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  • il y a 7 semaines
Ce lundi 5 janvier, Emmanuel Sales, président de Financière de la Cité, s'est penché sur le populisme en tant que maître du jeu des marchés boursiers pour cette année 2026, la prochaine cible de Trump après le Venezuela, la résilience de la croissance européenne en 2025 et les perspectives pour 2026, ainsi que le premier test obligataire de la France ce jeudi, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:0015h47, il nous rejoint cet après-midi, Emmanuel Salle, le président de la financière de la Cité.
00:05Bonjour Emmanuel.
00:06Bonjour Guillaume.
00:072026 commence sur les chapeaux de roue, vous allez face à ces marchés, face à ce contexte géopolitique.
00:11Rendre votre verdict, cet instant qu'on va vivre, ce verdict que vous allez livrer, est-ce que vous l'assumez ?
00:16Je l'assume Guillaume.
00:16On vous écoute.
00:18Écoutez, malheureusement, je crains qu'en 2026, en bourse, il ne faille jouer le populisme.
00:24Un peu comme en 2025 d'ailleurs.
00:25Ah, la bourse cette année sera portée par le populisme d'après vous ?
00:30Par les thématiques liées au populisme, en effet.
00:33En effet, je crois que d'ailleurs ces premiers jours de 2026 sont particulièrement annonciateurs.
00:38On voit que les valeurs de défense reprennent des couleurs, bien sûr aux Etats-Unis mais également en Europe.
00:45Les matières premières à l'exception du pétrole, l'or.
00:48Bref, on a un monde plus fragmenté qu'il ne l'était en 2025,
00:52avec de grandes zones géopolitiques.
00:56Une Europe qui se porte mal, avec là également une montée des mouvements populistes
01:02qui produit ses propres effets dans l'économie et sur les marchés.
01:07Donc je crains malheureusement que cette thématique du populisme continue d'inspirer
01:12une grande partie des mouvements boursiers et des stratégies d'investissement.
01:17Et de plus en plus à mesure qu'on arrivera vers les mi-termes.
01:20Les mi-termes, maintenant on peut retenir, on peut donner la date et retenir la date.
01:223 novembre prochain, mardi 3 novembre prochain, ce sera les mi-termes.
01:25Et c'est sans doute désormais l'unique cap de Donald Trump.
01:28Est-ce que vous l'imaginez Donald Trump ?
01:29Alors là on voit faire des gros coups et réussir ses coups géopolitiques.
01:33Mais est-ce qu'on imagine aussi Donald Trump faire des coups économiques
01:35pour soulager le consommateur, lui faire plaisir à l'approche de ses mi-termes ?
01:38Quitte à faire des bêtises, déréglementer à tout va, etc. l'économie américaine.
01:42On verra, effectivement c'est un enjeu important parce qu'au début de 2026
01:45c'est les grandes dispositions de la dernière loi de finances américaine
01:50qui entrent en vigueur.
01:51Donc ça veut dire pour beaucoup d'Américains appartenant aux classes moyennes,
01:54aux classes populaires, une baisse du train de vie
01:57liée à la contraction des subventions liées à la santé, aux dépenses de santé.
02:02Ça veut dire également l'inflation qui commence à mordre quand même sérieusement aux Etats-Unis.
02:05Également l'emploi ne se porte pas très bien.
02:06Donc ça sera essentiel de voir quelles sont les mesures qui pourront être prises par Trump sur ce front.
02:13Il pourrait finalement être aidé par le Congrès
02:16qui pourrait peut-être rapporter une partie des mesures prises sur les tarifs
02:21le jour du Liberation Day en avril dernier.
02:26Bon, on verra bien, ça pourrait relâcher peut-être les frères inflationnistes.
02:28Il faudra suivre également la nomination du successeur du président de la Fed.
02:33Il est probable également qu'on ait une majorité plutôt trumpienne à la Fed
02:37avec donc de nouvelles baisses de taux d'intérêt dans le pipe.
02:40Donc tout ça pourrait aider quand même la consommation, l'économie américaine.
02:44La question est de savoir cependant, est-ce que véritablement les mid-terms,
02:49puisque vous en parliez, vont se faire sur le front de l'économie ?
02:51Est-ce que ce n'est pas les questions symboliques liées à la lutte contre le wokeisme,
02:55à l'affirmation de la puissance américaine qui reviendront au premier plan ?
