00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Et pendant ce temps, la Banque Centrale Européenne fait de la Banque Centrale Européenne.
00:07Nouveau statu quo, le cinquième d'affilée, Gilles Mouet qui est avec nous, chef économiste du groupe AXA.
00:11Bonjour Gilles.
00:12Bonjour.
00:13On n'est pas surpris donc par cette décision, statu quo à nouveau, toujours pas de baisse de taux,
00:17c'était largement anticipé par les marchés, vous avez aussi suivi la conférence de presse de Christine Lagarde aujourd'hui.
00:22La question qui continuera à se poser le marché, c'est de savoir s'il peut encore y avoir de la place,
00:27peut-être quand même pour une baisse de taux cette année de la part de la Banque Centrale.
00:30Est-ce qu'après avoir écouté Christine Lagarde, vous vous dites qu'il y a peut-être un passage possible ?
00:35Pendant longtemps, je pensais qu'on aurait encore une baisse de taux en 2026,
00:39et puis j'ai cessé d'y croire il y a quelques mois,
00:42et il n'y a rien dans ce que Christine Lagarde a dit aujourd'hui,
00:45qui me convaincrait de changer à nouveau de dévis.
00:48Non pas que la BCE soit arc-boutée sur sa vision,
00:53mais on a quand même l'impression qu'il en faudrait beaucoup dans le flux de données
00:59pour modifier la politique monétaire de la BCE.
01:04Il continue à dire que les risques sont bien distribués,
01:09sont équivalents à la hausse et à la baisse.
01:13Les journalistes sont allés la chercher à de très nombreuses reprises sur la question du taux de change,
01:18parce que c'est un des éléments qui pourraient peut-être conduire la BCE à la BCE en 2026,
01:23si l'euro s'apprécie trop.
01:26Mais j'ai l'impression que là, Christine Lagarde a voulu couper court à cette discussion,
01:29en disant que certes, c'est une question qui a été évoquée lors de la réunion,
01:34mais qu'il ne se passe rien de vraiment nouveau,
01:37et que l'appréciation de l'euro a été en fait déjà intégrée dans le scénario central de la BCE.
01:42Donc voilà, pas de nouveau message important de leur part.
01:45J'ai même l'impression, enfin je vérifie, mais j'ai eu l'impression que la conférence de presse
01:49était un peu plus courte que d'habitude,
01:52avec, j'ai l'impression, voilà, un peu une réunion pour rien,
01:59on attend maintenant le mois de mars avec de nouvelles prévisions.
02:02C'est peut-être le seul élément que j'ai trouvé un peu intéressant, intriguant dans cette conférence de presse,
02:08c'est le fait que Christine Lagarde a été évidemment interrogé sur le fait
02:12que les derniers chiffres d'inflation ont été vraiment très bas, plus bas que ce qui était cohérent avec leur dernière prévision.
02:18Mais ça a également été un peu balayé par Christine Lagarde,
02:21qui a dit oui certes, c'est en deçà de ce qu'on m'attendait dans la prévision du mois de décembre,
02:25mais c'est en ligne avec ce qu'on avait dans la prévision du mois de septembre.
02:29En filigrane, attendons la réunion du mois de mars,
02:32avec un nouvel exercice de prévision, on en saura peut-être plus,
02:35mais on ne sent pas de volonté de l'ABC à réagir au statut de nouvelles tel qu'il se présente.
02:43Elle l'a dit d'ailleurs, c'est-à-dire que les choses sont un peu volatiles,
02:46le statut de nouvelles est tellement imprévisible d'un jour à l'autre
02:50que l'ABC à ce stade ne souhaite pas donner une direction très claire.
02:53Antoine ?
02:54Gilles, on voit que le paysage de l'inflation en Europe est vraiment très disparate, très éclaté.
02:59La France a le taux d'inflation le plus faible.
03:05C'est un bon ou c'est un mauvais signe, ça ?
03:08Alors, ce serait un mauvais signe si la croissance française était vraiment plus basse
03:14que la moyenne de la zone euro, parce que ça, ça voudrait dire qu'on est dans un risque
03:18de déflation liée à des conditions cycliques vraiment très dégradées.
03:23Or, pour l'instant, en tout cas, la France ne dévise pas par rapport à la moyenne de la zone.
03:28Au contraire, on a eu plutôt des bonnes nouvelles, par exemple,
03:31autour d'un trimestre, avec une croissance du PIB plutôt forte,
03:33donc ça ne semble pas être le cas.
03:37J'ai l'impression qu'à ce stade, on devrait plutôt s'en féliciter,
03:41au sens où c'est un élément dont on ne parle plus beaucoup,
03:44parce que maintenant, on a l'impression que les échanges extérieurs
03:46sont totalement dominés par les droits de douane et par les variations de taux de change.
03:50Mais je suis malheureusement assez vieux pour me souvenir des années 90,
03:53c'est du début des années 2000, lorsqu'on m'allait expliquer un peu partout,
03:56où j'étais à l'époque la Banque de France, que ce qui comptait,
03:59c'était la compétitivité de fond, et c'était en particulier le fait de savoir
04:03si nos prix intérieurs allaient plus vite ou plus lentement que celui de nos compétiteurs.
04:09En ce moment, la France fait des gains de compétitivité vis-à-vis des autres pays de la zone euro,
04:15et c'est plutôt une bonne nouvelle, et c'est d'ailleurs peut-être en mettre en liaison,
04:18même si ce n'est pas la seule raison, avec l'amélioration des échanges extérieurs de la France,
04:22qui est quand même là aussi une des bonnes nouvelles de 2025.
