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  • il y a 12 minutes
Ce lundi 1er juin, l'attractivité de la France, avec l'annonce d'un investissement de 75 milliards d'euros par SoftBank à l'occasion du sommet Choose France, a été analysée par Léonidas Kalogeropoulos, PDG de Médiation & Arguments, Élizabeth Ducottet, PDG de Thuasne, et François Ecalle, président de Fipeco, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Pour parler de ces nombreux sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Elisabeth Ducoté.
00:03Bonjour Elisabeth, PDG de Thuane, à vos côtés Léonidas Calogéropoulos.
00:08Bonjour Léonidas, PDG de Médiation et Arguments,
00:11et président fondateur des Entrepreneurs pour la République.
00:14Et enfin François Eccal, bonjour François.
00:16Bonjour.
00:17Président aussi, fondateur de Fipeco.fr, la Bible sur les finances publiques.
00:23Allez consulter Fipeco et les fiches de François, c'est absolument passionnant.
00:28Le premier sujet, je l'ai dit, c'est évidemment Choose France qui s'ouvre aujourd'hui.
00:32Le dernier d'Emmanuel Macron, le neuvième exercice.
00:37Alors l'annonce du jour, c'est évidemment le contrat du siècle, 75 milliards de dollars investis par SoftBank notamment,
00:46qui est devenue cette nuit d'ailleurs la première entreprise japonaise, la première capitalisation passée devant Toyota cette nuit même.
00:55Bref, une pluie de milliards, est-ce que c'est un game changer pour le niveau d'attractivité de la
01:03France ?
01:03Mais bien sûr, c'est un élément absolument essentiel.
01:06C'est d'abord un investissement d'une taille qui n'est pas uniquement spectaculaire pour Choose France.
01:12C'est par son montant, c'est effectivement un investissement absolument colossal.
01:16Et vous savez, il y a les commentateurs, mais qu'est-ce qui fait la valeur même affective d'un
01:22pays ?
01:22C'est là où on entreprend, c'est là où on investit.
01:26Il y a plein de gens qui commentent énormément de choses.
01:28D'ailleurs, c'est très intéressant de voir quels sont les indicateurs qui ont amené SoftBank à investir et à
01:35choisir la France.
01:35Ils parlent de trois indicateurs qui sont très importants parce que ce sont autant d'indicateurs que l'on peut,
01:41j'allais dire, en même temps, pointer du doigt pour leur faiblesse ou pour leur force.
01:46On parle d'énergie, on a entendu ce qu'il y avait de pire sur la situation énergétique de notre
01:51pays.
01:51C'est pourtant l'offre énergétique et la stabilité des prix énergétiques qu'on choisit.
01:56J'ouvre une parenthèse, on peut totalement balayer tout le débat autour de « on consomme moins d'électricité aujourd
02:03'hui, on n'a pas besoin de PR supplémentaires ».
02:04C'est totalement maltusien d'avoir un raisonnement comme celui-là.
02:10Effectivement, il faut se projeter vers ceux dont nous aurons besoin dans les décennies qui viennent.
02:16Donc, on a cette capacité de produire de l'électricité avec une technologie parfaitement maîtrisée et des coûts stables.
02:23On a, c'est extraordinaire, on entend ce qu'il y a de pire sur notre éducation.
02:28Et le président de Southbank parle du système éducatif français et de l'extraordinaire capacité que nous avons à, entre
02:35guillemets, produire des ingénieurs.
02:37Et nous avons un grand retard dans les technologies numériques.
02:42Et néanmoins, on parle de la capacité de la France à être en pointe sur la tech et sur l
02:48'IA et avoir été, quelque part en Europe, leader sur ces sujets.
02:52Donc, finalement, il y a les commentateurs et puis il y a ceux qui font.
02:56Celui qui investit 75 milliards de ses moyens en France pour tous ces sujets, je pense qu'il faut l
03:03'écouter avec beaucoup d'attention.
03:04– Elisabeth, du côté, Emmanuel Macron a réussi son pari de l'attractivité quand même.
03:08C'est sa grande réussite du double quinquennat, si je puis dire.
03:12– Je crois qu'effectivement, à chaque fois qu'on entend parler d'un investissement en France, on peut se
03:16réjouir.
03:16– On peut se réjouir parce qu'on fait ça sur un fond dans lequel on voit énormément de choses
03:20qui sont en train,
03:20au contraire, d'être dans une baisse et quelquefois dans une difficulté pathétique.
03:27Enfin, nous qui sommes dans les territoires, nous qui sommes dans l'industrie,
03:30ce que nous voyons autour de nous et ce que nous voyons avec réalisme,
03:33parce que ce n'est pas du négativisme, mais c'est absolument dramatique en ce moment.
