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  • il y a 2 jours
Ce jeudi 5 février, Gilles Moëc, chef économiste du Groupe AXA, a abordé le maintien du principal taux directeur de la BCE, la baisse du taux d’inflation en France, et le plan de relance en Allemagne, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Et pendant ce temps, la Banque Centrale Européenne fait de la Banque Centrale Européenne.
00:07Nouveau statu quo, le cinquième d'affilée, Gilles Mouet qui est avec nous, chef économiste du groupe AXA.
00:11Bonjour Gilles.
00:12Bonjour.
00:13On n'est pas surpris donc par cette décision, statu quo à nouveau, toujours pas de baisse de taux,
00:17c'était largement anticipé par les marchés, vous avez aussi suivi la conférence de presse de Christine Lagarde aujourd'hui.
00:22La question qui continuera à se poser le marché, c'est de savoir s'il peut encore y avoir de la place,
00:27peut-être quand même pour une baisse de taux cette année de la part de la Banque Centrale.
00:30Est-ce qu'après avoir écouté Christine Lagarde, vous vous dites qu'il y a peut-être un passage possible ?
00:35Pendant longtemps, je pensais qu'on aurait encore une baisse de taux en 2026,
00:39et puis j'ai cessé d'y croire il y a quelques mois,
00:42et il n'y a rien dans ce que Christine Lagarde a dit aujourd'hui,
00:45qui me convaincrait de changer à nouveau de dévis.
00:48Non pas que la BCE soit arc-boutée sur sa vision,
00:53mais on a quand même l'impression qu'il en faudrait beaucoup dans le flux de données
00:59pour modifier la politique monétaire de la BCE.
01:04Il continue à dire que les risques sont bien distribués,
01:09sont équivalents à la hausse et à la baisse.
01:13Les journalistes sont allés la chercher à de très nombreuses reprises sur la question du taux de change,
01:18parce que c'est un des éléments qui pourraient peut-être conduire la BCE à la BCE en 2026,
01:23si l'euro s'apprécie trop.
01:26Mais j'ai l'impression que là, Christine Lagarde a voulu couper court à cette discussion,
01:29en disant que certes, c'est une question qui a été évoquée lors de la réunion,
01:34mais qu'il ne se passe rien de vraiment nouveau,
01:37et que l'appréciation de l'euro a été en fait déjà intégrée dans le scénario central de la BCE.
01:42Donc voilà, pas de nouveau message important de leur part.
01:45J'ai même l'impression, enfin je vérifie, mais j'ai eu l'impression que la conférence de presse
01:49était un peu plus courte que d'habitude,
01:52avec, j'ai l'impression, voilà, un peu une réunion pour rien,
01:59on attend maintenant le mois de mars avec de nouvelles prévisions.
02:02C'est peut-être le seul élément que j'ai trouvé un peu intéressant, intriguant dans cette conférence de presse,
02:08c'est le fait que Christine Lagarde a été évidemment interrogé sur le fait
02:12que les derniers chiffres d'inflation ont été vraiment très bas, plus bas que ce qui était cohérent avec leur dernière prévision.
02:18Mais ça a également été un peu balayé par Christine Lagarde,
02:21qui a dit oui certes, c'est en deçà de ce qu'on m'attendait dans la prévision du mois de décembre,
02:25mais c'est en ligne avec ce qu'on avait dans la prévision du mois de septembre.
02:29En filigrane, attendons la réunion du mois de mars,
02:32avec un nouvel exercice de prévision, on en saura peut-être plus,
02:35mais on ne sent pas de volonté de l'ABC à réagir au statut de nouvelles tel qu'il se présente.
02:43Elle l'a dit d'ailleurs, c'est-à-dire que les choses sont un peu volatiles,
02:46le statut de nouvelles est tellement imprévisible d'un jour à l'autre
02:50que l'ABC à ce stade ne souhaite pas donner une direction très claire.
02:53Antoine ?