04:25Donc à ce stade, pour moi, c'est plutôt un signe de rééquilibrage à l'intérieur de la zone,
04:31même si si on voyait d'autres pays commencer à converger vers la France,
04:35là ce serait évidemment le signal qu'on met dans un risque de déflation,
04:39mais pour l'instant, moi j'ai envie de voir la chose plutôt positive.
04:41Oui, grâce à cette inflation incroyablement plus faible en France qu'ailleurs en zone euro,
04:45elle est cinq fois inférieure à la moyenne européenne, l'inflation ici en France,
04:49on est de loin le pays où elle est la plus faible, en tout cas sur le mois de janvier,
04:52mais ça s'inscrit depuis plusieurs mois, et ça pourrait durer encore une bonne partie de cette année,
04:56des gains de compétitivité pour notre pays,
04:57et puis peut-être de quoi rasséréner un tout petit peu les consommateurs,
05:00Carrefour hier a surperformé, c'est encore le cas aujourd'hui,
05:02Carrefour, donc la grande distribution, le titre est stable,
05:05alors que le CAC 40 est en baisse de 0,6%.
05:07Et pendant ce temps en Allemagne, l'industrie semble vouloir se réveiller,
05:11amener à se réveiller, en tout cas elle enregistre un énorme bond des commandes,
05:15commandes à l'industrie en Allemagne sur le dernier trimestre en hausse de 8,8%,
05:19c'est le genre de chiffre qu'on ne voit jamais passer, encore moins pour un pays européen.
05:22Comment l'expliquez-vous Gilles ?
05:25Alors en Allemagne, il y a deux sous-mesures des commandes à l'industrie,
05:30il y a le chiffre que vous avez cité, qui est le chiffre brut entre guillemets,
05:34et puis il y a un deuxième chiffre où on enlève en fait, pour aller vite,
05:39les grosses commandes, c'est-à-dire les gros tickets qui ont tendance à être très très volatiles,
05:43et hors gros tickets, on est sur une progression plus faible de l'ordre de 1%.
05:47Maintenant, ce qui est intéressant, c'est que peut-être effectivement
05:51que ces gros tickets reflètent des commandes domestiques
05:55qui viendraient effectivement de ce qui se passe du côté des dépenses d'infrastructures,
05:59qui commencent péniblement à remonter.
06:01Alors je vais regarder ça récemment, c'est assez intéressant.
06:05On a une exécution pour l'instant assez lente,
06:09on a des chiffres jusqu'au mois de novembre,
06:10on est à peu près à la moitié du programme prévu pour 2025,
06:14mais ça commence, depuis le mois de septembre,
06:16on a effectivement des dépenses engagées d'infrastructures en Allemagne.
06:21Donc est-ce que c'est ça qui commence à déclencher quelque chose ?
06:23Peut-être, en tout cas.
06:25Ce qui est sûr, c'est que ces demandes, cette demande industrielle,
06:27c'est une demande interne, et non pas une demande extérieure.
06:30Donc ça suggère effectivement qu'il se passe quelque chose du côté de la relance fiscale.
06:35Oui, la relance fiscale, effectivement,
06:37le plan d'investissement dans les infrastructures et la défense.
06:40Et pendant ce temps, vous êtes avec nous depuis Londres, Gilles,
06:42et pendant ce temps, la Banque d'Angleterre annonce,
06:44comme la Banque Centrale Européenne, un statut quo aujourd'hui.
06:47Et après le Brexit, on entend parler de Britain,
06:49l'inattendu rapprochement entre Londres et Bruxelles.
06:51Keir Starmer, le Premier ministre britannique,
06:52a encore dit hier qu'il fallait davantage travailler ensemble,
06:55Royaume-Uni et Union Européenne.
06:56Comment vous regardez le britannique qui est en train d'opérer le Royaume-Uni ?
07:01Alors, c'est à la fois encourageant et frustrant.
07:04C'est encourageant parce que si vous regardez les sondages,
07:07il y a un vrai changement d'opinion au Royaume-Uni qui est très net.
07:10Si on votait aujourd'hui, je dis « on » parce que j'ai deux nationalités,
07:14il y aurait probablement une majorité pour rejoindre l'Union Européenne.
07:18C'est frustrant parce que c'est quand même très très lent et très complexe
07:24comme manœuvre d'approche entre Londres et Bruxelles.
07:29L'une des raisons, c'est que Keir Starmer n'a absolument aucune envie
07:32de raviver la bataille idéologique qui avait été quand même très brutale
07:37autour du Brexit. Et vous savez, au Royaume-Uni, les partis sont élus
07:41sur ce qu'on appelle un manifeste. Et dans le manifeste sur lequel
07:44Labour a été élu, il y a maintenant un peu plus d'un an,
07:48il était écrit qu'il n'y aurait même pas d'inscription du Royaume-Uni,
07:52ne serait-ce que dans une union douanière avec l'Union.
07:54Il ne s'agit même pas simplement de rejoindre l'Union, mais une union douanière.
07:58Donc voilà, Keir Starmer compose avec ces différents éléments.
08:01Ça va grosso modo dans le bon sens.
08:05Pour l'instant, ça manque quand même de traduction concrète.
08:08Merci beaucoup Gilles Mouek avec nous, le chef économiste du groupe AXA.
08:11Et pendant ce temps, Scott Bessette, le secrétaire au Trésor américain,
08:13est en train de s'exprimer devant les sénateurs aux États-Unis.
08:17Un enjeu très très important pour que Kevin Walsh,
08:20nommé par Donald Trump pour succéder à Jérôme Powell,
08:22puisse vraiment prendre ses fonctions dès le mois de mai prochain.
08:25Ce n'est pas gagné du tout. Il faudra un vote majoritaire des sénateurs,
08:27ce qui n'est pas gagné. Scott Bessette est en train de s'exprimer à l'instant
08:30devant eux au Congrès.
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