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  • il y a 14 minutes
Lundi 2 mars 2026, retrouvez Emile Servan-Schreiber (PDG, Hypermind) et Éric Salobir (Président du comité exécutif, Human Technology Foundation) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.

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Transcription
00:08Bonjour à tous, grand invité aujourd'hui dans Smartech.
00:12Il est expert en éthique du numérique, c'est un prêtre dominicain entrepreneur
00:16et le président du comité exécutif de la Human Technology Foundation.
00:20Je veux parler de Eric Salobir et c'est donc la grande interview aujourd'hui à la une de Smartech.
00:25Mais d'abord, je vous propose trois questions sur l'IA et l'anticipation stratégique.
00:31C'est parti.
00:36Alors, je me suis amusée à jouer avec une machine qui prédit l'avenir.
00:40Je le dis un petit peu vite parce qu'il s'agit surtout de moteurs de renseignement et d'intelligence
00:46qui permettent d'avoir des indications sur ce qu'il va se passer.
00:50C'est un moteur d'anticipation.
00:52Je l'explique sans doute très très mal et heureusement, j'ai un invité exceptionnel aujourd'hui,
00:56Emile Servan-Schreiber.
00:57Bonjour Emile.
00:58Bonjour Delphine.
00:58Qui est le PDG d'Hypermind, le fondateur de The Forecasting Machine.
01:02Donc, il m'a passionnée absolument.
01:04On peut l'interroger sur tout un tas de sujets.
01:06Moi, je l'ai challengé sur la politique, mais aussi sur notre stratégie de souveraineté tech
01:11pour lui demander ce qu'elle en pensait.
01:13Est-ce qu'elle pensait que l'Europe avait une chance vraiment de mettre en œuvre enfin
01:16cette stratégie pour sortir de ses dépendances numériques ?
01:21Réponse, je la livre.
01:22C'est un petit oui à 53%.
01:25Et ce que j'ai trouvé intéressant, c'est la manière dont on voit apparaître les résultats.
01:29Parce qu'en fait, finalement, ce n'était pas tellement le résultat qui m'intéressait,
01:31c'était d'essayer de comprendre ce qu'il y a derrière cette machine.
01:34Et j'ai trouvé beaucoup de transparence,
01:36beaucoup d'explications sur les sources qui sont utilisées,
01:39les critères qui entrent en œuvre,
01:41sur l'explication des résultats
01:42et les différents modèles d'intelligence artificielle,
01:45puisque ça repose sur des modèles d'IA,
01:48qui sont utilisées et qui ne donnent pas tous le même avis.
01:50D'ailleurs, Grock est plus sceptique sur la capacité de l'Europe à s'en sortir
01:53que les autres IA.
01:55C'est drôle.
01:55Ça dépend des questions.
01:57Ça dépend des questions, tout à fait.
01:59Nous n'allons pas en tirer trop de conclusions.
02:01Expliquez-nous, Émile,
02:02pourquoi vous avez mis en place cet outil ?
02:05C'est une plateforme numérique d'anticipation stratégique.
02:08Pour qui et comment ça fonctionne, alors ?
02:10Alors nous, ça fait 25 ans qu'on fait des prévisions à base d'intelligence collective.
02:16Aujourd'hui, il y a des marchés prédictifs type Polymarket qui font ce genre de choses.
02:21Et nous, on le faisait pour le B2B.
02:23En fait, on le faisait pour des entreprises, des gouvernements qui ont besoin de prévisions.
02:27Et ce qu'on pouvait faire de mieux, c'était d'utiliser l'intelligence collective.
02:30Parce que personne ne maîtrise totalement le futur,
02:33mais tous ensemble, on arrive à faire des très bonnes prévisions.
02:37Donc c'était un peu le gold standard de la prévision.
02:40Je me souviens parce que vous étiez venu sur ce plateau
02:43nous parler de votre livre Hypermind,
02:46justement, qui met en valence cette superpuissance des intelligences collectives.
02:50Pardon.
02:51Hypermind, c'est l'entreprise.
02:53La superpuissance de l'intelligence collective.
02:56Donc ça, c'est fini ?
02:57Donc ça, ça continue.
02:58Mais il s'est passé quelque chose depuis quelques années.
03:01Comme vous savez, l'IA, les LLM, Tchad GPT, etc.
03:04Donc depuis maintenant trois ans.
03:06Et on s'est rendu compte que petit à petit,
03:09les modèles LLM étaient capables de faire des prévisions à peu près convenables
03:13et puis de plus en plus convenables.
03:15Et aujourd'hui, quand on les prompte correctement
03:19et qu'on les met en intelligence collective en utilisant plusieurs,
03:23parce qu'aucune n'est véritablement parfaite dans ce domaine,
03:27on arrive à obtenir des prévisions qui sont largement au même niveau de compétences
03:33que des collectifs d'experts humains.
03:34Mais ça, c'est terrible.
03:35Donc vous nous annoncez vraiment, ça y est,
03:38la supériorité, en fait, des modèles d'IA sur l'intelligence collective.
03:43Oui, mais les modèles d'IA sont des intelligences collectives.
03:46Donc en fait, ça revient un petit peu au même.
03:48C'est là où c'est intéressant, effectivement, de comprendre comment ça fonctionne.
03:51Parce qu'on ne fait pas juste un séroger Tchad GPT en lui posant une question.
03:54Ce n'est pas du tout comme ça que ça marche.
03:55Ce n'est pas du tout ça.
03:56C'est-à-dire que nous, on est vraiment dans...
03:59Alors vous pouvez poser une question à Tchad GPT sur l'avenir.
04:02Mais ensuite, si vous voulez avoir une mise à jour,
04:05vous êtes obligé de lui reposer la question.
04:06Vous êtes obligé de vous préoccuper de prompt
04:09et vous ne pouvez pas gérer comme ça 200, 300 questions qui vous intéressent
04:14ou même 1000 questions qui vous intéressent suivant votre demande.