03:39Donc, chaque fois qu'on entend parler d'un investissement, d'un investissement qui va créer de l'emploi
03:44et qui va créer de la valeur ajoutée, je crois que c'est très important.
03:46Je crois qu'il faut à la fois se dire que dans une période comme celle-là,
03:49on a à la fois peut-être les meilleurs ingénieurs au monde,
03:52on a des ingénieurs d'une qualité incroyable qui vont être les acteurs de cette transformation-là
03:56et nous avons toutes les entreprises besoin de cette transformation
03:59et à la fois, on n'a jamais eu autant d'incivilité, c'est-à-dire de manque au comportement.
04:06C'est-à-dire que cette même jeunesse, je dirais,
04:09à la fois, elle peut être la meilleure et la pire.
04:11Donc, ça veut dire que quand on a une bonne nouvelle, prenons-la,
04:14mais prenons-la avec tout ce qu'elle nous engage,
04:17en particulier pour tout ce qui ne va pas.
04:18Et moi, je pense bien sûr à tous ces événements pathétiques du week-end,
04:25qui est quand même une grande preuve de décroissance de la civilité.
04:29Cyrulnik est en train juste de lancer un livre sur la civilité.
04:33Je crois que plus que jamais, ce livre-là est important.
04:36Plus que jamais, je pense à Édouard Morin,
04:38qui a été le grand champion de l'humanisme,
04:40l'humanisme, ça se construit sur des relations,
04:42et ces relations sont dégradées en ce moment.
04:44Donc, à la fois, on a une jeunesse qui est capable d'une grande capacité scientifique,
04:48et à la fois, on a, dans des lieux, vraiment,
04:51à se refaire, je dirais, une vraie réflexion sur
04:54comment va-t-on éduquer notre jeunesse de demain.
04:56– Et ça passe par quoi, ça ?
04:57– Ça passe certainement.
04:59– L'école, la formation, l'éducation, c'est la faute des parents ?
05:01– C'est la faute à tout le monde, c'est la faute à chacun de nous, je dirais.
05:05Mais effectivement, les relations qui se détruisent, qui se dégradent,
05:09l'incapacité aujourd'hui à se traiter les problèmes autrement que par la violence,
05:13c'est une très très grande déformation de ce qu'on peut appeler la civilité,
05:17moi je dirais la citoyenneté, c'est-à-dire la capacité à vivre ensemble.
05:19– François, on a beaucoup dénoncé les impôts de production
05:24ces dernières semaines, le gel du barème, des allègements de charges, etc.
05:28Bref, une fiscalité anti-business, si je puis dire.
05:32Est-ce que le succès de Choose France et du classement français,
05:37qui reste numéro un, le pays numéro un en Europe pour les investissements étrangers,
05:42ne montre pas qu'on peut avoir une fiscalité élevée et quand même être attractif ?
05:46– Alors, il faut s'en féliciter, bien sûr.
05:50Il faut quand même aussi faire toujours attention à ces annonces d'investissement
05:54à un horizon indéterminé qui ne se matérialisent pas complètement.
05:58– Vous avez raison.
06:00– Là, on a 45 milliards, grosso modo, en cas de résistance en 2031.
06:06– Voilà, ils sont en 15 ans vers un.
06:07– Voilà, donc il faut quand même faire attention.
06:13Ensuite, il n'est pas anormal qu'on soit le premier pays
06:19pour les investissements étrangers, étant donné qu'on est quand même
06:21le deuxième ou le troisième pays de l'Union européenne,
06:25troisième économie de la zone euro, oui.
06:27– Ça dépend des années avec le Royaume-Uni.
06:29Voilà, donc ce n'est pas très étonnant.
06:33Après, l'envers de la médaille, c'est que si on a besoin,
06:38le problème, c'est qu'on a besoin d'investissements étrangers.
06:42Et si on a besoin d'investissements étrangers,
06:44c'est parce qu'on n'a pas assez d'investissements venant de résidents français.
06:50Globalement, ça va paraître extraordinaire,
06:52mais globalement, nous avons une épargne qui est insuffisante en France
06:56par rapport aux investissements que nous faisons.
06:58– C'est ce que nous dit régulièrement Jean-Marc Daniel,
06:59il n'y a pas assez d'épargne dans ce pays,
07:01alors qu'on a plutôt l'habitude de dire qu'il y a trop d'épargne,
07:03de 19% et de très mal.
07:05– Mais parce que quand vous dites ça, vous ne pensez qu'à l'épargne des ménages.
07:09Or, ce qui compte dans l'équilibre macro-économique entre épargne et investissement,
07:15c'est non seulement l'épargne des ménages,
07:16mais c'est aussi l'épargne des entreprises
07:18et l'épargne des administrations publiques.