02:54Gilles, on voit que le paysage de l'inflation en Europe est vraiment très disparate, très éclaté.
02:59La France a le taux d'inflation le plus faible.
03:05C'est un bon ou c'est un mauvais signe, ça ?
03:08Alors, ce serait un mauvais signe si la croissance française était vraiment plus basse
03:14que la moyenne de la zone euro, parce que ça, ça voudrait dire qu'on est dans un risque
03:18de déflation liée à des conditions cycliques vraiment très dégradées.
03:23Or, pour l'instant, en tout cas, la France ne dévise pas par rapport à la moyenne de la zone.
03:28Au contraire, on a eu plutôt des bonnes nouvelles, par exemple,
03:31autour d'un trimestre, avec une croissance du PIB plutôt forte,
03:33donc ça ne semble pas être le cas.
03:37J'ai l'impression qu'à ce stade, on devrait plutôt s'en féliciter,
03:41au sens où c'est un élément dont on ne parle plus beaucoup,
03:44parce que maintenant, on a l'impression que les échanges extérieurs
03:46sont totalement dominés par les droits de douane et par les variations de taux de change.
03:50Mais je suis malheureusement assez vieux pour me souvenir des années 90,
03:53c'est du début des années 2000, lorsqu'on m'allait expliquer un peu partout,
03:56où j'étais à l'époque la Banque de France, que ce qui comptait,
03:59c'était la compétitivité de fond, et c'était en particulier le fait de savoir
04:03si nos prix intérieurs allaient plus vite ou plus lentement que celui de nos compétiteurs.
04:09En ce moment, la France fait des gains de compétitivité vis-à-vis des autres pays de la zone euro,
04:15et c'est plutôt une bonne nouvelle, et c'est d'ailleurs peut-être en mettre en liaison,
04:18même si ce n'est pas la seule raison, avec l'amélioration des échanges extérieurs de la France,
04:22qui est quand même là aussi une des bonnes nouvelles de 2025.
04:25Donc à ce stade, pour moi, c'est plutôt un signe de rééquilibrage à l'intérieur de la zone,
04:31même si si on voyait d'autres pays commencer à converger vers la France,
04:35là ce serait évidemment le signal qu'on met dans un risque de déflation,
04:39mais pour l'instant, moi j'ai envie de voir la chose plutôt positive.
04:41Oui, grâce à cette inflation incroyablement plus faible en France qu'ailleurs en zone euro,
04:45elle est cinq fois inférieure à la moyenne européenne, l'inflation ici en France,
04:49on est de loin le pays où elle est la plus faible, en tout cas sur le mois de janvier,
04:52mais ça s'inscrit depuis plusieurs mois, et ça pourrait durer encore une bonne partie de cette année,
04:56des gains de compétitivité pour notre pays,
04:57et puis peut-être de quoi rasséréner un tout petit peu les consommateurs,
05:00Carrefour hier a surperformé, c'est encore le cas aujourd'hui,
05:02Carrefour, donc la grande distribution, le titre est stable,
05:05alors que le CAC 40 est en baisse de 0,6%.
05:07Et pendant ce temps en Allemagne, l'industrie semble vouloir se réveiller,
05:11amener à se réveiller, en tout cas elle enregistre un énorme bond des commandes,
05:15commandes à l'industrie en Allemagne sur le dernier trimestre en hausse de 8,8%,
05:19c'est le genre de chiffre qu'on ne voit jamais passer, encore moins pour un pays européen.
05:22Comment l'expliquez-vous Gilles ?
05:25Alors en Allemagne, il y a deux sous-mesures des commandes à l'industrie,
05:30il y a le chiffre que vous avez cité, qui est le chiffre brut entre guillemets,
05:34et puis il y a un deuxième chiffre où on enlève en fait, pour aller vite,
05:39les grosses commandes, c'est-à-dire les gros tickets qui ont tendance à être très très volatiles,
05:43et hors gros tickets, on est sur une progression plus faible de l'ordre de 1%.