04:18On a des power users aujourd'hui de la forecasting machine
04:21qui posent des centaines de questions qui sont remises à jour tous les jours.
04:27Donc nous, on a construit une appli, la forecasting machine,
04:31qui permet non seulement de prompter beaucoup de LLM différents
04:36et de synthétiser et de consolider leurs prévisions
04:38avec une explication entièrement sourcée,
04:41mais aussi qui repose sur une recherche de tous les documents disponibles
04:46qui sont pertinents à la question que vous venez de poser
04:49avec une identification de tous les facteurs de causalité
04:52qui pourraient impacter la solution
04:54et qui est automatiquement remise à jour à la fréquence que vous voulez
04:57et même incapable de vous donner des notifications
05:00quand il se passe quelque chose,
05:01puisque quand vous devez gérer des centaines de questions,
05:04vous ne pouvez plus aller regarder chacune tous les jours.
05:06Donc la machine va vous dire,
05:08voilà, il se passe quelque chose là,
05:10voilà la nouvelle probabilité qu'il se passe quelque chose, etc.
05:12C'est une démarche vraiment presque scientifique, moi,
05:16que j'ai remarqué en utilisant l'outil.
05:19Et ça commence, vous parlez du prompt,
05:21parce qu'on nous parle souvent de l'art de prompter.
05:24Il nous valide déjà notre propre prompt au démarrage.
05:28Il reformule en fait la question qu'on pose
05:30pour qu'on soit bien certain, que ce soit bien clair.
05:33C'est exactement ça qu'on a voulu poser comme question.
05:35Et il nous propose un nombre de réponses, en fait,
05:39un type de réponse qu'on pourrait exiger.
05:41Donc c'est vraiment, il n'y a plus besoin presque
05:44de maîtriser l'art du prompt avec la forecasting machine.
05:47Plus du tout.
05:48Donc on se charge de tout,
05:49on se charge de comprendre la question que vous voulez poser,
05:52peut-être de l'affiner,
05:53afin que ça soit véritablement la question que vous aviez en tête.
05:56Et de l'affiner ensemble.
05:57De l'affiner ensemble,
05:58c'est-à-dire que vous pouvez rééditer tout ce que vous voulez.
06:00Évidemment, il ne s'agit pas que d'avoir une machine
06:02qui vous dit d'une façon top-down ce que vous devez penser,
06:07mais au contraire, de vous laisser conduire le processus,
06:10de lui donner du feedback, d'interagir avec,
06:13mais elle fait tout le travail un peu laborieux.
06:15Elle fait le travail laborieux
06:17de formuler la question exactement comme elle devrait l'être,
06:20de vous proposer des réponses
06:21quand vous ne les avez pas forcément en tête,
06:24d'identifier tous les facteurs de causalité,
06:26de faire une recherche universelle sur Internet,
06:29dans toutes les langues,
06:30d'évaluer les articles qui sont les plus pertinents,
06:34notamment celui de ce matin, etc.
06:36et ensuite de repasser tout ça
06:38comme un gros prompt géant ultra-informé
06:41à plusieurs LLM et d'en faire la synthèse.
06:44Et quand je parle de transparence,
06:47vraiment c'est à tous les niveaux,
06:48même pendant le process,
06:50et puis la machine,
06:51on attend qu'elle nous sorte sa prévision,
06:53enfin je veux dire,
06:54ce n'est pas un truc instantané,
06:55comme sur ChatGPT,
06:56on voit qu'on brasse énormément de données.
07:00Qu'est-ce que vous avez décidé de mettre
07:01ou de ne pas mettre ?
07:02Parce que ce n'est pas non plus anodin
07:04quand vous construisez un moteur
07:06comme ça, d'anticipation stratégique.
07:10Quels ont été vos arbitrages finalement
07:12pour vous dire,
07:12à la fin vous avez l'impression
07:14d'avoir donné l'outil fiable,
07:16sérieux qu'on attend ?
07:18Alors nous, notre cible en tant que client,
07:23ce sont les analystes stratégiques
07:25dans les entreprises ou dans les gouvernements.
07:27Donc ce sont des gens ultra-intelligents,
07:30ultra-sérieux,
07:32et qui font un travail très difficile
07:35qui est de prévoir l'avenir,
07:36c'est ce qu'il y a de plus difficile.
07:38Donc nous, on essaye de...
07:39On les paye très cher pour ça.
07:40Alors, on les paye cher.
07:42Et malheureusement,
07:43les humains ne sont plus capables
07:45de suivre l'accélération du monde,
07:48le nombre de paramètres
07:49qu'il faut prendre en compte.
07:50Maintenant, tout est lié.
07:51Le monde est devenu ultra-compliqué
07:53et avance extrêmement vite.
07:54Vous êtes bien placé,
07:55pour le savoir, à Smart Tech.
07:58Et tout devient lié.
07:59C'est-à-dire que quand on veut...
08:01On est un acheteur à, je ne sais pas moi,
08:03à métro,
08:04on doit se préoccuper d'acheter
08:06de l'huile de tournesol.
08:08Eh bien, on doit se préoccuper
08:08de la guerre en Ukraine.
08:10Quand on est un fabricant de voitures,
08:13on doit évidemment se préoccuper
08:15du marché de la batterie
08:16et des régulations avec la Chine, etc.
08:19Donc toutes les décisions business,
08:21maintenant, reposent aussi en partie
08:22sur des décisions, par exemple, géopolitiques,
08:24à plusieurs années.
08:26Et donc, on a besoin aujourd'hui
08:27d'avoir des machines
08:29qui vous permettent
08:29de multiplier par 100,
08:31au moins, comme nous on le fait,
08:33la capacité des prévisionnistes
08:35à aider ceux qui doivent
08:37prendre des décisions.
08:38Merci beaucoup,
08:39et ministère Manch-Schreiber.