07:20L'épargne globale française, c'est ça.
07:22Les entreprises n'ont pas assez d'épargne par rapport à leurs besoins.
07:27Quant aux administrations publiques, elles désépargnent massivement.
07:31– Oui, il y a un déficit.
07:32– Globalement, on n'a pas assez d'épargne.
07:34Et c'est la traduction, comptablement, c'est la même chose
07:36que le fait qu'on a un déséquilibre de ce qu'on appelle la balance des paiements courants.
07:41C'est-à-dire nos échanges, nos flux d'échanges commerciaux,
07:44de biens, de services, de revenus, d'investissement,
07:47sont déséquilibrés depuis 30 ans.
07:49Alors, parfois, juste à l'équilibre.
07:51– On est à peu près à l'équilibre, on est revenu à peu près grâce aux services.
07:53– Il y a des années, on est juste à l'équilibre à peu près,
07:56mais globalement, quand même, on est déséquilibré.
07:58C'est la même chose.
07:59Et donc, on a besoin, dans ces conditions-là,
08:01pour financer ce déséquilibre des paiements courants,
08:04soit on s'endette vis-à-vis de l'extérieur,
08:06ça c'est plutôt les administrations qui s'endettent,
08:08soit on fait appel à des capitaux étrangers,
08:11heureusement qu'on les trouve, donc ça c'est très bien,
08:13on les trouve, mais on est obligé de faire appel à des capitaux étrangers
08:16pour financer nos investissements.
08:19Donc, ce n'est pas forcément une excellente nouvelle.
08:22Alors, heureusement, pour revenir à la question,
08:23on y arrive en effet, malgré nos impôts de production, etc.,
08:27mais parce qu'en effet, il n'y a pas que la fiscalité qui compte,
08:32c'est vrai, il y a aussi, on parlait de formation,
08:36on a quand même, jusqu'à présent, ça va peut-être changer dans le futur,
08:40mais on a une main-d'œuvre relativement qualifiée,
08:42on a des infrastructures qui sont plutôt bonnes,
08:45on a quand même d'autres atouts, tant mieux.
08:47C'est vrai qu'on a le reflet de ce slogan de notre président,
08:55du en même temps, on a en même temps le meilleur et en même temps le pire,
08:58mais je trouve intéressant d'avoir le regard d'investisseurs extérieurs
09:02sur notre pays, qui ont le choix, finalement,
09:06le choix que souvent, nous ne l'avons pas,
09:09nous sommes ici et nous investissons un peu par obligation de possibilité.
09:13On est choisi, je pense que c'est vraiment, on est choisi.
09:15C'est intéressant, il y a 75 milliards que SoftBank veut investir,
09:19ils nous veulent les investir un peu partout sur la planète,
09:22ils choisissent l'Europe et ils choisissent la France.
09:24Je trouve que c'est très intéressant quand même de se dire,
09:26vous savez bien, la BPI, quand elle investit dans une entreprise,
09:30elle dit, je veux d'abord un investisseur privé,
09:31et j'aurai comme cela un indicateur d'un investisseur avisé
09:35qui viendra me guider dans mes investisseurs publics.
09:38C'est finalement un investisseur extérieur, plutôt avisé,
09:42qui regarde les contrastes partout,
09:44et qui trouve nos contrastes plutôt intéressants.
09:47Je pense qu'il ne faut surtout pas s'endormir sur de l'oreiller de cette nature
09:52et abandonner le combat sur tous les points de faiblesse que vous avez soulignés,
09:57qui sont des combats absolument essentiels,
09:59ils sont civilisationnels.
10:02Mais en revanche, je pense que nous ne devons absolument pas
10:06nous dire que notre pays est perdu,
10:08que notre pays est désespéré.
10:09C'est la question que j'allais vous poser,
10:11est-ce que c'est un signe de réindustrialisation,
10:14cet investissement massif ?
10:15Est-ce que les data centers ne sont pas les nouveaux
10:18aux fourneaux de l'économie française ?
10:20Je voudrais assister sur ce point,
10:21parce que c'est un point de compétitivité de notre pays,
10:24d'avoir des infrastructures de cette nature
10:26sur l'intelligence artificielle.
10:28Et je reviens sur les interventions du président de ce mouvement,
10:30qui dit effectivement que face à la compétition de pays
10:35qui ont des main-d'œuvre sous-employés,
10:38en tout cas sous-payés,
10:41cette compétitivité coûte sur la main-d'œuvre,
10:44eh bien l'IA et la robotique sont pour nous
10:47des armes de défense essentielles.
