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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo

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00:0019h, ravi de vous retrouver ce soir au sommaire à l'Assemblée nationale à approuver pour la troisième fois la
00:08proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir.
00:11L'adoption définitive est prévue le 15 juillet.
00:14Le texte a franchi une nouvelle étape avec la remise en cause de la clause de conscience des établissements de
00:19soins.
00:20En clair, les médecins pourront refuser de participer à l'aide à mourir, mais les établissements de soins non.
00:26Est-ce à dire que ce qui était présenté comme une exception deviendrait progressivement la norme ?
00:32L'édito de Mathieu Bocoté.
00:35En Belgique, selon un article de Marianne, un professeur de religion catholique converti de l'islam a reçu des menaces
00:42après la découverte de ses vidéos chrétiennes sur les réseaux sociaux.
00:46Il dit craindre de connaître le sort de Samuel Paty.
00:49L'intimidation religieuse a-t-elle franchi les portes de l'école et franchi également les frontières jusqu'en Belgique
00:54?
00:54Un musulman a-t-il le droit de se convertir au catholicisme ? Le regard de Marc Menon.
01:01Le week-end prochain, deux marches sont prévues.
01:03Deux marches, deux récits, deux visions de la France.
01:06L'une pour Louis réclamant davantage de sécurité et une justice plus ferme.
01:10L'autre pour Adama Traoré dénonçant les violences policières malgré un non-lieu définitif de la justice.
01:18Donc l'une réclame justice, l'autre réclame malgré la justice.
01:23La présidentielle de 2027 se jouera-t-elle d'abord sur cette fracture sécuritaire ?
01:28L'analyse de Gabrielle Cluzel.
01:30Une militante féministe allemande appelle à avoir, je cite, moins de bébés blancs et davantage de réfugiés au nom du
01:39climat et de l'antiracisme.
01:41Ses propos provoquent une vive polémique et relancent le débat sur l'identité, la natalité et l'immigration.
01:48Ce discours est-il marginal ou peut-être le symptôme d'une évolution idéologique bien plus profonde qu'on ne
01:53le croit ?
01:54L'édito de Mathieu Bocoté.
01:57Le jeune Louis, 17 ans battu à mort à Narbonne, avait été confié à l'aide sociale à l'enfance.
02:02Mais l'aide sociale à l'enfance n'a jamais informé les parents du harcèlement que subissait l'adolescent, ni
02:07de la plainte du 11 mai de Louis.
02:10Comment peut-on confier ses enfants à l'État sans que l'État ne les protège ?
02:15Près de 400 000 enfants relèvent aujourd'hui de la protection de l'enfance.
02:18Après un an d'enquête, des dizaines d'auditions, des déplacements sur le terrain, un constat s'impose, le système
02:24est en crise profonde.
02:26Comment mieux protéger les enfants, les plus vulnérables et empêcher que ceux que la République devait sauver deviennent les oubliés
02:33de la France ?
02:34Charlotte Dornela s'interroge, notre invitée ce soir, justement Isabelle Santiago.
02:38Et notre invitée dans Face à l'Info, la figure incontournable de la protection de l'enfance en France,
02:43la voie la plus engagée de l'Assemblée nationale pour les enfants les plus vulnérables, 25 ans d'engagement pour
02:49cette femme devenue députée PS,
02:52ancienne vice-présidente du département du Val-de-Marne en charge de cette politique de la protection de l'enfance,
02:58à l'origine de la loi Santiago en 2021, qui a révolutionné la loi sur les violences sexuelles sur des
03:05mineurs.
03:05Isabelle Santiago a aussi été rapporteure de la commission d'enquête sur l'ASE, l'aide sociale à l'enfance.
03:11Elle a porté un rapport de référence proposant 92 recommandations pour refonder tout le système.
03:17Elle a été rattrapée par l'actualité.
03:20La députée socialiste Isabelle Santiago est l'invité de Face à l'Info ce soir.
03:25Voilà une heure pour tout se dire et sans t'avoues.
03:40Les marches blanches, on en a ras-le-bol.
03:43D'accord ? Donc nous, on a décidé que ça s'appellerait la dernière marche, parce qu'on veut que
03:46Louis, en fait, soit le dernier enfant assassiné.
03:50Et on a décidé que ça suffisait.
03:51Ce qui est très étonnant, c'est que, par exemple, la plainte que Louis a déposée le 11 mai, on
03:56l'a appris grâce à des journalistes qui font très bien leur travail, je tiens à le souligner.
03:59Le 12 juin, Louis a également été agressé.
04:03Et en fait, il y a très peu de choses qui nous sont remontées.
04:05On apprend, on découvre jour après jour des nouvelles informations sur le harcèlement qu'a subi Louis jusqu'à son
04:12lynchage et jusqu'à sa mort.
04:13L'État ne nous a pas proposé de solution. La ZEU s'est proposée comme la seule solution pour accompagner
04:19Louis.
04:20Et ce n'était évidemment pas la situation la plus adaptée. Mais on ne nous a rien proposé d'autre.
04:25Donc, les parents de Louis savent que leur enfant est placé sous la responsabilité de l'État ?
04:30Oui.
04:31Il est harcelé. Les parents ne sont pas au courant ?
04:33Non.
04:34Il porte plainte. Les parents ne sont pas au courant ?
04:36Non.
04:37Il demande de l'aide. Finalement, on ne l'aide pas.
04:40Exactement.
04:42Dossier spécial dans Face à l'info sur l'aide sociale à l'enfance.
04:45On en parlera avec Charlotte Dornela.
04:47C'est notre invitée Isabelle Santiago, députée PS, en charge de ces dossiers depuis plus de 25 ans.
04:55Mathieu Bocoté, la fin de vie s'est imposée à l'Assemblée nationale.
04:58Aujourd'hui, plusieurs considèrent que la loi votée n'a plus rien d'une loi d'équilibre.
05:04Elle a été votée ce soir pour la troisième fois à l'Assemblée nationale avec une adoption définitive prévue au
05:1015 juillet.
05:11Pour reprendre la formule désormais convenue, loi d'équilibre Mathieu Bocoté.
05:16Ils envoient la confirmation dans la fin de l'exemption pour clause de conscience accordée aux établissements privés,
05:23généralement chrétiens, hostiles à la mesure.
05:25Est-ce qu'on est devant une loi si radicale qu'on le dit ?
05:28On essaie de comprendre un peu ce qui va changer.
05:30Je vous avouerai, j'ai regardé ce débat en ayant l'impression de l'avoir déjà connu il y a
05:36un peu plus de dix ans.
05:37Parce que ce débat, tel qu'il se passe en France, nous l'avons connu chez nous au Québec au
05:42début des années 2010.
05:44On l'a connu aussi en Belgique, on l'a connu dans plusieurs pays.
05:48Et ce qui me frappe, c'est que chaque fois le débat est mené à peu près de la même
05:53manière.
05:53Non, je précise, c'est un mouvement qui emporte tout le monde occidental aujourd'hui.
05:58Aucune société n'est à l'abri de cette tentation.
06:01Donc c'est manifestement une révolution idéologique profonde qui correspond à certaines aspirations de l'époque.
06:06Donc comment se mène le débat ?
06:08Ce que je reviens là-dessus pour une raison, c'est que depuis deux ans, et surtout ces dernières semaines,
06:12on a beaucoup débattu des modalités de la loi d'affaires.
06:15Et c'est tout le débat a été capté sur tel, on va déplacer telle virgule, on va rajouter tel
06:19amendement,
06:20on va faire tel déplacement, mais tout ce débat présuppose une chose,
06:24le consentement à la transformation de l'euthanasie en soins,
06:27c'est-à-dire le basculement dans la logique des soins de fin de vie.
06:30Donc ensuite, on peut nommer la chose euthanasie, on peut nommer la chose suicide assisté,
06:35on peut nommer la chose soins de fin de vie.
06:38On peut par ailleurs, à travers tout cela, se questionner sur les modalités,
06:41clause de conscience, pas clause de conscience.
06:43On peut se demander, pour des gens qui souffrent beaucoup,
06:45pour des gens qui sont au seuil de la mort, pour des gens qui ont différentes dépressions.
06:49Les critères se multiplient, ils peuvent être plus serrés ou ils peuvent être plus élargis,
06:54mais chaque fois, il y a un consentement à l'idée qu'il faut institutionnaliser quelque chose
06:59comme un droit, on dit aujourd'hui, à mourir dans la dignité.
07:02Et le basculement du vocabulaire annonce déjà la réussite de ce projet.
07:09Alors, je vais dire des choses ainsi, le simple fait de rentrer dans le débat sur les modalités
07:13et de ne plus faire le débat sur le principe même de la transformation de l'euthanasie en soins,
07:19le simple fait d'accepter le débat seulement sur les modalités,
07:22fait en sorte que vous acceptez déjà que demain, ce droit nouveau s'étendra bien au-delà des modalités premières.
07:29Je vais vous rappeler comment ça s'est passé chez moi, 2012, 2013, 2014.
07:33Au début, on nous dit, c'est un soin, enfin, pour des cas d'exception.
07:38Certaines personnes qui souffrent, qui souffrent tellement que la vie leur est devenue insupportable.
07:42Par ailleurs, leur mort est certaine à ces gens dans les prochains temps.
07:46Leur mort est imminente.
07:47Donc, c'est pour les délivrer d'une mort certaine et imminente
07:51qu'on veut leur donner la possibilité de s'arracher aux souffrances extrêmes
07:54d'une existence qui n'en est plus une.
07:57Dans ce cas, on nous avait dit, c'est ça, la loi sur le suicide assisté,
08:02l'aide médicale à mourir, et nous n'en sortirons pas.
08:05Nous avons de belles balises dont on ne sortira pas.
08:08Soyez rassurés.
08:10Par ailleurs, dans ce débat-là, chez nous, alors ça, c'est un peu différent par rapport à la France,
08:13chez nous, il y avait deux options, les pour et les pas encore pour.
08:17C'est quoi, chez nous?
08:18Alors, en France, vous avez aussi le droit, chez nous, comme dans le Québec,
08:21c'est la plus grande France, comme on aurait dit autrefois.
08:24Donc, il y avait les partisans de l'aide médicale à mourir
08:28et ceux qui n'étaient pas encore pour.
08:30Et là, le débat public était ainsi construit.
08:32Vous avez le droit de vous y opposer, à condition de dire que demain, vous y serez favorable.
08:37Donc, le débat public, c'est que nous n'avons pas encore évolué suffisamment
08:41pour être d'accord avec cette décision inévitable.
08:44Quoi qu'il en soit, c'est voter dans les jours qui suivent.
08:48Moi, j'avais annoncé, je me rappelle, à la radio d'État de mon côté de l'Atlantique,
08:51encore une fois, j'avais dit, ne vous trompez pas, d'ici quelques semaines, quelques mois,
08:55ils vont faire tomber les balises.
08:56Je m'étais trompé par optimisme, pour une fois.
08:58C'était dans les heures et les jours qui ont suivi.
09:01Qui ont suivi la loi.
09:02C'était immédiatement dans le débat public qu'on a dit, bon, parfait, ces balises sont là,
09:06mais il faut les faire tomber aujourd'hui, parce qu'elles restreignent ce droit nouveau à quelques-uns.
09:11Ce droit qui est peut-être le droit le plus important de tous,
09:14parce que c'est le droit de se soustraire à une existence dégradée,
09:17pourquoi serait-il réservé à quelques-uns?
09:19Et dès lors, on a cessé, on a banalisé, en fait, l'aide médicale à mourir, comme on dit.
