.
03:28Une entreprise qui est en train de construire la filière du reconditionnement des lunettes.
03:32Vous savez, les lunettes, elles restent dans les tiroirs la plupart du temps.
03:35Oui, j'en ai quelques paires qui ne servent plus à rien.
03:36Voilà, c'est ça.
03:37Eh bien, il y a une entreprise extrêmement innovante, rejointe par plusieurs autres entreprises, la filière du reconditionnement des lunettes.
03:47Et en fait, pour ça, il a fallu une loi.
03:50Et il a fallu les décrets d'application et les arrêtés d'application.
03:54Pour concrètement faire le remboursement de la sécurité sociale.
03:59Et puis, c'est des nouvelles pratiques pour les opticiens.
04:01Donc aujourd'hui, cette entreprise, elle a été rejetée par un grand groupe.
04:05Donc, comment on modifie la loi ?
04:07À l'échelle d'une petite structure, vous voyez ?
04:11Oui, ce n'était pas une multinationale quand ça a démarré.
04:15C'est une petite structure.
04:15Voilà, donc très concrètement, nous on propose des amendements prêts à l'emploi.
04:20Ça s'écrit, c'est de la transcription logistique.
04:23Vous voyez, c'est un savoir-faire, une expertise.
04:27Ça ne suffit pas, il faut trouver le véhicule législatif.
04:29Ça aussi, c'est un savoir-faire un peu technique.
04:31Mais ce qui compte vraiment, c'est de construire le rapport de force.
04:34C'est-à-dire qu'il ne suffit pas de le donner à un député.
04:38Il faut convaincre à la fois le gouvernement et plusieurs groupes pour que ça passe de tendances politiques différentes.
04:44Donc, pas se faire récupérer politiquement.
04:48Et il faut avancer essentiellement des arguments économiques, en fait.
04:51C'est un peu notre façon de faire chez Green Lobby.
04:54Donc, on explique que c'est l'avenir, que c'est du pouvoir d'achat pour les consommateurs, que c
04:59'est de la rentabilité pour les opticiens.
05:02Et que ce n'est pas compliqué, que c'est soutenu par les mutuelles, qui voient aussi un intérêt.
05:07Pourquoi il y a besoin d'une loi, dans ce cas particulier ?
05:09Il y a besoin d'une loi pour, je l'ai dit, le remboursement de la sécurité sociale.
05:13Et puis, c'est un matériel médical.
05:17Donc, effectivement, la loi, les structures.
05:21Le marché n'est pas structuré tout seul.
05:23La plupart des innovations, elles ont besoin d'une loi, de décret d'application, d'un portage politique.
05:29Moi, je parle souvent dans mes émissions de la loi AGEC.
05:33Et avec le sentiment que c'est une loi qui a beaucoup transformé, finalement, les tissus économiques.
05:39Alors là, on est dans l'autre sens.
05:40Comment une loi va finalement créer des opportunités ?
05:43Tout à fait.
05:44Alors, c'est effectivement de cette loi dont on parle.
05:49Mais ça ne suffit pas.
05:50Il faut des décrets d'application.
05:51Et puis après, il faut voir au niveau local.
05:54L'échelon local est extrêmement important.
05:56Parce que l'échelon local, et chaque entreprise va le comprendre,
05:59c'est une implantation, un permis de construire.
06:01C'est aussi de l'argent.
06:03Ils ont des fonds propres, les communes.
06:05Ils ont des dotations de l'État, même si elles sont en baisse.
06:07Ils ont de l'argent aussi du niveau européen.
06:10Ça, c'est la région qui capte l'Europe.
06:13Dispatch sur les territoires et en fonction des thématiques.
06:18Ça veut dire que cet échelon-là, l'échelon local et européen, on n'y a rien,
06:25mais il est presque plus stratégique ou aussi stratégique que la loi au niveau national ?
06:31Il est aussi stratégique en fonction du niveau de développement de la structure,
06:36du collectif d'industriel ou de la PME ou de l'ETI.
06:41Ça peut être beaucoup plus intéressant de commencer parfois par l'échelon local.
06:46Vous voyez, on a accompagné une entreprise
06:52dont le cœur de métier n'était pas à l'impact,
06:54qui distribuait des plastiques à usage unique,
06:57mais qui avait quand même bien conscience que leur modèle d'affaires pouvait être fragile,
07:02et qui voulait se pivoter sur du réemploi avec des boucles de lavage locales.
07:09Eh bien, on leur a permis de faire des expérimentations
07:11en faisant connaître leurs solutions auprès du préfet, auprès des élus,
07:15pour concrètement qu'ils fassent leurs premiers tests
07:18dans des festivals de musique
07:21et pour le compte d'entreprises qui livrent à domicile.
07:24Donc vous voyez, ça c'est un exemple concret.
07:27Un autre exemple, c'est de capter de l'argent.
07:29Je disais que l'argent venait retomber, en tout cas sur l'échelon régional.
07:34Eh bien, il y a des régions qui ont comme priorité
07:37l'accélération de la rénovation énergétique.
07:39Les passeurs thermiques, c'est un gros sujet.
07:42Et donc on a travaillé pour le compte d'une entreprise
07:45qui vend des isolants thermiques très performants,
07:47mais un peu plus chers que le marché.
07:48Et dans ces cas-là, faire coïncider,
07:51faire connaître les actions de cette entreprise
07:54auprès de la région, du président de la région et de ses équipes,
07:58pour qu'ils puissent accorder des subventions à leurs clients.
08:03Et vous voyez là qu'il y a vraiment un intérêt économique majeur.
