- il y a 17 heures
Lundi 25 mai 2026, retrouvez Maurice Ronai (Co-fondateur, Ask Vera) et Frédéric Claret (Directeur général France et Suisse, Fujitsu) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.
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00:08Bonjour à tous, c'est un spécialiste des politiques publiques du numérique.
00:12Il est engagé dans la lutte contre la désinformation à travers Conspiracy Watch ou encore La Réponse Tech dont on
00:19a parlé plusieurs fois ici dans Smartech.
00:21Il publie ce mois-ci aux éditions Premier Parallèle la fabrique des récits complotistes du contrôle mental au laboratoire.
00:29Secrets lexiques d'une contre-culture.
00:32Maurice René est mon grand invité aujourd'hui dans Smartech.
00:36A la une également de cette édition, on va parler d'un partenariat technologique Europe-France-Japon
00:41qui serait aussi une façon de penser notre souveraineté, de revoir nos dépendances numériques différemment.
00:48Allez c'est parti, c'est tout de suite.
00:54Bonjour Frédéric Claret, vous êtes le directeur général de Fujitsu France et Suisse.
01:00Peut-être déjà un rappel sur Fujitsu parce que Fujitsu, on a tous peut-être je pense une image personnelle
01:04de ce que représente ce groupe japonais.
01:07Quelles sont les activités principales aujourd'hui, notamment en France, en particulier en France ?
01:10Alors Fujitsu est un groupe technologique, donc on vient d'annoncer nos résultats 2025.
01:16Comme toutes les entreprises japonaises, nous clôturons le 31 mars, donc c'est un groupe de 19 milliards dans le
01:20monde
01:21qui fait à peu près deux tiers de son activité dans les services informatiques
01:25et un tiers, nous sommes éditeurs de technologies, à la fois hardware,
01:29donc on est présent dans le HPC, le High Performance Computing,
01:33on est présent dans le Quantum Computing, on est présent dans l'IA,
01:37on est présent dans les réseaux et dans la convergence.
01:39Autant de technos incontournables.
01:41Je disais, l'activité principale en France, c'est du service ?
01:43Alors, on est essentiellement prestataires de services en France,
01:47donc on accompagne les grandes et moyennes entreprises dans tous leurs besoins qu'ils peuvent avoir.
01:53Et alors, comment vous les accompagnez sur leurs interrogations,
01:56leur désir de gagner en indépendance vis-à-vis des systèmes américains ?
02:00Alors...
02:01Vous leur dites, vous achetez japonais ?
02:02Alors, justement, je pense que dans le monde que l'on vit aujourd'hui,
02:06où nos amis d'hier ne sont peut-être pas nos amis de demain,
02:09si tant est qu'ils soient aujourd'hui,
02:11où l'agressivité a remplacé le dialogue,
02:14je pense que l'Europe, et donc la France, et le Japon ont beaucoup à partager
02:20et ont beaucoup d'intérêts stratégiques communs à dialoguer.
02:23Donc Fujitsu participe et a vocation à participer à ce dialogue de plusieurs façons.
02:29Donc on a participé aux rencontres entre l'Union européenne et la France mi-avril.
02:36Emmanuel Macron a été au Japon au début avril
02:40et a aussi noté cette nécessité d'augmenter notre partenariat.
02:44On participe au club franco-japonais,
02:47qui rassemble les grandes entreprises japonaises présentes en France
02:50et les grandes entreprises françaises présentes au Japon,
02:52qui se réunissent une fois...
02:53Ce lien, il existe déjà ?
02:55Ce lien est ancien.
02:57On parle de centaines d'années.
02:59Je vais prendre un exemple.
03:01La maison française au Japon, elle a plus de 100 ans.
03:04Donc c'est un lien ancien.
03:07Donc je vous disais, une communauté d'intérêts stratégiques.
03:09Je pense que Fujitsu a son rôle à jouer.
03:12On est un acteur technologique.
03:15On partage un cadre législatif qui est proche de celui de l'Europe.
03:21Et donc on peut être une alternative à certaines technologies,
03:26notamment américaines.
03:28Parce que le Japon aussi a des dépendances américaines très importantes.
03:32Absolument.
