00:01BFM Gourses, l'écho du monde.
00:04Quand même une bonne surprise aux Etats-Unis, la balance commerciale.
00:06Là j'imagine que Donald Trump doit être ravi.
00:10Florian Hielpaux nous rejoint, bonjour Florian, l'ombard au DIM.
00:13Imaginez, vous êtes Donald Trump, là comme ça, à l'espace d'un instant.
00:16Vous êtes ravi de la balance commerciale qui a été publiée aujourd'hui ?
00:20Bonjour à tous, bonjour Guillaume, merci de me recevoir.
00:22Oui, je suis ravi, je suis même ravi de la séquence en fait.
00:26On s'est fait une petite peur vendredi dernier, vous le savez,
00:28avec les créations d'emplois, qui était déjà un premier signe
00:30que l'économie américaine allait bien.
00:32Là, on a une double bonne nouvelle, c'est-à-dire qu'à la fois,
00:35les exports sont plus forts que prévu, on a 2,6% contre 2,6% de progression,
00:40contre 2,4% attendu, on révise le précédent chiffre un peu à la hausse.
00:44Évidemment, c'est tiré par les exportations de pétrole,
00:47il y a un effet prix à l'intérieur, il ne faut pas se leurrer.
00:50Et première bonne nouvelle, deuxième bonne nouvelle,
00:52les imports eux-mêmes, c'est-à-dire la consommation américaine,
00:55les imports c'est un baromètre de la consommation américaine,
00:57les imports eux-mêmes surprennent à la hausse, surprennent positivement.
01:01Et en plus, la combinaison des deux bonnes nouvelles donne
01:04une balance commerciale, toujours béante évidemment,
01:07mais un peu moins qu'attendue.
01:09Donc on a en fait 3 bonnes nouvelles pour l'économie américaine
01:13aujourd'hui dans cette très jolie séquence.
01:15C'est la journée des bonnes surprises, parce que même l'Allemagne
01:18a une belle surprise aujourd'hui sur le front de sa balance commerciale,
01:20les exportations, alors contre toute attente,
01:22on progressait en avril de 0,9% sur un mois.
01:24Même les Allemands ont droit à des bonnes surprises, là, Florian.
01:28Alors d'autant plus que si aux États-Unis, on pensait que ça allait être bon,
01:31aux États-Unis, le consensus était négatif.
01:34On s'attendait à une contraction, en fait, des exports.
01:38Donc oui, effectivement, c'est une bonne nouvelle.
01:40Alors attention, par contre, de bien faire la différence
01:43entre cette situation américaine qui nous fait un rebond
01:45depuis le troisième trimestre de l'an passé,
01:47on est sur une phase d'amélioration cyclique claire.
01:49L'Allemagne, ce n'est pas le cas.
01:51On est sur une phase de stabilisation plutôt globale de l'économie allemande.
01:55Les problèmes d'exportation en Allemagne ne vont pas se régler avec le cycle.
01:59Ce sont des problèmes qui sont fondamentaux, structurels,
02:02de diversification des exportations allemandes,
02:05une concurrence chinoise exacerbée.
02:07Et une partie de cette surquête positive, en fait,
02:10vient d'export vers les États-Unis,
02:13donc la bonne tenue du consommateur américain.
02:15Et par contre, on observe un affaissement des importations chinoises
02:18en provenance d'Allemagne.
02:20Donc l'un des deux grands partenaires de l'Allemagne
02:23en termes de commerce commercial recule.
02:26Bon, on va être en période de gros temps cette fin de semaine.
02:28Il y a l'introduction en bourse de SpaceX, bien entendu.
02:31Vendredi, on ne va pas y échapper.
02:32Mais avant ça, l'autre grand événement,
02:35c'est quand même la hausse des taux de la BCE demain.
02:37Et avec partout des commentaires, des analyses qu'on reçoit sur le plateau,
02:42que ce soit ici ou ailleurs,
02:43qui disent « bon, ça va être une erreur de politique monétaire
02:45à laquelle on va assister ».
02:47Est-ce que vous avez ce même sentiment, Florian ?
02:52Écoutez, le disque dur de la BCE, en fait,
02:55d'ailleurs, contrairement à celui de la Fed,
02:57donc de la Réserve fédérale américaine,
02:59de la Banque centrale américaine,
02:59est assez facile à lire.
03:01C'est-à-dire qu'on est face à un choc pétrolier.
03:04Ce choc pétrolier, de l'ordre de 50% d'augmentation des prix,
03:08devrait se muter en une inflation temporaire tirée,
03:11justement par ce qu'on appelle un choc d'offre.
03:13Ça vient du monde de l'offre, pas du monde de la demande.
03:16On sait que normalement, la BCE répond à ces chocs-là.
03:19Simplement, elle y répond avec un ordre de magnitude un peu inférieur
03:22à ce qu'on peut observer sur un choc de deux mondes.
03:25Donc, on a un choc qui devrait rapporter peut-être 75 points de base
03:29à 1% d'inflation en plus en Europe.
03:32Normalement, la BCE devrait s'ajuster d'au moins une à deux,
03:35voire trois hausses de taux.
03:36Notre scénario principal, c'est deux hausses de taux.
03:39Ça a du sens du point de vue de la logique de la BCE.
03:42Est-ce qu'une variation de 0,5% des taux de la BCE
03:46va endiguer le momentum des marchés actions aujourd'hui ?
03:49Ça, on n'y croit absolument pas.
03:52Par contre, quand la BCE est passée de taux négatifs
03:55à plus de 2% de taux courts,
03:59là, oui, il y a un choc de taux
04:00qui peut justement renverser une dynamique des bénéfices
04:04sur les entreprises européennes.
04:06On n'est pas du tout dans cet ordre de grandeur-là.
04:08Et il y a un grand nombre de pays européens aujourd'hui
04:11qui ont encore des taux réels court terme qui sont négatifs,
04:15c'est-à-dire où l'inflation est supérieure au taux de la BCE elle-même.
04:19Donc, avant de faire un procès d'intention à la BCE,
04:21il faut se rappeler que la zone euro n'est pas unique.
04:24La zone euro, ce n'est pas l'Allemagne, ce n'est pas la France.
04:27C'est un ensemble de pays.
04:28Je trouve que depuis le début de la semaine,
04:29de plus en plus d'intervenants de l'émission
04:30viennent à défendre cette hausse de taux de la BCE
04:32qui répond à la logique BCE.
04:34Vous n'êtes pas le seul, Florian.
04:35On a repéré que finalement, oui, pourquoi pas,
04:37une, il ne faudrait pas qu'il y en ait trop de hausse de taux,
04:39mais une, allez, ça passe.
04:41En tout cas, c'est dans les cours des marchés, bien sûr.
04:43Ça fait un moment qu'on est prêt et qu'on en parle
04:45de cette hausse de taux à venir.
04:46La première depuis 2023, quand même,
04:48de la BCE.
04:49Merci, Florian, de nous avoir accompagné.
04:51Florian Yelpau pour Lombard-Rodier IM.
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