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  • il y a 4 heures
Ce lundi 25 mai, Emmanuel Sales, président de la Financière de la Cité, s'est penché sur l’impact positif pour le pays et pour l’Europe de la nomination d’Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France, et la divergence entre la hausse des actions et le moral des consommateurs américains, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Emmanuel Salle nous rejoint, il est 15h45, le président de la financière de la Cité.
00:04Bonjour Emmanuel.
00:05Bonjour Guillaume.
00:05Ça c'est marché qui remonte aujourd'hui.
00:07Vous allez rendre votre verdict, ce verdict que vous allez rendre, ce moment qu'on va vivre.
00:10Est-ce que vous l'assumez ?
00:12Je l'assume entièrement.
00:13On vous écoute.
00:14Écoutez, je pense que la nomination prochaine d'Emmanuel Moulin comme gouverneur de la Banque de France
00:19est une excellente chose à la fois pour le pays et pour l'Europe.
00:21Ah tiens.
00:23Emmanuel Moulin qui va succéder à François-Louis Roi-Gallot à la tête de la Banque de France.
00:27Vous dites, c'est une chance, franchement vous n'êtes pas quelqu'un de très tendre, vous êtes sympathique,
00:31mais quand vous avez des critiques à faire, vous les faites.
00:34Là aujourd'hui vous dites, c'est une chance, la nomination d'Emmanuel Moulin, une chance pour la France et
00:37l'Europe.
00:37Absolument, absolument et je regrette que vos confrères n'en aient pas trop parlé.
00:41Disons qu'on a beaucoup évoqué le sujet sur la forme, en raison des liens bien évidemment d'Emmanuel Moulin
00:47avec la présidence de la République.
00:49Néanmoins, il était intéressant de l'écouter et d'entendre ce qu'il dit.
00:54Et comme vous le savez, il a fait une déclaration de foi, si je puis dire, auprès de la commission
00:58des finances du Sénat.
00:59Et que dit-il dans cette commission de foi ?
01:01Eh bien, dans cette profession de foi, en quelque sorte, il dit que la BCE est vraisemblablement allée trop loin
01:06dans sa politique monétaire,
01:08qu'en termes de stratégie monétaire, quand on remonte les taux d'intérêt, il faut éviter également les impacts sur
01:12la croissance.
01:13Il plaide en faveur d'un endettement commun afin de soutenir des projets, notamment dans la défense, le quantique, l
01:21'IA, bien évidemment.
01:22Il met en valeur le rôle important de Draghi à la BCE qui a évité la désagrégation de la zone
01:31monétaire.
01:31Bref, on peut penser que l'arrivée d'Emmanuel Moulin pourrait, je parle bien sûr au conditionnel, réveiller l'Europe
01:38monétaire
01:39et la sortir, si je puis dire, de sa torpeur ordo-libérale.
01:43Enfin, nous verrons bien.
01:44Mais il me semble que c'est plutôt une bonne nouvelle qui a été soulignée par Bloomberg, d'ailleurs.
01:50Mais on doit regretter qu'en France, les supports de presse spécialisés dans l'économie se soient portés essentiellement sur
01:59la forme de cette nomination
02:00et un peu moins sur les propos d'Emmanuel Moulin.
02:02Heureusement, nous sommes là.
02:03Vous nous accompagnez aussi ici, d'ailleurs, au cœur de BFM Bourse, Emmanuel.
02:07C'est-à-dire que François Villeroy-le-Galot était neutre, on va dire, ni Colombes ni Faucon entre les
02:11deux.
02:11Et d'ailleurs, l'écouter, l'entendre parler de la politique monétaire était intéressant pour voir où se citait le
02:17point médian des membres de la BCE.
02:18Là, vous pensez qu'il sera peut-être un peu plus Colombes, le nouveau gouvernement de la France ?
02:22Un peu plus Colombes, nous le verrons.
02:23En tout cas, il faut souhaiter qu'il fasse valoir une autre voie.
02:28D'ailleurs, ce qui est assez surprenant, c'est que le discours d'Isabelle Schnabel, la représentante de l'Allemagne,
02:33au directoire de la BCE,
02:35s'est soudainement durci après l'annonce de l'arrivée d'Emmanuel Moulin.
02:41Donc, on verra bien.
02:42Ça promet, en tout cas, des discussions intéressantes, je pense, au directoire de la BCE.
02:45Et début juin, je sens que vous serez fâché si la BCE relève ses taux, ce qui est à peu
02:49près le consensus, quand même, lors de l'arrivée d'Emmanuel Moulin.
02:51Oui, pas simplement début juin.