03:33Donc finalement, vous rencontrez les mêmes problématiques que les Européens.
03:36Le Japon, les entreprises japonaises...
03:39Enfin, le Japon est dépendant des États-Unis,
03:42notamment au niveau sécurité, en premier lieu.
03:45Pendant très longtemps, c'était les États-Unis qui étaient le garant de la sécurité du Japon.
03:50Et forcément, se pose la question maintenant des nouvelles alliances.
03:54En France, le Japon est en train de faire évoluer sa doctrine,
03:58notamment au niveau de la défense.
04:00Donc ils ont passé une loi récemment qui autorise de nouveau l'export de technologies létales,
04:04ce qui est une grande première pour le Japon.
04:07Donc le Japon fait cette démarche de réévaluer ses partenariats stratégiques.
04:13Donc encore une fois, le Japon...
04:14Ce que je veux dire, c'est qu'on a...
04:15Enfin, si on prend la France et le Japon,
04:17finalement on a deux nations qui ont des atouts technologiques chacun dans leur pays.
04:22Comment est-ce qu'on ne va pas se retrouver plutôt qu'à être partenaire, finalement, à être concurrent ?
04:26Et donc c'est pour ça qu'il faut créer ce dialogue.
04:29C'est une des valeurs japonaises fortes, le dialogue.
04:32Et donc il faut dialoguer entre les grandes entreprises,
04:36il faut dialoguer entre les centres de recherche, entre les universités.
04:40Fujitsu, par exemple, est à l'initiative de Frontria
04:45qui vise à rendre l'intelligence artificielle plus sûre
04:48où participent des grandes universités européennes et mondiales,
04:53ainsi que d'autres acteurs privés.
04:55Et donc c'est par ce dialogue que l'on entend...
04:58Il y a des domaines, justement, spécifiques
05:00où ça vous semble particulièrement pertinent
05:02de travailler ensemble en couple franco-japonais ?
05:06Alors je pense que sur tous les domaines sur lesquels nous investissons fortement en R&D,
05:12que ce soit l'IA, le computing, on a vocation à partager un certain nombre d'avancées.
05:21Et on peut s'apporter beaucoup.
05:25Au Japon, les grandes entreprises et Fujitsu ont aussi une valeur autour de la co-création,
05:30c'est-à-dire qu'on aime beaucoup co-créer avec nos clients et avec nos partenaires.
05:36Et parce que pas très loin, il y a la Corée du Sud.
05:38Moi, j'ai reçu aussi Fleur Pellerin qui travaille beaucoup à créer un axe France-Corée du Sud
05:45qui a aussi sa raison d'être.
05:49Comment est-ce que tout ça peut s'articuler aujourd'hui ?
05:52Toutes ces coopérations transverses qui sont pour l'instant des liens existants,
05:56mais quand même assez faibles.
05:58Ce que je vous disais, c'est-à-dire qu'il faut multiplier les échanges.
06:01Donc il y a des cadres au niveau entre les États,
06:04il y a des cadres entre les entreprises.
06:05Je vous parlais du club franco-japonais.
06:07Et nous, on travaille au niveau Fujitsu en France avec nos clients français
06:11pour créer cette collaboration, co-créer.
06:14Et ce discours, il est entendu ? Il passe auprès des entreprises, justement ?
06:17Je pense que le discours de la souveraineté aujourd'hui...
06:20Mais y compris quand ça vient d'une entreprise nippone ?
06:22Oui. Je crois que...
06:25D'abord, on a une très bonne image.
06:27Je pense qu'au Japon, il y a une bonne image générale en France.
06:29Une image de sérieux, une image de partenaire fiable,
06:34une image de partenaire qui voit le long terme et pas juste le court terme.
06:39Et ça, c'est des valeurs, je pense, qui résonnent très bien avec nos clients.
06:42On a également une orientation client qui est très, très forte.
06:46Dans la culture japonaise, il y a un mot que j'aime beaucoup qui s'appelle l'homotenashi.
06:51Ça vient de l'hospitalité, du monde de l'hospitalité.
06:53C'est comment vous allez au-delà de ce que vos clients attendent.
06:56Donc, la relation pour une entreprise japonaise, bien sûr, le contrat est important.