09:24On a, par ailleurs, toujours cherché à étendre les critères, les critères d'admission,
09:29et aujourd'hui, le débat au Québec, sur ça, mais pas qu'au Québec, en Belgique, ailleurs aussi,
09:33c'est notamment pour ce qu'on appelle la souffrance psychologique et psychique.
09:37Notamment la question, êtes-vous en dépression?
09:40Si vous êtes déprimé et que l'existence vous est subjectivement insupportable,
09:43et que les souffrances psychiques sont tout aussi graves que les souffrances physiques,
09:48de quel droit vous refuserez-t-on l'aide médicale à mourir?
09:51Donc, on n'est pas rendu là, mais on va dans cette direction.
09:54Donc, dans tout ce débat, la fameuse, le côté équilibre.
09:58L'équilibre, ce ne sont que des concessions circonstancielles pour faire accepter une idée révolutionnaire.
10:04On utilise la formule révolution anthropologique.
10:06On peut accepter ces concessions-là.
10:09Ces concessions servent à faire accepter au plus grand nombre une idée qui serait probablement minoritaire.
10:14Et une fois que la loi est votée, on fait sauter les balises, on fait sauter les principes d'équilibre.
10:22Et au terme de tout cela, le principe peut se déployer.
10:25L'aide médicale à mourir se transforme en droit presque universel.
10:28Et je note que dans cette loi d'équilibre, pour les chrétiens notamment, pour les catholiques plus largement,
10:34plus précisément, le critère utilisé, c'était la possibilité pour les établissements privés d'avoir une clause d'exception.
10:40C'est-à-dire qu'ici, nous ne pratiquerons pas l'aide médicale à mourir, l'euthanasie, appelez ça comme
10:44vous voulez.
10:45Ce droit réservé aux établissements privés qui avaient été promis n'a même pas été reconnu.
10:50C'est la clause de conscience qui tombe.
10:52Il y a combien de pays, en fait, dans le monde? 197, 180, je ne sais pas, moins de 200?
10:57On est d'accord?
10:58Oui, oui, c'est de 192, je crois.
10:59Et juste pour rappeler que ce sont seulement 10 à 12 pays maximum qui ont un texte sur l'aide
11:04à mourir.
11:05Il faut quand même rappeler que s'acharner, quand même, sur un texte comme celui-ci, ce n'est pas
11:10la majorité des pays.
11:11Je rajoute une petite parenthèse.
11:13Des pays occidentaux, d'ailleurs.
11:14Et des pays occidentaux.
11:16Il y a des vraies questions à se poser, quand même.
11:16C'est une des questions à se poser, quand même.
11:19Mathieu Pecoté, parlons-en directement, justement, de ce sujet.
11:22Comment expliquer ce refus de la clause de conscience?
11:25Alors, comme dirait l'autre, la République n'est pas un régime neutre.
11:28Ce n'est pas la simple organisation politique de la cité sous le signe de la souveraineté populaire.
11:33Elle porte une anthropologie, elle porte une vision de l'homme, elle porte une conception du monde.
11:38Et cette conception du monde, à terme, a vocation à s'imposer à tous.
11:42On pourrait dire que c'est une religion qui remplace l'ancienne.
11:44Si on raconte l'histoire de France depuis 1989-1917 à aujourd'hui,
11:48on pourrait dire que c'est, à certains égards, avec beaucoup de nuances,
11:52une guerre de religion qui s'est déployée et l'une religion a remplacé l'autre.
11:55La vieille France chrétienne a été remplacée par une religion nouvelle
11:59qui se réclame de l'esprit d'émancipation républicaine.
12:01Je ne dis pas ça de manière critique ou hostile ou sympathique.
12:04Je note simplement que ce combat n'était pas que politique, il était métaphysique.
12:09La nouvelle religion place en son cœur la souveraineté absolue de l'homme.
12:13Donc, c'est la possibilité pour l'homme de s'auto-engendrer.
12:17Dès lors, aujourd'hui, il y a les deux pôles, en fait, de l'existence.
12:20D'un côté, on rêve de pouvoir s'auto-engendrer.
12:22Donc, tout ce qui tourne autour de la fameuse théorie du genre,
12:24c'est la possibilité de s'extraire de la filiation pour être à soi-même son propre maître.
12:29« Je veux me créer moi-même ».
12:31À l'autre bout du spectre, au dernier jour,
12:34eh bien, il y a cette idée que si je veux quitter ce monde,
12:37mais de quel droit vous pouvez-vous m'empêcher ?
12:40Et puisqu'on vit dans un régime de social-démocratie providentialiste,
12:42on transforme le désir de partir en droit de quitter,
12:48financé par l'État à la manière d'un droit social parmi d'autres.
12:50Et peut-être le droit le plus important parmi tous,
12:53parce que c'est l'idée « j'en ai assez,
12:54qui êtes-vous pour me retenir sur Terre si je veux quitter ? »
12:57Je l'ai dit, il y a une banalisation de la chose,
12:59mais là, il y a un élément assez troublant,
13:01c'est que faire des établissements privés qui disent
13:03« non, par principe, on ne veut pas ».
13:06Mgr Rouget a dit, c'est inquiété,
13:08il a dit que ces établissements qui refusent d'appliquer l'euthanasie
13:11ou l'aide médicale à mourir, je le cite dans le Figaro,
13:13les établissements de soins chrétiens pourraient devoir fermer ou quitter la France.
13:17Je n'ai pu m'empêcher, puisque j'aime les rapprochements historiques,
13:19de me dire que c'est une nouvelle expulsion, indirecte cette fois,
13:22des ordres religieux, ce qui s'inscrit dans la longue histoire
13:25de la Révolution et de ses mille conséquences.
13:27C'est-à-dire, si vous refusez la morale nouvelle,
13:29si vous ne voulez pas vous y plier,
13:31si vous ne l'acceptez pas,
13:33eh bien, vous n'êtes plus le bienvenu.
13:36Par ailleurs, je note une chose,
13:38la République se montre ici particulièrement sévère envers les catholiques,
13:41une sévérité qu'elle ne montre pas peut-être envers d'autres confessions
13:43qui, quelquefois, ont leurs propres exigences.
13:46Autre chose, petite réflexion très brève,
13:48je me permettrai de le dire ici,
13:49il faut comprendre que l'euthanasie existe déjà,
13:51existe depuis des siècles, existe depuis toujours.
13:54Il y a toujours eu ce qu'on appelle une zone grise.
13:56Une zone grise où le médecin dit haut à la famille,
14:01il souffre trop, une dose de morphine supplémentaire
14:03pourrait peut-être lui permettre de soulager.
14:05Ça s'est toujours négocié dans la zone d'ombre.
14:07Et puis, c'est autorisé aussi le non-acharnement thérapeutique.
14:10Bien sûr, la question de l'acharnement thérapeutique
14:12est une question fort distincte, absolument.
14:14Or, mais il y a cette idée que nos sociétés
14:16ne tolèrent plus la zone d'ombre
14:18parce qu'on veut que tout soit transparent.
14:20Et ça, c'est un autre élément de ce débat.
14:22Au-delà de la seule question de l'aide médicale à Moraire,
14:25Mathieu, ne pourrions-nous pas dire
14:26que toutes les réformes sociétales
14:28s'imposent de la même manière ?
14:30Oui, je pense que c'est un mécanisme
14:31qu'il nous faut identifier.
14:32Donc, d'abord, parce que c'est toujours comme ça,
14:34c'est toujours de la même manière.
14:36D'abord, c'est un principe de bon sens.
14:37Qui voudrait voir souffrir quelqu'un
14:39dans une espèce d'extrême...
14:40Qui, franchement ?
14:42On n'est pas des barbares,
14:43on n'est pas de Gengis Khan.
14:44Donc, on ne souhaite pas voir les gens
14:46souffrir d'extrême manière.
14:47Ni souffrir soi-même.
14:49Oui, mais quelquefois, je voudrais aussi
14:50voir nos proches aussi.
14:51C'est pour ça que quelquefois, on pense...
14:53La figure du proche compte aussi.
14:55Mais souffrir soi-même,
14:55ce n'est pas particulièrement agréable.
14:56Moi, j'ai un rhume,
14:57puis je me demande pourquoi
14:58est-ce que je peux mourir.
14:59Donc, imaginez de vraies souffrances.
15:01Ensuite, il y a l'intimidation morale.
15:03Vous vous opposez au progrès.
15:04Si vous vous opposez au progrès,
15:05ce n'est pas permis de s'opposer au progrès.
15:07Ensuite, il y a l'accélération.
15:08Cela devient la nouvelle norme.
15:10Et ensuite, c'est l'élimination politique,
15:12j'entends, juridique,
15:13des défenseurs de l'ancien principe.
15:16On l'a vu sur la famille.
15:17On a redéfini la famille.
15:18Là, c'est tout un débat.
15:20Ça culmine aujourd'hui dans la GPA.
15:22Puis, au début, dans le débat
15:23sur la redéfinition de la famille,
15:24certains disaient que ça va culminer dans la GPA.
15:26On disait que vous faites des peurs,
15:27vous imaginez des choses,
15:28ça n'arrivera jamais, qu'imaginez-vous.
15:29C'est pourtant ce qui est arrivé
15:31dans les circonstances.
15:32Ce débat était prévisible depuis longtemps
15:34parce qu'il a eu lieu ailleurs.
15:35Il n'y a pas de raison
15:36pour que les fameuses réserves d'équilibre
15:37dont on a parlé tiennent longtemps.
15:39La révolution est malée jusqu'au bout d'elle-même.
15:41Merci, Mathieu Beaucoté.
15:43On marque une bonne chose.
15:44On revient dans un instant
15:45avec la chronique de Charlotte
15:48sur l'aide sociale à l'enfance,
15:49avec Marc Menand,
15:50qui parlera de cet enseignant catholique,
15:54musulman converti au catholicisme
15:56et qui se fait menacer de mort.
15:58Ça se passe en Belgique.
15:59Avec Gabriel, on parlera
16:00de ces deux marches
16:02qui ont lieu ce week-end.
16:03L'une pour le jeune Louis,
16:05appelée la dernière marche,
16:06et puis l'autre pour Adama Traoré.
16:11Retour sur le plateau de Face à l'Info.
16:13D'abord, Sébastien Lecornu
16:15a voulu mettre les choses au point
16:17après la canicule
16:18face aux écologistes
16:20qui parlent de 10 000 morts
16:22alors qu'on dit
16:23qu'il y a eu 300 morts.
16:25Écoutez le Premier ministre.
16:28D'où sortez-vous
16:29ce bilan de 10 000 morts
16:31sur lesquels vous et les vôtres,
16:33votre collègue président Gontard
16:35au Sénat,
16:36madame la députée Rousseau,
16:37un certain nombre
16:38sont allés sur les plateaux
16:39de télévision depuis maintenant
16:40plus de 3 jours
16:41en établissant un bilan humain
16:44qui est faux.
16:45C'est scandaleux.
16:46C'est indigne.
16:47Un mort est un mort de trop.
16:49Mais de grâce,
16:50si votre formation politique,
16:52qui est un parti de gouvernement,
16:53ne fait pas confiance
16:54à Santé publique France,
16:55ne fait pas confiance
16:56à l'administration sanitaire du pays,
16:58comment voulez-vous
16:59qu'on s'en sorte ?
16:59Donc de grâce,
17:00madame la présidente,
17:01un peu de dignité
17:02et de responsabilité.