02:52Il y a des anticipations de remontées, on est entre 3 et 4 remontées de taux d'intérêt.
02:58C'est quand même assez frappant, parce qu'on sait très bien que dans un choc pétrolier,
03:02c'est d'ailleurs un point que soulignait Emmanuel Moulin lors de ses déclarations,
03:05les banques centrales doivent, voire à travers un choc pétrolier,
03:09en quelque sorte passer outre afin de ne pas taper la demande et ne pas ajouter du mal au mal.
03:15C'est ce qu'a fait la BCE en 2008, au moment de la hausse du prix du pétrole de
03:202008, si vous vous en souvenez.
03:21C'est ce qu'on a fait également en 2025, à la sortie du Covid, avec le déclenchement de la
03:26guerre en Ukraine, en 2024.
03:29Là, on a un nouveau choc pétrolier. Est-ce que ces effets vont être durables sur l'économie ?
03:34Est-ce que c'est un effet de court terme ? On ne le sait pas encore, puisque des négociations
03:38sont en cours.
03:39En tout cas, quoi qu'il en soit, ajouter une remontée de taux d'intérêt à un choc d'inflation
03:44externe,
03:45ce n'est pas bon pour la croissance, d'autant plus qu'on est en phase de consolidation budgétaire
03:48et de contraction du bilan de la BCE.
03:50Donc, pour l'Europe, ça veut dire hausse des taux courts, poursuite de la contraction du bilan,
03:54donc avec tension sur les taux longs, et enfin, politique de consolidation budgétaire.
03:58Donc, les perspectives de croissance ne sont quand même pas très favorables.
04:01Sur la tendance des marchés, là, on espère un accord dans les prochaines heures,
04:06mais enfin, comme les 360 fois avant.
04:10Est-ce que vous ne trouvez pas que la paix est surjouée en bourse ?
04:14Une fois de plus, on est quand même pétri de complaisance.
04:18Alors, je rejoins effectivement tout à fait cet avis.
04:20Je pense qu'il y a deux choses qui sont surjouées.
04:22C'est la paix et c'est l'IA, si je puis dire.
04:25C'est-à-dire qu'aujourd'hui, les marchés sont pleins de complaisance
04:27envers la capacité de Donald Trump de parvenir à une issue sur la crise d'Hormuz.
04:33Bon, on ne sait pas si effectivement le décret...
04:36Enfin, on va avoir une réouverture du Détroit.
04:38Personne n'en sait rien.
04:39Enfin, très sincèrement, personne n'en sait rien.
04:41Il y a eu tellement de revirements.
04:42Et on voit bien quand même que d'une certaine façon,
04:43les Iraniens ont la main quand même sur le sujet.
04:45D'autant plus que c'est maintenant, grâce à l'administration américaine,
04:48la frange la plus radicale qui est au pouvoir en Iran.
04:52Donc, on n'en sait rien.
04:53Même s'il s'ouvre aujourd'hui, on aura des perturbations sur le marché du pétrole
04:56qui vont durer au moins jusqu'à la fin du mois de juillet, début du mois d'août.
04:59Si on prend quelques semaines de retard, là, ça va nous reporter au 2027
05:04dans un contexte, effectivement, où on a des taux d'intérêt qui sont très élevés.
05:09C'est ça le problème.
05:10C'est qu'en fait, aujourd'hui, la hausse des marchés...
05:13Comme la contradiction, je la sens moins, entre ce qui se passe dans le Détroit d'Hormuz
05:16et puis la hausse des marchés, c'est plutôt la hausse des marchés d'action
05:18et ce qui se passe sur les marchés de taux d'intérêt
05:23avec des mouvements de vente qui sont tout à fait impressionnants,
05:25des niveaux de taux en zone euro qui sont véritablement des mouvements,
05:30des niveaux qui pourraient rendre extrêmement prudents sur les perspectives de croissance.
05:34Et donc, vous ne comprenez pas que les marchés continuent de monter
05:36alors que les pressions billetaires sont si fortes, sauf qu'il y a de la croissance.
05:39Il y a un nouvel acronyme qui apparaît là dans le marché.
05:41Vous connaissez l'effet FOMO, la peur de rater le train en marche.
05:43Non, là, c'est un nouvel acronyme, c'est l'effet FEMO.
05:47Fabulous Earnings Momentum, un fabuleux cycle de hausse des bénéfices.
05:51C'est dans ça qu'on est, et ce n'est peut-être pas terminé.
05:52Est-ce que ça, ça ne justifie pas la poursuite ?
05:54Ça justifie effectivement la hausse des bourses.