07:02Mais la relation va bien au-delà du contrat.
07:05Et donc, c'est comme ça que nous, on essaie de traiter nos clients.
07:07C'est comme ça qu'on essaie de leur apporter de la valeur.
07:09Et on a été d'ailleurs reconnus par un organisme externe, WhiteLine,
07:14comme étant l'entreprise qui avait la meilleure satisfaction cliente dans les domaines où nous opérons.
07:19Merci beaucoup, Frédéric Claré, d'avoir été avec nous dans Smartech.
07:23Je rappelle, vous êtes le DG de Fujitsu en France et en Suisse.
07:27On suivra ces partenariats qui se nouent petit à petit entre nos deux pays.
07:32Allez, c'est l'heure de parler de contre-récits avec Maurice René.
07:42Maurice René est mon grand invité aujourd'hui dans la grande interview de Smartech.
07:46Bonjour, Maurice.
07:47Merci de m'accueillir.
07:48Avec plaisir.
07:49Je rappelle, vous êtes un spécialiste des politiques publiques du numérique.
07:51Vous êtes un ancien membre de la CNIL,
07:54engagé depuis quelques années dans la lutte contre la désinformation,
07:57notamment à travers votre collaboration à Conspiracy Watch,
08:01aussi la cofondation de la réponse tech et de l'IA Vera qui vérifie les faits.
08:07dont on a déjà parlé dans Smartech à plusieurs reprises.
08:10Et vous publiez là, ce mois-ci, ce nouvel ouvrage,
08:13« La fabrique des récits complotistes,
08:15du contrôle mental au laboratoire secret,
08:18lexique d'une contre-culture » qui est paru aux éditions Premiers Parallèles.
08:22Vous avez, je découvre, un goût assez prononcé pour les complots quand même, Maurice.
08:27Alors, il y a...
08:29Non, mais dès le début quand même, vous confessez même que vous êtes rentré dans des sphères complotistes.
08:35Vous avez commencé en 2007-2008 à avoir été réceptif au contre-récit du 11 septembre.
08:42Oui, pendant une brève période.
08:45À l'époque, il y a eu des vidéos brillantes qui circulaient.
08:52Une loose change qui était remarquablement organisée
08:56avec un empilement de détails troublants, d'indices, de trucs bizarres.
09:03Alors...
09:03Ça veut dire qu'on peut y rentrer facilement, en fait, dans une sphère complotiste,
09:08ou dans la croyance d'un complot.
09:11Alors, la vidéo est le vecteur de pénétration des récits complotistes.
09:18Et bon, autour du 11 septembre, en plus, il y avait quand même toute une...
09:22C'est vrai qu'il y avait une accumulation de trucs...
09:26De faits exceptionnels.
09:27Il y a le côté exceptionnel.
09:31Et...
09:32Alors moi, ce qui m'avait à l'époque troublé, c'était l'histoire de la troisième tour
09:38et les conditions dans lesquelles il s'était effondré en quelques secondes...
09:44On ne va pas revenir sur cette théorie du complot-là,
09:47parce qu'on en a des plus récentes.
09:48On va essayer de garder du temps.
09:50Mais ce qui est drôle, celle-là, c'est que, autour de la troisième tour,
09:55c'est construit un récit qui est celui de la démolition contrôlée.
09:58C'est-à-dire que les tours ne se sont pas effondrées sous le choc des avions,
10:02et l'incendie déclenche.
10:03Mais qu'en fait, avait été installée préalablement la dynamite,
10:11et que c'est ça qui avait provoqué la chute hyper rapide,
10:14notamment une substance qui aurait été la thermite.
10:17Et ce qui est passionnant, je trouve, c'est que c'est l'histoire de...
10:20Ce concept de démolition contrôlée, l'idée, c'est que...
10:24En architecture, d'ailleurs, ça arrive qu'on provoque la démolition d'un bâtiment.
10:30Et c'est vrai que l'effondrement pouvait ressembler à un acte délibéré.
10:37Ce motif narratif de la démolition contrôlée, on le retrouve réactivé régulièrement.