17:05Dignité,
17:06responsabilité,
17:07débat chaud
17:07à l'Assemblée nationale
17:09autour de la canicule.
17:11Marc Menon,
17:12on va partir en Belgique
17:13avec vous,
17:14puisque selon un article
17:15de Marianne,
17:16un professeur
17:17de religion catholique
17:18converti de l'islam
17:20a reçu des menaces de mort
17:21après la découverte
17:23de ses vidéos chrétiennes
17:24sur les réseaux sociaux.
17:25Il dit craindre
17:26de connaître le même sort
17:27que Samuel Paty.
17:29On peut se poser des questions.
17:30Est-ce que là-bas,
17:31il y a une laïcité ?
17:32Est-ce que là-bas,
17:33il y a une laïcité
17:34qui n'est pas respectée ?
17:35Est-ce que l'intimidation
17:38sur la religion
17:38a franchi
17:40effectivement l'école ?
17:41Est-ce qu'un musulman
17:42ne doit pas se convertir
17:43au catholicisme ?
17:44Mais il n'a pas à se convertir
17:47du tout.
17:47Il est musulman,
17:48il est musulman à vie.
17:50C'est écrit dans le Coran.
17:53L'apostasie est interdite.
17:56L'apostasie peut vous valoir
17:58une fatwa.
18:00N'oubliez pas,
18:00cette jeune somalienne,
18:02il y a 15 ans à peu près,
18:04qui avait réussi
18:05une formidable assimilation
18:08aux Pays-Bas,
18:08elle était même devenue députée,
18:10elle s'appelait
18:11Ayaan Hirsi Ali.
18:13Et un jour,
18:14elle avait subi
18:16l'ablation
18:18de son clitoris
18:21au nom de l'islam
18:23et elle a fini par dire
18:25je veux quitter
18:26cette religion,
18:27j'apostasie.
18:28Fatwa !
18:29Et aujourd'hui,
18:30elle vit aux Etats-Unis
18:32où elle essaie
18:33de ne pas trop
18:34se faire repérer.
18:36Le grand drame,
18:37il est là.
18:38C'est-à-dire que
18:39vous avez
18:39une religion
18:40qui n'admet pas
18:42que l'on puisse vivre
18:43en dehors
18:45de sa façon
18:46d'envisager
18:48l'existence.
18:49Et là,
18:50c'est l'intimidation morale
18:52qui joue.
18:53Le musulman,
18:54une fois qu'il est déclaré,
18:56ne peut plus se vivre
18:57officiellement
18:58comme citoyen.
19:00D'où la montée
19:01dans les sondages
19:02chez les jeunes musulmans
19:03qui se revendiquent
19:04en tant que tels
19:05de dire
19:06nous voulons la charia
19:07car c'est leur logique même.
19:09A partir de là,
19:11cette tension
19:13qui existe
19:14dans les banlieues,
19:14dans les écoles,
19:15fait qu'à chaque seconde,
19:17vous avez
19:18cette fracturation
19:19qui augmente
19:20entre ceux
19:21qui ont une foi
19:22de refuge,
19:23pas spécialement virilante,
19:25mais une foi identitaire.
19:27Cela décroche
19:29de l'esprit
19:30de la République,
19:31décroche
19:32de la sensation
19:34d'appartenir
19:35à la nation.
19:36Et donc,
19:37le professeur,
19:38il ne peut plus
19:39traiter certains sujets
19:41dans l'histoire,
19:42il ne peut plus
19:42aborder
19:43les sciences naturelles
19:44d'une certaine façon.
19:46Il y a constamment
19:47des balises,
19:49aurait dit Mathieu,
19:51qui empêchent
19:52le professeur
19:52de jouir
19:54du désir
19:55d'inculquer
19:55quoi,
19:56qui est le principe
19:56de notre école
19:58depuis les Lumières,
19:59à savoir
20:00que l'enfant
20:01puisse un jour
20:02accéder
20:03au libre-arbitre.
20:04le libre-arbitre.
20:06Oui,
20:07mais c'est la même chose.
20:08Parce qu'il serait en France,
20:11ça serait la même chose,
20:12il pourrait hériter
20:13de ses tatouages.
20:15Samuel Paty
20:16qui n'a fait
20:16qu'appliquer quoi ?
20:17Le désir
20:18d'offrir
20:20aux enfants
20:21le principe
20:22de la réflexion,
20:23de sortir
20:25d'une sensibilité
20:26religieuse,
20:27d'avoir donc
20:27ce libre-arbitre
20:29qui permet
20:30de distancier
20:31sa foi
20:32en incandescence
20:33d'une idée
20:35qui se répande
20:36et qui échappe
20:37à ce registre.
20:38Eh bien,
20:39pour cela,
20:40il en est mort.
20:41Et que demandent
20:42les musulmans
20:43en permanence ?
20:44Soyez tolérants
20:45avec nous,
20:46c'est inadmissible,
20:47si je porte le voie,
20:48soyez tolérants.
20:49Mais là,
20:50on est dans
20:50le principe inverse.
20:52Leur tolérance,
20:53c'est simplement
20:54de dire
20:54nous devons vivre
20:55comme nous l'entendons
20:57et à partir de là,
20:58admettez
20:59notre rupture.
21:00Et vous avez
21:01cette servilité
21:02de pratiquement
21:03tous les politiques
21:04qui disent
21:05mais oui,
21:05ils ont raison,
21:05dans le fond,
21:06c'est pas bien,
21:07on ne les respecte pas
21:09ces gens-là.
21:10Alors qu'il ne faut
21:11que se mettre
21:12en dehors
21:13de ce que
21:13nous leur offrons,
21:15à savoir
21:16cette capacité
21:17à douter.
21:18Car c'est ça
21:19le principe même.
21:20Pourquoi je respecte
21:22la foi
21:22qui est la vôtre ?
21:24Vous trois,
21:25mesdames,
21:26et peut-être
21:27certains jours
21:28celle de Mathieu.
21:29C'est parce que
21:30vous admettez
21:31le principe
21:32du doute.
21:33Vous admettez
21:34qu'un énergumène
21:35de mon acabit
21:37soit fréquentable
21:38alors qu'il affiche
21:39qu'il n'est pas...
21:41Non, merde.
21:42Voilà.
21:43J'y crois.
21:44J'y crois,
21:45pour une fois.
21:46Je crois
21:47de la foi.
21:49Allez-y,
21:50le laïcat.
21:51Mais non,
21:52mais vous voyez...
21:53Le défenseur
21:53de la laïcité française.
21:54Oui,
21:54mais donc,
21:55aujourd'hui,
21:55vous avez cette pression
21:57qui s'exerce
21:58et qui fait
21:59que le communautaire,
22:01l'identitaire
22:01l'emporte
22:02et qu'à partir de là,
22:04qu'on le veuille ou non,
22:05que l'on se drape
22:06dans je ne sais trop quel
22:07principe d'une noblesse,
22:09de tolérance,
22:11eh bien,
22:11vous avez
22:12une conquête culturelle
22:14qui s'affiche,
22:15mais elle ne fait pas
22:16que s'afficher.
22:17Dans sa logique même,
22:19elle veut s'imposer
22:20en tant que telle.
22:21Et quand on passe
22:22un certain cap,
22:24eh bien,
22:25c'est un impérialisme religieux
22:27qui l'emporte
22:28sur le sens même
22:29de ce qui a permis
22:30d'accueillir
22:31ces gens
22:32qui étaient parfois
22:33en difficulté économique
22:35et qui auraient dû essayer
22:36de s'ouvrir
22:38à ce grand principe
22:40qui est celui,
22:41donc,
22:42de la réflexion
22:43et de pouvoir
22:43atteindre
22:44le libre-arbitre.
22:46Voilà le drame
22:47et avec des professeurs
22:49comme ce monsieur,
22:50il faut citer son nom,
22:51Ahmed Dietrib,
22:53qui, voilà,
22:53il a réfléchi,
22:55il suit même
22:56des cours de philosophie
22:57et il dit
22:58je ne me sens plus
22:59en osmose
23:00avec cette religion,
23:02je choisis
23:03le catholicisme,
23:05il dit pourquoi
23:06et à partir de là,
23:07il devient l'ennemi.
23:09N'oubliez pas
23:09que dans des pays
23:10comme le Soudan,
23:11l'Iran,
23:11l'Afghanistan,
23:12le Pakistan,
23:13l'Arabie saoudite,
23:15eh bien oui,
23:16officiellement,
23:17si vous êtes apostas,
23:18vous risquez
23:19la peine de mort.
23:21Peine de mort,
23:22justement,
23:23c'est le 9e congrès mondial
23:25contre la peine de mort
23:27et se tient
23:28à Paris
23:29à partir d'aujourd'hui
23:31jusqu'au 2 juillet.
23:33Écoutez
23:34ce qu'a dit
23:35le chef de l'État
23:35à propos de la peine de mort
23:37aujourd'hui
23:37à l'ouverture du congrès.
23:39La peine de mort
23:41n'a jamais rendu
23:42une société plus sûre.
23:45Jamais.
23:47Parce qu'elle ne dissuade pas.
23:49Au fond,
23:49l'abolition,
23:51c'est la reconnaissance
23:53de la dignité humaine.
23:55Et c'est le fait
23:56que quoi que l'un
23:58ou l'une d'entre nous
23:59ait pu faire,
24:01nous n'avons pas
24:02le pouvoir
24:04de lui nier
24:05cette appartenance
24:06à notre humanité.
24:08Et ce principe
24:09est au fondement
24:10de toutes
24:10nos sociétés démocratiques.
24:13Voilà,
24:14c'était...
24:14On va dire ça
24:15le jour du vote
24:15de l'Etat nazie,
24:16ça a quelque chose
24:17d'un peu paradoxal,
24:18si je puis me permettre.
24:20Le fait de...
24:21En même temps,
24:22ils défendent ça
24:22puisque c'est l'ouverture
24:23de la peine de mort,
24:25du congrès mondial
24:25sur la peine de mort.
24:26Oui, j'ai bien compris,
24:26mais il se trouve
24:27que c'est le jour
24:27où l'Assemblée
24:28a voté l'Etat nazie.
24:30Donc c'est vrai
24:30que la concomitance
24:31des deux événements,
24:32ça s'interroge,
24:34comme on dit.
24:34Vous disiez, Charlotte ?
24:36Non, mais à sa demande,
24:36en plus,
24:38les débats et le vote
24:39se font sur le temps
24:41gouvernemental
24:42de l'Assemblée.
24:42Et puis rappelons
24:43effectivement
24:44qu'on a entendu
24:44Mathieu Bocoté
24:45et peut-être Marc Menon aussi
24:46les propos
24:48de Karine Lemarchand
24:50et de Chaotix,
24:51rappeurs,
24:51qui ont demandé
24:53la peine de mort
24:55pour les cagnes.
24:56graves et avérés
24:56qui ont demandé
24:57l'abaissement
24:58de la majorité
24:59à 13 ans.
24:59Plusieurs points
25:00ont été demandés.
25:01Donc ça revient vraiment
25:02de façon très vive
25:03dans le débat public.
25:04Mathieu, ensuite Marc.
25:05Oui, je me dis toujours,
25:06si on nous explique
25:07que la peine de mort
25:07est extérieure
25:08à toute forme de dignité,
25:09j'entends l'argument,
25:10est-ce qu'on considère
25:11que la sanction
25:12réservée aux criminels nazis
25:13à Nuremberg
25:13n'aurait pas dû
25:14leur être réservée
25:15parce que la peine de mort
25:16est extérieure à la dignité ?