10:49Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas d'emploi derrière
10:53ce que nous pouvons robotiser dans des usines très modernes,
10:57mais si nous ne le faisons pas,
10:59nous n'aurons même pas les emplois marginaux
11:02qui peuvent être associés à toute cette technologie
11:05qui sera numérisée.
11:06C'est vraiment un élément de compétitivité
11:08pour la totalité du reste de notre économie.
11:11Ça, je pense qu'il faut l'avoir à l'esprit,
11:13parce que ce n'est pas juste le maillon des data centers
11:16qui est important, c'est tout ce qu'il y a autour.
11:19Tout l'écosystème qui concerne la totalité
11:22de l'industrie nationale.
11:23Le data center, c'est vrai que c'est du béton et des serveurs.
11:26Des serveurs, voilà.
11:26Avec assez peu de monde à l'intérieur, Elisabeth.
11:28Et moi, je vous dirais, effectivement,
11:30ce n'est pas l'un ou l'autre, c'est l'un plus l'autre.
11:32C'est-à-dire que si on veut que l'industrie
11:34devienne compétitive, se modernise,
11:36reste dans la course mondiale,
11:37parce qu'on n'a pas le choix,
11:38si on n'est pas dans la course mondiale,
11:40on n'existe plus,
11:41c'est forcément avec l'intelligence artificielle
11:43et avec cette transformation-là,
11:44dans l'industrie comme ailleurs,
11:46que ça va permettre de se jouer.
11:47Donc, on se réjouit de l'un plus l'autre.
11:49Mais il faut le regarder avec réalisme,
11:50parce qu'effectivement,
11:51l'industrie, ça ne se décrète pas.
11:53Il ne suffit pas de faire
11:53d'une grande manifestation pour l'industrie.
11:55L'industrie, c'est de l'investissement,
11:56et c'est pour ça que je reviens sur ce qui a été dit,
11:58et c'est du long terme.
11:59Et l'investissement,
12:00ça suppose qu'il y a une capacité d'investissement.
12:02Et je reviens à une notion
12:03qui n'est peut-être pas très connue,
12:06c'est l'histoire du BFR.
12:07Le BFR, c'est le besoin de fonds de roulement.
12:10C'est-à-dire que nous avons besoin
12:11de la trésorerie,
12:13et à un moment où elle a été quand même mise en cause,
12:15qu'est-ce que c'est que la trésorerie d'exploitation ?
12:17Eh bien, c'est ce besoin financier
12:19qui nous permet l'investissement,
12:20à un moment où on prend le risque d'investir.
12:22Donc voilà, je réinsiste
12:23sur cette trésorerie d'exploitation
12:26indispensable à nos entreprises
12:27et qu'il ne faut pas fiscaliser
12:29avant même qu'on l'ait.
12:31On parlait de compétitivité-coût,
12:33juste à l'instant, François,
12:35ça nous amène au second débat ce matin,
12:37qui est celui de la hausse du SMIC.
12:39Ce matin, le SMIC a un coup de pouce
12:41de 2,4% d'augmentation du SMIC
12:43après une hausse de 1,8% au 1er janvier.
12:47C'est automatique.
12:48Dès que l'inflation dépasse les 2%,
12:49le SMIC est réindexé.
12:51Or, l'inflation au glissement annuel
12:52est de 2,4%.
12:54Effectivement, le problème,
12:56c'est que si des années 70
12:58jusqu'aux années 2000,
13:00la hausse du salaire minimum
13:01était tirée par la productivité,
13:03la productivité était supérieure au SMIC,
13:05ça n'est plus le cas depuis un quart de siècle.
13:07Est-ce qu'économiquement,
13:09on peut continuer à augmenter
13:11le salaire minimum
13:13au-delà des gains de productivité,
13:15François et Carl ?
13:16Alors d'abord, quand on compare le SMIC
13:18au gain de productivité,
13:20il faut prendre non pas le SMIC en euros
13:22qui est augmenté mécaniquement avec l'inflation,
13:25mais c'est le pouvoir d'achat du SMIC
13:26qui doit être comparé.
13:27On rappelle la définition.
13:30Donc le SMIC corrigé.
13:32Or, le SMIC, depuis quelques années,
13:35il suit l'inflation,
13:36enfin mécaniquement,
13:37voilà, dès que l'inflation...
13:38Il est indexé.
13:39Donc le pouvoir d'achat du SMIC,
13:41en fait, n'augmente pas.
13:42N'augmente pas.
13:42Il a augmenté dans le passé
13:43parce qu'on donnait des coups de pouce au SMIC.