08:40J'invite tout le monde
08:41à tester la forecasting machine,
08:42the forecasting machine.
08:44Il y a quelques questions gratuites
08:45pour démarrer,
08:46pour vraiment appréhender cet outil.
08:49Je rappelle que vous êtes le PDG
08:49d'HyperMind
08:50et donc le fondateur
08:51de the forecasting machine.
08:53À suivre, c'est le moment
08:54de la grande interview
08:55avec Éric Saloubière.
09:03C'est le moment
09:03de la grande interview
09:05et je suis très heureuse
09:05de recevoir Éric Saloubière.
09:07Bonjour.
09:07Bonjour.
09:08Bienvenue dans Smartech.
09:09Bienvenue pour une deuxième fois
09:11dans Smartech.
09:11Je vous ai reçu il y a quelques temps,
09:13c'était en 2020,
09:14pour la sortie de votre livre
09:15« Dieu et la Silicon Valley ».
09:18D'ailleurs, je m'étais dit
09:18que j'allais le reprendre
09:19et j'ai oublié de l'apporter avec moi,
09:20qui m'avait absolument passionné.
09:22Vous êtes expert en éthique du numérique,
09:25vous êtes un prêtre dominicain,
09:26on avait beaucoup parlé
09:27de ce sujet ensemble
09:28à ce moment-là,
09:29du lien aussi
09:31entre la tech,
09:32la religion,
09:33la Silicon Valley,
09:34le Vatican.
09:35Vous êtes aussi entrepreneur
09:36et aujourd'hui,
09:37vous êtes le président
09:38du comité exécutif
09:39de la Human Technology Foundation.
09:42J'avais déjà...
09:43Je voulais qu'on dise
09:43quelques mots
09:44sur cette fondation
09:45et tout de suite,
09:47vous poser et mettre
09:47les pieds dans le plat.
09:48Est-ce que ça a un lien
09:48avec votre engagement
09:50personnel religieux ?
09:52Alors, pas du tout.
09:53Je pense que ce qui est important
09:54quand on parle d'éthique,
09:55c'est de parler d'éthique.
09:56Quand on essaie
09:57d'accompagner les gens,
09:57c'est d'accompagner les gens.
09:58Et ce que fait
09:59la Human Technology Foundation,
10:00c'est à la fois un think tank
10:01qui rassemble
10:02les grandes entreprises,
10:03les décideurs politiques,
10:04les experts universitaires
10:05pour essayer de craquer
10:06les problématiques
10:07autour, par exemple,
10:08de la gouvernance de l'IA,
10:09de la gouvernance de la donnée,
10:10etc.
10:11Tout ce qui empêche
10:11un peu les dirigeants
10:12de dormir.
10:13Et par ailleurs,
10:14on a monté un peu
10:14un doux tank.
10:15J'espère que ça les empêche
10:16de dormir.
10:17Moi, je peux vous dire
10:18que ça tracasse
10:19beaucoup de gens.
10:19C'est-à-dire être sûr,
10:20il faut faire beaucoup
10:21d'investissements rapidement,
10:22il faut prendre des décisions
10:23un peu dans l'urgence
10:24et on voit bien
10:25qu'elles auront un impact
10:26sur l'entreprise
10:27dans les mois,
10:28dans les années à venir.
10:30Et ça, c'est quand même
10:30un peu structurant.
10:32Et puis, il y a la question
10:32de l'humain,
10:33il y a la question
10:33des syndicats aussi.
10:35Il y a beaucoup de choses
10:35qui, en ce moment,
10:36sont en train d'émerger.
10:37Donc, ça bouillonne
10:38et effectivement,
10:39ça questionne.
10:40Et donc,
10:41la partie d'outanque
10:42nous permet d'accompagner
10:43précisément
10:44certaines entreprises
10:45dans la gouvernance
10:47spécifique
10:47d'une technologie,
10:48par exemple,
10:48mettre en place
10:49une charte de l'IA éthique.
10:51D'accord.
10:52Donc, rien à voir
10:53avec vos engagements
10:55personnels,
10:56mais je voulais quand même,
10:57parce que c'est quand même
10:57toujours un sujet
10:58que j'adore,
10:59d'essayer de comprendre
11:00un peu ce qui se passe
11:00dans la tête
11:01des big tech.
11:03Je voulais savoir
11:03si vous continuez
11:04à les visiter.
11:06Est-ce que vous aviez
11:07des informations
11:08un peu plus fraîches
11:09sur leurs relations
11:10aujourd'hui avec le Vatican,
11:11avec le nouveau pape,
11:12par exemple ?
11:13Alors, moi,
11:14je continue à être
11:14en interaction directe
11:16avec eux.
11:17Ce qui est sûr,
11:17c'est qu'en ce moment,
11:18les questions qui se posent
11:19sont beaucoup plus
11:20autour des questions
11:21d'autonomie stratégique,
11:23des questions géopolitiques.
11:25Et par ailleurs,
11:26on continue à travailler ensemble
11:27sur des choses
11:28plus anthropologiques.
11:29C'est-à-dire,
11:29en gros,
11:30qu'est-ce que ça fait
11:31quand un humain
11:31parle avec une machine ?
11:32Et ça,
11:33c'est une question
11:35anthropologique,
11:36c'est une question philosophique,
11:37mais dont les impacts
11:38dans l'entreprise
11:39sont immédiats.
11:41Donc,
11:41ce genre de choses,
11:42on continue à les travailler,
11:43on va dire,
11:43à bas bruit régulièrement.
11:45Mais en Silicon Valley,
11:46ils font plus référents,
11:46j'ai l'impression,
11:47à la science-fiction,
11:48finalement,
11:48que...
11:49Pas seulement.
11:49Regardez Peter Thiel,
11:51récemment,
11:51c'est...
11:52Non, non, non.
11:52Je pense que...
11:54Justement,
11:54je pense que...