10:45Chaque fois qu'il y a un grand bâtiment ou un pont qui s'effondre,
10:49par exemple, l'effondrement Dupont en Italie il y a quelques années,
10:55on a vu ressurgir, à la fin, le récit,
10:59et jusqu'à la terminologie, quoi.
11:02Termite, démolition contrôlée.
11:03C'est pour ça que je vous lance là-dessus,
11:04parce que vous dites que vous commencez un petit peu à rentrer là-dedans,
11:07vous rentrez dans des boucles Insta,
11:09et puis finalement, ça devient un poste d'observation pour vous,
11:11qui vous permet, parce que je trouve que c'est une bonne introduction,
11:13de raconter comment se fabrique aujourd'hui un complot,
11:17et de nous montrer effectivement qu'il y a des motifs récurrents.
11:20Vous dites finalement que c'est assez peu inventif.
11:23Oui.
11:26Alors, mon inventaire n'est pas exhaustif,
11:30mais ce qui est frappant,
11:33c'est que c'est un peu toujours les mêmes histoires qui circulent.
11:38On a une illustration quasiment en temps réel avec le antivirus,
11:43avec le antivirus,
11:44on a dû ressurgir exactement les mêmes motifs narratifs
11:49que ceux qui avaient circulé en 2020.
11:54Pour le Covid.
11:55L'idée que c'est une opération planifiée,
11:57qui avait été orchestrée à l'avance,
11:59l'idée que c'est une mascarade,
12:03ou une opération psychologique,
12:05ou une opération d'ingénierie sociale,
12:07une mise en scène pour,
12:12après provoquer de nouveaux confinements,
12:14soumettre la population,
12:16la soumettre à un test d'obéissance,
12:23éventuellement ouvrir la voie à un nouveau vaccin.
12:26Voilà.
12:27Alors, vous les avez classés.
12:29Et donc, j'ai en trompé des classés.
12:30C'est ça.
12:31Vous avez fait une cartographie,
12:32vous les avez classés par aussi.
12:34À quoi ils servent ?
12:36Enfin, qu'est-ce qu'ils servent ?
12:36Qui ils servent ?
12:42Parmi les émetteurs de récits complotistes,
12:44il y a toutes sortes d'acteurs.
12:48Il y a des acteurs commerciaux
12:50qui ont fait du complotisme une activité monétisable.
12:58Il y a des sous-cultures complotistes,
13:02des gens qui se réunissent dans des communautés
13:04et qui partagent ces convictions ou ces croyances.
13:10Maintenant, il y a les appareils de désinformation russes,
13:13mais aussi iraniens ou chinois,
13:15qui recyclent ces récits pour les plaquer sur les événements.
13:20Sur le antivirus, la propagande russe n'a pas été extrêmement créative,
13:24mais elle a quand même déployé un récit
13:29sur lequel le antivirus avait atteint les troupes ukrainiennes
13:37et qu'on empêchait les troupes ukrainiennes
13:42et qu'elle ne recevait aucun soin, aucun traitement.
13:48Il y a un côté aussi très opportuniste dans la propagande russe
13:50qui est de reprendre ces récits complotistes
13:52et puis de les plaquer mécaniquement sur les événements.
13:55Puis il y a une espèce de sélection qui se fait.
13:56Il y a des récits qui circulent plus ou moins bien.
14:00Et finalement, les motifs...
14:03Il y en a une quarantaine de motifs que j'ai identifiés.
14:08C'est ceux qui ont été sélectionnés
14:10et qui fonctionnent.
14:14C'est comme un répertoire de ressources dans lesquelles on pioche,
14:17dans lesquelles on puise.
14:18Une sorte de maquette, c'est prêt à l'emploi.
14:21Oui, c'est prêt à l'emploi, c'est recyclable.
14:23Et puis en plus, ces récits fonctionnent soit de manière autonome, isolée,
14:28et parfois aussi, ils s'agrègent pour former des récits un peu plus complexes.
14:33Vous dites qu'ils sont assez peu inventifs,
14:36que ça peut démarrer d'un événement peu exceptionnel,
14:40de pas grand-chose.
14:41Mais quand même, il y a une partie sur la circulation,
14:45l'amplification avec les algorithmes, les réseaux sociaux,
14:47mais aussi sur l'arrivée de l'IA générative.