25:17Je pense qu'on devrait,
25:18on peut être contre
25:19la peine de mort
25:19tout en comprenant
25:20qu'à l'échelle de l'histoire
25:21elle a pu avoir un sens hier
25:22et certains pensent
25:23qu'elle pourrait avoir
25:24un sens demain.
25:24Ce n'est pas mon cas,
25:25mais je dis que certains pensent.
25:27Moi, j'étais pour
25:30cette condamnation
25:31de la peine de mort,
25:32si je puis dire,
25:33et puis confronté
25:34à cette actualité
25:36d'horreur
25:37où l'on voit
25:38des enfants fracassés,
25:40où l'on voit
25:40des abominations,
25:42l'abjection
25:43la plus totale.
25:44Je dis que
25:44dans certains cas,
25:45on ne peut pas imaginer
25:47une seule seconde
25:48de voir
25:49la rédemption
25:52accordée
25:52à ces gens
25:53qui ont commis
25:54l'indicible
25:55et dans ces conditions,
25:57eh bien,
25:58l'indignité
25:59n'est-elle pas
25:59de faire en sorte
26:00que des gardiens
26:02soient au quotidien
26:03pendant 20 ans,
26:0430 ans,
26:0550 ans,
26:06pourquoi pas,
26:07à accompagner
26:07ces gens infréquentables
26:09et qui n'ont plus
26:10rien d'humanité.
26:12Vous êtes dit
26:12tyrambique
26:13parce que vous écrivez
26:14peut-être sur le sujet.
26:15Ah, ça c'est un petit
26:16qui remonte
26:17qui est en train
26:17de se préparer.
26:18La justice
26:19de Baron samedi.
26:20En tout cas,
26:21dans un instant,
26:21on va recevoir
26:22notre invitée
26:23Isabelle Santiago,
26:24députée PS
26:25qui a beaucoup travaillé
26:27sur la protection
26:28de l'enfance.
26:28On va rebondir
26:29sur l'actualité
26:30par rapport à
26:31Louis Laché
26:32tué à Narbonne
26:33il y a quelques jours
26:35et on en parlera
26:36avec Charlotte Dornela,
26:37c'est notre invitée
26:38qui arrive dans un instant.
26:40Avant votre chronique,
26:41Gabriel,
26:41on vient d'apprendre
26:42un tweet
26:43de la part
26:43de Jordan Bardella.
26:45Je le découvre
26:46en direct avec vous,
26:47mais on le partage.
26:48Depuis tout ce matin,
26:50Jordan Bardella,
26:51des perquisitions
26:52sont en cours
26:52au siège
26:53et au domicile personnel
26:54de prestataires
26:55de communication
26:56ayant travaillé
26:57avec nous.
26:58Dans le même temps,
26:59le canard enchaîné
27:00nous apprend également
27:01l'ouverture prochaine
27:02d'une information judiciaire
27:03me concernant
27:04à la suite
27:05d'une plainte
27:05d'une association militante
27:07à propos d'un emploi
27:08de quelques mois
27:09occupé au Parlement européen
27:11il y a bientôt
27:1212 ans.
27:13Comme à chaque fois,
27:14les procédures judiciaires
27:16annoncent le calendrier électoral.
27:18Nous n'avons rien
27:18à nous reprocher
27:19et nous le montrerons.
27:21Voilà le tweet
27:22de Jordan Bardella.
27:24Peut-être une réaction,
27:25Mathieu Bocoté,
27:25on la prend à l'instant.
27:26La justice n'est évidemment
27:28pas politique,
27:29il faut croire
27:30à la justice
27:30en toutes circonstances
27:31et se dire
27:32qu'elle n'est pas
27:32biaisée idéologiquement
27:34tout comme
27:34sur le moment
27:35de l'affaire Fillon,
27:36tout comme avec
27:36la condamnation
27:37de Marine Le Pen,
27:38tout comme avec
27:38d'autres exemples semblables.
27:40Je note que c'est
27:41à la suite d'une plainte
27:41d'une association militante
27:43à qui on a donné
27:43le droit de porter plainte
27:44et que le gouvernement
27:45s'apprête à étendre
27:46encore ce droit.
27:47Il étend les associations
27:48qui peuvent porter plainte
27:49et les raisons
27:50pour lesquelles
27:50ils peuvent porter plainte.
27:51Donc encore une fois,
27:52la responsabilité
27:53est appontée
27:56dans ce temps-là,
27:57les dossiers de justice
27:58ne sont pas traités
27:59par ailleurs.
28:00Nous apprendrons
28:01le 7 juillet
28:03ce qu'il en est
28:04pour Marine Le Pen.
28:05Je ne sais pas,
28:06il va falloir trouver
28:06un troisième candidat alors ?
28:08Ça va aller jusqu'où
28:09comme ça ?
28:10Si Jordan Bardella
28:11maintenant est mis en cause,
28:12ça devient un petit peu voyant,
28:13disons.
28:14Merci en tout cas
28:15pour vos réactions.
28:16C'est vrai,
28:17une association militante
28:18qui fait bouger
28:19les lignes du droit.
28:21Ça en dit long.
28:23Alors,
28:24Gabriel Cluzel,
28:24ce week-end,
28:25on aura deux marches.
28:26en parlant de la présidentielle,
28:27on se demande
28:27est-ce qu'au cœur
28:29de la présidentielle,
28:30on ne sait pas
28:30quels candidats seront là,
28:32quels candidats seront empêchés,
28:33mais au cœur
28:33de la présidentielle,
28:34le dossier sécuritaire
28:35certainement sera bien
28:36au cœur de ces sujets.
28:37Ce week-end
28:38auront lieu deux marches.
28:39En France,
28:40l'une réclamant
28:41la justice pour Louis,
28:4217 ans,
28:43on en parlera dans un instant.
28:45L'autre réclamant
28:46justice pour Adama Traoré
28:47à laquelle se rendront
28:48nombre d'élus LFI.
28:51Dans les deux,
28:52finalement,
28:52il sera question de police,
28:53il sera question de justice,
28:55mais d'un point de vue
28:56diamétralement opposé.
28:57Est-ce que l'enjeu
28:58de la prochaine présidentielle
28:59ne sera pas forcément sécuritaire ?
29:02Eh bien, écoutez,
29:03si je crois que ce sera
29:04au cœur de la présidentielle,
29:05c'est vrai qu'après Liana,
29:07après Louis,
29:07nombre de Français
29:09réclament une justice exemplaire.
29:11Je ne parle pas
29:12des cinq octogénaires
29:14agressés sexuellement
29:15vendredi soir à Villepin
29:16qui ont beaucoup choqué.
29:17Évidemment,
29:17un SDF originaire du Mali
29:20a été interpellé,
29:21la coupe est pleine,
29:22nos enfants,
29:23nos grands-mères.
29:24La famille de Louis
29:25est assez admirable.
29:26Elle fait partie
29:27de ces braves gens
29:28qui, dans l'adversité,
29:29se muent en gens braves.
29:31Ils appellent
29:32la marche qu'ils préparent
29:35dimanche,
29:35non pas marche blanche,
29:36mais dernière marche.
29:38Plus jamais ça,
29:39pour qu'au moins,
29:40la mort de Louis
29:40est servie.
29:42Alors,
29:42autre salle,
29:42autre ambiance,
29:44sur le compte Instagram
29:45d'Assa Traoré.
29:46On y voit
29:46Bali Bagayoko,
29:47nouveau maire de Saint-Denis,
29:49invité,
29:49je cite,
29:50la communauté
29:51de celles et ceux
29:52qui résistent
29:53contre les violences policières
29:54à rejoindre dimanche
29:56après-midi
29:56la manifestation
29:57d'Assa Traoré
29:58à Beaumont-sur-Oise.
29:59Ce sera le dixième anniversaire
30:02des marches pour Adama
30:03et il invite à avoir
30:04une pensée
30:05pour Adama Traoré,
30:06je cite encore
30:07notre défunt frère.
30:08Alors,
30:09il n'y a pas que lui,
30:09il y a Éric Coquerel,
30:10alors lui,
30:10il a mis en plus
30:11l'écharpe tricolore
30:12qui tient un peu
30:13au prou le même discours.
30:23C'est quand même ennuyeux
30:25parce que la justice
30:25est passée
30:26pour Adama Traoré.
30:27Il faut se souvenir
30:28que le 11 février dernier,
30:29la Cour de cassation
30:31a confirmé
30:31le non-lieu
30:32pour les trois gendarmes
30:33mis en cause
30:33dans la mort
30:34d'Adama Traoré
30:34en 2016.
30:36Cette décision
30:36a mis fin
30:37à dix ans
30:37de procédure judiciaire.
30:39Elle est venue
30:39clore le tout
30:40et elle a mis
30:41hors de cause
30:41les trois militaires.
30:42Pour comprendre
30:43ce qu'ont vécu
30:44ces gendarmes
30:44durant dix ans,
30:45il faut lire
30:46le livre
30:46de l'un d'entre eux,
30:48non,
30:48la mère de l'un d'entre eux
30:49pour, pardon,
30:50Mon fils n'est pas
30:51un assassin
30:51aux éditions Robert Laffont.
30:53Alors certes,
30:54pour continuer
30:54à faire vivre
30:55leur comité,
30:55leur récit,
30:56la famille a annoncé
30:57saisir la CEDH
30:59mais pas grand monde
31:00n'est dupe.
31:01Le plus grave,
31:02ce sont évidemment
31:03les déclarations
31:04de deux élus
31:05dont l'un avec son écharpe,
31:06un député,
31:07un maire.
31:08Ce sont des déclarations
31:09contre la police
31:10et les forces de l'ordre,
31:11même contre la justice
31:12parce que qu'est-ce
31:13que cela veut dire ?
31:14Qu'ils continuent
31:15d'accuser des gendarmes
31:16qui ont été innocentés
31:18et qu'ils remettent
31:19en cause
31:19une décision de justice
31:21comme s'ils l'a jugée
31:22partielle
31:23du côté des forces
31:24de l'ordre.
31:25Donc au moment
31:26où une France
31:26réclame plus de police
31:28et une justice
31:28plus sévère,
31:29une autre France,
31:30la nouvelle France,
31:31incrimine la police,
31:33l'accuse de tuer
31:34ce qui l'affaiblit
31:35au moment
31:35où on en a
31:35terriblement besoin.
31:37Même constat
31:38pour la justice.
31:40Une certaine France
31:41trouve trop laxiste
31:42la justice avec
31:42les délinquants,
31:43une autre la trouve
31:45pas assez.
31:46Elle trouve qu'elle est
31:47du côté des forces
31:48de l'ordre
31:48et donc de la répression.
31:51Alors prenons le drame
31:52de Louis.
31:52Il y a plusieurs sujets
31:53qui vont être abordés.
31:54Je pense tout d'abord
31:55l'impunité pour les mineurs
31:57et l'excuse de minorité
31:59puisque certains
32:00parmi ces médecins
32:01meurtriers présumés
32:02sont mineurs.
32:03Marie-Julie,
32:03la sœur d'Amandine,
32:05la mère de Louis,
32:06disait ce matin
32:07sur Europe 1,
32:08elle rapportait
32:08les propos d'Amandine
32:09« Quand on tue
32:10comme un homme,
32:11on doit être jugé
32:12comme un homme ».
32:14Or,
32:14LFI veut maintenir
32:15la spécificité
32:16de la justice
32:17des mineurs
32:18et s'opposer
32:18au durcissement
32:19des peines.