02:59Et on ne peut pas s'empêcher de penser que les revendications territoriales de Trump
03:03s'inscrivent dans cette dynamique.
03:04C'est-à-dire que vous imaginez que Venezuela, par exemple,
03:07ça parle à une partie de l'électorat de Donald Trump.
03:08Les électorats latinos sont sans doute favorables à ce genre d'opération.
03:12Les latinos ont beaucoup voté Trump.
03:13Les latinos sont favorables.
03:14Les MAGA, je ne l'en suis pas sûr, parce qu'effectivement,
03:16les MAGA étaient tout à fait hostiles aux attentions à l'étranger,
03:19aux extérieurs des États-Unis.
03:21Mais on ne le voit pas.
03:21Est-ce qu'on imagine que ce n'était que la première étape avant pourquoi pas le Groenland ?
03:24En voyant les midterms arriver, pas les Groenland !
03:26Pourquoi pas ?
03:26Mais c'est vrai qu'on voit bien que l'intervention au Venezuela
03:28n'est pas tout à fait la même qu'en Irak.
03:29Ce n'est pas véritablement du régime change,
03:32puisqu'il semble que l'administration Trump va s'appuyer sur les institutions du Venezuela,
03:39la vice-présidente, afin d'assurer une transition progressive dans la durée.
03:42On verra bien ce qu'il en est.
03:44Mais en tout cas, on n'est pas vraiment dans une problématique de régime change,
03:46comme c'était le cas en Syrie, en Irak ou en Libye,
03:49où malheureusement nous avons également participé.
03:52Donc on peut considérer que le contrat avec la sphère MAGA
03:56sur la non-intervention des États-Unis dans ce cadre-là est plus ou moins respecté.
04:04Et en revanche, l'affirmation de puissance américaine au Venezuela, au Colombie,
04:08et peut-être au Groenland, va quand même dans flat toute sa sphère de l'électorat.
04:13À titre personnel, je pensais que les élections se faisaient davantage sur des questions symboliques,
04:18sur des questions de signaux historiques et symboliques, ou religieux,
04:22que sur des questions strictement économiques.
04:27Et nous verrons bien.
04:28En outre, même si le Congrès passe dans le camp démocrate,
04:33ça ne notera pas les pouvoirs dont dispose le président des États-Unis
04:37en matière de politique étrangère, qui sont extrêmement importantes,
04:40notamment en manière militaire.
04:41Il a fait ce qu'il a fait au Venezuela sans passer par le Congrès.
04:42Il l'aurait dû d'ailleurs, mais il l'a fait craindre.
04:45Au-delà de ces questions-là, l'année dernière, tout le monde craignait la récession,
04:48qui n'est pas advenue.
04:49Cette année, tout le monde attend une réaccélération de la croissance.
04:52Est-ce que du coup, c'est un risque ?
04:53Alors, effectivement, c'est un risque.
04:55Moi, j'ai le sentiment que je suis resté optimiste pour 2026,
04:57parce que je trouve qu'il y a des facteurs qui sont plutôt positifs.
05:00D'abord, le pétrole, la baisse du prix du pétrole.
05:02Et là, c'est vrai qu'un pétrole à 50-60 dollars,
05:05c'est plutôt favorable à l'économie mondiale.
05:07La baisse du dollar, mais tout est fait pour favoriser la baisse du dollar,
05:10même si à court terme, on peut avoir des mouvements de hausse
05:12liés justement au succès de l'intervention américaine,
05:15voire au prolongement de ces opérations.
05:18Mais mon sentiment, c'est que le dollar devrait rester assez bas,
05:23enfin le taux de change.
05:24Donc, ça soutient plutôt l'économie mondiale, en tout cas les pays émergents.
05:27Bon, de ce point de vue-là, j'avoue, je ne vois pas de grand accident.
05:32Il peut y avoir un risque en matière de politique monétaire,
05:34mais là également aux Etats-Unis, je trouve que c'est plutôt bien géré.
05:37En revanche, le problème, c'est toujours l'Europe.
05:38L'Europe qui est toujours malheureusement en panne,
05:40toujours à la traîne, avec des taux longs extrêmement élevés comparativement à l'économie.
05:45Attendez, l'Europe à la traîne ?
