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  • il y a 5 heures
Ce jeudi 11 juin, Gilles Moëc, chef économiste du Groupe AXA, a abordé la hausse des taux de 25 points de base de la BCE, et le durcissement monétaire au niveau de la Fed, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Gilles Moec avec nous pour AXA, chef économiste du groupe AXA.
00:03Bonjour Gilles.
00:03On l'avait vu venir, le marché avait anticipé cette hausse de taux de la BCE.
00:07D'ailleurs les marchés européens sont en hausse et les taux souverains se détendent.
00:10Paradoxalement, non mais ça avait été anticipé, c'est vrai, et on n'est pas surpris.
00:13Hausse de taux donc de 25 points de base.
00:15Est-ce que vous vous dites, compte tenu du message, des scénarios établis,
00:18la communication de Christine Lagarde, que c'est la première d'une série de hausses d'après vous ?
00:23Plutôt oui quand même.
00:24Je suis d'accord avec Aude que la BCE a maintenu le mantra habituel
00:29sur lequel on prendra la décision meeting par meeting
00:33et qu'il n'y a pas de trajectoire fixée à ce stade.
00:41Mais quand même, je trouve que Christine Lagarde a plutôt validé les anticipations du marché
00:45qui sont plutôt sur une série de hausses de taux, entre 2 et 3 au total pour cette année.
00:52Et un des éléments qui me fait pencher vers cela, c'est ce fameux scénario milder, un peu plus optimiste.
00:59Alors quand on regarde le détail, ce scénario optimiste qui a été ajouté autour de la prévision centrale de la
01:06BCE,
01:07il se fonde sur une baisse du cours du Brent en dessous de 90 dollars dès le troisième trimestre.
01:1288 dollars pour être précis.
01:14Et Christine Lagarde, à plusieurs reprises, a insisté que même si ce scénario optimiste se matérialisait,
01:21ce qui à ce stade ne paraît pas complètement évident,
01:24eh bien la hausse d'aujourd'hui serait complètement justifiée.
01:28Donc ça, ça va plutôt dans le sens où la hausse d'aujourd'hui, c'est une hausse minimum, entre
01:35guillemets.
01:36Et comme elle l'a répété plusieurs fois, ce n'est pas une hausse d'assurance, ce n'est pas
01:40une hausse d'avertissement,
01:41mais c'est une hausse qui est complètement justifiée par le scénario macro.
01:46Et donc voilà, pour moi, implicitement, il y a plutôt poursuite de la hausse des taux,
01:51même si Christine Lagarde n'a pas voulu laisser du tout de marge à une discussion sur le timing d
01:57'une telle décision.
01:57Mais voilà, c'est plutôt une validation des attentes du marché.
02:00– Et quels seront les impacts alors si on entre sur une série de hausses de taux pour essayer de
02:05lutter contre l'inflation,
02:06mais alors que les perspectives de ralentissement de l'économie sont là ?
02:09Christine Lagarde, la BCE, explique que les perspectives restent incertaines
02:12avec des risques de hausse d'inflation et de ralentissement de la croissance.
02:15Si la BCE hausse ses taux, augmente ses taux, est-ce que sur la croissance, le risque ne sera pas
02:19encore pire ?
02:20– C'est toute la difficulté de l'exercice parce qu'on est quand même face à un choc d
02:25'offres.
02:26Et comme on le sait tous, les banques centrales ne peuvent pas faire grand-chose
02:30quand il s'agit d'un choc d'offres,
02:32sauf à veiller à ce que les anticipations d'inflation ne bougent pas trop
02:36et à contrer d'éventuels effets de second tour
02:39qui passeraient là pour le coup par la demande, par exemple par les salaires.
02:45Mais pour l'instant, effectivement, on a une certaine résilience de la croissance,
02:50mais pour moi la résilience est quand même plutôt derrière nous
02:53si on regarde les derniers indicateurs macro.
02:55Or, on a une prévision centrale de la BCE avec une croissance à 0,8% en 2026.
03:02C'est quand même assez ambitieux, ça ne laisse aucune marge à aucun gadin
03:06au deuxième ou au troisième trimestre.
03:09Et donc le risque, effectivement, c'est que la BCE fasse ce qu'elle considère
03:14qu'elle a à faire pour ancrer les anticipations d'inflation,
03:18ça c'est compréhensible, mais qu'au passage, elle contribue en fait à un ralentissement de la demande
03:24qui se traduirait au final par un blocage de ces fameux effets de second tour sur l'inflation.
03:29J'ai quand même senti une certaine asymétrie quand même dans l'analyse des risques.
03:33C'est-à-dire qu'on sent une BCE vraiment très nerveuse sur les risques de second tour,
03:37sur l'inflation, même s'ils ne se sont pas encore complètement néfastés,
03:40mais que ça pourrait venir, alors que le discours sur la croissance
03:43me paraît quand même assez optimiste.
03:46– Gilles, on a eu les chiffres des prix à la production,
03:50l'inflation sortie d'usine du côté des États-Unis,
03:53autant du côté des prix à la consommation, il n'y avait rien de spécial,
03:56on était sur les dynamiques du moment, autant sur les prix à la production,
03:59là, plus 6,5%.
04:02Réunion de la Fed quand même la semaine prochaine,
04:04et grosse pression sur Kevin Walsh a priori.
04:07– Oui, alors ce qui en plus, il y a un élément, je suis désolé, c'est un peu technique,
04:11mais ce qui compte pour la Fed, dans la mesure des prix à consommation,
04:15ce n'est pas tellement le CPI qui est sorti la semaine dernière,
04:19c'est le déflateur.
04:20Or, pour calculer le déflateur, on utilise beaucoup d'inputs
04:24qui viennent de l'indice des prix de la production que vous venez de mentionner.
04:29Donc ça, c'est un autre élément qui fait penser, malheureusement,
04:33à un chiffre déflateur de la consommation lorsqu'il va sortir dans quelques semaines,
04:37qui sera fondamentalement mauvais,
04:40avec probablement une poursuite de l'accélération qu'on avait déjà vue le mois dernier.
04:44Donc effectivement, moi j'ai l'impression que Kevin Walsh arrive à un mauvais moment,
04:48entre guillemets, pour lui,
04:50parce qu'il a fait campagne plutôt sur des baisses de taux,
04:54à un mauvais moment parce que le choc d'inflation que l'on voit aujourd'hui aux États-Unis,
05:00bien évidemment, il est dominé à court terme par ce qui se passe du côté des prix de l'énergie,
05:04mais c'est aussi un choc qui vient en plus d'une tension sous-jacente sur les prix de la
05:10consommation
05:11qui était forte avant le début de la crise.
05:13Donc c'est quand même très compliqué, à mon avis, pour la Fed de lâcher quelque leste que ce soit,
05:19alors même qu'à différence de la BCE, la Fed est déjà en territoire restrictif.
05:23Mais je pense que là, oui, Kevin Walsh se retrouve dans une vraie difficulté.
05:29Il peut s'en sortir, entre guillemets, parce que Kevin Walsh est aussi partisan d'une Fed
05:34qui communique beaucoup moins, qui parle beaucoup moins.
05:37Peut-être qu'en ce moment, c'est plutôt à son avantage de parler le moins possible.
05:42Merci Gilles.
05:43Gilles Mouek avec nous, chef économiste du groupe AXA.
05:45Wall Street est en hausse, le S&P, malgré le chiffre des prix à la production assez spectaculaire quand même,
05:506,5% de hausse est pris à la production, bien, le S&P gagne 0,3%.
05:54À Paris, le CAC 40 gagne 0,7%.
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