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  • il y a 15 heures
Ce mercredi 4 février, Patrice Gautry, chef économiste chez Union Bancaire Privée, a abordé le ralentissement de l'inflation à 1,7 % en janvier comme attendu dans la zone euro, l'inflation française au plus bas depuis 2020, et la BCE dans une position difficile avec l'attente d'un nouveau statu quo concernant ses taux, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Et demain la BCE, on ne l'oublie pas, alors qu'on a eu un nouveau chiffre d'inflation en zone euro.
00:07L'inflation, c'est quand même une bonne nouvelle, elle sera sans doute satisfaite la BCE.
00:10L'inflation continue de ralentir, elle est sous 2%, même l'inflation globale ralentit en janvier à 1,7% en zone euro.
00:16Patrice Gauthier est avec nous pour l'Union bancaire privée. Bonjour Patrice.
00:19Bonjour.
00:19Est-ce que ce chiffre, ce ralentissement de l'inflation est satisfaisant ?
00:23Oui, il est satisfaisant, puisqu'on passe effectivement en dessous de la barre des 2%.
00:27On devrait rester d'ailleurs en dessous de ces 2% encore quelques prochains mois.
00:32Et puis on regarde effectivement cette désinflation.
00:35On peut parler de désinflation, elle a été énormément provoquée par la baisse des prix d'énergie en étant repli de 4% sur un an.
00:42Les prix des biens sont plutôt modérés, à peine 0,4-0,5% mesurés sur un an.
00:48Il y a deux sujets d'inquiétude éventuellement pour la BCE.
00:51Le prix des services qui se modère relativement peu, 3,2% sur un an.
00:55Et le prix des biens alimentaires, ça c'est plus lié à la météo qui est encore en progression de 2,7%.
01:01Globalement, c'est quand même un bon chiffre.
01:03Des écarts très très importants qu'on note quand même entre pays.
01:05C'est d'ailleurs en France que l'inflation est la plus faible, mais vraiment de loin, de très très loin,
01:10l'inflation en janvier n'a été que de 0,3% en France, c'est-à-dire 5 fois inférieure à la moyenne européenne.
01:15Et l'autre pays où l'inflation est la plus faible, elle n'est pas à plus 0,3% comme en France, elle est à plus 1%.
01:19C'est-à-dire que la France est vraiment nettement en dessous des autres.
01:21Comment ça, vous le regardez, Patrice ?
01:24Alors ça, c'est un avantage qui devrait continuer.
01:26Effectivement, le pays le plus élevé, c'est l'Espagne qui a une inflation au-dessus de 2%.
01:31Alors là, on a effectivement des pays qui se comportent différemment par rapport à la composante énergétique,
01:36avec aussi des jeux de taxes, de baisse et de hausse de taxes qui amènent effectivement ces différences de prix.
01:42Et l'Allemagne est pour l'instant juste autour de 2%, ce qui est relativement moyennement bien positionné.
01:51Ces écarts peuvent encore continuer, mais au fil de l'année, on devrait avoir une situation de convergence
01:56si les prix de l'énergie, eux, ne dérapent pas, c'est-à-dire restent ou reviennent même,
02:02avec éventuellement une accalmie sur le front des différentes guerres ou du côté géopolitique,
02:07avec des prix d'énergie qui continuent à baisser.
02:09C'est un euro qui reste fort, ça c'est un facteur de désinflation et ça joue pour tous les pays.
02:14Effectivement. Et alors en France, donc cette très très très faible inflation,
02:17beaucoup plus faible encore qu'ailleurs, vous vous dites quoi ?
02:19C'est une bonne nouvelle pour le consommateur, bien sûr, mais un signe de faiblesse,
02:23une faiblesse, un retard amené à se prolonger, à durer, à s'ancrer ?
02:27Ou comment est-ce qu'il faut aborder ce point ?
02:29Parce que c'est vrai qu'on imagine, les consommateurs,
02:32entendant que l'inflation est la plus faible ici en Europe,
02:34doivent se dire que c'est une bonne nouvelle, mais est-ce que ce n'est pas un mauvais signe pour le coup ?
02:38Non, ce n'est pas un signe de déflation, c'est-à-dire on n'est pas rentré dans une spirale
02:42dans laquelle les gens n'achètent plus et on a des baisses de prix.
02:45Cela redonne du pouvoir d'achat et ça c'est plutôt une bonne nouvelle
02:48parce qu'on a vu qu'effectivement il y a quelques aléas du côté du marché de l'emploi,
02:53du côté du taux de chômage et donc c'est quelque chose qui devrait consolider la consommation.
02:57La consommation est en retard, on le voit dans les grandes données macroéconomiques,
03:02et c'est la consommation publique, c'est l'investissement des entreprises
03:06qui sont en train de déterminer, de porter le cycle.
03:09Et il y a encore, quand on compare la consommation européenne, française,
03:13par rapport à la consommation américaine,
03:16on est sur une trajectoire qui est encore très faible
03:18avec une préférence pour l'épargne qui est encore marquée.
03:22Donc moins d'inflation, plus de baisse de taux,
03:25égale effectivement une épargne qui va vers l'investissement.
03:28Et comme ça, on peut avoir aussi un cycle de l'intelligence artificielle en Europe
03:33et peut-être même à la BCE.
03:35On espère.
03:36Waouh !
03:37Et oui, c'est la question qu'on allait vous poser, Patrice.
03:40Est-ce que c'est de nature quand même, si la tendance se prolonge,
03:42à faire changer un petit peu le diagnostic de la BCE ?
03:46Alors oui, mais malheureusement, on voit que le Conseil des gouverneurs
03:48est encore très très divisé.
03:50Manage Sabel nous renvoie effectivement à une logique
03:53qui est encore très très prudente sur la gestion des taux
03:56par rapport donc à l'inflation.
03:58Mais néanmoins, il y a de la place effectivement encore pour baisser les taux.
04:02Et d'autre part, il y a une enquête qui a été faite au pair des banques
04:05sur l'état de la demande de crédit et sur l'octroi de crédit.
04:08Et il y a quelque chose qui m'interpelle.
04:10On a vu que la demande et l'octroi de crédit, pardon,
04:13l'octroi de crédit aux entreprises est plutôt en train de ralentir.
04:17Et ça, si on veut une Europe forte et un cycle d'investissement
04:21qui soit pérenne et qui prenne le dessus sur l'activité,
04:24eh bien là, il y a de la place effectivement pour baisser les taux d'intérêt directeur
04:28et aider les entreprises à investir dans les nouvelles technologies
04:32et ainsi à consolider et à sécuriser en fait le cycle européen.
04:37À suivre demain, la Banque Centrale Européenne, bien sûr.
04:39Patrice Gautry nous a accompagné, l'Union Banca Privée.
04:41Merci Patrice.
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