05:46La baissée a baissé ses taux largement avant la Fed ?
05:49Ah oui, alors vous savez que dans la politique monétaire,
05:51il y a les taux courts et les taux longs.
05:53Alors certes, elle a commencé à baisser les taux courts
05:56après les avoir remontés de façon avec eux,
05:58après avoir connu le cycle de hausse le plus important de son histoire.
06:02Mais il y a les problèmes, c'est les taux longs surtout.
06:04C'est que la BCE continue de contracter son bilan.
06:06Et aujourd'hui, les taux longs sont à 3,60 en zone euro,
06:11enfin 3,60 en France, l'OAT est à 3,60 avec une inflation à 0,8.
06:15Donc écoutez, comment vous faites pour redémarrer une économie
06:17lorsque vous avez une inflation à 0,8, une croissance quasiment nulle,
06:20en tout cas une croissance du secteur privé quasiment nulle,
06:22et des taux d'intérêt à long terme à 3,60 ?
06:25Ça paraît quand même assez difficile.
06:26Oui, donc pression là sur la BCE.
06:28Vous estimez que la BCE est tard ?
06:30Je pense qu'il y a un vrai problème de lecture du cycle économique
06:33et que la BCE a été plus concernée finalement par le souci
06:37de tourner la page de l'ère Draghi,
06:40de revenir à une gestion dite orthodoxe,
06:42normalisée des équilibres monétaires,
06:44plutôt que de soutenir la croissance européenne.
06:47Il faut dire malheureusement que son mandat,
06:49comme le soulignait d'ailleurs le président de la République récemment,
06:51est limité, puisqu'il ne concerne nominalement que l'inflation.
06:55Mais on sait très bien qu'à travers l'inflation,
06:57on peut attraper beaucoup de choses.
06:58On peut attraper également le taux de change,
07:00pourquoi pas la croissance,
07:01puisque la croissance est un des facteurs de détermination de l'inflation.
07:05En préparant cet échange, Emmanuel,
07:07vous me disiez qu'il y avait un truc peut-être un peu agaçant,
07:10une actualité passée, qu'on a vu apparaître pendant les fêtes,
07:12qui vous, peut-être vous a agacé en tout cas,
07:14le salaire de Christine Lagarde.
07:15Le salaire de Christine Lagarde,
07:16dont on a découvert qu'il était supérieur à celui de Jerome Powell.
07:19Ça, ça vous agace ?
07:20Oui, alors ce n'est pas que ça m'agace,
07:21je trouve que c'est intéressant de voir.
07:22D'abord, c'est le Financial Times,
07:24qui n'est pas réputé pour particulièrement mettre en cause
07:26la rémunération des grands dirigeants de ce monde,
07:29qui a signalé effectivement que le salaire de Christine Lagarde
07:31dépassait avant impôt, je crois, les 800 000 euros,
07:33ce qui est effectivement tout à fait significatif.
07:35À titre personnel, c'est moins le salaire de Christine Lagarde
07:37qui me dérange que finalement sa politique.
07:38et je pense que c'est davantage de la politique
07:40qu'on devrait mettre en cause,
07:42et notamment une politique de contraction de la demande interne,
07:45tout à fait assumée,
07:46dans la foulée des analyses d'Isabelle Schnabel
07:50et de Nagel, le patron de la Bundesbank,
07:52avec des conséquences dont la France est la principale victime.
07:56Alors la France, justement,
07:57elle passera un test obligataire dès cette semaine.
07:59L'année 2026 commence dès cette semaine
08:01sur le marché obligataire pour nous.
08:02On va essayer d'émettre 13 milliards et demi d'euros,
08:04ce sera jeudi, J-3 avant cette émission,
08:06à long terme, 10 ans et 30 ans.
08:0813 milliards et demi d'euros à 10 ans et 30 ans.
08:09Ce sera un premier test,
08:10alors que cette année, l'Allemagne aussi doit se mettre
08:12à y mettre pas mal de dettes.
08:14Bon, on va réussir à nouveau nos tests cette année,
08:16on va jouer à se faire peur comme d'habitude,
08:17ou il y aura des vraies raisons cette fois,
08:18cette année, de se faire peur,
08:19parce qu'en face, on aura aussi une offre allemande importante.
08:21Écoutez, moi j'ai le sentiment que la dette française
08:23c'est un excellent produit.