08:09Il y a un autre exemple qui illustre très bien ce que vous faites
08:13et ce dont on va parler tous les mois dans cette nouvelle séquence,
08:17dans cette nouvelle rubrique.
08:17C'est le travail qui a été mené pour faire évoluer la fiscalité
08:21autour du vélo de fonction.
08:22Qu'est-ce qu'on peut en dire de ça ?
08:23Parce que là aussi, c'était une nouvelle pratique,
08:26donc nouvelle réglementation, c'est ça ?
08:29Oui, tout à fait.
08:29Les vélos de fonction, c'est une jeune boîte en plein développement.
08:34Parce qu'effectivement, il y a des entreprises,
08:36les salariés le veulent, etc.
08:37Et en fait, c'était moins avantageux fiscalement
08:40d'avoir des vélos de fonction plutôt que des voitures de fonction.
08:43Vous voyez, c'est quand même un peu aberrant
08:44quand on veut rendre plus durable la mobilité.
08:48Et puis, pour les salariés,
08:51ça a quand même une image beaucoup plus dynamique.
08:54Vous voyez, c'est aussi la marque employeur.
08:55Donc, il y avait de la demande.
08:57Et on a réparé en proposant cette dissonance fiscale
09:03en écrivant un amendement en loi de finances.
09:06Comme ça, ça paraît un petit peu impressionnant.
09:07Mais en fait, ce n'est pas si compliqué.
09:09Quand on avance, encore une fois, des arguments...
09:12Moi, je suis économiste de l'environnement,
09:14économiste et juriste.
09:16Donc, pour ne pas aller à Bercy,
09:18pour ne pas aller à Matignon
09:20et au ministre des Transports,
09:22et puis au ministre de l'Environnement.
09:23Mais on sait bien que le ministre de l'Environnement
09:25seul ne peut pas.
09:27Eh bien, il faut avancer des arguments économiques
09:29en disant, ça va donner un signal,
09:31ça va tirer le marché.
09:32La filière vélo va se construire.
09:36Française, locale, vertueuse,
09:37des emplois non délocalisables.
09:39Vous voyez, ce type d'argument
09:40peut convaincre des députés,
09:43le gouvernement...
09:44Est-ce que c'est plus compliqué,
09:44pardon de m'interromper,
09:45est-ce que c'est plus compliqué
09:47dans un contexte
09:48qui est le contexte que l'on vit depuis deux ans ?
09:50C'est-à-dire un contexte parlementaire,
09:53principalement à l'Assemblée,
09:55heurté, des difficultés,
09:56pas de majorité,
09:57des lois de finances
09:59qui passent sans vote, etc.
10:01C'est à la fois plus compliqué
10:02parce qu'effectivement,
10:03il y a un backlash au niveau européen.
10:06Donc, on déconstruit
10:08un peu le cadre du Green Deal.
10:11On intervient beaucoup au niveau européen
10:12pour les entreprises
10:13dont c'est un enjeu majeur.
10:16Vous allez en recevoir une
10:19dans le 17 avril.
10:21Mais c'est aussi un atout
10:22qui n'est pas de majorité absolue
10:25parce qu'on peut...
10:27Il y a recomposition
10:28et finalement le parlementarisme.
10:30On peut les construire les majorités
10:33sur justement un amendement
10:34ou un projet, quoi.
10:35Voilà, filière par filière.
10:37Quand on arrive avec des arguments tangibles,
10:39les députés, ils veulent être utiles.
10:41Ils sont absolument ravis
10:44d'avoir un contact
10:45avec l'économie réelle
10:47et des DG
10:47qui sont implantés dans le territoire,
10:49qui veulent être utiles
10:50et de leur donner
10:52leurs petits secrets
10:54et aussi tout ce qu'ils peuvent percevoir
10:56de la tendance
10:57de l'évolution de la société.
10:59Parce qu'au quotidien,
11:01ils travaillent sur des rapports
11:03des missions d'information,
11:03des commissions d'enquête.
11:04Au niveau européen,
11:05on a les livres blancs,
11:06les livres verts.
11:07Au niveau local,
11:08on a aussi des priorités locales
11:10qui sont définies
11:12dans les programmes des municipales.
11:16Voilà, on est en plein
11:17dans l'actualité.
11:18Et là, on a 100 jours
11:19pour définir la politique municipale.
11:21Donc, c'est vraiment le moment
11:22d'arriver avec des solutions
11:23que les élus apprennent.
11:25Et pour ça,
11:26il faut parler leur langue.
11:27C'est un petit peu
11:28comme un rendez-vous commercial
11:29pour un chef d'entreprise.
11:30C'est-à-dire qu'ils décryptent
11:32le besoin.
11:34Le besoin d'un politique,
11:35c'est d'être utile.
11:36C'est de parler
11:37à ses administrés
11:39au-delà de la politique politicienne.
11:41Si je ne sais pas justement
11:41de rentrer dans un parti,
11:43de prendre recours
11:44au débat un peu
11:45de cours de récréation
11:47qui, là, ne nous intéresse pas.
11:49Mais on peut vraiment
11:49agir concrètement.
11:51Et c'est très utile.
11:54C'est très utile pour les élus.
11:55C'est un enjeu démocratique.
11:56C'est un enjeu économique.
11:58Pour vraiment construire
11:59les innovations,
12:00les passer à l'échelle.
12:01Merci beaucoup, Lucie.
12:02Et donc, au mois prochain,
12:0317 avril, c'est ça ?
12:04Mais oui.
12:05À très bientôt.
12:06On sera là pour un premier cas,
12:07une première entreprise
12:09emblématique.
12:09On passe tout de suite
12:10au grand entretien
12:11de ce Smart Impact.
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