05:47Maintenant, ce qui est intéressant, c'est que peut-être effectivement
05:51que ces gros tickets reflètent des commandes domestiques
05:55qui viendraient effectivement de ce qui se passe du côté des dépenses d'infrastructures,
05:59qui commencent péniblement à remonter.
06:01Alors je vais regarder ça récemment, c'est assez intéressant.
06:05On a une exécution pour l'instant assez lente,
06:09on a des chiffres jusqu'au mois de novembre,
06:10on est à peu près à la moitié du programme prévu pour 2025,
06:14mais ça commence, depuis le mois de septembre,
06:16on a effectivement des dépenses engagées d'infrastructures en Allemagne.
06:21Donc est-ce que c'est ça qui commence à déclencher quelque chose ?
06:23Peut-être, en tout cas.
06:25Ce qui est sûr, c'est que ces demandes, cette demande industrielle,
06:27c'est une demande interne, et non pas une demande extérieure.
06:30Donc ça suggère effectivement qu'il se passe quelque chose du côté de la relance fiscale.
06:35Oui, la relance fiscale, effectivement,
06:37le plan d'investissement dans les infrastructures et la défense.
06:40Et pendant ce temps, vous êtes avec nous depuis Londres, Gilles,
06:42et pendant ce temps, la Banque d'Angleterre annonce,
06:44comme la Banque Centrale Européenne, un statut quo aujourd'hui.
06:47Et après le Brexit, on entend parler de Britain,
06:49l'inattendu rapprochement entre Londres et Bruxelles.
06:51Keir Starmer, le Premier ministre britannique,
06:52a encore dit hier qu'il fallait davantage travailler ensemble,
06:55Royaume-Uni et Union Européenne.
06:56Comment vous regardez le britannique qui est en train d'opérer le Royaume-Uni ?
07:01Alors, c'est à la fois encourageant et frustrant.
07:04C'est encourageant parce que si vous regardez les sondages,
07:07il y a un vrai changement d'opinion au Royaume-Uni qui est très net.
07:10Si on votait aujourd'hui, je dis « on » parce que j'ai deux nationalités,
07:14il y aurait probablement une majorité pour rejoindre l'Union Européenne.
07:18C'est frustrant parce que c'est quand même très très lent et très complexe
07:24comme manœuvre d'approche entre Londres et Bruxelles.
07:29L'une des raisons, c'est que Keir Starmer n'a absolument aucune envie
07:32de raviver la bataille idéologique qui avait été quand même très brutale
07:37autour du Brexit. Et vous savez, au Royaume-Uni, les partis sont élus
07:41sur ce qu'on appelle un manifeste. Et dans le manifeste sur lequel
07:44Labour a été élu, il y a maintenant un peu plus d'un an,
07:48il était écrit qu'il n'y aurait même pas d'inscription du Royaume-Uni,
07:52ne serait-ce que dans une union douanière avec l'Union.
07:54Il ne s'agit même pas simplement de rejoindre l'Union, mais une union douanière.
07:58Donc voilà, Keir Starmer compose avec ces différents éléments.
08:01Ça va grosso modo dans le bon sens.
08:05Pour l'instant, ça manque quand même de traduction concrète.
08:08Merci beaucoup Gilles Mouek avec nous, le chef économiste du groupe AXA.
08:11Et pendant ce temps, Scott Bessette, le secrétaire au Trésor américain,
08:13est en train de s'exprimer devant les sénateurs aux États-Unis.
08:17Un enjeu très très important pour que Kevin Walsh,
08:20nommé par Donald Trump pour succéder à Jérôme Powell,
08:22puisse vraiment prendre ses fonctions dès le mois de mai prochain.
08:25Ce n'est pas gagné du tout. Il faudra un vote majoritaire des sénateurs,
08:27ce qui n'est pas gagné. Scott Bessette est en train de s'exprimer à l'instant
08:30devant eux au Congrès.
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