00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Pendant que Wall Street se gorge d'intelligence artificielle, en Europe, on reste très attentif quand même à l'inflation.
00:09Les Américains aussi, ils craignent, ils redoutent une réaction monétaire de la Banque Centrale, de la Fed face à l
00:14'inflation.
00:15Et puis ici en Europe, pourquoi pas une hausse de taux dès la semaine prochaine.
00:17Samy Char nous rejoint pour l'Ombarodier et compagnie. Bonjour Samy.
00:21Est-ce que le chiffre d'inflation aujourd'hui qui a été publié du mois de mai,
00:25est-ce que ce chiffre risque d'encourager la baissue à relever ses taux dès la semaine prochaine ?
00:29Ah oui absolument, il enterrine totalement la hausse de taux et on va la voir maintenant.
00:33Elle est pricée par les marchés complètement et c'est vrai que c'est une hausse de taux qui s
00:39'explique essentiellement par l'inflation présente.
00:41Ce n'est pas les anticipations d'inflation, ce n'est pas le marché du travail, ce n'est pas
00:44les salaires qui sont partis à la hausse.
00:45Non, ce qui explique l'inflation aujourd'hui, c'est essentiellement ce facteur énergétique
00:49qui non seulement explique une inflation globale au-dessus des fameux 2%,
00:53mais qui aussi s'est traduite dans une inflation sous-jacente.
00:56Par exemple, le prix des vacances, le prix des billets d'avion,
01:00tout ça fait qu'il y a plus d'inflation que ce n'est supportable par la Banque Centrale Européenne
01:05et donc elle va effectivement remonter les taux de 25 points de base la semaine prochaine.
01:09La BCE qui devrait relever pour vous les taux la semaine prochaine,
01:11quel impact ça aurait sur la croissance ?
01:13Quand je dis la croissance, le PIB français s'est contracté au premier trimestre,
01:16alors que la guerre en Iran venait à peine de commencer.
01:18Donc quel impact une hausse de taux aurait sur l'activité on va dire ?
01:21Oui, ce n'est pas bienvenu.
01:23Maintenant, Guillaume, on ne peut pas comparer les 450 points de base de hausse de taux
01:27qu'on a eues en 2022 avec les 50 points de base, 0,5% qu'on aura peut-être
01:33cette année.
01:33Une hausse de taux la semaine prochaine, probablement suivie d'une autre hausse de taux, 0,5%.
01:39Ça n'aura pas un impact économique majeur, d'autant qu'elles seront très probablement renversées ces hausses de taux
01:45à partir du moment où les flux, on l'espère, reviendront par le détroit d'Ormouz,
01:50que le pétrole se stabiliserait sous les 100 dollars, voire sous les 90 dollars.
01:56Eh bien, on pourrait imaginer une Banque Centrale Européenne qui renverserait ces hausses de taux
02:00et reviendrait à 2%, soit à la fin de cette année, soit en début d'année prochaine.
02:03Donc un impact économique mineur, mais enfin quand même un signal qui n'est pas très agréable et pas tout
02:07à fait nécessaire.
02:08Bonjour Samy, si on devait regarder un petit peu par rapport aux flux et en termes de dépendance économique,
02:15le continent européen est plus dépendant de l'économie américaine ou de l'économie chinoise ?
02:21Les deux, mon commandant.
02:22Évidemment que l'économie chinoise est une source importante d'exportation pour les Européens,
02:30notamment pour les Allemands, mais il faut être franc, l'économie européenne est aussi très dépendante
02:35de l'économie américaine, notamment sur les biens énergétiques, mais aussi sur des facteurs moins économiques,
02:40comme par exemple la défense.
02:42Donc très clairement, l'Europe est parfois un peu coincée entre le marteau et l'enclume,
02:45mais vous savez quoi ? L'autonomie économique, ça ne se décrète pas, elle peut être acquise,
02:52et donc réduire la dépendance économique au moyen d'investissements productifs dans les secteurs clés.