13:45Et ça, en effet,
13:47on a fait l'erreur,
13:48je pense qu'on l'a fait dans le passé
13:49avec beaucoup trop de coups de pouce au SMIC
13:51qui font qu'aujourd'hui,
13:52le SMIC,
13:54il est...
13:55On a en France un niveau du SMIC
13:57par rapport au salaire médian
13:58ou au salaire moyen
13:59qui est le plus élevé
14:00de l'Union Européenne.
14:02J'ai fait le calcul.
14:03J'ai fait le calcul.
14:03On est à 67,5%.
14:05Voilà, c'est ça.
14:06À peu près dans les deux ou trois...
14:07Enfin, s'il nous place au premier ou au deuxième...
14:09Est-ce que c'est un niveau raisonnable ?
14:11Non, c'est trop.
14:12Et le résultat...
14:13Alors, on a été obligé
14:14de compenser ça dans le passé
14:15parce que ça résulte de l'histoire,
14:18donc essentiellement.
14:20Donc on a été obligé
14:21de compenser ça dans le passé
14:22par des allégements de cotisations
14:24sur les bas salaires.
14:24Le fameux allélement de charges.
14:25Et puis, au bout d'un certain temps,
14:27on finit par ne plus avoir
14:28de cotisations quasiment plus
14:30au niveau du SMIC.
14:32Donc il faut...
14:33D'où après d'ailleurs
14:33les autres débats
14:34sur comment on fait...
14:35Comment on fait pour augmenter
14:37le pouvoir d'achat
14:38au niveau du SMIC
14:39sans augmenter le coût du travail
14:40puisqu'il n'y a plus
14:42d'allégements possibles, etc.
14:43Donc ça, c'est le débat sur...
14:45Donc on a fait une erreur
14:47dans le passé, c'est sûr.
14:48Bon, qu'on a corrigé.
14:50Voilà, que le SMIC
14:51augmente comme l'inflation.
14:53Comme il est...
14:54On peut dire
14:55qu'il est quand même
14:56relativement élevé.
14:57Peut-être faudrait-il
14:58le désindexer.
15:00Il y a des débats là-dessus.
15:01Mais c'est toujours
15:01très difficile à dire.
15:02On parle de salaire minimal
15:03et de gens qui sont payés
15:051 500 euros par mois.
15:05C'est assez contradictoire
15:07avec la suite de notre débat
15:08qui va être que certains considèrent
15:10qu'on n'est pas assez...
15:11Voilà, il y a le pouvoir d'achat
15:12à ce niveau-là
15:13qui n'est pas suffisant.
15:15On va rapprocher le net du brut
15:16pour le coup au SMIC
15:17on y est quasiment.
15:18C'est 1 500 euros.
15:19Après, il y a d'autres solutions
15:20qui est de faire
15:21comme ce qu'il existe
15:21dans certains pays.
15:22C'est-à-dire de...
15:23Parce que le problème
15:24c'est que le pouvoir d'achat
15:25du SMIC
15:26il n'est pas du tout le même
15:27en région parisienne
15:28et dans certaines régions...
15:32On a parlé à un moment
15:33de SMIC régionaux.
15:35Donc on pourrait très bien
15:36imaginer aussi
15:37d'avoir un SMIC
15:38différencié par région
15:39ou différencié
15:40ou comme ça a été le cas
15:42dans certains pays
15:43pendant très longtemps
15:44en Allemagne
15:44qui étaient laissés
15:45à la discrétion
15:46des branches
15:47dans les cas encore
15:47dans d'autres pays
15:48laissés à la discrétion
15:49des branches professionnelles.
15:51Alors des branches professionnelles
15:52Léonidas là
15:52il y a 126 branches professionnelles
15:54qui passent sous le niveau
15:56du SMIC.
15:57C'est quand même...
15:58Bon, ce débat
15:59on sait très bien
16:01que le fait
16:01d'avoir indexé
16:02le salaire minimum
16:03sur l'inflation
16:04c'est ce qui crée
16:05la spirale inflationniste.
16:07Elle ne fait que
16:10j'allais dire
16:11alimenter...
16:12Ce qu'on appelle
16:13les effets de second tour.
16:14Les effets de second tour
16:15et le fait que
16:16dès lors qu'on a rattrapé
16:18avec le pouvoir d'achat
16:19sans croissance
16:21de la productivité
16:22le niveau des prix
16:24et bien les prix
16:25ne font qu'augmenter
16:26pour s'aligner
16:27sur l'augmentation
16:28du pouvoir d'achat.
16:29Donc c'est une spirale
16:30absolument mortifère
16:32et je ne vois pas
16:34d'autres possibilités
16:35pour corriger
16:36à la fois
16:37pour les salariés
16:38et pour la préservation
16:40de l'économie
16:41un équilibre
16:41à progrès stable
16:42que d'aller s'attaquer
16:43effectivement aux charges
16:44qui pèsent
16:46sur les salaires.