08:24Donc je ne peux que recommander aux investisseurs
08:26de prendre de la dette française,
08:27surtout au taux actuel, vraiment à 3,60.
08:30Quelles sont les raisons que vous avez de craindre
08:31une remontée des taux d'intérêt ?
08:33En Europe, vous n'avez pas de croissance,
08:34et d'ailleurs c'est même une stratégie assumée,
08:36c'est une stratégie assumée de contraction
08:37de la demande interne,
08:38vous n'avez pas de croissance,
08:39la croissance dépend essentiellement de l'extérieur,
08:41avec une Chine qui est plutôt en panne
08:43et des Etats-Unis qui se ferment.
08:46Vous n'avez pas véritablement d'inflation,
08:48donc quelles raisons pourraient finalement
08:50conduire les taux à remonter ?
08:52En revanche, on est dans une situation
08:55qui est plutôt de contraction de l'économie,
08:57et donc on pourrait très bien s'attendre
09:00à des baisses de taux longs,
09:01des taux d'intérêt à long terme,
09:04et donc dans ces conditions-là,
09:05je considère que finalement,
09:06avoir de l'OAT à ces niveaux de taux d'intérêt,
09:09c'est plutôt une bonne opération.
09:11Oui, il sera intéressant de voir
09:12si l'écart de taux toujours entre la France et l'Allemagne
09:14s'amplifie à nouveau,
09:15il s'était rétréci,
09:16fin de l'an dernier,
09:16on est toujours à 70 points de base d'écart de spread
09:18aujourd'hui entre les 10 ans français et allemands.
09:19On a connu plus.
09:20Oui, on a connu plus.
09:21Alors, bonne nouvelle d'ailleurs,
09:22le 10 ans français est un peu en dessous,
09:23en dessous,
09:23en dessous du 10 ans italien.
09:25On est passé un peu en dessous là,
09:263,58 contre 3,59 pour le 10 ans italien.
09:28Dernière question sur les grands enjeux
09:30de cette année 2026,
09:31l'IA quand même, un peu d'IA.
09:33Est-ce que vous pensez que 2026 sera l'année
09:35où l'on verra les premiers ruissellements comptables
09:38de l'IA dans les bilans des entreprises ?
09:39Est-ce que les bilans comptables des entreprises
09:41nous montreront un premier effet bénéfique de l'IA
09:43ou toujours pas ?
09:44Très sûrement, je crois qu'on va avoir
09:45des gains de productivité considérables
09:47liés à l'introduction de l'IA
09:50dans la pratique des entreprises.
09:51Ça a déjà commencé en 2025
09:53dans quantité de secteurs,
09:54notamment dans les secteurs financiers,
09:55mais dans bien d'autres.
09:56Donc, je considère effectivement
09:58que c'est un facteur d'amélioration
09:59de la productivité
10:00qui est absolument capital
10:01et qui est vraisemblablement sous-estimé
10:03dans les pays aussi.
10:04On l'a vu d'ailleurs il y a peu de temps
10:05en Grande-Bretagne
10:06où l'Office de responsabilité budgétaire
10:08avait très fortement mésestimé
10:12les gains de productivité
10:13liés à la diffusion de l'intelligence artificielle
10:18dans l'économie britannique.
10:19Et donc, en termes sectorielles,
10:20la tech, toujours la tech
10:20ou vous diversis ?
10:21Comment vous préparez cette nouvelle amie ?
10:23En termes sectoriels,
10:24comme je vous l'avais dit d'ailleurs,
10:25je trouve qu'il y a énormément,
10:26il y a beaucoup de survalorisation
10:27sur la tech,
10:28mais néanmoins,
10:28le marché s'est normalisé.
10:29Depuis la fin de l'année 2025,
10:31on a quand même une baisse
10:32des valorisations de la tech,
10:33enfin en valeur relative, j'entends.
10:34On a un marché qui est aux Etats-Unis
10:36a retrouvé un peu plus de valeur,
10:37un peu plus de diversification
10:38et ça, c'est plutôt une bonne chose.
10:40Merci beaucoup de nous avoir accompagnés.
10:42Aujourd'hui,
10:43il est le président de la financière de la Cité.
10:45nous accompagne très régulièrement
10:47depuis combien d'années Emmanuel ?
10:48Emmanuel Salle était avec nous.
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