00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Catastrophe, l'inflation revient en Europe.
00:07On va en parler avec Samy Char de Lombard-Rodier, bonjour.
00:16Bonjour Antoine.
00:17Bonjour, alors 2,5%, c'est vrai que le chiffre avait de quoi impressionner les investisseurs, les économistes, etc.
00:25Maintenant, on est un petit peu en dessous de ce qu'on pouvait attendre.
00:29Il y avait un consensus qui allait de 2,6 à 2,9.
00:33Certains étaient même vraiment alarmistes du fait de la forte hausse des coûts de l'énergie.
00:37Mais ça y est, l'inflation revient, on en a la preuve,
00:40même si ce chiffre est globalement dans la ligne de ce qu'attendaient les investisseurs.
00:52Oui, paradoxalement, pour les économistes, c'est plutôt une bonne nouvelle.
00:55Ce que ce chiffre montre, c'est qu'il n'y a aujourd'hui qu'une seule source d'inflation
01:00dans le système,
01:01c'est l'énergie, l'alimentaire, ce qui est une très très grande différence à ce qu'on a pu
01:06vivre en 2022.
01:07En 2022, vous vous souvenez, non seulement il y avait une inflation domestique,
01:11avec un marché de l'emploi tendu, des salaires qui partaient à la hausse,
01:14du coup une inflation des services qui était très forte.
01:17Et là-dessus était venu se greffer le choc énergétique de la guerre en Ukraine.
01:21Aujourd'hui, on n'est pas du tout dans ce cas de figure.
01:23On a bien une inflation qui vient du secteur de l'énergie,
01:26mais toutes les autres composantes de l'indice continuent leur trajectoire baissière.
01:31Et donc c'est quand même quelque chose qui doit donner une forme de confort.
01:34On ne va pas revivre le même choc d'inflation qu'on a pu vivre en 2022,
01:38qui était vraiment très global.
01:39Là, c'est très centré sur l'énergie.
01:43Du côté des États-Unis, on avait pas mal de statistiques aussi qu'on attendait.
01:48Il y a l'immobilier, la confiance, il y a l'emploi de Joltz,
01:51les ouvertures d'emploi, le PMI de Chicago.
01:54Qu'est-ce que vous retenez de la fournée de statistiques de cet après-midi ?
02:03Que finalement, l'économie domestique est quand même relativement fraîche.
02:07On a évidemment la hausse des taux hypothécaires qui met quand même une grosse pression sur le secteur immobilier aux
02:13États-Unis,
02:14que ce soit en termes de vente, en termes de construction, en termes de prix des maisons.
02:18Et puis, de l'autre côté, on a quand même un marché de l'emploi où finalement, il n'y
02:22a plus tellement d'embauches.
02:23Alors, ce n'est pas un marché de l'emploi qui signale une récession parce qu'il n'y a
02:27plus d'embauches.
02:28Mais d'un autre côté, il n'y a pas de licenciement.
02:30Donc, c'est une espèce de marché de l'emploi très frais, quasiment gelé.
02:33Ou encore une fois, c'est le fameux pas d'embauche, pas de licenciement.
02:38Et donc, on continue d'avoir un taux de chômage qui devrait végéter à peu près là où il est.
02:43Ce n'est pas le signe d'une économie bouillante, comme encore une fois, ça pouvait être le cas en
02:472022,
02:48quand on se remettait du Covid.
02:49Donc, quelque part, une situation inconfortable pour les banques centrales,
02:53mais quand même beaucoup plus confortable que 2022,
02:55parce qu'il y a ce phénomène de surchauffe domestique, marché de l'emploi très chaud,
03:00qui n'est pas présent aujourd'hui, comme le montrent les chiffres aux États-Unis.
03:04Et finalement, c'est aussi le signal qu'on a en Europe.
03:07Donc, une situation quand même un peu plus modérée que ce qu'on a pu vivre dans le passé,
03:11malgré la grave crise énergétique.
03:13Il nous reste quelques secondes, Samicha.
03:15L'euro semble s'être installé assez durablement sous 1,15.
03:19Vous pensez que ça va continuer à être le cas ?
03:27L'euro s'est installé là parce qu'il y a une pression extérieure qui est la réalité géopolitique.
03:33Et donc, comme vous le disiez avec vos autres intervenants,
03:36on est un peu finalement sur une forme d'équilibre.
03:39On a l'impression qu'on peut basculer d'un côté comme de l'autre.
03:41Si la situation géopolitique venait à s'améliorer, qu'on aurait une forme de désescalade
03:47avec des signes que les négociations vont dans le bon endroit,
03:51ce serait quand même positif euro.
03:52Et on peut imaginer un rebond de l'euro.
03:54Si au contraire, la situation venait à s'empirer,
03:57bien sûr que les actifs défensifs, tels que l'eau dollar, le franc suisse,
04:00viendraient à bien faire.
04:01Notre sentiment, c'est qu'à ce stade, l'euro est quand même relativement peu cher
04:07et devrait quand même trouver un soutien et un plancher.
04:11Parce qu'encore une fois, si la situation se normalise,
04:13ce serait plutôt favorable à l'euro.
04:14Samy Char de Lombard-Rodier, merci infiniment d'avoir été avec nous.
Commentaires