11:55Moi,
11:55ça fait longtemps
11:56que je dis
11:56que la pensée magique,
11:58la pensée spirituelle,
11:59enfin,
12:00tout ce qui va autour,
12:01quasiment le chamanisme,
12:02enfin,
12:03tout ça,
12:03ce grand ensemble
12:04qui dépasse le matérialisme,
12:06c'est présent dans notre société,
12:08c'est dans l'air,
12:10mais ça ne se cristallise
12:11plus tellement
12:12autour de certaines religions.
12:13Et du coup,
12:14les gens le cristallisent
12:15un peu comme ils peuvent.
12:16Mais ils ont bien conscience
12:17qu'il y a une espèce
12:17d'arrière-monde,
12:18il y a quelque chose.
12:19Et donc,
12:20effectivement,
12:20certains vont avoir
12:21une référence religieuse,
12:23d'autres vont avoir
12:23d'autres types de références.
12:25À un moment,
12:25si on l'évacue,
12:26le danger,
12:27c'est d'utiliser la technologie,
12:28notamment l'intelligence artificielle,
12:30comme un totem.
12:30Parce que quand on parlait
12:31à Alexa ou à Google,
12:33je ne sais pas quoi,
12:34ils répétaient,
12:35ils répondaient,
12:35mais c'était relativement basique.
12:37C'était utilitaire, disons.
12:38C'était utilitaire.
12:40Maintenant,
12:41il y a quand même
12:41un certain nombre de gens
12:42qui dialoguent
12:42avec une IA
12:43comme ChatGPT,
12:45quasiment en mode copain,
12:47en mode coach.
12:47Il y a des gens
12:48qui font des copiers-collés
12:49des SMS qu'ils reçoivent
12:49de leur petit copain
12:50à leur petite copine,
12:51notamment chez les 10 de 25 ans,
12:53en disant,
12:53mais qu'est-ce que tu en penses ?
12:54Tu ne trouves pas
12:54qu'elle abuse ?
12:55Et là,
12:56ça pose des questions
12:57tout à fait différentes.
12:58Parce que par définition,
12:59si vous dites ça
13:00à votre meilleure amie,
13:01elle va contextualiser,
13:02elle va vous aider vraiment.
13:04Il y a ce qu'on appelle
13:05le psychofancy,
13:06c'est-à-dire l'idée
13:06que l'IA est faite
13:08pour aller plutôt
13:08dans votre sens.
13:09Donc si vous dites,
13:10vous ne trouvez pas
13:11qu'il abuse ?
13:11Oui, quand même,
13:12il abuse.
13:13Et donc,
13:18c'est un peu
13:19un détachement du réel,
13:20là où par définition,
13:21on se construit
13:22en interaction avec les autres.
13:24Donc ça ne veut pas dire
13:24que la technologie est mauvaise,
13:26ça veut dire,
13:26et ça je pense que les jeunes,
13:28une étude du BCG
13:29le montrait récemment,
13:30les jeunes sont assez attentifs
13:31au fait de ne pas se trouver
13:33désocialisés,
13:34de ne pas prendre
13:35de mauvaises décisions
13:36à cause de l'IA.
13:37Et ça,
13:37c'est des choses peut-être
13:38pour lesquelles les aînés
13:39devraient un peu les écouter.
13:41Je pense que c'est très intéressant.
13:42Oui,
13:42et puis ça montre
13:44l'importance
13:44de l'éducation au numérique,
13:45d'expliquer comment fonctionne
13:47ce chatbot d'IA,
13:48d'où viennent ses réponses,
13:50comment il est programmé.
13:51Alors,
13:52il y a quelque temps,
13:53j'ai reçu à votre place
13:55Gabrielle Halpern,
13:56je ne sais pas si vous avez
13:57déjà discuté avec elle,
13:58elle est docteure en philosophie,
13:59et elle,
14:00elle a publié
14:00« Intelligence artificielle
14:01et l'homme créa Dieu »,
14:03donc paru chez Herman
14:04là tout récemment.
14:06Selon elle,
14:07en fait,
14:08l'IA,
14:09c'est un peu le Dieu
14:09dont on aurait rêvé,
14:12toujours disponible,
14:13auquel on peut adresser
14:14toutes ses prières,
14:15finalement.
14:15quel est votre regard
14:17sur le lien
14:18que les humains tissent
14:19avec les IA
14:20de manière générale,
14:21les IA génératives,
14:21bien sûr ?
14:22Je pense que c'est
14:23un invariant anthropologique,
14:24on le voit
14:25quand on regarde
14:26les peintures rupestres,
14:26etc.,
14:27on a toujours essayé
14:29de projeter notre humanité,
14:30on anthropomorphise tout,
14:32les enfants
14:33anthropomorphisent
14:34leurs ours en peluche,
14:36donc c'est un peu
14:37la même chose,
14:38et en fait,
14:38on va projeter
14:38notre humanité.
14:40plus qu'un autre humain,
14:42c'est ce que nous dit
14:43en tout cas le épouseur.
14:45Regardez
14:47les mythologies antiques,
14:48regardez les dieux grecs
14:49et les dieux romains,
14:51mais en fait,
14:52ils sont jaloux,
14:52ils sont colériques,
14:53ils sont méchants,
14:54en fait,
14:54ils ont tous les travers
14:55de l'humanité,
14:56et en fait,
14:57quelque part,
14:57ils se disputent entre eux,
14:58ils sont en couple,
14:59ils sont infidèles,
15:00en fait,
15:00c'est une saga,
15:01c'est les feux de l'amour,
15:03et en fait,
15:05je pense que l'humain
15:06projette ça,
15:07de même qu'on va projeter
15:08sur un totem,
15:09par exemple,
15:10dans des religions premières,
15:12le fait de pouvoir
15:13protéger la tribu,
15:14protéger le village,
15:15donc on va peut-être
15:16lui faire des sacrifices
15:17en échange de quoi,
15:18on attend quelque chose,
15:19ça,
15:19c'est quelque chose
15:20qui est profondément
15:20enracinant à l'humain.