32:20Il y a ensuite
32:21le sujet de l'ASE.
32:22Alors ça,
32:22vraiment,
32:22ça va être
32:22le sujet majeur
32:24tout à l'heure.
32:25Un des problèmes,
32:26il y en a beaucoup,
32:27mais c'est celui
32:28des mineurs
32:29dont accompagner.
32:30Il est de notoriété publique
32:31que les mineurs
32:32isolés,
32:32parfois plus isolés
32:33que mineurs,
32:35embolisent
32:36des ASEE
32:37déjà mal en point,
32:38mobilisent
32:39les familles d'accueil,
32:40les éducateurs,
32:41les moyens financiers,
32:42mais jamais LFI
32:43n'admettra
32:44qu'on recule
32:44d'un pouce
32:45sur cet accueil.
32:46Il demandera même
32:46d'en faire encore plus.
32:48On a donc LFI
32:50du côté de la marche
32:51à Satraoré,
32:52mais quels partis politiques
32:53seront du côté
32:54de la marche pour Louis ?
32:55Alors la famille
32:56a appelé tous les partis
32:58à se joindre
32:59à la marche,
32:59la dernière marche.
33:01Alors l'autre marche,
33:01celle de Satraoré,
33:02elle ne s'appelle pas
33:02la dernière,
33:03parce que je vous garantis
33:03qu'elle ne sera pas
33:04la dernière,
33:04ça fait dix ans
33:05que ça dure
33:05et il compte bien
33:06de tirer le fil
33:06jusqu'au bout du bout.
33:08Alors lesquels
33:10rejoindront cette marche
33:11pour lui ?
33:12C'est une demande
33:13très intéressante
33:14car ça forcera
33:14tous les camps
33:15à dévoiler leur batterie.
33:17Laurent Nunez
33:18a accusé ce drame
33:20d'avoir été récupéré
33:22par l'extrême droite,
33:23mais la récupération
33:24n'est pas un gros mot
33:24en soi.
33:25La récupération,
33:26ça veut dire
33:26se saisir de quelque chose
33:27et les politiques
33:28doivent se saisir
33:29des drames
33:30pour trouver le moyen
33:32que cela ne se reproduise plus.
33:34Laurent Nunez
33:35ne veut pas parler
33:35non plus d'ensauvagement,
33:37mais comme le dit
33:38toujours la tante
33:39et la marraine de Louis,
33:40Marie-Julie,
33:41quel mot veut-il
33:41qu'on utilise
33:42si on ne veut pas
33:43prendre le mot
33:44ensauvagement ?
33:44C'était quoi
33:45ce qui s'est passé ?
33:46Alors elle nous apprend
33:47aujourd'hui,
33:47et tant mieux
33:48que le ministre de l'Intérieur
33:49nous l'a dit ce matin
33:49sur Europe 1
33:50en exclusivité,
33:51à chercher
33:52à joindre la famille.
33:53Il aura fallu quand même
33:54trois ou quatre jours,
33:55Emmanuel Macron lui avait réagi
33:57dès le lendemain
33:57de la mort de Naël
33:58en disant
33:59c'est inexcusable
34:00et inacceptable.
34:01Il avait également
34:02adressé son soutien
34:04à la famille
34:05en demandant
34:05que la justice
34:05agisse rapidement.
34:07Il n'avait pas accusé
34:08la gauche de récupération,
34:09il n'avait pas minimisé
34:10en disant je ne sais quoi
34:11à propos du vocabulaire
34:12utilisé.
34:13Donc si l'on s'en tient
34:14à l'attitude des uns
34:15et des autres,
34:15le curseur empathie
34:17du gouvernement
34:17est plus proche
34:18de la marche Adama
34:19que de la marche Louis.
34:21Pourtant,
34:22l'un s'était rendu coupable
34:24d'un refus d'en tempérer,
34:25l'autre de rien.
34:26Sinon,
34:26selon ses agresseurs
34:27de s'être confiés
34:28au sujet de son harcèlement
34:30à des policiers.
34:31Donc ces deux marches
34:32seront très instructives
34:33parce qu'elles correspondent
34:34à...
34:35chacune a une option
34:36sécuritaire
34:37ou anti-sécuritaire
34:38forte
34:38et elles correspondent
34:39à deux Frances.
34:40Donc quelles politiques
34:41s'y rendront ?
34:42Quels élus ?
34:43À laquelle ?
34:43Il y aura à peu près
34:45à coup sûr
34:45RN est reconquête
34:46à la marche pour lui
34:47mais qui d'autre ?
34:48Qui osera se mêler à eux ?
34:49Qui ne le fera pas ?
34:51Si l'aventure
34:52Jean-Luc Mélenchon
34:52se trouvait face
34:53à Jordan Bardella
34:54ou Marine Le Pen,
34:56les électeurs auront donc
34:57à faire des choix
34:58en matière de sécurité
34:59finalement diamétralement opposés.
35:01Oui,
35:02et l'hypothèse
35:02n'est pas une vue de l'esprit.
35:04Emmanuel Macron
35:05lui-même a dit,
35:06enfin il a dit,
35:06je pense qu'il y aura
35:08Jean-Luc Mélenchon,
35:09il n'a pas dit je pense d'ailleurs,
35:10il dit qu'il y aura
35:11je crois Jean-Luc Mélenchon
35:12au deuxième tour.
35:13C'est l'Express
35:14qui nous rapporte ça
35:15et de fait
35:15ce n'est pas impossible.
35:16Il faut quand même
35:17que chacun le sache.
35:18En 2017,
35:19Jean-Luc Mélenchon
35:20avait réuni
35:207 millions de voix
35:21à peu près,
35:22soit 20%
35:24de suffrage exprimé.
35:25Pour 2022,
35:26il avait
35:27700 000 voix en plus,
35:29soit 22%
35:30à peu près.
35:31Donc seulement
35:31400 000 voix
35:32le séparer de Marine Le Pen
35:33qui avait accédé
35:34au second tour.
35:35Donc un écart
35:36qui s'était resserré
35:36puisque 5 ans auparavant
35:37il était de 600 000 voix.
35:39Donc si on suit la tendance,
35:40il pourrait très bien
35:41être au deuxième tour.
35:42Sauf que cette fois,
35:43il aurait face à lui,
35:44on ne sait plus du coup
35:45Marine Le Pen,
35:45Jordan Bardella
35:46ou quelqu'un d'autre.
35:47Je ne sais.
35:48Et là,
35:48quelle sera l'attitude
35:50des autres ?
35:51Du clan Macroniste,
35:52du SANT,
35:52des LR,
35:53du PS ?
35:54Vous savez,
35:55le ministre David Amiel,
35:56ministre des Comptes Publics,
35:57il a dit à une journaliste
35:57il y a quelques jours
35:58qu'il préférait ne pas
35:59se retrouver dans cette configuration
36:01mais il l'a dit d'un tel ton
36:02que la journaliste a dit
36:03« Ah d'accord,
36:03donc vous voterez Mélenchon ».
36:05François Hollande
36:06a déjà répondu
36:07sur France Inter
36:08au mois de janvier.
36:09Il a dit
36:09« Si Mélenchon
36:10se retrouve face à Bardella
36:11au deuxième tour,
36:12je voterai toujours
36:13contre l'ERN,
36:14c'est-à-dire Mélenchon. »
36:16Or,
36:16la Luc,
36:17députée européenne
36:18Place Publique,
36:19a déclaré en février
36:20que face
36:20au Rassemblement national,
36:22elle voterait
36:22pour une chèvre,
36:23en l'occurrence
36:24donc un bouc
36:24Jean-Luc Mélenchon.
36:26On imagine
36:26que Raphaël Luxman
36:27fera de même,
36:29parce qu'ils sont d'accord,
36:30ils sont dans la même partie,
36:31que feront
36:31Édouard Philippe
36:32et Xavier Bertrand
36:33s'ils restent
36:33sur leur ligne communiste,
36:34vous vous souvenez
36:35des législatives,
36:36eh bien ils voteront
36:37aussi Mélenchon,
36:38c'est plus proche
36:38des communistes,
36:39convenons-en.
36:40Alors,
36:40tirons un peu le fil
36:41de cette chronique,
36:42ils seront donc
36:43du côté
36:44de ceux qui crient
36:45que la police tue,
36:46en pensant à Adama
36:47et à Naël,
36:48plutôt que de ceux
36:49qui crient
36:49que les délinquants
36:51et l'impunité tue
36:52du côté de Louis,
36:53Liana,
36:54Lola,
36:54Philippine,
36:55Elias,
36:55encore Thomas
36:56et bien d'autres.
36:57Il faudra quand même
36:58le rappeler
36:58le moment venu
36:59en matière de sécurité.
37:00Choisis ton camp camarade.
37:03Choisis ton camp camarade.
37:04Merci Gabriel Cluzel
37:06avant de recevoir
37:07notre invité.
37:09Regardez dans le journal
37:10du dimanche
37:11la mère de Louis
37:12qui s'exprime,
37:14Louis 17 ans,
37:15qui a été lâché.
37:16Je les avais prévenus
37:16qu'un drame pouvait arriver
37:18mais personne ne m'a entendu.
37:20Elle dit aussi
37:21le danger n'a pas été
37:22pris au sérieux.
37:23Je me suis moi-même rendue
37:24à la gendarmerie de ma ville
37:25pour demander
37:26que la fugue de mon fils
37:27soit qualifiée
37:28en disparition inquiétante.
37:29J'ai bien sûr doublé
37:30cette visite au commissariat
37:32d'un appel à l'ASE.
37:34Mon message
37:34est resté sans réponse.
37:36Mais que fait l'ASE ?
37:38Je vous propose
37:39de réécouter
37:40les parents de la tante
37:43de Louis
37:44afin de recevoir
37:46pendant qu'elle s'installe
37:48notre invitée
37:50Isabelle Santiago
37:51pour discuter de ce sujet.
37:53Mais que fait l'ASE ?
37:55Les marches blanches,
37:56on en a ras-le-bol.
37:57D'accord ?
37:58Donc nous,
37:58on a décidé
37:58que ça s'appellerait
37:59la dernière marche
38:00parce qu'on veut
38:01que Louis, en fait,
38:02soit le dernier enfant
38:03assassiné.
38:04et on a décidé
38:05que ça suffisait.
38:06Ce qui est très étonnant,
38:07c'est que, par exemple,
38:08la plainte que Louis
38:09a déposée le 11 mai,
38:10on l'a appris
38:11grâce à des journalistes
38:12qui font très bien
38:13leur travail
38:13et je tiens à le souligner.
38:14Le 12 juin,
38:15Louis a également
38:16été agressé.
38:18Et en fait,
38:19il y a très peu de choses
38:19qui nous sont remontées.
38:20On apprend,
38:21on découvre
38:22jour après jour
38:23des nouvelles informations
38:25sur le harcèlement
38:25qu'a subi Louis
38:26jusqu'à son lynchage
38:28et jusqu'à sa mort.
38:28que l'État
38:29ne nous a pas proposé
38:30de solution.
38:31La ZEU s'est proposée
38:32comme la seule solution
38:33pour accompagner Louis
38:34et ce n'était évidemment
38:35pas la situation
38:37la plus adaptée.
38:38Mais on ne nous a rien
38:38proposé d'autre.
38:40Donc,
38:40les parents de Louis
38:41savent que leur enfant
38:42est placé sous la responsabilité
38:44de l'État.
38:44Oui.
38:45Il est harcelé.
38:47Les parents ne sont pas
38:47au courant.
38:48Non.