14:49Et là, vous dites, ça pourrait devenir de plus en plus créatif,
14:53pour le coup, à travers les IA,
14:55et de plus en plus compliqué à débusquer.
14:57Oui, c'est la question que je me suis posée.
14:59Bon, l'IA booste la circulation des récits complotistes
15:06à travers la manière d'exploiter les algorithmes.
15:13Il y a aussi l'astro-turfing,
15:17donc il disait des agents pour amplifier la circulation.
15:25Mais je me suis demandé dans quelle mesure
15:27il ne pourrait pas améliorer,
15:30évidemment industrialiser la fabrication de nouveaux récits,
15:35en générant des variantes,
15:38des milliers de variantes dans toutes les langues,
15:43et éventuellement jusqu'à personnaliser le récit
15:46en fonction des profils des individus,
15:48leurs profils politiques, idéologiques, religieux.
15:58C'est une inquiétude qui est, je pense,
16:01déjà partagée par pas mal de personnes,
16:03mais ce qui est intéressant aussi,
16:06c'est que vous signalez une étude du MIT
16:08sur le débunkage et des chatbots
16:10qui sont vraiment là pour détruire, en fait,
16:15ces contre-récits,
16:16avec la preuve d'une certaine efficacité,
16:19et même à la fin de votre ouvrage.
16:21Vous dites finalement qu'aujourd'hui,
16:22on est presque à armes égales
16:23entre ceux qui créent ces contre-récits
16:27et ceux qui luttent contre la désinformation.
16:30Donc vous n'êtes pas si catastrophiste, finalement,
16:34à cet afflux de contre-récits.
16:39Alors, bon, le plus inquiétant,
16:44dans les contenus artificiels,
16:46c'est évidemment les images et les vidéos
16:48générées artificiellement,
16:49parce qu'elles ont atteint un degré de réalisme
16:52tout à fait incroyable,
16:54et que donc, par conséquent,
16:55on arrive à ce moment où...
17:03où le doute...
17:07La première réaction, c'est de douter des images.
17:11Et que donc, avec l'usage,
17:16je pense que les gens finiront par intégrer l'idée
17:19que la valeur de vérité d'une image
17:23n'est pas dans l'image,
17:24mais qu'elle est dans la confiance qu'on accorde
17:26à celui qui nous la diffuse,
17:30qui nous l'envoie.
17:32Oui, oui.
17:34Et qu'à côté de ça,
17:35donc, j'essaie de regarder la face positive,
17:38c'est aussi, il y a un outil
17:39qui permet aussi de traiter
17:41une quantité phénoménale d'informations
17:43qui est utilisée aujourd'hui beaucoup
17:44par les rédactions d'investigation.
17:46Donc, on a quand même des outils
17:49pour se battre.
17:49D'ailleurs, nous, dans Smartech
17:51et dans Smartiber,
17:52on parle de ces technologies
17:53qui permettent aussi d'identifier,
17:56de tracer ces contenus
17:58pour essayer d'éliminer un peu le doute.
18:00Parce que vous dites,
18:00si on doute tout le temps,
18:01c'est une catastrophe.
18:02Alors, il y a des outils comme Vera
18:03qui permettent de soumettre...
18:07Re-citons-le.
18:09Alors, je m'intéressais,
18:10si vous voulez,
18:10nous raconter quelques histoires
18:12de complots,
18:13parce qu'il y en a quand même pas mal
18:14qui visent les technologies.
18:16Oui.
18:17Des sortes d'obsessions,
18:18vous dites,
18:19des technologies censurées,
18:21interdites.
18:22Alors, les réciclopédistes,
18:24en fait, j'ai essayé,
18:25enfin, les motifs,
18:25j'ai essayé de les cartographier,
18:27donc j'ai d'abord identifié
18:29les motifs.
18:30Les motifs,
18:31c'est des petits mantras,
18:33des petites routines,
18:35des petites histoires,
18:37en fait,
18:38souvent, d'ailleurs,
18:39condensées dans un hashtag
18:41ou un mot-clé.
18:42Donc, c'est des petits récits.
18:44D'ailleurs, c'est aussi un lexique,
18:45vous nous dites.