15:22Alors après,
15:22ce qui arrive avec les religions
15:23dites du livre,
15:24le judaïsme,
15:25le christianisme notamment,
15:27c'est un peu un détachement
15:28de ça,
15:29en disant,
15:29mais ça ne fonctionne pas
15:30comme ça,
15:31c'est-à-dire,
15:31Dieu n'est pas
15:32un espèce de super pouvoir,
15:34Dieu,
15:34ce n'est pas Iron Man,
15:35donc il ne va pas débarquer
15:36quand on a besoin
15:37pour faire ce qu'on lui demande,
15:38etc.
15:39C'est autre chose
15:40et peut-être que justement
15:41la réalité spirituelle
15:43qui pour moi existe vraiment
15:45et que beaucoup de gens sentent,
15:47comme je disais tout à l'heure,
15:48elle vient se superposer
15:50sur une réalité concrète,
15:51donc en fait,
15:52pour moi,
15:52il ne faut pas du tout
15:53considérer ces technologies
15:54comme Dieu,
15:54il faut les considérer
15:55comme ce qu'elles sont,
15:57c'est-à-dire des technologies
15:58et petit à petit,
15:59une forme d'interlocuteur
16:00qui est en train d'entrer
16:01dans notre conversation humaine.
16:03Qui sont les membres
16:04de Human Technology Foundation ?
16:06Alors,
16:07ce sont des grandes entreprises
16:08européennes,
16:09canadiennes,
16:10états-uniennes
16:10et qui soit produisent
16:13de la technologie,
16:14soit sont de grands utilisateurs,
16:15des grandes banques,
16:16des compagnies d'assurance
16:17et en fait,
16:18elles ont en commun
16:18de toutes se poser
16:19ces mêmes questions
16:20de comment utiliser
16:22cette technologie
16:23à la fois au bénéfice
16:25de l'humain,
16:26c'est-à-dire au bénéfice
16:27des clients
16:27mais aussi des collaborateurs
16:29parce que c'est ça
16:29qui va quand même booster
16:31un peu à la fois,
16:32comment dire,
16:33l'atmosphère
16:35dans l'entreprise,
16:36l'efficacité,
16:36etc.
16:37Et en même temps,
16:37il faut créer
16:38de la valeur avec ça.
16:39Donc en fait,
16:40il faut créer de la valeur
16:41en s'appuyant sur des valeurs
16:43et les entreprises
16:44qui font ça,
16:45qui ont une saine gouvernance
16:46et nous,
16:47on en accompagne,
16:47je ne vous dirai pas trop de noms
16:48parce que,
16:49mais on en accompagne
16:49un certain nombre
16:50qui font ça,
16:51donc on les aide
16:52à rédiger leurs chartes
16:53de l'IA éthique,
16:54des guides d'utilisation,
16:56de la formation,
16:57etc.
16:57et bien ce sont des entreprises
16:59qui,
17:00par exemple,
17:01verront leurs collaborateurs
17:03utiliser l'IA
17:04sans crainte
17:05de faire une bêtise,
17:06utiliser l'IA
17:07en addition
17:08de leurs compétences métiers
17:09et pas en remplacement.
17:10Parce que là,
17:11il y a un gros problème.
17:12Parce qu'on entend quand même
17:13beaucoup de vagues
17:13de licenciements
17:14sous le prétexte
17:16de l'arrivée
17:16de l'intelligence artificielle.
17:18Je dis sous le prétexte
17:18parce que ce n'est pas forcément
17:21véritablement justifié
17:22et ce n'est pas forcément
17:23la vraie raison.
17:24Mais en tout cas,
17:25cette idée qu'on va avoir
17:27des entreprises
17:28plus rentables,
17:30plus opérationnelles
17:31avec moins d'humains,
17:32c'est quand même
17:33une idée très partagée.
17:34Ou avec des humains
17:35qui font autre chose.
17:37C'est pour moi,
17:37la vraie question,
17:38elle est là.
17:38Donc effectivement,
17:39le problème,
17:40c'est que ce ne sera pas
17:41forcément les mêmes,
17:42pas forcément au même endroit
17:43et la question,
17:44c'est celle de la transition.
17:45Et on a eu une transition
17:47lors de la révolution industrielle
17:48qui a pris une génération.
17:50Donc les gens ont eu le temps
17:50de s'organiser.
17:51Là, ça prend juste
17:52quelques années
17:53et c'est pour ça
17:54qu'il faut vraiment
17:55accompagner les populations
17:56dans les entreprises.
17:57En ce moment,
17:58ce qu'ils viennent nous voir
17:58le plus,
17:59ce n'est pas les SIS,
18:00ce n'est pas l'informatique,
18:01c'est les H.
18:02Parce qu'en fait,
18:03ils voient la nécessité
18:05de changer les parcours
18:06de carrière,
18:07d'accompagner les collaborateurs,
18:09de les rassurer,
18:09de les évaluer aussi.
18:11Comment est-ce que
18:11vous évaluez
18:12un collaborateur
18:12qui utilise la moitié
18:13du temps
18:13un changement d'hypétit ?
18:14Est-ce que ce qu'il produit,
18:15c'est lui
18:15ou est-ce que c'est l'IA
18:17qui le produit ?
18:18Et en fait...
18:19Vous avez remis une étude
18:20IA et Avenir du Travail
18:22à Clara Chappaz
18:22au moment du sommet
18:24sur l'intelligence artificielle
18:25qui s'est tenue à Paris,
18:26le sommet mondial,
18:27l'Action Summit.
18:29Quels sont les enseignements
18:30ou peut-être
18:31quelles sont les pistes
18:31que vous avez eu envie
18:33de pousser
18:34auprès des décideurs publics
18:35et qu'est-ce que vous avez vu
18:37arriver depuis un an ?