38:49Il porte plainte.
38:50Les parents ne sont pas
38:50au courant.
38:51Non.
38:52Il demande de l'aide.
38:53Finalement,
38:53on ne l'aide pas.
38:54Exactement.
38:56Isabelle Santiago,
38:58venez,
38:59installez-vous
38:59en direct
39:00sur CNews
39:01et notre invitée
39:03ce soir.
39:04Vous êtes une figure
39:04incontournable
39:05de la protection
39:06de l'enfance
39:07en France,
39:08la voix la plus engagée
39:09de l'Assemblée nationale
39:10pour les enfants
39:11les plus vulnérables.
39:1225 ans d'engagement
39:13pour vous
39:14qui êtes devenue
39:15députée PS,
39:16ancienne vice-présidente
39:17du département
39:18du Val-de-Marne
39:19en charge de cette politique.
39:20On a la loi Santiago
39:22de 2021
39:23qui a révolutionné
39:24la loi sur les violences sexuelles.
39:25Elle ne s'appelle pas
39:26la loi Santiago
39:26mais tout le monde
39:27l'appelle la loi Santiago.
39:29Vous avez été aussi
39:30rapporteur
39:31de la commission d'enquête
39:32sur l'aide sociale
39:32à l'enfance
39:33donc vous connaissez
39:34parfaitement
39:35ces sujets
39:36et vous avez fait
39:37lorsque vous étiez
39:38à la commission
39:39d'enquête
39:40sur le rapport
39:40sur la protection
39:41de l'enfance
39:4192 recommandations
39:42pour refonder
39:44sur le système
39:45tout le système
39:45et vous avez été
39:46rattrapé par cette actualité
39:48et Anna,
39:49par cette actualité
39:50Louis.
39:51Première question
39:52peut-être
39:53Isabelle Santiago
39:54si on rebondit
39:55sur ce qu'a dit
39:56la maman de Louis
39:57si on rebondit
39:58sur ce qu'a dit
39:58la tante de Louis
39:59il était à l'aide sociale
40:01à l'enfance
40:02il a été confié
40:04pour être protégé
40:05par l'Etat
40:06les parents
40:06n'ont pas été informés
40:08de son harcèlement
40:09les parents
40:10n'ont pas été informés
40:11du 11 mai
40:11de sa plainte
40:12comment le comprendre ?
40:14Tout d'abord
40:15ne pas le comprendre
40:16tout simplement
40:17déjà
40:18pour autant
40:19il faut toujours
40:20moi avec cette commission
40:22d'enquête
40:22j'ai voulu faire
40:23un pas de côté
40:23parce qu'il faut toujours
40:25inscrire une politique
40:25publique dans un historique
40:27et en fait
40:28la protection de l'enfance
40:29on le sait
40:30elle est actuellement
40:32on l'a dit
40:35dans une rupture totale
40:36au sens de la prise
40:38en charge
40:38des enfants
40:39pour plusieurs raisons
40:40tout d'abord
40:41parce qu'il y a eu
40:42des alertes
40:42depuis plusieurs années
40:43sur la situation
40:44de la protection
40:45de l'enfance
40:46qu'elles n'ont pas
40:47été prises au sérieux
40:48et qu'il manque
40:4930 000 postes
40:50que les gens
40:50ne sont pas formés
40:51ou si peu
40:53que du coup
40:54vous allez avoir
40:55un turnover
40:57de personnel
40:58qui fait que
40:58l'enfant a besoin
40:59de certains besoins
41:01qui sont d'ordre
41:03de l'attachement
41:04vous savez
41:04quand vous ne vivez pas
41:05dans votre famille
41:06vous avez besoin absolument
41:07pour un bébé
41:08en pouponnière
41:09par exemple
41:09j'ai fait une alerte nationale
41:11il a fallu que je fasse
41:12monter tous les médias
41:13et entre guillemets
41:14je remercie les médias
41:16pour que le décret
41:17qui était vieux
41:18de plus de 50 ans
41:19soit changé
41:20alors que le ratio
41:21c'était
41:22un bébé
41:23enfin un adulte
41:24pour 30 bébés
41:25si je vous dis ça
41:26c'est qu'en fait
41:27tous les sujets
41:28y compris la loi Santiago
41:29dont vous avez parlé
41:29tout à l'heure
41:30mais il y a celle
41:31de 2024
41:32qui concerne
41:33l'autorité parentale
41:34pour le retrait
41:35dans le cadre
41:36du féminicide
41:37et de l'inceste
41:37donc c'était
41:38des premiers pas
41:39les lois
41:39on peut toujours
41:40les améliorer
41:41et elle en a besoin
41:42mais en tout cas
41:43ce qui est certain
41:44c'est que souvent
41:45quand on discute
41:46avec les journalistes
41:47ils vous disent
41:47mais pourquoi
41:47c'était pas fait avant
41:48c'est pas fait avant
41:49parce qu'en fait
41:50sur ces sujets-là
41:51j'ai dit que l'État
41:52a été le premier parent
41:53des faillants
41:54et deuxièmement
41:55c'est un impensé
41:56des politiques publiques
41:57l'enfance
41:57ça ne peut pas être pris
41:58juste sur un fait
42:00d'actualité
42:00aussi grave soit-il
42:01parce qu'en fait
42:02la protection de l'enfance
42:03et si j'ai deux secondes
42:05je vais me permettre
42:06de dérouler un petit peu ça
42:08alors juste avant
42:09on a demandé
42:10enfin Charlotte Dornelas
42:11a voulu dresser
42:13justement le portrait
42:14quelques chiffres
42:15l'État vous dites
42:16a été le premier parent
42:18des faillants
42:18d'abord
42:18Charlotte Dornelas
42:19avant de revenir
42:20avec vous sur les questions
42:22quel est l'état des lieux
42:23parce que nous parlons
42:24comme vous
42:24vous criez depuis longtemps
42:25dans le désert
42:26Isabelle Santiago
42:27des fois je suis un peu
42:28entendue quand même
42:29en tout cas sur le PJL
42:31en ce moment
42:31je ne suis pas assez entendue
42:32donc ça me fait du bien
42:33de pouvoir venir
42:34vous en parler
42:34vous allez tout nous raconter
42:35et Charlotte Dornelas
42:37avec Charlotte Dornelas
42:37on parle aussi beaucoup
42:38de ces sujets
42:39nous en face à l'enfance
42:40déjà entendu
42:40donc un point peut-être
42:41Charlotte Dornelas
42:42sur l'aide sociale à l'enfance
42:43un point avec des chiffres
42:44qui viennent directement
42:44de la commission d'enquête
42:45donc vous étiez
42:46la rapporteure
42:47absolument
42:49et alors vous disiez
42:50déjà pour donner un aperçu
42:51au 31 décembre 2023
42:52rapport historique
42:53rappelons que c'est
42:54un rapport historique
42:55oui il n'y en avait pas eu avant
42:56au 31 décembre 2023
42:58donc il y a 396 900 mesures
43:01d'aide sociale à l'enfance
43:02et plus aujourd'hui
43:03mais là au moins
43:03on a un chiffre
43:04qui est très clair
43:05dont 56 mesures
43:0656% pardon
43:08de mesures de placement
43:09des enfants
43:09le reste ce sont des mesures
43:10vous savez d'action éducative
43:13avec eux
43:13et vous avez quelques chiffres
43:15justement pour comprendre
43:16la surcharge de l'ASE
43:17on se dit
43:17mais que fait l'ASE
43:18elle fait ce qu'elle peut
43:19la plupart du temps
43:20taux moyen d'occupation
43:22des pouponnières
43:22donc pour les enfants
43:23de 0 à 3 ans
43:24108%
43:25dans le rapport
43:2682% des établissements
43:28qui sont au-delà
43:29du seuil réglementaire
43:30de 6 berceaux par chambre
43:3177% des juges
43:33on en parlait hier
43:33qui ont déjà renoncé
43:35à un placement
43:35faute de place
43:37pour ces enfants
43:38ensuite il y a
43:39une surcharge judiciaire
43:40il y a une phrase
43:40qui m'avait terrorisée
43:41dans votre rapport
43:42qui faisait état
43:43d'encore trop de juges
43:44je cite
43:44un trop de juges
43:45des enfants
43:45qui ont en charge
43:46600 voire 700
43:47ou 800 mesures
43:48ce qui rend évidemment
43:50impossible le fonctionnement
43:51d'une justice des mineurs
43:52de qualité
43:53c'est pareil
43:53quand on dit
43:53que fait la justice
43:54elle fait ce qu'elle peut
43:55avec 700 dossiers
43:56vous imaginez
43:56une augmentation continue
43:58depuis 98
43:59c'est 44%
44:00d'augmentation
44:01des mesures d'aide sociale
44:02à l'enfance
44:03et dans le même temps
44:03la population
44:04de moins de 21 ans
44:05donc celle de l'ASE
44:06augmentait de 1,6%
44:08donc une explosion
44:10déplacement
44:11explosion du coin
44:12l'augmentation des dépenses
44:13de 61%
44:14dans le même laps de temps
44:15une augmentation annuelle
44:17de 4,7%
44:18entre 2015 et 2019
44:19ce qui s'explique
44:20notamment par
44:21les mineurs
44:21non accompagnés
44:22qui explosent
44:24dans cette période
44:25et la prostitution
44:26vous savez c'est un sujet
44:27dont on a souvent parlé
44:28à nos téléspectateurs
44:29la prostitution concernerait
44:3015 000 mineurs
44:31suivis par les services
44:32de l'aide sociale
44:33à l'enfance
44:33dans les Alpes-Maritines
44:35pour donner un seul chiffre
44:3675% des mineurs
44:37concernés par la prostitution
44:39viendraient d'un foyer
44:40de protection de l'enfance
44:41et un chiffre
44:41que vous aimez rappeler
44:42Christine
44:43je ne sais pas si c'est le mot
44:44mais 45% des jeunes
44:46de 18 à 20 ans
44:46qui sont sans domicile fixe
44:47sont issus de l'aide sociale
44:49à l'enfance
44:49aujourd'hui en France
44:50donc ça a des conséquences
44:51pour toute une vie
44:52évidemment
44:53merci pour le rappel
44:55de ces points
44:55donc Isabelle Santiago
44:57tout ça
44:58voilà
44:58ça vient de votre rapport
44:59oui
45:00vous avez crié
45:02depuis 25 ans
45:03et aujourd'hui
45:04on dit aide sociale
45:05à l'enfance
45:06est-ce que ça aide ?
45:08est-ce que cette aide sociale
45:09à l'enfance
45:09vient vraiment
45:10en aide aux enfants ?