18:46C'est aussi un lexique
18:46et un recueil, voilà.
18:48Parce que très souvent,
18:49ces motifs narratifs
18:50sont condensés,
18:52encapsulés
18:53dans une punchline
18:54très concise, quoi.
18:57Psy-hop,
18:58opération psychologique,
19:00acteur de crise,
19:02opération planifiée,
19:05comme ça.
19:07Donc, j'ai essayé
19:11d'identifier
19:12les motifs narratifs
19:13qui rendent compte
19:14des événements,
19:16ceux qui donnent
19:18une espèce de cadrage
19:19narratif,
19:20qui donne du sens
19:21à l'événement,
19:22notamment en identifiant
19:23des intentions,
19:25quel était le projet
19:29caché derrière
19:30derrière cet événement.
19:35J'ai identifié
19:36ce que j'appelle
19:36les opérateurs
19:37de dramatisation.
19:38C'est des éléments
19:39de décor,
19:40de contexte
19:42qui dramatisent.
19:44C'est les laboratoires secrets,
19:46c'est les tunnels,
19:47les passages souterrains,
19:48c'est le trafic
19:49d'enfants sexuels,
19:51c'est le trafic d'organes.
19:53Donc, ça,
19:53c'est des éléments
19:54intégrés dans les récits.
19:56Lui,
19:56confère une charge dramatique
19:59qui suscite l'horreur,
20:01le dégoût,
20:01qui suscite l'indignation.
20:03Et puis,
20:04il y a un autre type
20:05de motifs
20:05qui sont mobilisés
20:07dans ces récits,
20:08c'est des motifs
20:09technologiques
20:09qui sont souvent
20:14sortis un peu dégainés
20:15comme un joker
20:16à l'appui
20:17d'un contre-récit.
20:19Et comme ça,
20:20j'en recense
20:22une dizaine.
20:22Il y en a qui sont
20:23très connus
20:23comme les chemtrails,
20:24ces fameuses traînées
20:26de condensation
20:26dans le ciel
20:28supposées...
20:29Derrière les avions,
20:30c'est la classe blanche.
20:32Et qui sont supposés
20:36disséminer
20:37des substances
20:39toxiques,
20:40chimiques,
20:42qui soient...
20:44Il y a les harpes,
20:45c'est ce supposé
20:48système
20:48qui permettrait
20:49de contrôler
20:49le climat.
20:51Il y a...
20:52Un que j'aime bien,
20:53c'est le kill switch,
20:54c'est le bouton interrupteur.
20:55Alors, évidemment,
20:56des boutons interrupteurs,
20:57ça existe.
20:57Dans les usines,
20:58il y a des boutons interrupteurs.
21:01Et...
21:01Mais là,
21:02le kill switch
21:02se fait bien plus grave
21:03Le kill switch, en fait,
21:03est devenu un récit
21:07qui s'applique
21:08à toutes sortes
21:08de situations.
21:10Bon, par exemple,
21:12à Barcelone,
21:13il y a un an,
21:13il y a eu
21:14une panne d'électricité.
21:16Il y a eu
21:17des récits
21:17qui ont émergé
21:18comme quoi
21:18c'était un kill switch
21:20que quelqu'un,
21:21alors,
21:21sans forcément
21:24identifier...
21:24que c'était forcément
21:26le produit
21:26d'un kill switch,
21:27donc,
21:28d'une arme
21:29à énergie dirigée,
21:31enfin,
21:31d'une technologie
21:32qui permettait de...
21:34De créer un blackout,
21:36en fait.
21:36d'interrompre
21:36un blackout,
21:37d'interrompre
21:37le financement
21:38et le fonctionnement
21:40des réseaux.
21:41Il y a aussi
21:41plein de récits
21:42autour des voitures
21:43connectées
21:44qui, à terme,
21:46permettraient,
21:46par exemple,
21:47à la police
21:49d'éteindre une voiture,
21:51enfin,
21:51d'interrompre une voiture
21:54si les gens
21:54n'ont pas payé
21:57leurs amendes
21:58ou s'ils ont commis
22:01une infraction.
22:02Est-ce qu'on retrouve
22:02Elon Musk
22:03dans ces théories ?