18:38Alors, auprès des décideurs publics,
18:40je dirais que là,
18:41autant sur certains sujets
18:42comme la souveraineté,
18:43les décideurs publics
18:44sont en première ligne
18:45parce qu'il y a toute une partie
18:47réglementaire
18:48et ça,
18:48on ne peut pas le faire
18:49à leur place.
18:51Pour l'IA et le travail,
18:52il y a beaucoup de choses
18:52qui se passent
18:53dans l'entreprise.
18:54Alors, on a travaillé
18:54avec l'OIT,
18:55on a travaillé
18:55avec le ministère du Travail
18:56mais à la fin,
18:57ce sont quand même
18:57les comex des entreprises
18:58qui doivent décider.
18:59Et effectivement,
19:00pour nous,
19:00et ça,
19:01on le voit se mettre en œuvre,
19:03il s'agit...
19:03Vous savez,
19:04l'IA permet de faire
19:06la même chose plus vite,
19:08donc quelque part
19:08un espèce d'emballement
19:09avec le danger
19:10d'être poussé
19:11à l'hyperproductivité
19:12ou la même chose différemment
19:13ou éventuellement
19:14de faire autre chose,
19:15c'est-à-dire de bâtir
19:16des nouveaux business models.
19:17Et nous,
19:17ce qu'on pousse
19:19pour les entreprises,
19:20c'est une stratégie
19:21qui va consister
19:21à faire les trois à la fois.
19:23D'accord,
19:23on accélère,
19:24on augmente la productivité
19:25mais aussi,
19:26on réorganise
19:27parce que si on a moins besoin
19:28de certaines personnes,
19:29on va fonctionner différemment.
19:30Je pense par exemple
19:31à une grande entreprise
19:32de télécommunication
19:33qui a décidé
19:34de changer le fonctionnement
19:35de ce centre d'appel
19:37parce que soit
19:38on pouvait avoir plus
19:39de monsieur ou madame
19:40untel qui appellent
19:41pour dire que la box
19:42ne fonctionne pas
19:42mais au bout d'un moment
19:43pour les opérateurs,
19:44c'est quand même dangereux
19:44pour la santé mentale
19:45d'avoir conservé des gens
19:46qui se plaignent
19:47et puis en avoir plus,
19:48plus dans la journée,
19:48c'est insupportable.
19:49Et en fait,
19:50ils ont dit non,
19:50non, une fois que tout le monde
19:51aura appelé,
19:52on va travailler par poule
19:52de clientèle,
19:53vous allez peut-être les rappeler
19:54pour vérifier que tout
19:56s'est bien passé
19:56et là,
19:57ça fidélise la clientèle
19:58et ça a beaucoup de valeur.
20:00Vous allez les rappeler
20:01pour leur proposer
20:01des services complémentaires,
20:03vous allez les rappeler
20:04pour d'autres choses
20:04et en fait,
20:05on se rend compte
20:05qu'on augmente
20:06les chiffres d'affaires moyens,
20:07on fidélise le client,
20:09en fait,
20:09on change complètement
20:10la stratégie
20:11mais ça demande
20:12d'être inventif
20:13plutôt que de dire non,
20:13ce que vous faites,
20:15faites le juste
20:15plus vite et moins cher.
20:17Ça,
20:17c'est le no-brainer
20:18mais c'est un peu limité.
20:19Mais le fait de remettre
20:20quand même cette étude
20:21à Clara Chappas
20:22c'est que vous attendiez
20:22quelque chose,
20:24une petite étincelle
20:25chez le politique quand même.
20:26Alors ce qu'on a vu
20:27effectivement
20:27et ça c'était le cas
20:29de Clara
20:29mais c'est aussi le cas
20:30d'Anne Hénanf
20:31qui s'est vraiment saisie
20:32de ces sujets-là actuellement,
20:34c'est d'aller dans les entreprises
20:35pour porter aussi ce message
20:37d'une intégration
20:39et je pense que c'est ça
20:40qu'ils font de leur côté
20:41et je pense qu'ils le font bien.
20:44C'est-à-dire que petit à petit
20:45comme ils ont accès
20:45aux comèques d'entreprise,
20:47nous aussi,
20:48on est invités assez régulièrement
20:49à les rencontrer
20:49mais je pense qu'avec une forme
20:51d'autorité,
20:52ils peuvent faire passer
20:53des messages
20:53et puis ils ont continué
20:54à travailler
20:55en lien avec l'OIT,
20:56il y a un groupe de travail.
20:58À terme,
20:58j'espère que des normes,
20:59un peu comme on a
21:00des normes environnementales,
21:01des normes IA vont émerger
21:03mais ça,
21:03ça prend du temps.
21:04Donc je dirais...
21:05On n'a pas forcément encore
21:06la maturité nécessaire
21:07sur cette transformation.
21:09mais ce qu'ils font déjà
21:10à court terme,
21:11c'est accompagner le secteur,
21:13toute la filière
21:14dans une transformation
21:15qui est une transformation
21:17créatrice de valeur
21:18et respectueuse de l'humain.
21:20Vous avez aussi mené une étude
21:21sur l'autonomie stratégique
21:23de l'Union Européenne,
21:24vous en avez parlé
21:24des sujets de la souveraineté.
21:26Pourquoi est-ce que c'est un sujet
21:28porté par la Fondation ?
21:29En fait,
21:30l'autonomie stratégique,
21:31ça peut paraître
21:32un peu éloigné
21:33de Human Technology Foundation.
21:36internationale,
21:36si j'ai bien compris,
21:37parmi vos membres.
21:38En fait,
21:38il y a deux choses.
21:39La première chose,
21:40c'est qu'on ne peut pas
21:43mettre en œuvre ses valeurs
21:44si on n'est pas autonome.
21:46Si on n'est pas autonome,
21:47c'est wishful thinking,
21:48c'est-à-dire en fait,
21:49je brandis des valeurs
21:50mais derrière,
21:52je n'ai pas les moyens
21:53de les mettre en œuvre.