16:47Sauf qu'il y en a
16:48quasiment plus
16:49Léonidas.
16:50On est à 4-5 points
16:51au tour du SMIC.
16:52Il y a 250 euros
16:54de charges patronales
16:55qui restent
16:56sur le SWIC
16:57donc la totalité
16:58des charges salariales
16:59ont été supprimées.
17:02Il ne reste
17:03qu'une petite part
17:04de charges patronales
17:04et cette charge patronale
17:06elle est probablement
17:07le réservoir
17:09sur lequel
17:10il est possible
17:11de quelque part
17:13maintenir
17:13un niveau de vie
17:14acceptable
17:15pour ceux
17:16qui sont au SWIC
17:16sans pour autant
17:17relancer la spirale.
17:19A l'occasion
17:20vous me permettrez
17:21de revenir sur un mot
17:22concernant les datas
17:23de Saturne
17:23je ne veux pas interrompre
17:24le débat sur...
17:25Elisabeth
17:25c'est vrai que le SMIC
17:27est à 1 475 euros
17:29par mois
17:30c'est difficile
17:33de faire moins.
17:35Après il y a
17:35une logique économique
17:36qui est que
17:37un chargé
17:38super chargé
17:39pour l'employeur
17:40c'est près de 2000 euros
17:41c'est ça le sujet
17:41c'est-à-dire que
17:42la valeur du travail
17:42dépasse 2000 euros.
17:43Le SMIC est devenu
17:45une espèce de chiffre
17:46emblématique
17:47mais le sujet
17:48ce n'est pas le SMIC
17:49c'est l'ensemble
17:49des hauteurs de salaires
17:50chez nous il n'y a
17:51personne au SMIC
17:51mais par contre
17:52le vrai problème
17:54c'est le problème
17:54des salaires vis-à-vis
17:55de l'inflation
17:56et cette maladie inflation
17:57on ne l'a pas connue
17:58pendant des années
17:58donc on avait
17:59une espèce de stabilité
18:00qui nous mettait
18:01quand même dans
18:01une situation
18:02assez logique
18:03assez contrôlable
18:04aujourd'hui on a
18:05cette maladie inflation
18:06qui revient
18:06tous les deux ans
18:07tous les trois ans
18:08ce qui est absolument
18:08dramatique
18:09c'est-à-dire
18:09cette espèce de course
18:10de l'un par rapport
18:11au l'autre
18:11c'est terrible
18:11parce que derrière
18:12qu'est-ce qu'il y a
18:13à l'entreprise
18:13et l'entreprise
18:14elle est dans
18:15une compétitivité mondiale
18:16un endroit où
18:17les charges sociales
18:17globalement
18:18sont les plus lourdes
18:19d'Europe
18:20et où les aides
18:21aux charges
18:22enfin la baisse
18:23des charges sociales
18:23viennent être annulées
18:24donc c'est pathétique
18:26parce que ça met
18:27les entreprises
18:28dans une non-compétitivité
18:29c'est ça le sujet
18:30c'est quand on fait
18:31la boucle entière
18:32où on passe
18:33bien sûr par le salarié
18:34où on passe par
18:35l'état
18:35qui donne les niveaux
18:38et par l'entreprise
18:39derrière
18:39on s'aperçoit
18:40qu'on est dans
18:41une situation
18:42de déséquilibre
18:43parce que l'entreprise
18:44elle ne peut pas
18:44l'entreprise française
18:45aujourd'hui
18:46elle ne peut pas
18:47assumer plus de charges
18:48vis-à-vis de ses salariés
18:49or l'inflation revient
18:50donc il y a effectivement
18:51ce grand dilemme
18:52qui nous revient
18:53et faisons attention
18:54à ne pas faire uniquement
18:55le travail de réflexion
18:56sur le SMIC
18:57mais sur l'ensemble
18:58de l'échelle des salariés
18:58bien sûr
18:59parce que le problème
18:59derrière
19:00c'est la SMIC
19:01ce qu'on a appelé
19:01la SMIC
19:02caravisation
19:02de la société
19:03c'est-à-dire qu'il y a
19:04un tassement
19:05vis-à-vis des salaires moyens
19:06on en parlait
19:08avec François Eccal
19:09il y a une minute
19:10qui est quand même
19:11extrêmement délétère
19:12dans la population
19:12ce sentiment
19:13d'être rattrapé
19:15par le salaire minimum
19:16mais le fait est
19:17qu'il y a
19:17un télescopage
19:19vous avez raison
19:19de le rappeler
19:20entre la nécessité
19:22d'essayer
19:23de trouver des marges
19:23de manœuvre
19:24avec une gestion
