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  • il y a 4 heures
Ce mardi 2 juin, Samy Chaar, chef économiste chez Lombard Odier & Cie, a abordé l'accélération de l'inflation à 3,2% en mai dans la zone euro, l'anticipation d'une éventuelle première hausse des taux de la BCE en juin depuis 2023 par le marché, la dépendance de l'économie européenne plus de la Chine que des USA, l'IA restant le principal moteur de la croissance américaine et portant toujours Wall Street, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Pendant que Wall Street se gorge d'intelligence artificielle, en Europe, on reste très attentif quand même à l'inflation.
00:09Les Américains aussi, ils craignent, ils redoutent une réaction monétaire de la Banque Centrale, de la Fed face à l
00:14'inflation.
00:15Et puis ici en Europe, pourquoi pas une hausse de taux dès la semaine prochaine.
00:17Samy Char nous rejoint pour l'Ombarodier et compagnie. Bonjour Samy.
00:21Est-ce que le chiffre d'inflation aujourd'hui qui a été publié du mois de mai,
00:25est-ce que ce chiffre risque d'encourager la baissue à relever ses taux dès la semaine prochaine ?
00:29Ah oui absolument, il enterrine totalement la hausse de taux et on va la voir maintenant.
00:33Elle est pricée par les marchés complètement et c'est vrai que c'est une hausse de taux qui s
00:39'explique essentiellement par l'inflation présente.
00:41Ce n'est pas les anticipations d'inflation, ce n'est pas le marché du travail, ce n'est pas
00:44les salaires qui sont partis à la hausse.
00:45Non, ce qui explique l'inflation aujourd'hui, c'est essentiellement ce facteur énergétique
00:49qui non seulement explique une inflation globale au-dessus des fameux 2%,
00:53mais qui aussi s'est traduite dans une inflation sous-jacente.
00:56Par exemple, le prix des vacances, le prix des billets d'avion,
01:00tout ça fait qu'il y a plus d'inflation que ce n'est supportable par la Banque Centrale Européenne
01:05et donc elle va effectivement remonter les taux de 25 points de base la semaine prochaine.
01:09La BCE qui devrait relever pour vous les taux la semaine prochaine,
01:11quel impact ça aurait sur la croissance ?
01:13Quand je dis la croissance, le PIB français s'est contracté au premier trimestre,
01:16alors que la guerre en Iran venait à peine de commencer.
01:18Donc quel impact une hausse de taux aurait sur l'activité on va dire ?
01:21Oui, ce n'est pas bienvenu.
01:23Maintenant, Guillaume, on ne peut pas comparer les 450 points de base de hausse de taux
01:27qu'on a eues en 2022 avec les 50 points de base, 0,5% qu'on aura peut-être
01:33cette année.
01:33Une hausse de taux la semaine prochaine, probablement suivie d'une autre hausse de taux, 0,5%.
01:39Ça n'aura pas un impact économique majeur, d'autant qu'elles seront très probablement renversées ces hausses de taux
01:45à partir du moment où les flux, on l'espère, reviendront par le détroit d'Ormouz,
01:50que le pétrole se stabiliserait sous les 100 dollars, voire sous les 90 dollars.
01:56Eh bien, on pourrait imaginer une Banque Centrale Européenne qui renverserait ces hausses de taux
02:00et reviendrait à 2%, soit à la fin de cette année, soit en début d'année prochaine.
02:03Donc un impact économique mineur, mais enfin quand même un signal qui n'est pas très agréable et pas tout
02:07à fait nécessaire.
02:08Bonjour Samy, si on devait regarder un petit peu par rapport aux flux et en termes de dépendance économique,
02:15le continent européen est plus dépendant de l'économie américaine ou de l'économie chinoise ?
02:21Les deux, mon commandant.
02:22Évidemment que l'économie chinoise est une source importante d'exportation pour les Européens,
02:30notamment pour les Allemands, mais il faut être franc, l'économie européenne est aussi très dépendante
02:35de l'économie américaine, notamment sur les biens énergétiques, mais aussi sur des facteurs moins économiques,
02:40comme par exemple la défense.
02:42Donc très clairement, l'Europe est parfois un peu coincée entre le marteau et l'enclume,
02:45mais vous savez quoi ? L'autonomie économique, ça ne se décrète pas, elle peut être acquise,
02:52et donc réduire la dépendance économique au moyen d'investissements productifs dans les secteurs clés.