21:54En fait,
21:55on ne peut les mettre en œuvre
21:56que si on maîtrise
21:56de bout en bout,
21:57par exemple,
21:58la façon dont une IA
21:59va fonctionner,
22:00la façon dont on gère
22:01nos données,
22:01la sécurité,
22:03la confidentialité,
22:03etc.
22:04Donc ça,
22:04ça explique pourquoi
22:05on s'est saisi de ça.
22:08Alors après,
22:09l'autonomie stratégique
22:10et nous,
22:11c'est un peu ce qu'on défend,
22:12c'est que ce n'est pas
22:12une autarcie.
22:13Et là aussi,
22:14on est quand même
22:14plutôt aligné
22:15avec le gouvernement.
22:16Ce n'est pas une autarcie.
22:17Ce qu'il faut chercher,
22:18c'est plutôt
22:19de redevenir,
22:21comme disait
22:21Hendrick Coletta,
22:23redevenir des partenaires
22:24et ne plus être
22:25seulement un marché.
22:26C'est-à-dire,
22:26travailler avec,
22:27par exemple,
22:28des entreprises américaines,
22:29en soi,
22:29ce n'est pas un problème.
22:31À partir du moment
22:32où on est certain
22:33qu'on est aussi
22:34dans l'autre sens
22:35capable de fournir
22:36des services,
22:37par exemple,
22:38aux États-Unis
22:39ou à d'autres,
22:39des pays comme Israël
22:40le font très bien.
22:41Ils sont très dépendants
22:42de sociétés américaines
22:43et en même temps,
22:44toute une partie
22:45des technologies
22:46de défense,
22:46de renseignement
22:47et autres développées
22:48en Israël
22:49sont nécessaires
22:50pour les États-Unis.
22:51C'est le cas d'ASML,
22:52par exemple,
22:52avec la lithographie,
22:53donc le design des puces.
22:55C'est notre seul exemple,
22:56pratiquement.
22:56Et alors,
22:57effectivement,
22:57il y a aussi
22:58d'un sous système
22:59qui est nécessaire
23:00pour l'aéronautique
23:01aux États-Unis.
23:02Mais justement,
23:03des exemples comme ASML
23:04qui ont une forme
23:05de monopole,
23:06je dirais,
23:06et une compétence spécifique,
23:08il nous en faudrait
23:09une vingtaine
23:10dans des domaines différents.
23:11Ça peut être
23:11dans le quantique,
23:13mais il faut trouver
23:14les niches
23:15dans lesquelles
23:15on est bon
23:16et quelque part,
23:17il faut qu'on ait
23:17des cartes à échanger.
23:19Et dans ces cas-là,
23:20on joue.
23:20Effectivement,
23:21on a des atouts,
23:22les autres ont des atouts,
23:23mais ce sont des partenaires,
23:24ce ne sont plus
23:25ni des adversaires,
23:26ni des gens
23:26qui d'une façon
23:27ou d'une autre,
23:28d'un point de vue géopolitique,
23:29pourraient nous dominer.
23:30Mais où est-ce que ça se joue
23:32au sein de la fondation ?
23:33Vous échangez des cartes ?
23:36Comment vous traitez,
23:37vous abordez ce sujet ensemble ?
23:39Alors en fait,
23:40ce qu'on a fait d'abord,
23:40c'est qu'on a travaillé
23:41avec des avocats
23:42d'un grand nombre de pays
23:43pour identifier
23:45toutes les vulnérabilités
23:46liées à la réglementation,
23:48à l'extraterritorialité
23:49du droit de certains pays,
23:51par exemple,
23:51des vulnérabilités technologiques aussi.
23:53Et on est en train de voir
23:54en ce moment
23:55comment les différentes entreprises,
23:57européennes,
23:58mais pour certaines aussi
23:59en consortium
23:59avec les Américains,
24:00mettent en œuvre
24:01des solutions
24:03pour leurs clients
24:03permettant de limiter
24:05ces risques.
24:06Ça ne résout pas tout,
24:08mais à court terme,
24:09ça permet déjà
24:09de contingenter les risques.
24:11Et puis après,
24:11il faut se dire
24:12que certaines données,
24:13finalement,
24:14ne sont pas si importantes
24:14que ça,
24:15donc ne peuvent être
24:16pas forcément sécurisées.
24:17Là où d'autres
24:18doivent être mises
24:19dans des clouds
24:19extrêmement protégés.
24:21Et c'est là
24:21qu'il y a toute une réflexion
24:23à mener.
24:23Donc ça,
24:24c'est la première chose,
24:25c'est effectivement
24:25à court terme,
24:26contingenter le risque.
24:27Et à moyen terme,
24:28on travaille en ce moment
24:29avec un certain nombre
24:31d'acteurs,
24:31je ne peux pas tout dire,
24:32mais notamment
24:32des acteurs publics.
24:34Un certain nombre
24:35de sommets internationaux
24:36vont avoir lieu
24:37dans les prochains mois.
24:38Parlez du sommet en Inde
24:40sur l'intelligence artificielle.
24:41par exemple,
24:41et puis on va avoir
24:42des sommets bilatéraux
24:43avec différents pays
24:44dont l'Italie.
24:45Et puis effectivement,
24:46il y a le G7.
24:46Voilà,
24:47il y a un certain nombre
24:48d'échéances qui arrivent
24:48qui seront l'occasion
24:50de poser un certain nombre
24:52de pierres
24:52pour faire avancer
24:53cette stratégie.
24:55Et autour de quelques axes,
24:57le premier,
24:57c'est la rétention des talents.
24:59Il faut faire revenir,
25:00il faut attirer les cerveaux
25:01qui pour certains
25:02sont européens
25:03ou ont été formés en Europe.
