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  • il y a 4 heures
Ce jeudi 4 juin, Gilles Moëc, chef économiste du Groupe AXA, a abordé la résilience de l'économie américaine face à la guerre en Iran, confirmée par les chiffres de l'emploi et de l'ISM Services, ainsi que l'attente d'une inflation durable même en cas de fin du conflit en Iran dans la zone euro, avec l'éventualité d'une hausse des taux à venir de la BCE, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00VFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Et justement, cette économie américaine, on va en parler avec Gilles Mouèque, le chef économiste du groupe AXA.
00:07Et nous rejoindre aujourd'hui, Gilles. Ravi de vous retrouver.
00:10Bon, on a des inscriptions de balaire au chômage en petite hausse aujourd'hui, mais là n'est pas le
00:13plus important.
00:14En fait, on a des indicateurs un peu plus larves sur l'emploi qui sont meilleurs qu'attendus depuis le
00:17début de la semaine.
00:18On sent une forme de résilience du marché de l'emploi. On verra demain le rapport mensuel.
00:22On a des PMI des services aussi aux Etats-Unis qui ressortent au-dessus des attentes au mois de mai.
00:26Mais est-ce qu'on se retrouve dans une situation où on est tous à nouveau surpris de la résilience
00:30américaine en ce moment ?
00:32C'est vrai qu'on a une situation du marché de l'emploi qui a l'air de se stabiliser
00:36alors qu'on avait des indicateurs jusqu'à il y a à peu près deux mois qui étaient quand même
00:40un peu inquiétants.
00:41Pourquoi ? Parce qu'on a un redémarrage des offres d'emploi.
00:46On a eu aussi une baisse des licenciements.
00:49Donc ça, c'est évidemment un bon signe. On verra dans quelle mesure ça se reflète dans les indicateurs payroll
00:54demain.
00:55Sachant que les payrolls, je répète à chaque fois, c'est une série statistique épouvantable, fortement révisée, incroyablement volatile.
01:04Mais c'est vrai que la plupart des indicateurs dans les disposants nous disent que les choses se stabilisent plutôt
01:07du côté de l'emploi.
01:10Alors je ne sais pas si on peut parler de résilience générale aux Etats-Unis.
01:14Parce que j'ai quand même l'impression qu'on a toujours cette dichotomie entre d'une part un secteur
01:20tech qui va extrêmement bien, même s'il ne produit pas d'emploi,
01:24et une économie traditionnelle américaine qui vivote un peu avec des taux de croissance quand même beaucoup plus faibles.
01:31Et si on s'intéresse par exemple au PIB du premier trimestre qui avait été révisé à la baisse, avec
01:371,6% simplement de croissance annualisée,
01:40ce qui n'est pas génial pour les standards américains,
01:43eh bien on avait une contribution à la croissance de la demande intérieure qui provenait à 40% du seul
01:49secteur de la tech.
01:50Donc voilà, une résilience d'ensemble, mais très déséquilibrée entre les secteurs.
01:56Gilles, c'est le principal problème finalement de cette structure de la croissance américaine.
02:01De plus en plus, elle repose sur l'IA, donc sur le CAPEX, sur la possibilité pour les entreprises d
02:08'investir des dizaines de milliards de dollars.
02:11Est-ce que c'est bien sain ? Est-ce que ça vous inspire quand même, quelqu'un qui étude
02:15quand même ce phénomène ?
02:17C'est-à-dire qu'il n'y a pas de plan B.
02:19C'est-à-dire que si pour une raison ou pour une autre, par exemple une innovation technologique,
02:23qui nous dirait qu'en fait on peut réaliser à peu près la même capacité de calcul
02:27avec peut-être un peu moins d'investissement dans des centres de données.
02:32Donc on est un peu à la merci d'un accident technologique de ce type-là,
02:36alors qu'on n'a pas vraiment de ressort particulièrement impressionnant
02:41dans ce qu'on peut appeler l'économie traditionnelle américaine.
02:44Donc ça, c'est une source de vulnérabilité.
02:46Et au sein même du secteur tech, même s'il n'y a pas de révision dramatique technologique,
02:54on a quand même des signes internes qui sont un peu problématiques.
02:57On a en particulier une augmentation assez forte du prix des inputs informatiques aux États-Unis.
03:02Ça, c'est très surprenant, c'est très rare.
03:05C'est-à-dire qu'on a fonctionné pendant trois décennies,
03:07depuis qu'en fait on le mesure bien,
03:10avec une baisse du prix du matériel informatique aux États-Unis.
03:14On a perdu à peu près 30% en dix ans avant le Covid.