05:57Alors, ce FEMO, cet effet Momentum, on l'a quand même surtout sur la bourse américaine.
06:01Et c'est l'IA, la technologie, qui ne peut pas se leurrer,
06:04qui comme en 2020, au moment de la première vague Internet,
06:10porte l'ensemble des valorisations.
06:11Si vous laissez de côté l'IA et les valeurs liées à la technologie,
06:14on a en fait un marché qui est beaucoup moins,
06:17qui présente des dehors beaucoup moins attractifs.
06:19Donc, on est indéniablement dans un Momentum positif.
06:22À long terme, en tout cas, même à moyen terme,
06:25est-ce que la poursuite de ce Momentum est compatible
06:27avec une remontée des taux d'intérêt à long terme,
06:29peut-être qu'on la connaît aujourd'hui ?
06:30Je ne le crois pas.
06:31Moi, il y a également un sujet dont on ne parle pas suffisamment à l'IMBI,
06:34c'est ce qui se passe au Japon.
06:36C'est-à-dire qu'au Japon, vous avez une remontée des taux d'intérêt massive,
06:40qui va de pair avec les projets d'investissement du nouveau Premier ministre,
06:44de la nouvelle Première ministre.
06:46Ça a des effets d'éviction sur l'ensemble de la dette obligataire.
06:49C'est-à-dire que si les Japonais, si l'épargne japonaise,
06:51notamment les compagnies d'assurance japonaises,
06:53commencent à décaler, à déplacer leur épargne,
06:56et aujourd'hui investie dans les obligations européennes,
06:58pour aller sur une épargne mieux rémunérée,
07:01et en outre sans risque de change,
07:02l'effet d'éviction risque d'accentuer encore la tension sur les taux longs.
07:06Et si elle connaît la ministre japonaise un moment un peu à la listreuse,
07:11pour faire référence à la Première ministre britannique,
07:14il y a quelques années, qui était tombée sur une crise du sterlin,
07:17on peut avoir également le même effet de sell-off, si je puis dire,
07:22de vente forcée, qui va se répandre sur l'ensemble du marché obligataire.
07:26Donc tout ça, à mon avis, justifie une certaine prudence sur les marchés d'action.
07:29Bon, et les marchés d'action qui deviennent de plus en plus un monde à part.
07:32Le S&P 500 est sur des plus hauts historiques,
07:33quand le moral des consommateurs américains, lui, sur des plus bas historiques.
07:36Mais vraiment, l'indice du Michigan, qui a été publié vendredi, du mois de mai,
07:39est sur un plus bas depuis la création de cet indicateur en 1952.
07:43Et parallèlement, le même jour, le S&P battait un plus haut.
07:45On regardait là, au cours des six dernières années,
07:47le S&P a progressé de 130%,
07:48alors que la confiance des consommateurs américains s'est effondrée de 55%.
07:52On n'a jamais eu une telle divergence entre la hausse des actions
07:55et la baisse du moral des consommateurs.
07:56Est-ce que ça peut tenir ça ?
07:57Écoutez, c'est très surprenant, effectivement.
07:59Et c'est d'autant plus surprenant que ces statistiques concernent également
08:02ceux qui détiennent des actions.
08:03Même ceux qui détiennent des actions du SP500,
08:06de la valeur technologique, sont pessimistes.
08:09Effectivement, c'est un vrai sujet.
08:11Je crois que c'est lié également aux inquiétudes qui entourent l'IA.
08:13Les gens ne savent pas s'ils vont conserver véritablement leur job à long terme.
08:16Donc on a des interrogations sur ces sujets-là
08:18qui vont très au-delà, finalement, de l'évolution des cours boursiers
08:21et qui justifient, à mon avis, cette situation.
08:23Avec en outre, à court terme, la guerre en Iran,
08:25le renchérissement des prix du galon,
08:27et tout ça qui pèse également sur le moral.
08:29Il y a quelque chose de l'idée que l'enrichissement se fera désormais
08:32au moins autant par le capital que par le travail,
08:34voire plus, de plus en plus, par le capital,
08:36plutôt que par le travail, du fait de l'intelligence artificielle,
08:39du ralentissement démographique attendu aussi.
08:41Enrichissez-vous par le travail et par l'épargne,
08:42comme disait Guizot.
08:43Les deux.
08:44Oui, nous verrons bien.
08:46Merci beaucoup, en tout cas, Emmanuel, d'être passé nous voir.
08:48Emmanuel Salle, le président de la financière de la Cité.
08:49On parlera de SpaceX, tout à l'heure,
08:51dans la suite de BFM Bourse à nouveau.
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