02:58Et on en parle souvent sur cette antenne, dans l'énergie, dans la technologie, dans la défense,
03:04il ne tient qu'aux Européens d'être moins dépendants et des Chinois et des Américains,
03:08mais encore une fois, l'autonomie, ça ne se décrète pas, ça s'investit, ça se construit,
03:15et donc si on veut réduire la dépendance, il y a un travail à faire,
03:18et il serait bien que les Européens quand même accélèrent un petit peu sur ce qui est là.
03:21– On rappelle l'inflation effectivement qui montre, qui nous apporte une mesure de notre dépendance aussi,
03:26elle accélère en Europe, on le disait au mois de mai, à 3,2%,
03:29l'inflation est hors élément énergétique ou hors élément volatil, cette inflation est rendante.
03:34Pendant ce temps, aux États-Unis, c'est l'emploi qu'on va suivre cette semaine plutôt que l'inflation,
03:38même si bien sûr, elle reste à surveiller, mais alors l'emploi, rapport sur l'emploi vendredi,
03:42et aujourd'hui, on a eu l'enquête Joltz, c'était il y a quelques minutes,
03:44que nous dit cette enquête Joltz sur la dynamique de l'emploi ?
03:47– Oui, c'est important ça Guillaume, parce que mine de rien, on vient d'un environnement
03:51où le marché de l'emploi américain était en ralentissement,
03:55et était en ralentissement relativement net, et ça nous faisait dire d'ailleurs
03:58que la Réserve fédérale américaine allait couper les taux cette année,
04:01une fois, deux fois, trois fois, le marché intégrait ces baisses de taux,
04:04parce que justement, il y avait un rafraîchissement au niveau du marché de l'emploi.
04:08Et que nous dit le chiffre du jour ? Il nous dit que finalement, ce ralentissement,
04:11il est derrière maintenant, le marché de l'emploi s'est tout à fait stabilisé aux États-Unis,
04:14ce n'est pas le premier indicateur qui le montre,
04:18les Joltz du jour confirment finalement la stabilisation du marché de l'emploi aux États-Unis,
04:23et donc évidemment que c'est un argument en moins pour la Réserve fédérale américaine,
04:28bien sûr il y a l'inflation comme en Europe qui vient des prix de l'énergie,
04:31mais enfin, puisqu'on a un marché de l'emploi qui se stabilise,
04:36je ne dirais pas qu'il réaccélère, mais enfin qu'il se stabilise,
04:38et bien aucune raison pour la Réserve fédérale américaine de baisser les taux cette année,
04:42c'est le sentiment qui se dégage du rapport.
04:43– On verra ce que fera la Fed à la sauce Kevin Walsh.
04:46Kevin Walsh qui est le nouveau président de Fed, le plus gâté par les marchés,
04:49je ne sais pas si vous l'aviez vu ça Samy,
04:51mais il est le nouveau président de Fed avec la plus longue série de hausses des marchés
04:56depuis le début de son mandat.
04:57On est à six hausses des marchés depuis le début de son mandat,
04:59depuis qu'il a pris la tête de la Fed, jamais Wall Street n'a reculé, figurez-vous.
05:03C'est le seul à enchaîner six hausses des marchés de Wall Street depuis la prise de son mandat.
05:07Le précédent qui avait un record de hausses de Wall Street,
05:09c'était William Miller avec cinq hausses de Wall Street pour le début de son mandat.
05:12Là, il est à six désormais Kevin Walsh.
05:14– Bon, pourvu que ça dure Guillaume, mais enfin, c'est à la fin de la course qu'on compte
05:19les vainqueurs.
05:19On espère qu'à la fin de son mandat, les marchés seront évidemment beaucoup plus hauts qu'ils ne le
05:23sont aujourd'hui.
05:24Il a un travail ardu quand même, Kevin Walsh, coincé entre Donald Trump d'un côté,
05:28le board de la Fed de l'autre.
05:30Et évidemment, il va vivre de nombreuses aventures au travers de son mandat.
05:33On espère quand même qu'il finisse avec des marchés en hausse
05:36et qu'il ne connaîtra pas trop de bonnes activités.
05:37On l'espère pour nous.
05:38– Il faut croiser les doigts, effectivement.
05:39Merci beaucoup de nous avoir accompagnés aujourd'hui.
05:42Samy, bon après-midi.
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