03:20C'est quand même beaucoup.
03:21Et ça, ça a permis de maintenir un effort d'investissement assez important.
03:26Et depuis qu'on est sorti du Covid,
03:28on a une réaccélération assez forte du prix des produits informatiques.
03:32On le voit aussi dans les prix d'export sud-coréen,
03:35dans les prix d'export taïwanais.
03:36Donc, l'ampleur de l'investissement aujourd'hui nécessaire
03:41commence à se traduire par des tensions de coûts importantes
03:46qui vont bien évidemment venir rendre encore plus compliqué
03:49le financement de la poursuite de cet effort d'investissement.
03:52La question du prix, elle est vraiment maintenant à regarder de près.
03:56Et puisque vous évoquez le prix, on peut aussi évoquer les prix.
03:59L'inflation ici en Europe parallèlement,
04:01et là on revient de ce côté-ci de l'Atlantique.
04:03Gilles, dans une semaine pile, on saura si la BCE relève ses taux ou pas au mois de juin.
04:06C'est dans une semaine qu'elle annoncera sa décision.
04:08On sera ensemble d'ailleurs dans une semaine pour commenter sa décision.
04:10Vous la voyez venir, vous, la hausse de taux, la première depuis 2023 de la BCE ?
04:15Oui, j'ai l'impression que si la BCE devait sursoir la hausse de taux,
04:20quelque part je pense qu'on le saurait déjà.
04:23On aura peut-être des dernières indications avant la période de pause
04:26dans la communication de la BCE,
04:28mais j'ai l'impression qu'elle est effectivement à peu près,
04:31je n'en ai pas certaine, rien n'est jamais certain,
04:32mais en fait très vraisemblable.
04:34La question pour moi la semaine prochaine, c'est plutôt les suites.
04:37C'est-à-dire que que la BCE souhaite faire une hausse de taux,
04:41moi j'appellerais ça une hausse de taux d'avertissement,
04:43pour essayer d'envoyer à tout le monde le message
04:46que la BCE ne laissera pas l'inflation déraper,
04:49qu'elle est prête à y répondre.
04:51Soit, et 25 points de base, ça ne change pas grand-chose à la situation.
04:54Mais je ne pense pas, ou je ne souhaite pas,
04:57que la BCE la semaine prochaine soit nécessairement très claire
05:00sur ce qu'elle souhaite faire par la suite.
05:03D'abord parce qu'il y a une incertitude de fond,
05:05à savoir qu'on ne sait pas quand ou si le détrois d'ormos se réouvre,
05:10et aussi parce que pour l'instant,
05:12on n'a pas de signe avéré très net d'effet de transmission important
05:18du prix de l'énergie vers les autres secteurs de l'économie.
05:21Et tant qu'on n'a pas cette démonstration-là,
05:24moi je ne pense pas que la BCE devrait nécessairement se mettre
05:29dans la position d'une série d'augmentations de taux.
05:34Donc oui, probablement une hausse de taux la semaine prochaine,
05:37mais je ne pense pas et je ne souhaite pas
05:39que la BCE soit très diserte sur la suite.
05:42Même si Isabelle Schnabel, elle, dit que même si le détrois d'ormous rouvrait,
05:45on aurait une pression sur les prix qui, elle, durerait.
05:48Et ça, ça me paraît assez évident.
05:51On a une partie des hausses de prix qui sont déjà dans les tuyaux,
05:55ne serait-ce que les prix alimentaires,
05:57parce que la saison des semis, c'est maintenant.
06:01Et donc, même s'il y avait augmentation de l'offre de fertilisants,
06:05quelque part, c'est déjà trop tard, en tout cas dans l'homisphère nord.
06:07On a aussi tout ce qui se passe dans les lignes d'approvisionnement,
06:10sur par exemple l'aluminium.
06:12Ça, les prix continueront à avoir un impact dans les mois qui viennent.
06:15Ça, c'est évident. Mais la question de fond, c'est
06:18est-ce qu'il y a ensuite transmission de la hausse des prix au salaire ?
06:22Et ça, on ne le saura pas tout de suite.
06:24Gilles Moin avec le chef économiste du groupe AXA.
06:26Merci beaucoup, Gilles. Dans une semaine, on aura la réponse
06:28à la décision de politique monétaire de la Banque Centrale Européenne.
06:31On sera ensemble pour la commenter, bien sûr, une mission spéciale.
06:33Aude Kersulek aussi sera notre envoyé spécial à Francfort la semaine prochaine
06:37à l'occasion de cette réunion de BCE très, très attendue.
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