22:04Évidemment,
22:05Tesla est en première ligne
22:06dans ses récits,
22:08de même qu'il est
22:09en première ligne
22:10dans les récits
22:10qui attribuent
22:12à Neuralink
22:13donc son système
22:15d'implants cérébraux
22:18qui, à terme,
22:19permettrait
22:19d'éteindre un individu
22:24ou d'éteindre
22:25des populations
22:26ou en tout cas,
22:27oui,
22:29le renumérique aussi
22:30est suspecté
22:33d'avoir la capacité
22:38de désactiver
22:40des personnes,
22:41des groupes.
22:45C'est-à-dire
22:45le kill switch.
22:46Alors, évidemment,
22:47le kill switch,
22:48ça existe.
22:50Il y a des États
22:51qui suspendent
22:52l'Internet
22:54localement
22:54pour une période.
22:57il y a tout un débat
22:58autour des F-35,
23:00des avions américains
23:00que l'Europe achète
23:01qui sont suspectés
23:03de pouvoir être...
23:05Il y a tout un débat
23:07sur dans quelle mesure
23:08les Américains,
23:10leurs fabricants
23:10pourraient
23:13interrompre
23:14ou dégrader
23:15leur fonctionnement.
23:16donc il y a des
23:17phénomènes
23:17de kill switch.
23:18On en parle
23:18sur les logiciels
23:20américains,
23:20donc cloud,
23:21s'ils arrêtent
23:22de mettre à jour...
23:23Et puis autour
23:24de l'IA,
23:25il y a tout un débat
23:25autour de
23:26est-ce qu'il faudrait,
23:27en quelle mesure
23:27devrait-on imaginer
23:30un CITEN
23:31qui pourrait
23:37interrompre,
23:37enfin bloquer
23:38une IA
23:39si elle devenait
23:40trop dangereuse.
23:40Donc en arrière-plan,
23:42il y a à la fois
23:43des réalités techniques
23:44et puis des vraies questions.
23:47Mais là,
23:48ce qui m'a intéressé
23:49dans le motif narratif
23:52du kill switch,
23:53c'est que
23:55il permet
23:55d'expliquer...
24:00c'est comme un joker
24:01qu'on sort
24:02quand on veut
24:05expliquer un événement.
24:06Par exemple,
24:06il y a un crash aérien,
24:09on peut invoquer
24:10le kill switch
24:11comme quoi,
24:11par exemple,
24:12tel État
24:12aura la capacité
24:14à distance
24:16de rentrer
24:17dans le système
24:18de pilotage
24:19et de provoquer...
24:26de prendre le contrôle
24:27de l'avion.
24:28Oui, un crash ou...
24:31Vous dites
24:31ça m'amuse
24:32et tout ça.
24:32C'est vrai qu'on voit
24:33que vous prenez
24:34un certain plaisir
24:35à regarder
24:35comment se fabriquent
24:37ces complots.
24:38Comment est-ce que
24:39vous-même,
24:39à force de les lire,
24:41de les traverser,
24:42de les consulter,
24:43vous ne tombez pas justement...
24:44Vous dites au début
24:44« Ah, j'ai été quand même
24:45un peu réceptif ».
24:46Comment est-ce qu'on en sort ?
24:47Comment est-ce qu'on n'y tombe pas ?
24:49Alors bon,
24:50j'ai été réceptif
24:53brièvement.
24:54Non.
24:54Et par contre,
24:56j'ai été au contact
24:57d'un proche
24:58qui, lui,
24:59était profondément imprégné
25:02par cette vision du monde
25:04et donc pendant des années,
25:07en fait,
25:08j'ai entretenu
25:09un dialogue avec lui
25:10où j'essayais de réfuter,
25:11de le convaincre.
25:13C'est possible ?
25:14Sans succès.
25:15Non.
25:15Sans succès.
25:17Je m'y suis pris très mal
25:18puisque j'ai essayé
25:20toutes sortes de méthodes.
25:22Bon, ça m'a...
25:22C'est ce qui m'a...
25:23Et grâce à lui,
25:25j'ai découvert un continent.
