00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Et demain la BCE, on ne l'oublie pas, alors qu'on a eu un nouveau chiffre d'inflation en zone euro.
00:07L'inflation, c'est quand même une bonne nouvelle, elle sera sans doute satisfaite la BCE.
00:10L'inflation continue de ralentir, elle est sous 2%, même l'inflation globale ralentit en janvier à 1,7% en zone euro.
00:16Patrice Gauthier est avec nous pour l'Union bancaire privée. Bonjour Patrice.
00:19Bonjour.
00:19Est-ce que ce chiffre, ce ralentissement de l'inflation est satisfaisant ?
00:23Oui, il est satisfaisant, puisqu'on passe effectivement en dessous de la barre des 2%.
00:27On devrait rester d'ailleurs en dessous de ces 2% encore quelques prochains mois.
00:32Et puis on regarde effectivement cette désinflation.
00:35On peut parler de désinflation, elle a été énormément provoquée par la baisse des prix d'énergie en étant repli de 4% sur un an.
00:42Les prix des biens sont plutôt modérés, à peine 0,4-0,5% mesurés sur un an.
00:48Il y a deux sujets d'inquiétude éventuellement pour la BCE.
00:51Le prix des services qui se modère relativement peu, 3,2% sur un an.
00:55Et le prix des biens alimentaires, ça c'est plus lié à la météo qui est encore en progression de 2,7%.
01:01Globalement, c'est quand même un bon chiffre.
01:03Des écarts très très importants qu'on note quand même entre pays.
01:05C'est d'ailleurs en France que l'inflation est la plus faible, mais vraiment de loin, de très très loin,
01:10l'inflation en janvier n'a été que de 0,3% en France, c'est-à-dire 5 fois inférieure à la moyenne européenne.
01:15Et l'autre pays où l'inflation est la plus faible, elle n'est pas à plus 0,3% comme en France, elle est à plus 1%.
01:19C'est-à-dire que la France est vraiment nettement en dessous des autres.
01:21Comment ça, vous le regardez, Patrice ?
01:24Alors ça, c'est un avantage qui devrait continuer.
01:26Effectivement, le pays le plus élevé, c'est l'Espagne qui a une inflation au-dessus de 2%.
01:31Alors là, on a effectivement des pays qui se comportent différemment par rapport à la composante énergétique,
01:36avec aussi des jeux de taxes, de baisse et de hausse de taxes qui amènent effectivement ces différences de prix.
01:42Et l'Allemagne est pour l'instant juste autour de 2%, ce qui est relativement moyennement bien positionné.
01:51Ces écarts peuvent encore continuer, mais au fil de l'année, on devrait avoir une situation de convergence
01:56si les prix de l'énergie, eux, ne dérapent pas, c'est-à-dire restent ou reviennent même,
02:02avec éventuellement une accalmie sur le front des différentes guerres ou du côté géopolitique,
02:07avec des prix d'énergie qui continuent à baisser.
02:09C'est un euro qui reste fort, ça c'est un facteur de désinflation et ça joue pour tous les pays.
02:14Effectivement. Et alors en France, donc cette très très très faible inflation,
02:17beaucoup plus faible encore qu'ailleurs, vous vous dites quoi ?
02:19C'est une bonne nouvelle pour le consommateur, bien sûr, mais un signe de faiblesse,
02:23une faiblesse, un retard amené à se prolonger, à durer, à s'ancrer ?
02:27Ou comment est-ce qu'il faut aborder ce point ?
02:29Parce que c'est vrai qu'on imagine, les consommateurs,
02:32entendant que l'inflation est la plus faible ici en Europe,
02:34doivent se dire que c'est une bonne nouvelle, mais est-ce que ce n'est pas un mauvais signe pour le coup ?
02:38Non, ce n'est pas un signe de déflation, c'est-à-dire on n'est pas rentré dans une spirale
02:42dans laquelle les gens n'achètent plus et on a des baisses de prix.
02:45Cela redonne du pouvoir d'achat et ça c'est plutôt une bonne nouvelle
02:48parce qu'on a vu qu'effectivement il y a quelques aléas du côté du marché de l'emploi,
02:53du côté du taux de chômage et donc c'est quelque chose qui devrait consolider la consommation.
02:57La consommation est en retard, on le voit dans les grandes données macroéconomiques,
03:02et c'est la consommation publique, c'est l'investissement des entreprises
03:06qui sont en train de déterminer, de porter le cycle.
03:09Et il y a encore, quand on compare la consommation européenne, française,
03:13par rapport à la consommation américaine,
03:16on est sur une trajectoire qui est encore très faible
03:18avec une préférence pour l'épargne qui est encore marquée.
03:22Donc moins d'inflation, plus de baisse de taux,
03:25égale effectivement une épargne qui va vers l'investissement.
03:28Et comme ça, on peut avoir aussi un cycle de l'intelligence artificielle en Europe
03:33et peut-être même à la BCE.
03:35On espère.
03:36Waouh !
03:37Et oui, c'est la question qu'on allait vous poser, Patrice.
03:40Est-ce que c'est de nature quand même, si la tendance se prolonge,
03:42à faire changer un petit peu le diagnostic de la BCE ?
03:46Alors oui, mais malheureusement, on voit que le Conseil des gouverneurs
03:48est encore très très divisé.
03:50Manage Sabel nous renvoie effectivement à une logique
03:53qui est encore très très prudente sur la gestion des taux
03:56par rapport donc à l'inflation.
03:58Mais néanmoins, il y a de la place effectivement encore pour baisser les taux.
04:02Et d'autre part, il y a une enquête qui a été faite au pair des banques
04:05sur l'état de la demande de crédit et sur l'octroi de crédit.
04:08Et il y a quelque chose qui m'interpelle.
04:10On a vu que la demande et l'octroi de crédit, pardon,
04:13l'octroi de crédit aux entreprises est plutôt en train de ralentir.
04:17Et ça, si on veut une Europe forte et un cycle d'investissement
04:21qui soit pérenne et qui prenne le dessus sur l'activité,
04:24eh bien là, il y a de la place effectivement pour baisser les taux d'intérêt directeur
04:28et aider les entreprises à investir dans les nouvelles technologies
04:32et ainsi à consolider et à sécuriser en fait le cycle européen.
04:37À suivre demain, la Banque Centrale Européenne, bien sûr.
04:39Patrice Gautry nous a accompagné, l'Union Banca Privée.
04:41Merci Patrice.
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