19:26des charges
19:26et le fait
19:27que le gouvernement
19:27prit lui-même
19:29en étau
19:29dans ses contrats budgétaires
19:31est en train
19:31d'annoncer
19:32l'annulation
19:33des baisses des charges
19:34on est vraiment
19:35dans un moment
19:36où le risque
19:37de dérapage
19:38d'un redémarrage
19:40du chômage
19:41est un risque
19:42qui pèse très gravement
19:44sur notre pays
19:44parce que la seule
19:46variable d'ajustement
19:46qui reste
19:47avec l'équation
19:48que vous décrivez
19:49très bien
19:50c'est de se séparer
19:51de collaborateurs
19:52et ça c'est dramatique
19:54c'est ça le risque
19:55qui arrive là
19:55c'est la montée du chômage
19:56François Eccal
19:57je crois que oui
19:58effectivement c'est reparti
19:59le corollaire c'est ça
20:00avec un coût du travail
20:01qui augmente
20:01si on n'arrive pas
20:02à trouver une création
20:03de valeur
20:03qui soit à la hauteur
20:04du salaire
20:05on n'embauche pas
20:05c'est un peu ça
20:06le risque c'est toujours
20:07oui il y a toujours
20:08ce risque là bien sûr
20:10si on a créé
20:11ces allégements
20:12de cotisation
20:12au niveau du SMIC
20:13c'était bien
20:15pour favoriser l'emploi
20:16et ça a marché
20:17et ça a marché
20:17ça a été très efficace
20:19après
20:19maintenant il faut réfléchir
20:21c'était d'ailleurs
20:22le sens du rapport
20:23Bozio-Vassmer
20:24moi j'ai participé
20:26il y a 30 ans
20:27aux premiers allégements
20:28de cotisation
20:29sur les basses salaires
20:30c'est Baladur à l'époque
20:31c'est Baladur
20:32qui a commencé
20:32parce qu'à l'époque
20:34on se disait
20:35le chômage touche
20:36surtout les moins
20:37qualifiés
20:38parce que le progrès
20:39technique
20:39la concurrence
20:40des pays à bas salaire
20:41fait que
20:42voilà
20:42il y a un fort chômage
20:43des non qualifiés
20:44on entre dans
20:46probablement
20:47maintenant
20:48dans un mouvement
20:49dans lequel
20:50on risque d'avoir
20:51un chômage
20:52des plus qualifiés
20:53ça c'est
20:53l'intelligence artificielle
20:55etc
20:55donc comme le disait
20:57Bozio-Vassmer
20:58il faut peut-être réfléchir
20:59parce que
21:00c'est peut-être
21:01plus la peine
21:02aujourd'hui
21:02de cibler
21:04de concentrer
21:05toutes ces aides
21:05ces allégements
21:06au niveau du SMIC
21:07peut-être
21:08faut-il revoir
21:09la pente
21:09de ces allégements
21:10en faire peut-être
21:11moins au niveau
21:12du SMIC
21:12peut-être un peu plus
21:13ailleurs
21:14enfin voilà
21:14en tout cas
21:14il y a une réflexion
21:15à faire
21:16alors certains disent
21:16exactement l'inverse
21:17cher François
21:18c'est-à-dire qu'ils disent
21:19qu'au-dessus de ce SMIC
21:19ça n'a plus d'effet
21:21sur l'emploi
21:22c'est le discours
21:22que j'avais
21:23qu'avaient beaucoup
21:24d'économistes
21:25dans le passé
21:26parce qu'on avait
21:27un problème
21:28de chômage
21:28des non qualifiés
21:29etc
21:29ça n'est peut-être
21:31plus vrai
21:33maintenant
21:33et pour les années
21:34qui viennent
21:34donc il faut réfléchir
21:36ce discours-là
21:36que j'ai tenu
21:37pendant
21:37que je tiens
21:39depuis 30 ans
21:39et qu'on tenait
21:39sur le plateau
21:40des experts
21:40la semaine dernière
21:41avec Stéphane Cassio
21:43notamment
21:44les allégements
21:45sont plus efficaces
21:46au niveau du SMIC
21:46etc
21:47je connais
21:48voilà
21:48j'ai toujours raconté ça
21:50j'en suis moins sûr
21:52enfin peut-être
21:52aujourd'hui
21:53c'est sans doute vrai
21:54mais est-ce que ça va être
21:55encore vrai
21:56peut-être dans les deux ans
21:57les trois ans qui viennent
21:58vu à la vitesse
21:59à laquelle vont
22:00les mouvements de manœuvre
22:02liés à l'intelligence artificielle
22:03j'en suis moins sûr
22:05bon
22:05c'est intéressant
22:06donc augmenter
22:07enfin baisser les charges