25:27Un continent de sites,
25:29de blogs,
25:32de chaînes YouTube.
25:34Et c'est ce qui m'a convaincu
25:35en 2018, en fait,
25:36de commencer à travailler là-dessus.
25:37Et donc...
25:38Et ce que je faisais,
25:39en fait,
25:39je faisais des analyses
25:41d'événements.
25:45L'assaut sur le Capitole,
25:49l'assassinat d'un agent,
25:53d'un ex-agent russe,
25:57l'empoisonnement,
25:59l'assassinat du général
26:02Suleymani...
26:02Parce que ce qui est intéressant,
26:04peut-être une manière
26:05de démonter certaines théories,
26:08c'est que vous expliquez aussi
26:09que les théories
26:11en plusieurs variantes
26:12et que parfois,
26:12elles se contredisent.
26:13Oui.
26:15C'est là...
26:16C'est...
26:18L'événement...
26:19Alors, si elles se contredisent,
26:20comment les complotistes
26:21s'y retrouvent ?
26:22Vous voyez ce que je veux dire ?
26:23C'est que c'est...
26:26Enfin, on crée du doute
26:27au sein même
26:27de la sphère complotiste
26:28en ayant des théories
26:29qui se contredisent.
26:31Parce qu'en fait...
26:31Est-ce que c'est un moyen
26:32de les démonter ?
26:34Il n'y a pas...
26:34Il n'y a pas...
26:35On emploie de manière
26:37rapide l'expression
26:38qu'on peut se faire.
26:39En fait, il n'y a pas...
26:40Enfin, on a plutôt
26:42des sous-cultures,
26:43des communautés,
26:47des nébuleuses...
26:47Vous voulez dire
26:48qu'ils croient ça forcément ?
26:50Qui elles-mêmes se recomposent.
26:51Oui.
26:51Et dont certaines...
26:54privilégient certains types
26:55de récits.
26:56Et puis, il y a...
26:56Et puis, ces récits circulent
26:58et il y a une sélection
26:59qui s'opère.
27:00Par exemple, sur l'antavirus,
27:02il y a deux récits,
27:03comme du reste
27:04au moment du Covid.
27:05Il y a le récit
27:06comme quoi c'est
27:07une mise en scène
27:08que le virus est inoffensif
27:10ou qu'il n'y a pas de virus.
27:12Oui.
27:14Et que donc,
27:15il est mis en épingle
27:17pour provoquer
27:17des confinements,
27:18pour instaurer
27:22une dictature sanitaire,
27:24généraliser le pass sanitaire.
27:25Donc, c'est un premier récit.
27:27Oui.
27:27Une première trame narrative.
27:28Et puis, il y a une autre
27:29qui est...
27:31C'est une arme biologique
27:32qui a été fabriquée.
27:35Alors, soit
27:36elle a été disséminée
27:38volontairement,
27:39soit elle a été...
27:41Elle résume d'une fuite
27:42de laboratoire.
27:45Mais vous voulez dire...
27:46C'est l'essence qui s'opère.
27:47Par exemple, sur l'antavirus...
27:49Ces récits ne se croisent pas.
27:50Celles qui circulent...
27:51Non, elles ne se croisent pas.
27:53Elles circulent
27:54et il y en a une
27:56qui l'emporte.
27:57Oui.
27:59On arrive...
28:00Je suis désolée.
28:01On arrive à la fin de l'émission.
28:03Mais c'est tout ce que vous expliquez
28:05dans cet ouvrage.
28:06Donc, on ne peut conseiller
28:07que de le lire
28:08parce qu'on n'a pas le temps
28:09de tout raconter.
28:11Donc, cette fabrique
28:12des récits complotistes
28:13parus aux éditions parallèles,
28:14c'est le grand sujet
28:15qu'on a traité rapidement ensemble
28:17mais que vous pouvez lire.
28:19Merci beaucoup, Maurice René,
28:20d'avoir été avec moi
28:21dans Smartech.
28:22Merci à tous
28:23de nous suivre
28:24avec une grande fidélité
28:25sur la chaîne Bsmart.
28:26Je vous dis à demain.
28:27pour la suite
28:27des discussions sur la tech.
28:30Merci.
28:39Merci.
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