45:11en fait
45:12ce que j'ai aimé
45:13dans ce rapport
45:13de la commission d'enquête
45:14c'est que quand on est
45:15sur ces sujets-là
45:16depuis longtemps
45:16moi comme plein d'autres
45:17on est aussi
45:18dans les grandes associations
45:19qui sont engagés
45:21sur ces sujets-là
45:22que ce soit l'UNICEF
45:23l'ACNAP
45:24le GEPSO
45:24énormément de
45:25l'UNIOPS
45:26voilà
45:27en fait il faut juste reprendre
45:28un historique
45:29qui est important
45:30parce que sinon
45:30on ne peut pas
45:32mener des politiques publiques
45:33même avec le fait d'actualité
45:35on se trompe dans notre analyse
45:36c'est qu'en fait
45:37la protection de l'enfance
45:39quand je dis
45:39ça n'a pensé
45:40des politiques publiques
45:41c'est tout simple
45:41c'est que
45:42historiquement
45:43il y a plus d'un siècle
45:43c'était les congrégations religieuses
45:46qui prenaient en charge
45:47les vulnérabilités
45:48donc personnes âgées
45:49handicap
45:50et protection de l'enfance
45:52ont déposé un enfant
45:53sur les marches
45:54d'une église
45:54voilà
45:55exactement
45:55donc la réalité factuelle
45:57c'est que
45:57ça c'est le système
45:59qui a été construit
45:59puis ensuite
46:00quand les congrégations religieuses
46:01se sont retirées
46:02l'état ne s'est pas
46:03investi plus
46:04il n'a rien fait
46:05il a
46:06ce sont les associations
46:07de manière bénévole
46:08donc on est toujours
46:08dans l'esprit de charité
46:09qui est un peu spécifique
46:13chez nous
46:13d'autres pays
46:14n'ont pas fait comme ça
46:15mais en tout cas
46:16nous c'est la partie bénévole
46:17puis ensuite
46:18ce bénévolat
46:19devient le secteur associatif
46:21qui est historiquement
46:22celui qui accueille
46:2390% des enfants
46:25je le dis
46:26dans le cadre du rapport
46:27très intéressant
46:28de comprendre cette évolution
46:29voilà
46:29il fallait poser le diagnostic
46:31et le passer
46:32pourquoi ?
46:33parce que
46:33tout à l'heure
46:34par exemple
46:34nous étions en commission spéciale
46:35et on discutait
46:36et je disais que sur le fond
46:38le projet tel qu'il est
46:39construit pour le PJL
46:42de la protection de l'enfance
46:43que nous allons discuter
46:44à partir de demain
46:44sur les amendements
46:45j'ai dit qu'il n'y avait pas
46:47la refondation
46:48et quand je dis la refondation
46:50c'est qu'il faut des piliers
46:51c'est un secteur
46:52qui n'a jamais eu de normes
46:53vous n'avez pas de collègues
46:53de travail
46:54vous avez des groupes d'enfants
46:55qui vont très mal
46:56et en fait
46:57comme l'état est défaillant
46:58sur le handicap
47:00ou sur certaines violences
47:02de comportement
47:03qui relèvent
47:04plus de la PJJ
47:05mais la PJJ
47:06s'est désengagée
47:06il y a 20 ans
47:07sur l'éducatif
47:08résultat
47:09vous avez
47:10parfois des cocktails
47:11qui sont extrêmement
47:13difficiles
47:14dans un groupe d'enfants
47:15avec des grandes difficultés
47:16il faut savoir aussi
47:17que les connaissances
47:18en science
47:19et en développement
47:20de l'enfant
47:20ont beaucoup
47:21évolué
47:22en 20 ans
47:23et donc cette connaissance
47:24fait qu'aujourd'hui
47:26on ne dit pas de bêtises
47:27quand on dit
47:28que ces enfants-là
47:29peuvent avoir
47:2920 ans de vie en moins
47:30qu'ils peuvent avoir
47:32des maladies
47:32extrêmement graves
47:33de type cancer
47:34avec des maladies
47:37cardio-respiratoires
47:38etc.
47:38du diabète
47:39parce qu'en fait
47:40l'adversité rencontrée
47:42dans l'enfance
47:42quand vous êtes victime
47:44de violences
47:44de viols
47:45de maltraitances
47:46qu'ensuite
47:47vous êtes parfois
47:48à l'ASE
47:48qu'il n'y a pas
47:49de sécurité affective
47:51parce que vous changez
47:52d'éducateur
47:52tous les deux jours
47:53et bien
47:54ces enfants
47:55ont des difficultés
47:57qui se retrouvent
47:58y compris dans les chiffres
47:59qui ont été donnés
48:00par madame
48:00mais on pourrait rajouter
48:01qu'ils sont moins de 1%
48:03à faire des études supérieures
48:04et qu'ils ont
48:05quand ils rentrent en 6ème
48:06ils ont 2 à 3 années
48:082 ans à peu près
48:09de retard scolaire
48:10en fait il faut mettre
48:11le paquet sur ses enfants
48:13je dis souvent que la France
48:13n'est pas assez riche
48:15de ses enfants
48:15pour en sacrifier
48:16quelques-uns en fait
48:17c'est juste pas normal
48:19et ça devrait mobiliser
48:20tout le monde
48:21qui se mobilise
48:22pour les enfants de l'ASE
48:23en fait je vous dis franchement
48:24on n'est pas si nombreux
48:25par contre
48:27politiquement
48:28on va tous en parler
48:29mais après
48:30se mobiliser pour eux
48:31ça c'est plus difficile
48:32et pourtant
48:33c'est une réalité factuelle
48:34chaque enfant
48:35vous savez quand j'ai
48:36j'ai touché
48:37le coeur des français
48:38quand on a parlé
48:39des pouponnières
48:39mais j'étais scandalisée
48:41en fait
48:41j'ai vu des bébés
48:42j'ai vu le syndrome
48:43de l'hospitalisme
48:44revenir en France
48:46depuis l'après-guerre
48:47ça n'existait pas
48:47des enfants
48:48c'était les images
48:50de la Roumanie
48:51de Ceausescu
48:51c'est-à-dire
48:52c'est-à-dire des enfants
48:53qui sont dans leur lit
48:54et qui sont un peu
48:55physiquement
48:57en peu d'évolution
48:58alors ils ont déjà
48:5916, 18 mois
49:01et qui parfois
49:02ne sont pas
49:03ni dans le langage
49:04et tout
49:04pourquoi ?
49:05parce que personne
49:06ne les a
49:07leur a permis
49:08de faire des apprentissages
49:10quand vous avez
49:10peu de personnel
49:11qui va s'occuper
49:12des bébés
49:13récemment
49:14il y avait
49:148 bébés
49:15dans la section
49:16d'une pouponnière
49:17la personne
49:18qui était professionnelle
49:19et très très bien
49:19elle disait
49:20moi à 8
49:21je ne peux pas donner
49:21le biberon
49:22à tout le monde
49:22enfin vous voyez bien
49:23qu'il y a un problème
49:24en fait
49:24ça devrait être
49:25une priorité
49:27absolue
49:27ces enfants
49:28sont les enfants
49:29de la République
49:29nous devons
49:30être en mesure
49:31de les accompagner
49:32ils viennent en général
49:33pour maltraitance
49:34pour carences éducatives
49:36graves
49:36ou problématiques
49:38qui va s'arranger
49:39si on accompagne
49:40bien la famille
49:40mais là aussi
49:41il faut des professionnels
49:42formés
49:42et bien formés
49:43pour accompagner
49:44une famille
49:44qui rencontre
49:46des difficultés
49:46on n'a même pas le temps
49:47de vous poser des questions
49:48tellement
49:49je veux vraiment
49:50qu'en fait
49:51ce soit clair
49:52ce PJL
49:53on n'est pas au rendez-vous
49:54en fait
49:54je le dis
49:55Isabelle Santiago
49:56pardon
49:57mais c'est horrible
49:57ce que vous dites
49:58oui
49:58mais il faut l'écrire
49:59parce que sinon
50:00on n'est que sur le fait
50:01d'actualité
50:02vous dites
50:03avec ce PJL
50:04on n'est pas au rendez-vous
50:05et ce n'est pas la première fois
50:06qu'il y a des textes
50:07qui sont votés
50:07on en a eu assez régulièrement
50:08vous l'avez dit
50:09il y a beaucoup de gens
50:10qui parlent de priorité
50:11il y a beaucoup de gens
50:11qui se saisissent
50:12de ce sujet
50:13ces dernières années
50:14et c'est toujours pire
50:15alors ce n'est pas
50:16les intentions
50:16des uns et des autres
50:17qui sont en cause
50:18mais comment est-ce que
50:18vous expliquez justement
50:19que personne ne remonte
50:20à la refondation
50:21que vous avez pourtant
50:23expliqué assez simplement
50:24bah écoutez
50:24je pense que
50:26certainement par manque
50:27de courage politique
50:28parce qu'en fait
50:28quand il faut
50:30refonder une politique publique
50:31il faut être humble
50:32il faut l'inscrire
50:32sur plusieurs années
50:33sur du pluriannuel
50:34l'Australie a su le faire
50:36sur certains sujets
50:37en matière d'enfance
50:38ils se sont dit
50:39on donne 10 ans
50:40pour éradiquer
50:42certains sujets
50:42qu'ils avaient
50:43y compris sur des violences
50:45sexuelles faites aux enfants
50:45personne ne dit demain
50:47nous faisons tout parfaitement
50:48mais en fait
50:49reconstruire une politique publique
50:50c'est l'attractivité des métiers
50:52donc il faut évidemment
50:53travailler sur l'attractivité des métiers
50:55la formation initiale continue
50:57il faut refaire
50:59tout un socle de base
51:00il faut que les départements
51:01soient aux côtés de l'Etat
51:02l'Etat s'est désengagé
51:04il a décentralisé
51:05mais quelque chose
51:05qu'il avait déjà
51:07même pas piloté
51:08entre guillemets
51:09vous cherchez
51:10vous voyez le petit
51:11Louis en fait
51:12les parents
51:13c'est par désespoir
51:14en fait
51:14ils n'ont pas de réponse
51:15sur un IME
51:16ou quelqu'un
51:17qui pourrait prendre en charge
51:18leur enfant
51:18c'est exactement
51:19ce qu'ils disent
51:19et donc du coup
51:20comme personne n'a répondu
51:21bah du coup
51:22la protection de l'enfance
51:23l'a accueilli
51:23mais est-ce qu'ils sont formés
51:24pour avoir un enfant
51:25qui passe à l'acte
51:27sur des choses
51:28difficiles
51:28liées à son comportement
51:29dans le cadre d'un handicap
51:32Isabelle Santiago
51:33vous voyez ce que je veux dire
51:34ça fait 25 ans
51:35que vous travaillez
51:35sur ces sujets
51:36moi j'ai un enfant
51:37en TDAH
51:37peut-être comme Louis
51:39je veux qu'on puisse m'aider
51:41on me propose
51:42l'aide sociale à l'enfance
51:44moi je vois ça
51:45qu'est-ce que je fais ?
51:45qu'est-ce que je fais Isabelle Santiago ?
51:47ils ont dit d'ailleurs
51:47que c'était par défaut
51:48et je l'ai écrit
51:50dans mon rapport
51:50j'ai dit que des enfants
51:51aujourd'hui
51:52près de 40%
51:54parfois d'enfants
51:54dans certains territoires
51:56sont des enfants
51:57porteurs d'autisme
51:59avec Philippe Fay
52:00un collègue parlementaire
52:02parce que nous sommes
52:02toujours en binôme
52:03on a rendu
52:05un rapport récent
52:06qui fait suite
52:07à la commission d'enquête
52:08en fait les enfants autistes
52:09en protection de l'enfance
52:11ils sont soit
52:12surmédicamentés
52:13donc ce qu'on appelle
52:14en cas de miseuse chimique
52:15soit on les envoie en Belgique
52:16non mais je vous le dis
52:17franchement
52:18c'est scandaleux
52:19et pour autant
52:20je suis allée en Belgique
52:22et quand je suis allée en Belgique
52:23les médecins me l'ont dit
52:23ils m'ont dit
52:24mais Madame Santiago
52:25pour la commission d'enquête
52:27c'est écrit en plus
52:27dans la commission d'enquête
52:28ils ont dit
52:29nous ils arrivent
52:29ils ont trois pages d'ordonnances
52:31avec nos méthodes
52:32pluridisciplinaires
52:33donc qu'est-ce qu'on fait
52:33alors avec notre enfant ?