25:05Donc ça,
25:06ça veut dire
25:06réorganiser la recherche,
25:08mutualiser la recherche
25:08entre pays,
25:09faire en sorte
25:10qu'on ne soit pas
25:11en compétition intra-européenne,
25:12ce qui est stupide.
25:13Il vaut mieux fédérer
25:14qu'être en compétition.
25:16Le deuxième point,
25:17c'est financer.
25:18On n'a pas de fonds de pension.
25:19Et donc effectivement,
25:20il nous manque
25:22un élément clé,
25:23notamment pour ce qu'on appelle
25:24le late stage,
25:25c'est-à-dire les entreprises
25:25qui ont grandi
25:26et qui vont chercher
25:27100, 200, 300 millions.
25:29Et là,
25:29ils vont aller
25:29sur des marchés
25:30un peu plus profonds
25:31qui peuvent être
25:31États-Unis,
25:33qui peuvent être
25:33les Émirats, etc.
25:34Et là,
25:35il faut pouvoir
25:35leur apporter cet élément-là.
25:37Donc le financement
25:38peut-être conjoint
25:39de projets européens.
25:40En ce moment,
25:41il y a l'alliance Bromo
25:42qui s'est mise en place
25:42dans le spatial.
25:44Donc c'est Thales,
25:45Leonardo et Airbus
25:46qui se mettent
25:47en consortium
25:48pour être beaucoup plus forts.
25:50Des alliances comme ça,
25:51il faudrait qu'on en ait
25:51une quinzaine
25:52au niveau européen
25:53dans l'espace,
25:54dans les semi-conducteurs,
25:55dans le cloud,
25:57dans l'IA.
25:57Ça,
25:58ça nous donne
25:59de la résilience,
26:00ça nous donne de la force.
26:00Et c'est autour de ça
26:01qu'on travaille.
26:02Il faut avoir une vision,
26:03il faut identifier aussi,
26:04vous parliez des axes prioritaires,
26:06il faut les identifier.
26:07Est-ce qu'on les a identifiés ?
26:08En fait,
26:09on commence à les voir émerger.
26:10Le problème,
26:11c'est qu'on voit bien
26:12avec l'IA générative,
26:14le nouveau champion,
26:15il change quasiment
26:16tous les six mois.
26:17Et on dit,
26:17le meilleur pour ça,
26:19c'est tel modèle,
26:19puis six mois après,
26:20on vous dira,
26:20c'est un autre.
26:21Et effectivement,
26:21ça va très vite.
26:22Donc il faut essayer
26:23d'identifier des axes
26:25tout en restant
26:26suffisamment ouvert
26:28pour capter
26:29la petite innovation
26:31dans le quantique
26:31qui va permettre,
26:32par exemple,
26:33de lier quantique
26:34et IA au sein
26:36de même data center.
26:37Des choses comme ça.
26:38Mais effectivement,
26:39ce travail-là,
26:40on est en train de le faire
26:41et la fondation,
26:43modestement,
26:44joue son rôle
26:45de catalyseur
26:45en rassemblant
26:47des acteurs privés,
26:48des acteurs étatiques
26:50et des universitaires.
26:51Et donc,
26:51vous serez en Inde
26:52pour le sommet
26:53de l'intelligence artificielle ?
26:54Là, ce n'est pas moi
26:54qui vais y aller
26:55cette fois-ci.
26:56J'étais très présent
26:57à Paris
26:58et je serai
26:59sur d'autres sommets,
27:01notamment autour du G7.
27:03Mais je pense
27:03qu'il faut essayer
27:04de se répartir un peu.
27:05En fait,
27:05on est tout un réseau
27:06et on essaie
27:08de faire fonctionner
27:09à plein ce réseau.
27:10Et qu'est-ce que vous prévoyez
27:10pour le G7 ?
27:11C'est un peu plus proche de nous ?
27:13Alors,
27:14ça, c'est encore
27:14un peu confidentiel.
27:15Ah, c'est le mois de juin,
27:16ça arrive très vite !
27:18Alors, le G7,
27:19ce n'est pas seulement
27:20le mois de juin.
27:21Le mois de juin,
27:22c'est Evian,
27:23ce sera politique,
27:24ce sera les chefs d'État.
27:26Mais après,
27:26il y a un Tech7
27:27qui sera notamment
27:28porté par Numéum,
27:29donc avec toute la filière.
27:31Il y a un B7
27:32avec le MEDEF.
27:33Et puis,
27:34il y aura d'autres
27:35rendez-vous sectoriels.
27:36Et donc, en fait,
27:36tout ça va s'étendre
27:37jusqu'au Paris Space Forum
27:39en novembre.
27:40Et donc, en fait,
27:40là, il y a toute une série
27:41de rendez-vous
27:42sur lesquels
27:43on est en train de travailler.
27:44Donc, je ne peux pas encore
27:45vous les dévoiler
27:45tant qu'il soit signé.
27:46Mais sachez que
27:47beaucoup de choses
27:47vont se passer
27:48et que sur ce sujet-là
27:50dans le domaine
27:54de la souveraineté
27:54ou de l'autonomie stratégique,
27:56je pense qu'un certain
27:56nombre d'annonces
27:57seront faites,
27:58d'alliances vont se mettre
27:59en œuvre.
28:00Voilà, les choses
28:00devraient beaucoup bouger
28:01d'ici la fin de l'année.
28:03Voilà, moi,
28:04je suis très confiant
28:05là-dessus.
28:06Voilà, reparlons-nous
28:07bientôt.
28:08Ah, vous êtes fort
28:09pour le teaser.
28:11Merci beaucoup,
28:11Éric Saloubière,
28:12d'avoir été avec nous
28:13dans la grande interview
28:14de Smartech.
28:14Et merci à tous
28:15de nous avoir suivis
28:16sur la chaîne de Bsmart.
28:17On se retrouve dès demain
28:18pour de nouvelles discussions
28:19sur la tech.
28:20Merci à vous.
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