22:08sur plutôt les hauts salaires
22:09si on veut rester
22:09dans la compétition
22:10en tous les cas
22:11les effets budgétaires
22:13et sur l'ensemble
22:15de l'économie
22:15d'un redémarrage
22:17de la croissance du chômage
22:18c'est un désastre collectif
22:20oui
22:21donc si chacun reconnaît
22:24et je pense que c'est
22:25une logique évidente
22:26qu'on est déjà
22:26en train de voir
22:27à l'oeuvre
22:28que tendre la situation
22:31autour des salaires
22:33commencer à revenir
22:34sur les allégements
22:35de charges
22:36avec ce discours
22:37sur les cadeaux
22:38qu'il faudrait retirer
22:39enfin tout ça
22:40est absurde
22:41la contrepartie
22:42de tous les allégements
22:43c'était effectivement
22:44la baisse du chômage
22:45c'était l'emploi
22:46et ça a fonctionné
22:46la totalité
22:47de la remise en cause
22:48de tout cela
22:49c'est le redémarrage
22:50du chômage
22:50après je vais te provoquer
22:51mais est-ce que
22:522 milliards de gel
22:55sur 73 milliards
22:56d'allégements de charges
22:57ça va avoir
22:58le moindre impact
23:00sur l'emploi
23:01François Eccal
23:02ça ne se verra
23:03sans doute pas
23:03je rappelle qu'on doit
23:04faire 120 milliards
23:05d'efforts
23:05pour stabiliser la dette
23:072 milliards sur 70
23:08c'est sûr que
23:09ce n'est pas énorme
23:10est-ce que ce n'est pas
23:11politiquement
23:11Elisabeth Ducoté
23:12un moyen de préparer
23:13aussi peut-être
23:14le gel
23:14des aides sociales
23:16indexées aussi
23:17sur l'inflation
23:18dans le prochain budget
23:19ça peut être
23:20les prémices
23:21d'une année blanche
23:22nous nous sommes
23:24dans le terrain
23:24nous sommes à Saint-Etienne
23:26et on est vraiment
23:27je dirais
23:27dans la réalité
23:28dans le concret
23:29de l'économie
23:30d'une ETI
23:30et bien
23:31toute baisse
23:32toute amélioration
23:34je dirais
23:35de la capacité employée
23:36est bonne
23:37dès qu'on voit
23:38les choses s'annuler
23:39c'est quand même
23:39un très mauvais signe
23:40c'est un signe
23:41et en même temps
23:42ça conduit
23:43à des
23:44je dirais
23:45à moindre
23:46à moindre
23:47à moindre embauche
23:48etc
23:48et n'oublions pas
23:49vous entendez
23:50pardon je vous coupe
23:51vous êtes PDG
23:53de Twan
23:53vous entendez
23:54gel
23:56des allègements
23:57de charges
23:58entre 1 et 3 SMIC
24:00vous dites
24:01c'est une mauvaise nouvelle
24:02non mais
24:03est-ce que vous dites
24:03tout de suite
24:03j'embauche moins
24:06est-ce que vous réagissez
24:07immédiatement
24:07ça nous oblige
24:09nous-mêmes
24:09à regarder plus
24:11et à regarder
24:12sous un angle
24:13qui est le nôtre
24:14c'est-à-dire l'Europe
24:14nous nous sommes
24:15une société européenne
24:16c'est-à-dire que nous avons
24:17notre propre société
24:18dans tous les pays d'Europe
24:19et bien
24:20nous sommes
24:21nous européens
24:21avec la capacité
24:22d'embaucher
24:23dans des endroits divers
24:24et dans lesquels
24:25le niveau scientifique
24:26le niveau de formation
24:27le niveau général
24:28des cadres
24:29que nous pouvons embaucher
24:30est devenu très bon
24:30je dirais
24:31tous les pays de l'Est
24:32ont fait des énormes efforts
24:33il y a des universités
24:34de très bon
24:34donc tout ça
24:36c'est un problème
24:36de compétitivité
24:37où est-ce qu'on va pouvoir
24:38le plus être
24:39dans la bataille
24:40qui s'appelle
24:40la bataille du prix
24:41qui est une bataille
24:41qui nous est imposée
24:42donc toute mauvaise nouvelle
24:45pour la France
24:45ou toute mauvaise décision prise
24:48est une décision
24:49dans laquelle
24:49il y aura un impact
24:50sur le cas
24:51et moi j'en suis
24:52infiniment triste
24:53quand ça se passe comme ça
24:53voilà
24:54et moi j'en suis
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