52:34ils sont à une ordonnance
52:36par jour
52:36donc évidemment
52:37si on les envoie
52:38dans un secteur
52:39où ce n'est pas
52:40habilité à les prendre en charge
52:42les départements
52:43en fait
52:43pallient
52:44les manques
52:45en matière de handicap
52:46les manques
52:47en matière
52:48d'accompagnement
52:49des enfants
52:49et des familles
52:50enfin voilà
52:50c'est quand même
52:51et je trouve ça
52:53désespérant
52:53donc quand on a un rapport
52:54avec la commission d'enquête
52:55qui pose
52:57vraiment structurellement
52:58ni de politique de gauche
52:59de droite
52:59c'est un historique
53:01donc
53:01on est sur la vie des enfants
53:03ça permet un pas de côté
53:05quand vous faites quelque chose
53:06sur un historique
53:07le pas de côté
53:08c'est de pouvoir regarder
53:09les politiques
53:10les erreurs qui ont été faites
53:11on a séparé la santé
53:12dans les années 70
53:13entre le secteur de la santé
53:15du médico-social
53:16et du social
53:16c'est une erreur de fond
53:18ces enfants
53:19c'est au coeur
53:19l'adversité qu'ils ont rencontré
53:21tout est en matière de santé
53:23il faut les accompagner
53:25en matière de santé
53:25Charlotte Dornel
53:27le PJL dont on parle
53:28depuis tout à l'heure
53:29enfin qu'on évoque régulièrement
53:31le projet de loi
53:31voilà le projet de loi
53:33visa
53:33c'est le titre
53:34insécurisé et stabilité
53:35le projet de vie
53:36de l'enfant
53:36c'est la dernière question
53:37voilà
53:38est-ce que pour ne pas
53:39totalement désespérer ce soir
53:40malgré un état des lieux
53:42assez dramatique
53:43est-ce qu'il y a des choses
53:44quand même dans ce projet de loi
53:45qui ont votre soutien
53:47et qui vont dans le bon sens
53:48même s'il n'y a pas
53:48la refondation
53:49que vous espérez depuis longtemps
53:51à ce stade
53:52après la commission d'enquête
53:54c'est un an de travail
53:56parce que j'ai bénéficié
53:57on va le dire
53:58du fait qu'il y avait eu
54:00la dissolution
54:01d'habitude
54:01une commission d'enquête
54:03c'est 6 mois
54:04et 4 mois de travail
54:06effectif
54:06et puis
54:07le temps de se mettre en place
54:08etc
54:09et puis moi
54:10avec la dissolution
54:10on s'est arrêté en cours
54:12c'était très demandé
54:13la commission d'enquête
54:14il y en avait deux
54:14à ce moment-là
54:15qui étaient très demandées
54:16une dans le cinéma
54:16pour justement les enfants
54:18aussi
54:18c'était un sujet
54:19majeur suivi
54:20et puis celle de l'ASE
54:21donc en fait
54:22on a pu les renouveler
54:23au moment de la
54:25suite à la réélection
54:26voilà
54:27donc du coup
54:27j'ai été réélu
54:28tant mieux
54:29et donc j'ai pu
54:30poursuivre ce travail
54:31au total
54:32c'est un an de travail
54:33et en fait
54:34sur ces un an
54:35on a posé
54:36tous les diagnostics
54:37pour qu'on arrête
54:38de poser
54:38que l'effet
54:39d'actualité grave
54:40et qu'on dise
54:41maintenant la refondation
54:42on a besoin
54:43et tout le monde
54:44se met autour de la table
54:45et on discute
54:46j'avais demandé
54:47un comité de suivi
54:48de la refondation
54:50il a été réuni
54:51une seule fois
54:52en février
54:52et aujourd'hui
54:53on a un texte
54:54certes qui répond
54:55à quelques
54:56mais je dis
54:56c'est des rustines
54:57en fait
54:57on n'est pas du tout
54:58au rendez-vous
54:59de l'urgence
54:59et donc du coup
55:00l'urgence
55:01elle est pour les professionnels
55:02qui sont évidemment
55:04qui font un travail
55:04très difficile
55:05parce qu'en fait
55:06ils n'ont pas la formation
55:07pour accompagner
55:08les gens
55:08qui arrivent
55:09dans les dispositifs
55:11ils n'ont pas
55:11de collecte de travail
55:12il y a un moment
55:13il y a beaucoup
55:13trop de soucis
55:14et pour les familles
55:15la sécurité
55:16en protection
55:17de l'enfance
55:17c'est qu'il faut
55:18qu'on donne
55:19le meilleur
55:20à ses enfants
55:20et s'ils sont confiés
55:21que ce soit
55:22sur le long terme
55:23ou court
55:24il faut qu'ils soient
55:25toujours accompagnés
55:25de bonne manière
55:26vous êtes passionnée
55:28passionnante
55:28merci infiniment
55:29d'avoir été notre invitée
55:30je vous invite à revenir
55:31pour qu'on puisse aller
55:32peut-être encore plus loin
55:33parce qu'on n'a pas encore
55:34eu assez de temps
55:34je rappelle cette commission
55:35et ce rapport
55:36sur l'aide historique
55:38sur l'aide sociale
55:38à l'enfance
55:39qui a été publié
55:40le 8 avril 2025
55:41126 personnes auditionnées
55:4383 heures de travail
55:45et aussi
55:46plusieurs
55:4792 propositions
55:48on aura beaucoup
55:49d'autres sujets
55:50à vous poser
55:50si vous revenez
55:52avec grand plaisir
55:53merci aussi
55:54Charlotte Dornela
55:54je rappelle
55:5512 milliards
55:56c'est le coût
55:58de la protection
55:59de l'enfance
55:59en France
56:00pour quels résultats
56:02Mathieu
56:02c'est une polémique
56:03allemande
56:04et australienne
56:05qui met aussi en scène
56:07Elon Musk
56:08mais ce pourrait être
56:09restez avec nous
56:10si vous voulez
56:10on en a pour deux minutes
56:11si vous voulez bien
56:12ou bien vous pouvez partir
56:13on en a pour deux minutes
56:15et on a terminé
56:16mais ce pourrait être
56:17Mathieu
56:18une polémique française
56:19puisqu'elle tient
56:20en une formule
56:21une militante
56:22féministe
56:23allemande
56:24se réjouit
56:25de l'extinction
56:26démographique
56:26de ceux qu'on appelle
56:28les blancs
56:28alors c'est une controverse
56:30en fait notre époque
56:31génère des polémiques
56:32un peu mondialisées
56:33et c'en est une
56:34elle a vraiment
56:34de l'écho
56:35dans plusieurs systèmes
56:36médiatiques en Occident
56:37point de départ
56:38il y a quelques semaines
56:38Elon Musk
56:39devant les statistiques
56:40de natalité australienne
56:42dit
56:42c'est l'extinction
56:43à venir
56:44des Australiens
56:46globalement
56:47un journal australien
56:48Newscom
56:49comme Australie
56:50décide de faire réagir
56:52une activiste allemande
56:53militante
56:53féministe allemande
56:54Verena Brunschweiger
56:55très connue en Allemagne
56:57j'insiste
56:57elle a une vraie
56:58portée médiatique
56:59elle plaide
57:00c'est une anti-nataliste
57:01c'est comme une anti-Gabrielle
57:02en fait
57:02c'est-à-dire
57:03elle plaide
57:03on ne doit plus avoir
57:05d'enfants
57:06surtout les blancs
57:07parce que les blancs
57:09comme civilisation
57:09sont particulièrement toxiques
57:11elle nous dit
57:12il faut en finir
57:13avec les enfants blancs
57:14au nom du climat
57:15et pour en finir
57:16avec le patriarcat
57:17pour libérer les femmes
57:19justement
57:19de la pesanteur
57:20de la reproduction
57:22dans l'interview
57:23du journal australien
57:24excusez-moi
57:25on a sa photo ou pas?
57:27ah oui
57:28ah ben c'est elle
57:29et là
57:30elle nous dit
57:31notamment
57:31il y a deux formulations
57:32c'est fort
57:32my bloodline ends with me
57:34ma lignée s'arrête avec moi
57:35et ensuite
57:36elle nous dit
57:37qu'on doit faire
57:38moins d'enfants blancs
57:39dit-elle
57:39pour faire plus de place
57:40aux migrants
57:41et aux réfugiés
57:42ayant lancé tout cela
57:43elle dit
57:44par ailleurs
57:44c'est à cause de ça
57:45que les gens de l'AFD
57:46m'en veulent
57:47si je peux me permettre
57:47on aurait de bonnes raisons
57:49même sans être à l'AFD
57:50le parti de droite nationale
57:51dans l'Allemagne
57:51on aurait de bonnes raisons
57:53de s'inquiéter
57:53de cet appel
57:54à l'extinction ethnique
57:55d'un des groupes humains
57:56qui consiste l'humanité
57:58imaginez quelqu'un
57:59qui dirait
57:59on appellerait
57:59à l'extinction ethnique
58:00d'un autre groupe
58:01on serait pas loin
58:02de trouver ça monstrueux
58:03mais pour les blancs
58:04apparemment
58:04c'est une revendication légitime
58:06on pourrait peut-être même
58:07y voir une forme
58:07de haine raciale
58:09auto-infligée
58:10et une manifestation
58:11de la pulsion de mort
58:12qui traverse
58:13le monde occidental
58:13aujourd'hui
58:14pourquoi est-ce que
58:15le sujet est intéressant
58:16au-delà de ce qui se passe
58:17en Allemagne
58:18en Australie
58:18c'est que cette espèce
58:20de pulsion de mort
58:20revendiquée
58:21elle est présente
58:22notamment dans une partie
58:23de la mouvance écologiste
58:24des deux côtés
58:25de l'Atlantique
58:25aujourd'hui
58:26qui dit
58:26comme société
58:27nous devons nous interrompre
58:29nous avons fait tant de mal
58:30nous avons à ce point
58:31saccagé la planète
58:32nous avons à ce point
58:33saccagé les autres
58:34civilisations
58:34que la meilleure contribution
58:36que les occidentaux
58:37peuvent faire
58:37au genre humain
58:38c'est d'enfin disparaître
58:40et il y a quelque chose
58:41d'assez singulier
58:42avec cela
58:42donc on se retrouve
58:43dans un monde
58:44où il y a une forme
58:44de renaissance généralisée
58:45et on peut s'en inquiéter
58:46de ce qu'on appelle
58:47la conscience raciale
58:48on peut s'en désoler
58:48on préfère les nations
58:49aux races
58:50je me semble-t-il
58:50chez les civilisés
58:51mais au même moment
58:52il y a le résidu
58:53de conscience raciale
58:54qui existe en Occident
58:55c'est une conscience
58:56raciale négative
58:57un désir de disparition
58:58normalisé
58:59qui génère polémique
59:00et certains implosissent
59:01en disant
59:01voilà la prophétesse
59:02on peut s'en inquiéter
59:04merci pour votre analyse
59:05merci Gabriel
59:06merci Marc
59:07merci Charlotte
59:07merci Isabelle Santiago
59:08d'avoir été notre invitée
59:09on retient votre phrase
59:11l'État
59:12premier parent
59:13défaillant
59:14merci pour votre travail
59:15tout de suite
59:16c'est l'heure des pros
59:16de Pascal Praud
59:17ection
59:17ce n'est pas
59:18d'allemand
59:20de palestin
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