02:58Et on en parle souvent sur cette antenne, dans l'énergie, dans la technologie, dans la défense,
03:04il ne tient qu'aux Européens d'être moins dépendants et des Chinois et des Américains,
03:08mais encore une fois, l'autonomie, ça ne se décrète pas, ça s'investit, ça se construit,
03:15et donc si on veut réduire la dépendance, il y a un travail à faire,
03:18et il serait bien que les Européens quand même accélèrent un petit peu sur ce qui est là.
03:21– On rappelle l'inflation effectivement qui montre, qui nous apporte une mesure de notre dépendance aussi,
03:26elle accélère en Europe, on le disait au mois de mai, à 3,2%,
03:29l'inflation est hors élément énergétique ou hors élément volatil, cette inflation est rendante.
03:34Pendant ce temps, aux États-Unis, c'est l'emploi qu'on va suivre cette semaine plutôt que l'inflation,
03:38même si bien sûr, elle reste à surveiller, mais alors l'emploi, rapport sur l'emploi vendredi,
03:42et aujourd'hui, on a eu l'enquête Joltz, c'était il y a quelques minutes,
03:44que nous dit cette enquête Joltz sur la dynamique de l'emploi ?
03:47– Oui, c'est important ça Guillaume, parce que mine de rien, on vient d'un environnement
03:51où le marché de l'emploi américain était en ralentissement,
03:55et était en ralentissement relativement net, et ça nous faisait dire d'ailleurs
03:58que la Réserve fédérale américaine allait couper les taux cette année,
04:01une fois, deux fois, trois fois, le marché intégrait ces baisses de taux,
04:04parce que justement, il y avait un rafraîchissement au niveau du marché de l'emploi.
04:08Et que nous dit le chiffre du jour ? Il nous dit que finalement, ce ralentissement,
04:11il est derrière maintenant, le marché de l'emploi s'est tout à fait stabilisé aux États-Unis,
04:14ce n'est pas le premier indicateur qui le montre,
04:18les Joltz du jour confirment finalement la stabilisation du marché de l'emploi aux États-Unis,
04:23et donc évidemment que c'est un argument en moins pour la Réserve fédérale américaine,
04:28bien sûr il y a l'inflation comme en Europe qui vient des prix de l'énergie,
04:31mais enfin, puisqu'on a un marché de l'emploi qui se stabilise,
04:36je ne dirais pas qu'il réaccélère, mais enfin qu'il se stabilise,
04:38et bien aucune raison pour la Réserve fédérale américaine de baisser les taux cette année,
04:42c'est le sentiment qui se dégage du rapport.
04:43– On verra ce que fera la Fed à la sauce Kevin Walsh.
04:46Kevin Walsh qui est le nouveau président de Fed, le plus gâté par les marchés,
04:49je ne sais pas si vous l'aviez vu ça Samy,
04:51mais il est le nouveau président de Fed avec la plus longue série de hausses des marchés
04:56depuis le début de son mandat.
04:57On est à six hausses des marchés depuis le début de son mandat,
04:59depuis qu'il a pris la tête de la Fed, jamais Wall Street n'a reculé, figurez-vous.
05:03C'est le seul à enchaîner six hausses des marchés de Wall Street depuis la prise de son mandat.
05:07Le précédent qui avait un record de hausses de Wall Street,
05:09c'était William Miller avec cinq hausses de Wall Street pour le début de son mandat.
05:12Là, il est à six désormais Kevin Walsh.
05:14– Bon, pourvu que ça dure Guillaume, mais enfin, c'est à la fin de la course qu'on compte
05:19les vainqueurs.
05:19On espère qu'à la fin de son mandat, les marchés seront évidemment beaucoup plus hauts qu'ils ne le
05:23sont aujourd'hui.
05:24Il a un travail ardu quand même, Kevin Walsh, coincé entre Donald Trump d'un côté,
05:28le board de la Fed de l'autre.
05:30Et évidemment, il va vivre de nombreuses aventures au travers de son mandat.
05:33On espère quand même qu'il finisse avec des marchés en hausse
05:36et qu'il ne connaîtra pas trop de bonnes activités.
05:37On l'espère pour nous.
05:38– Il faut croiser les doigts, effectivement.
05:39Merci beaucoup de nous avoir accompagnés aujourd'hui.
05:42Samy, bon après-midi.
05:44– Sous-titrage Société Radio-Canada
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